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samedi 4 juillet 2009

Critique des enseignants de l'Éducation nationale : polémique sciemment lancée par RTL

« Accusés, levez-vous ! Une fois de plus, les profs sont montrés du doigt. Révélation RTL : selon une enquête confidentielle du ministère de l'Education nationale, l'enseignement primaire a enregistré, l'année dernière, 3 millions de jours d'absence, dont 2 millions pour cause d'arrêts maladie. Près d'un enseignant sur deux (45% exactement) a posé un arrêt pour raison de santé en 2007-2008. »

Avec une telle accroche, on est sûr de semer la zizanie dans la société française.

Une accroche creuse, puisqu'elle n'explique rien. Et un discours tendancieux qui cherche à créer un conflit public/privé. (ici)

Au reste, si l'on réfléchit quelques instants, et bien que cela soit beaucoup demander à certains journalistes, ce sont les médecins qui décident d'accorder des arrêts maladie, et non les salariés eux-mêmes qui se les prescrivent.

Un titre juste d'article eut été : « Les médecins accordent en moyenne 45 % d'arrêts maladie de plus aux professeurs des écoles qu'aux employés du privé ». Et du coup, le problème porterait sur ceux qui sont responsables de ces arrêts maladie, pas sur ceux qui en bénéficient. On ne va pas reprocher à une personne une décision qui ne dépend pas d'elle, n'est-ce pas ?

Par ailleurs, il est tout à fait compréhensible que dans cette profession à majorité féminine, des enseignants (en l'occurrence, des enseignantes) soient en arrêts maladie de façon récurrente, puisque ce sont elles qui sont enceintes lorsqu'un couple attend un enfant (jusqu'à preuve du contraire), et que l'arrêt de travail dans le cadre d'une grossesse s'appelle un « arrêt maladie ». À cela s'ajoute que ce sont généralement les mamans qui s'occupent des enfants lorsqu'ils sont malades, et comme là encore dans ce métier de professeur des écoles les employés sont surtout des femmes...


Luc Chatel est-il le nouvel ennemi des enseignants ?

Tout juste arrivé à la tête du Ministère de l'Éducation nationale, Luc Chatel s'est montré peu engagé contre l'étude révélée par RTL qui présente de façon malsaine le nombre d'arrêts maladies accordés aux professeurs des écoles, et constituant, de fait, une critique de ceux-ci.

On va même jusqu'à parler d'un « absentéisme » qui serait supérieur de près de 45% à celui des employés du secteur privé.

Mais, pourquoi opposer public/privé ? Quelle est l'intention de départ de cette enquête?

Pourquoi ne pas avoir titré : « Conditions de travail difficiles pour les professeurs des écoles du public : 45 % d'arrêts maladie de plus que dans le privé ! »

On se pose la question.


Cette étude serait un nouveau signal pour inciter les parents à mettre leurs enfants dans le privé plutôt que dans le public que cela ne nous surprendrait pas ! Avec un « double effet Kiss Cool » : les enseignants du public sont en outre montrés comme des personnes abusant du système, puisque prenant des arrêts maladie injustifiés lors des ponts du mois de mai : « Une autre envolée des absences survient au mois de mai au moment où les ponts sont les plus nombreux. Une donnée plus difficilement justifiable d'autant que, relève RTL, plus de 80 % des arrêts maladie sont concentrés autour des week-ends, jeudi vendredi ou lundi mardi. »

Quant à la question de l'absence de contrôles des arrêts maladies par le médecine du travail, il va falloir s'y résoudre car le gouvernement, par l'intermédiaire du MEDEF a décidé de la supprimer ! (ici)

Enfin, ces révélations calculées du Ministère de l'Éducation Nationale (quand on veut maintenir un document confidentiel, on y parvient), transmises avec la plus grande joie par des journalistes d'RTL, ne parlent pas de la spécificité de ce métier, ni de la difficulté de celui-ci. Autant dire, pour paraphraser les mots récents du conseiller présidentiel Henri Guaino, que ces sondages et statistiques sont « idiotes », « tellement bêtes » et « stupides » !

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vendredi 3 juillet 2009

L'enquête sur le contrôle au faciès qui dérange !

