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jeudi 27 mars 2008

Nicolas Sarkozy, l'OTAN et la guerre de la France en Afghanistan.

République des lettres 26 Mars 2008 .

Dans un entretien accordé ce 26 mars à la radio britannique BBC, Nicolas Sarkozy a de nouveau justifié le renforcement annoncé de la partipation française à la guerre en Afghanistan. À la question "Allez-vous envoyer plus de troupes en Afghanistan ?", le président de la République a répondu dans le plus pur style bushien sur l'Irak: "Est-ce que l'on peut se permettre, nous, l'Alliance, les alliés, de perdre en Afghanistan ? La réponse est non. Parce qu'en Afghanistan se joue une partie de la lutte contre le terrorisme mondial, donc on doit gagner. [...] Est-ce que la France veut partir, la réponse est non."

Selon les informations de plusieurs sources, dont celles du quotidien britannique The Times, non démenti, Nicolas Sarkozy a d'ores et déjà décidé d'envoyer plus d'un millier de soldats français supplémentaires en Afghanistan, répondant ainsi aux voeux pressants de

L'occasion est trop belle pour le très atlantiste Nicolas Sarkozy qui ne demande rien tant que d'engager la France aux côtés des néo-conservateurs américains dans leur guerre de "civilisation" contre l'Islam. Pour cela, il souhaite ardemment réintégrer Paris dans le commandement de l'OTAN, ce "machin" inutile selon les termes du Général de Gaulle (qui a choisi lui, en 1966, de quitter l'organisation pour développer une politique de défense indépendante des Etats-Unis).

Même s'il faut pour cela reproduire les erreurs stratégiques de l'administration Bush en Irak, c'est-à-dire envahir un pays pour y semer le chaos, générer des dizaines de milliers de morts et renforcer l'Islamisme radical ainsi que les luttes interconfessionnelles et la haine de l'Occident. Quitte aussi à augmenter dangeureusement le risque d'attentats terroristes sur le territoire français, comme le promettent Al-Qaeda et les divers groupes de l'armée de l'ombre d'Oussama Ben Laden.

En dépit même des réticences de hauts militaires français comme le général Jean-Louis Georgelin qui craint une "logique d'escalade" et un futur bourbier pour l'armée française, la décision de déployer un nouveau bataillon de soldats français devrait être annoncée officiellement la semaine prochaine à Bucarest, lors du sommet des chefs d'Etat de l'OTAN, qui célèbre cette année son 60e anniversaire.

De nouvelles initiatives pourraient aussi être prises à partir de juillet prochain, lorsque Nicolas Sarkozy accèdera à la présidence de l'Union Européenne. George W. Bush lui a déjà recommandé avec insistance d'utiliser sa présidence pour augmenter les dépenses militaires afin que l'Europe puisse jouer un plus grand rôle dans les conflits que mène l'Empire contre le

Le président français est tout acquis à la cause, affirmant à ce sujet qu'il est "essentiel d'exprimer avec clarté que la France se situe dans sa famille occidentale et quelles sont les valeurs qui sont pour elle essentielles" (Discours de Nicolas Sarkozy devant le corps diplomatique français, 18 janvier 2008).

Sans qu'aucun débat n'ait jamais eu lieu au Parlement, la France a déjà envoyé plus de 1.500 soldats en Afghanistan (2.200 si l'on compte l'ensemble du "théâtre afghan", c'est-à-dire les bases au Tadjikistan et au Kirghizistan et les bateaux de guerre patrouillant dans l'Océan Indien). L'opposition et les médias ne parlent pas, ou très peu, de ce qui se révèle bel et bien au fil des années comme une véritable guerre dans laquelle la France s'est engagée quelque peu légèrement en 2001, apparemment dans le sul but d'afficher son soutien aux Etats-Unis après l'attentat contre les tours du World Trade Center.

Seul

Une quinzaine de militaires français -- peut-être plus car l'armée répugne à donner des chiffres officiels -- sont déjà morts, et 110 blessés, dans ce conflit où l'armée française remplit les missions que lui donne non seulement l'OTAN, mais aussi directement le commandement américain dans le cadre de son Opération Enduring Freedom ("Opération Liberté Immuable").

