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jeudi 8 mai 2008

Une dictature insensible au malheur du peuple : Dans le delta de l'Irrawaddy, la population se débrouille seule

Ouest-France – 08/05/08 – de Christophe Ono-dit-Biot Auteur du roman Birmane, Plon, prix Interallié 2007 - Recueilli par Laurent MARCHAND

Quel est ce régime militaire qui refuse les secours pour sa population ?

Voir un gouvernement demander des visas aux humanitaires alors que la population se noie et risque les épidémies, montre dans quelle paranoïa et quel cynisme se débat ce régime, mais je ne vois pas très bien comment cela pourrait aider la population à se révolter. En Birmanie, le budget consacré à l'éducation et à la santé est inférieur à 1 %, alors que le pays dispose de la plus grosse armée de l'Asie du Sud-Est avec 500 000 hommes. Les généraux ne souffrent pas de ce qui se passe ni de l'isolement diplomatique. C'est la population qui trinque. Avant le cyclone, un enfant sur trois souffrait de malnutrition. C'est environ 20 % d'insécurité alimentaire, alors que c'était le grenier à riz de l'empire britannique.

Les sanctions internationales ont été impuissantes jusqu'ici, pourquoi ?

C'est l'État chinois qui a la clef !

Rangoun, c'est un accès à la mer crucial pour la Chine. Si Pékin demande à la Birmanie de céder, elle cédera. Mais la Chine a usé de son droit de veto à l'Onu contre des résolutions visant la junte. À la dernière réunion de l'Asean, le représentant de l'Onu était venu présenter son rapport sur les répressions de l'automne. Les officiels birmans ont menacé de quitter la réunion. Le rapport n'a pas été présenté.

Malgré l'état d'urgence, la junte a décidé de maintenir, dimanche, le référendum sur le projet de constitution. Pourquoi cet attachement à un vote qui n'est de toute façon pas démocratique ?

C'est l'avenir des généraux qui est en jeu. Que dit cette nouvelle constitution ? Que le chef de l'État devra avoir quinze ans d'expérience dans l'armée. Que toute personne liée à un étranger sera inéligible ; cela vise directement Aung San Suu Kyi qui a été mariée à un Anglais. Que les généraux auront l'immunité pour toutes les violations des droits de l'homme commises depuis la répression de 1988. Que toute personne ayant des antécédents judiciaires ne pourra pas être candidate aux législatives qui suivraient ce référendum, ce qui exclut tous les militants démocrates. L'aide peut attendre, pas le référendum.

Des généraux, en plus, un peu spéciaux ?

L'armée contrôle tout, mais le numéro un de la dictature, on ne le voit jamais. C'est une situation à la Orwell. Les généraux birmans gouvernent en plus avec des astrologues. En 1988, le chef de la junte de l'époque a supprimé, du jour au lendemain, les billets qui avaient cours. Il les a remplacés par des multiples de 9, son chiffre « bénéfique ». Quitte à ruiner les pauvres gens.

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mercredi 7 mai 2008

En Chine, les dissidents ouïgours dénoncent la répression

le 7/5/2008 par AFP – aujourd’hui la Chine

La Chine renforce la répression à l'encontre des minorités musulmanes du Xinjiang (nord-ouest) afin d'éviter tout incident lors du passage de la flamme olympique prévu fin juin, accusent les dissidents ouïgours. 

La torche doit passer du 25 au 27 juin au Xinjiang.

La répression "vise à éviter que les Ouïgours ne disent la vérité aux journalistes et visiteurs étrangers sur leur souffrance. Je suis opposée au passage de la torche, car elle s'accompagne d'une répression sévère à l'égard des Ouïgours", a indiqué Mme Kadeer.

Un autre dirigeant ouïgour en exil avait affirmé que plus de 10.000 personnes avaient été interpellées par les forces de l'ordre au cours des derniers mois.

"Partout, les maisons, les hôtels sont fouillés. Les gens sont arrêtés", a déclaré lors d'une conférence de pressse au Japon, Dolkun Isa, secrétaire général du Congrès mondial ouïgour, basé en Allemagne. "Même les gens qui n'ont jamais eu de problèmes avant ont été arrêtés simplement parce qu'ils semblaient suspects", a-t-il dit.

