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samedi 28 novembre 2009

Luc Guyau à la tête de la FAO : quelques vérités cachées

Altermonde sans frontières - 27/11/09 - Fabrice Nicolino

Luc_Guyau_a0c4b La nomination est si belle, et dit si bien l’état réel du monde qu’on la croirait faite pour des gens comme moi. Luc Guyau est donc le nouveau président de la FAO - Food and Agriculture Organization, ou Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation -, structure mondiale créée à Québec (Canada) en 1946 (ici). La noble institution est logée à Rome, Viale delle Terme di Caracalla, et entretient une armada inouïe de bureaux régionaux, sous-régionaux, de représentations dans les pays, de départements, d’inspecteurs généraux et de directeurs.

Cette si vaste entreprise ne connaît pas la crise. Budget 2006/2007 : 765,7 millions de dollars. Budget 2008/2009 : 867,6 millions de dollars. On aura du mal à trouver bureaucratie plus plantureuse que n’est cette agence onusienne. Rappelons sans rire - ce n’est pas encore le moment -, que le but officiel mille fois proclamé de la FAO est « d’aider à construire un monde libéré de la faim ». Et sa fière devise latine n’est autre que Fiat panis, autrement dit : qu’il y ait du pain. Sauf qu’il n’y en a pas. Sauf que plus d’un milliard d’humains souffrent d’une faim chronique tandis que j’écris ces mots bien au chaud chez moi. Sauf que la FAO mériterait simplement d’être virée avec pertes et fracas, pour cause d’incompétence chronique. Mais les monstres ne sont jamais lourdés par quiconque. On les tue, ou bien ils vous dévorent, comme Scylla le fait d’un coup de mâchoire face à six compagnons du Grec Ulysse.

La FAO est tout simplement l’agent de l’agriculture industrielle dans le monde. Et s’il était possible de délimiter les responsabilités dans le désastre inouï où sont plongées les paysanneries du monde, nul doute que la FAO serait sur le podium. Médaille d’or ? Qui sait ? Il aura fallu attendre soixante ans pour qu’un colloque sur l’agriculture biologique se tienne à son invitation en mai 2007, à Rome (ici). Conclusion, tirée de la FAO elle-même, comme acculée dans l’impasse du productivisme : « Ces modèles suggèrent que l’agriculture biologique a le potentiel de satisfaire la demande alimentaire mondiale, tout comme l’agriculture conventionnelle d’aujourd’hui, mais avec un impact mineur sur l’environnement ».

Je me permets un commentaire, qui est comme un sous-titre. Cet aveu capital - l’agriculture bio peut nourrir la planète -, aura été arraché au contrôle des bureaucrates de la FAO, puis ennoyé dans cette langue effarante que ces gens osent parler. Il n’importe, car ce qui est écrit le demeure. La FAO soutient depuis des décennies un système fou qui ne fait qu’aggraver des problèmes cinglés. Heureusement arriva Luc Guyau. Beaucoup doivent connaître celui qui vient d’être nommé président du grand machin. Mais il y a les autres. Guyau, c’est simple, a occupé tous les postes de quelque importance au Centre National des Jeunes Agriculteurs (CNJA) et à la Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FNSEA). Il dirigeait ces derniers jours l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture, et à ce titre, on ne voit guère plus haut responsable de ce que sont devenues les campagnes de France, matraquées par les pesticides, conchiées par le lisier, dévastées par le remembrement industriel. Bien entendu, il est membre de l’UMP.

Et le voilà donc au sommet de la FAO, où il ne sera certes pas dépaysé. Je tiens à vous faire partager quelques découvertes simples sur Guyau, qui ne datent pas de Mathusalem. Laissez-vous conduire, je crois que c’est instructif. Premier mouvement : un discours. Nous sommes le 17 décembre 2008, et Guyau, président des Chambres d’Agriculture, réunit ses troupes en présence de Michel Barnier, alors ministre de l’Agriculture. Et cela donne, comme il se doit, un chef-d’œuvre. Sur l’usage des pesticides, que la société refuse de plus en plus massivement : « Le retrait rapide de certaines molécules phytosanitaires peut aboutir à des impasses techniques (…) Plus largement, il convient de déterminer de façon rigoureuse l’impact économique de ces décisions en s’appuyant sur des expertises, et en associant étroitement les producteurs et leurs représentants ».

