vendredi 5 septembre 2008
La Poste: syndicats, associations et politiques discutent d'un référendum
Le Matin on line – 04/09/08
Syndicats, associations et partis de gauche qui réfléchissent à un appel commun à un référendum sur la "privatisation" de La Poste, ont convenu de se revoir la semaine prochaine, à l'issue d'une première réunion jeudi soir à Paris.
"Il y a un large consensus pour dire que l'idée d'un référendum est intéressante, mais certaines organisations ont besoin d'en discuter en interne", a indiqué à l'AFP Régis Blanchot (Sud-PTT) à l'issue des discussions qu'il a jugé "constructives".
Des représentants d'autres syndicats de La Poste (CFTC, FO et CGT), de la FSU, d'associations (Attac, DAL, convergence des collectifs de défense des services publics) et de partis politiques (PS, PCF, MRG, Verts, LCR) participaient également à la réunion.
"Nous nous retrouvons le vendredi 12 septembre pour finaliser un appel commun", a ajouté M. Blanchot.
De son côté, Jean-François Dannely représentant la CGT-PTT, premier syndicat à La Poste, a indiqué que sa fédération "n'avait pas opposé de refus à l'idée d'un référendum": "la CGT a déjà exigé des référendums pour EDF et GDF mais nous avions besoin d'avoir un échange avec les autres organisations", a-t-il indiqué.
"Notre présence ce soir à la réunion est une réponse en soit", a ajouté M. Dannely.
Toutes les organisations présentes "ont apporté leur soutien" à la journée (de grève et de manifestations des postiers) prévue le 23 septembre à l'appel de cinq syndicats de La Poste contre la transformation de l'établissement public en société anonyme dès 2010, synonyme pour eux de "privatisation", a précisé M. Blanchot.
L'article 11 de la Constitution permet au président de la République, sur proposition du gouvernement ou du Parlement, de soumettre à référendum un projet de loi portant "sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la Nation et aux services publics qui y concourent".
Cette idée, soutenue par le quotidien Libération, a été lancée par plusieurs syndicats (FO, CFTC et Sud) de La Poste, mais pas par la CFDT.
Mercredi matin, le secrétaire confédéral de la CGT Jean-Christophe Le Duigou s'est déclaré "a priori" favorable à un référendum, jugeant "légitime" que les Français se prononcent sur l'avenir de La Poste.
Le secret bien gardé de l'affaire Tapie
Marianne - Jeudi 04 Septembre 2008 - Hervé Nathan
Tout était organisé pour que Tapie puisse empocher des dizaines de millions d'euros dans la plus grande discrétion.
C'était sans compter sans les auditions devant la Commission des finances de l'Assemblée nationale.
Les auditions des protagonistes de l'affaire Tapie par la Commission des finances, le 3 septembre, permettent de découvrir une partie des dessous de l'extraordinaire arbitrage qui a permis à l'ex-homme d'affaire et ex-ministre, actuellement comédien et ami du Président, d'obtenir des dédommagements considérables de la part de l'Etat.
Le mémoire et les déclarations de Charles de Courson, député Nouveau Centre de la Marne, sont particulièrement instructifs. Le député représente l'Assemblée nationale au conseil d'administration de l'EPFR, établissement public, actionnaire à 100% du CDR, organisme qui doit liquider les dettes et les actifs après la faillite du Crédit Lyonnais (plus d'1 milliard d'euros de pertes au compteur provisoire). Il a expliqué à ses collègues dans quelles conditions il avait été informé de l'arbitrage : «Une clause de confidentialité absolue couvrait la convention d'arbitrage. Au conseil d'administration, le président de l'EPFR nous donc informé oralement du contenu de la convention, mais nous n'avons jamais pu lire le texte même de cette convention».
Lorsque l'arbitrage fut rendu par le trio présidé par Pierre Mazeaud (ancien président du conseil constitutionnel), même simulacre : «Je n'ai pas pu lire la sentence lors du conseil d'administration de l'EPFR chargé de se prononcer sur un éventuel recours. Le président de l'EPFR m'a, en revanche, dit : vous pouvez le faire sur le site de l'Express !», raconte Charles de Courson.
