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lundi 25 août 2008

Poètes, vos papiers

Libération lundi 25 août 2008 - Adeline Hazan secrétaire nationale du PS aux droits de l’homme, maire de Reims et sarah Ouaja-Ok adjointe au maire de Reims chargée de la culture.

Léo Ferré nous interpellait déjà en 1970, quant aux dangers d’empêcher la circulation des idées et de leurs créateurs : les artistes. La culture présente une dimension particulière, celle d’être fondée sur des valeurs, et non sur des intérêts, à la différence d’autres sphères comme l’économie. Ce qui fonde l’art, c’est une autre interprétation du monde : une façon de le dire et de le voir. L’idée même de culture se retrouve au cœur d’un enjeu essentiel de nos sociétés : tenter de dire l’homme tel qu’il est à travers ce qu’il pense, dit, fait, invente… crée.

Les festivals d’été restent toujours un moment privilégié pour découvrir des formes artistiques dans leur diversité, ce sont aussi des moments d’incandescence où un problème latent se révèle dans toute sa force, comme en 2003 où la mise à mal du régime intermittent avait entraîné l’annulation de la quasi-totalité des festivals. Aujourd’hui, le secteur culturel est touché de plein fouet par une mesure phare du gouvernement Sarkozy : la difficulté - souvent l’impossibilité - d’obtenir des visas pour des artistes étrangers invités à venir se produire en France.

Après la tournée de Konono n° 1, ce fut celle du groupe Kasai All Stars que l’on a dû annuler en raison des difficultés d’octroi de visas. Malgré l’appui des producteurs, des promoteurs, des médias, après plusieurs mois de lutte pour obtenir des visas pour l’espace Schengen et le Royaume-Uni, les tournées congolaises prometteuses ont dû être annulées.

Depuis janvier, les membres de Konono n° 1 demandaient de nouveaux passeports. Le gouvernement congolais n’en délivrait plus. Les artistes ont finalement réussi à obtenir des passeports diplomatiques par le ministère de la Culture congolais. Mais la France les a refusés.

Kasai All Stars avait demandé des visas pour l’espace Schengen en avril, accordés quatre jours avant leur départ en Europe. Ce retard a eu pour effet le doublement des frais de déplacement. Les ambassades britanniques en Europe ne délivrant pas de visas aux non-résidents de l’Union européenne, Kasai All Stars n’a pas pu jouer au festival World of Music Arts and Dance.

Les dépenses supplémentaires investies dans ces problèmes de visas ont largement dépassé les prévisions de dépenses, et ont rendu les tournées impossibles à assumer. Cette politique met les producteurs de ces artistes dans une situation financière difficile. Mais cette politique prive surtout la France d’un de ses plus précieux atouts : celui de la diversité culturelle, du dynamisme et de la richesse qu’elle apporte à notre société.

Lors du 23e sommet Afrique-France, Bernard Kouchner et Jean-Marie Bockel, en accord avec le ministre de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité nationale, avaient promis «d’accorder la plus grande attention à la délivrance des visas aux ressortissants africains, ayant une activité professionnelle à caractère artistique, culturel, universitaire ou de recherche». Cette promesse d’ouverture vers les artistes étrangers, n’aurait-elle été qu’un effet de diversion médiatique pour faire oublier, au même moment, l’amendement très controversé instaurant des tests ADN pour le regroupement familial ? La question n’est pas seulement celle de la richesse de l’offre culturelle que nous présentons dans nos villes. C’est aussi celle de l’avenir de notre pays qui préfère se priver d’échanges avec des pays émergents comme ceux d’Afrique de l’Ouest.

Souvenons-nous, il y a quelques mois, des quarante-deux ambassadeurs français en poste en Afrique qui mettaient en garde le gouvernement quant à la dégradation de l’image de notre pays sur le continent africain. Depuis on connaît les tristes effets pour la France du discours prononcé par Sarkozy à Dakar. Immigration, visas, baisse de l’aide au développement : notre pays grimace et se replie sur lui-même. Les nouvelles générations des pays émergents s’en détournent. Loin d’être la réussite d’une politique d’immigration, c’est l’échec d’une politique étrangère. Nous ne nous reconnaissons pas dans cette France qui exclue et qui nous exclue.