Autrement exprimé, ces mots montrent s’il en était besoin que Guyau, totalement lié à l’industrie, ne veut pas entendre parler de l’interdiction de pesticides. Deuxième point, tout à fait cohérent : l’agriculture biologique. Le Grenelle a promis de faire passer la surface agricole utile dédiée à la bio de 2 % des surfaces en France à 6 % d’ici 2012. Ce qui impliquerait - rassurez-vous, le gouvernement s’en tape - des mesures historiques. Mais Guyau, de toute manière, sait déjà quoi en penser : « Les Chambres d’agriculture sont mobilisées sur ce dossier, même si les objectifs affichés nous paraissent difficiles à atteindre ». Beau comme l’antique, et traduction maison : la bio ira se faire voir dans les choux.

Troisième point enfin, plus sérieux pour un Luc Guyau : les biocarburants. Ah, l’homme est un renard. Les biocarburants tirés de plantes alimentaires n’ont plus la cote d’antan. Sauf chez Guyau, qui manie l’euphémisme et la périphrase comme l’expert qu’il est bel et bien. Ce qui donne : « Les Chambres d’agriculture sont aujourd’hui prêtes à participer à la réduction de la dépendance énergétique des exploitations et à réaliser une partie des 100 000 diagnostics énergétiques des exploitations agricoles, dont vous avez souhaité la réalisation d’ici 5 ans ».

Qu’es aquò ? Késaco, si vous préférez. Attention, colossale finesse. On avance masqués. Le ministère de l’Agriculture a concocté, avec les amis de Guyau - ces choses-là se règlent ensemble - un Plan de performance énergétique des exploitations agricoles (2009/2013), doté de 35 millions d’euros. On prend grand soin, dans les documents officiels, de ne pas prononcer le mot biocarburants. Je lis par exemple : « Ces actions [celles du Plan] peuvent porter sur l’adoption de pratiques plus économes en énergie (…), sur l’utilisation d’équipements qui améliorent la performance énergétique, et dans certains cas elles peuvent se traduire par la production d’énergies renouvelables ».

Le gras du texte est de moi. Il désigne, et en priorité, une aide accordée aux biocarburants. Dans un autre document du ministère de l’Agriculture consacré à ce fameux plan, je lis : « Seront également détectées les possibilités de produire des énergies renouvelables ». Derechef, et selon moi toujours, il s’agit de favoriser la production de biocarburants sans le clamer sur les toits. Non, je n’ai pas viré paranoïaque. En témoigne cet entretien avec Xavier Beulin, patron de Sofiprotéol, structure clé de l’industrie des biocarburants en France (ici). Que nous chante cet excellent Xavier ? Ceci : « Sur la période 2009-2013, le ministère de l’Agriculture et de la Pêche souhaite la réalisation de 100 000 diagnostics énergétiques (…) D’autre part, et cette partie est plus ambitieuse à moyen terme, l’objectif est de rendre les exploitations agricoles de plus en plus autonomes. Pour aider le ministère à déployer cette démarche sur le terrain, des conventions ont été signées avec six acteurs publics et privés, dont Sofiprotéol ».

