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-:¦:- Information Non-Violence, Environnement TERRE -:¦:- "Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent" Lucie Aubrac

samedi 5 avril 2008

Des huîtres à double nationalité

Sud-ouest 04/04/08

OSTRÉICULTURE. --Un arrêt du tribunal correctionnel poitevin doit statuer, le 6 juin, sur une réglementation plus stricte concernant l'origine des huîtres

Au printemps 2005, la Direction générale de la concurrence, la consommation et la répression des fraudes (DGCCRF) décide de frapper un grand coup dans le monde de l'ostréiculture, qu'elle soupçonne de manoeuvres pas très claires sur l'origine des huîtres. 59 professionnels sont contrôlés à travers la France, dont 21 sur le seul bassin de Marennes-Oléron.

Sur ce bassin, neuf procédures sont engagées pour tromperie sur l'origine d'une marchandise. Sept ostréiculteurs acceptent une médiation pénale. Mais deux professionnels décident d'aller s'expliquer devant la justice. Ce qu'on leur reproche est simple et d'ailleurs pas du tout contesté : l'EARL Courpron, de La Tremblade, et l'EARL Roumegous, de Bourcefranc-le-Chapus, ont importé, avant les fêtes de fin d'année de 2004, respectivement 31,5 tonnes d'huîtres de Jersey et 51 tonnes d'huîtres irlandaises pour l'autre. Deux mois plus tard, les huîtres étaient commercialisées avec la mention légale : « Élevées en France ».

Manque de précision.  En première instance, le tribunal correctionnel de Rochefort avait condamné l'entreprise Courpron à 18 000 euros d'amende et l'entreprise Roumegous à 24 000 euros. Jean Roumegous et Denis Courpron ont fait appel de ce jugement. Le nouveau procès a eu lieu hier après-midi.

Tout le débat se résume à cette seule question : à partir de quel moment une huître devient-elle française ? Il faut alors reconnaître que la réglementation manque de précision. Les huîtres Courpron ont passé deux mois dans les eaux de Marennes, dont un dans les fameuses claires, qui justifient l'appellation Marennes-Oléron. Celles estampillées Roumegous ont transité par les eaux de Normandie avant d'être affinées à Marennes.

Ce qui est insuffisant pour prétendre à la nationalité française, estime la DGCCRF qui met en avant un « délai raisonnable » de six mois dans les eaux françaises, en s'appuyant sur un prétendu avis de la profession. « La norme de six mois ne résulte ni d'un règlement, ni d'une directive, pas même d'un quelconque consensus », proteste Me Jean Moulineau, pour les deux sociétés.

Il faudra attendre le 6 juin pour savoir ce qu'en pensent les juges poitevins. Leur arrêt sera attendu avec intérêt par toute la profession mais aussi par les consommateurs qui ne soupçonnent pas, que les huîtres « élevées en France », qui ornent leurs assiettes, ont parfois connu une vie d'errance à travers l'Europe

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jeudi 3 avril 2008

Le Président a évité, hier à Nantes, tous les sujets qui fâchent au congrès de la FNSEA.

LAUREEN ORTIZ Envoyée spéciale à Nantes - Libération jeudi 3 avril 2008 

Sarkozy a esquivé les engagements agricoles pris au Grenelle de l'environnement

Peut-être avait-il besoin de redorer son blason auprès du monde rural, après l’épisode du salon de l’agriculture où il avait lancé son fameux «Casse-toi pauv’ con». C’est en tout cas la première fois qu’un président se rend au congrès annuel de la FNSEA, syndicat paysan majoritaire en France. Hier à Nantes, le scepticisme planait à l’arrivée de Nicolas Sarkozy, et du ministre de l’Agriculture, Michel Barnier. En pleine semaine du développement durable, il a pris soin d’esquiver tous les engagements agricoles du Grenelle.

note Angélique Delahaye, agricultrice. Alors que le projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés passait le même jour à l’Assemblée nationale, Nicolas Sarkozy ne l’a pas évoqué, provoquant la surprise des agriculteurs. Quid des pesticides ? Egalement complètement passé sous silence l’agriculture biologique.

