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mardi 29 janvier 2008

Pionnier de l'agriculture bio au Japon, Yushinori Kaneko est venu apprendre l'agriculture bio, à Angers

Ouest-France 29/01/08 - Jean LE DOUAR.

Yushinori Kaneko, près d'une planche de légumes, qui ne sont pas cultivés sous plastique, mais sous papier cartonné noir biodégradable.

Yushinori Kaneko est venu apprendre l'agriculture bio, à Angers, au début des années 1970. Puis il l'a introduite dans son pays : le Japon.

Petit, sec, vif, le visage buriné par le vent et le soleil, l'esprit inventif, Yushinori Kaneko pratique l'agriculture bio depuis trente-cinq ans. « J'ai fait un stage d'un mois à Angers pour m'initier à l'agriculture bio », raconte-t-il, assez fier d'annoncer qu'il connaît un peu la France. « Au début des années 1970, le gouvernement japonais avait encouragé la jachère et l'abandon de la culture du riz. Or, le riz est la base de l'alimentation des Japonais. J'ai alors pensé que si je produisais bio j'aurais l'assentiment de la population. »

À son tour, il a ouvert la voie à l'agriculture biologique au Japon et reçoit volontiers des stagiaires, dont six s'affairent aujourd'hui entre les parcelles, les serres et les trois petits poulaillers qui parsèment son exploitation. Actuellement, il est membre du Comité de promotion de l'agriculture biologique au Japon, mis en place par le gouvernement en 2006.

Sa ferme couvre trois hectares dont une moitié en champs et l'autre en rizières. Il exploite aussi quelques bois publics dont il tire de la nourriture pour ses trois vaches qui lui fournissent en retour du lait et de la fumure. Il produit du riz, du soja, du blé, soixante variétés de légumes dont une vingtaine en simultané. Il repique son riz, en juin, et le récolte en octobre. En novembre, il sème un blé qu'il moissonne en juin. Puis, à la mi-juillet, il met en place un soja qu'il récolte en novembre, derrière lequel il sème un colza qui lui sert d'engrais vert et dont il utilise l'huile pour faire tourner le moteur de son petit tracteur.

Vinaigre de bambou et coccinelle

Il n'use d'aucun pesticide chimique car il pratique la lutte intégrée et emploie, par exemple, des coccinelles contre les pucerons. Il produit aussi un vinaigre de bambou qui fait, semble-t-il, un bon pesticide, ainsi que de l'écorce de riz incinérée. Il récupère l'eau de pluie pour irriguer les serres à l'aide d'une petite pompe qui fonctionne à l'énergie solaire. Cette même énergie accélère la fermentation de sa petite unité de biogaz dont il récupère le digestat pour arroser un compost nourri en grande partie de feuilles qu'il va chercher dans les collines avoisinantes.

« Je vends mes produits en direct à quarante familles », poursuit-il. Dix d'entre elles lui prennent de tout : riz, oeufs, légumes, lait... Les trente autres lui achètent surtout des légumes et des oeufs. Il livre la moitié de ses clients à domicile, l'autre moitié vient se fournir à la ferme. Il approvisionne aussi en légumes une école privée de Tokyo dont les élèves sont uniquement nourris en produits bio.

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mercredi 23 janvier 2008

Taxer le poisson fait des remous

GUILLAUME LAUNAY - Libération mercredi 23 janvier 2008

Le pouvoir d’achat du consommateur contre l’avenir des pêcheurs…

C’est à peu près en ces termes que s’est crispé le débat hier, autour de la taxe de 2 % sur les ventes de poisson destinée à soutenir la filière, en vigueur depuis le 1er janvier. Lors de ses vœux à la presse, Jérôme Bédier, président de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), a sonné la charge : «Nous nous battrons contre cette taxe. Nous allons déposer une plainte à Bruxelles dans le mois.»