Tiens donc, des partenaires privés dont le ministère aura oublié de parler. Lesquels ? GDF Suez, EDF, Total, Sofiprotéol, Cristal Union, soit l’essentiel du lobby des biocarburants en France. Voyez-vous, pour une fois, c’est vrai : on nous cache tout, on ne nous dit rien. Est-ce fini ? Ce texte immensément étiré est-il terminé ? Presque. Je reviens une seconde à Luc Guyau, notre beau président de la FAO. Il y a un peu plus d’un an, Guyau adressait au Premier ministre François Fillon (ici) une lettre que je ne peux qualifier que d’éclairante. Il y notait : « Aussi, les Chambres d’agriculture ne peuvent-elles partager les propositions législatives visant à instaurer des servitudes de bandes enherbées le long des cours d’eau, à rendre opposable la trame verte et bleue, à imposer l’agriculture biologique dans les aires de captage d’eau potable, à conférer aux agences de l’eau un droit d’expropriation ou encore à permettre à ces dernières de résilier les baux ruraux dans les zones humides ».

Il serait difficile d’être plus clair, mais il serait dommage de ne pas ajouter une ultime phrase, qui est comme une cerise sur le bidon de pesticides et des carburants végétaux. « Les Chambres d’agriculture demandent en outre le maintien des objectifs d’incorporation de biocarburants et des mécanismes de soutien afférents ». Au même moment ou presque - le 4 juin 2008 -, Xavier Beulin, l’homme du lobby précité, planchait devant la FAO, à Rome. Et que déclarait-il en se pinçant pour ne pas rire ? La même chose ou bien peu s’en faut : « Les biocarburants ne sont pas et ne doivent pas être réservés aux seuls pays riches. Ils peuvent également répondre utilement à l’indépendance énergétique de l’agriculture et de l’industrie dans les pays en développement ». Cette fois, le gras dans le texte n’est pas de moi. Beulin, devant la FAO, un an avant que Guyau n’en prenne les rênes.

Ma conclusion sera courte. Ceux qui auront eu le courage insigne de me lire jusqu’au bout sauront comment fonctionne concrètement le lobby de l’agriculture industrielle. Tous se connaissent. Tous sont d’accord. Tous jouent un rôle, leur rôle. Les tenants de cette industrie de l’agriculture n’essaient même plus leurs anciennes propagandes sur la nécessité de nourrir le monde. Ils sont nus. Aussi nus que l’Empereur des contes d’Andersen se baladant à poil dans les rues. L’objectif est de gagner des parts de marché, sans cesse et sans fin. En fabriquant, parce que cela rapporte, des biocarburants qui affament un peu plus les pauvres. Guyau à la Fao ? Logique, imparablement logique. Guyau à la FAO ? La vérité d’un monde exsangue. Le nôtre.

fabrice-nicolino.com

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mercredi 25 novembre 2009

Food, Inc. : alimentation à la chaîne et consommateurs captifs

Toogezer - 24/11/09 - O.M.

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Vous ne voulez pas que ça se passe ici comme ailleurs ? Allez donc voir un film sur les Etats-Unis et leur art de (mal) manger… Un opus de plus contre la malbouffe ? Food, Inc. a choisi de faire un état des lieux plus politique sur la toute-puissance de l’agro-alimentaire aux Etats-Unis. En ligne de mire : la standardisation de l’alimentation par les fast-foods et supermarchés ainsi que la concentration de 80% du marché américain de la viande entre les mains de cinq grands – Tyson, Smithfield, Cargill, Swift et National Beef .

Food, Inc. dénonce une menace sanitaire pour des consommateurs. A la base du système, le maïs qui couvre 30 % de la superficie agricole américaine avec force pesticides et irrigation. Présent dans tous les produits de grande consommation, il est vendu à perte grâce aux aides fédérales. L’alimentation des vaches avec du maïs pour écouler les surplus favorise le développement d’une bactérie : l’E-coli 0157 : H7. Un risque accru par la promiscuité des centaines de milliers de bêtes dans les élevages industriels. Ce micro-organisme peut provoquer des hémorragies intestinales. En l’absence de loi, les autorités sanitaires américaines n’ont toujours pas le pouvoir de fermer un élevage contaminé par E-coli ou la salmonelle. Un résultat du lobbying de l’agro-alimentaire, selon Food Inc.

