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-:¦:- Information Non-Violence, Environnement TERRE -:¦:- "Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent" Lucie Aubrac

mardi 13 mai 2008

RESSOURCES MONDIALES. --Les bateaux ratissent les océans pour remonter des poissons de faible valeur commerciale qui seront tran

Sud-Ouest 12 Mai 2008

La pêche industrielle destinée à fabriquer les farines est très contestée

Au Pérou, plus de 140 usines transforment l'anchois du Pacifique en farine et huile de poisson. Au Chili, on dénombre une trentaine d'unités de production. Elles sont une vingtaine en Islande, au Royaume-Uni, et l'on compte aussi quelques sites de transformation au Danemark, en Norvège, au Maroc, aux États-Unis, en Chine.

Un maillage planétaire, pour des besoins mondiaux en protéines animales. Ces farines sont devenues, depuis une vingtaine d'années, l'une des clés de l'aquaculture.

Selon l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer, dix pays concentrent plus de 80 % de la production, aux premiers rangs desquels le Pérou (30 %) et le Chili (15 %). Pour alimenter ces usines, une flottille dite « minotière » ratisse les océans et remonte le « fourrage », c'est-à-dire des espèces qui ne représentent pas une grande valeur commerciale : capelan, sardine, tacaud norvégien, anchois du Pérou, lançon, etc. La France n'a immatriculé aucun de ces bâtiments mais, dans le ressort de l'Union européenne, le Danemark arrive en tête devant les Hollandais et les Norvégiens.

Les volailles. Les tenants du développement de l'aquaculture défendent cette pêche industrielle en évoquant la stabilité des captures, l'existence de quotas. Ils précisent aussi que les élevages de poissons ne consomment pas la moitié des 6 millions de tonnes de farines de poisson produites annuellement.

Le reste alimente élevages porcins et de volailles. Pour autant, alors que la ressource océanique s'épuise, la pêche de poissons pour nourrir du poisson est un véritable sujet de controverse. Et les enjeux du débat ne sont pas exclusivement écologiques. « Le gaspillage des ressources halieutiques ne semble pas poser de problème à ceux qui n'ont pour règle que la loi du marché », peut-on lire sous la plume de l'amiral François Bellec.

L'ancien président du musée de la Marine ne manque pas de souligner que « près de cinq tonnes de poissons sont nécessaires pour fabriquer une tonne de farine » et relève une fracture, une de plus, entre pays développés et pays du Sud. Ces derniers font même appel aux flottes étrangères pour pêcher le poisson de leurs côtes, quitte à favoriser le transfert des protéines du Sud vers le Nord. « Actuellement, note-t-on au Comité catholique contre la faim dans le monde, 25 % du poisson consommé en Europe provient de captures réalisées par des navires européens opérant dans le cadre des accords de pêche entre l'Union européenne et les pays du Sud. »

Le 10 juillet 2007, la question de la pêche industrielle et de la production de farine et d'huile de poisson était évoquée devant le Parlement européen, pour inviter la Commission et le Conseil à lever l'interdiction d'utiliser farine et huile de poisson dans l'alimentation des ruminants. Une résolution qui précise qu'au Pérou, ce secteur d'activité implique plus de 100 000 personnes, tandis qu'il génère 2 200 emplois directs en Europe et 30 000 emplois indirects.

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samedi 10 mai 2008

Des fruits gratuits pour les écoliers

SUD-OUEST 070508

ALIMENTATION. --Le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, a lancé  à Bordeaux l'opération « Un fruit pour la récré »

Cyril ! Cyril ! » Le cercle des élèves de l'école Thiers se forme autour de Cyril Lignac, le chef cuisinier star de la télé. Des petites mains lui tendent des bouts de papier en quête d'autographes. Alain Juppé et Michel Barnier sont emportés dans le mouvement, sollicités avec davantage de retenue toutefois !

Cyril Lignac est le parrain de l'opération « Un fruit pour la récré », initiée par le ministère de l'Agriculture et lancée officiellement hier à Bordeaux. En collaboration avec les ministères de la Santé (dans le cadre de la lutte contre le surpoids et l'obésité infantiles) et de l'Éducation nationale, elle vise à développer la consommation des fruits, mais également des légumes, auprès des écoliers.