La Chine a mis en garde contre une menace terroriste islamiste supposée en provenance du Xinjiang avant les jeux Olympiques organisés à Pékin en août, annonçant avoir déjoué des projets d'attentats visant l'événement.

Des analystes et défenseurs des droits de l'homme ont qualifié d'exagérée la menace terroriste islamiste agitée par la Chine avant les JO, des spécialistes de la sécurité soulignant qu'elle fournit peu de détails sur les réseaux qu'elle annonce régulièrement avoir démantelés.

Pour Mme Kadeer, qui a été emprisonnée pendant six ans en Chine de 1999 à 2005 avant de partir en exil aux Etats-Unis, les accusations des autorités ne servent qu'à justifier la répression envers le peuple ouïgour.

"La Chine se sert de l'occasion des jeux Olympiques pour diaboliser encore plus la lutte pacifique et légitime du peuple ouïgour et justifier sa répression menée d'une main de fer au Turkestan oriental", a-t-elle indiqué.

"Les autorités chinoises ont réprimé durement les Ouïgours afin de faire passer la torche par le Turkestan oriental" (Xinjiang), depuis les Etats-Unis, Rebiya Kadeer, l'une des figures de la dissidence ouïgoure. Près de 10 millions de musulmans, dont les Ouïgours (des turcophones), vivent au Xinjiang, région de l'extrême ouest chinois, aux confins de l'Asie centrale. Certains groupes continuent à se battre pour l'indépendance du Turkestan oriental, qui a connu une existence éphémère avec deux Républiques entre 1930 et 1949.

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mardi 6 mai 2008

La ligue des droits de l’homme sonne l’alerte.

– Instantané - Libération du 06/05/08 –

Le rapport de la ligue des droits de l’homme qui sera rendu public demain, dresse un tableau alarmant de la situation en France après un an sous le régime Sarkozy.

1 - Une démocratie exemplaire ? « Rupture »… avec les valeurs républicaines !

On peut rompre avec tout et tous, sauf avec sa propre politique : les « lois Sarkozy » du précédent quinquennat sont toujours là. L’Etat est désormais géré comme une entreprise personnelle par un « président-soleil », dans une ambiance jet-set décomplexée. Le présidentialisme a muté en « monarchie élective », à laquelle aucune institution ne résiste : ni le gouvernement de « collaborateurs » à faire noter par un cabinet privé, ni le Parlement paraphant sa dose hebdomadaire de « réformes » ficelées, ni la justice dont la ministre explique qu’elle est rendue « au nom de la légitimité suprême des Français qui ont élu Nicolas Sarkozy pour restaurer l’autorité ».

« Ainsi veut le, roi, ainsi veut la loi » ? Et le peuple français se réduit-il à la majorité présidentielle ? Rupture, oui, mais dans la désinstitutionnalisation du pouvoir, l’autoritarisme personnalisé et la privatisation du politique. Rupture, au bout du compte, avec les valeurs républicaines.

2 - Les droits économiques et sociaux : prendre aux pauvres pour donner aux riches

Début 2008, les bases de protection du salariat ont été gravement sapées : l’accord signé par la plupart des confédérations syndicales autorise une rupture du contrat de travail « à l’amiable ». mais où est la protection promise en contrepartie ? Dans un système où le contrat et les accords primeront sur la loi, l’asymétrie dont bénéficient les employeurs mettra définitivement les les salariés dans leur main.

La LDH lutte pour améliorer le droit au travail, et le droit au logement effectif : plus que jamais, elle rappelle que les droits sont indivisibles et qu’il est beaucoup plus difficile d’être citoyen à part entière sans toit ni travail. L’entreprise de destruction de la sécurité du travail, la logique exclusivement capitaliste et spéculative, sont mortifères pour tous. Mais les premiers touchés sont les salariés, les chômeurs, les malades, les handicapés, les petits retraités… La baisse du pouvoir d’achat, la TVA et les franchises médicales pour eux et le paquet fiscal pour les riches , Injuste, trop injuste !

3 – Le droit à l’éducation et à la sûreté pour nos enfants : Fichons ces graines de délinquants !