La culture, c’est l’ouverture des esprits, la rencontre des arts, la mise en lumière des talents, la découverte. Notre politique culturelle, c’est celle qui tisse des liens. Cela suppose la libre circulation des œuvres, des idées, et des artistes qui les portent et les incarnent. Ces échanges sont un socle indispensable pour rassembler nos villes, pour renforcer la cohésion sociale de nos territoires, pour favoriser la mixité sociale. Il est insupportable de devoir y renoncer pour satisfaire des exigences statistiques arbitraires.

La ministre de la Culture doit enfin jouer son rôle de facilitateur de la création et de protecteur des artistes.

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dimanche 24 août 2008

Un coin d'Angleterre

ANGLAIS. Anglais in France revoit le concept des séjours linguistiques avec des Anglais vivant dans le Sud-Ouest 

«Hi ! Nice to meet you ! » (Salut, ravie de faire ta connaissance !) Fran reçoit toujours avec le sourire ses visiteurs dans sa jolie propriété de Beaumarchès.

Le gazon est impeccablement tondu, la piscine scintille et les chevaux soufflent dans leurs boxes. Il y a quatre ans, elle quittait son Devon, en compagnie de son mari Richard. Le couple laissait le Sud-Ouest du Royaume-Uni, pour adopter le Sud-Ouest français. « Le Gers ressemble à ma région. C'est à la fois proche de la côte et de la montagne, et proche d'une grande ville comme Toulouse », explique Fran, avec son charmant accent britannique. Et puis, il fallait une propriété qui puisse accueillir deux chevaux et deux chiens.

anglaise

Pratique. Anglais in France sur le site Internet www.anglais-in-france.fr ou par téléphone : Jennifer Laur, 05 63 65 87 26.

Et il n'y a pas d'âge pour être stagiaire, puisque Anglais in France a déjà reçu un chef d'entreprise et un médecin.
Après avoir accueilli déjà cinq stagiaires, Fran est enchantée par son expérience. « C'est très fatiguant pour moi, car on passe constamment d'une langue à une autre. Mais j'ai envie de continuer car c'est très enrichissant. On sent vraiment la différence de niveau à la fin d'une semaine. Et moi, cela m'aide en français ! » L'initiative semble bien partie pour réconcilier Shakespeare et Molière.

Jennifer insiste sur la spécifité de son entreprise. « Pour moi, le plus important dans notre projet, c'est qu'il soit complètement individualisé et flexible. » Le séjour pourra donc durer une semaine ou quelques jours seulement pour les plus jeunes. Même les cours sont à la carte. « Le cours doit intéresser mais il ne faut surtout pas que ce soit comme à l'école, explique Fran. On peut apprendre simplement en allant faire les courses avec moi par exemple. »

Depuis quelques mois, le couple est famille d'accueil pour Anglais in France, une entreprise née à Montauban, il y a peu. à son origine, on trouve Jennifer Laur, professeur d'anglais. Face à la difficulté que rencontrent régulièrement ses élèves à l'oral, elle les encourage à rencontrer les nombreux Anglais que compte le département et qui sont souvent leurs voisins, avant d'imaginer de véritables séjours en famille. Une idée qui trouve immédiatement écho chez Fran : « Je ne vois que des avantages, surtout pour les enfants. Il n'y a pas le stress de s'adapter à un nouveau pays, juste la découverte de la langue. Du coup, je pense qu'ils apprennent beaucoup plus facilement. »

Projet individualisé. Les familles d'accueil sont minutieusement choisies par Jennifer, qui se déplace pour les rencontrer et déterminer des affinités avec les stagiaires. « Fran est passionnée d'équitation et elle est très douce, très "cocouning". Elle est parfaite pour un petit, très rassurante. »

SUD-OUEST Gers 22 Aôut 2008

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samedi 23 août 2008

Culture- Près de 150 auteurs attendus pour la 13e édition de la Forêt des Livres

TV5MONDE CHANCEAUX-PRES-LOCHES (Indre-et-Loire), 22 août 2008 (AFP)

Pour clôturer cette 13e édition, l'artiste Grand corps malade proposera une session de slam.

La 13e édition de la "Forêt des livres", qui rassemble écrivains et personnalités auteurs d'un livre, le dernier dimanche d'août à Chanceaux-près-Loches, en Touraine, accueillera cette année quelque 150 auteurs, selon les organisateurs.

La manifestation, qui s'est imposée au fil des ans comme une avant-première de la rentrée littéraire, sera parrainée par Hélène Carrère d'Encausse, Secrétaire Perpétuelle de l'Académie Française.

Près de 150 auteurs sont attendus le 31 août dans ce petit village de 143 habitants pour ce salon organisé en plein air et où les visiteurs peuvent faire dédicacer leurs livres et discuter avec les auteurs.