« Les enfants d'aujourd'hui consomment de trois à quatre fois moins de fruits et de légumes que n'en consommaient leurs grands-parents, a expliqué le ministre de l'Agriculture, ajoutant à cela que « les achats de fruits et de légumes varient de un à trois entre le quart le plus pauvre et le quart le plus riche de la population française ».

« Injustice alimentaire ». « Un fruit pour la récré » vise donc aussi à combattre, selon l'expression de Michel Barnier, « une injustice alimentaire » en facilitant l'accès aux fruits et légumes pour les enfants de milieux défavorisés.

C'est la raison pour laquelle l'opération, qui se mettra en place à la rentrée de septembre prochain, concernera en premier lieu les écoles classées en ZEP (zone d'éducation prioritaire). Concrètement, une fois par semaine, y sera institué un goûter fruité constitué prioritairement de fruits « de saison et de proximité ».

C'est aux collectivités qu'en incombera la prise en charge. Cependant, l'État « cofinancera à 50 % » les fruits distribués dans les « 1 000 premières écoles situées en ZEP engagées dans l'opération ». Mais hier, à Bordeaux, ce sont « les 36 000 communes de France » que Michel Barnier a invitées à s'inscrire dans le mouvement.
Bordeaux est donc la première. Alain Juppé a indiqué qu'au-delà de l'école Thiers, toutes les autres écoles de la ville classées en ZEP y seront associées.

Pommes,kiwis, fraises. Quant à Cyril Lignac, il manisfeste dans cette affaire le même enthousiasme qu'on lui voit sur le petit écran. Pour lui, « Un fruit pour la récré » s'inscrit dans le prolongement des actions qu'il a déjà menées au niveau des cantines scolaires (« Vive la cantine ! » sur M6) : « Aider les enfants à apprendre à manger mieux, à préserver leur capital santé, cela fait partie de mon travail de chef mais aussi de ma responsabilité de citoyen », dit-il, assurant qu'au-delà du lancement, il exercera « un suivi ».

Et quand on évoque auprès de lui la hausse des prix du secteur, il répond : « On peut très bien s'en tirer si l'on s'en tient aux fruits de saison que l'on peut trouver chez les petits producteurs. Moi, j'y arrive. » Il glisse même son conseil : faire les fins de marché !
Hier, pour le goûter inaugural, des pommes, des kiwis et des fraises gariguettes étaient proposés aux écoliers bordelais. Autant de produits de saison et de la région. À cet égard, Michel Barnier a souligné l'implication des filières dans cette opération, rendant hommage aux producteurs qui « travaillent dans des conditions difficiles » en relation avec « les aléas climatiques ».

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dimanche 27 avril 2008

Le brin de muguet

Le 04/05/2007, par Cire – Terra economica

Le muguet du 1er mai impose un travail de titan. Obtenir la précieuse clochette dans les temps exige un grand savoir-faire et une grosse dépense énergétique.

Ils ont dix jours pour cueillir et mettre en bouquet manuellement les 50 millions de brins nantais, soit 85 % de la production nationale. Un total d’un million d’heures de travail, soit 70 % des coûts de production. Si le jeu en vaut la chandelle – 12 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2006 pour la seule Loire-Atlantique –, la pression est forte sur les 130 producteurs du département.

Une seule erreur, une mauvaise interprétation de la météo scrutée sans relâche et voici trois années de dur labeur ruinées. Trois ans ? Eh oui, les brins ne fleurissent qu’après deux années de culture sans récolte. Gourmand en main-d’œuvre, le muguet l’est aussi en soins en amont et en énergie. Planté sous forme de « griffes », il est entretenu à la main et reçoit, en grande quantité, engrais et eau de mars à octobre. Suivant la météo, la fréquence de cet arrosage oscille de deux à quatre fois par mois. Par exemple, en 2006, la période, très sèche jusqu’en juillet, a réclamé un arrosage hebdomadaire.

Puis en octobre, la plante entre en « dormance », c’est à dire qu’elle hiverne, enfouie sous le sable de la Loire. A son réveil, elle est placée en serre froide et maintenue à zéro degré : une dépense énergétique considérable. Après l’éclosion à la mi-mars, la plante pousse à l’ombre, sous châssis. Puis mi-avril, la cueillette débute. Conditionné, le brin attend au « frigo » le 28 avril, jour où il quitte le bassin nantais en camions réfrigérés (4 à 5°C).

muguet

Un voyage pas vraiment écologique. Mais c’est la seule solution pour que la clochette ne fane pas avant la date fatidique.

