lundi 4 août 2008
Le plan de l’ONU contre l’extrême pauvreté
Juan Gasparini pour Tribune des Droits Humains (Suisse) – 3/08/08 – Infos de la planète
Qui sont les plus pauvres de la planète et que pourrait faire l’ONU pour les aider ? Voici les questions auxquelles la nouvelle experte sur l’extrême pauvreté, la Chilienne María Magdalena Sepúlveda, veut tenter de répondre.
María Magdalena Sepúlveda, 37 ans, vient d’être nommée rapporteur spécial sur l’extrême pauvreté par le Conseil des droits de l’homme
María Magdalena Sepúlveda, 37 ans, vient d’être nommée rapporteur spécial sur l’extrême pauvreté par le Conseil des droits de l’homme. Née dans une famille chiliene qui a subi la dictature de Pinochet (1973-1990), elle a obtenu son diplôme d’avocate à l’Université de Valparaiso, au Chili. Par la suite, elle a fait des études sur les droits de l’homme en Hollande et Angleterre. Elle a collaboré avec plusieurs ONG en Amérique Latine et avec le Conseil International pour l’études des droits humains, basé à Genève. Lors de cette huitième session du Conseil des droits de l’homme, elle a présenté son plan pour lutter contre l’extrême pauvreté. Interview.
Tribune des droits humains : En quoi consiste votre mandat ?
María Magdalena Sepúlveda : Je dois chercher les liens entre extrême pauvreté et droits de l’homme. Je pense mettre l’accent sur les plus pauvres des pauvres. Il est plus commode pour certains gouvernements d’agir sur les gens qui se trouvent juste en-dessous du seuil de pauvreté. Au bout de 4 ou 6 ans, ils peuvent montrer qu’ils ont réussi à sortir ces gens de cette situation. Mais il reste tous les autres, ceux qui sont tout au fond et qu’il est très difficile d’aider.
Tribune des droits humains Comment définissez-vous l’extrême pauvreté ?
María Magdalena Sepúlveda : C’est la négation absolue des droits. Il y a un débat conceptuel sur l’extrême pauvreté. Celle-ci touche des gens qui ont de maigres revenus, n’ont aucune perspective de développement humain et se trouvent dans l’exclusion sociale. Chaque société définit son revenu moyen – les chiffres varient selon les régions du monde – et ceux qui sont en-dessous sont les pauvres. Pour l’Union Européenne, par exemple, ils doivent gagner moins du 60% du revenu minimal (une moyenne d’environ 500 euros par mois). Dans les pays en voie de développement, il peut s’agir de personnes ayant pouvoir d’achat d’un ou deux dollars par jour. Le manque de développement humain se mesure par le niveau de satisfaction des besoins de base, comme l’alimentation, l’éducation et la santé. L’exclusion sociale prend en compte le contexte. Le pauvre regarde son environnement et il voit qu’il ne peut pas faire ce que font les autres.
Tribune des droits humains En quoi les pauvres sont-ils privés de leurs droits ?
María Magdalena Sepúlveda : Les droits de l’homme sont interdépendants. Qui est intéressé d’aller voter s’il est affamé ? Pour éradiquer la pauvreté, les politiques doivent respecter les principes de transparence, de participation et de responsabilité. Cela signifie que les autorités d’un pays auraient l’obligation de confronter leur agenda avec les pauvres afin de connaître leurs priorités. L’approche « droits de l’homme » permet de mesurer la participation des plus pauvres dans les plans des gouvernements élaborés par des anthropologues, des économistes et des sociologues.
Tribune des droits humains Comment y parvenir ?
María Magdalena Sepúlveda : Lorsqu’il y a un service gratuit – par exemple dans mon pays, le Chili, l’assistance légale ou les urgences médicales – beaucoup pensent que les pauvres peuvent attendre. Il y a un préjugé qui dit que le pauvre a du temps. C’est le contraire. Dans la pratique, les pauvres ont moins de temps que les autres. Ils doivent se consacrer entièrement à satisfaire ces besoins de base et à faire face à des problèmes économiques, familiaux, de transport. Pour trouver des solutions, il vaut mieux les consulter.
Tribune des droits humains Que pourrait faire l’ONU ?
