mercredi 14 mai 2008
A l’Assemblée, il est interdit de parler breton…
13/05/2008 - • François de Rugy •
A l’Assemblée, il est interdit de parler breton…
Dans un commentaire à mon précédent billet, on m’a demandé si j’avais participé au débat de mercredi dernier sur les langues régionales. Cette même personne s’étonnait de voir la presse nationale avoir fort peu évoqué ce débat.
Je fais malheureusement le même constat (Ouest-France excepté !) ce qui est d’autant plus regrettable pour moi que j’y suis intervenu ! On va dire que c’est parce que c’était la veille d’un long week-end prolongé par les deux bouts… Comme par hasard, un débat de ce type est programmé dans ce créneau, sans doute parce que tous les autres ministres l’avaient dédaigné…
Je voudrais simplement vous faire part des deux ou trois petites choses qui m’ont frappé dans ce débat.
D’abord, je voudrais répondre par avance à celles et ceux qui me diraient : mais vous n’avez rien de mieux à faire que de débattre de cela ? Franchement, j’ai bien envie de retourner la question : mais pourquoi diable a-t-on tant attendu ? Oui, en comparaison avec d’autres problèmes (l’emploi, le logement, la crise pétrolière et énergétique, la crise alimentaire…), je n’hésite pas à dire que c’est en effet secondaire. Mais justement, réglons ces questions plutôt que de les renvoyer toujours à plus tard : d’autant plus qu’en la matière la rue du plus tard mène toujours à la place du jamais ! Je rassure ceux qui craindraient que notre ordre du jour parlementaire soit encombré par ce genre de choses : une réforme de la Constitution doit être débattue dès la semaine prochaine. Et c’est justement là que l’on pourrait faire avancer les choses.
Deuxième remarque : seuls les défenseurs des langues régionales (vous avez compris que j’en fais partie) se sont exprimés dans ce débat et c’est bien dommage ! Puisqu’il existe dans notre pays des défenseurs d’une uniformité linguistique sur tout le territoire national (j’essaye de m’exprimer comme dans une circulaire du ministère de l’Intérieur), qu’ils s’expriment ! En fait, il y a quand même eu une «voix discordante», avec l’intervention de M. Warsmann qui a tenté d’expliquer que, bien sûr il était favorable aux langues régionales (une petite dose d’hypocrisie ne nuit pas), mais qu’il ne fallait surtout pas modifier la Constitution et encore moins ratifier la charte européenne des langues régionales (ce qui est impossible si on ne révise pas la Constitution !!).
Il faudrait développer les langues dans les régions : problème, quand on essaye de le faire, on nous rétorque justement que ce n’est pas conforme à la Constitution française !!
Troisième et dernière remarque : je me suis permis d’évoquer dans le débat ces écriteaux que l’on voyait encore dans les cours d’écoles en Bretagne il y a quelques décennies : «il est interdit de cracher par terre et de parler breton»… Eh bien, il pourrait être accroché à l’entrée de l’hémicycle, car chaque fois que l’un des députés (moi y compris) a eu le malheur de prononcer ne serait-ce qu’un mot dans l’une de nos langues régionales, le Président de séance s’est empressé de rappeler que cela était interdit et que ces propos ne seraient pas reproduits dans le compte-rendu ! Tout est dit…
lundi 12 mai 2008
Tout est raisonnable en Sarkofrance. Mais pour qui ?
Marianne - Dimanche 11 Mai 2008 - Juan
Par Juan. De l'«offre raisonnable d'emploi» à la réduction de la couverture maladie, tout est raisonnable, en Sarkofrance… Du moins pour certaines catégories sociales.
Le mot clé de cette 53ème semaine depuis l'élection de Nicolas Sarkozy fut «raisonnable.» Le gouvernement a en effet présenté et détaillé son projet d'«offre raisonnable d'emploi» qu'un chômeur devra accepter à l'avenir sous peine, après deux refus, d'être radié pendant 2 mois. C'était l'une des promesses présidentielles. La voici explicitée. Ce n'est pas la première fois, en un an, que Nicolas Sarkozy ou ses proches usent (et abusent) d'un soi-disant pragmatisme.
«raisonnable», adjectif
Sens 1 Qui est doué de raison.
Sens 2 Qui agit avec parcimonie
Sens 3 Convenable, acceptable.
Raisonnables la précarisation des chômeurs et des retraités ? Raisonnable, le paquet fiscal ? Raisonnable, l'immigration choisie ? Il importe de savoir pour qui ces «réformes» sont vraiment "raisonnables.»
Précariser le chômeur est raisonnable en Sarkofrance
Concept intéressant, le caractère raisonnable d'une offre d'emploi n'est pas modéré en fonction des métiers, du niveau de salaire ou de l'ancienneté. Le chômeur sera même obligé d'accepter un emploi précaire s'il veut échapper à la radiation. Laurent Wauquiez estime donc que sa proposition aux chômeurs est convenable :
«Concrètement, une offre «raisonnable» d'emploi, [tel que l'entend le gouvernement, lequel veut limiter à deux ces offres «valables» que les chômeurs auront le droit de décliner, NDLR], çà peut vouloir dire un job qui est à 30 km de chez vous. Ou encore, si vous étiez employé dans un garage Renault, un emploi qui s'ouvre dans un garage Peugeot - je parle d'un exemple véridique ! » (source LES ECHOS, jeudi 8 mai 2008)
Laurent Wauquiez choisit ses exemples. Il aurait pu choisir une autre illustration. Par exemple, un chômeur avec 6 mois d'ancienneté à l'ANPE, habitant à Saint Denis en banlieue nord de Paris, et dont le dernier salaire brut était 1200 euros, sera désormais contraint d'accepter un boulot payé 960 euros bruts, à Massy Palaiseau (distance 30,4 km de mairie à mairie). Dernier détail, il devra prendre une carte orange 4 zones à 88 euros par mois... à moins de prendre la voiture à essence (123 dollars le baril jeudi 8 mai)...