Encore une fois, pas un mot. Le chef de l’Etat a remercié les agriculteurs de leur présence au Grenelle de l’environnement, mais s’est gardé d’en rappeler les objectifs. De réduire de moitié d’ici dix ans l’usage de ces produits phytosanitaires, il n’a pas été question. «Ce n’est pas normal et pas réaliste d’avoir omis de parler de ces sujets», reconnaît Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA. «La liste est longue des sujets qui n’ont pas été abordés» , regrette également Philippe Meurs, à la tête des Jeunes agriculteurs. Egalement passé sous silence : le développement de l’agriculture biologique. Il a en revanche effleuré la question des agrocarburants, annonçant que l’«effort public de recherche sur les biocarburants de seconde génération sera doublé». «Au total, on reste un peu sur notre faim», conclut Philippe Meurs. Le silence est troublant.

Epineux. Le Président n’a-t-il rien dit pour autant ? Pas tout à fait. Sur le plan intérieur, il a assuré «le maintien du pouvoir d’achat des retraités agricoles», notamment en portant de 54 à 60 % le taux des pensions de réversion. Il a également tenté de calmer les agriculteurs au sujet de la refonte des négociations commerciales avec la grande distribution, prévue au printemps. Un sujet épineux à leurs yeux, alors qu’ils dénoncent régulièrement les marges abusives des distributeurs. Mais surtout, il a bel et bien annoncé le retour d’une «agriculture de production» en France, et est fermement décidé à aller se battre à Bruxelles, sur le dossier de la Politique agricole commune (PAC), et à Genève, dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Se déclarant «très offensif», il a privilégié les enjeux économiques, estimant que l’agriculture était à nouveau un «secteur stratégique». Avec la flambée des prix des matières premières agricoles, elle est en effet revenue sur le devant de la scène depuis l’année dernière. Par ailleurs, le bilan de santé de la PAC, qui doit permettre de réajuster les aides jusqu’à 2013, se fera sous présidence française de l’Union européenne au semestre prochain.

Accord. Sur le plan international, Sarkozy s’est fixé l’objectif de trouver un accord à Genève sur les produits agricoles dans les prochaines semaines… ou pas. «Je m’opposerai fermement à tout accord qui ne servira pas les intérêts de notre pays […] ; cela sera un bon accord, ou pas d’accord», a-t-il déclaré. Il est attendu sur ce sujet, explique le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, qui espère un veto en bonne et due forme.

«Sarkozy s’est longuement justifié d’être venu, mais il a évité les sujets qui fâchent : les OGM et le coût de l’énergie qui pèse sur les agriculteurs»,

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Partie de bras de fer entre éleveurs et céréaliers

Ouest-France – 03/04/08 - Xavier BONNARDEL

« Les éleveurs du Massif central n'ont pas réussi à faire entendre leur voix. » Bernard Fages a quitté, hier soir, le congrès de la FNSEA, le coeur plein d'amertume. Il élève 450 brebis sur une centaine d'hectares, tout en herbe, sur les causses de Lozère, à 900 mètres d'altitude. Leur lait sert à fabriquer le Roquefort Société. « Je me prends de plein fouet l'augmentation du prix des céréales. » Son élevage extensif touche très peu d'aides européennes : à peine 63 €/ha, contre une moyenne nationale de 375 €/ha.

À l'heure du bilan de santé de la Pac, lui et ses collègues éleveurs bovins herbagers sont montés au créneau tout au long de ce congrès, pour une distribution plus équitable des aides. « En 1992, les filières végétales ont touché un chèque de 5 milliards d'euros d'aides européennes en compensation de la baisse des prix. Les éleveurs pouvaient ainsi bénéficier de céréales à pas cher pour nourrir leurs animaux. Quinze ans plus tard, les céréales flambent, les éleveurs paient la note et les cinq milliards d'euros sont toujours du même côté ! », se rebelle Patrick Bénézit, responsable du berceau des races à viande du Massif central, éleveur à Saint-Martin-Le-Vigouroux (Cantal).