En fait, la FCD est encore en train d’étudier «la possibilité technique» de ce recours, estimant que cette taxe équivaut «à une hausse de TVA de 2 %». «Le poisson est déjà un produit assez cher, souligne-t-on à la Fédération, qui regroupe les principaux distributeurs. C’est un mauvais coup pour le pouvoir d’achat. Ça revient à taxer les ménages moyens, ceux qui achètent en grande surface.» En effet, cette taxe ne concerne pas les petites poissonneries, puisque les députés, lors du débat fin décembre, ont exempté les structures au chiffre d’affaires inférieur à 760 000 euros, concentrant la taxe sur la moyenne et grande distribution, où se réalisent 70 % des ventes de poisson frais.

Michel Barnier se serait en tout cas sans doute bien passé de cette attaque. C’est que la taxe doit financer près de 80 % des 310 millions d’euros prévus sur trois ans pour soutenir la filière, notamment un vaste plan de modernisation de la flotte, et réduire sa dépendance au gazole. Hier au ministère de l’Agriculture et de la Pêche, on évitait de se prononcer sur le fond de la plainte de la FCD - «C’est leur droit» - et on insistait sur le fait qu’«en attendant, le plan existe».

La filière, elle, est un peu moins diplomate : «La grande distribution est toujours sur la même logique, c’est eux d’abord, s’indigne Pierre-Georges Dachicourt, président du Comité national des pêches. S’ils s’intéressent tant au pouvoir d’achat, ils n’ont qu’à prendre un peu moins de marge sur le poisson.»

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lundi 21 janvier 2008

Pêche : la France atteint son quota de mauvaise foi

Bruxelles (UE) JEAN QUATREMER - Libération lundi 21 janvier 2008

La France veut-elle mettre à bas «l’Europe bleue», la politique commune de la pêche ? Nicolas Sarkozy l’a laissé entendre samedi, à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), à la grande satisfaction des 200 à 300 marins pêcheurs qui l’écoutaient : «L’affaire des quotas, il faut qu’on en sorte. On a une opportunité pour en sortir, la France va présider l’Union européenne du 1er juillet au 31 décembre.» Est-ce tout simplement réaliste ?

Il faut attendre 1983 pour que la pêche devienne une politique à part entière, lorsque la nécessité de préserver la ressource halieutique s’est imposée. Or, une telle gestion ne peut se faire qu’en commun, les poissons ne connaissant pas de frontières. Outre l’aide à la restructuration des flottes de pêche, l’Europe bleue a mis en place, espèce par espèce, des «totaux admissibles de capture» répartis entre les Etats par quotas, en fonction de l’historique des captures. Par exemple, l’Espagne reçoit 90 % des quotas d’anchois du golfe de Gascogne contre 10 % à la France, mais des échanges bilatéraux sont possibles. Les réformes de 1992 et de 2002 ont donné davantage d’armes à l’Union afin de préserver une ressource qui, d’année en année, devient de plus en plus rare.

Pourquoi limiter la pêche ? Selon la Commission qui s’appuie sur l’avis des scientifiques, plusieurs espèces sont en voie de disparition, comme le thon rouge, l’anchois, le tacaud norvégien ou le cabillaud. Il est donc urgent de limiter les prises de ces espèces, voire de les suspendre, car s’il n’y a plus de poisson, il n’y aura plus de pêcheur… Ainsi, en juillet 2005, la Commission a dû stopper la pêche aux anchois lorsqu’elle a constaté que le stock ne dépassait pas 15 000 tonnes alors que le quota autorisé était de… 30 000 tonnes !

