jeudi 21 août 2008
Economie : le temps de la révolte ?
Le Blog de Christophe Clergeau – 20/08/08
Chaque jour, la crise des « subprimes » se transforme un peu plus en crise de l'économie réelle. Récession, restriction du crédit, destruction d'emplois, envolée des prix et baisse du pouvoir d'achat, telle est la réalité de cette rentrée. Le gouvernement Fillon ne sait y opposer qu'une bien faible opération médiatique au cours de laquelle les ministres ont surtout étalé leur impuissance. Un tel dérèglement du système sonnera-t-il l'heure de la révolte ?
C'est une lecture qui a dans mon esprit réveillé cette question. Pendant mes vacances, j'essaie de rattraper mon retard de littérature ; c'est ainsi que je viens de terminer « Cendrillon » d'Eric Reinhardt, qui avait été un des livres phares de la rentrée 2007 (et paraît en livre de poche dans les prochains jours). Dans ce roman très politique, Reinhardt se met en scène dans un dialogue de haute volée avec Louis Schweitzer, dialogue qui peut servir de bonne introduction à la rentrée politique.

L'écrivain rencontre à une terrasse de café parisien celui qui fut à la fois le directeur de cabinet d'un Premier ministre socialiste et le patron opérationnel de Renault. Il veut simplement comprendre le monde économique, comprendre comment peut se poursuivre un tel accaparement des richesses et des vies par quelques poignées de financiers sans limite.
Au lieu de lui livrer une analyse optimiste et pondérée, l'homme d'affaires va confirmer toutes ses intuitions : le système actuel est sans limite et sans contre-pouvoir ; les salariés subissent une domination totale par le capital financier ; les gouvernements sont impuissants et la société civile mondiale inexistante. Seule la révolte et la peur sont susceptibles de rétablir un équilibre.
La révolte peut venir des salariés occidentaux, fatigués de courber l'échine et de se voir livrés à la précarité ; elle peut aussi venir des salariés des nouvelles puissances économiques, pressés de vivre mieux et de toucher leur part du fantastique développement économique de leurs pays. La peur naît du sentiment d'une révolte inéluctable, le jour où les riches sentent que leurs biens peuvent être menacés, le capitalisme doit se sentir en danger, toucher ses limites.
Bien entendu, ces éléments n'ont rien de nouveau mais Reinhardt montre que le réformiste et pragmatique Schweitzer arrive finalement aux mêmes conclusions que les gauchistes les plus virulents. Reinhardt veut rester fidèle à la gauche et se refuse à toute surenchère mais il nous pose à tous cette question : le refus de la réforme solidaire, le rejet de toute maîtrise collective de la mondialisation, la poursuite de l'avancée à marche forcée du libéralisme, obligeront-ils à « renverser la table »?
Je sais pas répondre à cette question, mais comme Reinhardt, je vois autour de moi la souffrance, le découragement, l'amertume, monter un peu plus chaque jour. L'absence de discours crédible au sein de la gauche réformiste renvoie chacun à une alternative destructrice : accepter les règles du jeu libéral en espérant sortir du lot ou faire le pari hasardeux de la révolte et de la peur. Si cette situation politique perdure, la droite est au pouvoir pour longtemps, à nous de changer la donne.
OGM : la totalité des essais de Monsanto ont été détruits
Challenges 20 Août 2008
Des militants anti-OGM ont fauché des parcelles d'une espèce de maïs interdite en France, mais dont la culture experimentale était autorisée par l'Etat.
Le semencier américain Monsanto a annoncé, mercredi 20 août, que "100%" de ses essais OGM lancés en France ont été détruits.
Ce bilan fait suite au fauchage de parcelles de maïs transgénique exécuté vendredi par des militants anti-OGM, emmenés par José Bové.
Les actions d’une centaine de faucheurs volontaires s’étaient portées dans la Vienne, à Valdivienne et à Civaux, sur deux parcelles de maïs OGM MON810. Ces deux destructions ont été suivies de la découverte d'une troisième parcelle également fauchée à Valdivienne.
