mercredi 7 mai 2008
Tous les deux ans se tient à Paris le supermarché de l’armement : Eurosatory.
Eurosatory, mortelle indifférence, amplifions la contestation !
par G. Krassovsky (*)
L’idée de lutter contre un salon comme symbole de la lutte contre l’armement en général s’appuis sur l’expérience du mouvement belge Forum pour la paix qui en 1997 a réussi à perturber suffisamment le salon de l’armement AFCEA pour que celui-ci déménage dans un autre pays.
En France, en 1996, la CANVA, coordination de l’action non violente de l’Arche de Lanza del Vasto, organise une vigile silencieuse devant l’entrée du salon Eurosatory.
En 1998, se crée, à l’appel du COT-Albi, Collectif des objecteurs de conscience du Tarn, un collectif « Fermons Eurosatory » qui entend dénoncer la tenue de ce salon de l’armement. En 1998 et en 2000, des manifestations communes sont organisées devant l’entrée du salon, en région parisienne. Ces manifestations sont précédées de campagnes de pétitions et de différentes actions de diffusions de tracts sur le sujet.
En 2002, le collectif se divise en deux : « lâche ton arme » regroupe les Quakers, des pacifistes d’obédience protestante et la CANVA, coordination de l’action non-violente de l’Arche de Lanza del Vasto. Reste alors « Fermons Eurosatory » avec des groupes proches d’une sensibilité libertaire. En 2004, seuls ces derniers organisent encore une manifestation à l’occasion d’une soirée organisée dans le sous-sol du musée du louvre. En 2006, l’opposition à ce salon d’armement semble avoir purement et simplement disparu.
Silence, qui depuis le début a toujours relayé ces campagnes, s’interroge alors sur le manque d e dynamisme et provoque, en janvier 2007, une rencontre entre André Bernard, ancien animateur de la revue « Anarchie et non-violence » et Jean-Marie Muller du MAN, Mouvement pour une alternative non-violente pour un débat sur ce qui sépare et ce qui lie les différents mouvements. Nous rencontrons également, en octobre 2007, les militants de l’UPF, Union Pacifiste de France, qui se montrent intéressés pour relancer le collectif « Fermons Eurosatory ».
Une nouvelle manifestation devrait donc se tenir en principe le mardi 17 juin 2008, devant l’entrée du musée du Louvre, où une nouvelle fois un banquet réunira un millier de personnes, tout le gratin du lobby militaro-industriel !
Sortir de l’indifférence ?
La première pétition en 1998 regroupa environ 15 000 signatures… mais il n’y eu que 250 à 300 manifestants. On retrouve sensiblement la même mobilisation en 2000, puis entre 100 et 200 en 2002, autant en 2004.
Pourtant le sujet est d’importance : que l’on songe au poids écologique que représentent les dépenses militaires, que l’on pense aux gouffres financiers et humains que représentent les conflits armés, que l’on pense à la destination de ces armes : près de 80% sont vendues aux pays « pauvres » (« appauvris » ainsi devrait-on plutôt dire)… alors que toutes les études montrent que reconvertir l’industrie d’armement dans des emplois civils ne peut être que bénéfique dans tous les sens du terme.
Comment est-il possible d’essayer de penser « un autre monde » sans prendre en considération l’un des secteurs industriels qui bien qu’officiellement ne pesant que 3-4% de notre activité économique, contrôle plus de 20% du budget de l’Etat (le ministère de la Défense), au moins un tiers de la recherche dite « civile », la quasi-totalité du nucléaire dit « civil », et soutient le développement des technologies sécuritaires présentées une nouvelle fois comme « civiles » (nanotechnologies par exemple).
Sommes-nous tous passivement complices ? Impuissants ? Mal informés ?
Alors que pourtant d’autres campagnes existent sur des thèmes proches : inspections civiles sur les bases militaires contre l’arme nucléaire, campagne de lettres d’Amnesty International pour le contrôle des ventes d’armes, défilé du 14 juillet par des brigades de clowns… pour dénoncer la stupidité des défilés militaires… on peut s’étonner de ne pas être des milliers à manifester contre ces rencontres très particulières. Où sont les réseaux associatifs , Où sont les politiques ?
NON A EUROSATORY !