Pourquoi la France est-elle seule à contester l’Europe bleue ? Paris est souvent seul à contester cette politique et à prôner un laisser-faire pour ses pêcheurs. Ainsi, en juillet dernier, Michel Barnier, le ministre de l’Agriculture et de la Pêche, a affirmé que la pêche à l’anchois pouvait reprendre. Curieusement, l’Espagne, pourtant la première concernée, ne l’a pas suivi : ce pays gère sa flotte sur le long terme et a mis en place un système d’assurance qui permet à ses pêcheurs de faire face à leurs échéances, même si cela fait trois saisons que leurs bateaux restent à quai. Un système qui existe dans d’autres pays, comme au Danemark dont les navires sont souvent immobilisés. Au ministère de l’Agriculture français, on ne conteste pas que la gestion de la flotte pose problème : «Il faut mutualiser les risques pour éviter de se retrouver dans une situation catastrophique», explique ainsi à Libération Michel Barnier.

En attendant, on attaque Bruxelles, cela permet de détourner l’attention.

Sarkozy s’est-il laissé emporter ? Manifestement, en pleine campagne municipale, le chef de l’Etat a été un peu trop loin pour plaire à son auditoire. Michel Barnier s’est employé hier à interpréter la parole présidentielle : «Il ne s’agit pas de supprimer les quotas, ils sont utiles et protecteurs», nous a-t-il affirmé. «Il faut mieux les gérer. Pourquoi ne pas passer à une gestion pluriannuelle pour donner davantage de visibilité aux pêcheurs, au lieu de ces négociations annuelles totalement archaïque ?» A Bruxelles, on remarque que, jusqu’à présent, ce sont les Etats qui se sont opposés à une telle gestion, car cela reviendrait à donner plus de pouvoir à la Commission, puisque celle-ci serait chargée d’adapter les quotas année après année…

Qu’est-ce que l’Europe bleue ?

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Jacques Barrot rappelle la nécessité des quotas de pêche

REUTERS : dimanche 20 janvier 2008 - Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - Le commissaire européen aux Transports Jacques Barrot rappelle que la France ne peut pas unilatéralement modifier la politique de quotas de pêche mise en place par les 27 pays de l'Union et souligne que la gestion des réserves de poisson est indispensable.

Il réagissait aux déclarations de Nicolas Sarkozy qui a annoncé samedi, à Boulogne-sur-Mer, qu'il entendait ouvrir sous la présidence française de l'Union à partir de juillet prochain un dialogue avec la Commission européenne pour "sortir" de ces quotas.

"Les quotas de pêche, c'est pas fait pour ennuyer les pêcheurs, c'est pour la survie des espèces et pour la survie de la pêche", a dit Jacques Barrot sur Europe 1.

"On peut toujours parfaire les règles, mais il faudra toujours gérer correctement les réserves de pêche, sinon ce sont les pêcheurs de demain et d'après-demain qui se trouveront dans une situation impossible", a-t-il ajouté.

Il est possible pour la France d'ouvrir la réflexion mais son rôle, lorsqu'elle occupera la présidence, est d'abord de trouver un accord et elle ne peut agir seule, a-t-il dit.

"La présidence de l'Union peut toujours inscrire à l'ordre du jour, en accord avec les autres Etats membres, une réflexion plus approfondie. Ce qui est vrai, c'est qu'il faut quand même bien comprendre que ça ne peut pas être une décision unilatérale, que nous sommes liés par les traités qui ont communautarisé la pêche", a dit Jacques Barrot.

"Le rôle de la présidence est de dégager des accords. (...) Il ne faut pas se dissimuler qu'on a besoin

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mercredi 16 janvier 2008

Licenciement de 7 salariés sur 17 à l'Adasea 64

SUDOUEST- 14/01/08

Béarn ADASEA 64. -- L'association d'aide à l'installation et à la transmission des exploitations agricoles dégraisse pour se recentrer sur ses missions de base suite à la baisse des subventions de l'État

La décision a été prise au sein du bureau de l'association le 3 janvier : sept personnes sur 17 sont sous le coup d'une procédure de licenciement économique. La raison ? Une baisse récurrente depuis plusieurs années de la baisse de la subvention de l'État de 6 % par an.
« Nous nous recentrons sur notre coeur de métier qui sont l'aide à l'installation des agriculteurs et la transmission des exploitations agricoles », explique le président Olivier Ladevèze. « Nous avions développé tout un service de prestations concernant les logiciels d'accompagnement. » En poste depuis six mois, Olivier Ladevèze a remplacé Henri Biès-Péré, le président actuel de la Chambre d'agriculture, et a donc hérité de ce dossier délicat. Il veut tout de même rassurer. « L'Adasea restera en place. Que les agriculteurs ne s'inquiètent pas », ajoute-t-il.