"Show médiatique"
De précédentes destructions avaient été constatées fin juin dans le Gers et en Haute-Garonne où les faucheurs s'étaient aussi attaqués à des parcelles de Monsanto.
"Opéré à la manière d'un ‘show médiatique’ (...), l'acte de vandalisme du 15 août signe une bien triste conclusion: le retard quasi-irrattrapable de la recherche française en biotechnologies végétales", a déploré Monsanto.
"Un pays qui laisse une poignée d'obscurantistes saccager sa recherche se prive de toutes les promesses de progrès que celle-ci porte pour le présent et pour l'avenir, et ce au détriment des citoyens et des consommateurs de ce pays", selon Laurent Martel, directeur de Monsanto France.
Autorisations requises
Le groupe souligne par ailleurs que ses "expérimentations en biotechnologies (...) ont préalablement reçu du ministère de l'Agriculture toutes les autorisations requises" et qu'elles font "l'objet d'un suivi continu de la part des services administratifs de la Protection des Végétaux comme des techniciens de Monsanto".
Selon les faucheurs, le maïs détruit était de type MON810, une espèce dont la culture et la commercialisation est officiellement interdite en France depuis février 2008.
La préfecture de la Vienne a confirmé à l'AFP qu'il s'agissait de MON810, mais a souligné que les deux parcelles étaient cultivées "à des fins d'expérimentation sous le contrôle du ministère de l'Agriculture", ce qu'autorise le décret du 9 février 2008 interdisant cette variété.
vendredi 15 août 2008
UN MONDE, UNE POIGNÉE DE MAIN – PARTICIPEZ DÈS MAINTENANT !
Les Jeux Olympiques de Beijing devraient être une occasion planétaire de rassemblement pour les citoyens du monde entier, le peuple chinois mérite de vivre pleinement cette période stimulante. Or, le gouvernement chinois n’a toujours pas initié un dialogue digne de ce nom sur le Tibet, ni prouvé que sa position face à la Birmanie et au Darfour avait évolué. Pendant ce temps, des groupes extrémistes ont réussi à nous représenter faussement et à nous diviser en prétendant que le militantisme mondial est anti-chinois.
Nous avons donc décidé de reprendre la situation en main en formulant un message de paix et d’amitié et un appel au dialogue puissant et clair – la poignée de main « un seul monde ». Débutant par un échange de poignées de main initié par le Dalaï Lama, un mouvement qui s’est vite propagé le long des rues, la poignée de main est depuis passée dans le monde virtuel, là où nous pouvons tous agir. La poignée de main voyagera en direction de Beijing, avant de faire l’objet d’une vaste campagne médiatique -- pour vous inscrire, veuillez signer ci-dessous pour assister au passage de la poignée de main chez vous et chez les autres, alors qu’elle poursuit sa course autour de la terre !
Avaaz Handshake: London - Give Peace a Hand
DONNEZ VOTRE POIGNEE DE MAIN ICI
Par
cette poignée de main, nous souhaitons créer un lien entre les citoyens
du monde entier. Unis par l’esprit olympique de l’amitié et de
l’excellence, nous avons résolu d’obliger nos gouvernements à respecter
les normes de paix et de justice les plus élevées en matière de dignité
humaine, et ce partout où ils échouent à agir – que ce soit au Tibet,
en Irak, en Birmanie ou ailleurs. Le dialogue est la voie de l’avenir,
pour la Chine et pour le monde.
lundi 11 août 2008
INDE - Les Tibétains exilés en Inde dévoilent un film tourné clandestinement au Tibet
Aujourd’hui l’Inde le 11/8/2008 à 1h26 par Juliette Tissot
Pendant les Jo de Pékin, les Tibétains exilés en Inde dévoilent un film tourné clandestinement au Tibet

Le réalisateur, Dhondup Wangchen, témoigne aussi face caméra.
Manifestations dans les rues de New Delhi et projection d’un documentaire tourné en secret au Tibet… Alors que les Jeux olympiques de Pékin battent leur plein, les Tibétains, réfugiés en Inde, veulent rappeler au monde que contrairement à sa promesse, la Chine n’a rien changé en matière de droits de l’homme.