Outre la sécurisation de Kaboul et la formation des officiers de l'armée afghane, les soldats français participent activement aux combats contre les Talibans. 150 à 250 membres des forces spéciales sont prévus d'être envoyés de nouveau dans les régions frontalières sous contrôle des groupes armés d'Al-Quaïda et des chefs de tribu qui lui sont favorables. Des hélicoptères, des avions cargo et six avions de chasse de l'armée française -- auxquels seront bientôt adjoints de nouveaux Mirage tricolores -- opèrent depuis la base US de Kandahar pour surveiller et bombarder quasi quotidiennement les groupes islamistes, quand ce n'est pas la population civile afghane (25 bavures mortelles des troupes de l'OTAN sur des civils ont été dénombrées l'année dernière).

Au total, pour la seule année 2007, on décompte plus de 6.000 morts dans les combats, dont 1.000 appartenant aux forces de sécurité afghanes et 200 soldats de la coalition occidentale. Les Canadiens, qui ont déployé 2.500 soldats dans le sud de l'Afghanistan, zone où les combats sont les plus violents, ont perdu à eux seuls 80 hommes. C'est aussi à ces derniers, ou plutôt au premier ministre canadien Stephen Harper, bushien néoconservateur et militant sioniste convaincu, que Nicolas Sarkozy répond aujourd'hui par l'envoi de nouvelles troupes, car ils menaçaient de quitter l'Afghanistan avant l'année prochaine si l'Europe ne participait pas plus activement aux combats.


Pour mémoire, il n'est pas inutile de rappeler que c'est Washington qui, dans les années '80, a financé et armé les futurs Taliban afghans, appelés à l'époque "combattants de la liberté", pour lutter alors contre "l'envahisseur" soviétique

Jack Lang vient de demander récemment, dans un communiqué adressé au Premier ministre François Fillon, "de consulter le Parlement au sujet de l'envoi éventuel de troupes supplémentaires en Afghanistan". Le député socialiste s'interroge, alors que "les opérations de l'OTAN dans ce pays sont un demi échec" [...] "sur l'efficacité et la légitimité de renforts militaires français supplémentaires au moment même où d'autres pays tels l'Allemagne ou la Turquie entreprennent eux de se désengager".
monde arabo-musulman (Proche-Orient, Irak, Afghanistan, Iran, etc) au nom de la "guerre contre le terrorisme".
George W. Bush. Malgré la présence de 20.000 GI's et d'environ 50.000 hommes de la Force Internationale d'Assistance à la Sécurité (ISAF), bras armé de l'OTAN sous commandement américain, les militaires ne parviennent en effet pas à contenir l'insurrection islamiste qui contrôle désormais les deux tiers du pays que tente de gouverner Hamid Karzaï. Et les américains, embourbés dans un désastre qui ressemble de plus en plus à celui de l'Irak, supplient désormais les Européens de leur venir en aide, en particulier dans le sud du pays, fief des talibans.

Auteur : La République des Lettres, mercredi 26 mars 2008
URL : http://www.republique-des-lettres.fr/10355-guerre-afghanistan.php

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mercredi 26 mars 2008

John McCain a félicité sarko pour l'envoi de renforts français en Afghanistan

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mardi 25 mars 2008

A Pâques 60.000 Allemands ont défilé pour la paix, dénonçant notamment l'engagement de l'armée allemande en Afghanistan.

A Pâques 60.000 Allemands ont défilé pour la paix, dénonçant notamment l'engagement de l'armée allemande en Afghanistan.
Le Figaro 23/03

Quelque 60.000 personnes, selon les organisateurs, ont participé en Allemagne tout au long du week-end de Pâques à des dizaines de rassemblements pacifistes, pour dénoncer entre autres l'engagement de l'armée allemande en Afghanistan.
Au total, environ 70 manifestations ont eu lieu depuis samedi a indiqué un porte-parole des organisateurs à Francfort (ouest). Outre l'Afghanistan, les défilés avaient notamment pour thème la situation au Tibet et en Irak.

Depuis les années 1950, le mouvement pacifiste allemand a pris l'habitude d'organiser des manifestations à travers tout le pays durant le week-end de Pâques. Les défilés de cette année, qui malgré une météo glaciale ont réuni 10.000 manifestants de plus que l'an dernier, ont montré que la tradition était toujours "extrêmement vivante et nécessaire", a ajouté ce porte-parole.

