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vendredi 30 octobre 2009

TUNISIE – Azza Zarrad appelle la Communauté internationale à réagir : son mari le journaliste opposant Taoufik Ben Brik arrêté e

NOUVELOBS.COM | 29.10.2009

Le journaliste et opposant tunisien avait été convoqué par la police après qu'une femme eut porté plainte contre lui pour agression. Reporters sans frontières RSF parle d'"une affaire montée de toutes pièces pour inquiéter le journaliste". Sa femme s'inquiète pour sa santé.

La femme du journaliste et opposant tunisien Taoufik Ben Brik a indiqué, jeudi 29 octobre à nouvelobs.com, que son époux avait été arrêté et emprisonné. Il était convoqué par la police plus tôt dans la matinée après la plainte d'une femme. Celle-ci affirme que le journaliste l'a agressé et a tenté de la violer en pleine rue, à Tunis.

le bureau des SS pour y passer la nuit et être jugé le lendemain". "On est sans nouvelles de lui depuis ce matin. On ne peut pas aller le voir, on ne peut le joindre, on ne sait rien..."La femme de Taoufik Ben Brik, Azza Zarrad, explique que "[son] mari a été envoyé dans

Elle s'inquiète surtout pour la santé de son époux. "Il atteint par le

syndrome de Cushing, maladie chronique qui lui ôte toute immunité. Il doit rester dans un milieu sain, disposer d'une bonne hygiène de vie et surtout prendre des médicaments.

En prison, il n'a rien de tout cela. Sans médicament, il peut tomber dans le coma et mourir...", explique-t-elle.
Azza Zarrad appelle la Communauté internationale à réagir.

"Une affaire montée de toutes pièces"
Mardi, Taoufik Ben Brik racontait au nouvelobs.com son altercation avec la femme qui l'accuse. "Jeudi dernier, à Tunis, j'avais mis ma voiture dans un parking", explique-t-il. "Avant même que j'ai mis le contact, une voiture garée derrière moi
m'a embouti.

La conductrice, qui, je pense, était de la police, en est sortie, me criant dessus, m'accusant d'avoir voulu lui rentrer dedans ; elle déchire mes habits, essaie de me pousser à la violence", rapporte Taoufik Ben Brik. "Elle a essayé de m'amener à user de la violence pour m'inculper d'agression".

Il "doit être traduit demain [vendredi] devant le tribunal de première instance", rapporte au nouvelobs.com Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération International des Droits de l'Homme (FIDH).

"Tout porte à croire qu’il s’agit d’

de toutes pièces par les autorités pour inquiéter le journaliste, connu pour ses articles critiques à l’égard du président Ben Ali", renchérit Reporters Sans Frontières (RSF).

"Des atteintes à la liberté d'expression"
La Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR) explique au nouvelobs.com que Taoufik Ben Brik a été arrêté "à cause de ses écrits.
une affaire montée

La police essaye de fomenter une histoire pour le faire taire et ce n'est pas la première fois". La FTCR s'élève "contre des atteintes à la liberté d'expression qui touche ce journaliste mais aussi tous les Tunisiens".

De son côté, la FIDH estime que cette affaire est liée "aux

d'une femme soi-disant agressée, mais aussi aux déclarations du Président qui souhaite traduire en justice toute personne critique vis-à-vis du pouvoir". Souhayr Belhassen affirme que "la Tunisie est en pleine régression. L'arrestation de Taoufik est le premier passage à l'acte".fabulations

Contacté par le nouvelobs.com, l'ambassade de la république tunisienne en France ne souhaite faire "

aucun commentaire", avant de raccrocher violemment.

Appels à la communauté internationale
La FIDH "condamne fermement des actes qui accentuent les tensions en Tunisie" et en appelle à la Communauté internationale "avec beaucoup de
scepticisme". La présidente de la FIDH insiste surtout pour que la "France bouge, c'est la première concernée".
En ce sens, la FTCR dénonce "le silence complice du gouvernement français devant ces
atteintes aux libertés
essentielles, ainsi que sa complaisance envers une dictature policière féroce".
Enfin, Azza Zarrad s'élève contre "l'appui de la France à Ben Ali. On est furieux, on est révolté contre
Nicolas Sarkozy
qui a été le premier à féliciter Ben Ali de sa réélection alors qu'il sait très bien les conditions en Tunisie".
RSF appelle "la communauté internationale à réagir face à ces agissements dignes d’un régime mafieux, au lendemain de la réélection de Zine el-Abidine Ben Ali".

Les Verts ont demandé la libération immédiate du journaliste tunisien Taoufik Ben Brik. Dans un communiqué, ils affirment qu'"il s'agit d'une manipulation du régime de Ben Ali, à l'égard duquel le journaliste s'est montré critique". Pour eux, Nicolas Sarkozy et son ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner "doivent condamner immédiatement et sans ambiguïté ces atteintes à la démocratie".

La secrétaire nationale du PCF,

et les règles élémentaires d'un Etat de droit. JMarie-George Buffet, enfonce le clou. Dans une lettre publique à Nicolas Sarkozy, elle appelle le chef de l'Etat a "oser dire qu'à l'évidence le régime tunisien est un Etat policier qui bafoue les droits humains

e souhaite vivement que la France dans les relations d'Etat à Etat qu'elle se doit d'entretenir avec la Tunisie, puisse adopter une attitude qui corresponde davantage aux valeurs dont elle se réclame".
La FTCR a lancé
un appel pour Taoufik Ben Brik, déjà signé par Olivier Besancenot (NPA) et Noël Mamère (Verts).