Absorbée à terme. Jean-Marc Massou, informaticien, qui fait partie des sept personnes licenciées, a une tout autre lecture de l'affaire puisque l'Adasea 64 n'est pas la seule sur la sellette. « À terme, le réseau des Adasea, qui représente 1 000 employés en France, sera absorbée par les Chambres d'agriculture. Nous regrettons que l'information ne soit pas plus clairement dite.»


Cela posera un problème de gouvernance. Les Adasea ont une neutralité alors que la Chambre d'agriculture est politisée.

L'absorption se dessine partout en Aquitaine, à Agen, dans les Landes? », explique Jean-Marc Massou.
Depuis vendredi, les salariés de Pau sont en grève « informatique ». Ils ont affiché leurs revendications sur un blog et souhaitent alerter les candidats à la mairie de Pau.

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jeudi 10 janvier 2008

La FNSEA tente de sauver les OGM

Ouest-France – 10/01/08 - Hervé PLAGNOL

Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, est sur des charbons ardents depuis 48 heures. Et hier encore, il a fait le forcing auprès de Nicolas Sarkozy.

La cause des OGM est en péril, mais pas désespérée. Voilà le sentiment qui semblait prévaloir, hier, au sein du principal syndicat agricole après la volte-face gouvernementale de la veille. Alors que, les jours précédents, la France s'acheminait vers une acceptation des plantes OGM (notamment le maïs Mon 810 planté sur 22 000 hectares en 2007), moyennant l'absence d'une clause de sauvegarde et le vote d'une loi avant les municipales, Nicolas Sarkozy a tout chamboulé à l'occasion de sa conférence de presse de mardi. D'une part, la loi n'est plus si urgente et, d'autre part, en fonction de l'avis d'une haute autorité, le dépôt d'une clause de sauvegarde auprès de Bruxelles (interdisant le Mon 810) a été de nouveau évoqué. « C'est une reculade qui ne fait pas honneur au gouvernement », lançait en conférence de presse, mercredi, le président de la FNSEA Jean-Michel Lemétayer. Pour les agriculteurs, et notamment les adhérents de la FNSEA, la position du président de la république, pour lequel ils avaient majoritairement voté en 2007 est une véritable claque.

Des semis menacés

La FNSEA ne désespère pas de faire évoluer le dossier dans son sens. Dès hier, Jean-Michel Lemétayer était reçu par Nicolas Sarkozy. Il a au moins eu la satisfaction d'avoir obtenu une date pour le début de l'examen parlementaire du projet de loi sur les OGM. « Nous sommes presque dans le calendrier souhaité », affirmait-il sur le perron de l'Élysée.

Concernant la clause de sauvegarde, Nicolas Sarkozy « prendra le temps de décider», a relaté le président de la FNSEA, en reprenant les propos que lui avait tenus le chef de l'État. Mais, hier soir, nouveau rebondissement, le ministre Jean-Louis Borloo annonçait une décision de l'Élysée «dans 24 heures à 48 heures au plus». De leur côté, les producteurs de maïs font actuellement travailler leurs juristes pour voir dans quelle mesure cette clause serait attaquable devant les tribunaux. Ils espèrent ainsi un sursis à exécution qui permettrait de planter des OGM, lors des semis d'avril.

Sinon, ils sont confiants dans le fait que Bruxelles devrait censurer une clause de sauvegarde qui ne serait pas appuyée par des faits nouveaux. Même si les délais juridiques impliquent qu'une saison sera gâchée pour le maïs concerné. Toutefois, certains, comme le Normand Pascal Ferey, seraient prêts à appeler à une désobéissance civile. Après tout, estime-t-il en substance, si José Bové peut arracher impunément les OGM, les agriculteurs pourraient bien les planter, même illégalement !

