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vendredi 13 novembre 2009

Evaluation d'un bilan après deux ans et demi d'action effrénée

Challenges 12 Novembre 2009

Le demi-bilan de l'hyperprésident

Volontarisme, dynamisme... D'aussi belles intentions et quelques résultats ne masquent pas la confusion réformiste de Nicolas Sarkozy. A mi-mandat, sa majorité est déboussolée et la société inquiète.

A l'heure des premiers comptes, la tension monte. «La France a retrouvé sa place dans le monde... Les réformes, je les ferai toutes. Toutes, tu m'entends ! Toutes. Contrairement à mes prédécesseurs. Je mènerai tous mes projets à terme !»

Devant un interlocuteur médusé, à grand renfort de gestes, Nicolas Sarkozy fait un long plaidoyer pro domo, comme si la fougue et le volontarisme affichés pouvaient conjurer les critiques, les inquiétudes ou les doutes.

Car à l'abord de la date symbolique du mi-mandat, le président de la République traverse une zone de fortes turbulences. Les «affaires» - Mitterrand, Clearstream, Jean Sarkozy - ont semé le trouble jusque dans sa majorité.

La réforme des collectivités territoriales et de la taxe professionnelle soulève plus d'inquiétudes que d'espoirs. L'instauration d'une taxe carbone, en pleine récession, exaspère les contribuables. Le chômage toujours en hausse, le creusement des déficits inquiètent et laissent présager une augmentation des prélèvements. Le lancement d'un débat sur les valeurs nationales, loin de provoquer un sursaut unitaire, suscite polémiques et controverses.

Un beau désordre. Qui occulte toute réflexion sereine sur l'évaluation du bilan de Nicolas Sarkozy après deux ans et demi d'action effrénée. A-t-il tenu ses promesses ? La France a-t-elle changé ? A-t-elle mieux résisté à la crise que ses voisins ?

Au-delà de la personnalité du chef de l'Etat, qui irrite, de ses méthodes, qui choquent, qu'en est-il de son action ?
Dans une note interne de six pages intitulée «Deux ans et demi de changement», rédigée par les conseillers de l'Elysée à l'occasion de cette date anniversaire, il est écrit : «Face à la crise économique la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement français a répondu présent.» Sauvetage des banques, médiation du crédit, plan de relance, mesures pour accompagner les chômeurs...

Réformes édulcorées
La France est effectivement un des pays industrialisés qui s'en sort le mieux. Avec une prévision de -2,2% pour le PIB en 2009, contre -2,5% aux Etats-Unis, -4,9% en Allemagne ou -4,4% au Royaume-Uni. Même si c'est au prix d'un fort déficit, même si cette résistance n'est pas uniquement due à l'action gouvernementale mais à la structure de l'économie française, Nicolas Sarkozy s'est révélé un bon chef de guerre en ces temps d'incertitudes. D'autant plus qu'il a également réagi de manière vigoureuse sur le plan international en s'efforçant de faire émerger de nouvelles réglementations (lire page 56).

D'ailleurs, le 14 septembre, selon BVA, 52% des Français jugeaient que Nicolas Sarkozy a bien géré la situation de crise.
En revanche, sur le long terme, son action suscite critiques et déceptions. Même au sein de son propre camp. On dénonce des réformes trop édulcorées, un manque de lisibilité, l'absence de résultats, une action trop pusillanime. Notamment dans le domaine de la réforme de l'Etat (lire page 58).

Du coup, ministres et dirigeants de la majorité ont du mal à résumer d'un mot la principale vertu du sarkozysme, hormis le dynamisme. A nommer le changement essentiel. Pour les uns, c'est le service minimum dans les transports; pour d'autres, la réforme de la carte judiciaire ou l'autonomie des universités. Mais aucune de ces réformes ne paraît achevée. A l'arrivée : une litanie de petits plus qui s'additionnent mais ne font pas rupture. Personne n'ose affirmer que le RSA, le Pôle emploi ou les heures sup vont bouleverser l'économie française.

«Il est vrai que nous avons fait beaucoup de choses, commente de sa voix posée le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant. Du coup, il est plus difficile d'identifier le changement. Ce n'est pas comme si nous nous étions contentés d'une mesure-phare dont les Français se seraient imprégnés.» Et pour donner de la cohérence à l'action du président, perçue comme brouillonne, il explique que l'essentiel de sa politique a consisté à renforcer la compétitivité de l'économie, à consolider son industrie et à récompenser le travail : fin du plafond d'heures sup qui annihile l'effet 35 heures, création du RSA, diminution des prélèvements, suppression de la taxe professionnelle, autonomie des universités, efforts en faveur de la recherche, meilleur accompagnement des chômeurs, réforme de la formation professionnelle, renforcement de l'alternance, création du Pôle emploi, du Fonds stratégique d'investissement (FSI), suppression de 100 000 fonctionnaires en trois ans, réforme des armées... Pas suffisant ?

