Résistance Inventerre

-:¦:- Information Non-Violence, Environnement TERRE -:¦:- "Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent" Lucie Aubrac

lundi 21 janvier 2008

Jacques Barrot rappelle la nécessité des quotas de pêche

REUTERS : dimanche 20 janvier 2008 - Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - Le commissaire européen aux Transports Jacques Barrot rappelle que la France ne peut pas unilatéralement modifier la politique de quotas de pêche mise en place par les 27 pays de l'Union et souligne que la gestion des réserves de poisson est indispensable.

Il réagissait aux déclarations de Nicolas Sarkozy qui a annoncé samedi, à Boulogne-sur-Mer, qu'il entendait ouvrir sous la présidence française de l'Union à partir de juillet prochain un dialogue avec la Commission européenne pour "sortir" de ces quotas.

"Les quotas de pêche, c'est pas fait pour ennuyer les pêcheurs, c'est pour la survie des espèces et pour la survie de la pêche", a dit Jacques Barrot sur Europe 1.

"On peut toujours parfaire les règles, mais il faudra toujours gérer correctement les réserves de pêche, sinon ce sont les pêcheurs de demain et d'après-demain qui se trouveront dans une situation impossible", a-t-il ajouté.

Il est possible pour la France d'ouvrir la réflexion mais son rôle, lorsqu'elle occupera la présidence, est d'abord de trouver un accord et elle ne peut agir seule, a-t-il dit.

"La présidence de l'Union peut toujours inscrire à l'ordre du jour, en accord avec les autres Etats membres, une réflexion plus approfondie. Ce qui est vrai, c'est qu'il faut quand même bien comprendre que ça ne peut pas être une décision unilatérale, que nous sommes liés par les traités qui ont communautarisé la pêche", a dit Jacques Barrot.

"Le rôle de la présidence est de dégager des accords. (...) Il ne faut pas se dissimuler qu'on a besoin

Posté par werdna à 00:03 - Agriculture - Pêche - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 16 janvier 2008

Licenciement de 7 salariés sur 17 à l'Adasea 64

SUDOUEST- 14/01/08

Béarn ADASEA 64. -- L'association d'aide à l'installation et à la transmission des exploitations agricoles dégraisse pour se recentrer sur ses missions de base suite à la baisse des subventions de l'État

La décision a été prise au sein du bureau de l'association le 3 janvier : sept personnes sur 17 sont sous le coup d'une procédure de licenciement économique. La raison ? Une baisse récurrente depuis plusieurs années de la baisse de la subvention de l'État de 6 % par an.
« Nous nous recentrons sur notre coeur de métier qui sont l'aide à l'installation des agriculteurs et la transmission des exploitations agricoles », explique le président Olivier Ladevèze. « Nous avions développé tout un service de prestations concernant les logiciels d'accompagnement. » En poste depuis six mois, Olivier Ladevèze a remplacé Henri Biès-Péré, le président actuel de la Chambre d'agriculture, et a donc hérité de ce dossier délicat. Il veut tout de même rassurer. « L'Adasea restera en place. Que les agriculteurs ne s'inquiètent pas », ajoute-t-il.

Absorbée à terme. Jean-Marc Massou, informaticien, qui fait partie des sept personnes licenciées, a une tout autre lecture de l'affaire puisque l'Adasea 64 n'est pas la seule sur la sellette. « À terme, le réseau des Adasea, qui représente 1 000 employés en France, sera absorbée par les Chambres d'agriculture. Nous regrettons que l'information ne soit pas plus clairement dite.»


Cela posera un problème de gouvernance. Les Adasea ont une neutralité alors que la Chambre d'agriculture est politisée.

L'absorption se dessine partout en Aquitaine, à Agen, dans les Landes? », explique Jean-Marc Massou.
Depuis vendredi, les salariés de Pau sont en grève « informatique ». Ils ont affiché leurs revendications sur un blog et souhaitent alerter les candidats à la mairie de Pau.

Posté par Kozett à 00:03 - Agriculture - Pêche - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 10 janvier 2008

La FNSEA tente de sauver les OGM

Ouest-France – 10/01/08 - Hervé PLAGNOL

Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, est sur des charbons ardents depuis 48 heures. Et hier encore, il a fait le forcing auprès de Nicolas Sarkozy.