Le journal Libération a publié le 1er juillet un article sur une enquête réalisée par deux chercheurs du CNRS démontrant la discrimination des contrôles de police sur cinq sites de contrôle parisiens, dans et autour de la Gare du Nord et des Halles à Paris. (ici)

Résultats : « Un Noir risque 6,2 fois plus de se faire contrôler sur les lieux observés (le ratio va de 3,3 à 11,5), un Arabe 7,7 fois (de 1,8 à 14,8). » (...) « Vous aimez le hip-hop, portez une casquette et un baggy ? Vous avez 11,4 fois plus de risques de vous faire contrôler que si vous êtes en costard ou qui si vous vous habillez «décontracté». »

L'étude et les conclusions qui en sont tirés ne sont pas toujours très judicieuses. À commencer par l'emploi du terme de « raciste » ou de « racisme », deux termes dont on sait aujourd'hui qu'ils n'ont plus aucune réalité objective et scientifique, et qu'il faudrait parler plutôt de xénophobie et de communautarisme, pour aborder sainement ces questions.

Ensuite, les chercheurs auraient dû recouper les informations sur les origines « ethniques » des auteurs des violences et tarfics principalement constatés par la police. Les résultats auraient pu expliquer pourquoi les contrôles se font plus souvent vers tel ou tel type de personne.

Si l'on pense aux problèmes de violences dans les banlieues, on n'entend jamais parler d'actes  de violences commis par des communautés asiatiques, indiennes ou latino-américaines. Donc la tendance à être plus attentif à certains types ethniques plutôt qu'à d'autres peut-être justifiée par les observations de terrain effectuées par la police.

Aussi, pointer du doigt sans recul des contrôles dits « au faciès », n'est pas très scientifique ni très rigoureux dans la démarche, tant que d'autres informations n'ont pas été croisées avec ces mêmes constats. D'ailleurs, un constat brut n'a aucun intérêt, et sa pertinence dépendra de la façon dont il sera analysé.

C'est pourquoi, présenter les choses de cette façon dans un article ou dans une étude sociologique ne peut qu'envenimer les choses, ce qui n'est pas vraiment judicieux !

Là où les conclusions de l'enquête doivent être prises en compte, c'est quand elle constate que sur les lieux considérés comme sensibles par rapport au plan Vigipirate, les contrôles n'étaient pas vraiment très crédibles et que les porteurs de bagages ou de valises étaient rarement contrôlés.

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jeudi 2 juillet 2009

Quand un journal fait l'éloge de la vidéosurveillance !

À la lecture de certains journaux, on se dit que la publicité est parfois déguisée en article de journaliste.

Ainsi cet article paru aujourd'hui sur LePoint.fr est pour le moins étonnant « Rue par rue, la vidéosurveillance à Paris ».

Extraits : "En France, la vidéosurveillance a longtemps été vue d'un mauvais oeil, la frayeur de "Big Brother" alimentant inquiétudes et protestations. Pourtant, la police utilise de plus en plus les caméras comme outil de prévention, mais surtout d'élucidation dans les affaires de délinquance sur la voie publique. En 2008, la Brigade des réseaux ferrés a eu recours à ce moyen dans 420 affaires. Résultat, 42 personnes ont été interpellées et une centaine d'autres sont actuellement recherchées à partir de photos. Même si les malfaiteurs se dissimulent souvent derrière une capuche au moment de commettre leur délit, ils oublient qu'ils sont aussi filmés avant et après. Au vu de ce succès, la France - qui compte aujourd'hui 20.000 caméras sur la voie publique - prévoit de dépasser les 60.000 d'ici à 2011."

En effet, le journaliste semble dire que la vidéosurveillance n'est plus vue d'un mauvais oeil. Serait-ce pour tenter de faire croire aux gens que l'on peut la considérer désormais avec bienveillance et enthousiasme, voire la demander ?

Il fait allusion à « Big Brother », mais le scénario de 1984 de George Orwell n'a pourtant pas perdu de son actualité, loin de là, tant nombre de projets et de stratégies en cours semblent reproduire le scénario dudit ouvrage (surveillance vidéo et des outils de communication, fichage de toutes les personnes, élaboration géopolitique du monde en « blocs », etc...).

Le chiffre avancé pour prouver l'efficacité du dispositif de vidéosurveillance, censé être triomphal, est plutôt ridicule : « dans 420 affaires. Résultat, 42 personnes ont été interpellées ». Il est même question d'un « succès » (sic) !

Et pour finir, il est affirmé«  Au vu de ce succès, la France - qui compte aujourd'hui 20.000 caméras sur la voie publique - prévoit de dépasser les 60.000 d'ici à 2011. ». Au travers de cette figure de style, de cette métonymie, « La France » au lieu « des français », qui prend vraiment la décision ?