María Magdalena Sepúlveda : Depuis 2006, l’ONU dispose d’une série de principes pour protéger les plus pauvres. Un document écrit sous la conduite du professeur chilien José Bengoa. (1) reconnaît l’extrême pauvreté comme une violation de la dignité humaine. Il propose aux États et à la communauté internationale de garantir un accompagnement adéquat pour venir en aide aux plus pauvres, dans le commerce, les investissements, les marchés et la dette extérieure des pays. Mais ces principes ne sont pas encore obligatoires pour les États.
Tribune des droits humains Une nouvelle convention internationale ?
María Magdalena Sepúlveda : Oui, mais une convention prend dix ans de travail alors que nous sommes dans l’urgence. Il faut agir maintenant, car la crise alimentaire mondiale va provoquer 100 millions de nouveaux pauvres. Je vais m’employer dès à présent à convaincre les pays l’un après l’autre pour qu’ils adoptent ces principes sur le plan intérieur.
(1) Le chilien José Bengoa est l’un des 18 membres du Comité Consultatif des Droits de l’Homme nommé en mars 2008 par le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU..
JO: Cohn-Bendit a transmis à Sarkozy trois listes de prisonniers chinois
PARIS (AFP) - 03/08/2008 – TV5 Infos
Le co-président du groupe des Verts au Parlement européen, Daniel Cohn-Bendit, a affirmé dimanche avoir transmis à Nicolas Sarkozy trois listes de prisonniers politiques chinois dont il souhaite que le président français réclame la libération lors de sa visite à Pékin en août.
"La première est celle que le Parlement européen et le groupe des Verts avaient demandée dans des résolutions". "La deuxième nous a été fournie par le Comité d'organisation du boycott des Jeux olympiques de Pékin et la troisième par l'organisation Human Rights Watch", a-t-il détaillé.
L'eurodéputé a effectivement transmis il y a quelques jours des noms de prisonniers, a-t-on confirmé dimanche à l'Elysée. Ces noms "sont à l'étude" au ministère des Affaires étrangères, a-t-on précisé.
Le 10 juillet, dans l'hémicycle du parlement européen de Strasbourg, l'élu des Verts avait de façon très virulente reproché à Nicolas Sarkozy sa décision de se rendre à la cérémonie d'ouverture des jeux Olympiques de Pékin le 8 août, estimant que c'était "minable".
Le président "m'a appelé le lendemain ou deux jours après Strasbourg, pour me dire qu'il tenait à la liste, qu'il tenait à intervenir et qu'il me rappellerait avant de partir", a déclaré M. Cohn-Bendit.
Nicolas Sarkozy a assuré qu'il évoquerait les cas des prisonniers lors de sa visite à Pékin, a affirmé M. Cohn-Bendit.
Droits de l'Homme/Chine : Pöttering appelle les athlètes à lancer un signal
Actualités CHINE le 3/8/2008 à 19h08 par AFP
Le président du parlement européen Hans-Gert Pöttering a appelé les athlètes participant aux jeux Olympiques de Pékin à lancer un signal pour dénoncer la violation des droits de l'Homme en Chine, dans une tribune parue dimanche.
"Je voudrais encourager les athlètes femmes et hommes à regarder (la situation) bien en face et pas à côté. Chacun peut à sa manière lancer un signal", a-t-il dit dans une tribune publiée par le journal dominical Bild am Sonntag.
"Aucun fonctionnaire ne devrait empêcher cela", a-t-il relevé, soulignant que la joie du sport et des jeux Olympiques ne saurait "brouiller notre regard sur les hommes et leurs droits".
"Il est de notre devoir de ne pas oublier le peuple tibétain qui se bat pour sa survie culturelle", a souligné l'homme politique allemand.
Déplorant que les discussions entre l'émissaire du chef spirituel des Tibétains, le dalaï lama, et la direction chinoise avaient été "jusqu'à présent sans succès", M. Pöttering s'est réjoui que "le dalaï lama parle le 4 décembre devant le parlement européen."
L'organisation des jeux Olympiques à Pékin est l'occasion pour de nombreuses personnalités du monde entier d'exiger une amélioration rapide du respect des droits de l'Homme en Chine, en particulier à l'égard de la culture tibétaine.