La cause des OGM est en péril, mais pas désespérée. Voilà le sentiment qui semblait prévaloir, hier, au sein du principal syndicat agricole après la volte-face gouvernementale de la veille. Alors que, les jours précédents, la France s'acheminait vers une acceptation des plantes OGM (notamment le maïs Mon 810 planté sur 22 000 hectares en 2007), moyennant l'absence d'une clause de sauvegarde et le vote d'une loi avant les municipales, Nicolas Sarkozy a tout chamboulé à l'occasion de sa conférence de presse de mardi. D'une part, la loi n'est plus si urgente et, d'autre part, en fonction de l'avis d'une haute autorité, le dépôt d'une clause de sauvegarde auprès de Bruxelles (interdisant le Mon 810) a été de nouveau évoqué. « C'est une reculade qui ne fait pas honneur au gouvernement », lançait en conférence de presse, mercredi, le président de la FNSEA Jean-Michel Lemétayer. Pour les agriculteurs, et notamment les adhérents de la FNSEA, la position du président de la république, pour lequel ils avaient majoritairement voté en 2007 est une véritable claque.

Des semis menacés

La FNSEA ne désespère pas de faire évoluer le dossier dans son sens. Dès hier, Jean-Michel Lemétayer était reçu par Nicolas Sarkozy. Il a au moins eu la satisfaction d'avoir obtenu une date pour le début de l'examen parlementaire du projet de loi sur les OGM. « Nous sommes presque dans le calendrier souhaité », affirmait-il sur le perron de l'Élysée.

Concernant la clause de sauvegarde, Nicolas Sarkozy « prendra le temps de décider», a relaté le président de la FNSEA, en reprenant les propos que lui avait tenus le chef de l'État. Mais, hier soir, nouveau rebondissement, le ministre Jean-Louis Borloo annonçait une décision de l'Élysée «dans 24 heures à 48 heures au plus». De leur côté, les producteurs de maïs font actuellement travailler leurs juristes pour voir dans quelle mesure cette clause serait attaquable devant les tribunaux. Ils espèrent ainsi un sursis à exécution qui permettrait de planter des OGM, lors des semis d'avril.

Sinon, ils sont confiants dans le fait que Bruxelles devrait censurer une clause de sauvegarde qui ne serait pas appuyée par des faits nouveaux. Même si les délais juridiques impliquent qu'une saison sera gâchée pour le maïs concerné. Toutefois, certains, comme le Normand Pascal Ferey, seraient prêts à appeler à une désobéissance civile. Après tout, estime-t-il en substance, si José Bové peut arracher impunément les OGM, les agriculteurs pourraient bien les planter, même illégalement !

Posté par werdna à 00:03 - Agriculture - Pêche - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 20 décembre 2007

Les revenus des céréaliers s'envolent

Hervé PLAGNOL 19/12/07 – Ouest-France

Ils devraient doubler cette année. Ces producteurs voient la vie en rose. Ce n'est pas le cas des éleveurs de porcs et de volailles.

revenus

Bonne année pour les céréaliers, mauvaise année pour les éleveurs. Voilà résumée l'année 2007 pour le revenu agricole, à en croire la très officielle commission des comptes de l'agriculture qui s'est réunie, hier, à Paris.

Pourquoi un tel écart ? Tout simplement en raison de la formidable hausse des prix des grandes cultures céréalières (blé, maïs), oléagineuses (colza, tournesol) et protéagineuses (pois, féveroles). Ces prix étoffent la recette des agriculteurs spécialisés mais alourdissent le coût en aliments du bétail des éleveurs.

Les éleveurs sont clients des cultivateurs puisqu'ils donnent des céréales et des tourteaux de colza ou de tournesol à leurs bêtes.

Bilan : autour d'une moyenne de 11 % de hausse du revenu des exploitants (en 2007 par rapport à 2006), c'est le grand écart : la progression est de 98 % pour les producteurs de grandes cultures tandis qu'en moyenne, les producteurs de porcs et de volailles voient leurs revenus chuter de 59 %. Les éleveurs de bovins ne s'en tirent pas tellement mieux, avec des revenus en baisse de 23 % pour les producteurs de viande et de 4 % pour les laitiers. La recette des éleveurs de moutons est aussi en berne : -28 %

.