Il y a fort à parier que cela soit, plutôt une affaire de gros sous, et d'amitié entre politique et industrie.

La présence de caméras n'empêche pas de se faire voler un sac à main, de se faire agresser, ou de bruler des voitures. Tout au plus, quand les caméras fonctionnent, ce qui n'est pas si fréquent que ça, peut-on éventuellement rechercher l'auteur du délit.

La vidéosurveillance est avant tout un marché très lucratif, qui en aucune façon ne rend les personnes plus policées ou davantage bienveillantes les unes envers les autres. Donc un système qui n'apporte pas de bonification dans les relations humaines, et à la société.

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jeudi 25 juin 2009

Il faut dégraisser le Mammouth : un lapsus ?

Cette formule aujourd'hui devenue classique n'en est pas moins absurde et le fait de l'ignorance la plus grossière.

À quoi peut donc être utile la graisse à un mammouth ?

Eh oui, vous avez trouvé : à survivre à l'hiver, et à vivre sa vie de mammouth !

Il lui fallait au moins ça pour survivre aux rudes conditions climatiques qui étaient les siennes.

Un mammouth sans graisse, c'est comme un poisson sans écailles, ou un oiseau sans ailes...

Une hypothèse crédible : cette formule a échappé à quelqu'un de trop bien portant, qui se disait justement qu'un petit régime serait le bienvenu. Et ce lapsus s'est produit devant des journalistes qui ont cru qu'il parlait d'autre chose...

Toujours est-il que les gens continuent à croire qu'un mammouth, ça doit être dégraissé, et les postes d'enseignants continuent à disparaître : 16.000 postes seraient supprimés en 2010 !

Posté par Mathieu2Loxley à 07:00 - Chronique de M2L - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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mercredi 24 juin 2009

Examen des mesures visant à prévenir les violences dans les établissements scolaires, hier à l'Assemblée nationale.

Quand on imagine que ce sont des députés qui vont décider des mesures à prendre pour endiguer ou contrer les violences dans les milieux scolaires (ici), on ne peut s'empêcher de penser qu'ils ne sont pas du tout bien placés pour cela.

Que connaissent-ils de la réalité du terrain, du métier d'enseignant ?

Les personnes les mieux placées sur ce sujet pour faire des propositions pertinentes sont les enseignants eux-mêmes et le personnel d'encadrement des élèves (CPE, surveillants, Co-Psy, etc...).

« Fouiller le cartable des élèves » : est-ce que les personnes qui font ces propositions ont réfléchi ne serait-ce qu'un instant à la faisabilité de la chose, à l'humiliation qu'elle constitue, et à la transformation d'un établissement scolaire en lieu de crainte et de suspicion qu'elle impliquerait ?

Faudra-t-il que les élèves suspects soient convoqués une heure avant le début de leur cours, pour être fouillés ? Et qu'il y ait des personnes en permanence à l'entrée des établissement scolaires pour cela ? Mais qui ne soit pas un enseignant, car un enseignant n'est pas un policier, ni un agent de sécurité. Ainsi on va remplacer les adultes devant les élèves, pour les remplacer par des adultes derrières les élèves (puisqu'on supprime à un rythme barbare les postes d'enseignants).

Pourquoi fouiller cet élève plutôt qu'un autre ? Comment le faire sans le stigmatiser ?

Si l'école, qui peine aujourd'hui à faire l'unanimité chez les élèves et à se faire reconnaître comme un authentique lieu de savoir, d'apprentissage et de plaisir se comporte ainsi, elle accélèrera sa ruine. Et la ruine de l'école ne vient pas des élèves violents, mais des politiques de délitement de l'école.


Le premier Ministre François Fillon a affirmé qu'il ne "renoncerait à aucun moyen pour que l'école soit un sanctuaire".

Mais, n'est-ce pas se tromper de siècle ? La séparation de l'église et de l'Etat date de 1905, donc on n'attend pas d'un premier ministre qu'il fasse de l'école un lieu saint.

L'école n'est pas une église : elle n'enseigne pas à aimer Dieu mais à être libre.

Si, cependant, l'école était réellement telle que le premier ministre se la représente, pourquoi alors la dépouiller année après année de ses trésors, pourquoi supprimer à tours de bras des postes d'enseignants, pourquoi fermer autant de classes ? Pourquoi restreindre sans cesse le nombre de personnes fréquentant ce « Sanctuaire » ?