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La Croix – 23/03/08

BERLIN - Des milliers d'Allemands dans des manifestations pacifistes pour Pâques

Des milliers de personnes ont participé en Allemagne à des dizaines de rassemblements pacifistes organisés tout au long du week-end de Pâques, selon les polices et associations à travers le pays.

Au total, environ 90 manifestations étaient programmées samedi et dimanche.

L'une se tenait dimanche à proximité d'un ancien terrain de tir soviétique dans le Brandebourg (est) appelé le "bombodrome", pour protester contre sa réouverture prévue par l'armée allemande. Une autre près d'un ancien terrain d'exercices militaires à Ohrdruf en Thuringe.

Des centaines de personnes se sont aussi réunies à Francfort-sur-l'Oder, à la frontière germano-polonaise, tandis qu'une centaine ont participé dimanche à une manifestation à vélo, entre Essen et Bochum (ouest), placée sous le slogan "L'Allemagne hors d'Afghanistan!".

Comme un peu partout dans le monde, des responsables des communautés catholique et protestante ont lancé des appels à la paix.

L'évêque d'Eichstätt en Bavière (sud), Gregor Maria Hanke, a aussi appelé les chrétiens à faire entendre leur voix contre "l'oppression politique" subie par les Tibétains.

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lundi 24 mars 2008

Ajustement de la dissuasion : l'armée de l'air inquiète

vendredi 21 mars 2008 – Le Parisien

L'armée de l'air s'est inquiétée vendredi des conséquences de l'annonce par Nicolas Sarkozy de la réduction «d'un tiers» de la composante aéroportée de la force de dissuasion nucléaire, cette réduction ne devant pas affecter la marine, selon une source proche du dossier.

«On ne sait pas encore quel impact cela aura sur nous», a indiqué un officier de l'armée de l'air, sous couvert de l'anonymat.

«Le président a dit qu'il réduisait le nombre de missiles et d'avions, cela aura-t-il aussi des conséquences sur le nombre total de commandes du Rafale?», s'est-il interrogé.

La France doit s'équiper de 294 Rafale (dont 60 pour la marine). 120 ont déjà été commandés et 54 livrés à ce jour (35 à l'armée de l'air, dont 27 opérationnels, et 19 à la marine).

Quant à la composante aéroportée de la dissuasion, elle repose sur une soixantaine de Mirage 2000-N et des Super Etendard de la Marine nationale embarqués à bord du porte-avions Charles de Gaulle.

Invoquant le «principe de stricte suffisance», le président Sarkozy a annoncé vendredi à Cherbourg une «nouvelle mesure de désarmement». «La composante aéroportée, le nombre d'armes nucléaires, de missiles, et d'avions sera réduit d'un tiers», a-t-il indiqué sans plus de détails sur le calendrier et les appareils concernés.

L'armée de l'air dispose de trois escadrons de Mirage 2000-N, basés pour deux d'entre eux à Luxeuil (Haute-Saône) et pour le troisième à Istres (Bouches-du-Rhône). «L'un d'entre eux va-t-il être supprimé ou ses appareils seront-ils reconvertis dans des missions d'assaut conventionnels ?», s'est demandé cet officier, après avoir souligné que les Mirage 2000-N sont prévus pour voler jusqu'en 2025.

Les premiers Rafale dédiés à la mission nucléaire doivent entrer en service en 2009 à Saint-Dizier où l'escadron devrait être au complet avec vingt appareils à l'horizon 2010/2011.

La Marine ne sera pas concernée par la réduction du nombre d'appareils, a-t-on affirmé de source proche du dossier. «Ses Super Etendard embarqués à bord du porte-avions Charles de Gaulle et les Rafale marine qui leur succèderont ne sont pas dédiés à la seule dissuasion», a-t-on fait valoir.

Il y aurait eu ainsi «peu à gagner», d'autant que «le Charles de Gaulle a été conçu dès l'origine pour faire coexister des armes nucléaires avec sa propre propulsion nucléaire, ce qui représentait une contrainte et des investissements extrêmement lourds, déjà consentis», a-t-on précisé de même source.

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samedi 22 mars 2008

Défense : Sarkozy confirme l'option nucléaire - Téhéran pointé du doigt.