"Les livres sont issus des arbres, il faut que les écrivains reviennent à la forêt avec l'hommage de leurs feuilles", explique le président-fondateur du salon, l'écrivain et historien Gonzague Saint-Bris.

Pour la troisième année, La Forêt des livres s'ouvrira le samedi par un colloque réunissant différentes personnalités sur le thème "Renaissance et Nouvelle Renaissance".

Comme chaque année, dix "Lauriers verts" seront décernés, préfigurant parfois les choix des prix littéraires d'automne décernés à Paris. Beaucoup de jeunes auteurs ont connu leur première récompense sous les arbres centenaires du village, comme les prix Renaudot Martine Le Coz et Alain Mbanckou ou les prix Interallié Frédéric Beigbeder et Florian Zeller.

Outre Hélène Carrère d'Encausse, sont annoncés parmi d'autres Jacques Attali, Philippe Grimbert, Janine Boissard, René Guitton, Olivier et Patrick Poivre d'Arvor, Régine Desforges, Hervé Vilard, Françoise Dorin ou encore Richard Bohringer.

Pour clôturer cette 13e édition, l'artiste Grand corps malade proposera une session de slam.

grandcorps_mal_blog

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mercredi 20 août 2008

Culture : le juste rôle de l'État

Editorial mardi 19 août 2008 Point de vue par Alfred Grosser (*)

Le festival de théâtre d'Avignon s'est terminé sous les louanges. Ne faut-il pas rappeler qu'il n'existerait pas sans l'impulsion initiale d'un fonctionnaire ? Au lendemain de la guerre, Jeanne Laurent a lancé la décentralisation théâtrale. Sans elle, pas de Théâtre national populaire de Jean Vilar, pas d'Avignon. En contrepartie, Vilar rendait accessibles à un large public de grandes oeuvres classiques ou contemporaines, sans pour autant les déformer, sans se croire le véritable auteur. « À quoi est due la jeunesse du Cid ? » demandait une journaliste à Gérard Philipe. La réponse jaillit : « Mais à Pierre Corneille, Madame ! ».

Dans son joli livre de mémoires (1), Danièle Delorme vient de raconter le triomphe, en 1952, de Maison de poupée d'Ibsen, immédiatement accessible dans son rapport à la libération des femmes, sans qu'il fût besoin de « moderniser » en déformant.

L'État peut et doit aider la création. Il n'est pas obligé de subventionner le massacre de chefs-d'oeuvre, en particulier à l'opéra.

Il en va de même pour le cinéma. Dans un beau livre paru après sa mort, Philippe Noiret parle de la disparition du grand cinéma italien, tué par la télévision de Berlusconi. Il ajoute : « Nous, en France, si on survit à peu près, c'est vraiment grâce aux systèmes d'aides mis en place. Qui sont de moins en moins efficaces » (2). Mais l'aide n'est pas un dû. Le prévisible insuccès commercial d'un film ne prouve pas sa qualité ni le génie (méconnu) de son auteur. Il est logique et nécessaire qu'une commission indépendante décide des aides. Comme cela vient d'être le cas pour le choix du directeur de l'Académie de France à Rome.

Après la polémique créée par la nomination pressentie du conseiller de l'Élysée, Georges-Marc Benamou, c'est une commission présidée par un conseiller d'État qui a examiné les candidatures à ce poste. Mais une commission peut-elle être totalement indépendante des pressions diverses, et surtout des modes intellectuelles ?

L'État doit aider. L'État ne peut pas tout aider. Les choix ne doivent pas être une censure ni relever du favoritisme politique. Encourager la créativité de l'artiste, mais distinguer celle-ci du simple exhibitionnisme.

L'intervention financière de l'État (ou des collectivités publiques) dans le domaine de la culture n'est décidément pas aisée à conduire.

Or, sa légitimité ne cesse d'être contestée au nom d'un libéralisme outrancier. Il convient donc de plaider pour sa permanence.

(1) Danièle Delorme, Demain, tout commence, R. Laffont, 2008.

(2) Philippe Noiret, Conversations avec Bruno Putzulu. Je me suis régalé, Flammarion, 2007.

(*) Professeur émérite à l'Institut d'études politiques de Paris.

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jeudi 14 août 2008

Ces centres culturels qui font rayonner la France

Libération : vendredi 8 août 2008

Bernard Faivre d’Arcier ancien directeur du Festival d’Avignon, président des Biennales de Lyon.  