Si l'on remet en perspective l'essentiel de l'action du chef de l'Etat, il apparaît qu'il a été le meilleur agent des entrepreneurs, qui le plébiscitent (lire page 60). Hervé Novelli, secrétaire d'Etat aux PME, représentant de l'aile libérale, est aux anges : «Nous sommes allés à la limite de la faisabilité politique. Sur le plan économique, beaucoup de choses ont été réalisées : autoentreprise, crédit d'impôt recherche, baisse du coût des brevets, lutte contre la contrefaçon, autonomie des universités...» «Nicolas Sarkozy n'est pas un idéologue. Mais il voit où il faut entraîner le pays, il choisit les bons outils, s'enthousiasme le secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez. Je prends un exemple. Avec Chirac, il fallait se battre pour réduire notre représentation en Mongolie. Sarkozy, lui, a tout de suite tranché : il faut tout concentrer sur des têtes de pont, Brésil, Inde, Egypte.»

Certes, la cote de popularité du chef de l'Etat s'érode - 6 points de moins dans le dernier sondage Ifop -, mais c'est essentiellement dû aux affaires récentes. Et 83% des sympathisants de droite jugent positif son bilan de mi-mandat dans le sondage BVA d'octobre. Ce qui fait dire à Jean-Luc Parodi, directeur de recherche à la Fondation nationale des sciences politiques, que, compte tenu du climat, «cela aurait pu être pire». Comme si les Français étaient partagés entre l'agacement provoqué par le style Sarkozy, le sentiment d'injustice et le constat que la France ne s'en sort pas si mal. Surtout, personne n'offre d'alternative.

Déficits inquiétants
Mais c'est l'ampleur des déficits et de la dette qui provoque le plus d'inquiétude dans la majorité. En privé, Philippe Séguin, président de la Cour des comptes, se dit horrifié par l'état des comptes publics.

Or ce problème ne fait l'objet d'aucune réflexion publique. Le chef de l'Etat, si prompt à commander des rapports, s'est exonéré de tout débat sur ce sujet. Se contentant de marteler que «les plans de rigueur ont tous échoué». Il s'évertue même à répéter qu'il n'augmentera pas les impôts. Et c'est la gauche qui plaide pour plus de rigueur. «Il est un peu léger sur la question de la dette, des déficits et, plus largement, des finances publiques», clame la socialiste Martine Aubry.

Claude Guéant se veut rassurant : «Avec la crise, la France a perdu 57 milliards d'euros de recettes. La dégradation des comptes publics est imputable pour les trois quarts à la baisse conjoncturelle des recettes liées à la crise. La dépense est tenue. Et nous continuons à supprimer un fonctionnaire sur deux.» Le retour de la croissance suffira-t-il donc à régler l'addition ? Selon un sondage Ifop pour Le Cri du contribuable, 83% des Français se disent inquiets de la dette. Neuf sur dix réclament la baisse des dépenses de l'Etat et des collectivités ! Et cette promesse-là n'a pas été tenue. Or il n'y aura pas de redressement sans assainissement.

L'inventaire ouvert des réformes

Armée, restructuration. Audiovisuel extérieur public. Autoentreprise.Autonomie des universités.Bouclier fiscal. Brevets. Carte électorale. Carte hospitalière.carte judiciaire. Carte scolaire.Collectivités locales. Constitution.Contrat de travail. Contrefaçon.Défiscalisation du salaire des étudiants. Droits de succession. Fusions : de la direction générale des impôts et de la direction générale de la comptabilité publique.Des services de renseignements. Grand Paris. Grande distribution : loi LME. Gratuité des musées. Grenelle de l'environnement. Hadopi, sanctions contre le téléchargement. Heures supplémentaires. Hôpitaux : création d'agences régionales de santé. Immigration : instauration de quotas. IUFM : suppression. Jeux en ligne. Juges d'instruction : suppression. Lycée. Niches fiscales. OGM. Ouverture des magasins le dimanche. Parachutes dorés. Peines planchers pour les récidivistes. Plan espoir banlieues. Plan pour la presse, plan PME. Pôle emploi. Ports, réforme du statut. La Poste, changement de statut. Prépas dans les banlieues.Recherche, crédits d'impôt. Référendum d'initiative populaire. Régimes spéciaux. Représentation syndicale. Rétention de sûreté. Révision générale des politiques publiques (RGPP). Revenu de solidarité active (RSA). Sécurité sociale professionnelle.Service minimum dans les transports. Taxe carbone.Taxe professionnelle. Télévision, suppression de la publicité sur les chaînes publiques. TVA, baisse dans la restauration. Taxis. Travail des seniors...

52% des Français

52% des Français jugent que Nicolas Sarkozy a bien géré la situation de crise. Sondage BVA-Les Echos (14 septembre 2009).

40% des Français

40% considèrent que son bilan est positif. Sondage-Viavoice-Libération (14 septembre 2009).

Ghislaine Ottenheimer

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mardi 10 novembre 2009

A mi-mandat, qu’est donc vraiment le "sarkozysme" ?

Le Vrai Débat - 09/11/09

Profitons d’être arrivés à mi-mandat du président de la République pour faire un point sur le sarkozysme.

Qu’entend-on vraiment par "sarkozysme" ? Que recouvre cet exercice du pouvoir apparemment rejeté par une majorité de Français, d’après les derniers sondages, mais qui conserve, on le constate chaque jour, un attrait suffisamment fort pour continuer à en berner beaucoup ?