(*) Georges KRASSOVSKY ou le respect absolu de toute vie
Georges Krassovsky, ce penseur unique, libre comme le souffle de vie, de bon sens et d'intelligence qu'il répand depuis plus de 40 ans. Paix, désarmement, protection de l'environnement et de toute vie… tels sont les maîtres mots de cet humaniste qui n'a cessé d'interpeller les consciences un peu partout dans le monde, parcourant ainsi près de 60 000 kilomètres à vélo.
Il édite, depuis plusieurs décennies deux périodiques (trimestriels). L'un, Le Nouvel Humanisme, bref et concis, vise à promouvoir le Pacte du Fol Espoir. L'autre, Esprit Libre, est le journal de la non appartenance et de la non contrainte.

"De tout temps on a obligé les peuples à faire la guerre. Il est temps maintenant d'obliger les gouvernements à faire la paix"
Déclaration de GK sur FR2 en mars 2003.samedi 3 mai 2008
quatre Mirage 2000-5 s'envolent lundi pour l'Islande
Jean-Dominique Merchet – Libéblog – 02/05/08
Quatre Mirage 2000-5 du Groupe de Chasse 1/2 Cigognes (1) s'envoleront lundi de Dijon pour l'Islande. Comme nous l'annonçions en janvier, ces avions assureront pendant deux mois la défense aérienne de l'île, dans le cadre de l'Alliance atlantique. Membre de l'Otan, l'Islande ne possède pas d'armée et sa défense a longtemps été assurée par les Américains, qui ont quitté la base de Kaflavik en 2005.
La France prend donc, pour la première fois, son tour de garde dans le ciel islandais, comme elle l'avait fait en 2007 dans les pays baltes. Les quatre Mirage 2000-5 rejoindront l'Islande par un vol direct de trois heures, avec ravitaillement en vol. Le détachement air compte environ une centaine d'hommes.
L’été sera meurtrier en Afghanistan
Le Canard Enchaîné du mercredi 30 avril – Claude Angéli
C’est le pronostic du patron US des forces anti-talibans, selon l’Etat-major français…
Présent à la tribune, au côté du président afghan Hamid Karzaï, lors de la parade militaire du 27 avril à Kaboul, le général américain Dan McNeill a échappé, comme son voisin et protégé, à l’attentat monté par les talibans. Avant même de constater, ce jour-là, que les insurgés ne manquaient pas d’audace, et de complicités, le patron des forces alliées ne se faisait guère d’illusions sur les difficultés de sa mission. Malgré les 47 000 soldats et les blindés, avions, hélicos ou drones placés sous ses ordres.
A ses interlocuteurs de l’Etat-major français, le général McNeill n’a jamais caché que ses troupes, dépêchées en Afghanistan par une quarantaine d’Etats, méritaient de recevoir davantage de renforts. Puis, qu’elles allaient devoir camper sur place pendant fort longtemps. Car, à entendre ce pessimiste, il dispose de renseignements sur l’arrivée régulière de nouveaux combattants. « extrémistes », via les zones frontières avec le Pakistan. Ce grand chef US prévoit donc « un été actif », dans le jargon militaire que ses homologues français ont traduit par « un été meurtrier ».
Sans faire état de l’engagement Sarkozyste en Afghanistan – mais il y songe sans doute très fort -, Jean-Claude Mallet qui préside la commission du Livre blanc de la Défense, n’affiche pas plus d’optimisme. Voilà deux semaines, il confiait à quelques députés qu’ « il faut apprendre à vivre dans l’incertitude stratégique ». Puis que « le territoire national et nos concitoyens sont exposés à des risques directs ». Et de citer notamment « le terrorisme » parmi tous ces dangers. Ancien Secrétaire général de la Défense nationale et toujours intéressé par les échanges de renseignements entre services alliés, Mallet ne nous prédit pas seulement un été afghan difficile à vivre.
Même pas une « guerre » selon Sarkozy
Depuis son entrée à l’Elysée, Nicolas Sarkozy tient à montrer à l’ami Bush qu’il prend très au sérieux cette guerre d’Afghanistan. A la télévision, la semaine dernière, pourtant, il rejetait ce terme désagréable de « guerre ». Mais faut-il qualifier de simple promenade militaire le fait d’envoyer au combat un nouveau régiment puis plusieurs Rafale et, dans quelques mois, le valeureux « Charles-de-Gaulle » avec son escadron de Rafale et de Super-étandards chasseurs de talibans ?