Aggraver les déficit publics par le paquet fiscal est raisonnable en Sarkofrance
En 2007, Nicolas Sarkozy a très rapidement fait voter son «paquet fiscal.» Il a eu raison de dire que le bouclier fiscal et l'exonération de droits de succession ne représentent qu'une part marginale de son coût. Le pire est ailleurs. L'exonération de cotisations sociales sur les heures supplémentaires plombe un peu plus et durablement la protection sociale et les retraites. Le régime des retraites perd par exemple 2,5 milliards d'euros par an de financement. Il sera ensuite «raisonnable» d'expliquer aux assurés sociaux qu'ils font qu'ils se serrent la ceinture.
Réduire la couverture maladie est raisonnable en Sarkofrance
Les malades supportent de nouvelles franchises médicales (depuis janvier); les plus durement touchés sont les plus pauvres des malades de longue durée et des retraités. La ministre de la Santé a aussi expliqué que les frais d'optique devraient être à terme pris en charge par les mutuelles et l'assurance privée. En France, 5 millions de personnes n'ont aucune assurance complémentaire. Le 1er mai dernier, le décret modifiant les allocations familiales versées aux foyers avec adolescents est entré en vigueur. Les familles apprécieront.
Précariser les seniors est raisonnable en Sarkofrance
Cette semaine, les (futurs) retraités ont eu confirmation que (1) leur pension n'augmenterait que de 1,9% (1,1% en mars, 0,8% en septembre), (2) les pré-retraités de 57 à 60 ans devraient pointer prochainement au chômage, (3) la durée de cotisation retraite passerait mécaniquement à 41 ans et (4) ils risquent d'être radiés du chômage après deux refus d'emploi comme tout chômeur. 60%* des seniors (55 à 65 ans) ont été ainsi précarisés en quelques jours !
Améliorer la fiscalité des plus riches est raisonnable en Sarkofrance
Nicolas Sarkozy a rapidement mis en place l'une de ses promesses de candidat : abaisser le bouclier fiscal de 60% à 50%. En 9 mois, ce bouclier a servi à rembourser 129 millions d'euros à 3500 foyers... Quand une députée UMP s'est émue des inégalités devant l'impôt, la ministre Lagarde a promis une vaste étude sur les niches fiscales. On avait cru à un «grand soir» culpabilisé. Que nenni. Le rapport est tombé. Il confirme que l'impôt sur le revenu, le plus progressif que notre pays ait inventé, souffre de quelques 200 exonérations fiscales diverses qui coûtent 39 milliards d'euros par an. Mais les auteurs ne s'attardent que sur ... 3 d'entre elles qui représentent un peu moins d'un milliards. Les ambitions de justice fiscale sont ... «raisonnables.»
Exclure les immigrés de certains emplois, sur la base de leur nationalité, est raisonnable en Sarkofrance
Brice Hortefeux a profité du déplacement de Nicolas Sarkozy en Tunisie pour signer un accord sur l'immigration. Il y a quelques mois, le Ministère de l'Identité Nationale avait défini 182 métiers potentiellement ouverts aux immigrés. mais pour les candidats tunisiens au départ pour la France, seuls 77 métiers et certaines filières (mécanique, bâtiment, électronique et informatique) sont ouverts... «L'immigration choisie» ressemble furieusement aux pratiques (post)coloniales qui faisaient réserver les emplois difficiles à une main d'oeuvre docile car loin de chez elle, bon marché car précarisée. La politique de Brice Hortefeux est très certainement raisonnable ... pour certains patrons français.
C'est à l'épreuve des faits - et des mesures - que le pragmatisme politique se juge. Celui de Nicolas Sarkozy n'apparaît «raisonnable» que pour certaines catégories sociales. Qui le niera ?
Ami Sarkozyste, où es-tu ?
* Moins de 40% de cette tranche d'âge travaille en France.
mardi 6 mai 2008
A Lyon, (Ma)sacre de l'Empereur pour l'anniversaire de Nicolas Sarkozy
Libélyon - 05/05/2008
CROIX ROUSSE - La Croix rousse avait entrepris, depuis le 1er mai, de reprendre possession de la rue, pour y chercher de nouvelles formes d'intervention militantes et artistiques. Vint alors ce dimanche 4 mai, à deux jours du premier anniversaire de Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Il était convenu de sacrer l'Empereur, de façon très éphémère. La journée démarrait devant la mairie du IVe arrondissement, sous un soleil motivé...
Pour commencer l'après-midi, une petite "manif de droite". Quelques dizaines de participants au départ, certains déguisés. En paroissiens propres sur eux, longue croix en sautoir. En quasi scouts d'Europe, chaussures de randonnée et chaussettes de laine épaisse. Quelques-un en costume, Marue-Chantal en boa. Et des pancartes savoureuses. "La retraite, c'est pour les lopettes", "Les chômeurs, rentrez chez vous", "TF1 sur toutes les chaînes", "Police partout, Justice plus tard". Ou encore "Afrique, paie ta dette aux pays occidentaux". Avant le départ, le crieur public de la Croix rousse, qui joue le rôle du futur Empereur, déclame un long discours, largement inspiré de textes réels de Nicolas Sarkozy. La foule acclame. Puis prend la route.
Bazooka. Chemin cheminant, les slogans résonnent dans les rues d'un Lyon très désert en ce long pont du 1er mai. "Prolo, t'es foutu, les bourgeois sont dans la rue." Quelques familles en ballade rigolent, s'interrogent. "Bigard, Bigard, ha ha ha !" L'ambiance est bon enfant, la Clow's army" encadré le bon peuple de droite, avec bazooka en carton, pistolets à eau, arc en plastique, nez rouges et treillis déchirés. La troupe descend la montée de la Grand'côte, pour plonger vers le bas des pentes. La rues est plus fournies, les commerçants applaudissent au passage. La veille, pour la répétition, les manifestants étaient si nombreux que le second degré perçait mal dans le centre-ville. Et certains participants sont revenus traumatisés d'avoir été pris au sérieux.