Le sarkozysme n’est pas d’abord une politique.Ce n’est pas ce qui le caractérise le mieux, et ce n’est donc pas par là qu’on parviendra le plus aisément à l’atteindre au coeur.
Est-ce à dire que le sarkozysme n’a pas de consistance idéologique ? Bien sûr que non. Le sarkozysme est très cohérent. Il vise à adapter la France, dans ses structures économiques et sociales, dans ses principes politiques, dans sa chair, au projet libéral-mondialiste. Union européenne antidémocratique, destruction des services publics et de l’Etat, affaiblissement des principes républicains comme la laïcité et l’égalité, destruction de la cohésion nationale par le communautarisme et la discrimination positive, tout concourt à mener une politique de renoncement à la France et à nos idéaux. Toutes les mesures s’articulent les unes avec les autres, rien n’est laissé au hasard. Le corpus idéologique du sarkozysme, s’il se cache derrière un prétendu pragmatisme, est en réalité solide et implacable.

Mais le sarkozysme n’est pas d’abord une politique parce que ce corpus idéologique est au pouvoir depuis 30 ans. Depuis l’arrivée de Valéry Giscard d’Estaing en effet, la France va toujours dans la même direction. Qu’ils aient été de gauche ou de droite, les gouvernements successifs ont imposé cette voie au pays, entretenant pour cela l’illusion d’un débat factice entre une gauche et une droite pareillement compromises et passant outre quand il le fallait la résistance du peuple normalement souverain (à cet égard, c’est au sujet de l’Union européenne, incroyable accélérateur de mondialisation, que les atteintes à la démocratie ont été les plus nombreuses).

Le sarkozysme a sûrement accéléré le mouvement, mais il n’a pas innové du point de vue de la doctrine. Il n’y a qu’en matière de politique étrangère qu’il a assumé de tourner franchement la page du gaullisme et de l’indépendance nationale en choisissant l’alignement systématique sur les Etats-Unis. En réalité, même si l’épisode du non à la guerre en Irak en 2003 l’avait un temps masqué, cet alignement était en cours depuis des décennies déjà.

Si ce n’est une politique, qu’est donc le sarkozysme ?
Nous pensons qu’il s’agit avant tout d’une façon de gouverner, d’un contenant plus que d’un contenu. Et un mot résume parfaitement ce contenant : enfumage.

Plus que jamais en effet, le pouvoir depuis l’élection de Nicolas Sarkozy ment, manipule et trompe les citoyens. La campagne du candidat de l’UMP avait déjà donné le ton : désormais le pouvoir ne s’astreindrait plus au moindre devoir de vérité. L’objectif sera de faire durer l’illusion, et pour cela tous les moyens seront bons.

Entendons-nous bien, nous ne disons pas que nous sommes passés un beau jour de 2007 de la Vérité au Mensonge. Le mensonge fait partie de la politique, et il gangrénait déjà largement le débat avant l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy.
Ce que nous disons, c’est que sous la présidence Sarkozy, le mensonge et la manipulation ont été industrialisés, professionnalisés à un point tel qu’il est aujourd’hui extrêmement difficile, sur la plupart des sujets, de démêler le vrai du faux.

Sur l’insécurité et l’immigration par exemple, le gouvernement entretient en permanence le sentiment de l’action et de la fermeté.
Tous les 6 mois, et prioritairement les veilles d’élection, le débat est relancé. Une idée révolutionnaire apparaît, qui sera toujours sans lendemain. Mais peu importe, puisque la rapidité du passage d’un thème à l’autre dans l’agenda politique et médiatique tue la mémoire du citoyen. Hier les tests ADN, aujourd’hui le couvre-feu pour les mineurs délinquants, sans oublier l’opportun débat sur l’identité nationale.

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Mais pour tenir, le sarkozysme n’agit pas seul.
Il se fonde sur un astucieux montage en triangle
: la première extrémité est constituée du pouvoir, qui fixe l’agenda et la stratégie, la deuxième des médias, qui relaient complaisamment la communication gouvernementale et organisent les conditions d’un débat biaisé, la troisième des sondages qui structurent le débat et viennent à la rescousse du pouvoir quand celui-ci est menacé. Le rapport de la Cour des comptes de juillet dernier avait très bien mis au jour ce petit manège, en dévoilant les pratiques scandaleuses du triangle Elysée/Le Figaro/Opinionway.

C’est en expliquant les tenants et les aboutissants de ce système très bien rôdé qu’on agira vraiment efficacement, et durablement, contre le sarkozysme.On ne tuera vraiment la bête que lorsqu’elle sera transparente pour tout le monde, et qu’il ne lui sera donc plus possible de tromper.

Alors seulement les conditions d’un vrai débat, prélude à une vraie alternative politique, seront réunies. Alors seulement la démocratie pourra jouer son rôle et mener la France et les Français vers un destin qu’ils auront réellement choisi.


Sur la crise, la même technique a été utilisée. Nicolas Sarkozy est dans l’action, il est à l’origine des G20, il a conduit avec panache la présidence de l’Union européenne en 2008 et a su sortir la France des griffes de la récession. Il serait très dur avec les patrons voyous, les banquiers pourris, et les paradis fiscaux.
Tout cela est parfaitement faux bien sûr, Sarkozy est systématiquement marginalisé lors des G20, rien n’a changé, les traders s’amusent plus que jamais, mais l’important est d’être parvenu à faire croire le contraire.