8 août 2008. Un autre genre de cérémonie d'ouverture. Sans feux d'artifice ni grand spectacle. Juste un film de 25 minutes dévoilé à la presse de New Delhi par l'association des journalistes tibétains réfugiés en Inde. C'est un documentaire rare tourné clandestinement : Leaving fear behind (Surmonter la peur) dont on peut voir des extraits sur le site de la production du film.
Dhondup Wangchen, un paysan tibétain de 37 ans et son ami moine Golog Jigme ont recueilli, en secret, les témoignages d'une centaine de leurs compatriotes. Au total, plus de trente-cinq heures d'interviews avec des Tibétains ordinaires sur trois thèmes : la domination chinoise au Tibet, les jeux Olympiques de Pékin et le Dalaï-Lama. Ces témoignages tout simple à visage découvert racontent le manque de liberté et la mort annoncée de la culture tibétaine en Chine.
Dhondup Wangchen et Golog Jigme ont juste eu le temps d'envoyer leurs cassettes à un cousin installé en Suisse avant d'être arrêté par la police le 26 mars dernier. Depuis, ils comptent les jours en prison quelque part, en Chine.
Lhamo Tso, l'épouse de Dhondup, réfugiée à Dharamshala avec leurs quatre enfants depuis plus d'un an, a appris l'arrestation de son mari en même temps que ses activités. Elle ignorait tout de la réalisation de ce film.
Après la projection devant la presse de la capitale indienne, c'est dans un sanglot qu'elle a réclamé la libération de son mari : "Dhondup a passé son temps à aider les autres et à servir la communauté. C'est un bon mari et un bon père pour nos quatre enfants. J'appelle le gouvernement chinois a libérer Dhondup. Je demande instamment au Comité international olympique d'user de son influence sur la Chine pour que le pays d'accueil des Jeux olympiques respecte sa promesse de liberté d'expression pour son peuple".
En Suisse, le cousin tibétain de Dhondup, en exil depuis 2002, a monté un film d'à peine une demi heure. Ce document ne montre ni violence ni répression sanglante mais l'oppression quotidienne de ce peuple obligé de se cacher pour regarder des photos de leur guide spirituel le Dalaï Lama ou simplement pour danser à la façon tibétaine. Pour avoir osé témoigner face caméra, tous ces Tibétains risquent la prison. Mais face à la démarche de Dhondup, sa femme et son frère ont décidé de le montrer. Dhondup Wangchen explique lui-même dans son film que certains "ont dit que nous devions absolument montrer leur visage, sinon ça ne valait pas la peine de les interviewer". Un autre affirme qu'il veut bien mourir si son message parvient jusqu'au Dalaï Lama.
Une projection de Surmonter la peur a été organisée le 6 août dernier dans un hôtel de Pékin devant la presse internationale, mais la police a interrompu la séance...
Pour Matthieu Ricard, "la magnificence des JO contraste avec la terreur au Tibet"
Actualité Chine le 10/8/2008 à 17h14 par Anne-Marie LADOUES (AFP)
Paris Tour Eiffel : banderole « pour un Tibet libre »
Leparisien. avec AFP 10.08.2008, 20h33
Deux manifestants du mouvement Etudiants pour un Tibet Libre se sont suspendus dimanche matin à la passerelle Debilly, sur la Seine près de la Tour Eiffel à Paris (VIIe) pour déployer une banderole portant «Tibet libre, Free Tibet».
D'autres militants et Tibétains présents ont déployé drapeaux tibétains et la banderole «One World, One Dream, Free Tibet» message phare de Students for a Free Tibet durant cette campagne d'actions.

Les deux militants français sont restés suspendus près de 45 minutes avant d'être obligés par la police de remonter. « Nous voulions adresser au gouvernement chinois un message fort, qui montre notre détermination, qui lui rappelle que la +question tibétaine+ n'est pas »réglée«, que nous n'abandonnerons pas. Le Tibet sera Libre », a précisé dans un communiqué Guillaume, l'un des deux militants, et secrétaire adjoint de l'association.