Les conditions de travail ne sont pas épargnées par ce toujours-plus sans contreparties démocratiques et écologiques. Les élevages individuels de volailles sont sous la coupe des grands groupes qui leur dictent une gestion ultra-productiviste les conduisant à l’endettement. Le géant Monsanto règne sans partage sur 90 % du soja américain et contraint les agriculteurs à acheter de nouvelles semences chaque année. Les grands sites d’élevage industriel s’installent dans des quartiers défavorisés pour se doter d’employés peu regardants. L’immigration clandestine sert de main d’œuvre jetable à bas-coût. L’exportation du maïs américain ultra-subventionné jette des paysans mexicains à la rue.

Food, Inc. est un film qui propose aussi des solutions. Tout n’est pas noir dans le nouveau monde. Le bio, en anglais « Organic Food », y connaît une progression fulgurante de 20% par an. De petites exploitations artisanales cohabitent avec des entrepreneurs aux dents longues. La troisième marque nationale de yaourts, Stonyfield, est une enseigne bio. La plus grande chaîne de supermarchés du pays et leader mondial, Wal Mart, se lance dans la course. De quoi voir la nourriture plus verte outre-Atlantique ?

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Food, Inc. un film de Robert Kenner, sortie le 2 décembre

http://www.foodinc-lefilm.com/

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jeudi 19 novembre 2009

Amnistie pour les fruits et légumes hors-normes

Du magazine Toogezer - 18/11/09

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Le gaspillage dans les produits alimentaires est en moyenne de 20 %. Un chiffre dû, pour partie, au rejet des spécimens jugés non-conformes par leur couleur et leur forme. Une situation particulièrement préoccupante pour les produits frais naturellement irréguliers. Une décision récente de la Commission européenne  va peut être changer cette situation pour les fruits et légumes.

Une fois n’est pas coutume, la Commission européenne souvent décriée pour son caractère bureaucratique a décidé d’alléger les normes européennes qui pesaient sur une grande partie des vergers et maraîchers de l’Union. Si les différents pays de l’Union l’acceptent, 26 produits sur les 36 obéissant à des règles européennes seront autorisés à être commercialisés quel que soit leur aspect.

Une décision qui remet en cause un système mis en place voici 30 ans, la séparation en trois catégories qualitatives fondées sur la taille, la forme et la couleur : catégorie I, II et extra et la mise au rebut des fruits et légumes ne rentrant pas dans ces cases. Une « révolution » qui ne touche cependant pas les espèces les plus commercialisées. 75 % du commerce européen de fruits et légumes étant concentrés dans les 10 ne connaissant aucun changement : salades, pommes, oranges, poires, fraises, pêches et raisins.

Un choix qui ne fait pas l’unanimité. La raison invoquée par Bruxelles : faire baisser des prix jugés excessifs en période de crise est contestée. La part du budget consacré à l’alimentation aurait diminué de près d’un quart depuis 20 ans, les fruits et légumes n’en représenteraient que 10 % - chiffres Interfel -. Cette dérèglementation fait aussi craindre aux agriculteurs une concurrence accrue. Interfel, le syndicat représentatif de la filière des fruits et légumes frais s’érige contre une décision qui «  nuirait à l’image des fruits et légumes en supprimant les repères pour le consommateur. » Les exigences sanitaires sont cependant les mêmes et l’indication de la provenance reste obligatoire. Le consommateur a la possibilité de faire des choix écologiques et citoyens.

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mardi 17 novembre 2009

Faible bilan pour le sommet de la FAO

Check-list Le Monde du 17 Novembre 2009

Aucun résultat tangible n'aura vu le jour au sommet de l'agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), qui s'est tenu lundi 16 novembre à Rome.

Les enjeux étaient pourtant de taille : le journal panarabe Dar Al Hayat en donne une analyse économique particulièrement détaillée, portant notamment sur la question du prix des produits agricoles et des terres arables.

Le quotidien italien Corriere della sera livre un compte-rendu précis du déroulement des débats et récapitule les prises de position des principaux intervenants.