Sur l’Europe, la dernière campagne des élections au parlement fut un parfait exemple de cet enfumage généralisé : comme jamais, l’Europe fut critiquée, dénoncée à juste titre dans ce qu’elle bride les Etats nations et aggrave les effets de la mondialisation libérale. Même les partis réputés européistes y allaient de leur petit couplet sur l’Europe trop libérale, trop dogmatique, trop technocratique.
Dans les faits, tout ce petit monde poussait en catimini à l’adoption la plus rapide possible du Traité de Lisbonne, nouveau nom de la Constitution européenne, qui renforce plus que jamais, on s’en rendra compte bien assez vite, les dérives de l’Europe : encore plus de libéralisme, encore plus de libre-échange, encore moins de liberté pour les pays membres.

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L’implacable érosion de l’indignation

Agoravox - 14/10/09

Si tu t’écoutais deux minutes, tu passerais ta vie en Sarkoland ordinaire à éructer, vitupérer, gueuler, beugler, hurler ta colère et ton indignation permanentes. La constance de la saloperie ordinaire est telle que tu te pèterais une coronaire en moins de temps qu’il n’en faut pour remplir une cuvette de chiottes de toute la bile qu’un journal de Pernaut peut te faire remonter du gosier.

Le piège, c’est l’habituation. C’est quand la succession sans fin de cette information d’égout te submerge comme une immense chape d’amertume et de découragement, c’est quand tu as l’impression que toutes les bonnes volontés du monde ne parviendront jamais à endiguer ce flot constant et putride de corruption, de lâcheté, de soumission, de petites tractations d’arrière-boutique pour savoir quel scandale finira par faire la Une du cortège des indignés, à peine le temps de trois glapissements avant que la vague suivante ne t’enlise déjà dans ton dégout anesthésié. Du coup, tu prends du recul, de la hauteur, de la distanciation, tu montes sur ta montagne et tu contemples, l’œil rond et un peu lointain toute cette stérile agitation, tu laisses s’égrener le chapelet des petits scandales et des grandes indignités. Tu te dis qu’à moment donné, tu verras le schéma directeur émerger de toute cette mélasse, que tu choperas le bon angle d’attaque, que tu distingueras dans une grande fulgurance la cohérence de tout ce désordre et que tu pourras tranquillement redescendre parmi les tiens, les tables de la loi solidement calées sous le coude, ta grille de lecture ouvrira alors de nouvelles perspectives et le marasme accouchera d’une nouvelle lucidité sur nos temps troublés.

Hé bien non ! Ça continue à gesticuler dans tous les sens dans la vallée de larmes et grande est la tentation de définitivement tourner le dos à la constance de la médiocrité exponentielle d’un monde qui n’en finit plus de crever. Circulez ! y a plus rien à voir ! Tout ce qui était inimaginable, il y a seulement quelques années, est devenu banal, quotidien, normal. Le pays des droits de l’Homme transforme son semblable en bête traquée et chacun des complices passifs de cette énorme saloperie en un animal vil et peureux. À quel moment avons-nous cessé d’avoir les tripes tordues par la chasse au sous-homme, par le racisme le plus hideux, parce que clairement exprimé, parfaitement compris et absolument pas assumé, bien qu’étant la colonne vertébrale d’une politique globale de discrimination à la hache ? Discrimination totale et à tous les niveaux de la vie publique, entre ceux qui ont tous les droits et ceux qui héritent de tous les devoirs.

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Pour savoir plus ... lire le Point de vue : SOMMES NOUS DEJA A MOITIÉ " CUITS " ?

ou : LE PRINCIPE DE LA GRENOUILLE dans la marmite d’eau ( ou l’inconscience du changement ).

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samedi 7 novembre 2009

Collectivités locales - Pourquoi les élus locaux s'arrachent les cheveux

Ouest-France samedi 07 novembre 2009 

Les réformes de la taxe professionnelle et des collectivités locales iront à leur terme,même si elles sont recalées au Sénat. Tout simplement parce que l'Élysée le veut. (1 )

Malgré quelques améliorations, les élus locaux ont du souci à se faire. Plutôt favorables au principe de ces réformes, ils déplorent que l'on ait mis la charrue avant les boeufs, que l'on décide avant de simuler les conséquences, que l'on réforme les finances avant de définir les compétences. Depuis hier, une pétition circule. Le congrès des maires, dans dix jours, s'annonce très chaud. En voici quelques raisons.

Jusqu'à présent, les impôts communaux et intercommunaux sont supportés à 48 % par les ménages et à 52 % par les entreprises. Dans son scénario optimiste, la réforme de la TP fait passer à 68 % la part des ménages. Quand on allège les entreprises de plusieurs milliards, il faut bien que quelqu'un compense. Sauf à réduire drastiquement les budgets, la pilule sera difficile à faire avaler au moment des élections.

En soulageant les gros investisseurs, ce que tout le monde approuve, la réforme priverait les communes industrielles de recettes et encouragerait les élus à développer le résidentiel plutôt que l'entreprise. C'est pour cela que la gauche, notamment, veut ramener à 152 000 € de chiffre d'affaires (au lieu de 500 000 €) le seuil de contribution des entreprises sur la valeur ajoutée.