Boris Manenti - Nouvelobs.

vendredi 16 octobre 2009

Les Français plébiscitent des mécanismes de financements innovants pour lutter contre la Faim

Source / auteur : Action contre la faim - vendredi 16 octobre 2009

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Près d’un Français sur deux n’a pas connaissance des véritables chiffres de la faim et pense que la situation ne s’est pas aggravée depuis 30 ans : c’est ce que révèle le sondage TNS Sofres pour Action contre la Faim et le Journal du Dimanche (parution 10 octobre). [1] Le nombre de personnes malnutries a pourtant doublé depuis les années 80, passant de 500 millions à plus d’un milliard aujourd’hui. Pour Action contre la Faim, ce chiffre dramatique est le reflet du manque de mobilisation de la communauté internationale malgré l’urgence. Les Français s’associent à cette préoccupation et appellent à des mécanismes de financement nouveaux pour lutter contre la faim.

Malgré cette méconnaissance, Action contre la Faim constate que les Français font preuve d’une sensibilité forte à la problématique de la faim et la reconnaissent comme un enjeu majeur et sous-investi. Les personnes interrogées estiment majoritairement qu’il faudrait en parler plus (68%) et reconnaissent la faim comme étant plus meurtrière que le sida et la tuberculose réunis (77 %). Le contexte de crise économique ne vient pas atténuer leur volonté de soutenir les populations affectées : l’aide de la France et des Français ne doit pas diminuer (54%). La faim n’est pas une fatalité contre laquelle on ne peut rien faire (63 %).

Action contre la Faim se félicite de la confiance qui est accordée aux associations humanitaires (84%) pour lutter contre la faim mais rappelle la nécessité d’une véritable volonté politique et d’un engagement financier de la communauté internationale pour endiguer le fléau.

Malgré le contexte de crise économique, les Français plébiscitent des modes nouveaux de financement de la lutte contre la faim. Ils seraient prêts à 68 % à voir augmenter de 1 euro la taxe solidaire sur les billets d’avion. Mais surtout, ils plébiscitent à 72% la proposition faite par ACF d’affecter à la lutte contre la faim les intérêts des capitaux d’assurance-vie captés par les compagnies d’assurance. En effet, aujourd’hui 20% des contrats d’assurance-vie en France sont laissés en déshérence faute de bénéficiaire. Leur montant est estimé entre 2 et 4 milliards d’euros et génère chaque année entre 100 et 250 millions d’euros d’intérêts.

« Si ces intérêts étaient affectés à la lutte contre la faim, ils pourraient sauver de la mort près d’un million d’enfants atteints de la forme la plus grave de la malnutrition » explique François Danel, directeur général d’Action contre la Faim. Action contre la Faim a proposé ce mécanisme de financement au Chef de l’Etat afin qu’il soit étudié dans les meilleurs délais.

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[1] Sondage effectué auprès des Français du 25 au 28 septembre 2009 sur un échantillon national de 1000 personnes représentatif de l’ensemble de la population âgée de 18 ans et plus, interrogées en face à face à leur domicile par le réseau d’enquête de TNS Sofres. Ensemble des résultats disponibles sur demande.

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dimanche 11 octobre 2009

Revue Pouvoirs - Etat des libertés en France : Des libertés en peau de chagrin

LE MONDE | 10.10.09 | 14h24 

uy Carcassonne a le goût du paradoxe. Il en fait à nouveau la démonstration dans le numéro de la revue Pouvoirs qu'il vient de coordonner sur l'état des libertés en France. Alors que le débat sur les menaces ou les atteintes auxdites libertés rebondit avec insistance, ces derniers temps, dans le débat public et politique, il introduit cet ensemble de contributions très riche et éclairant par un contre-pied. "Que de progrès accomplis !", s'exclame-t-il en pointant le "chemin fantastique" parcouru depuis une trentaine d'années dans la défense des libertés publiques et leur extension à de nombreux domaines aussi importants que la bioéthique ou l'écologie.

G

Mais c'est pour mieux souligner combien ce renforcement formel de la protection des libertés laisse place à un "malaise diffus" de plus en plus insistant devant la remise en cause de la liberté elle-même, de plus en plus attaquée ou plus insidieusement "négligée" par des "législations émotives", édictant des interdits tous azimuts pour faire mine de répondre au moindre fait divers dramatique. Cela joue sur les terrains très variés explorés dans cette livraison.

Celui de la santé publique est particulièrement représentatif des ambivalences contemporaines. Didier Tabuteau y décrit les "innombrables atteintes aux libertés individuelles et, parfois même, aux libertés publiques" imposées, sans guère de contestation, par "le Léviathan sanitaire des sociétés modernes".

La liberté n'apparaît pas seulement contrariée par les multiples obligations, réglementations et interdictions instaurées dans l'intérêt de la santé publique ou pour protéger les personnes contre des conduites à risques ; elle est également, de manière de plus en plus généralisée et sous le couvert de la responsabilisation individuelle, "conditionnée" par le mouvement général de normalisation des comportements et pratiques en matière de santé. "La médicalisation de la société porte la menace d'un encadrement social des destinées humaines", conclut-il.