Ce goût du secret a perduré jusque très récemment : le président de la Commission des finances, le socialiste Didier Migaud, a eu le plus grand mal à obtenir communication de ces pièces (convention et jugement) pour éclairer les débats à l'Assemblée. Elles lui sont parvenues seulement le 2 septembre au soir, et encore certaines photocopies sont-elles illisibles. Explication : l'EPFR avait attendu que la partie adverse, c'est-à-dire Bernard Tapie, lève la clause de confidentialité.
Conclusion : il s'en est fallu de peu que les contribuables ne sachent pas dans quelles conditions et pour quels motifs l'Etat (qui assume les dettes du Crédit Lyonnais) devra verser 390 millions d'euros au groupe Bernard Tapie. C'est un des principes de l'arbitrage de rester confidentiel. Mais c'est ce qui rend le recours à cette méthode de jugement problématique lorsqu'il s'agit d'argent public…

jeudi 4 septembre 2008
SéNAT - Le livre qui va révéler les privilèges des sénateurs et de leurs 1260 fonctionnaires
Capital 020908
A quelques jours des élections sénatoriales du 21 septembre, un livre s’apprête à jeter un gros pavé dans la mare de la chambre haute de la République. Dans « le Sénat : enquête sur les superprivilégiés de la République », l’historien Robert Colonna d’Istria et le journaliste Yvan Stefanovitch ont calculé les avantages cachés et rémunérations discrètes des 331 sénateurs et des 1260 fonctionnaires à leur service exclusif.
Ainsi chaque sénateur empoche-t-il mensuellement 11.540 euros nets, dont la moitié environ (l’enveloppe destinée à couvrir ses frais professionnels) échappe légalement au fisc. A cela s’ajoutent de multiples avantages en nature : billets de train et d’avion gratuits, limousines mises à disposition... Malgré ce régime très favorable, seuls 90 sénateurs, selon les pointages très sérieux de cette assemblée, se donnent la peine de travailler assidument dans le cadre de leur mandat. En revanche, 120 n’y mettent jamais les pieds et 120 autres n’y sont qu’à temps partiel.
Pour autant, les auteurs de ce livre, à paraître jeudi 11 septembre aux éditions du Rocher, remarquent que les partis politiques se gardent bien de demander la stricte application de la loi qui prévoit la suppression des indemnités aux absentéistes.
Des administrateurs aux gardiens de square du jardin du Luxembourg, les fonctionnaires du Sénat ne sont pas malheureux non plus. Leurs rémunérations s’étalent de 2.300 à plus de 20.000 euros par mois, pour 32 heures de travail par semaine et presque quatre mois de vacances. Sans compter une kyrielle de privilèges minutieusement décrits dans le livre, dont la Cour des comptes ignore toujours l’existence, le Sénat s’étant toujours opposé, comme il en a le droit, à laisser ses magistrats enquêter dans ses murs.
Et pendant ce temps on va demander aux petits épargnants de financer le RSA .. et la Sécu etc ... Les sénateurs ne sont pas concernés ?
mercredi 3 septembre 2008
Chomsky et Compagnie
un reportage de Daniel Mermet et Giv Anquetil filmé par Olivier Azam. Extraits
Pour la première fois un reportage de Là-bas devient un film.
En mai la série d’entretiens avec Noam Chomsky a été un succès pour l'émission de radio Là-bas si j’y suis . De Paris à Boston de Montréal à Toronto, Olivier Azam a filmé ce reportage. A l’heure où impuissance et résignation l’emportent, le travail de Chomsky est un antidote radical. « Le pouvoir ne souhaite pas que les gens comprennent qu’ils peuvent provoquer des changements » dit Noam Chomsky.
Nous rencontrons des historiens, des journalistes, des chercheurs tel que Max Wallace, Michael Albert, Andrew Bacevitch, Jean Bricmont ou encore Normand Baillargeon auteur du Petit traité d’autodéfense intellectuelle, ce qui pourrait être le sous-titre de ce film en cours de montage.
Ecoutez également les reportages radios de Là-bas si j’y suis diffusés par France Inter (http://www.la-bas.org)
mardi 2 septembre 2008
François Fillon entame l'évaluation des ministres
lun. sept. 1, 2008 - Sophie Louet, édité par Gilles Trequesser - Reuters
PARIS (Reuters) - François Fillon entame l'évaluation de l'action des ministères, un processus qui vise également à faire le point sur la mise en oeuvre des réformes dans une conjoncture économique défavorable.