Europe1 - 21/03/08

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Nicolas Sarkozy, à Cherbourg pour inaugurer le sous-marin Le Terrible, en a profité vendredi pour parler dans la longueur défense et dissuasion nucléaire pour la première fois depuis son élection. Le président français a d'abord déclaré que le budget de la défense française ne baisserait pas. Mais Nicolas Sarkozy a annoncé la réduction "d'un tiers" de la composante aéroportée (avions, missiles) de la force de dissuasion nucléaire qui reste une donnée-clé de la défense française selon le chef de l'Etat.

Nicolas Sarkozy a en fait annoncé un aménagement de l'outil  de dissuasion nucléaire qui a été qualifié d'"assurance-vie de la Nation". Dans le détail, les 60 avions Mirage 2000-N dotés du missile nucléaire ASMP à tête nucléaire ne seront remplacés à partir de 2009 que par une flotte d'une quarantaine d'exemplaires, plus performants, du nouveau chasseur polyvalent Rafale équipés d'engins nucléaires de nouvelle génération. Un ajustement qui répond selon le président de la République au "principe de stricte suffisance". La France "maintient son arsenal au niveau le plus bas possible, compatible avec le contexte stratégique", a-t-il expliqué.

Téhéran pointé du doigt. Nicolas Sarkozy a estimé que la sécurité de l'Europe "est en jeu" parce que certains pays, notamment l'Iran, "développent à marche forcée des capacités balistiques". "Tous ceux qui menaceraient de s'en prendre à nos intérêts vitaux s'exposeraient à une riposte nucléaire sévère, entraînant des dommages inacceptables pour eux, hors de proportions de leurs objectifs", a fermement rappelé Nicolas Sarkozy !

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Placide - http://www.leplacide.com/

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vendredi 21 mars 2008

Nicolas Sarkozy inaugure un sous-marin nucléaire tout en plaidant pour le désarmement

Libération - 20/03/2008 - Jean-Dominique Merchet

Nicolas Sarkozy se rend demain, vendredi, à l'arsenal de Cherbourg pour le lancement du Terrible, le quatrième et dernier sous-marin lanceur d'engins (SNLE) de la classe Le Triomphant . A cette occasion, le président de la République prononcera un discours sur la défense.

Il plaidera notamment pour une relance du désarmement nucléaire et confirmera le maintien de la deuxième composante (air) des forces nucléaires, qui seront toutefois réduites.

Le Terrible sera le premier SNLE a être équipé du nouveau missile M51, qui aura une portée "réellement intercontinentale", donnant à la France la capacité de frapper partout dans le monde, en particulier jusqu'en Chine. Un troisième essai du M51 devrait avoir lieu prochainement. Il s'agira du premier tir depuis le bassin de Biscarosse (Landes), qui permet de reproduire les conditions d'un tir en plongée avec le système de chasse à l'air comprimé. Pour les essais, les M51 sont tirés dans l'Atlantique nord, au large du Canada.

Voici, en avant-première, les principaux points que le président Sarkozy abordera dans son discours de Cherbourg.

1) Les réformes à venir. "Le modèle d'armée 2015 est à l'évidence hors d'atteinte" explique-t-on à l'Elysée, où l'on critique l'"absence de réalisme" des années précédentes.  "Nous sommes face à un problème redoutable, un mur financier. Pour mettre en oeuvre les engagements pris, il faudrait augmenter de six milliards par an les crédits d'équipement (+ 40%). C'est incompatible avec nos finances publiques. Il faut donc des moyens plus réalistes. Des choix doivent, à l'évidence, intervenir. Les crédits de la défense seront maintenus au niveau actuel, autour de 2% du PIB. Ils ne baisseront pas en euros constants". Le président de la République ne devrait pas se prononcer sur les réductions d'effectifs ou l'avenir des grands programmes. On rappellera à l'Elysée son "attachement à un second porte-avions."

2) La dissuasion nucléaire. Les deux composantes (sous-marine et aéroportée) seront maintenues, "un choix qui n'allait pas de soi" reconnaît-on dans l'entourage du Président. Toutefois, les Forces aériennes stratégiques (FAS) seront réduites d'un tiers, passant de soixante avions Mirage 2000 N (3 escadrons) à une quarantaine de Rafale. Sur le plan de la doctrine, Nicolas Sarkozy revient à une posture plus traditionnelle. Contrairement à ce que Jacques Chirac avait fait à l'Ile Longue en 2006, il ne "détaillera pas à l'excès" les "intérêts vitaux" qui justifieraient les "hypothèses d'emploi" de l'arme nucléaire. Jacques Chirac avait évoqué l'utilisation du terrorisme par des Etats, la menace des armes de destruction massive non nucléaire ou l'extension des intérêts vitaux à nos "alliés". Nicolas Sarkozy maintient le flou, renforçant ainsi l'incertitude chez l'adversaire potentiel.