La bande arrive à présent en bas des pentes. "Si t'aime bien Raffarin tape dans tes mains !, si t'aimes bien Raffarin tape dans tes mains...", puis sur le même air "Si t'aime pas les écolos casse un vélo ! Si t'aime pas les écolos casse un vélo...". La manifestation marque une halte devant l'église de scientologie. Quelques fidèles voient arriver inquiets ce cortège, notamment les clowns en treillis. Mais rien à craindre aujourd'hui. Le futur Empereur Nicolas se contente d'un discours qui n'en finit pas sur le pas de la porte. La foule scande : "Tom Cruise avec nous ! Tom Cruise avec nous !".
Constituante. Le sacre approche. Encore une volée d'escalier et c'est la place des Terreaux, où un long tapis rouge attend. Deux voitures de police rappliquent, les occupants observent et écoutent, visiblement interloqués par les slogans. "Nous sommes fiers ! Des violences policières !" Nicolas grimpe en haut des marches de l'hôtel de ville, suivi par une Carla vêtu de blanc et d'une guitare. Nouveau (très) long discours sous le soleil. La sono fait des siennes, le son disparait souvent, et foule scande alors : "Intermittents, fainéants!" Puis la couronne arrive, se pose sur la tête de Nicolas. Et Guignol surgit alors, pour une bastonnade en règle. Le corps de Nicolas dévale les marches, la foule brise les pancartes. Et le cortège rejoint l'amphithéâtre des trois Gaules, pour une Assemblée constituante.
Désillusions
Edito du Monde | 05.05.08 | 13h39
Le contraste est frappant entre la bonne santé des droites européennes et l'ambiance plus que morose qui domine le premier anniversaire de l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, le 6 mai 2007. En Italie, la droite ne s'est pas contentée de gagner les législatives, elle vient de s'emparer de la municipalité de Rome. A Londres, un an avant des législatives menaçantes pour le Labour de Gordon Brown, un conservateur, pourtant réputé fantaisiste, l'a emporté sur le solide maire travailliste. En France, au contraire, les élections municipales de mars ont été ravageuses pour le parti du président.
Ce n'est pas que la gauche ait moins de vague à l'âme ici que chez nos voisins. Au contraire. M. Sarkozy aurait pu célébrer les succès européens de sa famille de pensée, en même temps que l'anniversaire de sa victoire, s'il n'avait suscité durant cette première année de présidence une énorme désillusion.
Les Français ont cru voter pour un politique énergique, qui semblait décidé à faire redémarrer un pays atone, voire bloqué, et qui avait su les convaincre, en particulier les plus modestes d'entre eux, qu'il améliorerait leur situation personnelle. Or, rien n'a fonctionné comme prévu.
Arrivé à l'Elysée avec plus d'atouts que la plupart de ses prédécesseurs, le chef de l'Etat les a gâchés avec presque autant d'énergie qu'il avait mis à les obtenir. Hier conquérant et triomphant, le voilà décrié, affaibli, empêtré. Les premières mesures du "paquet fiscal" ont donné le signal désastreux d'une politique qui semblait faite "pour les riches", tout en privant le budget de masses financières précieuses.
La conjoncture économique internationale n'a rien arrangé depuis. Au lieu du solide professionnalisme qu'on prêtait au président, amateurisme, bricolages et cafouillages ont dominé l'action de l'exécutif. Sans parler du mélange des genres entre vie privée et fonction présidentielle.
Il reste quatre ans à M. Sarkozy pour réparer les dégâts. Faute de quoi, après le regain d'intérêt, presque de passion, pour la politique qu'a permis l'élection présidentielle, il porterait une lourde responsabilité. Celle d'avoir, une nouvelle fois, creusé le fossé entre le peuple et ses dirigeants.
Anniversaire par PLANTU Le Monde 6 Mai 2008

lundi 5 mai 2008
REVISION DE LA CONSTITUTION - Bernard Debré ne votera pas la réforme constitutionnelle
NOUVELOBS. | 04.05.2008 | 12:10 (avec Reuters)
"Si elle n'est pas amendée, transformée, je ne la voterai pas", déclare le député UMP et fils de Michel Debré, l'un des rédacteurs de la Constitution de la Ve République.
Le député UMP Bernard Debré annonce dimanche 4 mai qu'il ne votera pas en l'état le projet de révision de la Constitution. Il en critique plusieurs points, notamment l'article permettant au président de la République de s'exprimer au Parlement.
"La présence du président de la République à l'Assemblée nationale me semble complètement psychédélique : cette disposition risque d'abaisser la fonction présidentielle parce que le chef de l'Etat, en venant dans l'hémicycle, se fera huer par l'opposition, quel que soit le président, quelle que soit l'opposition", explique-t-il dans l'interview accordée au Journal du Dimanche.
"Vous imaginez le président malmené par les députés passant le soir sur toutes les chaînes de télévision !"
"Je ne la voterai pas" - Bernard Debré critique aussi l'instauration d'une commission consultative sur les nominations dans les grands postes de l'Etat ("on n'a pas besoin de changer la Constitution pour cela") ou la disposition établissant le nombre de ministres que doit compter un gouvernement.
"Cette réforme, si elle n'est pas amendée, transformée, je ne la voterai pas", ajoute-t-il en notant que le groupe UMP de l'Assemblée avait eu cette semaine une réunion "très houleuse".
"Je suis et je resterai rebelle", affirme le fils de l'ex-Premier ministre gaulliste Michel Debré, un des "pères" de la Constitution de la Ve République.
Il se dit d'accord en revanche pour inscrire dans la Constitution que le président de la République ne pourra pas exercer plus de deux mandats.
"De manière consensuelle" - Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, a estimé quant à lui que cette réforme ne pourrait être adoptée "que de manière consensuelle". Il doit rencontrer mardi 6 mai son homologue socialiste à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault pour évoquer le texte.
"La réforme de la Constitution ce n'est pas toutes les semaines, c'est un rendez-vous historique. C'est une manière de renforcer les pouvoirs du parlement et il m'a semblé que ça avait du sens d'en parler avec Jean-Marc Ayrault", a-t-il déclaré sur Europe1.