Les viticulteurs retrouvent des couleurs

Pour les secteurs non dépendants du prix du blé, c'est aussi le grand écart : les viticulteurs retrouvent des couleurs (+21%), de même que les betteraviers et planteurs de pommes de terre (+16%), tandis que les producteurs de fruits (-35 %), les maraîchers et horticulteurs perdent les leurs (55 %).

Les uns et les autres semblent plus dépendants de leurs prix de vente que des volumes produits.

Ou comprend mieux le prix de la baguette...

Posté par werdna à 00:03 - Agriculture - Pêche - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 18 décembre 2007

La justice enquête sur un trafic de sucre dans les vignobles du Beaujolais

LE MONDE | 17.12.07 | Richard Schittly

Une enquête sur un trafic présumé de sucre destiné à la chaptalisation du vin pèse sur le Beaujolais, région viticole déjà entachée par la réputation d'avoir voulu privilégier la quantité par rapport à la qualité de ses produits.

Quatre personnes ont été interpellées, mardi 4 décembre, dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Villefranche-sur-Saône. Selon leurs propres déclarations, plus de 600 tonnes de sucre ont été clandestinement acheminées entre 2004 et 2006 dans cette région viticole, qui compte 3 200 domaines, avec douze appellations, situées au nord du département du Rhône et en partie au sud de la Saône-et-Loire.

Un homme de 73 ans, ancien employé d'une société de matériel agricole, aurait utilisé sa connaissance de la région pour approvisionner, dès 1998, des viticulteurs. D'abord mené en camionnette, le trafic a pris de l'ampleur au fil des ans, avec des palettes entières convoyées en semi-remorques, à partir de 2002. L'organisateur présumé est entré en contact avec des hypermarchés. Mais les ventes s'effectuaient sans facture. Les magasins auraient dissimulé l'écoulement du sucre par de multiples faux achats en caisses. Les responsables de six Intermarché risquent ainsi des poursuites pour faux et complicité.

Le sucre parvenait à Quincié-en-Beaujolais, lieu de rendez-vous ou base de départ pour des livraisons dans des exploitations. L'enquête dirigée par la brigade des recherches de la gendarmerie de Villefranche et le groupe d'intervention régional Rhône-Alpes (GIR), situé à Lyon, doit désormais s'orienter, après les convoyeurs et les vendeurs, en direction des acheteurs, c'est-à-dire les viticulteurs. "Ce ne sont évidemment pas des criminels, mais s'il apparaît qu'ils ont bénéficié du trafic, ils n'échapperont pas au délit de fabrication frauduleuse de boisson", prévoit une source proche de l'enquête.

100 À 150 VITICULTEURS

La chaptalisation consiste à ajouter du sucre au moût du raisin, en début de fermentation, afin d'augmenter le degré d'alcool. Cette pratique est autorisée et encadrée, limitée à 17 grammes de sucre par litre pour augmenter d'un point le degré d'alcool. L'approvisionnement en sucre est en principe consigné sur un "cahier de sucrage". Une filière clandestine vise donc à tricher sur la qualité du vin. Pour certains enquêteurs, la quantité de sucre en cause pousse à se demander s'il existe même des productions non déclarées.

"On attend que la justice avance, nous condamnons fermement ce genre de pratiques, ces dérives compromettent les efforts que nous nous imposons pour aller vers plus d'authenticité, commente Bruno Matray, président de l'Union viticole du Beaujolais. La chaptalisation est une technique traditionnelle, présente dans tous les grands vignobles septentrionaux."

Les enquêteurs de la gendarmerie et du GIR disposent de deux carnets, saisis en perquisition, qui dévoilent une longue liste de coordonnées : 100 à 150 viticulteurs du Beaujolais risquent d'être inquiétés dans les semaines à venir.