Le journal belge francophone Le Soir publie, quant à lui, un résumé de la déclaration finale, adoptée lundi soir, qui réitère les Objectifs du millénaire mais ne propose que peu d'engagements chiffrés et aucune date butoir.

La crise économique a fortement contribué à aggraver la malnutrition, et ce dans tous les pays : le New York Times rappelle que jamais autant de personnes n'ont souffert de la faim aux Etats-Unis depuis quatorze ans.

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lundi 16 novembre 2009

Sommet sur la Sécurité alimentaire 16 au 18 Novembre - La faim et les moyens, par Frédéric Lemaître

LE MONDE | 13.11.09

L'image est presque trop belle. Le mardi 3 novembre, quelques petits morceaux de pain lâchés par un oiseau sur une installation électrique ont suffi à provoquer un court-circuit de l'accélérateur de particules créé par le Centre européen de recherche nucléaire (CERN) à la frontière franco-suisse. Un joujou, pardon, un bijou scientifique de 3,7 milliards d'euros.

Malheureusement, le milliard d'êtres humains souffrant de la faim risque d'avoir moins de poids sur la communauté internationale qu'une simple chouette n'en a eu sur le nec plus ultra de la technologie occidentale.

La preuve va nous en être fournie, du lundi 16 au mercredi 18 novembre, lors du sommet sur la sécurité alimentaire convoqué, à Rome, par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Bien sûr, on y dénoncera ce "scandale absolu" qu'est l'aggravation de la faim depuis une dizaine d'années, cette "bombe à retardement" que constitue le développement démographique, la "menace sans précédent" que fait planer le réchauffement climatique, sans oublier "l'immoralité particulièrement choquante" des bonus des traders comparés aux sommes nécessaires pour mettre un terme à cette hécatombe, bien sûr, bien sûr...

Mais tout cela pour quoi ? Pour aboutir à une déclaration rédigée d'avance créant un comité pour la sécurité alimentaire mondiale. Les enfants du Bangladesh et les mères érythréennes n'en demandaient pas tant !

En fait, ce sommet aura du mal à ne pas être un non-événement. Parce que, depuis les émeutes de la faim du début de l'année 2008, peu de progrès ont été accomplis. Simplement, les mêmes experts qui, durant vingt ans, à la FAO ou à la Banque mondiale, imposaient des politiques libérales, tentent de garder leur place en reconnaissant mezza vocce leur erreur et en préconisant aujourd'hui l'exact contraire : des investissements publics massifs dans l'agriculture et une ébauche de régulation mondiale des prix.

Mais outre le flou de ces propositions, nul n'imagine pouvoir rattraper rapidement deux décennies perdues.

Par ailleurs, du côté des puissants, le chacun pour soi domine. Barack Obama a trop besoin que les représentants des Etats agricoles votent ses réformes prioritaires pour rogner les privilèges des farmers américains. Les Européens ne savent plus à quelle politique agricole commune (PAC) se vouer. Le président Lula pousse ses derniers feux avant son départ pour faire du Brésil le grenier du XXIe siècle, et la Chine, qui ne craint rien tant que des émeutes de la faim, multiplie les acquisitions de terres à l'étranger.

La bonne nouvelle est que l'agriculture est redevenue une priorité. La mauvaise est que nul ne sait quelles règles du jeu mondial adopter. Seule certitude : comme d'habitude, les pauvres n'auront que des miettes.

Courriel : lemaitre@lemonde.fr. Frédéric Lemaître 


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samedi 14 novembre 2009

Pesticides : les risques confirmés pour les utilisateurs

Ouest-France - 14/11/09 - Xavier BONNARDEL

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Les agriculteurs et les salariés des cultures végétales spécialisées (viticulteurs, arboriculteurs, semenciers, horticulteurs) sont les plus exposés au risque de contamination par les pesticides. A l'image du personnel des serres horticoles Gaignard, près d'Angers, ils se protègent de plus en plus efficacement, non plus seulement les voies respiratoires, mais aussi la peau.