Les indemnités de fonction et les immenses avantages de la position d'élu politique en France les a rendus, pour la plupart, étrangers aux français (voir la rubrique « Train de vie de l'État » de ce blog).

Quant à ceux qui ont fait carrière en politique ou qui en rêvent, c'est déjà trop tard pour espérer qu'ils comprennent un jour ce qu'est la vie d'un français.

Qu'est-ce qu'il y a de commun entre une personne qui vit péniblement avec 1500 euros par mois, avec un loyer qui constitue la moitié du salaire, avec une famille à charge, parfois dans une situation familiale délicate, et un élu indemnisé parfois 20.000 euros par mois, même s'il ne siège jamais en Assemblée et n'effectue pas le mandat pour lequel il a été élu (ce qui est le cas du tiers des Sénateurs !), élu qui a déjà parfois une retraite généreuse garantie à vie pour quelques mois de mandat... ?

Non, de façon catégorique, ceux qui ont le pouvoir en France ne sont plus les mieux placés pour prendre les décisions pour les français.

Les élus politiques sont même parfois ceux auxquels il ne faudrait surtout pas confier le pouvoir !

La démocratie est à revoir, elle est à refaire, ou à faire, si l'on considère qu'elle n'a pas encore eu lieu.

Posté par Mathieu2Loxley à 20:10 - Chronique de M2L - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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lundi 22 juin 2009

Issue du procès des faux électeurs du Ve arrondissement : Jean Tibéri, nous pas !

Une bienveillante tape sur l'épaule, voilà ce qu'il en coûterait à nos hommes politiques lorsqu'ils vont trop loin, et lorsqu'ils exercent de façon illégitime leur mandat !

Trois ans d'inéligibilité, dix mois de prison avec sursis, et 10.000 d'euros d'amende, là où on s'attendait à l'inéligibilité à vie, et à la perte de tous les avantages liés à l'exercice de ce mandat frauduleux (obligation de restituer toutes les indemnités perçues, perte des indemnités de retraite, etc...), le tout assorti d'une amende qui sanctionnerait ses agissements, d'une amende payée de la poche du tricheur, et pas de celle de ses contribuables floués.

Trois ans d'inéligibilité et 10.000 d'euros d'amende !

C'est comme obliger une personne ayant volé dans un magasin à attendre trois jours avant d'y revenir, et lui demander de rembourser une minuscule partie de la valeur de l'objet volé, sans qu'elle ait à le rapporter !

Autant dire que c'est absurde et grotesque.

La justice est parfois bien mal nommée, et on se demande sur quelles bases les propositions de condamnation sont si avantageuses pour les gens malhonnêtes. Même si cela se fait sans armes, on peut assimiler ces pratiques à du grand banditisme.

Mais ce procès n'est pas terminé, puisque le maire du 5e arrondissement, « choqué » (SIC !) a dit qu'il ferait appel (ici).


Selon que vous serez puissant ou misérable,

les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

Jean de La Fontaine, Les Animaux malades de la Peste, Livre VII, fable 1.

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vendredi 19 juin 2009

La morale occidentale revisitée par Cavanna !

Quand on constate que la faim dans le monde, qui pourrait être définitivement supprimée en peu d'années (Il faudrait 30 milliards d'euros sur environ dix ans pour cela, montant comprenant la mise en place d'une autonomie agricole dans ces pays), est le dernier souci des pays riches, qui n'hésitent pas à débloquer par ailleurs des sommes inédites pour les banques (l'Europe a déboursé 1000 milliards d'euros pour sauver les banques européennes à l'automne dernier), on se dit que la description de notre moralité par Cavanna a du vrai.

Attention, texte cynique !


Un examen plus approfondi, portant sur des dizaines de milliers d'années, a donné des résultats remarquablement constants qui ont conduit les gens qui sont payés pour ça à formuler les trois axiomes suivants, bases de tout le comportement humain :

A ̶  L'Homme tend à éviter ce qui lui est désagréable.

B ̶  L'Homme tend à rechercher ce qui lui est agréable.

C ̶  À condition que ce ne soit pas trop fatigant.

Cela s'appelle avoir un IDÉAL.

[...]