JO de Pékin : Un député UMP s’exprime
Actualité CHINE le 1/8/2008 Extraits
Le député UMP Lionnel Lucas, a estimé vendredi sur RTL que se rendre au jeux Olympiques de Pékin sans dénoncer ce qui n'est "pas acceptable" en Chine rappelle "l'esprit de Munich", en référence aux accords du même nom signés en septembre 1938.
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Aujourd'hui, "les Allemands nous donnent un petit peu l'exemple à suivre", a-t-il estimé, faisant allusion à l'absence de la Chancelière Angela Merkel à la cérémonie d'ouverture des JO de Pékin. Selon l'élu, les Chinois "sont entrain de construire toute une bulle dans le monde merveilleux de Pekinland à leur manière".
Il a souhaité que le chef de l'Etat "profite de l'occasion à son retour de Pékin pour rendre visite au dalaï lama qui sera en France jusqu'au 24 août". Il a dénoncé l'"arrogance exceptionnelle" des dirigeants chinois qui "refusent à des parlementaires français un visa pour se rendre dans le Tibet qui, paraît-il, est rouvert aux étrangers", et a appelé les Français à boycotter la retransmission de la cérémonie d'ouverture.
M. Lucas s'est associé à la réception, à huis clos, du dalaï lama, le 13 août au Sénat, par les groupes parlementaires sur le Tibet du Sénat et de l'Assemblée nationale.
samedi 2 août 2008
TUNISIE - DROITS DE L'HOMME / L'OPDDH dénonce une vague de répression en Tunisie
NOUVELOBS | 01.08.2008 | 11:30
L'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme dénonce "des interpellations sans mandat et qui violent les procédures légales" et "prie les autorités tunisiennes de cesser tout acte de répression à l'encontre des défenseurs des droits de l'Homme en Tunisie".
Des interpellations sans mandat et qui violent les procédures légales" en Tunisie sont dénoncées dans un communiqué rendu public jeudi 31 juillet par l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme (OPDDH), un programme créé par la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), en partenariat avec l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT).
L'OPDDH "prie les autorités tunisiennes de cesser tout acte de répression à l'encontre des défenseurs des droits de l'Homme en Tunisie", condamnant en particulier la détention arbitraire de six Tunisiens depuis fin juillet et mettant en cause leur chef d'inculpation, leur forme d'arrestation et des procédures de harcèlement pouvant porter atteinte à "leur intégrité physique et psychologique".
Le président Zine el-Abidine ben Ali a annoncé mercredi sa candidature pour un cinquième mandat à la présidence de la République. (Avec AP)
lundi 28 juillet 2008
CHINE - JO de Pékin : RSF déploie une banderole sur le Tour de France à Paris
TV5MONDE PARIS (AFP) - 27/07/2008 17h18
L'organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF) a déployé dimanche après-midi une banderole montrant les cinq anneaux olympiques sous formes de menottes sur la dernière étape du Tour de France à Paris.
La banderole noire a été déployée vers 16H30, à la sortie du tunnel entre le musée du Louvre et les Tuileries, au premier passage des cyclistes. Elle est restée en place pendant les huit tours du circuit final entre le Louvre et les Champs Elysées.
"La police est intervenue dans un premier temps pour nous obliger à descendre la banderole et miracle : elle nous a finalement autorisé à la laisser en place", a indiqué le secrétaire général de RSF, Robert Ménard.
"C'est une piqûre de rappel, à douze jours des jeux Olympiques, pour rappeler au grand public que si ici les gens peuvent se déplacer librement, c'est loin d'être le cas à Pékin", a-t-il déclaré.
"Nous voulons aussi rappeler à Nicolas Sarkozy qu'il va à la cérémonie d'ouverture des jeux contre l'avis de RSF et des défenseurs des droits de l'Homme en général", a ajouté Robert Ménard.
"Le soutien à notre action des spectateurs parisiens de la dernière étape du tour de France témoigne de l'exaspération des amateurs de sport quant à la situation des droits de l'Homme en Chine et au Tibet", a en outre estimé RSF dans un communiqué.