Les sources de contamination sont infinies. Et pas seulement lors des traitements. Une étude de la MSA donne l'alerte et incite à la prudence.

Quelle quantité de pesticidesla France utilise-t-elle ?

75 à 80 000 tonnes par an, en moyenne, chaque année. La France est le troisième pays consommateur mondial, à égalité avec le Brésil et derrière les États-Unis et le Japon. « Toute solution alternative à la lutte chimique doit proposer aux agriculteurs un bon équilibre entre le coût, le temps de travail et l'efficacité », estime Sébastien Fourmond, ingénieur de la chambre d'agriculture de Maine-et-Loire, lors d'une journée sur les produits phyto organisée par la MSA du Maine-et-Loire.

Quelles conséquencespour l'environnement ?

Une contamination de 90 % des eaux de surface, de la moitié des eaux sous-terraines et une accumulation dans le sol, jusqu'à 100 mg de cuivre (non dégradable) par kilo de sol ! Les molécules de pesticides se dispersent aussi dans l'air, nuisent aux abeilles et entraînent des phénomènes de résistance chez les insectes et les mauvaises herbes.

Les pesticides sont-ils dangereux pour la santé ?

« Après avoir pénétré dans l'organisme (par les yeux, la bouche, les voies respiratoires et surtout par la peau), ils se stockent dans les muscles, les graisses, le système nerveux, les os et le foie », explique Jean-Luc Dupupet, le monsieur « phyto » de la MSA. Les agriculteurs et les salariés agricoles sont les plus exposés. En 2009, 215 d'entre eux ont composé le numéro vert 0800 887 887 de l'observatoire phyto attitude de la MSA pour signaler une intoxication aux pesticides. Contre 167 en 2008. Comme le signe d'une prise de conscience croissante du risque pesticides au sein du monde agricole. En 2005-2006, la MSA a établi un lien de cause à effet entre exposition aux produits phytosanitaires et troubles de santé pour 130 dossiers. Viticulteurs, arboriculteurs et horticulteurs sont en première ligne.

L'exposition aux pesticides, maladie professionnelle ?

La France compte à ce jour 27 cas de maladies chroniques (Parkinson, maladies du sang, cancers...) reconnues comme maladies professionnelles causées par l'utilisation de pesticides. Ce faible nombre s'explique par la lourdeur des démarches administratives nécessaires. Un faisceau d'études internationales concorde à pointer la surmortalité par cancers de la prostate, du sang et des ganglions au sein de la population agricole. C'est aussi le cas d'une étude menée par l'université de Caen auprès de 6 300 agriculteurs, suivis depuis 1995. Une étude américaine a mis en évidence 8 pesticides associés au cancer du poumon.

Comment se passela contamination ?

C'est l'un des premiers enseignements livrés par l'étude Agrican, lancée en 2005, par les universités, les centres de recherche contre la cancer, la MSA. Elle porte sur 180 000 agriculteurs et salariés agricoles, actifs et retraités dans douze départements. Objectif : cerner le lien entre pratiques agricoles et survenue des cancers. Un agriculteur s'expose au risque de contamination par les pesticides non seulement quand il traite ou quand il prépare la bouillie. Mais aussi quand il manipule sa combinaison de protection souillée par le produit, quand il nettoie le matériel de pulvérisation, quand il intervient (taille, effeuillage, récolte) sur des cultures préalablement traitées. « Le pulvé fuit, la combinaison se souille, la main manipule celle-ci et distribue le produit partout : sur le volant du tracteur, le casse-croûte... », décrit Gérard Bernadac, viticulteur et médecin.

Comme se protéger ?