L'Homme finit par trouver un système pour se rappeller. Sur les choses désagréables, il dessinait un signe qui voulait dire « Caca ». Sur les choses agréables, il faisait un signe qui voulait dire « Miam-miam ». Et il fut très content de son idée.

L'Homme s'aperçut alors d'une chose. Et voici quelle était cette chose : c'est qu'il faisait plus souvent le signe « caca » que le signe « miam-miam ». Beaucoup plus souvent, oh là là. Ça voulait dire que s'il lui arrivait de poser le pied dans quelque chose, il n'y avait pas besoin de regarder pour parier que c'était quelque chose de sale plutôt qu'un porte-monnaie rempli de pièces d'or.

L'Homme commença a soupçonner que peut-être on ne l'avait pas jeté dans cette vallée de larmes pour manger toute la journée des glaces à la fraise en regardant le feu d'artifice. Il comprit que le monde était méchant et qu'il était, lui Homme, tout seul au milieu, et tout nu, et avec toutes ces guêpes.

Seul contre l'Univers...C'est vache. Mais grand. L'Homme, d'abord accablé, releva la tête. Il décida de faire face. Crânement. Il regarda le ciel droit dans les yeux et il lui tira la langue. Et puis il courut vite se cacher derrière sa Femme. Plus tard, à tête reposée, l'Homme fit le bilan de la situation. Il y avait beaucoup plus de choses miam-miam que de choses caca, ça c'était vrai. Mais il y en avait quand-même quelques-unes. En faisant bien attention, on devait pouvoir arriver à laisser les choses caca pour les copains et à se garder toutes les choses miam-miam pour soi. Ça devait sûrement être faisable. Et en effet.

Après ça, l'Homme apprit à être content en dedans sans avoir l'air tellement content au-dehors. Il était devenu SOURNOIS. Il vécut plus longtemps. Ensuite il dit aux autres que l'agréable c'est pas tout dans la vie, qu'il y a aussi la fierté de vaincre ses penchants, que le travail est meilleur que le repos, la faim meilleure que le rot, la soif meilleure que l'ivresse, la pauvreté meilleure que la richesse et la chasteté meilleure que la femme. Les autres faisaient semblant de croire ça pour pouvoir en dire autant.

L'Homme était devenu MORAL.

Cette fois, il ne lui manquait plus grand-chose.

Les choses caca, je ne vais pas vous les énumérer. Il y en a trop. Et puis, je préfère vous laisser le plaisir de les découvrir par vous-même.

Pour les choses miam-miam, vous ne m'avez pas attendu. Il faut quand-même que je vous dise que ce n'est pas aussi simple qu'on pourrait le croire, comme ça, à première vue. Il y a les choses un tout petit peu miam-miam et les choses énormément miam-miamissimes. Et entre les deux il y a les intermédiaires. D'ailleurs, une même chose peut-être plus ou moins miam-miam, ça dépend des détails. Mais là, il faut déjà être connaisseur pour apprécier. Par exemple, manger quand on a faim, c'est bon. Manger encore quand on n'a plus faim, c'est très bon. Se faire vomir pour recommencer à manger, c'est très très bon. Faire tout ça devant un pauvre qui a très faim et rien à manger, c'est exquis suprême voluptueusement très bon.

De même pour la boisson. Tous les gourmets un peu raffinés vous diront que l'important ce n'est pas tellement la forme de la bouteille, mais surtout que le machin qu'il y a dedans vous saoule la gueule bien bien. Et vite fait.

L'Homme, toujours feignant et efficace, décida que les choses miam-miam s'appelleraient les PÉCHÉS. C'était moins long à dire et on comprenait presque aussi bien, une fois qu'on savait. Les choses caca, il les baptisa VERTUS.

Les choses les meilleures de toutes, il les nomma PÉCHÉS CAPITAUX, ce qui veut dire que les pauvres n'avaient pas à y fourrer leurs pattes sales. Les péchés capitaux étaient réservés aux riches, qui sont tellement plus capables d'apprécier ce qui est bon. Si un pauvre y touchait, crac, il allait en enfer. Et en plus il ne trouvait pas ça tellement bon, à cause du manque d'habitude, forcément, et alors il se disait qu'il était vraiment volé de tous les côtés. C'était bien fait.

Les pauvres ne savaient pas très bien ce que c'était que l'enfer, mais ils pensaient que c'était un endroit encore plus moche qu'ici, et ça suffisait. Les riches savaient ce que c'est que l'enfer : c'est être pauvre. Les pauvres se réjouissaient de ne pas aller en enfer, les riches de ne pas y être, tout le monde était content, et s'il y avait parfois des révolutions c'était seulement pour entretenir la santé du corps.