3) Le désarmement. Le président de la République va plaider pour la relance du désarmement nucléaire, estimant que la France était "exemplaire" à cet égard. Il rappellera que la France a été le premier pays à ratifier le traité d'interdiction des essais, démanteler son site d'essais dans le Pacifique, réduire ses forces en fermant le plateau d'Albion. Le chef de l'Etat demandera que les Etats qui n'ont pas encore ratifié le traité d'interdiction complète des essais nucléaires (Tice), comme les Etats-Unis et la Chine, le fassent. Il plaidera également pour le démantèlement de tous les sites d'essais (la France étant le seul pays à l'avoir fait ) et pour des "mesures de transparence" au niveau international. Enfin, il souhaite "l'ouverture de négociations internationales pour un traité d'interdiction des missiles sol-sol à courte et moyenne portée". Cette dernière proposition vise notamment à combattre "la prolifération". "Nous avons bien sûr l'Iran à l'esprit" reconnaît-on l'Elysée.

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jeudi 20 mars 2008

Le patron des armées en conflit avec Sarko au sujet de la guerre en Afghanistan

Le Canard Enchaîné du mercredi 20 mars 2008

Le chef d'état-major des armées désapprouve l’envoi de renforts en Afghanistan, tandis que les députés, eux, continuent d’ignorer cette guerre.

La semaine dernière, devant son cabinet, le général Jean-Louis Georgelin, chef d’état-major des armées ne s’est pas renié. « Comme je le répète depuis un moment, a-t-il lancé devant ses collègues étoilés, l’Afghanistan devient un merdier ingérable. Et nous n’avons aucun intérêt à nous y impliquer davantage. »

C’est n’est pas en effet la première fois que le général Georgelin donne de voix. Cela devient presque une tradition. En 2003, Henri Bentegeat, alors chef d’état-major, avait en vain déconseillé à Chirac d’intervenir en Afghanistan. A l’époque, le prédécesseur de Sarkozy souhaitait renouer avec Bush et prouver sa volonté d’engager le combat contre le « terrorisme international ».

C’est dire s’il est remarquable que deux patrons des armées successifs aient pris des positions aussi critiques sur la participation de la France à une guerre. Alors que, depuis 2003 et jusqu’à aujourd’hui, députés et dirigeants politiques n’ont pas ouvert la bouche sur le sujet. Que ce soit pour saluer avec ferveur ou désapprouver l’envoi de soldats français sur le front afghan…

Généraux en retraite

Dès l’élection présidentielle, puis en septembre 2007, « Le Canard » avait annoncé que Sarkozy comptait accroître l’engagement français dans ce conflit. Et il n’en démordra pas. A Bucarest, lors du sommet de l’OTAN, du 2 au 4 avril prochain, il révélera l’importance des renforts qui partiront vers Kaboul. Ceci malgré les réticences du Général Georgelin, qui craint de voir des unités française piégées « dans une logique d’escalade », semblable à celle que connaît l’Irak, et considérées comme une force d’occupation dans un narco-Etat, premier producteur mondial d’opium.

Le patron des armées devra en rabattre. Faute d’avoir pu ramener Sarko à ses vues, il se dit favorable à un « déplacement géographique » d’une partie du contingent français vers une zone où opèrent les talibans, plutôt qu’à une augmentation de ses effectifs. De même, le général accepte l’envoi de 250 membres des « forces spéciales » et le déploiement de nouveaux avions de combat au côté des Rafale déjà sur place. Le patron de l’armée de terre, Bruno Cruche et d’autres généraux se montrent tout aussi prudents que Georgelin. Car, dit l’un deux, « on est aux limites de nos capacités en effectifs. »

Sarkozy n’ignore pourtant pas dans quel guêpier il se fourvoie. Et s’il lit les documents qu’on lui transmet, il doit savoir ce qui suit. Depuis 2003, le nombre des militaires alliés présents en Afghanistan (aujourd’hui 50 000 hommes) a plus que quadruplé. Quand au secrétaire général de l’OTAN, Hoop Scheffer, il vient d’annoncer qu’il faudra y combattre les insurgés jusqu’en 2013, au minimum !