Missiles de luxe
Mieux, si l’on ose dire, Sarkozy veut que le spectacle soit aussi éclatant que possible. Il a décidé, mais sans le crier sur les toits, qu’un tout nouveau missile AASM français pourrait y faire ses premières armes. Conçu par la Sagem et monté sur des Rafale déjà sur place, ce bijou a toutes les qualités pour plaire, et la France va en commander 3 000 (pour 450 millions d’euros !). Tiré à haute altitude, à 55 km de sa cible, et guidé jusqu’à l’impact, il atteint celle-ci avec une précision d’un mètre. Et il n’a d’autres rivaux que le Jdam américain et le Spice israélien. On est presque les meilleurs…
Mais cela ne saurait suffire à notre petit foudre de guerre. Sarko a accepté qu’on perfectionne encore ce missile de luxe. Afin qu’il soit capable de balancer sur l’ennemi un explosif de 1 000 kilos ou une tonne de sous munitions (armes à fragmentation aux ravages épouvantables). Selon un expert de la chose militaire, le Président espère que, grâce à l’apport involontaire des talibans à cette démonstration de la qualité France, nos exportateurs pourront bientôt s’en donner à coeur joie.
Toute bavure commise au détriment des populations environnantes ne pouvant être due qu’à une mauvaise définition de la cible choisie, et non à un banal défaut de ce missile performant…
vendredi 2 mai 2008
Les Super-Etendard en Afghanistan: une "escroquerie" ?
Libéblog - Jean-Dominique Merchet – 01/05/08
"En juin il fera 30°C à Kandahar, terrain situé à 1000 m d'altitude. Le Super Etendard est équipé d'un moteur SNECMA Atar 8K50 sans post-combustion qui pousse 5tonnes. Il pèse 6.5t à vide. Emportant 4t de carburant, pour lui permettre de décoller, la charge offerte dans ces conditions sera certainement d'une bombe de 250kg (GBU12) ou (je répéte: OU) d'un pod Damoclès, indique Pietro, un internaute, visiblement au fait de la question et qui qualifie la décision d'engager des Super-Etendard de "dangereuse escroquerie".
A titre de comparaison un A10 emporte deux bombes de 250kg, un pod de désignation, 14 roquettes et... 1200obus de 30mm. Un F15 dans les même conditions décolle avec 8 JDAm et un pod Sniper. Résultat de l'équation 1 F15 = 8 Super Etendards"
"Que vont penser nos alliés, ajoute-t-il, d'une nation qui utilise une installation aéroportuaire dont les contraintes de sécurité sont énormes, qui consomme un pétrole dont l'acheminement par convoi routier en Afghanistan au travers des embuscades et des IED est une gageure ? Et qui fournit une couverture aérienne avec UNE bombe pour DEUX avions?" Pietro estime qu'il est "stupide d'aller jouer les fanfarons tantôt pour montrer que notre rafale est "ops", tantôt pour animer les guerres de clocher entre la marine et l'Armée de l'air".
C'est une opinion tranchée, mais il est difficile de la balayer d'un revers de main. Pourquoi, d'ailleurs, la Marine n'envoie-t-elle pas trois Rafale M F2 à Kandahar?
lundi 28 avril 2008
Carte militaire - Le gouvernement engage une réorganisation à haut risque
LE MONDE | 24.04.08
Lors de sa visite à Bordeaux, mardi 22 avril, le ministre de la défense, Hervé Morin, a eu confirmation - s'il en était besoin - de la mobilisation des personnels concernés par la vaste restructuration en cours de son ministère. Les banderoles et tracts affichant un "non à la casse de l'outil de défense", qui l'ont accueilli à l'entrée de la base aérienne 106 de Mérignac, étaient à l'image de ce qui se passe dans les nombreuses villes de France qui risquent d'être frappées par les décisions d'"abandon de garnison", de fermetures et regroupements de sites, sans compter les réductions d'effectifs de divers régiments.
Ce plan de réorganisation des armées s'inscrit dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP) et de la rédaction du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, qui doit fixer le contrat opérationnel des armées, et donc leurs besoins en hommes et en équipements.
Dans les villes qui risquent d'être touchées par ce bouleversement de la carte militaire, les élus locaux s'inquiètent et multiplient les pressions pour éviter des mesures qui ne manqueront pas d'avoir de lourdes conséquences économiques. A Bordeaux, par exemple, le maire et ancien premier ministre Alain Juppé s'efforce d'obtenir que l'Ecole de santé navale ne soit pas supprimée
.