Pour être adopté, le projet de révision doit réunir la majorité des 3/5e au Parlement.
Un an déjà de de Sarkofrance : Bling Blang Bing
Dimanche 04 Mai 2008 - juan - Marianne
Cela fait donc un an. Un an que Nicolas Sarkozy a été élu Président. A regarder les 52 semaines écoulées depuis le 6 mai, on se demande ce que Nicolas Sarkozy a pu nous épargner. Retour en arrière, en 52 constats.
1ère semaine: le germe du Bling Bling
Il commence son mandat en beauté: le Fouquet's, la Concorde version Neuilly-France Dimanche, puis l'escapade à Malte, en yacht & jet privé prêté par l'ami Bolloré, un bon sondage qui dit que les Français ne sont pas choqués, commenté dans le Figaro par Anne Fulda. Ces symboles sont prémonitoires d'un comportement Bling Bling génétique, que l'opinion publique ne percevra que plus tard.
2nde semaine: l'intronisation : Nicolas SARKOZY est intronisé, son gouvernement nommé, la gauche dynamitée. On entend déjà Martin Hirsch se plaindre des futures franchises médicales. Le Figaro s'interroge sur la découpe du Ministère de l'Economie en trois segments (Travail, Emploi et Budget).
3ème semaine: état de grâce
Sarkozy modère déjà quelques unes de ses promesses de campagne. La défiscalisation des heures supplémentaires sera partielle; le service minimum également. Mais la presse n'en a cure. Elle jouit à pleines pages: "une famille d'aujourd'hui à l'Elysée" (PARIS MATCH, 22 mai), "Façon Kennedy ou Grimaldi, le glamour s'invite sous les ors de la République avec un président qui ne veut rien laisser au hasard" (VSD 23 mai), "Large victoire de la droite attendue aux législatives" (LE FIGARO, 21 mai) ou "le style SARKOZY séduit les Français" (LE FIGARO 25 mai) ; "La révolution SARKOZY" (l'EXPRESS , 24 mai)
4ème semaine: les deux erreurs de Sarkozy
Sarkozy gagne son pari européen : il décroche un mini-traité "simplifié" mais incompréhensible. Il commet ses deux premières erreurs politiques. Le paquet fiscal est en route, on sait qu'il va creuser les déficits. Les peines planchers sont lancées, on sait que les prisons sont engorgées.
5ème semaine: le danger des pleins pouvoirs
Le 10 juin, 67 ans après un autre funeste 10 juin, on est en droit de s'inquiéter sur les futurs pleins pouvoirs du Président. Les élections législatives s'annoncent gagnées. La droite se pavane...
[6ème semaine: sursaut démocratique
... Mais quelques jours plus tard, la droite déchante. L'électorat sarkozyste ne s'est pas mobilisé. L'opposition a frôlé la disparition institutionnelle. Sarkozy s'est montré ivre (ou stressé) au G8, dans une video vue 12 millions de fois en 5 jours.
7ème semaine: course de vitesse
se confie: il veut vider le centre gauche, comme il a vidé l'extrême droite. Et pour ce faire, il adapte son (second) gouvernement Fillon : une secrétaire au Droits de l'Homme inexpérimentée mais noire; un libéral socialiste alsacien à la francophonie, une beurette laïque sous les ordres d'une Catho & Soumise. Nous lui souhaitons d'aller vite, très vite: "La seule véritable chance de ce pays est d'avoir un Président qui veut aller vite. Plus vite il ira, plus vite les malentendus se dissiperont."
8ème semaine: toutes des salopes
"Cloporte", "résidus", "salope", l'insulte fusent chez les sarko-boys. Sarkozy laisse déjà les autres gérer l'intendance de ses promesses : la vente de 5% de France Télécom pour se payer un second porte-avion, l'absence de coup de pouce au SMIC la suppression de 10 000 postes de fonctionnaires à l'Education Nationale.
9ème semaine : lettre à mes amis sarkozystes
Un mois s'est écoulé depuis l'élection. Il est temps de s'adresser à mes amis sarkozystes, de leur faire remarquer que les premières mesures annoncées sont socialement pénibles et financièrement désastreuses.
10ème semaine : Gosplan
Sarkozy apparaît comme et aux allocations chômage, un président d'inspiration libérale qui veut gérer le pays comme on gérait le Gosplan dans les années 1950 en Union soviétique : il veut contrôler la BCE, creuse les déficits de son paquet fiscal, et brusque sa (nouvelle) majorité UMP qui redresse son bouclier fiscal (de 39 à 50%). En quelques semaines à peine, il ruine son crédit de compétence et de concertation.
11ème semaine: "communication hypocrite"
Cette semaine débute avec les petits fours du 14 juillet et se termine dans la repentance. Cécilia, dans ses derniers jours d'apparence en épouse réconciliée avec son adultérin de mari, a soigné la fête. Overdose de communication, et ... de commissions: Sarkozy semble créer autant de commissions, comités, et consultations qu'il a fait de promesses électorales.
12ème semaine : "la honte"
L'Hyper-Président envoie sa femme récupérer les infirmières bulgares en Libye, puis va signer un accord de défense et de livraison d'un réacteur nucléaire ; la dictature libyenne. Pour son premier déplacement, il va expliquer à Dakar "le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire."
13ème semaine: "promesses tenues"
La session extraordinaire du Parlement est bouclée. Sarkozy a satisfait son électorat de droite: loi sur la récidive et la délinquance des mineurs et paquet fiscal sont votés. Exit la promesse d'équilibre budgétaire. Nous sommes en août, Sarkozy a grillé ses cartouches budgétaires avant la crise des subprimes. Il part en vacances dorées aux Etats Unis. "Ami Sarkozyste, où es tu ?" demandais-je pour la première fois.