La ministre de la Culture et de la Communication, Christine Albanel, a été reçue la première par le Premier ministre.
Ces entretiens, qui concernent les quinze ministres de plein exercice et Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, se poursuivront ces dix prochains jours, a-t-on précisé à Matignon.
Point de notation des ministres, dit-on dans l'entourage de François Fillon, mais "un suivi de l'action" sur la base d'"indicateurs de pilotage élaborés au cours des six derniers mois" et des lettres de mission confiées aux ministres. Ces indicateurs de résultats, dont le principe avait été arrêté en janvier, ont été mis au point avec l'aide d'un cabinet privé.
"Ces entretiens sont aussi l'occasion de faire le point sur la mise en oeuvre des réformes décidées dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) et sur les perspectives d'action des ministères au cours du prochain semestre", a-t-on ajouté à Matignon.
Ce tableau de bord des rendements des missions ministérielles, émanation de la "culture du résultat" de Nicolas Sarkozy, est une première dans l'histoire gouvernementale française.
Bientôt un permis de ministre à points, la mise au piquet, ou bien le retour à des châtiments corporels ?
samedi 30 août 2008
Mayotte, futur département français
LE MONDE | 28.08.08

En devenant département d'outre-mer, Mayotte pourrait bénéficier du RMI et attirer encore plus d'immigrants.
Le compte à rebours est lancé. Dans les deux ans qui viennent, Mayotte devrait devenir le 101e département français. Cette île de l'Océan indien, qui s'est détachée de l'archipel des Comores en faisant le choix de rester française lors du référendum sur l'indépendance de 1973, n'a cessé de vouloir renforcer ses liens avec la République. Le 18 avril, le conseil général de cette collectivité d'outre-mer a voté une motion demandant la départementalisation, comme l'y autorise la loi du 21 février 2007 sur l'outre-mer.
Le gouvernement s'étant engagé à tenir un référendum local dans les douze mois, la consultation devrait avoir lieu en avril 2009. Ensuite, l'Assemblée nationale et le Sénat se prononceront sur ce changement de statut. Chez les parlementaires métropolitains, la départementalisation de Mayotte ne fait plus débat. "Des promesses ont été faites aux Mahorais, constate le député (app. PS) René Dosière. Il n'est pas question de revenir dessus. S'il peut y avoir divergence, c'est sur le calendrier."
L'enjeu n'est pas mince. Devenir département français signifie pour Mayotte passer de l'article 74 de la Constitution, consacré aux collectivités d'outre-mer, à l'article 73, qui régit les DOM. Toutes les lois votées par le Parlement devront s'y appliquer. Or le décalage est grand entre la métropole et cette île, située à mi-chemin de Madagascar et du continent africain. Une délégation de sénateurs, dont le président (UMP) de la commission des lois, Jean-Jacques Hyest, doit se rendre à Mayotte du 1er au 6 septembre pour préparer cette délicate transition.
DROIT DU SOL
La principale préoccupation concerne l'immigration clandestine. Chaque année, des milliers de Comoriens, venus principalement de l'île d'Anjouan, risquent leurs vies sur des embarcations de fortune pour s'installer à Mayotte. Cinq mille femmes sans papiers viennent accoucher à la maternité de Mamoudzou, dans l'espoir que leur enfant devienne français à sa majorité.
En 2007, 16 000 clandestins ont été arrêtés et reconduits aux Comores. La population de Mayotte (186 000 personnes) est constituée pour un tiers de Comoriens, dont 80 % en situation illégale. A terme, c'est toute la collectivité qui pourrait être déstabilisée. Déjà, le 17 mars, 2 000 Anjouanais s'en sont pris à la population d'origine européenne, faisant 200 blessés dont un grave.
Les habitants de Mayotte sont déjà dix fois plus riches que les Comoriens. Avec la départementalisation, l'écart va s'accroître, car l'île bénéficiera des minima sociaux, dont le RMI. Elle pourra également être éligible aux fonds européens.
Pour beaucoup de Mahorais, la départementalisation est synonyme d'alignement sur la métropole en termes de prestations sociales.