François Cavanna, ...Et le singe devint con.

L'aurore de l'humanité, I, Seizième leçon, Blefond, 1984, pp. 157-160.

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mardi 16 juin 2009

La police française à bien des leçons à recevoir du Danemark !

La France est en passe de devenir un État policier, et ce n'est pas vraiment surprenant vu que son Président de la République actuel était auparavant ministre de l'intérieur.

Alors qu'en France, de plus en plus de rapports et de plaintes s'empilent sur les bureaux de l'administration judiciaire et, à ce qu'il paraît, que des enquêtes internes sont menées sur lesdits  policiers et autres agents des forces de l'ordre usant et abusant avec brutalité de l'exercice de leurs fonctions, tout ne fait qu'empirer pour les Français. Quand un simple contrôle d'idendité ne vire pas à la garde à vue avec humiliations diverses (ici), quand une manifestation ne vire pas au drame parce que des policiers en civil se faisant passer pour des manifestants provoquent les gendarmes pour que les vrais manifestants soient ensuite accusés d'être des fauteurs de troubles et les manifestations petit à petit interdites en France (ici ou ), quand ce ne sont pas des CRS eux-mêmes qui jettent des pierres sur les manifestants (ici), les forces de l'ordre françaises, police ou gendarmerie confondues, ont pris comme fâcheuse habitude de verbaliser à tour de bras, sans explication ni dialogue, ce qui, entre personnes habitant le même pays, parlant la même langue, vivant les mêmes difficultés sociales et les mêmes enjeux de société, est vraiment regrettable.

Qu'à cela ne tienne ! Le Danemark, pays du Nord dont le climat plutôt frais permet à ses habitants de garder la tête froide, les idées claires et le coeur chaud en cas de conflits et de difficultés, donne l'exemple : quand des cyclistes roulent sans casque, les policiers danois, au lieu de les verbaliser, leur offrent un casque, et un câlin (un « free hugg » comme on dit en anglais) ! Le message, quoi qu'inattendu, est tout à fait clair, et amical : on ne vous arrête pas pour vous sanctionner, mais pour votre bien et pour vous protéger. De quoi donner envie d'aller habiter au Danemark ! Voir ici !

Ici, on rêve donc qu'au bruit assourdissant des bottes, chaque jour un peu plus fort, succède celui des cris de joie et les rires des citoyens, réconciliés avec les personnes censées les protéger et veiller sur eux.

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vendredi 5 juin 2009

Les ministres français : de promesses non tenues en promesses non tenues ?

Le gouvernement actuel peut se voir décerner sans conteste plusieurs palmes : celle des meilleures capacités oratoires, celles des meilleures techniques de manipulation de l'opinion publique, celle des plus grands effets d'annonce.

En effet, sur ce dernier point, certains membres du gouvernement sont très forts pour annoncer des choses qui satisfont leur auditoire : que ce soit à l'attention des français inquiets, des français en colère, des français mécontents, ou des français qui n'ont rien demandé mais à qui l'on dit que telle ou telle nouvelle mesure est prise pour leur bien, dans leur intérêt.

Aussi, une de leurs techniques préférées est celle-ci : c'est de déclarer qu'une enquête a été ouverte.

C'est une des phrases magiques qui marchent avec à peu près tous les français, comme une technique d'hypnose !

En entendant cette phrase, les français se disent : Ah ! C'est bien, c'est la bonne réaction ! On peut lui faire confiance ! Sauf que...

On n'entend jamais parler des résultats de l'enquête...et les français d'ailleurs, tranquillisés sur le moment par cette déclaration au pouvoir quasi magique (mais là, on serait plutôt dans la « magie noire », en se plaçant dans un registre à la Harry Potter), ont même oublié qu'ils voulaient savoir quelque chose.

Faites un effort, et rappelez-vous par exemple des déclarations de la ministre de la défense, Michèle Alliot-Marie, déclarant, suite aux incroyables agissements de la police française lors du passage de la flamme Olympique à Paris (voir ici) qu'une enquête serait ouverte pour déterminer ce qui s'était passé. Cela fait des mois que cette déclaration a eu lieu, les résultats de l'enquête ont forcément été communiqués à la Ministre, qui s'est engagée publiquement, mais rien n'a été dit aux français. Autre exemple, en janvier dernier, le ministre de l'écologie Jean-Louis Borloo déclarait qu'une enquête était  ouverte au sujet de la Cogéma, société d'exploitation des centrales nucléaires françaises, dont un documentaire montrait les dépôts illégaux de déchets hautement radioactifs à ciel ouvert dans différentes régions de France (voir ici). On attend toujours les résultats de l'enquête...