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samedi 26 avril 2008

MENACE SUR LE VIGNOBLE : Cuvées pesticides

NOUVELOBS.COM | 24.04.2008 | Gérard Muteaud

Une étude très sérieuse le prouve : les vins sont contaminés par les pesticides. Y compris les plus grands crus. Enquête sur un désastre écologique.

Faut-il ranger, la mort dans l’âme, nos Mercurey, Auxey-Duresses, Saint-Estèphe et autres Pomerol au rayon des produits toxiques avec une tête de mort tatouée sur l’épaule de la bouteille ? La fine fleur de nos grands crus, symbole du savoir faire de nos vignerons, cache-t-elle derrière ses tanins délicatement vanillés et ses arômes de petits fruits rouges quelques poisons violents?

François Veillerette, président du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDGRF) et administrateur du réseau Pesticide Action Network Europe (PAN Europe) l’affirme: le vin est contaminé par des résidus de pesticides à des doses mille fois plus élevés que celles tolérés pour l’eau du robinet. Sur une quarantaine d’échantillons de vin rouge millésime 2002 piochés au hasard (1) et analysés par son association, tous, à l’exception de six bouteilles issues de l’agriculture biologique, contiennent des traces de quatre à dix pesticides différents. Des produits chimiques inscrits pour la plupart comme agents cancérigène, mutagène ou perturbateur endocrinien par la Directive européenne sur les substances dangereuses.


Le rapport, qui aurait dû faire l’effet d’une bombe au sein de la profession, n’a suscité qu’un vague communiqué du représentant de la Copa-Cogeca, principale organisation européenne agricole, mettant en doute la méthodologie de l’étude. En France, silence radio. L’Union des grands classés de Bordeaux estime que la question ne relève pas de sa compétence. Sur les dix vins français (trois bourgogne et sept bordeaux) passés au crible figurent pourtant trois crus vendus plus de 200€ le flacon. On imagine l’effet de ces révélations sur les acheteurs américains ou asiatiques sensibles aux thèses écolos. "Je m’insurge contre les déclarations des intégristes bio", déclarent Joseph Henriot, ingénieur agronome et propriétaire des champagne Henriot et des vins Bouchard (Bourgogne) et William Fèvre (Chablis). Depuis les années 90, les mentalités progressent et on améliore les méthodes. On est sorti de la folie productiviste des décennies précédentes durant lesquelles on a empoisonné jusqu’aux nappes phréatiques. Mais les maladies de la vigne existent et il faut bien les traiter". Pierre-Henry Gagey, président du Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (BIVB) se veut rassurant: "Tous les produits utilisés dans l’agriculture sont validés par les services compétents du ministère de l’Agriculture."Prudent, le directeur de la maison Jadot précise tout de même "qu’à titre personnel", il est favorable à l’interdiction des herbicides pour les vins AOC et pour une diminution drastique des pesticides et des fongicides. "Aujourd’hui, ajoute-t-il, on peut accepter de vivre avec les insectes, les lombrics et les mauvaises herbes sans que cela nuise à nos vignes."


Alors, dangereux ou non pour la santé les molécules chimiques généreusement répandues sur les vignes? Pour Dominique Techer, propriétaire du château Gombaude-Guillot à Pomerol et membre de l’association Sève (2), le monde viticole a depuis longtemps adopté la tactique de l’autruche face aux sujets environnementaux. "Quand vous mettez ces questions sur le tapis, vous êtes considéré comme un traître. La profession se drape derrière des déclarations de principes sur l’agriculture raisonnée – en substance, on traite seulement à bon escient – et se fiche de l’impact de ces molécules pour l’environnement et la santé publique." Exemple? D’après un rapport du très sérieux Institut de veille sanitaire (INVS), entre mai et août, l’air en Gironde et en Champagne est saturé de produits comme le folpel (jusqu’à 1200 ng/m3), le trifluraline, le pendiméthaline, et l’endosulfan (de l’ordre de 1 ng/m3). Pis encore, on détecte aussi du lindane (insecticide de la famille des organochlorée considéré comme l’un des principaux polluants des nappes phréatiques), interdit depuis 1998. Les risques sanitaires pour la population ? Ils n’ont jamais fait l’objet d’une étude épidémiologique sérieuse.
Pour Claude et Lydia Bourguignon, microbiologistes des sols, herbicides, pesticides et fongicides entrainent la mort du terroir. "Les collemboles, acariens, nématodes, mille-pattes, araignées, lombrics et autres cloportes ont le pouvoir incroyable de digérer les déchets organiques et d’aérer le sol en creusant des millions de micro-galeries. On ne peut à la fois défendre la notion de terroir et en faire une terre morte." 80.000 tonnes de pesticides sont utilisés chaque année en France. La viticulture, qui représente 3% des surfaces cultivée, en a consommé 20% selon l’INRA.