Le fichier « Base-élèves » est un bon exemple des pratiques de fichage systématisé et du nouveau contrôle social. Tandis que le ministère de l’Education nationale fait le forcing pour convaincre les directeurs d’école de ses mérites, les parents d’élèves découvrent avec stupeur que ce fichier permettra de conserver pendant quinze ans quantité d’informations sur leurs enfants. Les décrets relatifs à la loi « de prévention de la délinquance » commencent à sortir et les maires sont désormais habilités à se constituer une base de données à partir des informations qu’ils auront récoltées auprès des directeurs d’école, des caisses d’allocations familiales et des inspecteurs d’académie.

La LDH et ses partenaires demandent que les différents fichiers qui relèvent de l’Education nationale fassent l’objet d’une information préalable aux parents, d’un débat démocratique sur leur contenu et présentent des garanties quand à la confidentialité et aux possibilité de centralisation ou d’interconnexion des données enregistrées. Une exigence minimale !

4 – Et les droits universels pour les migrants ? La traque et la peur pour des « sans-droits »

Baba Traoré qui s’enfuit à la vue d’un contrôle de police et qu’on retrouve noyé : voilà le dernier mort de la guerre que le gouvernement mène contre les sans-papiers. Préférant ignorer qu’une partie de l’économie du pays repose sur l’exploitation au travail de ces hommes et ces femmes de l’ombre, cette guerre est conduite au nom d’une idéologie, celle de la « menace » que ferait peser l’immigration sur « l’identité nationale ». Et d’un projet politique : fidéliser sur cette base l’électorat d’extrême droite. Cette idéologie mobilise comme jamais toutes les préfectures, encouragées à faire du chiffre, au détriment de l’examen des situations humaines, et les forces de police, entraînées vers des dérives qui traumatisent nombre de fonctionnaires : arrestations au domicile et en préfecture, rafles, brutalités dans les centres de rétention…

Mais elle suscite aussi ses objecteurs de conscience et ses résistants : les sans-papiers eux-mêmes, qui luttent pour leurs droits et les citoyens, ces « innombrables » qui refusent la Xénophobie d’Etat et dont la solidarité dessine un autre visage de notre société.

5 – La sûreté pour tous ? La prison pour toute réponse !

Nicolas Sarkozy chantre de la réforme a échoué sur l’économique et le social. Alors, il alourdit la politique sécuritaire qu’il menait déjà depuis 2002. Ca coûte moins cher et ça paie plus. En cinq ans, quarante lois ont bouleversé le Code de procédure pénale et trente ont désarticulé le Code pénal. Les principes fondamentaux de la responsabilité pénale et des garanties judiciaires s’estompent. Au point que, lorsque le timide Conseil constitutionnel ose rappeler cette pierre angulaire de notre droit qu’est le principe de non rétroactivité des lois, le Président s’en offusque et tente de le contourner.

Rien ne prouve que cette frénésie législative ait fait baisser la délinquance ; mais depuis l’élection présidentielle, le nombre de détenus est passé 60 571 à 63 211 – pour toujours 50 207 places. Le contrôleur général des prisons n’est toujours pas nommé et la loi pénitentiaire s’éloigne. Mais on construit de nouvelles prisons, y compris pour les enfants.

6 – La France des droits de l’homme dans le monde ? Atlantisme et ethnocentrisme !

En fait de droits de l’homme, la politique étrangère de Nicolas Sarkozy mêle un immobilisme qui l’entraîne à choyer les « amis » habituels, fussent-ils peu fréquentables, et une démarche qui le rapproche de la guerre des civilisations. Derrière la façade des états d’âme de la secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, rien n’a changé dans les rapports entre Paris et les vieux clients fournisseurs de la France que sont Ben Ali, Bongo, Sassou Nguesso et tant d’autres. En revanche, le retour dans le giron atlantiste s’accompagne d’un discours sur le monde musulman qui le désigne comme l’ennemi des valeurs du monde occidental, et d’un discours sur l’Afrique qui reproduit les clichés coloniaux les plus éculés. Le choc des civilisations et le complexe de supériorité résument la vision de Nicolas Sarkozy, comme son ministère de l’Identité nationale en fait foi, jusqu’à la nausée : politique étrangère et politique intérieure se rejoignent dans l’inacceptable.

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Doux : une nouvelle « fiche » fâche la CGT

Ouest-France – 06/05/08 - Jean-Pierre LE CARROU

Le groupe volailler Doux (6 000 salariés) veut mettre en place une procédure pour repérer tout comportement jugé anormal parmi son personnel.