Le ministre de la défense lui-même s'inquiète des conséquences sociales de son plan. Dans une lettre adressée le 28 mars au premier ministre, dont Le Monde a eu connaissance, M. Morin insiste sur la nécessité de mettre en place rapidement des "outils d'accompagnement social adaptés" à l'ampleur de la réforme et à la spécificité des personnels de la défense
Le ministre souligne que ce plan va entraîner "une modification considérable des implantations territoriales des unités", qui va imposer aux personnels civils concernés une mobilité géographique et fonctionnelle "inédite dans son ampleur".
L'effort du ministère de la défense, poursuit-il, sera supérieur à celui réalisé pour professionnaliser les armées dans la période 1997-2002, qui avait engendré une réduction d'effectifs d'environ 15 000 personnes sur six ans.
Evoquant la prochaine loi de programmation militaire, M. Morin précise que "l'effort attendu sera sans précédent". Selon le ministère de la défense, quelque 6 000 emplois (sur environ 427 000 fonctionnaires, dont 80 000 civils) devraient être supprimés chaque année pendant six ou sept ans.
Dans ce courrier adressé à François Fillon, M. Morin souligne que l'effort envisagé "s'appliquera de façon très importante aux fonctions de soutien, au sein desquelles la population militaire est plutôt en seconde partie de carrière, et dont les perspectives de reconversion sont, en conséquence, plus difficiles".
Le ministre de la défense demande au chef du gouvernement d'envisager rapidement cinq dispositifs d'accompagnement social en contrepartie de cette réduction des effectifs :
une augmentation de l'intégration des militaires au sein de la fonction publique ; la création d'"un pécule modulable d'incitation à une seconde carrière pour les militaires de moins de 50 ans, dont le versement d'une partie du montant sera conditionné par la reprise d'une activité professionnelle" ;
la mise en place d'un congé spécifique destiné à aider les militaires souhaitant créer ou reprendre une entreprise ; la création d'une indemnité spécifique de préparation à la reconversion ;
et, enfin, la prorogation, "pour une durée à définir, des dispositifs de départ liés à une pension de retraite majorée au profit des seuls militaires de plus de 50 ans, et dont l'application serait étendue aux sous-officiers de carrière".
La réorganisation de la carte militaire va donner lieu à une "densification" d'implantations, par un regroupement de certaines unités, et surtout par la création de quelque quatre-vingt-dix "bases de défense" conçues pour permettre une mutualisation des fonctions de soutien, dans une logique interarmées.
Une étude et une validation "aussi rapide que possible" des textes qui seront nécessaires "consolideraient le maintien d'un climat social apaisé, alors qu'il commence à se tendre avec les partenaires sociaux", souligne M. Morin, qui conclut sa lettre au premier ministre par cette note manuscrite : "Il faut aller vite dans les arbitrages, car nous ne pouvons pas présenter le plan de restructuration si nous ne sommes pas en mesure d'annoncer l'ensemble des mesures d'accompagnement."
Les syndicats des personnels civils de défense ont annoncé une grève nationale peu avant le 19 juin, date à laquelle le ministre compte présenter la liste définitive des sites militaires touchés par la réorganisation des armées.
Armée - Limoges s'inquiète du projet d'"abandon" de sa garnison en 2010
LE MONDE | 24.04.08 | LIMOGES CORRESPONDANTE
Les militaires vont-ils être "limogés" ? Dans la capitale limousine, siège de l'un des quatre états-majors de force en France, aujourd'hui menacé par la réorganisation des implantations de l'armée de terre, le jeu de mots ne fait pas rire.
Inventé par Marcel Proust, le terme "limoger" renvoie aux généraux incompétents expédiés dans la ville par le maréchal Joffre, en 1916.
Aujourd'hui, il ne s'agit pas de recueillir des officiers, bien au contraire : l'abandon de la garnison y serait envisagé pour 2010, selon les hypothèses formulées dans des documents du ministère de la défense.
Près d'un millier de personnes seraient concernées par cette fermeture, dont environ 300 civils. L'état-major de force n° 4 (EMF4), créé en 2000, serait dissous, le 15e bataillon du train aussi.