14ème semaine : "l'éthique à l'épreuve"
A Amiens, un jeudi matin d'août vers 7h45, un jeune clandestin russe du nom d'Ivan saute par le fenêtre pour échapper à la police. Quelques intellectuels africains expliquent à Sarkozy (et Henri Guaino) qu'ils n'ont que faire de ses conseils racistes. La Sarkofrance n'est plus décomplexée. Je commence à vraiment chercher mon ami Sarkozyste.
15ème semaine : "expulsions"
Le premier été de Sarkozy Président s'achève. Après le yacht maltais, la villa américaine du New Hampshire. Il faudra s'habituer. Les médias y sont déjà accrochés. Le couple présidentiel est plus que jamais un sujet de la presse people (Cécilia, Cécilia, Cécilia ). Les expulsions continuent.
16ème semaine : "recours à la victime"
Les derniers chiffres de la croissance la crise boursière venue des Etats Unisont achevé de convaincre les indécis que les prévisions annuelles du gouvernement ne tiendront pas. L'opposition attendait ce retour de vacances pour interroger Cécilia Sarkozy l'affaire libyenne. Le tout premier sondage révèlait que les Français ne sont pas dupes sur leur pouvoir d'achat. Mais Sarkozy sort son joker : "la victime." La victime (de crimes sexuels) n'est pas assez considérer. Il faut juger les fous ! Belle diversion quand les nuages économiques s'amoncellent.
17ème semaine : "essoufflement ?"
Rentrant de vacances, Sarkozy semble essoufflé. Il parle aux 180 ambassadeurs de France, pour sa rentrée, puis à l'université d'été du Medef.
18ème semaine : "gouvernement de bleus"
Les couacs et autres approximations gouvernementaux se multiplient. Les Bleus sont au pouvoir : [Bernard Laporte a fait lire la lettre de Guy Moquet ]url:http:/sarkofrance.blogspot.com/2007/09/rugby-une-norme-erreur-de-gestion-de-la.html/aux Bleus quelques heures avant leur match contre l'Argentine, lecture fatadique d'après certains. Fadela Amara ouvre un skyblog pour parler de son plan "anti-glandouille" pour la banlieue. Rama Yade perd ses nerfs, Christine Lagarde évoque un "plan de rigueur" pour les fonctionnaires. [Un tiers du cabinet de Rachida Dati ]url:http:/sarkofrance.blogspot.com/2007/09/le-krcher-dati-2-nouveaux-dparts-son.html/n'a pas supporté plus de 3 mois l'autoritarisme de son ministre.
19ème semaine : les blogs se radicalisent
La blogosphère vigilante se radicalise et se regroupe. "4 mois après le 7 mai, et cette élection présidentielle, les blogs s'énervent contre la Sarkofrance et son président."
20ème semaine : A-D-N
"Aucun sujet n'est tabou" déclaré Brice Hortefeux à l'Assemblée Nationale en cette fin septembre. L'amendement Mariani qui propose des tests ADN aux candidats immigrés au regroupement familial ne sert à rien sinon à vexer.
21ème semaine : accélérer pour ne pas trébucher
Pour la première fois depuis le 7 mai, la presse se fait l'écho de ses premiers échecs, de sa nervosité croissante en public. Paradoxalement, Sarkozy tient ses promesses de moyens, pas de résultat.
22ème semaine : merci Sarko
La personnalité du président devient sujet de conversation: rumeur de séparation , tics nerveux, etc. Finalement, il n'a pas tant changé que cela. C'est la vraie fin de l'état de grâce.
23ème semaine : les digues ont sauté
Candidat, Sarkozy appelait cela la "rupture." Maintenant qu'il est Président, les digues républicaines ne peuvent que sauter: la création d'un Ministère de l'identité nationale entraîne les tests ADN. La commission Attali récemment installée veut débrider la croissance française. Même le mythe de sa famille recomposée lui a pété dans les mains. Cécilia l'a quitté.
24ème semaine : semaine noire pour NS
Elle est partie. Il a fallu le confirmer. Sarkozy déprime.
25ème semaine : "mensonges d'Etat"
Rachida Dati a menti sur ses diplômes, le divorce Cécilia-Nicolas était en place depuis avril.
26ème semaine : "régime spécial"
Sarkozy s'augmente de 172%; la délocalisation du Conseil des Ministres en Corse mobilise 2 Airbus et 2 000 CRS ; les députés ont finalement accepté de réformer leur propre régime spécial de retraite ; et Rachida Dati laisse le Parquet s'opposer ; une enquête contre le nouveau secrétaire d'Etat au Sport.
27ème semaine : "effet boomerang"
La stratégie politique de Sarkozy est-elle en passe de devenir contreproductive ? On est en droit de s'interroger : le nombre de réformes réellement engagé est finalement très faible (même pour l'UMP).
28ème semaine : "infection de mythes"
Un triste Arche de Zoé fait parler de lui, tout comme une réforme des retraites mal préparée. L'efficacité du Président est mise en doute jusque dans les sondages.
29ème semaine : "la démocratie a une fin"
Le Président élu depuis 6 moins a écrasé tous ses rivaux institutionnels: les députés se taisent. Les ministres sont des porte-paroles. Le premier Ministre un exécutant. La justice se tait et la presse aussi. La France contemple l'action du Président, ses émotions, ses coups de gueule et ses accès de sincérité : "personne ne me résiste" a-t-il déclaré aux journalistes des Echos, Nicolas Sarkozy vit ses dernières heures d'omnipuissance.
30ème semaine : ruptures ?
La rupture n'est pas là où on l'attendait: aucune rupture en banlieue (Villiers Le Bel s'enflamme); aucune rupture dans la pratique politique (la langue de bois se répète); aucune rupture pour le pouvoir d'achat (il ne décolle pas).
31ème semaine : "premiers départs"
Noël approche, les promesses sont loin. La venue de Kadhafi en grandes pompes, le jour du 60ème anniversaire de la Déclaration des Droits de l'Homme des Nations Unis, est la goutte d'eau qui fait déborder le vase des promesses éthiques.
32ème semaine : "l'humiliation"
Kadhafi vient de partir, après avoir saccagé l'amour propre de la majorité. le mythe d'une confiance retrouvée est définitivement tombé : le spectre de la crise de 1929 revient. Mais Sarkozy se trouve une nouvelle compagne à Eurodisney, Carla Bruni.