La réforme des collectivités, dans son souci de simplification du « millefeuille », supprime la « clause de compétence générale » des départements et des Régions. Traduction de ce libellé un brin techno : une petite collectivité qui ne peut financer que 20 % d'un projet (le reste étant assuré par le département et la Région) ne pourra pas le réaliser. Combien d'équipements n'auraient jamais vu le jour sans cette solidarité financière ? L'Association des maires de France, redoutant une paupérisation des territoires les moins peuplés, demande le maintien des financements croisés.

Rions un peu. La France compte 1 880 élus régionaux. Demain, il y aura 3 000 élus « territoriaux » au lieu des 6 000 conseillers généraux et régionaux actuels. C'est-à-dire qu'il faudra créer 1 120 fauteuils dans les assemblées régionales, cinquante par Région. Il va falloir agrandir, voire déménager, pendant que les hémicycles départementaux vont se retrouver surdimensionnés. Vous avez dit économies ?

Note : dans ce cas a quoi sert le Sénat ? si les citoyens doivent subir l'autoritarisme d'un seul homme !

jeudi 5 novembre 2009

Quand les citoyens surveillent les dépenses publiques avec Shovel Watch... une idée d'expérimentation en France ?

Publié par Jeff Mignon le 24 Mai 2009

Suivre la façon dont est dépensé l'argent de la collectivité. C'est l'un des deux projets que j'aurais aimé mettre en place en France et ce, comme suite au site Quelcandidat.com que nous avions réalisé avec Benoît Raphaël et l'équipe du quotidien régional français Le Dauphiné Libéré, pour les dernières élections présidentielles. L'autre projet étant de suivre les promesses des hommes et partis politiques. Je ne renonce pas à l'idée mais le temps me manque.

Aux États-Unis, un site de ce type a été lancé. Son nom : Shovel Watch. Son but : vérifier l'utilisation des 27 milliards de dollars du American Recovery and Reinvestment Act of 2009 dont le but est de permettre la reconstruction des routes et infrastructures des États-Unis. Qui fait le suivi : les citoyens.


Comment ça marche ? Vous choisissez votre État, puis votre projet et envoyez vos coordonnées. Ensuite, on vous explique comment procéder pour obtenir des informations sur le projet que vous avez choisi et en faire le suivi.


L'initiative est une enquête "non-profit" comme on dit par ici. Elle a été lancée par : ProPublica, The Takeaway, WNYC (radio) avec différentes aides dont celles de la Rockefeller Foundation.


Augmenter la transparence dans la façon dont sont dépensés les fonds publics, en commençant par exemple par les collectivités locales, ne peut pas faire de mal. Pourquoi ne pas essayer de lancer pareille initiative dans les pays francophones, en commençant par la France avec la presse régionale et des sites comme Rue89, Slate et Médiapart?

On parle de la nécessité d'un laboratoire pour les médias. Voilà une idée simple qui pourrait être la première étape d'un travail d'expérimentation en commun. Vous en dites quoi ?

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La dette publique de la France a augmenté de 61,1 milliards d'euros au deuxième trimestre 2009 pour atteindre le nouveau record de 1 428 milliards, soit 73,9 % du produit intérieur brut (PIB), selon les données publiées mercredi par l'Insee. Le Monde - 30 septembre 2009

DettePubliqueFrancaise

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mardi 3 novembre 2009

SERVICE PUBLIC - Sénat : Réforme de La Poste : examen chahuté

Réforme de La Poste : examen chahuté au Sénat

NOUVELOBS. | 03.11.2009 | 12:09

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L'opposition a retardé l'examen du texte au Sénat. 400 personnes, dont Martine Aubry et l'ancien résistant Raymond Aubrac, ont également participé à une "happy hour citoyenne" contre la "privatisation" de La Poste.

Il n'y aura "pas un euro de capitaux privés au capital de La Poste", a assuré le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, en défendant lundi 2 novembre au soir devant le Sénat le projet de loi controversé réformant le statut de La Poste. L'examen du texte, que l'opposition avait fait retarder lundi après-midi en multipliant les prises de parole sur un texte précédent, a finalement débuté peu après 22h00 dans une ambiance agitée, l'opposition continuant à multiplier des rappels au règlement. "Ceux qui parlent de privatisation se trompent de combat ! Le capital de La Poste sera intégralement détenu par l'Etat et par des personnes de droit public", a lancé le ministre.

Un amendement en forme de garantie ?
"Ce projet de loi a pour objectif d'apporter à La Poste les moyens financiers de son développement - 2,7 milliards d'euros-" pour répondre "à deux défis majeurs" que sont "l'ouverture à la concurrence au 1er janvier 2011" et "la montée en puissance d'internet", a-t-il poursuivi.

Il a souligné que son texte "sanctuarise les quatre missions de service public de La Poste" que sont "le service universel postal, l'aménagement du territoire, le transport de la presse et l'accessibilité bancaire". "Mais avant de donner ces moyens financiers, il faut passer par la case changement de statut", a-t-il avancé, observant que "c'est un projet demandé par ses dirigeants (de La Poste) au départ".

Il a confirmé qu'il soutiendrait un amendement du sénateur Bruno Retailleau (Non inscrit, Vendée) visant à indiquer que La Poste est "un service public à caractère national" "et que de ce fait elle n'est pas privatisable en application du Préambule de la Constitution de 1946".