Il en est de même de la prolifération des "lois domestiques" qui pénètrent dans les foyers pour régenter la vie quotidienne des individus et des familles. Dans des domaines aussi divers que la sécurité des piscines ou des ascenseurs, l'éducation des enfants, mais aussi les violences conjugales,

l'Etat-providence entend protéger les individus contre les dangers de la vie en société, contre les autres, voire contre eux-mêmes, souligne Nicolas Molfessis. Avant d'ajouter, sans ménagement, que cet engrenage protecteur conduit à une "infantilisation " des citoyens et s'inscrit dans une "logique totalitaire" inquiétante.

Sur un tout autre terrain, celui du droit des étrangers, Serge Slama analyse également la contradiction entre, d'une part, les progrès remarquables, depuis une quinzaine d'années, dans l'admission des étrangers aux différents droits et libertés collectifs et, d'autre part, la "régression" des libertés personnelles des étrangers dans "l'étau" sécuritaire et répressif des politiques d'immigration.

Enfin, sur l'aspect le plus emblématique et le plus discuté de ce débat - celui de l'évolution de la politique et de la procédure pénales françaises -, Pierre-Olivier Sur dresse un réquisitoire aussi solide que cinglant de la rafale de lois adoptées depuis sept ans : "L'évolution du droit pénal, par stratification, à coups de réformes menées sous l'exigence de chocs émotionnels, conduit à une impressionnante marche arrière en termes de libertés publiques."

Brillante, et inquiétante, synthèse.


Pouvoirs - L'état des libertés

nº130, septembre 2009, 218 p.,18 €

Gérard Courtois

Article paru dans l'édition du 11.10.09.

vendredi 2 octobre 2009

Racisme – exclusion – préjugés – Apatheid mental : la vie « ordinaire » d’un journaliste du Monde Mustapha Kessous

LE MONDE | 23.09.09 | 

Récit – Le Monde" a demandé à un de ses journalistes, Mustapha Kessous, 30 ans, d'écrire ce qu'il racontait en aparté à ses collègues : les préjugés contre les Maghrébins, qui empoissonnent sa vie privée et professionnelle

Témoignages -  Moi, Mustapha Kessous, journaliste au "Monde" et victime du racisme 

« ça fait bien longtemps que je ne prononce plus mon prénom quand je .me présente au téléphone ».. 

Lundi 7 juillet, jour de mes 29 ans. Je couvre le Tour de France. Je prépare un article sur ces gens qui peuplent le bord des routes. Sur le bitume mouillé près de Blain (Loire-Atlantique), je m'approche d'une famille surexcitée par le passage de la caravane, pour bavarder. "Je te parle pas, à toi", me jette un jeune homme, la vingtaine. A côté de moi, mon collègue Benoît Hopquin n'a aucun souci à discuter avec cette "France profonde". Il m'avouera plus tard que, lorsque nous nous sommes accrédités, une employée de l'organisation l'a appelé pour savoir si j'étais bien son... chauffeur.

Je pensais que ma "qualité" de journaliste au Monde allait enfin me préserver de mes principaux "défauts" : être un Arabe, avoir la peau trop basanée, être un musulman. Je croyais que ma carte de presse allait me protéger des "crochets" balancés par des gens obsédés par les origines et les apparences. Mais quels que soient le sujet, l'endroit, la population, les préjugés sont poisseux.

J'en parle souvent à mes collègues : ils peinent à me croire lorsque je leur décris cet "apartheid mental", lorsque je leur détaille les petites humiliations éprouvées quand je suis en reportage, ou dans la vie ordinaire. A quoi bon me présenter comme journaliste au Monde, on ne me croit pas.

Certains n'hésitent pas à appeler le siège pour signaler qu'"un Mustapha se fait passer pour un journaliste du Monde !"

Ça fait bien longtemps que je ne prononce plus mon prénom lorsque je me présente au téléphone : c'est toujours "M. Kessous". Depuis 2001, depuis que je suis journaliste, à la rédaction de Lyon Capitale puis à celle du Monde, "M. Kessous", ça passe mieux : on n'imagine pas que le reporter est "rebeu".

Le grand rabbin de Lyon, Richard Wertenschlag, m'avait avoué, en souriant : "Je croyais que vous étiez de notre communauté."

J'ai dû amputer une partie de mon identité, j'ai dû effacer ce prénom arabe de mes conversations. Dire Mustapha, c'est prendre le risque de voir votre interlocuteur refuser de vous parler. Je me dis parfois que je suis parano, que je me trompe. Mais ça s'est si souvent produit...

A mon arrivée au journal, en juillet 2004, je pars pour l'île de la Barthelasse, près d'Avignon, couvrir un fait divers. Un gamin a été assassiné à la hachette par un Marocain. Je me retrouve devant la maison où s'est déroulé le drame, je frappe à la porte, et le cousin, la cinquantaine, qui a tenté de réanimer l'enfant en sang, me regarde froidement en me lançant : "J'aime pas les Arabes." Finalement, il me reçoit chez lui.

On pensait que le meurtrier s'était enfui de l'hôpital psychiatrique de l'endroit : j'appelle la direction, j'ai en ligne la responsable : "Bonjour, je suis M. Kessous du journal Le Monde..." Elle me dit être contente de me recevoir. Une fois sur place, la secrétaire lui signale ma présence. Une femme avec des béquilles me passe devant, je lui ouvre la porte, elle me dévisage sans me dire bonjour ni merci. "Il est où le journaliste du Monde ?", lance-t-elle.