Ahmed Attoumani Douchina, président (UMP) du conseil général, nuance cette interprétation : "Les habitants de Mayotte sont d'abord attachés à la France. Ils sont pragmatiques et savent bien qu'ils ne pourront pas obtenir tout, tout de suite." Nicolas Sarkozy a déjà prévenu qu'il souhaitait une départementalisation "progressive et adaptée". L'idée est de faire comprendre aux Mahorais que ce changement de statut comporte des droits, mais aussi des devoirs. "Dans les mois qui vont précéder le référendum, nous ferons une campagne neutre et transparente pour bien leur signifier ce que le statut de département implique", précise Yves Jégo, secrétaire d'Etat à l'outre-mer.
En 2006, pour limiter l'attractivité de l'archipel, François Baroin, alors ministre de l'outre-mer, avait fait sensation en réclamant la suppression du droit du sol. Son successeur, Christian Estrosi, avait pris une position identique. Yves Jégo a une autre approche. "Revenir au droit du sang n'est pas un préalable, a-t-il répété à Mayotte et aux Comores, les 15 et 16 mai. Le débat idéologique et moral qu'il soulève est trop lourd. Il vaut mieux essayer de tarir les flux et cela passe par un dialogue nouveau avec les Comores."
Afin de freiner les flux d'immigration clandestine, le gouvernement parie sur la relance de la coopération avec l'Union des Comores, qui n'a jamais accepté que Mayotte devienne française. Parmi les projets à l'étude figurent la restructuration et la modernisation d'une maternité sur l'île d'Anjouan ainsi qu'un plan de modernisation de l'agriculture comorienne.
Le secrétaire d'Etat à l'outre-mer souhaite aussi l'instauration de visas de court séjour, permettant aux Comoriens de se rendre plus facilement dans l'île française. "Il s'agit de fluidifier la circulation des personnes et d'empêcher qu'elles se fixent à Mayotte", explique Yves Jégo. Le gouvernement a également débloqué 88 millions d'euros pour la coopération avec les Comores.
Cela suffira-t-il ? Le danger de voir l'immigration clandestine progresser est d'autant plus inquiétant qu'en matière d'état civil le retard est grand. Jusqu'à une période récente, les Mahorais n'avaient pas de noms de famille. Ils ont dû s'en choisir un. L'état civil tenu par les maires n'est venu remplacer que récemment les actes de naissance ou de mariage effectués par les cadis, ou juges musulmans.
Dans les mairies, les registres sont souvent en mauvais état. Une commission de révision de l'état civil (CREC) a été mise en place en 2001 afin de reconstituer les actes manquants. Elle n'a instruit que quelques milliers de dossiers. La moitié de la population serait encore sans état civil fiable. "Aujourd'hui, on ne sait pas qui est qui, s'alarme René Dosière. Si l'on ne donne pas à chacun un état civil, ce sera ingérable."
vendredi 29 août 2008
Le Parlement produit de plus en plus de textes. Mais une grande partie reste lettre morte, faute de décrets d’application !
Le Canard Enchaîné du mercredi 27 août – Dominique Simonnot
Le jeu de lois qui amuse la galerie
Coups de menton, roulement d’épaules, à chaque problème, après chaque fait divers, le gouvernement répond par une loi. Eh hop ! Le tour est joué. Quelle efficacité ! c’est la fameuse « culture du résultat » si chère à Sarko.
Hélas, le Sénat – dont plus personne ne pourra dire qu’il ne sert à rien – suit très vicieusement « l’état d’application des lois ». Car, pour qu’une loi votée et promulguée, soit « opérationnelle », il lui faut ses décrets d’application, qui sont du ressort du gouvernement. Pas ou peu de décrets, et c’est une loi pour rien. Ou plutôt si ! Pour la galerie, pour faire un coup. Le 28 novembre 2007, les sénateurs observaient ainsi que, sur la législation 2006-2007, pas moins de 59% des décrets nécessaires à l’application des lois n’avaient pas encore été publiés. Plus grave : dans la même période, 13 lois ont été votées après « déclaration d’urgence », c'est-à-dire avec une seule navette entre l’assemblée et le Sénat. Histoire de gagner du temps. Résultat : pour celles-ci, 84% des décrets d’application manquaient toujours le 30 septembre 2007.
