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jeudi 22 mai 2008

Sarkozy, la peur du tract

22/05/08 - Le Contre-journal de Karl Laske – L’actualité vue par les lecteurs et les internautes

La police est désormais chargée de faire place nette dans les villes visitées par le Président. Les interpellations, fouilles, saisies de tracts font débat sur le net et sur le site de Libé Lyon. 

La publication dans LibéLyon de photographies réalisés par un photographe de presse durant l'intervention avait suscité de nombreuses réactions sur ce site, ainsi que de nombreuses discussions sur des forums très différents, dont celui du Snop, Syndicat national des officiers de police, où certains policiers confirmaient que ce type de pratique se répand (lire).

Christine. Cela fait maintenant la deuxième fois en moins d’un mois que la police interdit la liberté d’expression dans l’espace public. Derrière le caractère anecdotique des faits (personne ne meurt de se faire arracher un drapeau tibétain ou le journal l’Humanité ), se cache une atteinte fondamentale aux principes républicains et démocratiques.

Jeunes militants viennois. Il est intéressant de noter que seuls les sympathisants sont invités à l’acclamer désormais. Cela nous amène donc à la chasse aux sorcières orchestrée par les pouvoirs locaux. Plusieurs arrestations sont faites, sur désignation des agents des Renseignements généraux tout d’abord, puis directement celle de toute personne qui ne prendrait pas part à la grande liesse « populaire » entourant le Président.

La ville était repeinte en bleu. Un premier cordon fouillait, refoulait ou non, intimidait, en clair, puis un deuxième se tenait dans les ruelles attenantes à la place où Sarkozy a débarqué, et enfin, des barrières et des barrages de police isolaient le trajet direct de Sarkozy.

Une des personnes arrêtées : « J’ai passé deux heures et demie en garde à vue parce que je portais deux affichettes format A4 ». A propos de ces arrestations, les policiers n’ont pas été capables de fournir le moindre motif les justifiant. En tout, un peu plus d’une dizaine d’interpellations, dans la limite du possible en secret. A chaque demande la réponse « on n’a pas à se justifier », à chaque remarque comme quoi transporter des tracts et des affiches n’est pas illégal, des « on connaît la loi, c’est nous qui la faisons respecter », mais quelle loi : « on n’a pas à se justifier ! ». Triste épilogue, alors que la plupart des arrêtés ont été libérés, certains auront droit à un « rappel à a loi ». Nous lançons donc un appel aux juristes pour qu’ils nous expliquent quelle loi a été violée ? 

Petermoutarde ( http://www.lebonnetphrygien.org/ )

« Si je vous dis badges, autocollants, tee-shirts, tracts et banderoles soutirés à des manifestants par les forces de l’ordre et surtout interdiction de protester. Vous pensez de suite au passage de la flamme olympique à Paris, aux directives du gouvernement chinois, à l’obsession de ce dernier de donner image propre et rayonnante au monde entier ? Et bien vous avez tort !

Ce comportement stalinien des forces de l’ordre a eu lieu lors des derniers déplacements de Sarkozy à Melun (Seine-et-Marne) et à Vienne (Isère) la semaine dernière.

Sarkozy souhaite désormais offrir une image généreuse et rayonnante d’un président bien dans sa fonction, sans “casse toi, pauvre con”, sans “descend de là, qu’on s’explique”, quand bien même cette image serait entièrement artificielle, comme le meilleur des reportages de TF1. Cette propagande digne de Poutine a donc été entamée cette semaine en minimisant l’action de manifestants militants en leur soutirant leurs outils de protestation et en refoulant tous ceux qui voulaient protester contre la politique de Nicolas Sarkozy.

Un vrai délit d’opinion !
Ces faits gravissimes sont occultés par les journaux télévisés et les rares vidéos qui font le tour du web ne racontent qu’une partie de l’histoire. Melun, ce n’est pas uniquement la mise en scène très champêtre où Sarkozy plaisante avec une syndicaliste CGT bien gentille. La conversation avait quand même commencé par une remarque de la même CGTiste qui se plaignait que sa casquette avait été saisie par les forces de l’ordre. Vienne, ce n’est pas uniquement un reportage de France 3 Rhône-Alpes, le seul reportage télé qui parle d’un accueil mitigé. Non, Melun et Vienne sont surtout le symbole de l’attitude liberticide des forces de l’ordre avant l’arrivée de Sarkozy ! Un photographe témoigne de ce qui s’est passé à Vienne ici et sur le site de http://rebellyon.info ou du site « Le post ».