Juste derrière vous, Madame : je me présente. J'ai alors cru que cette directrice allait s'évanouir. Toujours pas de bonjour. "Vous avez votre carte de presse ?, me demande-t-elle. Vous avez une carte d'identité ?" "La prochaine fois, Madame, demandez qu'on vous faxe l'état civil, on gagnera du temps", riposté-je. Je suis parti, évidemment énervé, forcément désarmé, avant de me faire arrêter plus loin par la police qui croyait avoir... trouvé le suspect.

Quand le journal me demande de couvrir la révolte des banlieues en 2005, un membre du club Averroès, censé promouvoir la diversité, accuse Le Monde d'embaucher des fixeurs, ces guides que les journalistes paient dans les zones de guerre. Je suis seulement l'alibi d'un titre "donneur de leçons".

L'Arabe de service, comme je l'ai si souvent entendu dire. Sur la Toile, des sites d'extrême droite pestent contre "l'immonde" quotidien de référence qui a recruté un "bougnoule " pour parler des cités.

Et pourtant, s'ils savaient à quel point la banlieue m'était étrangère. J'ai grandi dans un vétuste appartement au coeur des beaux quartiers de Lyon.

En 1977, débarquant d'Algérie, ma mère avait eu l'intuition qu'il fallait vivre au centre-ville et non pas à l'extérieur pour espérer s'en sortir : nous étions parmi les rares Maghrébins du quartier Ainay. Pour que la réussite soit de mon côté, j'ai demandé à être éduqué dans une école catholique : j'ai vécu l'enfer ! "Retourne dans ton pays", "T'es pas chez toi ici", étaient les phrases chéries de certains professeurs et élèves.

Le 21 décembre 2007, je termine une session de perfectionnement dans une école de journalisme. Lors de l'oral qui clôt cette formation, le jury, composé de professionnels, me pose de drôles de questions : "Etes-vous musulman ? Que pensez-vous de la nomination d'Harry Roselmack ? Si vous êtes au Monde, c'est parce qu'il leur fallait un Arabe ?"

A plusieurs reprises, arrivant pour suivre un procès pour le journal, je me suis vu demander : "Vous êtes le prévenu ?" par l'huissier ou le gendarme en faction devant la porte du tribunal.

Le quotidien du journaliste ressemble tant à celui du citoyen. Depuis plusieurs mois, je cherche un appartement. Ces jours derniers, je contacte un propriétaire et tombe sur une dame à la voix pétillante : "Je m'appelle Françoise et vous ?" "Je suis M. Kessous ", lui répondis-je en usant de mon esquive habituelle. "Et votre prénom ?", enchaîne-t-elle. Je crois qu'elle n'a pas dû faire attention à mon silence. Je n'ai pas osé le lui fournir. Je me suis dit que, si je le lui donnais, ça serait foutu, qu'elle me dirait que l'appartement avait déjà été pris. C'est arrivé si souvent. Je n'ai pas le choix. J'hésite, je bégaye : "Euhhhhh... Mus... Mustapha."

Au départ, je me rendais seul dans les agences immobilières. Et pour moi - comme par hasard - il n'y avait pas grand-chose de disponible. Quand des propriétaires me donnent un rendez-vous pour visiter leur appartement, quelle surprise en voyant "M. Kessous" ! Certains m'ont à peine fait visiter les lieux, arguant qu'ils étaient soudainement pressés. J'ai demandé de l'aide à une amie, une grande et belle blonde. Claire se présente comme ma compagne depuis cet été et fait les visites avec moi : nous racontons que nous allons prendre l'appartement à deux. Visiblement, ça rassure.

En tout cas plus que ces vigiles qui se sentent obligés de me suivre dès que je pose un pied dans une boutique ou que ce vendeur d'une grande marque qui ne m'a pas ouvert la porte du magasin. A Marseille, avec deux amis (un Blanc et un Arabe) - producteurs du groupe de rap IAM -, un employé d'un restaurant a refusé de nous servir...

La nuit, l'exclusion est encore plus humiliante et enrageante, surtout quand ce sont des Noirs et des Arabes qui vous refoulent à l'entrée d'une boîte ou d'un bar. Il y a quatre mois, j'ai voulu amener ma soeur fêter ses 40 ans dans un lieu parisien "tendance". Le videur nous a interdit l'entrée : "Je te connais pas !" Il aurait pourtant pu se souvenir de ma tête : j'étais déjà venu plusieurs fois ces dernières semaines, mais avec Dida Diafat, un acteur - dont je faisais le portrait pour Le Monde - et son ami, le chanteur Pascal Obispo.

Fin 2003, je porte plainte contre une discothèque lyonnaise pour discrimination. Je me présente avec une amie, une "Française". Le portier nous assène le rituel "Désolé, y a trop de monde." Deux minutes plus tard, un groupe de quinze personnes - que des Blancs - entre. Je veux des explications. "Dégage !", m'expédie le videur. La plainte sera classée sans suite. J'appellerai Xavier Richaud, le procureur de la République de Lyon, qui me racontera qu'il n'y avait pas assez d'"éléments suffisants".

Que dire des taxis qui après minuit passent sans s'arrêter ? Que dire de la police ? Combien de fois m'a-t-elle contrôlé - y compris avec ma mère, qui a plus de 60 ans -, plaqué contre le capot de la voiture en plein centre-ville, fouillé jusque dans les chaussettes, ceinturé lors d'une vente aux enchères, menotté à une manifestation ? Je ne compte plus les fois où des agents ont exigé mes papiers, mais pas ceux de la fille qui m'accompagnait : elle était blonde.