En clair, les éleveurs herbagers ont fait le forcing pour que la moitié des subventions européennes perçues par les filières végétales soit reversée, à leur actif, sous la forme d'une prime à l'herbe de 300 €/ha. Les céréaliers, qui sont aussi les argentiers de la FNSEA, ne se sont pas laissés tondre la laine sur le dos. « Le marché peut très bien se retourner. La hausse exceptionnelle des cours tient, en grande partie, à des catastrophes naturelles sur tous les continents », se retranche Didier Marteau, céréalier dans l'Aube.

Les filières végétales ont lâché juste assez de lest pour éviter l'implosion d'une machine syndicale secouée par les coups de cornes de Pierre Chevalier, patron de la Fédération nationale des éleveurs bovins. Au final, le congrès adopte une résolution qui sauvegarde - de justesse - un consensus de façade au sein de la profession. Cette résolution accepte le principe d'une redistribution des aides directes européennes au bénéfice prioritaire de l'agriculture biologique, de l'élevage ovin, de la production laitière de montagne et... de l'élevage bovin herbager, ajouté, in extremis, sur la liste.

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OGM : précaution ou inaction ?, Point de vue par Philippe Vasseur

LE MONDE | 02.04.08

Philippe Vasseur est ancien ministre de l'agriculture, président du Forum mondial de l'économie responsable.

Ayant eu à gérer la crise de l'ESB - plus connue sous le nom de crise de la vache folle -, j'ai de bonnes et impérieuses raisons d'attacher une importance primordiale au principe de précaution. Le risque zéro n'existe pas, mais j'estime qu'en toutes circonstances toutes les dispositions doivent être prises pour préserver la santé humaine et protéger l'environnement. Or les évolutions des sciences et technologies s'accompagnent de doutes qui suscitent dans l'opinion des réactions d'ampleur contrastée, allant de l'insouciance à la terreur, ou plutôt de l'ignorance à la surmédiatisation.

Je m'étonne, par exemple, que le développement des nanotechnologies - qui touchent à l'infiniment petit - ne semble guère préoccuper le grand public. Pourtant, des nanoparticules sont déjà présentes dans des centaines de produits à usage courant, y compris alimentaires, alors que des études scientifiques s'inquiètent de leur nocivité pour l'homme et de leur impact sur l'environnement.

Je me demande aussi pourquoi les "effets génotoxiques" des ondes de radiofréquence, signalés par d'autres scientifiques, ne provoquent aucun mouvement de panique. Au contraire, le marché du Wi-Fi et du téléphone mobile (qui pourrait accroître les risques de tumeurs) est particulièrement porteur. En revanche, les organismes génétiquement modifiés (OGM) concentrent tant de craintes et de passion qu'il est difficile de débattre sereinement à leur sujet. Les positions contradictoires qui s'affrontent méritent pourtant quelques réflexions.

Dans le monde, la superficie consacrée à la culture de plantes génétiquement modifiées est déjà supérieure à 100 millions d'hectares, dont 0,1 % seulement se trouve dans l'Union européenne. En s'affirmant hostile aux OGM, l'Europe a-t-elle raison contre le reste du monde ? C'est tout à fait possible. Pour en juger, quatre questions doivent être prises en considération : les OGM mettent-ils en danger la santé des personnes ? Constituent-ils une menace pour l'environnement et la biodiversité ? Peuvent-ils faire dépendre l'agriculture mondiale de quelques multinationales ? Sont-ils, au-delà d'intérêts particuliers, réellement utiles à l'espèce humaine ?

Ces questions sont évidemment cruciales. Aucun risque, bien sûr, ne doit être pris au détriment de la santé et de l'environnement. L'application élémentaire du principe de précaution s'impose donc. Mais dans un monde où les OGM continuent à proliférer (la surface qu'ils occupent pourrait doubler à l'horizon 2015), leur dangerosité ou leur innocuité ne peut être établie que par des recherches impartiales. Or, en France, le contexte général a provoqué un recul de la recherche sur les biotechnologies.

C'est contre-productif au regard des deux premières questions - sur la santé et l'environnement -, mais cela peut l'être davantage encore pour la troisième : les agriculteurs de la planète subiront-ils la loi d'une poignée de multinationales, Monsanto en tête ?