Votes sans suite
En 2008 , aucun décret pour les immenses lois dont la ministre de l’Intérieur Alliot-Marie s’est glorifiée : mini motos, chiens dangereux et sécurité dans les manèges et fêtes foraines. Ces trois textes ont été votés, toutes affaires cessantes, pour répondre à l’émotion suscitée par trois faits divers. Ils ne sont toujours pas applicables.
Pas plus que la très symbolique loi OGM, qui défraya la chronique, déchira la majorité, avant d’être adoptée de justesse. Les décrets doivent être très difficiles à rédiger. En tout cas, ils n’existent pas.
Et la célèbre loi sur le pouvoir d’achat, avec la possibilité de renoncer aux congés, le compte épargne temps et ce slogan plein d’espoir : « Travailler plus pour gagner plus… » ? A force d’en parler, les décrets sont portés disparus…
Inutile de dire que « l’accompagnement des jeunes en difficulté » attend également ses décrets. Il était beaucoup plus urgent de rédiger ceux sur la loi de rétention de sûreté, tout à fait opérationnelle, elle…
A se demander pourquoi les parlementaires sont à nouveau convoqués pour une session extraordinaire, vu le sort réservé à leur intense production.
Toujours rien à l’horizon en ce qui concerne la recherche des bénéficiaires d’assurance-vie non réclamée et la garantie du droit des assurés, ou l’adaptation au droit communautaire dans les domaines économiques et financiers, la formation et la responsabilité des magistrats, la réforme portuaire ou encore le développement de la concurrence au service des consommateurs…
Un peu mieux loties, quelques lois ont reçu, depuis 2007, une partie de leurs décrets, ce qui ne permet qu’une application partielle. Parmi ces textes boiteux, ceux qui portent sur la lutte contre la contrefaçon, le service public minimum, la modernisation de la fonction publique, la répression de l’exercice illégal des professions de santé, l’assurance de protection juridique, le financement de la sécu. Sans oublier un immortel texte sur le raton laveur. Et même, c’est le comble, la loi sur la simplification du droit !
Un certain nombre de grands juristes, dont Pierre Mazeaud, ancien Président du Conseil constitutionnel, ne cessent de dénoncer l’inflation législative. Si, en plus, ce n’est que du vent…
dimanche 24 août 2008
Les parlementaires voteront sur la présence française en Afghanistan
TV5MONDE PARIS (AFP) - 23/08/2008 11h27
François Fillon a annoncé vendredi, alors que les derniers blessés revenaient de Kaboul, que le Parlement voterait sur la présence militaire française en Afghanistan, honorant une nouvelle obligation constitutionnelle.
"Le Premier ministre proposera aux présidents des Assemblées que le prochain débat sur l'Afghanistan soit suivi d'un vote, en application du 3e alinéa de l'article 35 de la Constitution issu de la révision votée en juillet dernier", a indiqué Matignon dans un communiqué.
Depuis la révision promulguée le 24 juillet, l'article 35 de la Constitution prévoit en effet que le gouvernement soumette à l'autorisation du Parlement la prolongation d'une intervention des forces armées françaises à l'étranger, lorsque la durée de l'intervention excède quatre mois.
Le vote suivra une déclaration du gouvernement et un débat, qui auront lieu au cours de la session extraordinaire du Parlement à partir du 22 septembre.
Interrogé, l'entourage de M. Fillon a indiqué que la nouvelle disposition s'appliquerait aussi aux autres opérations militaires actuellement en cours à l'étranger.
Vendredi matin, l'ancien Premier ministre Edouard Balladur (UMP), ex-président du comité chargé de la réforme des institutions, avait demandé que ce débat soit suivi d'un vote. Les députés socialiste Jack Lang et Verts Noël Mamère (Verts) avaient fait la même demande. M. Lang a dit sa "satisfaction" après l'annonce de M. Fillon.
Les ministres de la Défense et des Affaires étrangères, Hervé Morin et Bernard Kouchner, seront auditionnés publiquement dès mardi 27 août par les commissions de la Défense et des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.