Posté par werdna à 00:03 - Agriculture - Pêche - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 17 décembre 2007

L'agriculture est-allemande prospère et inverse les rôles

TV 5 BERLIN (AFP) - 16/12/2007

"C'est vrai, ça va très bien pour nous", commente, satisfait, Martin Umhau, qui produit du blé, du colza, de la betterave à sucre et des pommes de terre dans son exploitation d'Oschatz, entre Dresde et Leipzig. "La récolte a été très moyenne, mais les hausses des prix des céréales et du colza ont plus que compensé", explique-t-il. Pas étonnant quand, tiré par une demande mondiale en forte hausse, le prix du blé a été multiplié par deux sur le marché mondial en un an.

Dans ce que les Allemands appellent toujours, 17 ans après la Réunification, les "nouveaux Länder", le revenu moyen des agriculteurs a fait un bond de 27% entre 2006 et 2007, selon les chiffres publiés la semaine dernière par la fédération agricole allemande. Par comparaison, à l'ouest, la hausse n'était que de 9% en moyenne, avec de grosses disparités régionales.

Une phrase à la tonalité inhabituelle. Dans tous les autres domaines de l'économie ces deux régions du sud, prospères, au chômage faible, marquent des points. Et l'est, qui se débat toujours avec les conséquences de l'effondrement de son industrie dans les années 90 et un chômage massif, est à la traîne. "Eh oui, c'est exactement l'inverse de ce qui se passe d'habitude", s'amuse M. Umhau.

Preuve que l'agriculture a le vent en poupe en ex-RDA, la Bourse de Francfort vient d'accueillir son premier fermier, la société KTG Agrar qui exploite plusieurs milliers d'hectares dans les nouveaux Länder. A l'est, les exploitations agricoles portent toujours la marque du socialisme. Ce sont les héritières des LPG (Landwirtschaftliche Produktionsgenossenschaft), gigantesques coopératives agricoles dont la surface moyenne tournait autour de 4.000 hectares, soit 80 fois plus que la taille moyenne d'une exploitation en Europe de l'ouest.

Certes, les LPG ont été démantelés, mais les exploitations à l'est sont toujours les plus grosses d'Europe, et se prêtent plus à la culture céréalière que les petites fermes de l'ouest. M. Umhau d'Oschatz exploite par exemple 500 hectares, les exploitations de plus de 1.000 voire 2.000 hectares ne sont pas rares.

L'élevage est en outre peu représenté dans cette partie du pays parce que, explique Jörg Hilger, président de la fédération agricole de Saxe, quand les coopératives d'Etat ont été démantelées, "c'était plus facile de se mettre à son compte dans la culture (que dans l'élevage), cela nécessitait moins d'investissements". Or, avec des prix du bétail en forte baisse, les éleveurs ont souffert ces derniers mois.

L'héritage de l'ex-RDA a parfois du bon. De son passé communiste, l'est de l'Allemagne a hérité de vastes exploitations céréalières, et en cette année de hausse vertigineuse des prix du blé, c'est tout bénéfice pour cette région par ailleurs plutôt mal lotie.

Posté par Kozett à 00:02 - Agriculture - Pêche - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 30 novembre 2007

Nourrir 9 milliards d'hommes dans quelques années et leur fournir de l'énergie. On n'a jamais eu autant besoin d'agriculteurs.

Ouest-France 29/11/07 Jean LE DOUAR.

Cette XXIe édition du Space, le salon international de l'élevage a révélé à quel point l'agriculture vit une période charnière, et s'ouvre à des temps nouveaux. De nouvelles opportunités s'offrent à elle, de nouvelles tendances se font jour dont certaines paraissent contradictoires et vont susciter de fortes tensions. Trois signes pour le moins en font foi.

D'abord, le discours du président de la République. Un discours de rupture qui prélude à de grands changements. Le passé se ferme avec ses modèles qui ont fait leur preuve, mais qui sont aujourd'hui à l'épreuve. Et une page blanche s'offre aux agriculteurs. Première tension entre un passé familier et un avenir inconnu. Aussi ce discours est-il lourd d'ambiguïtés.