En brevetant les variétés OGM, ces firmes privent les agriculteurs de la propriété de leurs semences et les contraignent à se fournir auprès d'elles au prix fort. Faut-il leur laisser le champ libre ? Pour ne pas leur concéder un véritable "monopole du vivant", il faut desserrer l'étau et ne plus abandonner à ces multinationales l'exclusivité de pans entiers des biotechnologies.

Les efforts de recherche sont d'autant plus nécessaires que des voies nouvelles s'ouvrent pour répondre à la quatrième question : l'utilité des OGM pour toute l'humanité.

Actuellement, la plupart des OGM commercialisés sont destinés à résister aux herbicides et aux insectes. Ils ne concernent donc que la production agricole. Mais les chercheurs ne cessent de montrer que, par différentes méthodes, ils peuvent créer des plantes capables de résister à la sécheresse ou à la salinité des sols, réclamant moins d'énergie et de traitements chimiques, dotées de meilleures propriétés nutritionnelles et sanitaires, ou permettant de lutter contre des maladies.

Sur un sujet aussi complexe, il est donc difficile de se contenter d'une critique globale et définitive. Dans une tribune (Le Monde du 17 janvier), Nicolas Hulot aborde le sujet avec une remarquable franchise : "Le profane que je suis n'a pas d'avis tranché sur l'avenir des OGM, et il se garde bien de fermer la porte aux biotechnologies." Il ajoute "qu'il n'y a pas les OGM, mais des OGM, et qu'il est impératif de les étudier au cas par cas". Je partage ce point de vue sans réserve. Il traduit la conception d'une "écologie responsable".

Il n'est pas question de délivrer un blanc-seing aux OGM et, au contraire, certains doivent être bannis. Il y a des risques dont il faut se prémunir et des incertitudes qu'il est essentiel de lever. Mais le plus grand risque est de rester dans l'incertitude. Plutôt que l'immobilisme global, mieux vaut l'action sélective, qui peut garantir, avec prudence et transparence, le respect du principe de précaution. 

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mercredi 2 avril 2008

Sarkozy avec les congressistes de la FNSEA, à Nantes.

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Avant le sommet de l'Otan à Bucarest, le président de la République passe une heure, aujourd'hui, avec les congressistes de la FNSEA, à Nantes. Le Space, à Rennes, en septembre, le Salon de Paris en février, le congrès de la FNSEA, aujourd'hui, à Nantes : Nicolas Sarkozy ne lésine pas sur les moyens pour se faire aimer et comprendre du monde rural. C'est même la première fois qu'un Président profite de la tribune d'un congrès pour faire passer ses messages.

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mercredi 26 mars 2008

Monsanto revoit de nouveau ses objectifs 2008 (et ses bénéfices) à la hausse, grâce aux OGM

WASHINGTON (AFP) - 25/03/2008 – TV5 Infos

Le groupe agrochimique américain Monsanto a révisé nettement à la hausse ses objectifs de résultats pour 2008, grâce à ses semences génétiquement modifiées et aux herbicides, et s'est dit en avance sur son plan stratégique à objectif 2012, selon un communiqué publié mardi.

Monsanto vise désormais pour 2008 un bénéfice par action, hors exceptionnels, compris entre 3,15 et 3,25 dollars, contre une fourchette précédemment située entre 2,70 et 2,80 dollars. Monsanto précise que le bénéfice net par action effectivement publié intégrera un élément exceptionnel lié à la sortie du dépôt de bilan de son ancienne filiale Solutia. Il devrait augmenter le bénéfice par action de 23 cents, la fourchette de prévision pour le chiffre effectivement publié étant ainsi située entre 3,38 et 3,48 dollars.

Monsanto avait déjà revu à la hausse ses prévisions début février, passant d'une fourchette comprise entre 2,50 et 2,60 dollars à une cible située entre 2,70 et 2,80 dollars. Le groupe agrochimique estime désormais désormais que son activité de semences OGM devrait dégager en 2008 un bénéfice brut compris entre 3,6 et 3,7 milliards de dollars, en hausse de 20% par rapport à 2007.