QUIMPER. - Les représentants du personnel sont consultés au sujet de l'instauration d'une « fiche de constat ». Ce document doit permettre à l'encadrement de décrire, de manière détaillée, les manifestations d'éventuels troubles du comportement d'un salarié : agressivité, perte d'équilibre, trouble d'élocution, somnolence... « Le tout doit être transmis au directeur du site, au médecin du travail, avec le nom des éventuels témoins. Une question aborde la fréquence de ces incidents » rapporte Raymond Gouiffès, élu CGT.

Pour nous, c'est une incitation à la délation ! Et nous ne l'acceptons pas ». La direction conteste cette analyse : « Cette fiche concerne les comportements liés à la consommation d'alcool, de drogue, de psychotropes » assure Marine Champon, directrice de la communication du groupe Doux. Il s'agit d'assurer la sécurité du salarié et celle de ses collègues. Cette fiche formalise une façon de réagir face à ce genre de difficultés. » Pour autant, Doux affirme que l'entreprise n'est pas, plus qu'une autre, soumise à ce genre de problèmes.

La CGT fait le rapproche- ment avec un article du « code d'éthique » de l'entreprise, qui avait suscité un vif débat, à l'automne 2006. Cet article incitait les salariés à alerter la hiérarchie s'ils avaient connaissance d'un acte contraire à ce code.

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vendredi 2 mai 2008

DROITS DE L'HOMME Rama Yade se défend d'avoir " fait tapisserie" en Tunisie

NOUVELOBS | 02.05.2008 | 12:05

"Plutôt que parler, je préfère agir, et c'est ce que j'ai fait: j'ai eu un programme spécifique consacré exclusivement aux droits de l'Homme", a estimé la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, restée discrète lors de son déplacement aux côtés de Nicolas Sarkozy

Je ne suis pas venue pour faire tapisserie", a déclaré vendredi 2 mai Rama Yade, secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, sur Europe1, à propos de son voyage avec Nicolas Sarkozy en Tunisie.


Lors de cette visite, Nicolas Sarkozy a affirmé que "l'espace des libertés progresse" en Tunisie, suscitant la colère des associations tunisiennes.


Interrogée sur l'annulation d'un rendez-vous prévu avec l'Association tunisienne des femmes démocrates, Rama Yade a invoqué des problèmes d'agenda et demandé à ce que l'on ne crée pas "des problèmes politiques là où il n'y avait que des problèmes pratiques
".

Bien faible Défense …

Sarkozy a esquivé la question

Amnesty International et Human Rights Watch ont dénoncé les restrictions à la liberté de la presse et les emprisonnements d'opposants politiques, faisant état de mauvais traitements et de cas de torture - ce que Tunis nie.

Les défenseurs tunisiens des droits de l'homme souhaitaient que Sarkozy réclame la libération de ces prisonniers politiques, mais il a estimé que, "aujourd'hui, l'espace des libertés progresse" dans le plus petit Etat du Maghreb et il a crédité son président de "la volonté de vouloir continuer à (l')élargir.

"Sarkozy a esquivé la question des droits de l'homme et de la démocratie en Tunisie pour privilégier les intérêts commerciaux", a réagi mardi Rachid Kechana, rédacteur en chef d'Al Mawqaf, hebdomadaire du Parti démocratique progressiste (PDP) d'opposition.

"Cela a choqué les militants des droits civiques ici car ils attendaient une prise de position différente de la France, la patrie des droits de l'homme et des libertés", a ajouté Kechana.

Ce dernier et Mongi Ellouze, directeur d'Al Mawqaf, en sont au quatrième jour d'une grève de la faim au siège de l'hebdomadaire pour protester contre ce qu'ils présentent comme les efforts du gouvernement pour asphyxier les finances et entraver la distribution de la publication.

"Quand un président fait une visite d'Etat, il n'est pas là pour insulter ceux qui l'invitent", a jugé Rama Yade.
"Mais à travers mes rencontres, et les sujets abordés en détail avec les autorités et les ONG, je crois qu'on a bien montré que notre intérêt se portait aussi sur les libertés et qu'il y avait des efforts importants à faire", a-t-elle dit.


Rendez-vous annulé -
"La Tunisie affiche un bilan économique positif, une classe moyenne dynamique, un tourisme intelligent... Tout n'est pas parfait bien sûr", a-t-elle ajouté, estimant cependant que "des choses importantes ont été faites sur certains aspects, comme le code de la femme".