En 2004, une nuit à Lyon avec une amie, deux policiers nous croisent : "T'as vu le cul qu'elle a !", lance l'un d'eux. "C'est quoi votre problème ?" rétorqué-je. Un des agents sort sa matraque et me dit en la caressant : "Il veut quoi le garçon ?" Le lendemain, j'en ai parlé avec Yves Guillot, le préfet délégué à la police : il m'a demandé si j'avais noté la plaque de leur voiture. Non...

En 2007, la brigade anticriminalité, la BAC, m'arrête sur les quais du Rhône à Lyon : j'étais sur un Vélo'v. On me demande si j'ai le ticket, si je ne l'ai pas volé. L'autre jour, je me gare en scooter sur le trottoir devant Le Monde. Je vois débouler une voiture, phares allumés : des policiers, mains sur leurs armes, m'arrêtent. Je leur dis que je travaille là. Troublés, ils me demandent ma carte de presse, mais pas mon permis.

Des histoires comme celles-là, j'en aurais tant d'autres à raconter. On dit de moi que je suis d'origine étrangère, un beur, une racaille, un islamiste, un délinquant, un sauvageon, un "beurgeois", un enfant issu de l'immigration... Mais jamais un Français, Français tout court.

Mustapha Kessous

PS - Brice Hortefeux a trop d'humour. Je le sais, il m'a fait une blague un jour. Jeudi 24 avril 2008. Le ministre de l'immigration et de l'identité nationale doit me recevoir dans son majestueux bureau. Un rendez-vous pour parler des grèves de sans-papiers dans des entreprises. Je ne l'avais jamais rencontré. Je patiente avec ma collègue Laetitia Van Eeckhout dans cet hôtel particulier de la République. Brice Hortefeux arrive, me tend la main, sourit et lâche : "Vous avez vos papiers ?" 

mardi 22 septembre 2009

Birmanie : le gouvernement militaire doit mettre fin à la répression contre les moines bouddhistes

Lu sur HNS

Les moines bouddhistes en Birmanie sont toujours exposés à la répression, aux actes d’intimidation et à de lourdes peines de prison deux ans après la répression brutale exercée par le gouvernement militaire contre des manifestations pacifiques, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui.

Le rapport de 99 pages, « The Resistance of the Monks : Buddhism and Protest in Burma » (« La résistance des moines : Bouddhisme et contestation en Birmanie »), rédigé par Bertil Lintner, spécialiste de longue date de la Birmanie, décrit la répression dirigée contre les moines de Birmanie après les manifestations qu’ils ont menées contre le gouvernement en septembre 2007. Le rapport retranscrit les récits de moines qui ont été arrêtés, frappés et maintenus en détention. Deux ans après que les moines bouddhistes ont manifesté dans la rue où réside l’opposante Aung San Suu Kyi, des centaines de moines sont toujours en prison et des milliers d’autres vivent dans la crainte de la répression militaire. Nombre d’entre eux ont quitté leurs monastères et sont retournés dans leurs villages ou ont cherché refuge à l’étranger, tandis que ceux qui sont restés dans leurs monastères vivent sous une surveillance constante.

« Les récits faits par les moines sont tristes et inquiétants, mais ils ne font qu’illustrer le comportement du gouvernement militaire birman qui s’accroche au pouvoir par la violence, la peur et la répression », a déclaré Brad Adams, directeur pour l’Asie à Human Rights Watch. « Les moines conservent une grande autorité morale, ce qui rend leurs positions de principe très dangereuses pour un gouvernement dénué de tels principes. »

Le rapport indique que depuis les événements de 2007, des milliers de moines ont été défroqués et empêchés de jouer leur rôle crucial de médiateurs sociaux au sein de la société birmane. Le rapport décrit aussi de façon détaillée le rôle crucial joué par les moines en matière de services sociaux après les ravages du cyclone Nargis en 2008, ainsi que la répression subie par nombre d’entre eux en conséquence.

Dans un rapport de décembre 2007, Human Rights Watch a fait état de 21 morts du fait de l’action des forces de sécurité birmanes, qui ont tiré sur des foules de moines et de civils, et ont passé à tabac de nombreux manifestants. Des milliers de moines et de leurs partisans ont été arrêtés.

Environ 240 moines purgent actuellement de lourdes peines de prison en Birmanie, dont U Gambira, âgé de 30 ans, qui purge une peine de prison de 63 ans pour son rôle de meneur du mouvement de contestation. Voici ce qu’il dit dans le rapport :

« Nous adhérons à la non-violence, mais notre épine dorsale est en acier. Il n’y a pas de retour en arrière. Il importe peu que ma vie ou celle de mes collègues soit sacrifiée en chemin. D’autres enfileront nos sandales, et d’autres nous rejoindront et continueront. »

U Gambira est actuellement détenu dans une prison isolée dans l’ouest de la Birmanie près de la frontière indienne, où il serait en mauvaise santé.