Quant à son herbicide glyphosate, dont "la demande mondiale dépasse l'offre", Monsanto prévoit qu'il devrait générer un bénéfice brut situé entre 1,7 et 1,8 milliard de dollars, contre une fourchette comprise entre 1,3 et 1,4 milliard précédemment.

"A mesure que nous nous rapprochons de la saison des semailles dans l'hémisphère nord, nous sommes de plus en plus confiants non seulement dans les opportunités de 2008, mais aussi dans notre plan stratégique vers 2012", a indiqué Hugh Grant, PDG de Monsanto, cité dans le communiqué.

"Durant les cinq années à venir, notre croissance s'appuiera sur les semences OGM", a-t-il ajouté, précisant que le groupe était "en avance sur son plan visant à permettre une croissance soutenue et pérenne". Monsanto estime ainsi désormais qu'il sera en mesure d'atteindre son objectif d'une marge brute située entre 52 et 54% dès 2010, soit deux ans avant l'objectif initial.

Le marché accueillait très favorablement l'annonce, l'action Monsanto gagnant 9,34% à 114 dollars dans les échanges électroniques préalables à l'ouverture de la Bourse de New York.

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samedi 15 mars 2008

Bio : comment la France a perdu son avance

Ouest-France – 15/03/08 - Propos recueillis par Jean-Paul LOUÉDOC

La fédération des agriculteurs bio organise un colloque à Lorient sur les objectifs du Grenelle de l'environnement. Trois questions à son président Paul Hascoët.

L'objectif du Grenelle de l'environnement d'atteindre 20 % d'agriculture biologique en 2020 représente combien d'agriculteurs et quelle surface en Bretagne ?
A partir de la base actuelle qui est d'un peu moins d'un millier de producteurs pour 2 % de la surface agricole, il faudrait atteindre 10 000 paysans bio sur 320 000 hectares. On se pose beaucoup de questions sur les moyens à mettre en oeuvre pour atteindre cet objectif. D'où l'objet du colloque à Lorient avec des exemples en Italie, Autriche et au Pays de Galles.

La France, pionnière du bio, traîne désormais en queue de peloton. Grand pays agricole, elle a beaucoup misé sur son agriculture intensive branchée sur l'export. Les conseils techniques et économiques sont orientés vers une production à base d'intrants (engrais, pesticides). Pour développer le bio, il faut d'abord faire sauter des verrous dans les têtes.

Quel est votre propre itinéraire vers le bio ?

Je me suis installé en 1985 en production de céréales conventionnelles. J'ai pris le virage vers le bio au début des années 2000 en apprenant les techniques basées sur la rotation des cultures. Sur 75 hectares, je cultive du blé panifiable, des céréales pour l'alimentation animale, du sarrasin et des prairies temporaires avec des mélanges de légumineuses. J'ai loué quatre hectares à deux maraîchers pour qu'ils puissent s'installer. On vit un véritable paradoxe. La France manque de paysans car elle importe la moitié de ses aliments bio mais ceux qui veulent se lancer dans le métier ont de grosses difficultés pour accéder au foncier.

Quelles aides pour développer l'agriculture bio ?
Il faut un système de soutien qui prenne en compte plutôt les moyens humains que la taille des exploitations, c'est l'inverse du conventionnel où l'aide est accordée en fonction des volumes et les hectares. Pour les circuits longs, il faudra contractualiser sur les prix avec des partenariats où chacun sera gagnant de manière durable. La moitié des fermes travaillent en circuit court par le biais des marchés, des paniers, des Amap (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne), des magasins de producteurs. Dans ce domaine, aussi, on n'a pas encore exploré toutes les solutions. Avant de penser à l'avenir, il faut songer au présent.

On est confronté à un gel des crédits de l'État en 2008. Pour l'instant le décalage est énorme entre le discours du gouvernement et ses actes.

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vendredi 14 mars 2008

La facture énergétique étrangle les serristes. Ils menacent de lancer des actions ce week-end

Ouest-France – 14/03/08 - Jean-Paul LOUÉDOC

Ils avaient fait des propositions à Michel Barnier pour alléger la facture. Depuis rien. Ils menacent de passer à l'action, ce week-end.