Autre excellente nouvelle transmise à l’OTAN par l’américain Michael McDonnel, directeur national du renseignement US : les talibans ainsi que les chefs de tribus qui leur sont favorables contrôlent 70% du territoire afghan. Et le même de proposer d’installer des bases de combat contre la rébellion le long des 2 500 kilomètres de frontières montagneuses entre l’Afghanistan et le Pakistan. Un doux rêve…

Plus raisonnable paraît être le général US James Jones, ancien commandant en chef des forces de l’OTAN. Dans un document élaboré sous sa responsabilité et transmis au siège de l’Alliance Atlantique, il affirme péremptoire : « l’OTAN n’est pas en train de gagner la guerre en Afghanistan ! ».

Mais rien de tout cela ne peut arrêter Sarkozy sur le sentier de la guerre auprès de l’ami américain. Aussi a-t-il décidé de créer une base française à Abou Dhabi, à 200 kilomètres des côtes iraniennes. Sans que cette initiative belliqueuse provoque, bien sûr, le moindre débat au Conseil des ministres ou à l’assemblée …  ???

Posté par werdna à 13:25 - Armée - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Plus de 50.000 postes en moins à la Défense, selon la RGPP

Libéblog - 19/03/2008 - Jean-Dominique Merchet

Un document du ministère de la Défense, que Le Point révèle, indique que les réductions d'effectifs porteraient sur 51.795 emplois militaires et civils, sur la période 2008-2015. 

Les effectifs militaires baisseraient de 32.703 et les civils de la Défense de 19.092.  Les "externalisations", c'est-à-dire les transferts vers le privé, porteraient sur 16.829 postes et seraient comptabilisés dans les "réductions". 53 sites seraient fermés et 109 autres allegés. Les forces et les soutiens seraient regroupés sur de grandes "Bases de défense".

Ces chiffres, qui reprennent le scénario S 2-1, sont les propositions du groupe de travail de la Revision générale des politiques publiques, dirigé par le préfet François Lépine et le contrôleur général des armées Dominique Conort. Ce document, daté du 7 mars, reste un document de travail. Sans doute affiné, il doit être présenté au ministre de la Défense Hervé Morin, mardi 25 mars.

Ces chiffres suscitent la colère des militaires contre les "ayatollahs" de la RGPP. "Avec de telles réductions, nous ne pourrons plus remplir nos missions" affirme une source militaire. "C'est une proposition, mais il y en a d'autres comme celle de l'Etat-major des armées". Les militaires demandent que les réductions soient moins importantes et surtout plus étalées dans le temps. Les armées redoutent que ces coupes claires se traduisent par un coup de frein au recrutement, ce qui aurait pour conséquence de déséquilibrer la pyramide des âges des forces. Or, un grenadier-voltigeur se doit d'être jeune...

L'intervention du ministre devant les chefs de corps, déjà reportée une fois, est prévue pour le 8 avril. Au vu de l'inquiétude dans les rangs, il a intérêt d'arriver avec du grain à moudre. Comme le dit un officier, "ce n'est pas pour voir notre armée déclassée que l'on a voté pour Sarkozy".

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La RGPP ou la REFORME DE L’ETAT

Qui a entendu parler de la « RGPP » ? Pas grand monde, bien qu’à l’Elysée, à Matignon et dans tous les ministères, on n’ait en ce moment que ce mot à la bouche. La RGPP, c’est le petit nom de la « révision générale des politiques publiques », engagée en plein mois de juillet par le président de la République. Cette réforme importée du Canada devrait plutôt s’appeler « privatisation générale des services publics », mais Nicolas Sarkozy préfère ne pas formuler les choses ainsi... « Dès cet été, une révision générale des politiques publiques, à l’instar de celle réalisée par le Canada au milieu des années 90, sera entreprise, écrit-il dans ses lettres de mission aux membres du gouvernement Fillon.