Les personnels "libérés" seraient affectés à l'EMF2 de Nantes. L'état-major de la 3e brigade mécanisée et la 3e compagnie de commandement et de transmission seraient, d'autre part, transférés à Clermont-Ferrand. Si ces projets se confirment, il n'y aurait donc plus de soldats à Limoges d'ici deux ans.
De la caserne Beaublanc, où se trouvent les états-majors, rien ne filtrait, mardi 22 avril. Sous couvert d'anonymat, certains militaires confient que "c'est l'incertitude pour tout le monde". L'intersyndicale des personnels civils rechigne, elle aussi, à s'exprimer sur "une rumeur". "C'est encore trop tôt, les gens sont très tendus, commente Jean-Paul Fleytou, responsable CGT. Si cela arrivait, ce serait une catastrophe pour l'économie locale."
Au total, avec les familles, "environ 2 300 personnes seraient touchées et beaucoup de cadres vont partir", souligne Vincent Léonie, ancien militaire, devenu responsable des Jeunes actifs de l'UMP en Haute-Vienne. "Cela représente une importante manne financière, ajoute-t-il, de l'ordre de 20 millions d'euros en masse salariale." Selon lui, l'image de la ville en souffrirait : "Les militaires sont les ambassadeurs de Limoges quand ils se rendent en mission à l'étranger."
Inquiets, les parlementaires ont demandé des précisions. "Je n'en sais pas plus", avoue Marie-Françoise Pérol-Dumont, députée PS de la Haute-Vienne, qui a posé une question écrite à l'Assemblée nationale.
Le conseil municipal a adopté une motion d'urgence le 4 avril, pour dénoncer "une mesure qui porte atteinte au bon développement de la ville et de sa population". Alain Rodet, le député et maire de Limoges, devrait rencontrer début mai le ministre de la Défense.
jeudi 24 avril 2008
La cargaison d’armes qui dérange l’Afrique
France Info – 23/04/08
Le "An Yue Jiang" arrivera-t-il à décharger sa cargaison ? Ce cargo chinois, transportant 77 tonnes d’armes envoyées par Pékin au ministère de la défense zimbabwéen, encombre les eaux territoriales africaines. Après avoir été refoulé du port de Durban, en Afrique du Sud, c’est Luanda, en Angola, qui refuse l’accostage du navire.
A Durban, les dockers ont refusé ce week-end de décharger la "cargaison de mort" du cargo. A bord se trouvent en effet trois millions de cartouches pour des AK-47, 1.500 lanceurs de grenades RPG et plus de 3.000 obus de mortiers. Le syndicat de dockers SATAWU a justifié sa décision par le risque de voir le gouvernement d’Harare utiliser ces armes contre son opposition, qui réclame en vain la publication des résultats des élections. En filigrane, les dockers critiquent surtout l’attitude conciliante du président sud-africain Thabo Mbeki envers son homologue zimbabwéen Robert Mugabe, dans la crise qui secoue le pays voisin depuis les élections du 29 mars. A la pression des dockers s’ajoute une décision judiciaire interdisant le transport des armes par voie terrestre.
Exit donc l’Afrique-du-Sud, le "An Yue Jiang" tente sa chance en Angola. Mais hier, les autorités de Luanda annoncent que le navire n’a ni demandé ni reçu l’autorisation d’accoster dans un port angolais. Ce refus intervient alors que les Etats-Unis multiplient les pressions sur les pays de la région pour qu’ils refusent le déchargement. Washington a été très clair avec le Mozambique, la Namibie et l’Angola : autoriser le passage des armes compromettrait leurs relations avec les Etats-Unis.
A Harare, la capitale zimbabwéenne, le porte-parole du parti au pouvoir a défendu, le "droit souverain" du pays d’"acheter des armes de toute provenance légale" pour "se défendre". "Nous n’avons besoin de l’autorisation de personne", a-t-il insisté. A Pékin, le ministère chinois des Affaires étrangères souligne "que la Chine a toujours eu une attitude prudente et responsable pour ce qui est des ventes d’armes, et que l’un des ses principes de base est de ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures des autres pays ! ".
La Chine tout feu, tout flamme….