BIRMANIE - Des dizaines d'arrestations vingt ans après le soulèvement birman
LE MONDE | 09.08.08 BANGKOK CORRESPONDANT
Quelques dizaines d'opposants birmans ont été interpellés, vendredi 8 août, dans des villes de province, pour avoir tenté de manifester contre la junte à l'occasion du vingtième anniversaire du soulèvement de 1988, qui avait tenté, en vain, de secouer le joug de la plus vieille dictature militaire d'Asie. Des protestations organisées par la diaspora birmane ont également visé les ambassades de Birmanie et celles de Chine, le pays le plus proche de la junte.
Selon les informations partielles recueillies auprès de l'opposition à Rangoun, où le régime a passé sous silence l'événement, des manifestants vêtus de T-shirts frappés des chiffres 8/8/88, symbolisant la date, ou d'habits noirs, ont été emmenés par la police à Taunggok et Sittwe (nord-ouest).
A Rangoun, un important dispositif de sécurité a dissuadé les résidents de toute démonstration d'hostilité collective, hormis le port de vêtements noirs. Des chevaux de frise supplémentaires avaient été disposés près de la demeure de Mme Aung San Suu Kyi, chef de file de l'opposition, en résidence surveillée.
La nervosité de la junte avait été accentuée, la veille, par la visite à la frontière thaïlandaise de Laura Bush, l'épouse du président américain, très impliquée dans les condamnations du régime militaire birman. Mme Bush a réclamé la libération des plus de 2 000 prisonniers politiques et la reprise d'un dialogue entre les généraux et la société civile.
Le soulèvement de 1988 reste la pierre angulaire de la résistance passive de la société birmane à la junte. Le groupe d'étudiants Génération 88 a rappelé son existence par un communiqué rejetant les plans des militaires en vue d'élections générales en 2010, dans une forme institutionnelle destinée à préserver les mesures d'exception en vigueur depuis 1962. Ces mesures excluent de la représentation politique quantité de groupes ethniques minoritaires et pro-démocratie.
Le nouvel envoyé spécial des Nations unies sur les droits de l'homme en Birmanie, le diplomate argentin Tomas Ojea Quintana, autorisé à se rendre sur place quatre jours, a dû quitter le pays à la veille de l'anniversaire. Il a rencontré des responsables militaires dans leur capitale administrative de Naypyidaw et des proches de Mme Suu Kyi à Rangoun, et livrera prochainement ses réflexions sur ces entretiens.
A la veille de l'anniversaire, un comédien comique populaire, Zaganar, et un journaliste sportif, Zaw Thet Htwe, ont été inculpés de "tentative en vue de fomenter des troubles" pour avoir pris l'initiative d'organiser des groupes de secours aux sinistrés du typhon Nargis, dans le delta de l'Irrawaddy, en mai. C'est la sixième inculpation frappant le comédien.
Trois mois après le passage dévastateur du typhon, qui a fait près de 140 000 morts et disparus et 2,4 millions de sinistrés, l'agence américaine Associated Press a réalisé un survol des opérations de secours montrant que près d'un million de survivants se trouvent dans une situation de précarité alimentaire absolue, avec des réserves n'excédant pas quelques jours.
Deux mille écoles sont en ruines. Les distributions de secours vitaux dureront encore trois mois en raison des retards imposés par la junte pour des motifs xénophobes.
Les Nations unies, et, séparément, la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont protesté contre la "dîme" de quelque 20 % prélevée sur l'aide financière extérieure par la junte. Quelque 10 millions de dollars sont ainsi allés dans les caisses du régime, selon une estimation de l'ONU. La même "fiscalité" frappe les dons des firmes occidentales opérant en Birmanie, tels l'américain Chevron et le français Total.
dimanche 10 août 2008
NANTES - Le drapeau de la discorde - Remous autour du drapeau tibétain
Actualités ma Ville Samedi 9 Août 2008 Joël BIGORGNE. Ouest-France

Nantes : Le drapeau tibétain flotte sur le fronton de la mairie de Nantes depuis le 28 mars. Hier, la préfecture a exigé qu'il soit retiré, suscitant l'indignation de Jean-Marc Ayrault.