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jeudi 20 décembre 2007

Les revenus des céréaliers s'envolent

Hervé PLAGNOL 19/12/07 – Ouest-France

Ils devraient doubler cette année. Ces producteurs voient la vie en rose. Ce n'est pas le cas des éleveurs de porcs et de volailles.

revenus

Bonne année pour les céréaliers, mauvaise année pour les éleveurs. Voilà résumée l'année 2007 pour le revenu agricole, à en croire la très officielle commission des comptes de l'agriculture qui s'est réunie, hier, à Paris.

Pourquoi un tel écart ? Tout simplement en raison de la formidable hausse des prix des grandes cultures céréalières (blé, maïs), oléagineuses (colza, tournesol) et protéagineuses (pois, féveroles). Ces prix étoffent la recette des agriculteurs spécialisés mais alourdissent le coût en aliments du bétail des éleveurs.

Les éleveurs sont clients des cultivateurs puisqu'ils donnent des céréales et des tourteaux de colza ou de tournesol à leurs bêtes.

Bilan : autour d'une moyenne de 11 % de hausse du revenu des exploitants (en 2007 par rapport à 2006), c'est le grand écart : la progression est de 98 % pour les producteurs de grandes cultures tandis qu'en moyenne, les producteurs de porcs et de volailles voient leurs revenus chuter de 59 %. Les éleveurs de bovins ne s'en tirent pas tellement mieux, avec des revenus en baisse de 23 % pour les producteurs de viande et de 4 % pour les laitiers. La recette des éleveurs de moutons est aussi en berne : -28 %

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Les viticulteurs retrouvent des couleurs

Pour les secteurs non dépendants du prix du blé, c'est aussi le grand écart : les viticulteurs retrouvent des couleurs (+21%), de même que les betteraviers et planteurs de pommes de terre (+16%), tandis que les producteurs de fruits (-35 %), les maraîchers et horticulteurs perdent les leurs (55 %).

Les uns et les autres semblent plus dépendants de leurs prix de vente que des volumes produits.

Ou comprend mieux le prix de la baguette...

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mardi 18 décembre 2007

La justice enquête sur un trafic de sucre dans les vignobles du Beaujolais

LE MONDE | 17.12.07 | Richard Schittly

Une enquête sur un trafic présumé de sucre destiné à la chaptalisation du vin pèse sur le Beaujolais, région viticole déjà entachée par la réputation d'avoir voulu privilégier la quantité par rapport à la qualité de ses produits.

Quatre personnes ont été interpellées, mardi 4 décembre, dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Villefranche-sur-Saône. Selon leurs propres déclarations, plus de 600 tonnes de sucre ont été clandestinement acheminées entre 2004 et 2006 dans cette région viticole, qui compte 3 200 domaines, avec douze appellations, situées au nord du département du Rhône et en partie au sud de la Saône-et-Loire.

Un homme de 73 ans, ancien employé d'une société de matériel agricole, aurait utilisé sa connaissance de la région pour approvisionner, dès 1998, des viticulteurs. D'abord mené en camionnette, le trafic a pris de l'ampleur au fil des ans, avec des palettes entières convoyées en semi-remorques, à partir de 2002. L'organisateur présumé est entré en contact avec des hypermarchés. Mais les ventes s'effectuaient sans facture. Les magasins auraient dissimulé l'écoulement du sucre par de multiples faux achats en caisses. Les responsables de six Intermarché risquent ainsi des poursuites pour faux et complicité.