Nourrir les hommes

Le gouvernement rappelle que la première mission de l'agriculteur est de nourrir les hommes. Mais il l'invite aussi à produire de l'énergie. Pourra t-il faire les deux ? Sur quelles terres ? Il lui demande donc de produire plus. Mais avec moins d'engrais et d'intrants. Il l'exhorte à respecter l'environnement. Mais il n'encourage pas clairement les formes alternatives de production, hors quelques mots sur l'élevage à l'herbe. Il promet moins de paperasse, donc sans doute moins de fonctionnaires, mais plus de contrôles aux frontières. Il dit préférer un revenu fondé sur des prix et le marché plutôt que des subventions. Bruxelles le félicite. Mais jusqu'où peut-on descendre dans la réduction des aides à l'agriculture ? Peut-on soumettre un secteur aussi stratégique aux seuls caprices du marché ? Comment payer des fonctions non marchandes, comme l'entretien du paysage et des écosystèmes ?

Trouver la parade

Certes, son libéralisme est tempéré car ce marché sera encadré par de la préférence communautaire, un fonds de risques sanitaires, des assurances récolte, un refus de toute forme de concurrence déloyale. Soit, mais cela suffira t-il et cette assurance récolte le sera t-elle sur fonds publics ou privés ? Le gouvernement français croit aux vertus du marché et pense que celui-ci permettra à l'agriculture de vivre ces tensions et de surmonter ces contradictions. Mais les éleveurs sont-ils prêts ?

Deuxième signe. L'inquiétude sourde liée au renchérissement brutal des matières premières. Chacun sent bien que cette nouvelle donne s'installe pour longtemps, qu'il va falloir faire avec et trouver la parade. Cette nouveauté devrait justement nous alerter et nous instruire sur les limites du marché et les risques inhérents à toute spéculation. Livré à lui-même, le marché élève le prix des céréales à des sommets jamais atteints, et fait chuter le cours du porc gros consommateur de céréales. Autres tensions.

Troisième signe : l'intérêt, sinon l'engouement pour d'autres fonctions, comme la production d'énergie. Il y avait foule, jeudi, pour l'annonce du plan biogaz en Bretagne et Pays de Loire. Et tous les stands consacrés à ce sujet ont été assaillis. L'agriculture sera t-elle capable de répondre à toutes ces attentes de la société ?

Posté par werdna à 00:03 - Agriculture - Pêche - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Les spéculateurs font flamber les céréales

Ouest-France 29/11/07 Valérie NOËL et Patrice MOYON.

Le prix du blé et du maïs s'envole. À cause de la météo et des agrocarburants mais aussi des spéculateurs. Enquête sur les mutations de l'agriculture.

of12121

Ils veulent se faire du blé. Et vite. Les fonds d'investissements débarquent sur le marché des céréales. Èté 2007, les marchés financiers sont fébriles, la météo maussade. À Paris, le téléphone sonne dans les bureaux de l'Apca, l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture. Au bout du fil, un financier. « Il m'a demandé de lui dresser un tableau du marché des matières premières agricoles», raconte amusé, Lucien Bourgeois, économiste à l'Apca. Son interlocuteur vient de perdre des sommes considérables dans l'immobilier. Il veut se refaire et vite.

Depuis quelques mois, le marché des céréales flambe. Les fonds spéculatifs se ruent sur l'agriculture. « Le marché s'en trouve déstabilisé », s'inquiète Jean-Marie Gabillaud, président des Coopératives de l'Ouest. « Ces acteurs peuvent faire monter le cours du blé de 25 € la tonne en 24 heures. Ils jouent à la hausse ou à la baisse. Prennent leurs gains. Ce n'est pas sain. »

Banques et fonds spéculatifs sont de plus en plus nombreux à s'intéresser à l'agriculture. ABN Amro, dispose ainsi d'un fonds « petit-déjeuner » dans lequel on retrouve du jus d'orange et des céréales. En France, le Fonds de réserve des retraites s'y est mis lui aussi. Il dispose de 2 à 3% de ses avoirs investis sur les matières premières, agriculture comprise.

Selon plusieurs experts interrogés, cela concernerait 5 % des volumes traités sur Euronext, le marché à terme européen. Ces nouveaux spéculateurs se classent en deux catégories : les gestionnaires « passifs », qui n'opèrent que sur le marché à terme, et les « actifs » plus agressifs. Ces derniers travaillent surtout sur le marché des options, pariant sur des marchés à la hausse ou à la baisse. C'est le cas en Europe de Diapason Commodities. Cette société basée en Suisse est l'une des premières à s'être spécialisée sur le marché des matières premières. Elle gère une enveloppe de 8 milliards de dollars. Son offre: des indices appelés également « paniers » alliant plusieurs produits (céréales et métaux, par exemple) afin de répartir le risque. Diapason achète à un prix donné un contrat portant sur un certain volume de matières premières et le revend avant son échéance. L'objectif est simple : dégager des bénéfices à chaque revente.