Le gouvernement militaire a intensifié sa surveillance des monastères, a clôturé les programmes de services sociaux et de santé assurés par des groupes monastiques locaux à Rangoun et dans d’autres parties du pays comme Pakokku et Magwe, et a continué à défroquer les moines bouddhistes soupçonnés d’activités politiques. L’un des moines avec qui Human Rights Watch s’est entretenu à Mandalay a déclaré :

« Il y a des agents du renseignement militaire dehors, et ils surveillent toutes les personnes qui entrent ou qui sortent au portail. Un homme des services de sécurité vient matin et soir vérifier quels sont les moines qui sont là, puis il s’en va. »

« Le fait que le gouvernement militaire traite des moines engagés dans des manifestations pacifiques de façon si épouvantable montre non seulement sa brutalité, mais aussi à quel point les généraux sont déconnectés de ce que pensent et ressentent les citoyens ordinaires », a ajouté Brad Adams. « Ce n’est pas surprenant, car le gouvernement n’a pas de légitimité populaire et il base ses politiques sur ce qui le maintiendra au pouvoir, et non sur ce que les gens veulent ou ce dont ils ont besoin. »

Le rapport retrace aussi la longue histoire de militantisme du bouddhisme Sangha (la communauté bouddhiste). Il décrit comment les moines bouddhistes se sont impliqués dans des actions publiques de contestation politique durant des périodes de forte répression en Birmanie, depuis l’époque du colonialisme britannique jusqu’aux manifestations antimilitaires à la suite du coup d’Etat militaire de 1962, et lors de manifestations importantes contre le régime militaire en 1974, 1988 et 1990.

Le rapport expose par ailleurs de façon détaillée la façon dont le régime au pouvoir, le State Peace and Development Council (SPDC, en français Conseil d’Etat pour la paix et le développement ), réprime régulièrement les initiatives menées par les moines en matière de bien-être, de santé et d’éducation de la communauté, tout en tentant d’utiliser le bouddhisme comme un instrument pour obtenir une légitimité politique, souvent en construisant de grandes pagodes et en prodiguant des cadeaux à des moines et monastères importants sélectionnés.

« Bien qu’un observateur non averti peut interpréter les robes pourpres et la construction de temples en Birmanie comme un signe de liberté religieuse, la réalité est que les moines qui s’engagent dans une résistance pacifique sont depuis longtemps la cible des gouvernements militaires successifs », a fait observer Brad Adams.

« La résistance des moines » complète la campagne lancée par Human Rights Watch le 16 septembre pour la libération des prisonniers politiques, y compris les moines détenus, à l’approche des élections prévues en 2010. Human Rights Watch a appelé les acteurs clés de la communauté internationale, à savoir la Chine, l’Inde, les membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-est (ASEAN), les Etats-Unis, l’Union européenne, l’Australie et le nouveau gouvernement du Japon à expliquer clairement que les élections prévues ne seront pas considérées comme crédibles et légitimes si elles se déroulent alors que tant de moines, de nonnes bouddhistes, d’activistes et de personnalités de l’opposition sont en prison.

« La colère publique reste grande en Birmanie, et le potentiel pour une répétition des manifestations de 2007 est très réel, si la communauté internationale n’exerce pas des pressions coordonnées sur le régime pour qu’il entreprenne un processus de réforme politique crédible », a conclu Brad Adams. « Il ne serait pas surprenant de voir à nouveau des moines dans les rues s’il n’est pas tenu compte du mécontentement social si le régime continue à ignorer les griefs dont souffre la population. »

Extraits de récits tirés du rapport

« Pour nous, ce n’était pas de la politique, mais une question de religion. Nous sommes descendus dans la rue seulement pour réciter metta sutta, amour bienveillant. Nous n’avons pas appelé à la violence pour renverser le gouvernement... Nous voulions que le gouvernement ait une meilleure politique pour le peuple. Alors nous avons décidé de boycotter la junte avec nos bols renversés. Cela s’appelle patta nikkujjana kamma. Nous n’acceptions pas de nourriture, de médicaments ni rien d’autre des autorités. C’est la seule façon dont nous pouvons lutter pour nos droits. Ceci n’a rien à voir avec la politique. »

- Moine bouddhiste U Viccita, évoquant son rôle lors des manifestations pacifiques de 2007, Birmanie, 2008

« La pratique massive par le régime d’arrestations, de meurtres, de tortures et d’emprisonnements n’a pas réussi à anéantir notre désir pour la liberté qui nous a été volée. Nous avons pris les pires coups. Maintenant ce sont les généraux qui doivent craindre les conséquences de leurs actions. Nous adhérons à la non-violence, mais notre épine dorsale est en acier. Il n’y a pas de retour en arrière. Il importe peu que ma vie ou celle de mes collègues soit sacrifiée en chemin. D’autres enfileront nos sandales, et d’autres nous rejoindront et continueront. »

- Moine bouddhiste et meneur des manifestations U Gambira, novembre 2007

« Je suis surveillé tout le temps. Je suis considéré comme un organisateur. Entre midi et 2 heures de l’après-midi, je suis autorisé à sortir du monastère. Mais alors je suis suivi. J’ai dû me débarrasser de ma filature pour venir à ce rendez-vous aujourd’hui. Je n’ai pas peur, pas pour moi-même. Je n’ai pas peur de dire à des journalistes étrangers ce qui s’est passé. Et je suis prêt à manifester encore quand l’occasion se présentera. Nous ne voulons pas de cette junte. Et c’est ce que tout le monde pense aussi dans mon monastère. »

- Moine bouddhiste U Manita, Birmanie, juillet 2008

« Quelque chose a été obtenu [en septembre 2007]. Toute une nouvelle génération de moines a été politisée. Nous les éduquons. Nous continuons à boycotter les militaires. Nous n’acceptons pas de cadeaux ni d’offrandes de leur part. L’une des raisons qui entraîneront la chute du régime est la mondialisation. Aucun pays ne peut être isolé comme avant. Regardez l’Indonésie, ce régime est tombé. Maintenant c’est une démocratie. Nous voulons que le Conseil de sécurité de l’ONU se saisisse de la question de la Birmanie, que l’ONU enquête sur ce qui s’est réellement passé. ... Mais la Chine et la Russie peuvent utiliser leur droit de véto. S’il vous plait, dites au monde ce qui se passe dans notre pays ! »