La RGPP, c’est la réforme clé dont on n’entend pas parler parce que a priori personne - pas même les journalistes - n’y comprend rien. C’est pourtant, sous son enrobage technicoadministratif, la plus idéologique, « un choc politique », selon François Fillon. Elle innerve les autres réformes (université, service minimum, justice, management de fonctionnaires...), fait trembler d’émotion les experts économiques de sensibilité libérale, qui voient le Grand Soir arriver. « Nous n’avons aucun tabou. Aucun tabou. Aucun tabou », a répété Fillon en présentant la RGPP. Peut-être. Toutefois, le gouvernement compte mener ses affaires lumières éteintes et lever le lièvre pendant que les Français seront en vacances...

Des inspecteurs des finances et des équipes d’audit (cabinets de Consulting type Ernst & Young, etc.) farfouillent depuis la mi-juillet « dans tous les coins et recoins » (dixit Eric Woerth, ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique) de l’Administration.

Elles ont présenté dès la rentrée des « scénarios » d’économies au Comité de suivi de la RGPP, piloté par Claude Guéant, Eric Besson, le directeur de cabinet de Fillon et le président du conseil d’administration de BNP Paribas, Michel Pébereau. Ce quatuor de ratiboiseurs se réunira toutes les deux semaines pour étudier les rapports d’audit et fera des propositions de coupes au Conseil de la modernisation des politiques publiques, dirigé par Sarkozy.

Pourquoi faire appel à des cabinets d’audit qui coûtent très cher, alors que ce travail est dans les cordes de la Cour des comptes ? Le gouvernement souhaite-t-il se débarrasser d’une institution gênante au profit du privé ?

Selon Le Cri du contribuable, un journal ultra-libéral auquel Sarkozy a accordé une interview sur la réforme de l’État juste avant la présidentielle, la RGPP s’attaquera en particulier aux hôpitaux, aux allocations et aux formations pour les chômeurs, aux retraites de la fonction publique, aux aides au logement, aux horaires des enseignants.

Pour en savoir plus ...

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mercredi 19 mars 2008

Anniversaire : cinq ans de guerre en Irak et des plaies mondiales

ANDRÉS ALLEMAND | 19 Mars 2008 - 24 h La Suisse

Le conflit a affaibli la position internationale des Etats-Unis et affectera pour longtemps leur autorité. Quant à l'Irak, même débarrassé de Saddam Hussein, il est devenu le pays le plus dangereux du monde.

Mercredi 19 mars 2003. Il est 22 h 15 à Washington, George W. Bush apparaît sur les écrans de télévision américains. «En ce moment, les forces américaines et de la coalition sont dans les premières étapes d'opérations militaires pour désarmer l'Irak», annonce le président. Et il ajoute: «L'Amérique affronte un ennemi qui n'a aucun respect pour les conventions de la guerre et les règles de la morale.» D'ailleurs, «les forces de la coalition feront tout leur possible pour épargner les civils». Les premières explosions s'étaient fait entendre à Bagdad 45 minutes plus tôt. En Irak, il était déjà 5 h 30 du matin, le jeudi 20 mars 2003.

Cinq ans plus tard, plus de 150 000 civils ont perdu la vie, selon l'OMS. Et la donne mondiale a été bouleversée. Paroles d'experts. Victor-Yves Ghebali n'en revient pas: «Divers sondages indiquent que Poutine est plus populaire que Bush dans l'opinion mondiale. C'est dire! Cette guerre d'Irak a vraiment détérioré l'image des Etats-Unis. Il faudra sans doute une génération pour réparer les dégâts.» Professeur à l'Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID), il s'inquiète de «l'érosion de l'état de droit sur le sol américain».

Justice à la carte

En clair: «Bush a menti au citoyen. Il n'y avait pas d'armes de destruction massive en Irak. Et n'y avait aucun lien avec Al-Qaida.» Ce n'est pas tout: «Le gouvernement a instrumentalisé la justice et perpétue un état d'urgence permanent. Il n'y a qu'à voir les mesures exceptionnelles décrétées pour repérer les supposés terroristes au sein de la population.»

Quant au droit de la guerre, il a été tout simplement ignoré. «Après Guantánamo, après Abou Ghraib, après les prisons secrètes et les vols de la CIA avec l'accord des capitales européennes, c'est l'Occident tout entier qui se voit discrédité. Tout le monde a pu constater que les puissants pratiquent le droit à la carte.» «Tout ça pour quoi?» interroge Victor-Yves Ghebali. «Pour contrôler les plus grandes réserves mondiales de pétrole (et ainsi couper l'herbe sous les pieds à la Chine) et sans doute aussi pour placer des bases militaires au coeur du Moyen-Orient. Mais c'est une politique à très court terme», s'étonne le professeur. Ce n'est pas du tout sûr qu'ils pourront en tirer avantage.