Cette question est une question fondamentale, il s'agit d'un des fonctionnements à réformer d'urgence dans le fonctionnement démocratique français.

Les ministres doivent s'engager fermement et clairement auprès des français, et leurs promesses doivent être accompagnées d'échéances visibles et accessibles par tous.

À l'époque d'internet, il serait tout à fait exigible qu'élus et ministres publient au jour le jour sur internet leur agenda, et qu'y figurent les dates prises pour les comptes-rendus et bilans à faire aux français, notamment quand il s'agit de promesses et d'engagements sur des sujets importants, comme dans les deux cas exposés ci-dessus.

Les élus sont les employés des français : ils doivent leur rendre des comptes, être clairs, transparents et irréprochables.

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jeudi 4 juin 2009

Pourquoi la France n'est plus une démocratie ?

Il ne faut pas confondre une démocratie de papier avec une démocratie réelle.

Si, dans les principes institués, la France est une démocratie, de par son mode d'élection, dans les faits elle n'en est pas une, car une fois élus, les politiques sont sans contrôle et sont tout permis, ou presque.

Ce système démocratique institué est tout à fait correct, si les élus représentent vraiment leurs électeurs, auquel cas leur décisions seront toujours le reflet, comme un miroir représente fidèlement l'image reflétée, des idées, des attentes et des volontés de leurs électeurs.

Or depuis quelques années, cette représentation des français a cessé. Quel que soit le groupe politique que l'on regarde, gouvernement, sénat, chef de l'État, chacun ne gouverne que pour lui-même, ou pour son groupe d'appartenance politique, au mépris quasi total des français, devenue une population qui doit obéir sans contester à leurs décisions.

Quand un élu s'oppose à son électorat, quand un élu ou un gouvernement s'oppose aux français alors qu'ils leur doivent d'être là où ils sont, on peut dire que la rupture est consommée, et que leur situation n'a plus lieu d'être. Un élu ou un gouvernement qui s'oppose au peuple pour lequel il devrait travailler est illégitime, et doit cesser.

La France n'est une démocratie que par son mode électoral, mais pas dans son fonctionnement réel et quotidien. Et si l'on observe le fonctionnement électoral, on constate même qu'il est bien imparfait et dérisoire.

En effet, si l'expression de la démocratie passe par l'acte de voter, combien de minutes dans une vie exerçons-nous l'acte démocratique ? Sachant qu'un bulletin de vote met une fraction de seconde pour atteindre le fond de l'urne...cela ne fait probablement pas une minute dans toute une vie, même pour le votant le plus assidu !

Et une fois les élections passées, il faudra attendre les nouvelles au citoyen pour s'exprimer sur la vie démocratique qui s'est écoulée entre ces deux intervalles de temps, avec un choix bien pauvre et rudimentaire qui pourrait se résumer par « j'accepte ou je refuse », « je fais confiance à nouveau ou je ne fais plus confiance ».

C'est une situation grotesque, arriérée et intenable aujourd'hui. Nous ne devons plus accepter que la démocratie en France s'exerce de cette façon !


Quelles alternatives mettre en place ?

D'abord solliciter davantage les citoyens pour les décisions dans toutes les insitutions politiques, de la plus locale à la plus européenne : dans les Mairies, les Conseils Généraux, les Conseils Régionaux, l'État, et pour les lois votées au Parlement Européen par les élus français. Et pour cela, nous avons déjà de bons exemples avec la « démocratie participative », telle que pratiquée en Suisse. Le terme de « démocratie participative » est en lui-même un abus de langage, puisqu'être en démocratie, c'est, pour un citoyen, participer à la vie sociale, et la créer au quotidien, en s'exprimant le plus possible et en apportant le plus souvent possible sa pierre à l'édifice. Cette organisation démocratique telle que nous la trouvons en Suisse n'est donc qu'une version bien trop tardive de ce qu'aurait dû être dès le départ le fonctionnement réel de la démocratie dans tous les pays dits « démocratiques ».

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