« On a la corde bien tendue autour du cou, mais on ne se laissera pas mourir », lance Michel Le Gall, représentant des cultures maraîchères sous serre à la FDSEA du Finistère. La facture énergie pèse de plus en plus lourd à cause de la flambée du prix du pétrole. Elle devient même insupportable pour 20 % des 250 producteurs bretons qui chauffent leurs serres avec du fioul. « Il est passé en quelques mois de 280 à 420 € la tonne, explique Michel Le Gall. En 2004, cela représentait de 20 à 25 % des charges, aujourd'hui, c'est 40 à 45 %. Les producteurs ne pouvant pas répercuter les hausses sur le prix des tomates, les trésoreries souffrent.»

La grande majorité des producteurs sont équipés de chauffage au gaz. Comme pour le fioul, la tendance est nettement à la hausse. « On a pris 6,35 % de plus au 1er janvier comme l'ensemble des usagers, indique le producteur, et la facture pourrait encore grimper de 15 % au 1er avril. »

Les représentants des serristes avaient fait des propositions au ministre de l'Agriculture en septembre 2007, pour desserrer l'étau : « On demandait de pouvoir utiliser du fioul vert au même prix que les pêcheurs, le remboursement rapide de la TVA sur les produits pétroliers et la promotion de la cogénération (production de chaleur pour les serres et revente d'électricité à EDF) ».

4 500 salariés en Bretagne

Michel Barnier n'a pas répondu, pas plus que les élus interpellés au cours de la campagne des municipales et cantonales. « Si la seule façon de se faire écouter, c'est de mettre la pression, on le fera comme en 2006 » (les serristes avaient bloqué plusieurs jours le dépôt Total à Brest), prévient Michel Le Gall. Il rappelle le poids de la profession « 3 000 salariés dans le Finistère, 4 500 en Bretagne » et celui de plus en plus lourd des charges, « alors que de la tomate cerise débarque par avion du Kenya à des prix défiant toute concurrence ».

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jeudi 6 mars 2008

Méfiance des agriculteurs envers les OGM

LEMONDE. avec AFP | 05.03.08 | 18h51

Une majorité des agriculteurs ayant répondu à une enquête interne lancée par la première coopérative française, Terrena, restent hostiles à l'utilisation des organismes génétiquement modifiés (OGM), mais souhaitent que les recherches se poursuivent.

Près de 12 % des 26 000 adhérents de Terrena ont répondu au questionnaire, rendu public mercredi 5 mars, que leur avait distribué en janvier la coopérative et leur jugement est sans appel : ils sont 66 % à estimer que les cultures OGM ne constituent pas une réponse à la demande croissante de produits agricoles et 54 % qu'elles représentent un vrai danger pour la diversité des filières et des modes de production. Les agriculteurs interrogés sont ainsi 61 % à être favorables au maintien du moratoire sur les OGM, "le temps que les recherches avancent".

La coopérative conclut ainsi une vaste opération de communication interne destinée à résoudre la crise de confiance qui a divisé ses adhérents en 2007. Terrena a été mise en cause pour avoir mis en culture trente-cinq hectares de semence de maïs génétiquement modifié en juillet 2007 dans le Maine-et-Loire sans en informer préalablement ses adhérents. Or, vingt-sept de ces hectares de maïs transgénique ont été systématiquement fauchés par des militants anti-OGM en l'espace d'un mois.

Suite aux résultats de l'enquête, Terrena a décidé "de ne pas commercialiser de semences OGM en 2008 et 2009 même si la loi l'autorise", a indiqué mercredi Olivier Chaillou, membre du bureau de Terrena.
Pour lui, les adhérents"nous disent de rester à la fois prudents et actifs", notamment dans la recherche. Les dirigeants de Terrena ont donc annoncé l'accroissement des activités de recherche et développement, notamment par la veille technologique et des partenariats dans les nouvelles technologies.

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"RESTER À LA FOIS PRUDENTS ET ACTIFS" -

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mercredi 5 mars 2008

L’agriculture ? Mais c'est fait pour nourrir l’humanité!