Le sucre parvenait à Quincié-en-Beaujolais, lieu de rendez-vous ou base de départ pour des livraisons dans des exploitations. L'enquête dirigée par la brigade des recherches de la gendarmerie de Villefranche et le groupe d'intervention régional Rhône-Alpes (GIR), situé à Lyon, doit désormais s'orienter, après les convoyeurs et les vendeurs, en direction des acheteurs, c'est-à-dire les viticulteurs. "Ce ne sont évidemment pas des criminels, mais s'il apparaît qu'ils ont bénéficié du trafic, ils n'échapperont pas au délit de fabrication frauduleuse de boisson", prévoit une source proche de l'enquête.

100 À 150 VITICULTEURS

La chaptalisation consiste à ajouter du sucre au moût du raisin, en début de fermentation, afin d'augmenter le degré d'alcool. Cette pratique est autorisée et encadrée, limitée à 17 grammes de sucre par litre pour augmenter d'un point le degré d'alcool. L'approvisionnement en sucre est en principe consigné sur un "cahier de sucrage". Une filière clandestine vise donc à tricher sur la qualité du vin. Pour certains enquêteurs, la quantité de sucre en cause pousse à se demander s'il existe même des productions non déclarées.

"On attend que la justice avance, nous condamnons fermement ce genre de pratiques, ces dérives compromettent les efforts que nous nous imposons pour aller vers plus d'authenticité, commente Bruno Matray, président de l'Union viticole du Beaujolais. La chaptalisation est une technique traditionnelle, présente dans tous les grands vignobles septentrionaux."

Les enquêteurs de la gendarmerie et du GIR disposent de deux carnets, saisis en perquisition, qui dévoilent une longue liste de coordonnées : 100 à 150 viticulteurs du Beaujolais risquent d'être inquiétés dans les semaines à venir.

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lundi 17 décembre 2007

L'agriculture est-allemande prospère et inverse les rôles

TV 5 BERLIN (AFP) - 16/12/2007

"C'est vrai, ça va très bien pour nous", commente, satisfait, Martin Umhau, qui produit du blé, du colza, de la betterave à sucre et des pommes de terre dans son exploitation d'Oschatz, entre Dresde et Leipzig. "La récolte a été très moyenne, mais les hausses des prix des céréales et du colza ont plus que compensé", explique-t-il. Pas étonnant quand, tiré par une demande mondiale en forte hausse, le prix du blé a été multiplié par deux sur le marché mondial en un an.

Dans ce que les Allemands appellent toujours, 17 ans après la Réunification, les "nouveaux Länder", le revenu moyen des agriculteurs a fait un bond de 27% entre 2006 et 2007, selon les chiffres publiés la semaine dernière par la fédération agricole allemande. Par comparaison, à l'ouest, la hausse n'était que de 9% en moyenne, avec de grosses disparités régionales.

Une phrase à la tonalité inhabituelle. Dans tous les autres domaines de l'économie ces deux régions du sud, prospères, au chômage faible, marquent des points. Et l'est, qui se débat toujours avec les conséquences de l'effondrement de son industrie dans les années 90 et un chômage massif, est à la traîne. "Eh oui, c'est exactement l'inverse de ce qui se passe d'habitude", s'amuse M. Umhau.

Preuve que l'agriculture a le vent en poupe en ex-RDA, la Bourse de Francfort vient d'accueillir son premier fermier, la société KTG Agrar qui exploite plusieurs milliers d'hectares dans les nouveaux Länder. A l'est, les exploitations agricoles portent toujours la marque du socialisme. Ce sont les héritières des LPG (Landwirtschaftliche Produktionsgenossenschaft), gigantesques coopératives agricoles dont la surface moyenne tournait autour de 4.000 hectares, soit 80 fois plus que la taille moyenne d'une exploitation en Europe de l'ouest.

Certes, les LPG ont été démantelés, mais les exploitations à l'est sont toujours les plus grosses d'Europe, et se prêtent plus à la culture céréalière que les petites fermes de l'ouest. M. Umhau d'Oschatz exploite par exemple 500 hectares, les exploitations de plus de 1.000 voire 2.000 hectares ne sont pas rares.