Le député Pierre Lellouche (UMP) juge que "l'ouverture atteint ses limites"
PARIS (AFP) - 23/04/2008 – Tv5 Infos
Le député UMP Pierre Lellouche a jugé mercredi sur RTL que la politique d'"ouverture" de Nicolas Sarkozy dans le choix des ministres des affaires Etrangères et de la Défense avait atteint "ses limites", dénonçant la "légèreté et la désinvolture" du ministre (centriste) Hervé Morin qui se dit réservé quand au financement d’un second porte-avions.
"Les orientations du président sont bonnes sur la politique étrangère et sur la défense", a déclaré M. Lellouche. Mais "je trouve que l'ouverture en ces matières commence à atteindre ces limites".
"Il y a un défaut de lisibilité, pas dû aux orientations du président qui sont bonnes, mais dans l'exécution, les musiciens ne sont pas forcément à la hauteur de l'exercice", a-t-il ajouté.
En affirmant dimanche que la situation budgétaire de la défense rend "difficile la construction du second porte-avions", M. Morin a ainsi fait preuve de "légèreté et la désinvolture", juge M. Lellouche. "Je ne suis pas sûr que le président de la République soit sur la même ligne", a-t-il affirmé laissant à Nicolas Sarkozy le soin d'"arbitrer" cette question.
"C'est pas franchement le moment de baisser la garde. Le monde est vraiment très dangereux. Parler des questions de défense, ce n'est pas seulement une affaire comptable. (...) C'est le travail du ministre de la défense de se battre pour défendre ses crédits", fait valoir M. Lellouche, membre de la commission de la défense de l'Assemblée nationale.
Quant aux fonds nécessaires, le député dénonce une "gabegie" dans les 26 milliards d'euros consacrés à la formation professionnelle, soit "pas loin d'une dizaine de porte-avions"... Autre ministre d'ouverture pris pour cible: Bernard Kouchner. Ses "sept voyages" au Liban, toujours sans président, ont abouti "au statu quo", a-t-il lancé critiquant aussi l'inefficacité de son action au Darfour.
La secrétaire d'Etat aux affaires étrangères Rama Yade est aussi dans la ligne de mire de M. Lellouche qui a fustigé ses propos sur les JO, obligeant le chef de l'Etat à envoyer trois émissaires en Chine.

Nouveau plan d’attaque US contre l’Iran
Le Canard Enchaîné du mercredi 23/04/08 – Claude Angeli
Le bombardement des centres nucléaires iraniens n’est pas le seul acte de guerre envisagé par les faucons américains. Et Sarkozy vient de l’apprendre…
A Paris, l’Etat-major des armées et , notamment, les officiers du Centre de planification et de conduite des opérations, dont les moyens de transmission et de commandement sont installés dans les sous-sols du ministère de la Défense, ont récemment découvert la dernière intention belliqueuse des Etats-Unis à l’encontre de l’Iran.
A leur actif, des informations communiquées à l’Elysée et que l’on peut résumer ainsi. Dick Cheney , le vice-président américain, a demandé au Premier ministre turc Recep Erdogan d’accorder aux bombardiers US la possibilité de survoler son pays en cas de besoin. Refus immédiat. Cet échange plutôt rugueux s’est déroulé le 24 mars dernier à Ankara, à l’issue d’une tournée qu’effectuait Cheney au Proche-Orient. Et alors qu’il évoquait avec son interlocuteur la situation en Irak, en Afghanistan et en Iran.
Américains pas tranquilles
Quelques jours plus tard, avec une maladresse insigne, l’Etat-major américain a voulu se passer de l’accord du Premier ministre Erdogan. Et il a transmis la même « revendication » directement aux généraux turcs, des « frères d’armes » au sein de l’OTAN. Sans obtenir la moindre réponse : l’espace aérien du pays reste donc interdit aux bombardiers de Bush.
En revanche, la base aérienne turque d’Inçirlikk, dévolue à l’OTAN et située non loin de l’Irak et de l’Iran, peut toujours être utilisée par les Etats-Unis. Depuis plusieurs années, elle sert de plaque tournante pour le transit aérien à destination des forces US déployées autour de Bagdad (ravitaillement, carburant, transport d’armements, transfert des blessés vers l’Allemagne, etc..). C’est déjà beaucoup, mais Bush et Cheney exigeaient davantage.