Il a dénoncé "la logique politicienne" de la gauche qui présente "des amendements d'obstruction". La présidente du groupe communiste, Nicole Borvo Cohen-Seat a aussitôt répliquée dans un rappel au règlement assurant que cet amendement "ne garantit rien du tout".

"Injustice"

Plus tôt, quelque 400 personnes, dont la première secrétaire du PS Martine Aubry, l'ancien résistant Raymond Aubrac, et des sénateurs de l'opposition ont participé près du Sénat à une "happy hour citoyenne" contre la "privatisation" de La Poste. Etaient également présents le porte-parole du PS Benoît Hamon, l'eurodéputé PS Harlem Désir, la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, la sénatrice-maire Verts de Montreuil Dominique Voynet, Pierre Laurent, membre de la direction du PCF, et le secrétaire national du PS chargé des services publics Razzy Hammadi.

"Le projet (de changement de statut de La Poste) est une injustice", a déclaré Raymond Aubrac. "Je ne peux pas croire que des élus de la République s'engagent dans une telle aventure", a-t-il ajouté.

Le sénateur Jean-Pierre Bel, chef de file des sénateurs PS, a dénoncé "une politique d'injustice qui se poursuit". Après avoir rappelé le précédent de GDF, il a déclaré: "si demain La Poste est privatisée, ce sera l'inéquité des territoires et des Français".

Le projet transforme La Poste actuellement établissement public industriel et commercial en société anonyme à capitaux public dès début 2010. Ce changement de statut permettra un apport en fonds propres de 2,7 milliards d'euros (1,2 milliard à la charge de l'Etat, 1,5 milliard venant de la Caisse des dépôts). Pour les syndicats et la gauche, qui citent le précédent France Telecom, c'est la porte ouverte à une future privatisation.

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Serge Potelli magistrat - Débat sur l'identité nationale : " l'extrême-droite comme si vous y étiez "

NOUVELOBS. | 03.11.2009 | 12:17 Extraits

"Voici la réalité de la politique nauséabonde" du gouvernement :

"utiliser la souffrance d’êtres humains pour asseoir son pouvoir aujourd’hui et le conserver demain."

Sur le blog du magistrat Serge Portelli.

Que le combat pour la démocratie passe d’abord par les mots; qu’il faille, inlassablement, mener cette lutte, dérisoire, dirait-on, pour conserver son sens au langage que nous partageons et leur réalité à ces valeurs que nous défendons: les jours sombres que nous traversons et qui nous attendent nous rappellent à ce devoir essentiel. Avant de brûler les livres on commence toujours par brûler les mots.

….

Le sarkozysme n’est pas la droite classique.

Son dictionnaire ordinaire emprunte de plus en plus au langage de l’extrême droite et ce langage - qui s’impose insidieusement grâce à l’empire et l’emprise médiatique du système - nous habitue progressivement au pire.

….

Eric Besson, lui, avec le zèle touchant des ultimes convertis, tentant de faire oublier ses anciennes et virulentes dénonciations du sarkozysme, avoue sans pudeur qu’en exécution des consignes du président de la République, il cherche à récupérer les voix de l’extrême-droite. Il veut, dit-il, “la mort” du Front National. La paradoxe est que cet homme qui se disait de gauche et se dit à présent de droite, patauge dorénavant non seulement dans les idées mais les pratiques de l’extrême droite.

Cessons de mêler le mot “France”, les couleurs du drapeau ou le chant d’un hymne de liberté, à ce qui fait chaque jour notre honte et notre souffrance. Si débat il doit y avoir, qu’il soit sur les valeurs de notre démocratie, sur le glissement progressif vers un Etat-limite dans lequel l’appareil d’Etat est mis au service d’une idéologie mortelle pour nos libertés.


> Lire plus sur le blog de Serge Portelli

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Le faux débat sur l’identité nationale

France Info – 02/11/09

Le débat sur l’identité nationale voulu par Eric Besson s’ouvre officiellement aujourd’hui. Mais les préfectures qui sont chargées de l’organiser ne sont pas prêtes. La gauche accuse le ministre de l’Intégration et de l’Identité nationale de vouloir faire diversion, à moins de six mois des régionales. L’extrême droite demande la tenue d’un véritable "Grenelle" sur le sujet, alors que la contestation atteint les rangs de la droite.

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« Qu’est-ce-qu’être Français aujourd’hui ? » et « Quel est l’apport de l’immigration à l’identité nationale ? ». Ce sont les deux questions auxquelles devra répondre le débat qui s’ouvre aujourd’hui sur l’identité nationale, notamment sur un site internet dédié. Un « vaste débat » dont l’organisation avait été annoncée par le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale Eric Besson le 25 octobre.

L’organisation du débat en attente

Il revient aux 100 préfectures et aux 350 sous-préfectures de l’organiser avec les « forces vives de la nation » : associations, enseignants, syndicats, chefs d’entreprise, élus, etc. Le débat "s’achèvera avant le 28 février", a précisé Eric Besson qui s’est chargé d’en dresser une « synthèse générale » par la suite. Seul problème : les préfectures et les sous-préfectures ne sont pas encore informées. La circulaire ministérielle devrait arriver aujourd’hui dans la journée.