33ème semaine : "retournement médiatique"
La presse s'emballe, le Bling Bling repart. Nicolas et Carla font les une des magazines. La France découvre un Président qui veut prendre du bon temps.
34ème semaine : la rupture n'est pas là
Nicolas n'a pas changé. La vraie rupture est dans la pratique présidentielle: Sarkozy n'a pas le ridicule de Giscard. Mais il nous fait regretter le grand De Gaulle, le sphinx Mitterrand et même l'immobile Chirac
35ème semaine : "résistance médiatique"
On aurait pu croire que la trève de Noël aurait refroidi les impatiences de la presse, que les différentes diversions présidentielles auraient servi. Elles ont été nombreuses : une nouvelle compagne, des vacances "people" à Louxor, un carnet de notes pour ministres, un ciblage contre les "chômeurs-fraudeurs", des voeux vainement modernisés. La technique du vacarme a joué à plein.
36ème semaine : "problème de comportement"
L'expression est de Cécilia Sarkozy, dans le livre contesté d'Anna Bitton publié le 11 janvier. "Nicolas Sarkozy a un réel problème de comportement". On le savait nerveux, agressif contre ses contradictoires. On l'a découvert capable de s'enflammer, de s'exhiber comme un garçonnet fier de son nouveau jouet. "Et pourtant, il a la bombe !" s'exclame un ami blogueur.
37ème semaine : la politique de la culotte
Président Bling Bling ? Bing bing dans la Présidence ! Un sondage de fin de semaine l'annonce moins populaire que son premier ministre. C'est donc un problème de comportement, et/ou une question de responsabilité. Nicolas Sarkozy est devenu inaudible (chez les pêcheurs, sur la religion, à propos du pouvoir d'achat). Chacune de ses interventions fait long feu.
38ème semaine : mauvais goût
Le Président est devenu le handicap de sa majorité, à peine 9 mois après son élection. La majorité parlementaire ne se gêne pas pour grogner, à la marge certes.Les candidats UMP aux élections municipales cachent leur appartenance au camp présidentiel
39ème semaine: Alzheimer
L'équipe gouvernementale fait feu de tout bois pour rassurer l'électeur, à quelques semaines des élections mnicipales: retraites revalorisées au-delà des 1,1% prévus ; soutien public à l'usine d'Arcelor-Mittal; débloquage de 250 millions pour les sans-abris. Le Sarkozysme se transformerait-il en une entreprise clientéliste ?
40ème semaine: "président anxiogène"
On sait ce qu'il a fait, ce qu'il n'a pas fait. On se demande surtout ce qu'il va faire. Qu'il s'agisse de sa vie privée ou de son action politique, Nicolas Sarkozy inquiète. Il paraît fébrile ou nerveux. Sarkozy ne sait pas prendre du recul. Il corrige sa trajectoire en courant. Il change de direction sans ralentir. La base UMP est déboussolée. La discorde enfle entre les ministres.
41ème semaine: Fillon président en 2012 ?
Surprenant retournement, le premier ministre devient le dirigeant préféré des Français. Pour défendre leur président en détresse, les sarkozystes tentent de riposter avec la théorie du complot.
42ème semaine : droite complexée
Cette semaine, Nicolas Sarkozy a fait sonner la charge. Plainte contre un blogueur, Rama Yade qui crie au racisme, méthodes de la STASI, Laurent Wauquiez nous traite de terroristes, journaliste entendu par la police. Roger Karoutch a raison, la période actuelle ressemble de plus en plus aux années trente... Il y a même des ministres mis en examen pour détournement de fonds.
43ème semaine : populisme présidentiel
Le Conseil Constitutionnel invalide la rétro-activité demandée par Rachida Dati dans sa loi sur la rétention de sûreté. Qu'importe, le président qui fait appel au "peuple" contre les "élites", l'opposition accusée d'indulgence criminelle, une députée UMP demande une loi d'exception.
44ème semaine : Sarkozy sait il travailler ?
Sarkozy a fini par être noté par 45 millions d'électeurs. Au 1er tour des élections municipales, les candidats de la majorité ont recueilli 40% des suffrages. Déroute ? Sarkozy continue de mitrailler de ses annonces. On ne l'écoute plus.
45ème semaine: je ne vous ai pas compris
Dimanche 16 mars au soir, les équipes présidentielles ont usé de toutes les ficelles pour nier une sanction électorale. Nicolas Sarkozy n'a retenu qu'une leçon de ses difficultés sondagières : l'électorat frontiste l'a lâché. Il doit se droitiser
46ème semaine : Nicolas a fait Bling
Nicolas continue son "agitation immobile": comme s'il craignait d'affronter la réalité, et surtout sa révélation aux Français, il multiplie les leurres : nomination d'un jeune conseiller spécial "anti-rumeur"; inauguration d'un porte-avion nucléaire, réforme des institutions, célébration d'un résistant, etc...
47ème semaine : la normalisation
Fillon est devenu premier ministre. Cette semaine, il a bien fallu annoncer les mauvaises nouvelles : les comptes 2007 sont mauvais; les prévisions pour 2008 sont faiblardes; et les grandes promesses fiscales et sociales sont enterrées sine die.
48ème semaine : rigueur inachevée
Le moral des ménages est peut être au plus bas depuis 21 ans, mais la droite s'impatiente. Où Sarkozy va-t-il tailler ? Trois actions sociales sont touchées : l'accès au logement social ; les dépenses de santé; et les emplois aidés.
49ème semaine : "chef de clan"
Aaprès l'annonce de son plan d'économies, Sarkozy se fait discret. Il a servi son clan. La seule mesure populaire, la défiscalisation des heures supplémentaires, a été évaluée cette semaine : inefficace et coûteuse.