Le Festival d’Avignon vient de s’achever. Cette excellente édition a été conçue avec un plasticien italien (Romeo Castellucci), un metteur en scène allemand (Thomas Ostermeier), une comédienne française (Valérie Dréville), une bonne poignée de Flamands sans compter un Letton, un Argentin, des Suisses, un Libano-Québécois et j’en passe.

Ce qui ne veut pas dire pour autant que les Français (metteurs en scène et chorégraphes) soient en reste. Les travaux de tous ces artistes sont vus par des dizaines et des dizaines de professionnels et de critiques venus du monde entier. Et Avignon n’est pas un épiphénomène unique.

Quel amateur étranger ne serait-il point enclin à venir en France pour n’avoir que l’embarras du choix entre Aix, Marseille, Arles, Avignon, Orange et Montpellier ? Ces spectateurs - amateurs ou professionnels - sont bien étonnés d’apprendre que la France puisse délaisser son action culturelle à l’étranger, sa position dans l’économie de la connaissance ou la formation des élites étrangères… à en croire les rumeurs nées de la publication du rapport sénatorial d’Adrien Gouteyron consacré à l’action culturelle extérieure de la France.

Ce rapport juge peu convaincants les établissements chargés de promouvoir notre culture hors de nos frontières. Assurément l’action culturelle française à l’extérieur mérite une réforme d’ampleur pour tenir compte de la nouvelle donne des échanges internationaux. Mais prenons garde à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain car les arbitrages budgétaires ont vite fait de supprimer plutôt que de déployer.

Dans le milliard d’euros que la France est censée consacrer à l’exportation de sa culture, le fonctionnement des Centres culturels à l’étranger ne compte que pour une centaine de millions - qui sont d’ailleurs multipliés par les Centres eux-mêmes. Les réductions annoncées, s’ajoutant à celles des années précédentes, conduiraient à réduire ou supprimer des pans entiers de l’action culturelle, scientifique, universitaire, de coopération, alors même que nos partenaires européens et des pays émergents (six instituts Confucius viennent d’ouvrir en France) renforcent leur dispositif.

Une telle révision ne peut pas se concevoir sans l’aide et l’avis des professionnels dont la mission et la compétence sont de développer des réseaux d’échanges artistiques. Or l’avis de ces professionnels est peu sollicité par le monde diplomatique ; peut-être parce que les «culturels» sont rangés dans une catégorie secondaire comme si l’action artistique était découplée des enjeux de la mondialisation.

Pourtant le culturel doit faire partie de la coopération et du développement (1). Ce fameux réseau des établissements culturels à l’étranger (lycées, instituts, centres culturels, alliances françaises etc.) ne doit pas être isolé de la coopération universitaire, scientifique, technique sous peine de se replier sur lui-même.

L’action culturelle française à l’extérieur ce n’est plus forcément le prof de français expatrié ou l’exposition photos du centre culturel perdu dans une grande agglomération, mais ce peut être un bureau des industries culturelles travaillant avec des producteurs de musique ou du cinéma par exemple ; ou bien encore une programmation «hors les murs» en association avec un grand festival du pays d’accueil ; la mise en place de réseaux d’experts, une politique de repérage des nouveaux talents…

Encore faut-il, pour cela, que le ministère des Affaires Étrangères puisse bénéficier de l’autonomie d’action qui serait celle d’une agence publique, comme le fait le British Council en reliant art, culture, économie, développement et surtout en complétant la formation de son personnel culturel à l’étranger au contact des professionnels qui œuvrent dans les domaines non seulement artistiques mais aussi universitaires, technologiques, entrepreneuriaux.

Un attaché culturel doit pouvoir être au fait des objectifs du développement durable, des réflexions sur l’urbanisme contemporain, des menaces pesant sur l’éco-diversité culturelle, des enjeux de santé publique ou de l’innovation technologique, autant que des subtilités du marché de l’art ou des capacités à monter une coproduction au contact des artistes.

Non sans pertinence, Adrien Gouteyron note dans son rapport : «Où le spectateur français va-t-il voir des mises en scènes du polonais Krzysztof Warlikowski ? Au centre culturel polonais ? Non. A l’Opéra Garnier.»

Certes. Mais, avant que Warlikowski ne soit convié à mettre en scène à l’Opéra de Paris, il a fallu dix ans de travail préalable pour asseoir la réputation de cet artiste, avec le concours de l’Institut Français de Varsovie, d’un réseau européen (Theorem) soutenu par la Commission européenne et cofondé par une vingtaine de théâtres et de festivals en Europe, dont Avignon, d’une saison culturelle polonaise -  organisée précisément par l’Institut culturel polonais et CulturesFrance.