Ils seront amenés à s'expliquer sur la stratégie française en Afghanistan alors, comme le reconnaît M. Morin dans le Figaro vendredi, que les insurgés "sont de plus en plus performants".
Le ministre estime que la France doit augmenter sa "capacité de reconnaissance et renseignement" dans le pays, notamment en faisant plus appel à des drones (avions sans pilote).
L'exécutif n'entend pas, en tous cas, remettre en question l'engagement de la France après l'attaque qui a tué dix soldats et en a blessé vingt-et-un autres lundi près de Kaboul.
Il a reçu vendredi le soutien de l'UMP: "Nous n'éviterons pas les morts en refusant de participer à une mission juste, aux côtés de nos alliés", a écrit vendredi Chantal Brunel, porte-parole du parti majoritaire.
Selon Mme Brunel, "si les talibans reprenaient le pouvoir en Afghanistan, ce serait désormais sur notre territoire que nous pourrions compter les victimes du terrorisme".
Les dix soldats les moins gravement blessés sont arrivés vendredi en début d'après-midi à l'aéroport parisien de Roissy, à bord d'un Airbus A310 de l'armée. Ils ont été accueillis sur place par le général Elrick Irastorza, chef d'état-major de l'armée de terre, et transférés vers des hôpitaux militaires.
Selon un sondage CSA pour Le Parisien/Aujourd'hui en France, une majorité de Français (55%) souhaiteraient le retrait des troupes françaises du pays, "car la France s'enlise dans un conflit sur lequel elle n'a pas de prise".
A l'inverse, 36% penseraient qu"'il faut maintenir les troupes, car elles participent à la lutte contre le terrorisme international". 9% ne se prononcent pas.
vendredi 22 août 2008
La démocratie occidentale, un avenir incertain...
LE MONDE | 14.08.08 - de Harald Welzer, sociologue, professeur de psychologie sociale au Centre de recherche sur la mémoire (Essen, Allemagne)
La démocratie semble avoir de moins en moins le vent en poupe, autant sur le plan national qu'international. En tout cas rien n'indique que les pays émergents qui s'adonnent à l'ivresse de la modernisation à outrance veuillent en même temps suivre le modèle social démocratique de l'Ouest, où de plus en plus de gens commencent à se demander s'ils vivent bien dans le meilleur des mondes politiques possibles.
C'est ainsi qu'une étude de la Fondation Friedrich-Ebert a révélé il y a quelques semaines que près d'un Allemand sur trois pense que la démocratie fonctionne mal ; la proportion passe même à 60 % parmi les anciens Allemands de l'Est ; et un quart des personnes interrogées ne veut plus rien savoir de "la démocratie telle qu'elle est chez nous". Comme le montre la participation toujours plus faible aux élections ou la baisse du nombre d'adhérents à des partis, ce sont là des jalons qui marquent une tendance de fond : entre le milieu des années 1970 et 1990, l'adhésion formelle à la démocratie en Allemagne s'est toujours située autour de 75 %. Depuis, on assiste à un processus d'érosion que les sondages ne sont pas les seuls à enregistrer. En un quart de siècle, les grands partis politiques ont perdu la moitié de leurs membres, alors que la réunification a ramené une palette complète de Länder. Une vraie prouesse !
La perte de confiance dans la démocratie ne se révèle donc pas seulement par l'accroissement de tendances autoritaires ; elle se reflète dans le désarroi des élites politiques incapables de prendre la mesure des problèmes posés par l'avenir. Le renoncement à la démocratie n'est pas forcément un handicap au développement, il fait même souvent office d'accélérateur dans le processus de modernisation.
Quand on voit la subtilité déployée par le gouvernement chinois pour maintenir la confiance dans le système en maniant la carotte et le bâton, il est impossible de penser que ce système puisse capoter au seul critère qu'il n'est pas démocratique. Il pourrait même devenir pour d'autres sociétés un modèle plus attractif que celui de l'Ouest qui, avec son arrogance, donne maintenant l'impression d'être dépassé. Même les fragiles Etats du tiers-monde qui périclitent ou ont déjà périclité ne se portent pas candidats pour reprendre le modèle occidental. Soit ils sont tenus à l'écart de la mondialisation, soit ils en sont les victimes passives.