- Moine bouddhiste U Igara, Birmanie, juillet 2008

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mercredi 16 septembre 2009

«La visibilité du droit des enfants disparaît»

Libération - 16/09/2009 –

Questions à Dominique Versini, Défenseure des enfants.

domver

Exit le défenseur des enfants. Supprimée aussi la Commission nationale de déontologie de la sécurité que l’on pouvait saisir en cas de dérapage des forces de l’ordre. Ces deux rôles seront désormais confiés à un seul «défenseur des droits». Dominique Versini, nommée défenseure des enfants en 2006, s’insurge contre ce qui ressemble à un tour de passe-passe.

Le défenseur des enfants est-il menacé de disparition ?

Totalement ! Le projet de loi présenté mercredi en conseil des ministres prévoit sa suppression. On noie le droit des enfants dans un ensemble administratif plus large. La visibilité du droit des enfants, jusqu’ici très bien identifiée, disparaît.

Pourquoi faut-il une institution spécifique ?

On a besoin d’une structure légère et réactive dont le fil rouge est la reconnaissance du droit des enfants. Un exemple parmi les 20 000 affaires traitées (depuis la création de l’institution,  ndlr) : nous avons résolu le cas d’un enfant malade algérien de 9 ans, en France depuis 3 ans, auquel la préfecture demandait d’attendre encore deux ans avant d’avoir le droit de retourner en Algérie voir sa famille. Le médiateur de la République avait été saisi. Le préfet disait : « Non, c’est la loi. » Après notre intervention auprès d’Eric Besson, le cas a été débloqué :Cela montre qu’il faut quelqu’un pour forcer les portes, une structure qui bouge, prête à remuer ciel et terre pour le respect du droit des enfants.

Qu’attendez-vous ?

Je n’ai été ni consultée, ni prévenue. Jeudi, j’ai demandé à nouveau à rencontrer Nicolas Sarkozy, puisque je suis nommée par décret du président de la république. C’est l’interlocuteur qui peut et qui devrait m’entendre.

Recueilli par C.R.

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samedi 25 juillet 2009

Discrimination – Honte à la France … Un maire refuse le mariage

Ouest-France samedi 25 juillet 2009

La justice ordonne au maire de les marier

L'élu de Loudéac s'y opposait, suspectant un mariage de complaisance. Il devra s'exécuter avant lundi soir. Le tribunal de grande instance de Saint-Brieuc a rendu, hier, un jugement sous forme d'injonction : le maire de Loudéac (Côtes-d'Armor), Gérard Huet, doit célébrer le mariage du Marocain Adil Doubi et de sa compagne hispano-marocaine Kamar El Hadji Safadi.

L'élu a jusqu'à lundi soir pour s'exécuter, sous peine d'une amende de 1 000 € par jour de retard. Il devra aussi leur verser 2 000 € correspondant aux frais d'avocats.

Le maire de Loudéac refusait de marier un homme qu'il considérait « en situation irrégulière ». Le tribunal a estimé que M. Huet « n'était pas compétent » pour en juger.

Adil Doubi était sous le coup d'un arrêté préfectoral l'obligeant à quitter le territoire avant le 26 juillet. Depuis, le Marocain était retourné en Espagne, et il possède de nouveau un titre de séjour de trois mois. Gérard Huet soupçonnait un « mariage de complaisance ». Mais le procureur de la République, Gérard Zaug, avait ordonné la célébration du mariage.

Pas en salle des mariages !

« On a gagné ! Merci beaucoup, merci ! » Nerveux avant de connaître la décision, Adil et Kamar ont poussé un cri de joie en recevant le coup de fil de leur avocat, Xavier Denecker. « C'est la victoire du droit sur l'arbitraire, déclare-t-il. Cette décision signifie qu'un maire n'est pas au-dessus des lois. »

Le maire de Loudéac, lui, se dit « écoeuré... J'ai décidé, de manière symbolique, de les marier ailleurs qu'en salle des mariages. » L'heure et le lieu de la cérémonie restent à déterminer. Le parquet de Saint-Brieuc a néanmoins précisé que « la cérémonie devra être publique » et se tenir en mairie. Alors, où ? Dans l'escalier ? Dans le bureau du maire ?

Marjorie WIRZBICKIet Jérôme BEZANNIER.

Et têtu !  ou ? ...

Posté par Cozett à 12:00 - Droits de l'Humain - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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mardi 21 juillet 2009

Ligue des Droits de l’homme - Proposition de loi sur les fichiers de police : Edvige 3.0, c'est toujours non

Ligue des Droits de l'homme

La lettre d'info n° du 20 juillet 2009


La Commission des lois de l'Assemblée nationale a adopté le texte de la proposition de loi sur les fichiers de police, à l'initiative des députés Delphine Batho et Jacques-Alain Bénisti.
Entre autres mesures, la proposition de loi introduit une nouvelle version du fichier Edvige, ou « Edvige 3.0 », qui n'est pas plus acceptable que le fichier « Edvige 1.0 » ou sa proposition de remplacement par le ministère de l'Intérieur, Edvirsp ou « Edvige 2.0 ».