"A quelques jours du 8 août 2008 (jour de l'ouverture des JO, ndlr), nous appelons les amoureux du sport à se mobiliser contre la répression des défenseurs de la liberté d'expression chinois", ajoute l'organisation.
jeudi 24 juillet 2008
Le revers du miracle économique chinois
Marie Ernoult – Revue citoyenne Toogezer – juillet-août 08
Alors que le monde célèbre le miracle de la Chine Populaire engouffrée dans l’économie de marché et que les Jeux Olympique se préparent à Pékin, Samuel Bollendorff, journaliste et photographe, publie À marche forcée, une enquête réalisée sous forme de photographies légendées, sur les oubliés de la croissance chinoise. Son ouvrage a été présenté au Forum du livre citoyen, événement associé au Forum mondial des droits de l’Homme de Nantes.
En Chine, trois quarts des 500 millions de paysans vivent en dessous du seuil de pauvreté et sont contraints de migrer clandestinement à l’intérieur de leur propre pays. On les appelle les mingong. Exploités, à plusieurs milliers de kilomètres de chez eux, dans des mines de charbon où beaucoup y laissent leur vie, ou dans des ateliers du monde, ces migrants fuient leurs terres natales, des campagnes millénaires aujourd’hui dévastées par les pollutions industrielles où les populations se meurent en silence. C’est ce drame humain,engendré par ce que l’on appelle le miracle économique chinois, que le photographe Samuel Bollendorff nous fait découvrir dans son ouvrage À marche forcée.
Établir un climat de confiance Samuel Bollendorff a été témoin de la spectaculaire ascension économique de l’Empire du milieu.« J’y avais été en 1993 pour réaliser mon premier sujet sur les problématiques hospitalières, la médecine traditionnelle dans le milieu hospitalier en Chine. Puis, je n’y suis pas retourné pendant 13 ans. Et en 2005, je me suis retrouvé par hasard à Pékin et Shanghai. J’ai vu Pékin qui avait été rasé puis reconstruit et j’ai découvert Shanghai avec 3 000 buildings en plus… Je me suis dit qu’il n’était plus possible de ne pas travailler sur la Chine. J’ai écrit un projet sur le revers du miracle économique chinois, proposé au ministère de la Culture. » Dix voyages ont été nécessaires, de novembre 2005 à décembre 2007 avec des visas touristiques, pour réaliser les
photographies et recueillir les témoignages. Pour gagner la confiance des interviewés, et pour ne pas à avoir recours à un traducteur chinois, « qui risquait de les dénoncer », le photographe réalise l’ensemble de ses enquêtes avec Abel Ségrétin, correspondant pour RFI à Pékin, parlant le chinois. « Cela nous a permis d’avoir d’emblée un climat de confiance. Les gens n’avaient pas l’impression d’être surveillés. »
Des témoignages forts, intimes et engagés Au cours de son reportage, Samuel Bollendorff constate même que ces oubliés du miracle économique chinois ont besoin de se confier :« Ils avaient une certaine appréhension au départ, ce qui est normal. Mais ce qui comptait, c’était de pouvoir passer du temps avec eux, de discuter,ils savaient très bien qui on était. Mais ils avaient envie de parler et d’être pris en photo, ils étaient acculés et ils avaient besoin de pouvoir raconter leurs conditions de vie, de pouvoir se confier à des gens extérieurs. » Et les témoignages qu’il recueille sont forts,intimes et engagés. Que ce soient « les enterrées vivants », les gueules noires qui travaillent dans les mines de charbon, où l’on dénombre une vingtaine de morts chaque jour ;les ouvrières du Père Noël, qui travaillent pour Disney ou Mattel et qui fabriquent douze heures par jour, sept jours sur sept les Barbies, Mickey et autres Spiderman qui font la joie des petits occidentaux… Ou encore les damnés du barrage de Pubuguo,autrement dit les paysans de Hanuan, victimes de promesses non tenues, de taux d’indemnisation inacceptables, de pressions physiques et policières et qui tentent de lutter contre leur expropriation… Tous ces protagonistes ont accepté de se livrer à Samuel Bollendorff, dans l’espoir d’être entendus au-delà des frontières, malgré les risques encourus.
Marie Ernoult À marche forcée, Samuel Bollendorff,
Éditions textuel, édition bilingue, 128 pages, 45 euros.
Toogezer est un nouveau média citoyen qui couvre l’actualité d’un monde globalisé. Développement durable et environnement, citoyennetés et droits de l’Homme, relations internationales se retrouvent sur trois supports : un mensuel gratuit distribué à 100.000 exemplaires dans Paris et sa région, un portail internet et sa newsletter hebdomadaire, des livres pour comprendre les dessous de l’actualité.