En perdant sa valeur de modèle, la démocratie occidentale est ainsi soumise à une pression venue de l'extérieur ; il existe d'autres voies vers une modernité que nous ne connaissons pas, et il y a toutes les raisons de penser qu'elles resteront valables aussi longtemps que les problèmes écologiques ne viendront pas mettre aussi à mal ce turbo capitalisme d'un nouveau type. Les perdants de la mondialisation dans les pays occidentaux sont en effet les premiers à sentir qu'il est illusoire de continuer à faire confiance à un Etat national promettant le bien-être pour tous. La dégringolade sociale qui, dans le pays du miracle économique, n'était autrefois le lot que de quelques laissés-pour-compte devient une possibilité que tout le monde peut redouter.
ABANDONNÉS PAR L'ETAT
Il est aisé de comprendre pourquoi, dans une telle situation, les gens se sentent abandonnés par l'Etat et donc aussi par la démocratie, surtout quand cet Etat ne cesse de prétendre qu'il va veiller au bien-être de tous, alors qu'en réalité il est incapable de faire quelque chose. Raison pour laquelle les personnes à faibles revenus qui réclament des compensations pour la hausse dramatique des prix de l'énergie ne peuvent que se sentir déçues et flouées : aucune démocratie au monde ne peut répondre du fait que les ressources deviennent plus rares et donc plus chères ; si elle veut maintenir la confiance, elle est paradoxalement obligée de dire qu'elle ne peut le faire. Quels seront les effets dévastateurs sur la démocratie si la hausse des prix de l'énergie fait aussi baisser le niveau de vie des classes moyennes ?
Que va-t-il se passer si les petits salaires ne peuvent plus payer leur chauffage ? Et qu'espérer si même la fiction de solidarité sociale ne peut être maintenue parce qu'il est désormais clair que la génération sortante et celle qui a précédé ont vécu sans le moindre scrupule aux frais de celle qui va encore à l'école aujourd'hui ?
Les structures sociales, tout le monde le sait à titre privé, ne sont jamais stables. Elles peuvent très vite se trouver confrontées à des problèmes d'existence et de légitimité ; elles peuvent aussi très bien s'effondrer quand la pression sociale devient trop forte. Il n'en va guère autrement avec les structures sociales de la taille d'un Etat, même si les institutions jouent ici un rôle stabilisateur.
Mais qu'en est-il lorsque les institutions comme les partis, les syndicats, les Eglises, la santé et la Sécurité sociale ont du mal à assurer cette fonction stabilisatrice parce qu'elles sont déjà prises dans un scénario de transformation qu'elles ont du mal à saisir elles-mêmes ? L'histoire du XXe siècle avec ses dictatures folles et ses systèmes totalitaires, avec ses révolutions et ses effondrements, montre qu'on ne peut miser sur la stabilité des rapports sociaux : les choses peuvent bouger assez vite et se soustraire aussi vite à tout contrôle. L'histoire montre aussi que, dans une situation de menace et de pression, les individus peuvent se laisser aller à des comportements et des décisions qu'ils n'auraient pas imaginés, quelque temps auparavant.
Voilà pourquoi il serait bon d'utiliser les inquiétants résultats de l'étude de la Fondation Friedrich-Ebert comme une incitation à réfléchir à la modernisation de notre démocratie. L'intégration c'est la participation et non l'assistance, et elle doit être renforcée par des formes innovantes de démocratie directe, qui englobent aussi des médias comme Internet. Les directives abstraites de l'Union européenne ne peuvent avoir aucun effet identificateur parce que personne ne comprend à quoi elles servent.
C'est en effet le seul moyen pour les individus de s'identifier à un ensemble dont ils sont eux-mêmes partie prenante. En revanche, si l'Etat ne laisse transparaître qu'une volonté d'intégration par un recours à l'assistance qu'il ne peut même pas assurer, il sape les fondements de la démocratie. Et il renonce du même coup au pouvoir d'engagement de ceux qui sont abandonnés en cours de route. Devenant le grand perdant de la mondialisation, l'Etat entraîne aussi la démocratie dans sa perte.
http://www.lemonde.fr:80/opinions/article/2008/08/14/la-democratie-occidentale-un-avenir-incertain-par-harald-welzer_1083677_3232.html
mercredi 6 août 2008
SéNAT – La guerre des chefs
LE MONDE | 02.08.08
Gérard Larcher dispute la présidence du Sénat à Jean-Pierre Raffarin
Lire aussi Inventerre canal Blog : les casseroles de LARCHER
L’express du 1er Février 2007 : Le système Larcher : L'ombre du Sictom
et LEMONDE Inventerre canal blog
Gérard Larcher est en campagne. Cette fois, officiellement. Longtemps le sénateur (UMP) des Yvelines n'a pas été candidat déclaré à la présidence du Sénat en septembre, bien que les doutes étaient minces quant à ses intentions.