Voilà un coup de téléphone qui a réveillé la mairie de Nantes de sa torpeur estivale. Il est environ 16 h, vendredi. Le cabinet de Jean-Marc Ayrault reçoit un appel de la préfecture de Loire-Atlantique.
Surprise. Au bout du fil, l'interlocuteur « somme » la mairie de retirer le drapeau tibétain qui flotte depuis le 28 mars sur le fronton de l'hôtel de ville. « A l'occasion de la venue du dalaï-lama, cela pourrait gêner les relations diplomatiques avec la Chine », poursuit la voix au téléphone.
Immédiatement prévenu par SMS, Jean-Marc Ayrault, en vacances en Italie, ne tarde pas à répliquer. « Surpris » et « indigné » par cette demande, le député-maire « assume pleinement la présence du drapeau, symbole de la solidarité avec le peuple tibétain » et indique « que le préfet devra recourir à la force publique pour l'enlever du fronton de la mairie ». Il a par ailleurs fait savoir qu'il « souhaite que l'État retire officiellement cette demande faite à la Ville de Nantes ».
« Un peu trop de zèle » -
A quelques jours de la visite du dalaï-lama à Nantes, la préfecture est visiblement gênée aux entournures par cette affaire. Le cabinet du préfet Hagelsteen confirme bien l'appel téléphonique à la mairie de Nantes. Mais évoque « un malentendu complet ».
En fait, cette curieuse démarche de la préfecture fait suite à une réunion de préparation à la visite du dalaï-lama qui s'est tenue jeudi au ministère de l'Intérieur à Paris.
« Pendant cette réunion, affirme Michel Papaud, secrétaire général de la préfecture, il a été jugé inopportun de laisser flotter des drapeaux tibétains sur les édifices relevant de la responsabilité de l'État. Et seulement sur ceux-là. La mairie de Nantes n'entre pas dans ce cas de figure. C'est donc une erreur. Nous avons fait un peu trop de zèle... »
On s'en doute, l'affaire a suscité un vif émoi dans les couloirs de la mairie. « Retirer le drapeau tibétain des édifices
publics, c'est scandaleux, précise-t-on dans l'entourage de Jean-Marc Ayrault. Pour des Airbus ou des TGV, Sarkozy fait les yeux doux à la Chine. »
Rappelons que le dalaï-lama sera à Nantes du 15 au 20 août prochain. Il y assurera toute une série de conférences et d'enseignements au Zénith. Le mardi 18, il sera également accueilli par Jean-Marc Ayrault dans la cour d'honneur de l'hôtel de ville. Où, malgré les remous de ces dernières heures, le drapeau tibétain devrait toujours flotter.
Le drapeau de la discorde
ActualitésmaVille Samedi 9 Août 2008 Presse Océan Dominique Bloyet
La préfecture a demandé à la Ville de Nantes de retirer le drapeau tibétain de son fronton. Le maire crie au scandale. Le secrétaire général de la préfecture plaide le malentendu.
Depuis son lieu de villégiature estivale, Jean-Marc Ayrault ne décolère pas. La requête a été formulée hier après-midi vers 16 h. À une semaine de la venue à Nantes du dalaï-lama, attendu dans la cité des ducs de Bretagne du 15 au 20 août, la préfecture a demandé instamment au député-maire de Nantes de retirer le drapeau tibétain du fronton de l'hôtel de ville.
Hissé le 28 mars L'emblème du Tibet avait été hissé au fronton de l'hôtel Rosmadec (cour d'honneur de la mairie de Nantes, rue de l'Hôtel de ville) le 28 mars dernier, alors que la polémique faisait rage sur l'attitude de la Chine vis-à-vis du Tibet. « C'est un message modeste mais fort dans son symbole » avait alors précisé Jean-Marc Ayrault.
Informé hier après-midi par ses collaborateurs de la demande préfectorale, le député-maire de Nantes et président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale s'est dit très mécontent et indigné d'une telle démarche. « Il assume totalement la présence de ce drapeau et a fait savoir au préfet que s'il souhaitait le retirer, il devrait avoir recours à l'usage de la force publique » précise l'attachée de presse de la ville.