(1) L’étude porte sur 40 bouteilles de vin rouge du millésime 2002 provenant de France, Autriche, Allemagne, Portugal, Afrique du Sud, Australie et Chili.
(2) Sève est une association de vignerons qui milite pour une viticulture respectueuse de l’environnement.
 

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vendredi 25 avril 2008

Paysans et industriels unis face aux hypers

Ouest-France – 25/04/08

L'ensemble de la filière agroalimentaire s'inquiète du renforcement du poids de la grande distribution, en germe, selon elle, dans le projet de loi de modernisation de l'économie.

« Ce n'est pas courant de présenter un front uni d'agriculteurs et d'industriels, mais nous sommes confrontés à un phénomène grave et préoccupant, particulièrement pour les PME », s'inquiète Jean-René Buisson, président de l'Association nationale des industries alimentaires. L'Ania tenait, hier, une conférence de presse avec la FNSEA, Coop de France (coopératives  agricoles),  la  CGGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises), la FEEF (Fédération des entreprises et entrepreneurs de France) et la CGI (Confédération française du commerce interentreprises).

Les agriculteurs et les industriels ont annoncé qu'ils s'alliaient pour réclamer une révision du projet de loi de modernisation de l'économie sur le volet concernant les relations industrie-distribution. Ils ont lancé une pétition à cet effet, alors que le projet de loi sera présenté, lundi, en conseil des ministres.

Les pétitionnaires entendent faire pression sur le gouvernement pour obtenir un amendement au projet de loi, afin d'obliger les distributeurs à justifier sur facture les avantages tarifaires qu'ils réclament aux industriels en contrepartie de différents services (catalogues publicitaires, « têtes de gondole » dans les magasins).

« Les clés de nos entreprises »
Alors que, selon une déclaration commune des six organisations, « un texte de consensus avait été trouvé entre les agriculteurs, les coopératives, les industriels et les distributeurs ».

Le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, a précisé qu'un rendez-vous avait été demandé à Nicolas Sarkozy qui a tranché en faveur du texte actuel. Ce texte, estiment agriculteurs et industriels, « donne les clés de nos entreprises à la grande distribution, déjà toute puissante, et fait courir un grand risque à toute la production ».

Les organisations d'agriculteurs et d'industriels s'en remettent à la « sagesse du Parlement si leur appel n'était pas entendu par le gouvernement ». Elles ont indiqué qu'elles envisageaient de manifester devant l'Assemblée Nationale, dans la deuxième quinzaine de mai, avant l'examen du projet de loi par le Parlement si leur revendication n'aboutissait pas à un amendement, « de préférence d'origine gouvernementale ».

« Ce serait un comble, un an après l'élection du président de la République, que des chefs d'entreprise soient obligés de manifester dans la rue pour obtenir satisfaction »
, a lancé Jean-René Buisson.

En revanche, la Fédération du commerce et de la distribution considère que le texte est «bien écrit». La FCD concède seulement qu'elle est prête à différer la date d'application de la réforme à 2009. 

hypers

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mardi 22 avril 2008

Une épidémie de rouille noire, redoutable parasite du blé, menace les grands pays céréaliers d'Asie

LE MONDE | 21.04.08 | 16h39

Alors que le cours du blé flambe, que ses stocks mondiaux sont au plus bas et que les émeutes de la faim se multiplient dans le monde, un nouvel élément risque d'aggraver encore la situation. Il s'agit de la rouille noire du blé (Puccinia graminis), un redoutable parasite connu depuis l'Antiquité, dont une souche virulente, apparue en 1999 en Ouganda (d'où son nom de Ug99), vient d'être repérée en Iran, après avoir été détectée au Kenya en 2001 puis en Ethiopie en 2003. En 2007, elle a occasionné de lourds dégâts dans ces pays et fait son apparition au Yémen.