La clarification a eu lieu par l'entremise d'un entretien à Paris Match, jeudi 31 juillet, où l'ex-ministre du travail annonce son intention de se présenter face à Jean-Pierre Raffarin. "Jean-Pierre Raffarin a peut-être eu le tort de sous-estimer ma détermination", confiait-il récemment au Monde, signifiant ainsi qu'à trois mois de l'élection, l'ex-premier ministre, sénateur (UMP) de la Vienne, qui faisait figure de favori, a perdu du terrain.
C'est une belle bataille qui se prépare au lendemain du prochain renouvellement sénatorial. La date des élections a été avancée au 21 septembre afin de laisser le temps aux groupes de se constituer et aux candidats potentiels de se déclarer avant l'élection à la présidence, qui aura lieu le 2 octobre.
S'il faudra attendre les résultats des élections de septembre pour avoir une vue exacte des équilibres, les "pointages", pour l'heure, donnent l'avantage à M. Larcher. Ce bon vivant jovial et tout en rondeur - mais capable de "coups de gueule terribles", selon ses proches - est aussi un méthodique.
Il a visité chacun de ses collègues de l'UMP, pris le pouls des centristes, donné des assurances aux radicaux et n'a pas négligé de sonder l'opposition. Il a suivi avec attention les investitures, établi une grille département par département des gains et pertes possibles pour l'UMP et ses alliés, et commencé à établir des contacts avec les futurs candidats.
Du travail de sénateur, et il sait faire !
Comme à l'habitude dans cette maison, les attaques ne sont jamais frontales, les affrontements se mènent à distance, à coups de rumeurs et de propos rapportés. Le sénateur des Yvelines s'amuse des échos "spontanés" parus dans la presse le présentant comme un possible "premier ministrable". Un poste qui ne se refuse pas et une hypothèse destinée à le faire réfléchir avant de se lancer à l'assaut de la présidence du Sénat.
"ABRI DÉMOCRATIQUE" - Le maire de Rambouillet est entré au Palais du Luxembourg en 1986, à 37 ans. Il l'a quitté en 2004 pour rejoindre le gouvernement de... M. Raffarin, puis rester avec Dominique de Villepin.
Non retenu dans le gouvernement de François Fillon, il a retrouvé son siège en 2007 et commencé à préparer le terrain pour sa candidature.
Se revendiquant des valeurs du "gaullisme social" et de la "laïcité", M. Larcher travaille à développer son projet. Sa première "tête de chapitre" : "Faire en sorte que le Sénat ne devienne pas un clone de l'Assemblée nationale." "C'est le seul lieu qui ne dépende pas de l'élection présidentielle, insiste-t-il. C'est celui où peut s'affirmer une certaine altérité. Les sénateurs attendent que leur président puisse exprimer une parole politique forte, ce qui n'est pas le cas actuellement."
Aussi entend-il "défendre la liberté (du Sénat) de légiférer". Cette volonté d'"indépendance" du Sénat s'est manifestée lors de la discussion du projet de réforme des institutions. Les sénateurs de la majorité n'ont pas hésité, à plusieurs reprises, à aller à l'encontre des souhaits de l'exécutif. "La fidélité à un gouvernement reflétant la majorité sénatoriale est un devoir politique. Cela n'implique nullement l'aveuglement dans le soutien ni la soumission aux choix ministériels", note M. Larcher.
Observant l'évolution de la situation politique, il n'écarte pas l'éventualité de "brusques pulsions". "Le Sénat doit être en mesure de rester un point fixe de solidité en cas de crise, estime-t-il. Il se doit d'être cet "abri démocratique" des temps de tempête."
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