La météo des logiciels

Il y a aussi les spéculateurs « actifs ». Schématiquement, ils achètent et ils vendent en permanence sur le marché à terme. Ce qui crée des perturbations dont ils se servent pour faire du profit. Des logiciels intégrant des modèles mathématiques ont même été conçus pour générer des signaux de ventes et d'achats indépendants du contexte de marché. Ces spéculateurs, professionnels aguerris, embauchés spécifiquement par les banques, opèrent souvent de Londres.

Scandaleux ? Professeur à l'université de Dauphine et responsable de Cyclope, le guide annuel des matières premières, Philippe Chalmain s'en réjouirait presque. « Ils apportent les liquidités - l'argent - dont le marché a besoin. » Aux agriculteurs de ne pas laisser de purs spéculateurs dicter leur loi ( ???).

Posté par werdna à 00:03 - Agriculture - Pêche - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 12 novembre 2007

MALADIE DE LA LANGUE BLEUE. --Sa présence en Guipuzcoa déclenche un plan de protection dans le département

Sud-Ouest Béarn 7 Novembre 2007
La fièvre menace. Son nom : fièvre catarrhale. Son surnom : maladie de la langue bleue. D'origine virale, transmise par des moucherons, elle affecte les bovins, ovins et caprins. Mais pas l'homme. Aucune inquiétude sanitaire à avoir, ni pour la population, ni pour les consommateurs, les produits animaux, viande et lait, ne présentant aucun risque. Pour les ruminants en revanche, elle peut être mortelle. Depuis quelques jours, des foyers ont été détectés en Pays basque espagnol, dans les communes d'Oiartzun et Renteria. A une quinzaine de kilomètres à peine de la frontière. Hier, 56 ovins contaminés avaient été comptabilisés, dont 33 étaient déjà morts.


Jusqu'à présent le nord de l'Espagne avait été épargné par une épidémie qui sévit dans le pays depuis plusieurs années. Jamais elle ne s'était donc approchée aussi près du sud de la France. La proximité des foyers (sept ovins, deux bovins) a contraint le ministère de l'Agriculture et la préfecture des Pyrénées-Atlantiques à prendre plusieurs arrêtés afin de maîtriser la diffusion de la maladie. Une zone de protection d'un rayon de 70 kilomètres autour des foyers découverts a été délimitée. À l'intérieur de ce périmètre comprenant l'ensemble du Pays basque et quelques cantons béarnais limitrophes, les mouvements des ruminants sont libres. En revanche, leur sortie sera désormais contrôlée. Pour obtenir leur laisser-passer, les animaux auront dû être désinsectisés plusieurs jours à l'avance. Des analyses sérologiques seront également nécessaires. Dans un autre périmètre beaucoup plus restreint (lire ci-contre), toutes les bêtes, sans exception, devront être traitées.

Un coup dur. Ces mesures contraignantes concernent près de 4 500 élevages dans le département. Soit les trois-quarts du cheptel ovin et la moitié des ovins. Un coup dur pour les éleveurs qui en subiront les conséquences économiques, les frais d'analyses et de désinsectisation étant à leur charge. Le marché pourrait aussi en souffrir, avec des prix tirés vers le bas.


Les mesures prises hier devraient s'appliquer pendant plusieurs mois. Et la situation peut empirer d'un jour à l'autre. Le risque de propagation du virus dans les Pyrénées-Atlantiques est très sérieux. « Un risque certain », souligne Véronique Bellemain, directrice départementale des services vétérinaires. La question est désormais de savoir quand la maladie de la langue bleue frappera.