Sherpa, l’ONG qui défend les victimes des multinationales irrespectueuses des droits de l’Homme
Virgile Charlot – Toogezer magazine Juillet-Août 008
Réclamations et plaintes à l’encontre de multinationales irrespectueuses des droits de l’Homme sont croissantes. Dans ce contexte, accompagner juridiquement les victimes de violations est la vocation de l’ONG française Sherpa.
Itinéraire d’une mission !
Créée en 2001 par William Bourdon, avocat au barreau de Paris, Sherpa est devenue en sept ans un véritable réseau international de juristes qui dénonce et lutte contre les nouvelles formes d’impunité,nées de la mondialisation. SHERPA a notamment mené des enquêtes sur les agissements de Total en Birmanie, suite à diverses allégations de travail forcé portées par des travailleurs. Les investigations et l’expertise de l’ONG avaient alors permis, à l’issue de longues et difficiles tractations, l’indemnisation des travailleurs. Sherpa s’est également intéressée à d’autres multinationales comme Areva et Suez. Et le travail de l’ONG continue avec la dernière des affaires en date, celle qui a mené, pendant 4 semaines en avril dernier, deux de ses enquêteurs au coeur du continent sud-américain…
Enquête au coeur de l’empire Monsanto
Joseph Breham, juriste et chargé d’enseignement en droit international à l’université des sciences sociales de Toulouse,29 ans,accompagné de Thomas Seiler, 23 ans, diplômé d’une école de commerce et spécialiste du sous-continent américain, ont été mandatés par Sherpa pour étudier les conséquences de la monoculture du soja transgénique Round’up Ready (RR), produit par Monsanto, dans certaines régions rurales du Paraguay et de l’Argentine.
D’abord alertée par des ONG locales de cas suspects de décès de personnes et d’animaux ayant été exposés aux cultures de soja transgénique RR – c'est-à-dire résistant aux épandages de Round’Up –, une ONG internationale s’est adressée à Sherpa, lui demandant de faire la lumière sur cette affaire.
Ce qui semble poser problème, en marge de la consommation des produits cultivés,ce sont les épandages qui touchent les communautés vivant aux alentours des champs traités. À l’est du Paraguay,dans la région de San Pedro,Joseph et Thomas sont allés à la rencontre de la communauté Toro Piru qui vit au coeur de plusieurs milliers d’hectares de soja transgénique.
Chaque année, pour maximiser les rendements, ce ne sont pas moins de 1 500 tonnes de Round’Up qui sont pulvérisées sur les cultures avoisinantes. Pour les membres de cette ommunauté, les épandages,trop souvent effectués en violation des dispositions légales (distance par rapport aux habitations non respectée, épandage malgré une vitesse de vent excessive, etc.), sont les premiers responsables des maux qui touchent certains enfants,et peut-être plus grave encore, de la mort de l’un des leurs l’an dernier, Monsieur Oscar.
Prêter allégeance aux multinationales
Au Paraguay,90% de la surface agricole cultivable est utilisée pour produire du soja transgénique. « Cette ultra spécialisation fait du Paraguay le 4e producteur mondial (derrière le Brésil, l’Argentine et les États-Unis) mais, à l’inverse des 3 premiers pays, le Paraguay dépend complètement du soja », explique Joseph. En février 2006, le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD) a publié, en collaboration avec d’autres acteurs du milieu, un rapport sur les conséquences
sociales, économiques et politiques de la monoculture du soja en Amérique du Sud. Un chapitre de ce rapport explique précisément comment les gouvernements d’Amérique du Sud, tenus par la dette, sont obligés de prêter allégeance et de se mettre au service des multinationales, et particulièrement
celles de l’agroalimentaire qui est un pôle d’exportation essentiel, abandonnant ainsi au secteur privé le loisir de ses excès productivistes.