En réalité, poursuit notre interlocuteur, l'invasion de l'Irak et la chute de Saddam Hussein ont surtout débarrassé l'Iran d'un voisin belliqueux et du grand ennemi américain, puisque ce dernier a embourbé sa puissante armée dans une occupation interminable. Du coup, Téhéran a les coudées franches et multiplie les provocations: programme nucléaire, armement du Hezbollah libanais et soutien financier au Hamas palestinien, rendant le conflit au Proche-Orient encore plus inextricable. Bref: «Washington s'est tiré une balle dans le pied.»

Paradoxes européens

Et l'Europe, tiraillée entre Londres et Paris? «Profondément divisée sur la guerre en Irak, l'Union européenne a rédigé dans l'urgence le Document Solana définissant les priorités stratégiques du Vieux-Continent en matière de sécurité. A l'époque, tout le monde s'en est moqué: la démarche commune masquait mal la crise interne», se rappelle Stéphane Pfister, chercheur à l'Institut européen de l'Université de Genève. «Pourtant, un tabou venait de tomber. L'UE avait osé affirmer la nécessité de développer des instruments de puissance pour se prémunir contre le terrorisme, les armes de destruction massive ou encore la criminalité organisée.»

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vendredi 14 mars 2008

L'ultime message du dernier poilu

Placide - http://www.leplacide.com/

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Avec Lazare Ponticelli disparaît le dernier combattant français de la guerre de 1914-1918, qui fit dix millions de morts , dont 1,4 million de soldats français: paysans, employés, instituteurs, ouvriers, bretons ou auvergnats, tirailleurs marocains ou sénégalais, tués sur les coteaux de la Marne, dans les tranchées de Verdun ou du Chemin des Dames.

Avec 1,4 million de soldats "morts pour la France", la France a connu une saignée sans précédent : 900 morts en moyenne par jour durant les 51 mois de guerre, du 1er août 1914 au 11 novembre 1918, avec 20.000 tués pour la seule journée du 22 août 1914 en Lorraine.

1,4 million de morts et aussi 3 millions de blessés, dont 1 million d'invalides, amputés ou gazés et 15.000 "Gueules cassées", ces soldats défigurés qui vont rappeler durant des années ce conflit aux Français.

1,4 million de morts et aussi des centaines de milliers de veuves et d'orphelins. Des centaines de milliers de femmes qui remplacent les hommes, partis au front, dans les usines d'armement, les écoles et les hôpitaux.

1,4 million de morts et presque autant de noms inscrits sur les monuments aux morts des 36.000 communes de France, dont une quinzaine seulement n'érigèrent pas de monument car aucun soldat du village n'avait été tué. Mais aussi les mots "Tu ne tueras point" inscrits sur le monument aux morts d'Avion (Pas-de-Calais), ou "Maudite soit la guerre" sur celui de Gentioux (Creuse).

1,4 million de morts, dont des milliers de disparus ou jamais identifiés dans la boue de la Marne ou de Verdun, symbolisés par le Soldat Inconnu qui repose sous la voûte de l'Arc de Triomphe.

1,4 million de morts, la grande majorité dans la "zone rouge" allant de la Mer du Nord à la Suisse avec ces noms gravés dans l'Histoire de France: la bataille de la Marne et ses taxis (septembre 1914); le Bois des Caures, les forts de Douaumont et de Vaux, la "Voie Sacrée" à Verdun (février-décembre 1916); le Chemin des Dames (printemps 1917) et l'échec sanglant de l'offensive Nivelle suivis de mutineries.

1,4 million de morts et les 675 soldats fusillés sous l'uniforme français pour désertion, mutinerie, refus d'obéissance, ou crimes de droit commun, dont 49 au printemps 1917 au Chemin des Dames.

"Plus jamais ça", dirent alors certains poilus. D'autres affirmèrent que cette guerre serait "la der des ders"...

PLacide le 13/03/08

Posté par werdna à 00:06 - Armée - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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