« Bêtement un malentendu » De son côté, la préfecture tient à minimiser l'affaire. « C'est bêtement un malentendu » affirme Michel Papeau, le secrétaire général. « M. Ayrault sait très bien qu'en matière de pavoisement, il n'y a pas de règles établies, mis à part pour les fêtes nationales ».
Et le représentant du préfet de donner sa version des faits : « Cela s'est passé au cours d'une réunion de coordination pour le déplacement du dalaï-lama à Nantes. La préfecture était représentée par une délégation restreinte, en raison des vacances. Et là, il a été rappelé directement au cabinet du maire qu'il n'était ni obligatoire, ni souhaitable, ni opportun de pavoiser ».
Le secrétaire général de la préfecture est formel : il n'y a eu ni injonction, ni demande. « Compte tenu de la position du maire de Nantes et de ses convictions, cela aurait été totalement déplacé ».
Vous avez dit chinoiseries ?
Des centaines de manifestants près de l'ambassade de Chine à Paris
TV5MONDE PARIS (AFP) - 08/08/2008
Des manifestants protestent contre les violations des droits de l'Homme en Chine à l'occasion de l'ouverture des JO, le 8 août 2008 à Paris

Plusieurs centaines de manifestants -- 600 selon la police-- ont défilé vendredi à Paris pour dénoncer les atteintes aux droits de l'Homme en Chine et sont parvenus à approcher l'ambassade de Chine après un long bras de fer avec les autorités policières.
Deux des manifestants ont escaladé un immeuble à proximité immédiate de l'ambassade de Chine, dans le 8ème arrondissement de la capitale, pour y dérouler une banderole où des menottes figurent les anneaux olympiques, avant d'être interpellés par la police sous les huées des manifestants
Les manifestants, dont un bon nombre arboraient des drapeaux tibétains ou des pancartes représentant les portraits de dissidents chinois, ont scandé des slogans comme "Sarko, collabo, Hu Jintao, assassin" et "liberté en Chine, liberté au Tibet".
Ils se sont ensuite assis sur la chaussée face à l'ambassade, située sur l'une des artères les plus prestigieuses de Paris, pour symboliser les victimes de la répression en Chine et au Tibet.
Deux à trois cents personnes, dont de nombreux Tibétains et des militants de la Ligue des droits de l'Homme, qui s'étaient de leur côté réunis sur le parvis des droits de l'Homme dans le quartier non loin du Trocadéro, ont rejoint la manifestation aux abords de l'ambassade, devant des barrières de policiers.
Le long du cortège, les manifestants ont transporté cinq cercueils en signe de deuil pour le Tibet, en psalmodiant des prières tibétaines. Parmi les participants figuraient aussi des membres de la communauté ouïgoure (des musulmans turcophones du Xinjiang région de l'extrême ouest chinois), des Birmans et des Vietnamiens.
La manifestation a finalement quitté les abords de l'ambassade vers 16H00 (14H00 GMT), dans le calme.
La préfecture de police de Paris avait interdit jeudi toute manifestation autour de la représentation diplomatique chinoise, mais ces arrêtés ont été suspendus vendredi matin par le tribunal administratif de Paris, saisi par les organisateurs des manifestations incriminées.
La préfecture justifiait son refus par le risque de "réactions hostiles" à cette manifestation, sous forme de contre-manifestation pro-chinoise, mais RSF y avait vu une "compromission" et une décision politique destinée à ne pas effaroucher le régime chinois le jour de l'ouverture des jeux Olympiques.
En dépit de la décision de justice autorisant la manifestation, la police avait interdit dans un premier temps vendredi l'accès aux abords de l'ambassade aux manifestants, provoquant leur colère.
samedi 9 août 2008
Roger Bambuck : le JO, "c'est le triomphe du cynisme"
Le Post 9 Août 2008
Roger Bambuck, 62 ans, a été secrétaire d'Etat à la jeunesse et aux sports entre 1988 et 1991. Il a détenu le record du monde du 100 m pendant une heure en 1968 et celui de France pendant vingt ans. Il est aujourd'hui inspecteur général de l'éducation nationale.