« Le président a été hué malgré une mise en œuvre par les forces de l’ordre pour que cela n’arrive pas, tout ceci organisé de façon très méthodique (…) ciblage des responsables d’organisations syndicales, de partis d’opposition, mise à l’écart, interdiction par les forces de l’ordre de se rendre Place Miremont (…)
Contrairement aux dires de Patrice Ribeiro, secrétaire général adjoint de Synergie officiers, qui considère ce comportement comme banal de la part de la police lors des déplacements présidentiel, les autres syndicats de policiers trouvent les réactions de leurs collègues anormales et exagérées. Cependant tous s’accordent à dire que cela n’a pas pu se faire sans instructions. Des instructions venant des préfets chargés d’assurer la sécurité du déplacement du président ? Les services du préfet de Seine-et-Marne ont été contacté par les journalistes du journal “Le monde” qui leur enjoignaient de… “Contacter l’Elysée”. Bienvenue en Sarkochine populaire !

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Chômage: Nicolas Sarkozy se prend les pieds dans le plaquiste

Libélyon – 22/05/08 - Mourad Guichard

Mardi, au cours de son déplacement dans le Loiret (LibéOrléans du 20 mai 2008), Nicolas Sarkozy a expliqué aux salariés d’une PME locale les bienfaits de sa future loi sur les chômeurs «refusant deux offres d’emploi» correspondant à leur formation.

Il s’est appuyé sur un exemple capté à l’Anpe de Melun (Seine-et-Marne) au cours d’un récent déplacement présidentiel. C’était le vendredi 16 mai. «Un agent m’a dit qu’il recherchait des plaquistes. Il a proposé à un chercheur d’emploi qualifié dans ce domaine, 63 offres dans l’année écoulée. Ce dernier les a toutes refusées. C’est honteux et ça on va le changer !».

Contactée par Libération, la direction départementale de l’Anpe de Seine-et-Marne dément formellement cette information: «La personne qui lui a dit cela est déséquilibrée et n’aurait jamais dû être présente ce jour-là. Le président aurait pu comprendre qu’il avait, face à lui, une personne souffrant de troubles graves». (Lire la suite...)

Au-delà de cette fausse information, la direction ne comprend pas la logique présidentielle: «63 offres annuelles de plaquiste sur Melun… Et proposées à une même personne... Mais comment a-t-il pu croire une telle chose ? Pourquoi n’a-t-il pas vérifié cette information avant de la reprendre à son compte ?».

Orwelle, un Libénaute vigilant, rappelle, en s’appuyant sur un article du Monde diplomatique, un précédent outre-atlantique: «Ronald Reagan martela pendant plus de dix ans l’histoire (fausse) d’une fraudeuse, celle d’une reine de l’aide sociale [“welfare queen”] qui utilise quatre-vingts noms, trente adresses et douze cartes de sécurité sociale, grâce à quoi son revenu net d’impôt est supérieur à 150 000 dollars». Tout comme dans la France de 2008, cet exemple arrangé avait permis à Reagan de justifier le passage d’un plan d’austérité sociale.

À sa décharge, Sarkozy n’aura fait que plagier Reagan…

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FRONDE - "Jamais sans mon département": les députés mobilisés pour les plaques minéralogiques

TV5MONDE PARIS (AFP) - 21/05/2008 19h25

A gauche comme à droite, la mobilisation des députés en faveur du maintien du numéro du département sur les plaques d'immatriculation prend de l'ampleur au sein d'un collectif parlementaire "Jamais sans mon département", qui revendique déjà 120 membres.

Symboliquement, une trentaine d'élus membres du collectif se sont réunis mercredi après-midi dans la cour d'honneur de l'Assemblée en brandissant des plaques minéralogiques où l'on pouvait lire leur nom et le numéro de leur département d'élection: "Grand 34", "Vallini 38", "Gremetz 80"...

Le gouvernement veut mettre en service, au 1er janvier 2009, de nouvelles plaques minéralogiques (deux lettres-trois chiffres-deux lettres, selon le modèle AA-123-AA) en raison, selon le ministère de l'Intérieur, d'une "prochaine saturation" du système d'immatriculation actuel.

A cette date, chaque véhicule se verra attribuer un numéro "à vie" et la mention du département, en vigueur depuis 1950, deviendra facultative, les automobilistes pouvant choisir d'apposer le numéro d'un département autre que le leur (une option "farfelue", selon le collectif), surmonté du logo de la région correspondante.