"Plutôt que parler, je préfère agir, et c'est ce que j'ai fait: j'ai eu un programme spécifique consacré exclusivement aux droits de l'Homme", a-t-elle mis en avant, rappelant qu'elle avait rencontré mardi à Tunis le président de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH), Me Mokhtar Trifi.

"J'ai aussi rencontré les autorités tunisiennes avec qui j'ai discuté de tous les sujets sans aucun tabou, sans aucune limite: torture, censure, peine de mort", a-t-elle affirmé, précisant avoir parlé au ministre tunisien de la Justice et au secrétaire d'Etat tunisien aux Affaires étrangères.

Rama Yade est restée très discrète lors du déplacement en Tunisie.



Colère des associations -
"Dans un voyage d'Etat, les ministres ne sont pas censés s'exprimer. On n'a pas à faire des conférences de presse parallèles pour commenter les faits et gestes du président", a-t-elle justifié.

Posté par Kozett à 16:00 - Droits de l'Humain - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 1 mai 2008

Birmanie : Le pays est « un volcan social qui peut entrer en éruption à tout moment. »

Birmanie actualités - Saffron Revolution renewed  par Larry Jagan- lundi 29 avril 2008 -Bangkok Post

Des protestations de rue sporadiques sont apparues dans plusieurs villes birmanes en cette fin de semaine, alors que la population se prépare à se rendre aux urnes pour se prononcer par référendum sur une nouvelle constitution. Une délégation de plus de cinquante personnes conduite par une vingtaine de moines a essayé, samedi, de se rendre à la fameuse pagode de Shwegadon à Rangoon. La police les a empêchés de rentrer dans le temple et a rapidement dispersé le groupe. Les autorités birmanes ont interdit à tout moine bouddhistes de se rendre dans les alentours de cette pagode historique depuis les protestations de septembre dernier.


Il y a eu une autre manifestation au marché de Tamze Bazaar de Rangoon. Plus de cents manifestants se sont aussi regroupés dans les rues de Sittwe, la capitale de la province à majorité musulmane de Arakan, dans l’ouest du pays. Il y a par ailleurs de nombreux rapports, non confirmés, qui font état de rassemblements dans différentes villes, tout au long du week-end. Les forces de sécurités sont déployées devant les monastères de Rangoon pour empêcher les moines d’entrer ou de sortir des bâtiments.

C’est le premier signe d’agitation depuis que la « révolution de safran » de l’année dernière a été brutalement réprimée. « Davantage de protestation sont attendues dans les jours à venir, alors que la colère contre le régime en place ne cesse de grandir », dit Khin Ohnmar, un activiste basé à Chiang Mai (nord de la Thaïlande) et qui reste en lien avec les organisateurs de ces protestations. Ces protestations ont été en partie déclenchées par le référendum organisé par le gouvernement le 10 mai prochain, et elles vont sûrement aller en se développant dans les jours qui vont précéder les élections.

Le régime militaire est manifestement nerveux à cause de ces élections et est en train d’orchestrer les résultats de ce vote. Il est facile de prévoir que l’annonce qu’une écrasante majorité du pays a approuvé la nouvelle constitution permettra à l’armée de garder le contrôle politique du pays pour les décennies à venir. Mais, il y a de plus en plus de signes qui montrent que l’électorat devrait en fait rejeter la constitution, même si il ne fait pas de doute que les autorités vont manipuler les résultats.

La haine à l’encontre des dirigeants militaires est aussi grandissante parmi les gens de la rue, et s’accroît avec la montée en flèche de l’inflation. Les prix atteignent des hauteurs astronomiques. Les coûts du diesel et du pétrole, qui avaient été l’étincelle qui avait tout déclenché l’année dernière, vient d’augmenter à nouveau ;le prix de l’huile pour la consommation a plus que doublé depuis le début de l’année. Plus de 90% de la population birmane dépense plus de 80% de leurs revenus pour l’alimentation seulement. La malnutrition et la pauvreté s’accroissent de manière alarmante, pendant que l’armée dépense des sommes énormes pour l’achat d’armes et de matériels militaires.