Communiqué commun

Confédération Générale du Travail (CGT) Collectif Contre l’Homophobie et pour l’égalité des droits (CCH) Fédération Syndicale Unitaire (FSU) Imaginons un réseau Internet Solidaire (IRIS) Ligue des droits de l’Homme (LDH) Syndicat de la Magistrature (SM) Fédération syndicale Solidaires.

Le texte ignore l’immense mobilisation citoyenne contre ce fichier, et les organisations signataires, membres du Collectif « Non à Edvige », s’interrogent sur les raisons pour lesquelles le collectif n’a pas été auditionné, malgré sa demande.

Pour le reste, en dépit de certaines avancées en vue de l’encadrement et la transparence des fichiers de police, cette proposition de loi demeure insuffisante en matière de contrôle démocratique et de respect des droits et libertés fondamentaux.

Certaines de ses dispositions sont extrêmement contestables. Les organisations signataires s’insurgent contre la tendance globale, manifestée également dans cette proposition, qui consiste à étendre à la petite délinquance des méthodes et outils auparavant réservés aux crimes graves voire aux actes de terrorisme.

Cette tendance conduit en outre au contrôle des populations, ainsi qu’à la criminalisation des activités syndicales et autres activités militantes.

C’est exactement contre cette situation que se sont élevées plus de 220 000 personnes et près de 1 200 organisations signataires de l’appel « Non à Edvige ».

Les organisations signataires contestent fortement les dispositions et tendances suivantes de la proposition de loi sur les fichiers de police :

A lire sur le site Ligue des Droits de l’homme

Posté par Cozett à 07:00 - Droits de l'Humain - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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dimanche 12 juillet 2009

La faim ? Une priorité mondiale

Ouest-France Dimanche 12 juillet 2009

« La guerre contre la faim »

Un milliard de personnes souffrent de la faim en 2009 : combien en faudra-t-il pour que la faim devienne une priorité mondiale ? », interpellait Action contre la faim. Les enfants en bas âge sont les victimes silencieuses de ce fléau : la malnutrition est à l'origine de la mort de plus 5 millions d'enfants de moins de 5 ans chaque année, estime Médecins sans Frontières. La crise alimentaire met en danger 55 millions de jeunes enfants, déclarent-ils.

La crise économique remet en cause les progrès difficilement réalisés ces dernières années, constatent les Nations Unies (ONU) : au sujet de « l'éradication de la faim, la tendance, qui était encourageante depuis le début des années 1990, s'est inversée en 2008, en grande partie à cause de la hausse des prix des denrées alimentaires ».

L'organisation s'alarme : « Les enfants sont le plus durement touchés. Plus d'un quart des enfants des régions en développement souffrent d'un retard de croissance, avec des incidences négatives sur leurs perspectives de survie, de croissance et de développement à long terme ».

L'ONU demande d'accorder « une place prioritaire à la nutrition infantile dans le développement national ». Elle recommande l'usage d'une « alimentation complémentaire adéquate dès l'âge de 6 mois » et exige de prendre soin des futures mamans, souvent oubliées.

Or, il est aujourd'hui possible de sauver les enfants malnutris grâce à l'usage d'une pâte alimentaire, prête à l'emploi. Mais son coût est encore beaucoup trop élevé ( 1 ). S'il est heureux que le G8 ait décidé d'intensifier son aide, il est indispensable qu'une partie de cette aide soit consacrée à lutter contre la malnutrition infantile.

Ce devrait être la priorité de la communauté internationale. : « Nous devons faire plus, plus vite. La crise alimentaire touche en permanence des millions d'enfants qui ont besoin de notre aide », déclare Ban Ki Moon, secrétaire général de l'ONU. L'organisation insiste : « La guerre contre la faim doit être menée avec une vigueur renouvelée, dans l'intérêt des plus jeunes citoyens en particulier ».

C'est en luttant pied à pied contre certaines maladies ¯ le paludisme, la rougeole, le sida ¯ que les progrès ont été les plus grands. Pour sauver la vie de millions d'enfants, il faut organiser de la même manière la lutte contre la malnutrition infantile.

L'ampleur de ce fléau est d'autant plus inacceptable qu'il est possible de le combattre. La France s'honorerait à prendre la tête de ce combat. Son idéal de liberté, d'égalité et de fraternité le lui commande.

(1) Ouest France Solidarité remercie la générosité des producteurs et transformateurs laitiers, des lecteurs et du Rotary club qui permet à Médecins Sans Frontières de sauver un grand nombre d'enfants en Afrique.

«

Jeanne Emmanuelle Hutin

Posté par Cozett à 11:30 - Droits de l'Humain - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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jeudi 11 juin 2009

Signez l'appel "Copenhague-2009, l'ultimatum climatique"

Une signature pour les générations suivantes, un petit geste aujourd'hui qui peut faire pression et rendre encore possible la vie demain, à chacun de juger...

Découvrez et soutenez l'appel inter-ONG pour Copenhague et relayez l'ultimatum climatique sur http://www.copenhague-2009.com

ON NE NEGOCIE PAS AVEC LE CLIMAT, ON AGIT

Monsieur le Président,

Au mois de décembre de cette année se tiendra à Copenhague le Sommet de l’ONU sur le climat. Confrontés au péril climatique, les dirigeants du monde entier devront parvenir à surmonter leurs divergences d’intérêts de court terme pour se rassembler autour d’un projet politique mondial fondé sur un constat scientifique objectif et ainsi donner une suite au protocole de Kyoto...

> Voir le texte intégral

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Posté par werdna à 19:17 - Droits de l'Humain - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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