Interdit. Le périmètre dit « interdit » (20 km autour des foyers) dans lequel les ruminants devront systématiquement faire l'objet de mesures de désinsectisation comprend les cantons d'Espelette, Saint-Jean-de-luz, Ustaritz, Hendaye.
Protégé. Le périmètre de protection (70 km autour des foyers) dans lequel s'appliquent les mesures de restriction aux mouvements des ruminants en dehors de la zone réglementée concerne les cantons d'Anglet, Aramits, Bayonne-Nord, Bayonne, Biarritz, Bidache, Hasparren, Iholdy, La Bastide-Clairence, Lagor, Mauléon, Navarrenx, Oloron-Ouest, Orthez, Saint-Etienne-de-Baïgorry, Saint-Jean-Pied-de-Port, Saint-Palais, Salies-de-Béarn, Sauveterre-de-Béarn, Tardets, Saint-Pierre -d'Irube

Posté par Kozett à 00:03 - Agriculture - Pêche - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 2 novembre 2007

OGM / FOIE GRAS. --Les réactions se multiplient après la divulgation de cas de canards gavés au maïs OGM

Sud-Ouest Gers 31 Octobre 2007

Inquiétude gersoise Comment peut-on faire cela dans un département qui fonde toute sa communication sur les filières de qualité ? » La question est posée par Jean-Luc Chatillon, porte-parole de la Confédération paysanne du Gers. Elle en a effleuré plus d'un, hier, à la lecture dans « Sud Ouest » du témoignage d'un producteur de maïs qui fournit des grains OGM pour le gavage des canards (notre précédente édition).
« Quand on est éleveur de canards, il faut être inconscient, poursuit le syndicaliste. Ce sont des apprentis sorciers. Bientôt, on va nous décorer pour avoir arraché des champs OGM. »
La secousse ne s'est pas limitée au champ agricole. Philippe Martin, le président du Conseil général, n'a pas manqué de monter au créneau. « Il y a quelques années, on se moquait de moi, notamment du côté de la Chambre d'agriculture, quand je disais qu'un jour on s'apercevrait qu'une de nos filières de qualité est alimentée par les OGM. Eh bien, on est en plein dedans », souffle l'élu socialiste.
Celui-ci ne compte pas en rester là. Il « n'exclut pas des actions en justice à l'encontre de la multinationale Monsanto qui commercialise le maïs OGM incriminé et, de fait, contribue à ternir l'image de notre agriculture départementale ». Sur un plan législatif, et « afin de protéger les filières de qualité de tels abus », Philippe Martin « sera l'un des premiers signataires d'une proposition de loi qui vise à interdire, dans le cahier des charges des AOC, l'utilisation d'OGM ».


Incertitude. Certains, dans le Gers, dénoncent en effet un flou dans la traçabilité. Parmi eux, Michel Cardoze, président de l'Association gersoise pour un référendum sur les OGM : « Cette affaire confirme ce que disait dernièrement l'UFC-Que choisir, à savoir qu'aucun produit labellisé du Grand Sud-Ouest ne peut garantir être exempt d'OGM. » Sylvie Colas, du Groupement des agriculteurs biologiques et biodynamiques (Gabb), déplore « l'absence d'étiquetage garantissant l'absence d'OGM sur les produits animaux. Résultat : à deux mois des fêtes de Noël, c'est grillé pour le foie gras du Gers. »

« Pratique isolée ».
 Autant d'affirmations qui font bouillir les professionnels de l'agriculture. « Quand je vois cette information sortir en plein Grenelle, je me demande à qui profite le crime », s'interroge Henri-Bernard Cartier, président de la Chambre d'agriculture. « Ce genre de pratique isolée n'a aucune incidence sur nos filières de qualité, qui sont traçables et répondent à un cahier des charges qui exclut l'utilisation d'OGM. Ceux qui disent le contraire sont des menteurs, qui cherchent à nuire à notre profession pour des motifs obscurs. Il faut arrêter de fabuler là-dessus. »

« Verrouillé ». Le mot de la fin à Philippe Baron, président national des producteurs de foie gras. Il se dit « très surpris. Dès 1995, nous avons mis en place une IGP (indication géographique protégée) "foie gras du Sud-Ouest". On a tout verrouillé et je peux garantir à 100 %, à la fois comme producteur de foie gras et comme administrateur d'une coopérative, que le maïs n'est pas OGM dans les filières de qualité. Ecrivez-le en gros. »

Posté par Kozett à 00:02 - Agriculture - Pêche - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Page précédente  1  2  3  4  5  6  7   Page suivante »