Garantir au droit son expression équitable
Pour l’heure, les deux enquêteurs de Sherpa s’intéressent tout particulièrement aux témoignages et aux preuves qui pourraient alimenter un recours devant une juridiction,lequel est demandé par les ONG locales. Même en possession d’éléments à charge, encore faudrait-il, comme souvent dans des pays où la corruption est endémique,faire glisser la compétence territoriale de l’affaire vers une zone de droit et de respect des règles juridiques :un pays européen par exemple. C’est là que le travail de Sherpa se transforme en exercice d’expert et qu’il prend tout son sens : garantir au droit son expression équitable. S’il doit garder une image particulièrement marquante du Paraguay, Joseph évoque celle de l’instituteur de la communauté amérindienne Guarani de La Victoria qui n’a pas été payé depuis deux ans et qui est, lui aussi, touché par une maladie dont l’origine reste mystérieuse.
Ne pouvant se soigner, il risque de quitter sa communauté d’un moment à l’autre, et l’école ne devrait pas y survivre. En s’intéressant à cette affaire de décès suspects, Sherpa entend bien donner un nouvel espoir à ceux qui, comme cet instituteur, n’ont plus rien à espérer du gouvernement.
Pour en savoir plus :
mercredi 16 juillet 2008
Nantes - SANS PAPIERS : « Notre cercle de silence veut briser l'indifférence au sort des sans-papiers »
Actualités Nantes 16 Juillet 2008 Presse-Océan

Le « Cercle de silence » a, de nouveau, sensibilisé l'opinion « au sort des migrants » à Nantes. Ce collectif anime une manifestation une fois par mois place Royale, sauf en août.
Le prochain rendez-vous est fixé au troisième mardi de septembre.
Hier soir, une quarantaine de membres d'associations et de citoyens venus à titre individuel s'étaient donné rendez-vous. « Ce «Cercle de silence» est organisé comme un moment d'interpellation pour faire prendre conscience aux gens de la situation que vivent les migrants incarcérés dans les centres de rétention administrative », explique Éric, militant du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD).
Les manifestants estiment que les conditions « dans ces centres en France et par exemple à Nantes », « portent atteinte à la dignité de l'homme. »
Le Cercle de silence dénonce ainsi « la criminalisation des sans-papiers ». « Si on est incarcéré, ça sous-entend qu'on est coupable alors que ces gens ne font que sauver leur peau en recherchant des conditions viables. »
Participent au « Cercle de Silence » : La Cimade, les Amoureux au ban public, l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture, le Collectif Enfants étrangers citoyens solidaires, le Collectif Uni-e-s contre une immigration jetable, le Comité catholique contre la faim et pour le développement.
lundi 14 juillet 2008
14 juillet : Valse avec Bachar
Libération 10 Juillet 2008 Réalisé par Laura Roland
«L'invitation du Président syrien aux cérémonies officielles du 14 juillet n'est-elle pas une insulte à ceux qui luttent pour la liberté ?» s'indigne Frédérique Lellouche, responsable Moyen Orient Maghreb de l'ACAT (Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture), co-signataire d'un appel d'organisations pour le respect des droits de l'homme en Syrie. Cet appel relayé par hns-info.net est adressé à Nicolas Sarkozy, qui doit rencontrer le président syrien Bachar al-Assad samedi..
Frédérique Lellouche. «Notre lettre collective a pour fonction d’interpeller le président Sarkozy sur la situation des droits de l’homme en Syrie. La liberté d’expression, par exemple, est bafouée à plusieurs niveaux : accès à des dizaines de sites et blogs contestataires bloqués, intellectuels arrêtés pour avoir critiqué le régime syrien et sanctionnés par de lourdes peines. Nous avons l’exemple de citoyens, aujourd’hui en prison, pour avoir signé la Déclaration de Beyrouth-Damas lancée en octobre 2005, qui appelle à une pacification des relations entre la Syrie et le Liban.
Anouar Al Bounni, 48 ans est une figure parmi les défenseurs syriens des droits humains. Cofondateur de l’Association syrienne pour les droits de l’Homme, il crée en 2005 un groupe de pression en faveur de la liberté des médias appelé "Liberté". Il est arrêté le 17 mai 2006, après avoir signé la Déclaration de Beyrouth-Damas et condamné le 24 avril 2007 pour "diffusion de fausses informations afin de nuire à l’intérêt de la nation", ce qui lui vaut cinq ans de prison.