L'élevage est en outre peu représenté dans cette partie du pays parce que, explique Jörg Hilger, président de la fédération agricole de Saxe, quand les coopératives d'Etat ont été démantelées, "c'était plus facile de se mettre à son compte dans la culture (que dans l'élevage), cela nécessitait moins d'investissements". Or, avec des prix du bétail en forte baisse, les éleveurs ont souffert ces derniers mois.

L'héritage de l'ex-RDA a parfois du bon. De son passé communiste, l'est de l'Allemagne a hérité de vastes exploitations céréalières, et en cette année de hausse vertigineuse des prix du blé, c'est tout bénéfice pour cette région par ailleurs plutôt mal lotie.

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vendredi 30 novembre 2007

Nourrir 9 milliards d'hommes dans quelques années et leur fournir de l'énergie. On n'a jamais eu autant besoin d'agriculteurs.

Ouest-France 29/11/07 Jean LE DOUAR.

Cette XXIe édition du Space, le salon international de l'élevage a révélé à quel point l'agriculture vit une période charnière, et s'ouvre à des temps nouveaux. De nouvelles opportunités s'offrent à elle, de nouvelles tendances se font jour dont certaines paraissent contradictoires et vont susciter de fortes tensions. Trois signes pour le moins en font foi.

D'abord, le discours du président de la République. Un discours de rupture qui prélude à de grands changements. Le passé se ferme avec ses modèles qui ont fait leur preuve, mais qui sont aujourd'hui à l'épreuve. Et une page blanche s'offre aux agriculteurs. Première tension entre un passé familier et un avenir inconnu. Aussi ce discours est-il lourd d'ambiguïtés.

Nourrir les hommes

Le gouvernement rappelle que la première mission de l'agriculteur est de nourrir les hommes. Mais il l'invite aussi à produire de l'énergie. Pourra t-il faire les deux ? Sur quelles terres ? Il lui demande donc de produire plus. Mais avec moins d'engrais et d'intrants. Il l'exhorte à respecter l'environnement. Mais il n'encourage pas clairement les formes alternatives de production, hors quelques mots sur l'élevage à l'herbe. Il promet moins de paperasse, donc sans doute moins de fonctionnaires, mais plus de contrôles aux frontières. Il dit préférer un revenu fondé sur des prix et le marché plutôt que des subventions. Bruxelles le félicite. Mais jusqu'où peut-on descendre dans la réduction des aides à l'agriculture ? Peut-on soumettre un secteur aussi stratégique aux seuls caprices du marché ? Comment payer des fonctions non marchandes, comme l'entretien du paysage et des écosystèmes ?

Trouver la parade

Certes, son libéralisme est tempéré car ce marché sera encadré par de la préférence communautaire, un fonds de risques sanitaires, des assurances récolte, un refus de toute forme de concurrence déloyale. Soit, mais cela suffira t-il et cette assurance récolte le sera t-elle sur fonds publics ou privés ? Le gouvernement français croit aux vertus du marché et pense que celui-ci permettra à l'agriculture de vivre ces tensions et de surmonter ces contradictions. Mais les éleveurs sont-ils prêts ?

Deuxième signe. L'inquiétude sourde liée au renchérissement brutal des matières premières. Chacun sent bien que cette nouvelle donne s'installe pour longtemps, qu'il va falloir faire avec et trouver la parade. Cette nouveauté devrait justement nous alerter et nous instruire sur les limites du marché et les risques inhérents à toute spéculation. Livré à lui-même, le marché élève le prix des céréales à des sommets jamais atteints, et fait chuter le cours du porc gros consommateur de céréales. Autres tensions.

Troisième signe : l'intérêt, sinon l'engouement pour d'autres fonctions, comme la production d'énergie. Il y avait foule, jeudi, pour l'annonce du plan biogaz en Bretagne et Pays de Loire. Et tous les stands consacrés à ce sujet ont été assaillis. L'agriculture sera t-elle capable de répondre à toutes ces attentes de la société ?

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