Quelques règles d'or : fermer sa cabine de tracteur divise par dix le taux de métabolite dans les urines des viticulteurs. Porter des gants (70 % des contaminations se font par la peau) divise par sept l'exposition. Porter un masque pour préparer la bouillie. Entretenir et renouveler l'équipement de protection individuel. Organiser les postes de travail pour dimuner l'exposition. Et surtout : « Les firmes doivent mettre au point des formulations moins nocives et de nouveaux conditionnements (bannir les poudres) », conclut Gérard Bernadac.

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OGM, pesticides, vaccins, adjuvants, pollutions chimiques en tous genres, en toute impunité, les lobbys tout puissants nous volent aussi notre bien le plus précieux, la santé !

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mardi 10 novembre 2009

Des militants bloquent la SAFER de Montpellier pour réclamer l'accès à la terre aux paysans indépendants et bio

Les désobéissants - octobre 2009

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Début octobre se tenait du côté de Montpellier le Camp européen "Reclaim the fields", organisé par des militants proches de la Confédération paysanne et de Via Campesina. Après s'être formés à l'action directe non violente pendant deux jours, les militants, une centaine, ont envahi la SAFER (l'organisme en charge de l'aménagement des terres agricoles, qui est aux mains de l'agro-business) et obtenu sur le pouce un rendez-vous avec le directeur de la structure.

Des photos là

Les désobéissants sont maintenant aussi sur Twitter, à l'adresse twitter.com/desobeir

jeudi 5 novembre 2009

A.M.A.P,l’engagement est dans le panier.

Du magazine Toogezer -

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Supprimer les intermédiaires entre producteurs locaux et consommateurs pour promouvoir les petites exploitations d’agriculture biologique. L’idée est japonaise et remonte aux années soixante. Elle s’est implantée depuis 2001 en France et compterait environ 1200 groupes de producteurs-consommateurs actuellement.

Site national des AMAP

Les AMAP - Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne - sont destinées à favoriser l'agriculture paysanne et biologique qui a du mal à subsister face à l'agro-industrie.

Le principe est de créer un lien direct entre paysans et consommateurs, qui s'engagent à acheter la production de celui-ci à un prix équitable et en payant par avance. >> Plus d'informations sur ce qu'est une AMAP

Si vous souhaitez adhérer à une AMAP, consultez notre annuaire des AMAP afin de vérifier s'il en existe une près de chez vous. Si vous ne trouvez pas d'AMAP correspondant à vos besoins, créez-là !
>> Plus d'informations sur la création d'une AMAP

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jeudi 15 octobre 2009

Désherbant nocif pour la santé humaine : Roundup, pas aussi vert qu'il en a l'air

Ouest-France jeudi 15 octobre 2009

Photo : Jean-Yves Desfoux 

Ce désherbant de Monsanto, très répandu, n'est pas aussi inoffensif que la publicité veut bien le dire.

La justice a tranché.

Sa boîte verte est bien connue des jardiniers amateurs. Et les agriculteurs l'utilisent aussi en grande quantité. Le Roundup, premier désherbant vendu en France et dans le monde, va-t-il devoir changer sa publicité ?

Philippe GAILLARD.

Depuis sa mise sur le marché en 1975, son fabricant, la multinationale américaine Monsanto, l'a toujours présenté comme un herbicide efficace, biodégradable qui respecte l'environnement. Pourtant, en janvier 2007, Monsanto a été condamné par le tribunal correctionnel de Lyon à 15 000 € d'amende pour publicité mensongère.

Les associations Eau et Rivières de Bretagne et UFC-Que choisir avaient porté plainte au sujet de l'étiquetage de l'herbicide. Monsanto avait fait appel de cette décision. En octobre 2008, la cour d'appel de Lyon a confirmé sa culpabilité. La multinationale s'était pourvue en cassation. Un pourvoi rejeté, le 6 octobre, par la chambre criminelle de la Cour de cassation.

Ce désherbant n'est pas aussi vert qu'il en a l'air. Le Roundup est un herbicide total. Sa substance active, le glyphosate, pénètre par les feuilles et détruit les cellules reproductrices de la plante. Mais le produit comporte aussi des substances dites « inertes ». Si le glyphosate est assez rapidement dégradé, certains produits de cette dégradation s'accumulent, en cas d'usage excessif, dans les nappes phréatiques.