Je pourrais évoquer de même l’aventure de Roméo Castellucci… Sa grande «tragédie», qui a précédé sa venue dans la Cour d’honneur, fut le fruit d’une coopération scellée à Rome avec le Festival RomaEuropa, lui-même né de la Villa Medicis avec une bonne dizaine de partenaires européens.

Dès lors que les professionnels français sont en contact étroit avec les centres culturels français à l’étranger qui les informent, qui les renseignent, qui les aident aussi à trouver des financements locaux, il y a valeur ajoutée. En revanche, si le réseau des centres culturels français à l’étranger est isolé du milieu culturel français, il devient amorphe et inutile.

Il est donc impératif de mieux recruter et former les personnels expatriés aux priorités nouvelles de la mondialisation, de spécialiser nos établissements culturels et de coopération dans les disciplines où le rayonnement est en jeu et de mieux connaître cette France qui s’exporte : artistes, architectes, chercheurs, étudiants.

Cette France dont on loue le dynamisme. Cette France qui ne sait si elle se lève tôt ou tard, car elle est de toute façon en décalage horaire…

(1) Les Journées de la Coopération et du Développement, organisées par la DGCID, auront lieu à la mutualité à Paris, les 25 et 26 août. 

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mercredi 6 août 2008

Loi sur les artistes amateurs: la Bretagne inquiète pour ses festivals

TV5MONDE LORIENT (AFP) - 05/08/2008 08h47

Terre de festivals, la Bretagne s'inquiète d'un avant-projet de loi visant à encadrer la participation des artistes non professionnels dans les spectacles vivants, mais qui menace des centaines de manifestations, animées le plus souvent par des bénévoles.

En gestation depuis 2007, ce texte, qui doit être présenté en décembre à la ministre de la Culture Christine Albanel, vise à supprimer le travail dissimulé nuisant aux artistes professionnels, notamment aux intermittents du spectacle.

Il prévoit que les amateurs soient désormais soumis au code du travail et ne puissent se produire que s'ils ont chacun un contrat de travail et s'ils reçoivent un salaire individuel

Ce qui fait bondir les organisateurs et artistes bénévoles présents cette semaine au Festival interceltique de Lorient (FIL), qui attire chaque année plus d'un demi-million de spectateurs.

Car actuellement en Bretagne ce sont les associations culturelles, notamment les bagadoù (ensembles musicaux), souvent régis par la loi 1901, qui perçoivent une indemnité globale pour chaque prestation. Ces indemnités servent à payer costumes, instruments et frais liés à la formation.

"Il est impossible de faire une fiche de paye par personne et de payer les charges pour chacun, cela aurait un coût financier trop important pour les groupes", s"insurge Lisardo Lombardia, directeur général du FIL qui rassemble cette année 4.500 artistes. Pour lui, ce projet "met en péril l'existence même des festivals de musique celtique".

Bob Haslé, président de Bodadeg ar Sonerion (BAS), la plus grande fédération de bagadoù, renchérit: Faites le calcul pour un groupe de 40 musiciens: demain, on est mort!""pour chaque artiste jouant une journée dans un festival, il faudrait payer 210 euros, alors qu'un bagad ne reçoit en général que 700 à 1.000 euros d'indemnité globale... .Faites le calcul pour un groupe de 40 musiciens: demain, on est mort!".

Selon lui, on compte actuellement quelque 40.000 amateurs dans le domaine de la culture bretonne, que ce soit au sein des bagadoù, des cercles de danse, des chorales ou encore dans les comités des fêtes.

"En poussant à l'adoption de ce projet, certains intermittents veulent que les amateurs disparaissent pour pouvoir récupérer leur boulot. Or, sans bénévoles, il y aura de moins en moins d'événements et donc de moins en moins de travail pour les professionnels", estime Jean-Pierre Ménéghin, l'un des responsables du bagad de Quimperlé (Finistère) qui a défilé dimanche parmi une soixantaine d'autres à la Grande Parade du FIL. "Ils se tirent tout simplement une balle dans le pied", affirme-t-il.

Certains élus bretons, comme les députés Pierre Méhaignerie (UMP) ou Jean-Jacques Urvoas (PS), alertés par les associations, ont déjà exprimé des réserves face à ce texte.