Pour les experts de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), "la détection du champignon de la rouille du blé en Iran est très préoccupante, car sa progression pourrait rapidement compromettre la production de blé dans les pays à risque". La FAO vient de lancer une alerte sur son site (www.fao.org) car elle craint que les spores du parasite, transportées par les vents dominants, ne poursuivent leur course vers les grands pays céréaliers situés à l'est de l'Iran : Afghanistan, Inde, Pakistan, Turkménistan, Ouzbékistan et Kazakhstan.

" La menace est réelle", estime aussi Yvan Sache, spécialiste des rouilles du blé à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA), d'autant que "80 % des variétés de blé cultivées dans le monde sont sensibles à cette souche". Pour arrêter sa progression, il faut s'y prendre très tôt, en utilisant des fongicides. Une fois l'épidémie enclenchée, et en l'absence de protection, la présence du parasite "peut se traduire par un rendement nul et une destruction complète de la culture", ajoute le spécialiste.

Puccinia graminis n'est pas un inconnu. Pendant la guerre froide, il était considéré comme une arme biologique par les Américains et les Soviétiques. Lors de sa dernière apparition aux Etats-Unis, en 1974, il a détruit 40 % de la récolte de blé. A la suite de cet événement, l'agronome américain Norman Borlaug, lauréat du prix Nobel de la paix en 1970, a développé plusieurs variétés de blé capables de résister à la rouille noire. Mais en 1999, une mutation apparue sur le champignon a rendu cette défense inopérante.

Des recherches sont actuellement menées par un institut basé au Mexique, le Centre international pour l'amélioration du maïs et du blé (Cimmyt), afin d'isoler et de croiser des variétés de blé résistantes à la nouvelle souche. Elles sont actuellement testées dans vingt-sept centres pilotes au Népal, en Inde, en Afghanistan et au Pakistan. Mais il faudra du temps avant qu'elles puissent être utilisées.

La dangerosité de Puccinia graminis tient à sa rapidité infectieuse. Une fois qu'il a atteint un champ de blé vert, il forme sur les tiges de grosses pustules noirâtres remplies d'une poussière constituée des spores du champignon. Ce sont des cellules isolées pouvant donner naissance à un nouvel individu sans fécondation.

Ces spores sont produites tous les quinze jours et en telles quantités qu'elles peuvent former un nuage visible à l'oeil nu. Elles s'envolent, suivent les vents dominants et sont capables de traverser de grands espaces. C'est ce qui s'était produit lors d'une épidémie de rouille jaune qui avait démarré, en 1986, dans le Nord-Est de l'Afrique et s'était propagée vers le Yémen et l'Iran, pour atteindre l'Asie centrale et l'Inde en 1997, provoquant plusieurs centaines de millions d'euros de pertes de récoltes.

Dans le passé, l'Europe a aussi été touchée par la rouille noire, mais en France, le champignon a été éradiqué quand on s'est aperçu, au début du XIXe siècle, qu'un arbrisseau, l'épine-vinette (Berberis vulgaris), utilisé comme clôture, était à l'origine des épidémies. " C'est l'espèce sur laquelle le champignon réalise sa reproduction sexuée, alors que les spores sont asexuées", précise Yvan Sache. Il se produit à cette occasion un brassage génétique qui favorise l'apparition de mutations.

A la suite de la découverte du cycle complexe de Puccinia graminis et du rôle de l'épine-vinette, des campagnes d'arrachage ont été lancées dans de nombreux pays, dont la France. La rouille noire reste dangereuse, occasionnellement, dans les régions à étés chauds d'Europe centrale et orientale, et pour les blés durs du sud de l'Europe.

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vendredi 18 avril 2008

ALGÉRIE • L'agriculteur, une espèce en voie de disparition

Courrier International 17/04/08

L'inflation galopante du prix des céréales sert de révélateur à un phénomène qui touche la société algérienne : la disparition de ses paysans et l'abandon des terres. Liberté s'inquiète.

Le ministre de l'Agriculture annonce que l'Etat infligera "des amendes et des pénalités" aux propriétaires et bénéficiaires du domaine foncier agricole qui n'exploitent pas la terre. Malgré la disponibilité de la terre et de l'argent, l'agriculture refuse de décoller. Depuis 1962, on aura tout essayé : d'abord, le modèle autogéré yougoslave, le sovkhoze et le kolkhoze soviétiques. Sans autonomie de gestion et assurés du financement de leurs déficits, ces "domaines" servaient de villages aux derniers paysans sans terre.