En 2004, rappelle Eau & Rivières de Bretagne, le Roundup a été détecté dans 78 % des échantillons d'eau analysés en Bretagne.

Or, plusieurs études scientifiques, contestées par Monsanto, ont prouvé que le Roundup est nocif pour la santé humaine. Il est d'ailleurs classé dangereux pour l'environnement par les autorités européennes depuis 2001.

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lundi 5 octobre 2009

Boycottons Sabre, grenadier, flétan, des poissons qu'il ne faut plus considérer comme de la nourriture

LE MONDE | 02.10.09

Empereur, grenadier, sébaste, hoki, flétan du Groenland, siki, sabre noir, lingue bleue : qui n'a jamais consommé ces poissons, vendus en filets dans tous les supermarchés, présents aux menus des restaurants et des cantines ? Pourtant, selon les associations de protection de l'environnement, ces espèces pêchées en eau profonde, particulièrement vulnérables, et pour certaines gravement menacées, "ne devraient pas être considérées comme de la nourriture". Encore faut-il que les consommateurs le sachent.

Dans cet objectif, Greenpeace mène, jusqu'au 13 octobre et dans sept villes françaises, une tournée baptisée "SOS grands fonds marins", qui se poursuivra en Espagne et en Italie.

Il s'agit, au travers d'une exposition, de projections de films, et d'interventions devant les points de vente, de sensibiliser le grand public aux "dégâts dramatiques" provoqués par cette forme de pêche, et d'aider à repérer ces poissons, parfois vendus sous des noms trompeurs (dorades pour les sébastes, chiens de mer pour les requins profonds comme le siki...).

Les espèces profondes, qui vivent entre 200 et 2 000 mètres, ont une longévité exceptionnelle : une centaine d'années en moyenne, jusqu'à 160 ans pour l'empereur. Leur cycle de reproduction très lent les rend particulièrement fragiles. "Elles n'ont pas une capacité de régénération suffisamment rapide pour supporter une exploitation commerciale", explique Claire Nouvian, de l'association Bloom, spécialisée dans la défense des grands fonds.

Selon le Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM), qui coordonne les recherches scientifiques dans la zone Atlantique nord-est, la plupart de ces espèces, surexploitées, sont en déclin. Les populations de grenadiers ont ainsi baissé de 80 % en vingt ans.

Cette pêche, pratiquée par 285 navires dans le monde, a d'autres conséquences. En raclant les fonds, les filets détruisent les habitats et les espèces parfois plurimillénaires qui peuplent les abysses. Ces derniers constituent pourtant un exceptionnel réservoir de biodiversité - entre 10 et 30 millions d'espèces y vivraient -, dont une infime partie a été explorée par l'homme.

En s'adressant aux consommateurs, l'ONG veut surtout mettre la pression sur les supermarchés, appelés à retirer ces poissons de la vente. "Certaines enseignes, comme Carrefour ou Auchan, sont de dimension internationale. Leurs décisions peuvent avoir un effet d'entraînement considérable, explique Emmanuel Buovolo, chargé de campagne océans chez Greenpeace.

Nous nous tournons aujourd'hui vers le grand public et les supermarchés car les politiques ont échoué à réguler cette pêche." Elle est réglementée dans les eaux de l'Union européenne, mais les quotas adoptés par les gouvernements sont toujours fixés à des niveaux supérieurs aux recommandations des scientifiques.

Quant à la haute mer, située hors des zones de souveraineté des Etats, la pêche s'y déroule quasiment sans contrôle. Un projet de résolution des Nations unies en faveur d'un moratoire sur la pêche profonde dans les eaux internationales est bloqué depuis plusieurs années par les pays pêcheurs, malgré la mobilisation du monde scientifique.


Sur le Web : http://oceans.greenpeace.fr.

Gaëlle Dupont

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