Et une manifestation est prévue à Nantes le 20 septembre pour "la défense de la pérennité des bagadoù et de l'ensemble du mouvement culturel breton".

"Mais ce sujet ne concerne pas seulement nos associations. Cette loi va toucher l'ensemble de la pratique culturelle bénévole en France: harmonies, fanfares, troupes de théâtre, fêtes populaires, etc.", souligne Bob Haslé. "Que deviendra par exemple le Puy-du-Fou, avec ses 3.200 bénévoles?".

Interrogé par l'AFP, le ministère de la Culture a indiqué ne pas être dans l'immédiat en mesure de commenter ce projet.

Musiciens_Lorient

Des musiciens du Bagad de Penhars se produisent, le 04 août 2007 à Lorient

Encore un démantelement en prévision ? Il est plus que temps de réagir !

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mardi 5 août 2008

AFRIQUE - Un an après le Discours de Dakar, cinq chercheurs fustigent "l'Afrique de Sarkozy"

TV5MONDE - PARIS (AFP) - 04/08/2008 08h30

Un an après le discours controversé de Nicolas Sarkozy à Dakar, cinq universitaires français et africains reviennent sur les déclarations du président français et fustigent "un déni d'histoire" basé sur "une vision manichéenne, raciale et paternaliste" de l'Afrique.

Dans un livre intitulé "l'Afrique de Sarkozy - un déni d'histoire", ces chercheurs se penchent sur les "propos littéralement stupéfiants" qu'avait tenus le chef de l'Etat, et notamment sur sa thèse selon laquelle "l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire".

Une thèse réitérée la semaine dernière dans les colonnes du quotidien Le Monde par Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, et auteur du désormais célèbre discours de Dakar.

"En lisant le discours présidentiel, les chercheurs qui depuis un demi-siècle ont consacré leur vie à travailler sur ce continent se sont demandé à quoi ils avaient servi", écrit l'historien français Jean-Pierre Chrétien.

Dans sa contribution, le chercheur retrace brièvement l'histoire de l'Afrique pré et post-coloniale et souligne que "les Africains ont été des acteurs essentiels de leur histoire". "Ce continent n'est pas une planète à part (...) ses habitants partagent le destin de notre humanité", écrit-il.

Dans un chapitre intitulé "Y'a pas rupture, patron!", le chercheur français Jean-François Bayart déplore "la continuité de la Françafrique", cette politique avec laquelle M. Sarkozy avait promis de rompre lors de sa campagne présidentielle, et dénonce l'"ignorance" du président vis-à-vis du continent noir.

Le chercheur camerounais Achille Mbembe démontre pour sa part la persistance d'une vision coloniale du continent, et estime que l'Afrique reste un "intarissable puits aux fantasmes" pour l'Occident.

"Le mythe de l'Afrique sans histoire" est alimenté par "la très faible représentation du continent dans l'enseignement en France", estime de son côté le chercheur Pierre Boilley, tandis que le professeur Ibrahima Thioub de l'université de Dakar dénonce "les clichés et formules à l'emporte-pièce" du discours de M. Sarkozy.

("L'Afrique de Sarkozy - Un déni d'histoire", dirigé par Jean-Pierre Chrétien, 203 pages, éditions Khartala)

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vendredi 11 juillet 2008

24 heures Philo, un petit bilan

par François Noudelmann11/07/2008

24 heures Philo fait une pause pendant l'été. C'est l'occasion d'un petit bilan après deux mois de fonctionnement et plus de 150.000 visites. Toujours expérimental, ce blog qui n'est pas vraiment un blog voudrait être un lieu de circulation où les idées importent plus que leurs auteurs. Il repose donc moins sur les opinions d'une personnalité que sur le désir partagé de fracturer les discours plombés de notre contemporain. 24 heures Philo est moins un blog philosophique qu'un blog de philosophes intervenant au milieu de l'actualité. Cela ne nous dispense pas d'écrire sur le champ philosophique de manière plus spécialisée et nous le ferons peut-être davantage à la rentrée.

Les contributeurs, même lorsque je les sollicitais sur d'autres sujets, ont beaucoup écrit sur Nicolas Sarkozy et ont été beaucoup lus (de 3000 à 15000 visites par texte). De fait les philosophes participent aussi au flux des images et des paroles et ils n'occupent aucune citadelle hors de l'opinion. Mais surtout, au-delà du personnage présidentiel, le nom de Sarkozy désigne un nouvel objet politique, une autre manière de gouverner repérable en Europe (en Italie notamment). Cette mutation réclame de nouvelles analyses, et pas seulement des réactions vertueuses. Le blog a aussi accueilli des articles sur la politique de la pensée qui ne se cantonne pas à la dite "politique": le cerveau, le sacré, le rock impliquent des enjeux théoriques décisifs aujourd'hui et sont de véritables sujets philosophiques.