Par Jean Lallouet, mercredi 05 mars 2008 – Ouest-France

Il y a des années qu’on l’avait oublié. Aujourd’hui, la perspective d’une pénurie alimentaire mondiale redonne sa place et son rôle dans notre société à l’agriculture: nourrir l’humanité. C’est un défi qu’elle connaît bien. Il s’accompagne d’un second : elle ne devra plus le faire n’importe comment.

Le Salon de l’agriculture a fermé ses portes sur un grand succès populaire : les visiteurs – dont une majorité d’urbains - ont été plus nombreux à venir témoigner un attachement à la fois sentimental, respectueux et curieux aux agriculteurs.


Ce succès intervient dans un contexte nouveau. Et étonnant si l’on prend la peine de jeter un regard en arrière. Pour la première fois, depuis de nombreuses années, des pays riches envisage sérieusement la perspective d’une pénurie alimentaire mondiale sur des produits essentiels et basiques comme le blé, le riz ou le lait... Etonnant, parce que depuis une vingtaine d’années, ces mêmes pays s’occupaient bien plus de gérer, avec des coûts indécents face aux besoins élémentaires du tiers-monde, une surabondance endémiques de ces mêmes produits. On a encore en mémoire les déstockages massifs de « beurre d’intervention » de la communauté européenne. Ou plus récemment de la mise en jachère organisée – en France notamment - de milliers d’hectares de terres agricoles particulièrement généreuses.
J’ai le souvenir d’une rencontre, il y a une douzaine d’années, avec le directeur de la commission européenne de l’agriculture à Bruxelles. Cet éminent spécialiste – certains diront ce technocrate – avait attiré l’attention des journalistes présents sur les dangers de telles mesures de limitation des productions, qui mettaient le monde entier à la merci d’un accident climatique, de récoltes ratées dans un ou plusieurs des plus grands pays producteurs de denrées essentielles. Et il n’était pas encore question des conséquences d’un réchauffement de la planète !


Aujourd’hui, sans brandir encore le spectre d’une famine, cette pénurie s’impose comme une évidence et fait ressentir ses premiers effets sur l’équilibre alimentaire de notre monde.. Des effets que l’on peut déjà chiffrer et mesurer. L’échec est navrant pour tous ceux qui ont mis en œuvre cette politique agricole, avec, souvent, il est vrai, la complicité intéressée d’une certaine catégorie d’agriculteurs eux-mêmes. Et de puissances agroalimentaires qui n’ont pas toutes été enfantées par de grandes multinationales, mais aussi par des coopératives qui ont bafoué leur raison d’être originelle.
Les quotas laitiers, par exemple, et leurs conséquences traumatisantes dans nos campagnes, sont encore bien présents dans les mémoires - les agriculteurs se retrouvent face à un nouveau challenge qui a au moins un mérite : leur rappeler et nous rappeler que leur métier est de nourrir notre société. Ce métier – cette fonction - y retrouvera sans doute une noblesse oubliée.


A deux conditions.
La première, c’est que cette société de consommation soudain ramenée à des préoccupations oubliées, regardera peut-être différemment ce monde agricole dont elle s’est éloignée et auquel elle fait porter, de manière souvent injuste et facile, la responsabilité d’un productivisme suicidaire et d’une pollution qui l’est autant, en oubliant que c’est là une responsabilité qui doit être largement partagée.


La seconde, c’est que les agriculteurs – peut-être pourrions-nous parler à nouveau de paysans ? – doivent comprendre que, pénurie ou pas, une époque est révolue. Il est désormais impensable d’imaginer que l’on puisse produire comme on l’a fait ces dernières années. La dimension environnementale est définitivement inscrite – et le sera encore plus – dans leur cahier des charges. Et nos paysans devront manifester en ce domaine un volontarisme qui leur a fait défaut et qui les a , de manière regrettable, coupés du reste de la société. Une agronomie bien pensée, des techniques modernes, une intelligence qu’ils n’ont jamais réellement perdue devraient leur permettre de produire autant et mieux.

Cette nouvelle donne sonne l’heure d’une agriculture citoyenne. Plantant et semant pour une consommation citoyenne. L’une et l’autre rompant avec une période de surabondance égoïste qui leur a fait oublier que c’est notre planète qu’il faut nourrir.

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