Michel Kilo, écrivain et journaliste de 67 ans, a été condamné à trois ans de prison pour "affaiblissement du sentiment national" le 13 mai 2007. Mahmoud Issa, professeur d’anglais et traducteur, avait déjà été emprisonné de 1992 à 2000 pour appartenance au Parti Communiste des travailleurs, non autorisé en Syrie. Il a de nouveau été arrêté le 23 octobre 2006, lui aussi pour "affaiblissement du sentiment national" et à été condamné à trois ans de prison le 13 mai 2007.
Des intellectuels et chercheurs, faute d’obtenir un visa, sont interdits de voyager et ne peuvent donc pas se rendre dans des colloques internationaux pour informer de la situation dans leur pays. Il est donc très difficile d’avoir des informations précises sur la situation actuelle. La situation des prisonniers politiques est très inquiétante dans la mesure où le recours à la torture est courant dans les centres de détention des services de renseignements de l’armée. L’état d’urgence, en vigueur depuis 1963, donne aux forces de sécurité des pouvoirs importants en matière d’arrestation et de détention.
Trente-huit méthodes de torture et mauvais traitements ont été répertoriées en Syrie. Les "aveux" arrachés sous la torture sont retenus à titre de preuves, sans qu’il y ait recours à des investigations. En 2007, Au moins cinq personnes sont mortes en détention, après avoir été torturées. Souvent, les procès ne répondent pas aux normes internationales d’équité. Quand ils ont lieu devant des tribunaux militaires d’exception, les accusés ne bénéficient pas de l’assistance d’un avocat et n’ont pas la possibilité de faire appel. Ainsi, la Syrie, qui a pourtant ratifié un certain nombre de traités internationaux en matière de droits de l’homme : le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), la Convention sur la torture, la Convention sur les femmes et la Convention relative aux droits de l’enfant, manque à ses engagements. Selon le classement de Reporters Sans frontières à propos de la liberté d’expression, la Syrie est à la 154° place sur 169 pays. Notre but n’est pas de freiner les liens entre la France et la Syrie mais de rappeler à Nicolas Sarkozy les engagements qu’il a pris lors de son discours d’investiture. Nous ne nous opposons pas à la venue, en France, du président Bachar Al Assad, mais nous demandons à la France d’intervenir après du Président syrien pour que soient libérés les prisonniers politiques, que les détenus soient protégés de la torture et que cessent les persécutions à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme. Au-delà, on peut se demander s’il était vraiment nécessaire que la France invite le Président syrien aux cérémonies officielles du 14 juillet : n’est-ce pas une insulte à ceux qui luttent pour la liberté ?»
Aujourd’hui on attend de la France, présidente de l’Union Européenne et dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée, des prises de position fortes sur les droits de l’homme et notamment sur le rapprochement avec la Syrie.
samedi 12 juillet 2008
L'UPM privilégie l'économie au détriment des droits de l'Homme (FIDH)
11/07/2008-[21:10] – AFP – France Infos
La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) a déploré vendredi que l’Union pour la Méditerranée (UPM) qui sera lancée dimanche à Paris mette l’accent sur l’économie au détriment de la démocratisation et du respect des droits de l’Homme.
"L’accent mis sur les seuls projets économiques méconnaît gravement les aspirations des peuples de la région qui aspirent tout autant au développement qu’à la jouissance des libertés fondamentales qui leur sont pratiquement déniées", affirme la FIDH. Elle déplore également la présence prévue à Paris pour le lancement du sommet dimanche "de chefs d’Etat - notamment des pays du sud et de l’est méditerranéen - universellement réputés pour leur triste bilan en matière de violations graves des droits de l’Homme", sans les citer nommément.
Dans un "Appel aux chefs d’Etat de l’Union européenne" signé également par le Réseau Euro-Méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) et le Cairo Institute For Human Rights Studies (CIHRS), la FIDH appelle l’Union européenne à "faire du respect des droits de l’homme et de la démocratie une priorité de sa politique intérieure comme de sa politique étrangère".
Ces organisations demandent également à l’UE de "reconnaître les acteurs de la société civile, notamment les ONG de défense des droits de l’homme, en tant que partenaires à part entière dans le partenariat et la coopération au niveau institutionnel comme au niveau des projets". L’UPM, projet phare du président Nicolas Sarkozy, doit être lancée lors de d’un sommet dimanche à Paris qui rassemblera des chefs d’Etat et de gouvernement des vingt-sept pays de l’Union européenne et de ceux du sud du bassin de la Méditerranée.