On aura compris en lisant 24 heures Philo que nous entendons la philosophie dans un sens ouvert au souci conceptuel quelle que soit sa source. Nos contributeurs, philosophes ou non de métier, préfèrent l'interrogation à la solution, l'inquiétude à l'affirmation, ils pratiquent la philosophie sans présupposer un donné de la pensée. Leur intervention dans 24 heures Philo relève d'un engagement singulier plus que de l'analyse savante.

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dimanche 6 juillet 2008

FONTEVRAUD 49 - CULTURE > EXPOSITIONS : Patrimoine, art et films japonais

Actualités Japon 30 Juin 2008

Ponyo, le prochain film de Miyazaki 

Japon_dessins_ani

Trois maîtres du dessin animé célébrés à l'abbaye de Fontevraud

Trois maîtres du dessin animé, Paul Grimault, Isao Takahata et Hayao Miyazaki, sont célébrés cet été par l'abbaye royale de Fontevraud (Maine-et-Loire) qui met en valeur les liens entre l'animation française et nippone.

L'exposition "Mondes et Merveilles du Dessin Animé" explore, jusqu'au 16 novembre, l'oeuvre du créateur du "Roi et l'Oiseau" et des deux artistes japonais, co-fondateurs des célèbres Studios Ghibli.

"Takahata et Miyazaki ont accepté ce projet précisément parce qu'ils revendiquent l'héritage de Paul Grimault. Ils estiment notamment que la tradition du cinéma animé japonais s'est inspirée de sa science du mouvement et des changements de rythme", explique Jean-Pierre Pagliano, commissaire de l'exposition et grand spécialiste de Paul Grimault auquel il a consacré plusieurs ouvrages.

Retenu par la réalisation d'un nouveau film, Hayao Miyazaki ("Mon voisin Totoro" 1988, "Le Voyage de Chihiro"/2001, "Ponyo sur la Falaise"/2008) ne devrait pas faire le déplacement en France. Mais Isao Takahata (Le Tombeau des Lucioles/1988, Pompoko/1994, Mes voisins les Yamada/1999 etc...) sera présent notamment lors de deux projections-rencontres à Nantes, le 8 juillet, et à Tours, le lendemain.

Tout au long de l'été, de multiples évènements et animations accompagneront l'exposition dans et en dehors des murs de l'abbaye. Le Festival de cinéma de la Rochelle, qui s'ouvre ce week-end, propose notamment un programme rétrospectif de l'oeuvre de Paul Grimault.

Prix Louis Deluc en 1979 pour Le Roi et l'Oiseau et considéré comme le père du cinéma d'animation français, Paul Grimault reste pourtant trente ans après un nom encore méconnu du grand public. Une anomalie qu'aimerait contribuer à réparer les responsables de l'exposition.

"Nous avons oublié qu'avec la main-mise des studios américains sur le dessin animé, sortir ce film à cette époque relevait de l'exploit. L'exposition est aussi l'occasion de le rappeler alors même que celui-ci plébiscite aujourd'hui le film d'animation", souligne Jean-Pierre Pagliano

("Mondes et merveilles du dessin animé", du 28 juin au 16 novembre à l'abbaye royale de Fontevraud (Maine-et-Loire). Renseignements sur www.abbayedefontevraud.com)

Abbaye de Fontevraud 

Fontevraud

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Jorj Botuha, maître sonneur, sort du bois

Ouest-France lundi 30 juin 2008 Gildas JAFFRÉ.

Jorj_Botuha

On le retrouvera cet été dans plus d'une grande fête bretonne. Le maître sonneur le plus titré de Bretagne, qui fabrique lui-même binious et bombardes, a sorti son premier disque : Plijadur (« Plaisir »). Sans savoir ni lire ni écrire la musique. Tout à l'émotion

« Je n'aime pas la naphtaline, la nostalgie, le folklore. » Pourtant, à 47 ans, Jorj Botuha, maître sonneur quatorze fois champion de Bretagne, considéré par ses pairs comme un virtuose, répète souvent qu'il doit tout à son enfance. « Mon université, cela a été Malachap, à Pluvigner. » Malachap, ou Malachappe. Il évoque avec gourmandise le nom de ce hameau du Morbihan où ses parents travaillaient comme agriculteurs.