Le principal parti pro-démocratie, la Ligue Nationale pour la Démocratie (NLD) de Aung San Suu Kyi, a annoncé son opposition à la nouvelle constitution, en partie parce qu’il n’avait pas été associé à l’élaboration, mais surtout parce que cette constitution est anti-démocratique.
Le président doit être un militaire, un quart du parlement sera nommé par le chef des armées, et les militaires se réservent la droit de démettre tout civil de l’administration qui serait supposé menacer la sécurité nationale.

Mais même si les embûches sont mises sur le chemin de l’opposition pro-démocratique, tout n’est pas perdu. Le général Than Shwe, âgé de 74 ans, est sérieusement malade et perd son emprise sur l’armée. Il est sujet à des rages causées par le diabète et on a pu constater récemment des signes de démence et de pertes de mémoires. Il semble maintenant que ses jours soient comptés.

Bien qu’il n’y ait pas aucun signe concret d’une possible « révolution de palais », il y a cependant un nouvelle vague de démonstrations de rue contre le gouvernement militaire, et qui menace d’aller en s’amplifiant dans les jours à venir avant que les bureaux de vote n’ouvrent.

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mercredi 30 avril 2008

Nicolas Sarkozy loue encore Ben Ali sur les droits de l'homme

Reuters - 30/04/08 - Emmanuel Jarry

TUNIS (Reuters) - Le président Nicolas Sarkozy a de nouveau décerné un brevet de bonne conduite au président tunisien Zine el Abidine Ben Ali, malgré les protestations des défenseurs des droits de l'homme.

Dans un discours devant les étudiants de l'Institut national des sciences appliquées et de technologie de Tunis, il a néanmoins invité les dirigeants tunisiens à considérer avec "lucidité" ce qui restait à accomplir dans leur pays, où "tout n'est pas parfait".

"Quel pays peut s'enorgueillir d'avoir autant avancé en un demi-siècle sur la voie du progrès, sur la voie de la tolérance et sur la voie de la raison ?" a-t-il déclaré.

"C'est le grand mérite du président Ben Ali d'avoir continué sur cette voie sans se laisser décourager par les obstacles de toute sortes (...), sans se laisser intimider par le fondamentalisme qui est notre ennemi commun, sans se laisser intimider par l'obscurantisme, par les fanatiques et le fanatisme qui rêvent d'un retour en arrière", a-t-il ajouté.

"Alors tout n'est pas parfait en Tunisie, certes, tout n'est pas parfait en France non plus, certes également", a poursuivi Nicolas Sarkozy. "Beaucoup de choses restent à accomplir, c'est certain, beaucoup de choses restent à améliorer, c'est certain, et ce n'est pas faire preuve de faiblesse que de le dire. Quand on est fort, on regarde la situation avec lucidité."

A Paris, le socialiste Pierre Moscovici a interpellé la droite sur la "complaisance" du président de la République à l'égard du régime tunisien lors de la séance de questions d'actualité à l'Assemblée.

"C'est une contrevérité absolue que de prétendre" que l'espace de liberté progresse en Tunisie, a déclaré le député du Doubs, citant la phrase prononcée lundi soir par Nicolas Sarkozy.

La visite "consternante" de Mouammar Kadhafi à Paris, les félicitations adressées par le chef de l'Etat à Vladimir Poutine et les "très molles protestations" face aux violations des droits de l'homme en Chine sont autant de preuve que Nicolas Sarkozy a renoncé à ses promesses de campagne présidentielle sur la politique étrangère, a-t-il estimé.

"LA TUNISIE N'EST PAS LA CORÉE DU NORD!"

"Il n'y plus de tâtonnements, il n'y a plus d'erreur de début de mandat. Il y a une démarche volontaire, délibérée, consentie en tout cas d'ignorer superbement la question des droits de l'homme", a accusé Pierre Moscovici.

"La Tunisie n'est pas la Corée du Nord", a répliqué le secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet.

"Nous n'avons jamais caché que la France souhaitait qu'une évolution politique accompagne maintenant les succès du développement économique et social" en Tunisie, a-t-il fait valoir.

"Cette ouverture, c'est aux Tunisiens eux-mêmes d'en fixer le rythme, le contenu, les modalités mais elle est aujourd'hui indispensable et possible", a-t-il poursuivi dénonçant ceux qui s'érigent "en donneurs de leçons".

Les organisations de défense des droits de l'homme accusent régulièrement le pouvoir tunisien d'atteintes aux libertés fondamentales sous le couvert de la lutte contre le terrorisme et contre l'extrémisme religieux.