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50ème semaine : "droite "snif snif"]url:http://
Malheureusement, la réalité rattrape le Président : une semaine de couacs gouvernementaux (carte famille nombreuse, déremboursement des frais d'optique, sanctions contre les chômeurs, etc) a donné à la majorité présidentielle un nouveau surnom : la droite snif snif. Sarkozy doit parler aux Français.
51ème semaine : question de franchise
A l'issue d'une belle intervention télévisée de 280 000 euros, Nicolas Sarkozy abuse de la franchise politique ("ne me jugez pas avant 2012") et invente la franchise sociale : même le Revenu de Solidarité Active sera ainsi financé par des économies sur la "prime pour l'emploi."
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52ème semaine : la realpolitik au plus bas.]url:http://
Le Président termine son année en beauté : un voyage au soleil, officiel cette fois, Carla Bruni à son bras, pour célébrer les progrès démocratiques du coin, vendre un peu de nucléaire et signer quelques accords commerciaux.
Un an déjà !
Ami Sarkozyste, où es-tu ?
Juan récapitule un an de régime sarkozyste. Tant de bourdes qu'on avait déjà oubliées...
vendredi 2 mai 2008
Réforme des institutions : l'UMP est divisée
NOUVELOBS.COM | 30.04.2008 | 14:16
"Il est clair que ce texte ne peut être adopté en l'état. Il doit faire l'objet d'une contribution majeure du groupe UMP", a déclaré le président du groupe à l'Assemblée à l'issue d'une réunion "houleuse" des députés de la majorité.
Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, a déclaré mercredi 30 avril que le texte sur la réforme des institutions ne pouvait "pas être adopté en l'état" et devait faire l'objet d'une "contribution majeure du groupe UMP" sur des points "importants".
"C'est une réforme qui pose beaucoup de sujets" d'interrogation au sein des députés UMP, a-t-il reconnu à l'issue d'une réunion du groupe à l'Assemblée consacrée à ce projet de loi constitutionnelle, approuvé la semaine dernière en Conseil des ministres. Selon plusieurs participants, cette réunion a été "houleuse".
"Il est clair que ce texte ne peut être adopté en l'état. Il doit faire l'objet d'une contribution majeure du groupe UMP. Il faut aller au fond des choses" sur un certain nombre de points "importants" avant l'examen du texte dans l'hémicycle, prévu le 20 mai, a souligné Jean-François Copé.
Désaccords autour du 49-3 et l'usage du référendum - Parmi les amendements qu'il souhaite, le député de Seine-et-Marne a cité l'évaluation et le contrôle de l'action du gouvernement par le Parlement et l'amélioration de la procédure législative.
Par ailleurs, deux points majeurs (quasi suppression du recours au 49-3 qui permet au gouvernement de faire adopter un texte sans vote et abandon de la voie exclusivement référendaire pour toute nouvelle adhésion à l'Union européenne) suscitent de vives critiques au sein du groupe UMP, a ajouté Jean-François Copé.
Des participants à la réunion ont souligné qu'au sein du groupe UMP, certains étaient opposés à l'expression du président de la République devant les assemblées, introduite par le projet de loi.
Réforme des institutions : Jean-Marc Ayrault demande le report
NOUVELOBS | 30.04.2008 | 10:03
Le chef de file des députés socialistes Jean-Marc Ayrault estime qu'"il faut laisser du temps au temps" pour "créer les conditions de ce consensus sur les institutions" et propose donc son report "à l'automne".
Jean-Marc Ayrault, patron des députés PS, a demandé, mardi 29 avril, le report "à l'automne" de la réforme constitutionnelle sur les institutions, prévoyant notamment de nouveaux droits du Parlement, afin de "créer les conditions d'(un) consensus" sur ce sujet.
"Si on veut créer les conditions de ce consensus sur les institutions, il faut un calendrier plus long. Le gouvernement a prévu d'examiner le texte en séance le 20 mai (à l'Assemblée): c'est quand même très rapide!", déclare Jean-Marc Ayrault dans un entretien au Parisien/Aujourd'hui en France paru mercredi.
L'adoption de la réforme de la Constitution nécessite l'approbation du Congrès (Assemblée et Sénat), aux 3/5emes des suffrages exprimés.
"L'abstention des socialistes nous suffirait", avait affirmé il y a une semaine Roger Karoutchi, qui insiste sur le renforcement des pouvoirs des deux chambres prévu par la réforme, selon lui.
Premier vice-président du groupe PS à l'Assemblée, Arnaud Montebourg avait jugé au début du mois que, pour l'exécutif et la majorité, tabler sur les seules voix centristes, outre celles de l'UMP, était "trop incertain".
Le Premier ministre François Fillon a prévu de mener, début mai, une nouvelle série de consultations à ce sujet avec les chefs des partis parlementaires..

Réclamant à nouveau que les "propositions" des socialistes soient prises en compte par le gouvernement, Jean-Marc Ayrault fait valoir que "pour l'instant, ce n'est pas le cas". "Tout ce que nous proposons n'est pas à prendre ou à laisser. Encore faut-il recevoir des signes d'intérêt", demande le chef de file des députés socialistes.
"Nous disons à la majorité: donnez-nous des garanties", poursuit Jean-Marc Ayrault, qui en énonce deux: "l'attitude du groupe UMP" sur deux propositions de loi PS à venir d'ici là, "sur la prise en compte du temps de parole du président de la République dans l'audiovisuel" et "sur le mode d'élection des sénateurs, afin que soit prise en compte la réalité démocratique".
"Le gouvernement, en train de faire sa tambouille" - Jean-Marc Ayrault rappelle aussi "la mise en place d'une commission indépendante sur le redécoupage des circonscriptions" ces dernières semaines. "Actuellement, le gouvernement est en train de faire sa tambouille, ça ne nous paraît pas sain", lâche-t-il.Le député-maire de Nantes rappelle que les socialistes refusent "tout accroissement des pouvoirs du président de la République, notamment à travers sa venue devant le Parlement". "Plusieurs dispositions sur les droits du Parlement doivent être renforcés comme le vote sur les nominations au Conseil Constitutionnel et au CSA", précise-t-il.Rappelant que "le président de la République a demandé à Simone Veil de préparer une nouvelle rédaction du préambule de la Constitution", le député-maire de Nantes "propose qu'on fasse un paquet et qu'on examine tout en même temps, à l'automne".