Dans leur situation d'agriculteurs sous-payés, ils songeaient à quitter la ferme pour une place de planton dans une prospère société nationale. Et leurs enfants, quand ils ne réussissaient pas leurs études, rêvaient de devenir agents de l'administration. Dans cette situation provisoire, qui penserait à entreprendre des travaux de mise en valeur, à planter et à soigner un verger ? L'Etat avait donné l'exemple avec l'arrachage des vignes. L'éloge des "industries industrialisantes" achevait de signifier le mépris national pour l'agriculture. Ce fut l'exode vers les couronnes urbaines et les pompeux "pôles" industriels. Au passage, on massacra les plaines de la Mitidja, d'Arzew. On bétonna. On inventa les cités bidonvilles.

Comme l'industrialisation n'allait pas sans la socialisation, il fallait nationaliser les exploitations. Certains des propriétaires remettaient leurs terres au fonds de la Révolution agraire avec un zèle paradoxal : ils devaient trouver plus d'intérêt à soutenir le socialisme qu'à travailler la terre.

Le résultat fut de créer une nouvelle catégorie de "coopérateurs salariés" qui trouva plus avantage à transporter du sable dans une remorque et à tracter des citernes d'eau qu'à labourer un sol où ils sont de passage. On essaya encore autre chose : les EAC (exploitations agricoles collectives) et les EAI (exploitations agricoles individuelles). Elles ont servi, le plus souvent, à quelques-uns des citadins bureaucrates, devenus majoritaires dans le pays et possédant l'entrisme nécessaire à ce genre d'opportunités, à vérifier qu'on ne s'improvise pas agriculteur. Ils auront eu le temps de revendre des serres et des matériels financés à crédit avant d'avouer l'impossibilité de leur reconversion professionnelle.

Le paysan a disparu. Pour la bureaucratie toute-puissante comme pour le nouveau bénéficiaire, la terre n'est plus qu'un fonds, pas un capital, quelque chose dont la valeur est dans sa propriété, non dans son exploitation. Seuls les paysans des profondeurs rurales s'acharnent encore à tirer leur subsistance d'un sol émietté et souvent ingrat. Par les expériences appliquées à la gestion de la terre et par les statuts successifs qu'on lui a décernés, on l'a éloigné de son objet. Le spéculateur a progressivement remplacé l'agriculteur, qui, peu à peu, a disparu, éradiqué par les politiques agraires.

Avant d'espérer relancer l'agriculture, il faudrait peut-être réinventer l'agriculteur, le fellah.

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mardi 15 avril 2008

Les biocarburants, "un crime contre l'humanité" d'après le rapporteur de l'Onu

http://terresacree.org SOS-Planete, le site de l'association Terre sacrée  - 2008-04-14

La production massive de biocarburants est aujourd'hui "un crime contre l'humanité" du fait de son impact sur l'envolée des prix alimentaires mondiaux, a estimé Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation à la radio allemande.

M. Ziegler a appelé le Fonds monétaire international (FMI) à changer sa politique de subventions agricoles et à cesser de soutenir exclusivement des projets visant la réduction des dettes. L'agriculture, estime-t-il, doit être subventionnée dans des secteurs où elle assure la survie des populations.

Il a également critiqué l'Union européenne pour sa politique de subventions, l'accusant de dumping agricole en Afrique. "L'UE finance l'exportation d'excédents alimentaires européens en Afrique (...) où ils sont proposés à la moitié ou un tiers du prix. Cela ruine totalement l'agriculture africaine", a-t-il déploré.
"En outre, la spéculation boursière internationale sur les matières premières alimentaires doit cesser", a-t-il dit.

Dans un entretien au journal français Libération, M. Ziegler a averti que le monde se dirigeait "vers une très longue période d'émeutes" et de conflits liés à la hausse des prix et à la pénurie des denrées alimentaires. De son côté, le patron de l'organisme allemand de protection des consommateurs Foodwatch, Thilo Bode, s'est aussi insurgé contre la "politique commerciale meurtrière des pays industriels".

"Nous avons besoin d'une autre politique énergétique. Il n'est pas possible que nous remplissions nos réservoirs aux dépends des affamés", a-t-il dit à la télévision publique allemande ZDF.