Elles se sont dites déçues par les déclarations du président français pendant sa visite d'Etat, dont elles attendaient un discours plus offensif sur la question des droits de l'homme.

Les défenseurs tunisiens des droits de l'Homme accusent notamment Nicolas Sarkozy d'avoir donné la priorité aux relations économiques entre la France et la Tunisie.

"Je suis dans le camp des amis de la Tunisie parce ce qui se joue ici est plus important que la Tunisie, est plus important que la France. C'est l'ouverture d'esprit, la tolérance, la foi et la raison", leur a répondu mercredi le président français.

"Et je voudrais que chacun, à chaque fois qu'il regarde la Tunisie et qu'il la juge, car la Tunisie doit acceptée d'être jugée également, garde toujours présente à l'esprit l'importance de ce qui se joue ici."

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Une mère de famille refuse le prélèvement ADN

Ouest-France - mercredi 23 avril 2008 - Vincent COQUEREAU

Elle défend à tout prix l'intégrité de son corps, jusqu'à s'opposer à la justice. Un choix qui la conduit devant le tribunal, à Angers, lundi.

Patricia, 40 ans, est convoquée au tribunal correctionnel d'Angers, lundi. Mariée et mère de trois enfants, cette habitante de La Ménitré, une commune du Maine-et-Loire, va comparaître pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement ADN. Elle encourt un an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende. Mais peu importe la sanction, elle ne cédera pas. « J'en ai discuté avec ma famille, et elle me soutient. »

Soupçonnée d'avoir participé à une action de fauchage volontaire de maïs OGM à Charcé-Saint-Ellier-sur-Aubance, en septembre dernier, Patricia avait été interpellée par les gendarmes plusieurs jours après. C'est là que le parquet d'Angers lui a demandé un prélèvement d'ADN. Déjà affectée par sa garde à vue, Patricia s'y est opposée. Pas par provocation. Juste parce que « l'intégrité du corps, c'est très important », dit-elle.

Remettre son identité génétique entre les mains de l'institution judiciaire reviendrait à perdre une partie de son intimité. Sans doute plus encore pour elle que pour quiconque. Abusée sexuellement quand elle était plus jeune, elle explique : « Je n'ai aucune envie de me retrouver dans un fichier avec des violeurs, des assassins et des tortionnaires. » 

En outre, Patricia s'interroge sur la sécurité des informations collectées : « Les analyses sont réalisées par des laboratoires privés, mais parfois à l'hôpital. Qui contrôle ? » Elle rappelle aussi qu'elle n'est, jusqu'à présent, toujours pas poursuivie dans l'affaire du fauchage. « Comment justifier alors la différence de traitement qu'entraîne le fichage entre un innocent et un coupable, entre un condamné et un soupçonné ? »

« La loi permet le fichage des personnes condamnées et soupçonnées », confirme son avocat, Me Benoît Rousseau. « Mais au départ, le but du fichier ADN était d'identifier les auteurs de graves infractions ; on y trouvait les terroristes, les délinquants sexuels. Il se trouve que maintenant, il y a les faucheurs volontaires... »

Lundi, en soutien à Patricia, plusieurs collectifs appellent à un rassemblement dans le centre-ville d'Angers, « contre les violations des droits de la personne et de la présomption d'innocence ».

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TUNISIE - LA VISITE DE NICOLAS SARKOZY

Nouvel Obs 30 avril 2008

"Ben Ali doit sa longévité à la France"


(le mardi 29 avril 2008

Comment réagissez-vous aux déclarations de Nicolas Sarkozy estimant que "l'espace des libertés progresse" en Tunisie ?

- Il doit certainement avoir un bon décimètre pour mesurer cela. Cet espace des libertés a bien été gagné, mais par Ben Ali, et non pas par les droits-de-l'hommistes ou par les citoyens tunisiens. Ben Ali a gagné des libertés contre les Tunisiens. Ben Ali et Sarkozy sont tout simplement en train de s'auto-congratuler.

Nicolas Sarkozy a refusé de se poser en "donneur de leçons" au nom de l'amitié franco-tunisienne. Des protestations françaises pourraient-elles cependant faire évoluer la situation en Tunisie ?