Une diversion électoraliste pour le PS

Reste que le débat, ou plutôt la polémique, a déjà commencé dans les médias. Le Parti socialiste dénonce une diversion électoraliste, à quelques mois des régionales. « La ficelle est un peu grosse » appuie Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS. L’opposition voit dans ce débat une façon pour le gouvernement de détourner l’attention en pleine crise économique et de remobiliser une partie de son électorat. Le gouvernement, confronté à « une série de scandales politiques », « tente de reprendre la main sur une partie de la frange dure de son électorat », via une « pauvre opération de communication politique » a assené dimanche le porte-parole du PS Benoît Hamon.

De son côté, Ségolène Royal a également dénoncé « l’opération de diversion » mais elle considère cependant que « ce débat est un vrai débat ».

Marine Le Pen s’est empressée de réclamer une entrevue avec Nicolas Sarkozy et un « Grenelle de l’identité nationale » . Et elle attend toujours une réponse en personne de la part du président de la République.

A droite, plusieurs personnalités politiques ont apporté leur soutien à Eric Besson. « La défense de notre modèle culturel et de la ’Douce France’ chantée par Charles Trenet, passe par la redéfinition de notre identité nationale », a ainsi expliqué Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP. Le parti majoritaire estime qu’il serait d’ailleurs dangereux de laisser ce thème au Front national. _ Mais quelques dissonances se font entendre à droite.
Alain Juppé s’interroge sur la pertinence de relancer ce débat qualifié de « très risqué » par Christine Boutin, la présidente du Parti chrétien démocrate.

Connaître la diversité

Mohamed Douhane est lieutenant de police et militant à Synergie Officiers CFE-CGC. Dans VSD (16.10.2009), il dénonce «le faux consensus français sur l’immigration». Il plaide «pour qu’on dispose de statistiques intégrant la diversité. La loi, aujourd’hui, interdit de prendre en compte les éléments ethniques et religieux mais, comme disait Albert Camus, «mal nommer les choses, c’est contribuer au malheur de l’humanité».»
www.synergie-officiers.com

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lundi 2 novembre 2009

Débat bidon

Lu dans "La Décroissance" N) 64 - novembre 2009

"L'Etat organise un débat public national autour du développement et de la régulation des nanotechnologies". Il se déroulera du 15 octobre au 24 février.

Traduction : Le gouvernement organise un débat bidon pour faire avaliser par la population des décisions déjà prises pour une technologie dangereuse et inutile mais qui rapporte gros à ses promoteurs. Le jour où, comme l'amiante, on découvrira ses effets et ses dangers, le gouvernement pourra s'abriter derrière cette parodie de consultation.Comme le dit justement le collectif des dissidents Pièces et Main d'oeuvre : "Participer, c'est accepter".

www.piecesetmaindoeuvre.com

nanotechnologies

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lundi 26 octobre 2009

Epad (fin provisoire du feuilleton) Pourquoi Jean Sarkozy a renoncé à briguer la présidence de l’EPAD

LE MONDE | 23.10.09 |

Par Raphaëlle Bacqué, Béatrice Jérôme, Arnaud Leparmentier et Patrick Roger 

Sondages remous dans l’électorat de droite et crainte d’une remontée du FN ont fait plier le fils du président.

Il a fallu cinq jours pour les décider. Cinq jours pour intégrer que la réprobation suscitée, jusque dans l'électorat de droite, par la candidature de Jean Sarkozy, 23 ans, sans diplôme, à la tête de l'Etablissement public de la Défense (EPAD), ne se calmerait pas si facilement. Cinq jours pour que Nicolas Sarkozy envisage de renoncer. Et que son fils Jean, soucieux, disait-il, de "ne pas gêner papa", se décide à jeter l'éponge, en direct sur le plateau du journal de 20 heures de France 2.

Le chef de l'Etat et son fils ont commencé à vraiment s'inquiéter dimanche 18 octobre. Ce jour-là, Nicolas et Jean Sarkozy se retrouvent autour d'un déjeuner. Le père et le fils avaient évoqué, avant l'été, la polémique que pourrait susciter la candidature de Jean Sarkozy à la tête de l'EPAD. Mais cet orage-là… ils ne l'avaient pas imaginé.

Le président de la République n'ignore rien de ce qu'écrit la presse depuis dix jours. La cellule élyséenne qui relève quotidiennement les "buzz" a rapporté que les radios croulent sous les appels d'auditeurs choqués.

Le courrier des lecteurs du Figaro est lui aussi submergé de lettres outrées. Le conseil général des Hauts-de-Seine a par ailleurs alerté l'Elysée sur un phénomène jamais vu dans cette assemblée: près de deux cents journalistes, "dont des équipes de télévision de la presse russe et chinoise", se sont accrédités pour suivre, vendredi 23 octobre, le vote qui doit propulser Jean Sarkozy comme administrateur de l'EPAD, première étape de sa candidature à la présidence de la Défense. Il va donc falloir se décider avant vendredi.

Lors des réunions du matin, autour de Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée, bien conscient des effets désastreux de la polémique, répète cependant aux conseillers: "On tient bon. On continue." Mercredi 21 octobre, une nouvelle réunion est cependant organisée à l'Elysée. Cette fois, ont pris place autour du président de la République et de Jean Sarkozy, le secrétaire général Claude Guéant, le conseiller opinion du président Patrick Buisson, le conseiller en communication de l'Elysée, Franck Louvrier, et le publicitaire Christophe Lambert que le chef de l'Etat a dépêché auprès de son fils dès les premières secousses. Cette fois, ce n'est plus seulement la presse qui est évoquée. Mais l'électorat de droite.