Réagissant aux appels de mobilisation actuelle contre la faim, le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück a affirmé à la radio publique allemande que "l'Allemagne ne se dérobera pas à une telle action".

L'envolée des prix des denrées alimentaires et de l'énergie a provoqué la semaine dernière des émeutes en Haïti et en Egypte ainsi qu'une grève générale au Burkina Faso.

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samedi 12 avril 2008

La FAO redoute d’autres émeutes de la faim


CHRISTIAN LOSSON


La flambée des prix de la nourriture de base va entraîner la multiplication des émeutes de la faim, dénonce la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. «La facture des importations céréalières des pays les plus pauvres va augmenter de 56 %en 2008», assure Jacques Diouf, le président de la FAO, après avoir bondi de 37 % en 2007. Pis : les pays les plus démunis d’Afrique subsaharienne pourraient voir leur facture s’envoler de 74 %, en raison du boom des tarifs du fret et du prix du baril de pétrole.

«Des gens meurent déjà dans des émeutes [ Libération de vendredi, ndlr], dit-il, et si nous ne prenons pas des décisions rapides, certains mourront de faim. Et les gens ne resteront pas assis en train de mourir de faim, ils réagiront.» Dénonçant «l’impact dévastateur» du prix des denrées, l a FAO rappelle que 37 pays pauvres sont dans une situation d’urgence susceptible de conduire à des émeutes. Diouf appelle la planète à réagir pour «corriger les politiques agricoles erronées menées au cours des vingt dernières années». Priorité : «Une opération massive de distribution de semences et de fertilisants.» La FAO espère pour cela lever 1,2 à 1,7 milliard de dollars de fonds lors de la prochaine conférence sur la sécurité alimentaire, du 3 au 5 juin, à Rome. Jusqu’à présent, elle n’a pu allouer que 17 millions de dollars. Le PAM, programme alimentaire mondial, évalue, lui, à 500 millions de dollars le seul surplus à payer pour ses programmes existants…

Premier diplomate à avoir tiré la sonnette d’alarme il y a près d’un an, Jacques Diouf se dit «surpris» que le Conseil de sécurité de l’ONU reste muet. Car dit-il, la crise alimentaire a des conséquences «sur la paix, la sécurité et les droits de l’homme».


© Liberation.fr

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mercredi 9 avril 2008

OGM: l'opposition inflige un nouveau revers à la majorité UMP

TV5  PARIS (AFP) - 07/04/2008

L'opposition a infligé un nouveau revers à la majorité UMP en obtenant la suppression d'une disposition du projet de loi sur les OGM, qui limitait la liberté d'expression des membres d'un futur Haut Conseil des biotechnologies, lundi à l'Assemblée nationale.

Les députés ont adopté l'article deux, qui prévoit la création de ce Haut conseil pour "éclairer le gouvernement sur toutes les questions intéressant les organismes génétiquement modifiés (...)".

Le projet de loi -déjà adopté par le Sénat- prévoyait que les membres du Haut Conseil ne pouvaient prendre "à titre personnel, aucune position publique", "sans en avoir préalablement informé leur président". L'opposition, avec deux amendements de suppression des Verts et du PCF, a obtenu la suppression de cette restriction.

C'est le deuxième amendement de poids que fait adopter l'opposition -avec l'appoint de quelques voix de la majorité-, après l'amendement Chassaigne (PCF) qui vise à protéger "les zones de productions de qualité sans OGM". François Grosdidier (UMP) avait aussi présenté un amendement de suppression similaire à celui des Verts et du PCF.

En revanche, l'opposition n'a pas réussi à élargir la composition du Haut conseil à des philosophes.

Elle a aussi demandé en vain que l'ensemble des syndicats agricoles puissent siéger dans le Haut conseil, rappelant que "le monde agricole n'a pas d'avis unanime sur la question des OGM", dans une allusion aux positions de la FNSEA (favorable à la "liberté de choix") et de la Confédération paysanne (opposée aux OGM).

Côté gouvernement, le texte était défendu par le ministre de l'Environnement Jean-Louis Borloo. Sa secrétaire d'Etat Nathalie Kosciuko-Morizet, présente la semaine dernière, n'était plus là lundi, alors que, selon une source parlementaire UMP, les députés UMP sont vent debout contre elle.

Posté par Kozett à 00:03 - Agriculture - Pêche - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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