Propos recueillis par Patricia Jolly En tant qu'ancien ministre des sports et ancien athlète, quel regard portez-vous sur les Jeux qui s'ouvrent ?
Source : Le Monde
Nicolas Sarkozy, lui, assistera à la cérémonie d'ouverture des Jeux, vendredi...
C'est un manque de vision. Début mai, Ségolène Royal avait appelé au boycott des JO pour forcer la Chine à revoir sa position au Darfour. Nicolas Sarkozy l'a renvoyée dans ses cordes en arguant qu'on ne mélangeait pas sport et politique. Il fallait lancer une réflexion et bâtir une stratégie sur l'attitude à adopter. Au lieu de quoi, on a clos le sujet et il n'y a plus eu d'autre solution pour le président que de se rendre à Pékin pour avaler un boa.
Et ça ne nous fera pas faire davantage d'affaires avec les Chinois.
Les Jeux de Pékin symboliseront à la fois le triomphe de la naïveté - les dirigeants du Comité international olympique (CIO) ont cru un moment que les Chinois adhéreraient à la cause humaniste et universelle qu'ils présentaient -, et du cynisme - pour ces mêmes dirigeants, la Chine n'est rien d'autre qu'un espace à conquérir.
C'est un tournant négatif car les Chinois n'ont pas respecté l'engagement pris en faveur de l'adoption d'un standard de liberté européen. Ces Jeux vont confirmer le virage pris par les JO en 1980 lorsque Juan Antonio Samaranch, alors président du CIO, avait décidé pour donner du lustre à la compétition d'accepter « les meilleurs athlètes du monde », c'est-à-dire des professionnels. A partir de là, il a fallu composer avec l'idéal olympique d'amateurisme : celui qui aime et qui s'aligne bénévolement.
Vous ne vous rendrez donc pas à Pékin ?
Non, car les circonstances ne sont pas les mêmes. En 1968, il s'agissait d'un combat pour une humanité, pour des histoires connues. Aujourd'hui, la mobilisation est dispersée, les sujets sont divers.
De plus, le pouvoir économique est plus attentif. Toutes les nations veulent tant faire plaisir aux Chinois qu'elles font surveiller leurs athlètes avec soin.
Ne demande-t-on pas beaucoup aux athlètes en matière de prise de position ?
Je ne leur demande que d'avoir les yeux ouverts. Qu'ils aillent à Pékin mais en sachant où ils mettent les pieds. Qu'ils soient conscients, entre autre, que ceux qui seront dans les stades pour les applaudir ne seront pas des Chinois moyens, vu les prix exorbitants des billets. Et qu'ils ne rabâchent pas que le sport n'est pas politique.
Le sport est éminemment politique car il est un choix de liberté et de comportement. Il s'est longtemps développé dans une bulle dans laquelle il ne fallait pas penser, mais ce fonctionnement n'est plus valable.
Finaliste du 100 et 200 m aux JO de Mexico, en 1968, vous aviez été témoin du geste des Américains Tommie Smith et John Carlos, le poing ganté de noir, sur le podium du 200 m, pour dénoncer la condition des Noirs aux Etats-Unis. Vous attendez-vous à de telles manifestations d'athlètes durant ces Jeux ?
Sûrement pas. Aucune invitation ne m'a d'ailleurs été faite. Mon boycott des Jeux de Pékin sera moral. Pour la première fois, je n'en regarderai rien à la télévision. Si la télé voulait jouer un rôle intelligent, elle rediffuserait, à la place, de bons moments des Jeux de Londres, Melbourne ou Mexico.
vendredi 8 août 2008
CHINE - Reportage : avec les pirates de RSF à Pékin
Aujourd’hui la Chine le 8/8/2008 à 12h56
Des membres de Reporters sans frontières ont diffusé à Pékin, douze heures avant l'ouverture des jeux, un programme de "Radio sans frontières", créant ainsi la seule station FM libre de Chine. Reportage vidéo.