Dans toutes les enquêtes commandées par l'Elysée, la candidature de Jean Sarkozy est un sujet majeur de mécontentement parmi les électeurs UMP. Patrick Buisson, qui fût l'artisan de la stratégie de siphonnage de l'électorat d'extrême droite, en 2007, note par ailleurs une inquiétante remontée du Front national. La polémique lancée par Marine Le Pen sur Frédéric Mitterrand a exaspéré. L'élection annoncée de Jean Sarkozy est prise comme un retour des faveurs et des prébendes.

Ces enquêtes ne font cependant que confirmer ce que les parlementaires font remonter de leurs circonscriptions depuis dix jours. Le 13 octobre, lors de la réunion du groupe UMP, à l'Assemblée, Jean-François Copé a coupé court au mécontentement des députés.

Mais le même jour, le président du groupe UMP au Sénat, Gérard Longuet a préféré laisser les sénateurs s'exprimer, tant le "malaise" était manifeste. Un mot est revenu: "Indéfendable". Longuet, qui a accompagné Nicolas Sarkozy à Gandrange, jeudi 15 octobre, puis à Saint-Dizier, mardi 20, lui en a glissé quelques mots en tête à tête.

Au sortir de la réunion, ce mercredi, le choix de Jean Sarkozy n'est pourtant pas complètement arrêté. Nicolas Sarkozy, surtout, par orgueil politique autant que par affection paternelle, se refuse à obliger son fils à se retirer. "Je soutiendrai ta décision quelle qu'elle soit", lui a-t-il dit. Parmi les conseillers de Jean Sarkozy, personne ne sait très bien sur quel pied danser. Une interview au Monde est calée pour jeudi 22 octobre.

ENTRETIEN ANNULÉ POUR DES "RAISONS PERSONNELLES" 

Jean Sarkozy, pourtant, est très ébranlé. Les caricatures dans la presse l'ont blessé. Il a détesté les éditoriaux qui le présentaient en "fils de", les portraits qui le montrent si bien encadré par l'Elysée, les articles expliquant que les alliés de son père n'osent plus parler au président parce qu'"il n'écoute plus rien".

On lui a rapporté qu'au cœur même du procès Clearstream, l'avocat du jeune stagiaire Florian Bourges a fait rire la salle lâchant dans sa plaidoirie: "Il a 23 ans, il n'a pas fini ses études, il est immature… avez-vous dit, monsieur le procureur. Je trouve que c'est une conclusion audacieuse de votre part ! Enfin, pour ce qui est de Florian Bourges, c'est vrai!"

Jeudi, un éditorial du New York Times explique encore: "Le jeune Sarkozy n'est tout simplement pas le candidat approprié pour le poste." Jeudi 22octobre au matin, après une dernière conversation avec son père, Jean Sarkozy décide de renoncer. En réunion de cabinet, à l'Elysée, le sujet n'est même pas abordé par un Claude Guéant devenu laconique. Quelques minutes avant le rendez-vous prévu avec Le Monde, le jeune conseiller général annule son entretien, pour des "raisons personnelles" mais promet une entrevue après 19 heures… qui sera définitivement annulée en fin d'après-midi.

Très rares sont les proches du jeune conseiller général mis dans la confidence. Pas même Isabelle Balkany ou Thierry Solère ne sont informés. Ils ne l'apprendront qu'en fin d'après-midi.

Vers 19h15, Jean Sarkozy arrive avec son épouse Jessica, enceinte de six mois et son conseiller Christophe Lambert dans les studios de France 2.

Il a téléphoné quelques instants auparavant à son parrain Brice Hortefeux, invité le soir même de l'émission A vous de juger, pour le prévenir. A 20heures, il se lance: "Je serai candidat au poste d'administrateur de l'EPAD, mais si je suis élu je ne briguerai pas la présidence." Il explique avoir entendu "beaucoup d'excès, de caricatures, d'outrances" avant de reconnaitre: "Et puis, il y a aussi du vrai." Le ton, le timbre font irrésistiblement penser à son père.

Sur le fond, il cherche cependant à protéger le chef de l'Etat, assurant: "Est-ce que j'en ai parlé au président? Non. Est-ce que j'en ai parlé à mon père? Oui." A l'Elysée, où l'on a suivi la prestation, chacun respire. Les amis, les alliés qui téléphonent Nicolas Sarkozy l'entendent dire: "Jean a pris la bonne décision." "Pour son père, voir son fils ainsi attaqué était devenu insupportable", confie un intime du chef de l'Etat. Surtout, le président avait fini par comprendre que l'image de son fils, comme la sienne, serait durablement abimée.

Dès jeudi soir, la droite s'est affirmée soulagée. "Il était important de ménager l'avenir de Jean, explique Xavier Bertrand. "Il s'est libéré d'une pression monstrueuse, assure désormais Isabelle Balkany. "Il a pris date pour la suite, dit-elle. Jean Sarkozy n'a pas dit qu'il ne serait pas candidat en 2011 à la présidence du conseil général."

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