Dans les années 60, « c'était cela la vie : on était paysan, forgeron ou menuisier ». D'une fratrie de cinq, lui seul parlera à la musique. « Grâce à mon grand-père, Gaby Robic, de Guénin. Pour les grandes cérémonies, les communions, les mariages, on lui demandait de servir à table car il savait chanter. »

Jorj tend l'oreille. « À la messe, à Trélécan, j'ai connu le temps des cantiques, puis des premiers chants français, mais il y avait une vraie résistance des cantiques bretons. J'étais toujours très ému par l'assistance qui les reprenait : des travailleurs, des laboureurs, des hommes ! Le premier contact que j'ai eu avec la musique, cela a été la voix, le plus bel instrument. »

La sienne, il la poussera à l'école. L'élève turbulent a la révélation lorsque Bruno Le Berre, un jeune paysan voisin, vient y jouer un air de cornemuse. Un vrai cadeau de Noël. « Extraordinaire ! » Plus tard, au lycée, un « pion », le futur musicologue Gérard Lomenec'h, l'envoie sonner chez Yvon Palamour plutôt que distraire ses camarades. Palamour, ébéniste de renom, est aussi un maître de la bombarde et du binioù. Jorj Botuha, lui, est déjà, sans le savoir, un facteur d'instruments. « Je fabriquais des trompettes avec des tuyaux d'arrosage, des anches en seigle, des instruments avec des écorces de châtaignier roulées percées avec des épines de sapins. J'ai fait des anches avec des pots de yaourts. »

De l'enfance, Jorj garde aussi sa langue, le breton. « J'ai grandi dans une campagne presque monolingue. La langue, c'était le vecteur de toute cette ambiance. Le français venait avec l'école et les représentants en machines agricoles. La langue, pour la musique, est indispensable. Parler deux langues, c'est avoir deux systèmes de pensée, une grande ouverture sur le monde, les autres.  »

Dans sa Bretagne rurale où il a observé « une solidarité de tous les instants », le musicien a collecté de chansons auprès des anciens. Mais il s'est refusé à devenir paysan. « Je ne me voyais pas là-dedans : je sentais que le système avec des trusts allait mal tourner. Il y avait déjà des pollutions notoires. »

À lui binious et bombardes, dans un petit atelier d'Auray. « Personne n'aurait misé un sou sur moi. » Luthier ? Il doit essuyer, même dans sa famille musicale, d'idiots sobriquets. Il lui a fallu réinventer les perces (outils) des instruments, effectuer des recherches, réécouter les anciens, les Palamour, les Magadur. Aujourd'hui, il équipe les meilleurs bagadoù (groupes de sonneurs) de Bretagne, des solistes de renommée internationale et même un pipe-band de première catégorie en Écosse ! Des étudiants et enseignants de La Sorbonne viennent le consulter.

Car Jorj sait tordre le cou aux idées reçues sur l'origine des instruments celtes. « La bombarde vient du Moyen-Orient et a sans doute été ramenée des Croisades. » Le binioù a une racine plus incertaine, « mais les Romains jouaient déjà de la cornemuse ». Pour lui, « la musique bretonne doit plus aux cultures européennes du Moyen Âge » qu'aux influences celtiques.

Sur son tout premier disque, Plijadur, il accompagne binioù et cornemuses en couples, en trio. Une série de marches allègres, des mélodies poignantes, de danses envoûtantes avec ses amis musiciens du pays d'Auray : Pascal Guingo et Philippe Quillay. L'orgue de Pascal Marsault est un accompagnement léger, qui libère l'espace pour le sonneur. Du travail d'orfèvre. Et pourtant : « Je ne lis pas la musique. Cela ne m'intéresse pas. Le plus beau ne s'écrit pas. L'essentiel, c'est l'émotion. »

Jorj Botuha ne se complaît pas dans une répétition naïve de ce qu'il a entendu. « Je préfère voir des gens expérimenter des choses, même hasardeuses, à un nouveau plagiat. Moi, j'ai envie de mettre de la musique dans la musique. La musique, c'est ce qu'il y a entre les notes. »

C'est dans cet esprit qu'il est allé, il y a quelques années, à la rencontre de sonneurs d'origine soudanaise, dans le grand sud-algérien, à Biskra. Pour entendre ce qui se faisait là-bas, sans rien renier de son héritage de Malachap.

Posté par Kozett à 11:00 - Culture - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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