"Si on veut juger de la sincérité de la proposition de Jean-François Copé", président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, qui a souhaité que majorité et opposition travaillent "main dans la main" sur ce dossier, "il faut laisser du temps au temps", ajoute Jean-Marc Ayrault.
mercredi 30 avril 2008
Les députés devaient voter, au cours de la nuit dernière, une loi qui revient sur le durcissement du secret, voulu par les sénat
Ouest-France – 30/04/08
Christine Albanel s'est voulue rassurante. Le compromis proposé par la commission des lois de l'Assemblée nationale « réalise un équilibre harmonieux entre les besoins des chercheurs, la protection de la vie privée des personnes et de la sûreté de l'État », a estimé la ministre de la Culture, hier, devant les députés.

Finalement, après la tentative des sénateurs de rendre moins accessibles les archives publiques, l'Assemblée devait adopter, dans la nuit, un texte plus conforme à l'intention initiale du gouvernement : mieux protéger certaines archives, faciliter l'accès à d'autres.
Nouvelle catégorie d'archives et délais modifiés
Deux grandes modifications par rapport au texte de 1979, qui fait loi aujourd'hui. D'une part, les documents « dont la communication est susceptible de porter atteinte à la vie privée » seront tenus secrets pendant 50 ans au lieu de 60 ans actuellement. Les sénateurs voulaient porter ce délai à 75 ans, considérant que l'allongement de la durée de la vie justifie une extension du secret. Ce qui revenait à refermer des fonds d'archives aujourd'hui consultables et suscitait la colère des chercheurs et historiens. Pour vivre heureux, vivons cachés...
Deuxième gros changement : la création d'une catégorie d'archives incommunicables. Le gouvernement entendait y inclure tout ce qui touche aux armes de destruction massive et à la sécurité des agents secrets. Le texte soumis aux députés limite cette incommunicabilité aux archives dont la divulgation pourrait permettre « de concevoir, fabriquer, utiliser ou localiser des armes de destruction massive, nucléaires, chimiques, biologiques ou bactériologiques ».
Dérogations au compte-gouttes
Les groupes UMP et Nouveau Centre se sont prononcés en faveur de cette réforme. À gauche, Marietta Karamanli (PS) a prévenu que son groupe voterait « contre » si la majorité n'acceptait pas la généralisation du délai de 50 ans, sauf quelques rares exceptions.
Depuis le vote du Sénat, le 8 janvier, historiens, chercheurs, enseignants, généalogistes et autres utilisateurs des archives s'étaient mobilisés. Dénonçant « une grave atteinte à la liberté d'écriture et à la recherche historique », une pétition lancée par l'Association des usagers du service public des Archives nationales (Auspan) a recueilli plus de 1 100 signatures, dont celles de Jean-Pierre Azema, Benjamin Stora, Annette Wieviorka ou Patrick Weil. Un autre collectif, baptisé « liberté d'informer », en a récolté près de 6 000.
Au-delà de cette inquiétude, que le texte final devrait adoucir, les historiens réclament une réforme d'ampleur des archives et, surtout, plus de facilités dans le régime des dérogations distribuées aujourd'hui au compte-gouttes.
lundi 28 avril 2008
Votre député est-il bosseur ou glandeur ?
Vendredi 25 Avril 2008 – Marianne - Sylvain Lapoix
Il ne suffit pas de crier «Réformes ! Réformes ! Réfomes !» en sautant sur sa chaise : Gouvernement Off prouve qu'il est parfois bon de s'asseoir et de regarder le détail. L'idée est ambitieuse mais louable : suivre avec un œil qui se veut objectif le débat autour des réformes en se basant sur les projets de loi, les discussions à l'Assemblée et les amendements.
Le topo qu'il faut
Même si cet «œil objectif» louche sensiblement à gauche, le boulot est là avec, pour chaque mesure en débat, un état des lieux et un résumé des enjeux ainsi que les conséquences des réformes. Un petit doute sur les régimes spéciaux ? Gouvernement off déballe les statistiques des salariés concernés (source Insee) et la réglementation actuelle des principaux statuts (source Sécu) avec, en marge, l'exposé de la réforme et une évaluation de l'économie pour le budget de l'Etat. Simple, clair et efficace.
Le site Gouvernement off scrute à la loupe les débats et l'activité des députés. Né d'un projet d'observatoire associatif des réformes sarkozystes, c'est plus un outil militant efficace qu'un Note2Be législatif.
Polémique : Gouvernement off classe les députés par nombre d'amendements débattus.
Députés : les hits de la semaine
Le projet est né au lendemain de l'élection de Nicolas Sarkozy, quand des associations se sont inquiétées du caractère idéologique et parfois totalement inutile des réformes. Un an après, le site voit enfin le jour avec le seul concours d'une poignée de militants d'associations écolos, sociales, humanitaires - essentiellement de gauche.
«Beaucoup de blogs font déjà la même chose, explique Julien, un des créateurs du site, qui évoque notamment le très efficace Bétapolitique. Mais les contenus passent : avec Gouvernement off, on créé une base de donnée, un sommaire des réformes.» Niveau documentaire, on trouve également une présentation de chaque député assorti d'un rappel de ses éventuels votes contre la consigne de son groupe et des amendements proposés.
Pour chaque session de vote, le site établit le taux de présence pour chacun des groupes parlementaires.
Plus polémique, le «Top 10» des députés les plus actifs et les statistiques de présence de chaque groupe en séance. «C'est important de savoir ce que vote son député et le site de l'Assemblée nationale n'est vraiment pas assez ergonomique pour le vérifier soi-même», se défend Julien. N'empêche que ce petit côté Note2Be de la vie parlementaire donne des airs de provoc gratuite à un travail efficace, auquel il ne manque qu'une chose : les animateurs du site se contentent de critiquer les mesures et ne proposent rien à la place. Dommage.