- C'est une question que l'on ne devrait même pas poser. Depuis Mendès-France, en passant par De Gaulle, Giscard, Mitterrand, Chirac… jusqu'à Sarkozy, la France n'a jamais vraiment envoyé de sermons à la Tunisie. Bourguiba ou Ben Ali n'ont jamais entendu dire par la France qu'ils devraient donner davantage de libertés à la Tunisie. La France en serait pourtant capable, car c'est l'ancien colonisateur et la Tunisie est encore aujourd'hui quasiment une colonie française. Ben Ali doit sa longévité à la France.
Quant à savoir si la France pourrait agir en faveur des droits de l'homme en Tunisie… Je ne crois pas. Elle pourrait nous aider en laissant faire les citoyens tunisiens, c'est-à-dire en s'écartant quelque peu. Aujourd'hui, Paris aide encore Ben Ali à asseoir son régime.

Comment peut être perçue une telle attitude du président de la République française par les Tunisiens ?

- Nous nous attendions à ça, d'autant plus que nous avons déjà été leurrés par les prédécesseurs de Nicolas Sarkozy. Mitterrand ou Chirac ont fait de même. Mais Sarkozy, c'est le chef d'œuvre puisqu'il va jusqu'à féliciter Ben Ali pour ses soi-disant réalisations. De qui se moque-t-il ? Les Tunisiens ont cru pendant un moment que la France, terre de la Boétie, pourrait aider à la liberté ici. Aujourd'hui, on assiste plutôt à "L'Avare" de Molière.

Interview de Taoufik Ben Brik par François Sionneau

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Droits de l'homme: des opposants tunisiens critiquent Sarkozy

REUTERS : mardi 29 avril 2008 - Lamine Ghanmi, version française Marc Delteil

Des militants tunisiens des droits de l'homme critiquent le brevet de respectabilité dans ce domaine décerné lundi au président Zine el Abidine ben Ali par son homologue français Nicolas Sarkozy à l'occasion de sa visite d'Etat en Tunisie.

"Je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais, dans un pays où je suis venu en ami et qui me reçoit en ami, de m'ériger en donneur de leçons", a déclaré le président français dans un toast prononcé lundi soir lors d'un dîner offert en son honneur par son hôte tunisien.

Le chef de l'Etat français a dit au contraire vouloir rendre hommage à la "lutte déterminée" de son homologue tunisien contre le terrorisme, "qui est le véritable ennemi de la démocratie".

Les organisations de défense des droits de l'homme accusent le pouvoir tunisien d'attenter aux libertés fondamentales sous couvert de lutte contre le terrorisme et l'extrémisme islamique, au nom de laquelle un millier de personnes auraient été arrêtées depuis 2003, selon des avocats.

Amnesty International et Human Rights Watch ont dénoncé les restrictions à la liberté de la presse et les emprisonnements d'opposants politiques, faisant état de mauvais traitements et de cas de torture - ce que Tunis nie.

Les défenseurs tunisiens des droits de l'homme souhaitaient que Sarkozy réclame la libération de ces prisonniers politiques, mais il a estimé que, "aujourd'hui, l'espace des libertés progresse" dans le plus petit Etat du Maghreb et il a crédité son président de "la volonté de vouloir continuer à (l')élargir.

DES QUESTIONS À RÉGLER ENTRE TUNISIENS ?

"Sarkozy a esquivé la question des droits de l'homme et de la démocratie en Tunisie pour privilégier les intérêts commerciaux", a réagi mardi Rachid Kechana, rédacteur en chef d'Al Mawqaf, hebdomadaire du Parti démocratique progressiste (PDP) d'opposition.

"Cela a choqué les militants des droits civiques ici car ils attendaient une prise de position différente de la France, la patrie des droits de l'homme et des libertés", a ajouté Kechana.

Ce dernier et Mongi Ellouze, directeur d'Al Mawqaf, en sont au quatrième jour d'une grève de la faim au siège de l'hebdomadaire pour protester contre ce qu'ils présentent comme les efforts du gouvernement pour asphyxier les finances et entraver la distribution de la publication.

"Sarkozy encourage ce gouvernement à poursuivre sa répression parce qu'il a dit aux dirigeants du pays qu'ils étaient sur la bonne voie", a déploré de son côté l'avocate Radia Nasraoui, autre militante des droits de l'homme.

Posté par werdna à 00:05 - Droits de l'Humain - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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