Raids en punition
Et voici comment l’Etat-major et les services français expliquent l’insolite demande présentée aux turcs par le vice-président américain. Depuis plusieurs mois, les faucons US ne se contentent plus de dire qu’il faut empêcher Téhéran de se doter d’un armement nucléaire. Bush, le Pentagone et le général David Pétraeus, patron des forces engagées en Irak, ne cessent d’en rajouter. Ils accusent aujourd’hui l’Iran d’armer les insurgés, d’assurer leur formation sur son territoire, quand ce n’est pas leur transit. Sans compter l’aide apportée aux ennemis de la grande Amérique au Liban (Le Hezbollah), en Palestine ou en Afghanistan (les talibans).
Or, comme on s’en doute, une succession de raids sur les installations nucléaires iraniennes risquerait de provoquer une grave crise mondiale, à quelque mois de l’élection présidentielle américaine. Alors que, à en croire les présumés cerveaux du Pentagone, une attaque limitée de l’Iran, ne provoquerait pas, elle, de réactions internationales – et arabes – trop violentes. Leur plan consisterait à « punir » Téhéran en bombardant plusieurs bases des pasdarans, ces gardiens de la Révolution censés être les plus actifs dans l’aide apportée aux insurgés irakiens, voire aux commandos d’Al-Qaïda.
Pour que la leçon porte, les stratèges US voudraient confier cette mission à des bombardiers lourds, du type B52, à long rayon d’action. Mais si Bush décide bientôt de passer à l’acte, ces gros avions devront emprunter un autre chemin que le ciel turc.
‘histoire ne dit pas ce que pense Sarkozy de ce nouveau délire guerrier. Alors que la France devrait, elle aussi faire face aux répercussions de la crise provoquée par te tels raids.
mercredi 23 avril 2008
Hilary Clinton affirme que les USA pourraient "réduire à néant" l'Iran
REUTERS : mardi 22 avril 2008 - David Morgan, version française Gregory Schwartz
WASHINGTON (Reuters) - Hillary Clinton a averti Téhéran que, si elle était élue présidente en novembre et que les dirigeants iraniens lançaient une attaque nucléaire sur Israël, les Etats-Unis pourraient "totalement les réduire à néant".
La candidate à l'investiture démocrate en vue de la présidentielle a déclaré vouloir que les Iraniens sachent ce qu'elle était prête à entreprendre dans le but de dissuader d'une attaque nucléaire sur Israël.
"Je veux que les Iraniens sachent que si je suis présidente, nous attaquerons l'Iran", a déclaré Clinton sur la chaîne ABC.
"S'ils tentent stupidement, lors de ces dix prochaines années, de lancer une attaque contre Israël, nous serons en mesure de les réduire à néant (obliterate)", a-t-elle assuré.
"C'est terrible de dire cela, mais ces gens qui dirigent l'Iran doivent le comprendre, car cela les dissuadera peut-être d'entreprendre quelque chose d'irréfléchi, de stupide et de tragique", a poursuivi l'ancienne première dame.
Lors d'un débat une semaine auparavant, elle avait tenu des propos moins virulents, promettant des "représailles massives" contre l'Iran en cas d'attaque contre Israël.
"ATTITUDES BELLICISTES"
Le sénateur de l'Illinois Barack Obama, opposé mardi à Clinton lors des primaires démocrates de Pennsylvanie, a jugé ces propos belliqueux.
"Ces dernières années, nous avons souvent assisté à l'emploi d'expressions comme 'réduire à néant'", a-t-il souligné dans une autre interview diffusée elle aussi sur ABC. "En fait, cela ne donne pas de bons résultats. Je ne m'intéresse donc pas aux attitudes bellicistes".
Obama s'est borné à dire qu'il réagirait le cas échéant "fermement et promptement" à une attaque iranienne contre Israël ou tout autre allié des Etats-Unis.
Téhéran, que Washington et plusieurs autres capitales occidentales accusent de développer des armes atomiques, a mis en garde à de nombreuses reprises contre les conséquences dévastatrices de toute attaque israélienne ou américaine de ses installations nucléaires.
L'Iran assure que son programme nucléaire ne répond qu'à des ambitions civiles de production d'électricité.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait affirmé en 2005 que l'Etat d'Israël devait être "rayé de la carte". La semaine dernière, un haut responsable militaire iranien n'a pas hésité à affirmer que Téhéran "éliminerait" Israël en cas d'attaque de l'Etat juif.
Vouloir récupérer des voix de cette façon, c’est pathétique….