"120 parlementaires, tous partis confondus (UMP, PS, NC, PCF, PRG, non inscrits), ont à ce jour rejoint le collectif", a déclaré à la presse le co-président de "Jamais sans mon département", Richard Mallié (UMP, Bouches-du-Rhône), en se félicitant d'un récent sondage Ifop, selon lequel 71% des Français souhaitent le maintien du numéro du département.

"Il ne s'agit pas de remettre en cause la nouvelle immatriculation mais nous voulons obtenir du gouvernement que le numéro du département figure, obligatoirement et de façon très lisible, sur le côté droit des plaques", a-t-il lancé.

Il a exhorté les Français à soutenir cette démarche en votant sur le site internet créé à cet effet www.jamaissansmondepartement.fr.

"Notre initiative n'a rien de folklorique. Il y a un vrai attachement personnel au numéro du département. C'est une sorte de patrimoine collectif à conserver. Pourquoi en priver les générations futures?", a renchéri Alain Vidalies (PS, Landes), autre co-président du collectif.

"C'est un souvenir lié à l'enfance. Tous les Français ont appris leurs départements avec les plaques d'immatriculation", ont lancé en choeur plusieurs députés en évoquant "une question d'identité".

"Dans ma circonscription, on ne m'en parle pas autant que les OGM mais on m'en parle toutes les semaines ! Les gens nous disent: +battez-vous+ pour conserver le numéro du département", a déclaré Jacques Remiller (UMP, Isère).

Les élus ont aussi mis en avant des arguments économiques, soulignant l'impact de la connaissance des plaques d'immatriculation pour l'élaboration des campagnes touristiques.

"C'est aussi un outil de surveillance du territoire. Bon nombre d'affaires sont élucidées parce que les gens ont repéré le numéro du département", a fait valoir Germinal Peiro (PS, Dordogne).

Le collectif mobilise aussi les élus locaux pour faire pression sur le gouvernement. Des initiatives ont déjà fleuri dans bon nombre de départements. Ainsi, en pleine vague ch'ti, le Pas-de-Calais a lancé une opération "Touche pas à ch'tite plaque". Idem en Ardèche où l'on affiche "le 07, moi j'y tiens!".

"On n'est pas dans la raison, on est dans l'affect", reconnaît M. Mallié. Et de prévenir: "nous continuerons notre action tant que nous n'aurons pas été entendus. Nous ne lâcherons pas !".

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Photo de la nouvelle plaque d'immatriculation de véhicule qui devrait entrer en vigueur au 1er janvier 2009

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mercredi 21 mai 2008

L’affichage publicitaire est une pollution visuelle

Le 20/05/08 - Nicolas HERVé doctorant, membre du Collectif des déboulonneurs.  

Elles s’imposent à nous en permanence, défigurant nos paysages, violant nos consciences, manipulant nos enfants : les affiches publicitaires sont incrustées dans nos villes, nos campagnes et nos transports.

Tout le monde le constate, beaucoup le regrettent, certains le critiquent mais personne ne répond.

Particularité française, notre pays est au premier rang mondial pour la proportion des dépenses publicitaires liées à l’affichage (environ 12 %, soit 2,5 milliards d’euros).

L’affichage est régi par une loi datant de 1979, extrêmement complexe, très permissive et qui est largement et régulièrement bafouée par les professionnels du secteur. Ceci est avéré et reconnu par les responsables politiques, toutes étiquettes confondues, et par la justice. A lui seul, ce fait mériterait que l’on s’interroge sur la loi actuelle, sur son application et plus largement sur sa légitimité.

Contrairement à tous les autres médias, l’affichage œuvre dans l’espace public. Il y occupe même une place privilégiée : il est impossible de s’y soustraire.

Il ne s’agit pas de remettre en question la nécessité pour les acteurs économiques d’informer sur leurs activités. Mais qu’est-ce qui permet de justifier que les messages soient imposés aux usagers de l’espace public ?

La liberté d’expression est fondamentale mais elle ne doit pas pour autant prendre le pas sur la liberté de réception. Tout individu doit avoir le choix de recevoir ou non un message, qu’il soit à caractère commercial ou non. Il est ainsi intéressant de noter que l’affichage politique et d’opinion est également réglementé, mais de façon beaucoup plus drastique tant dans les formats que dans la densité des dispositifs.

La dimension des affiches actuellement en vigueur, la généralisation des panneaux lumineux et déroulants, le déploiement toujours plus important des bâches sur les façades d’immeuble permettent de parler de pollution visuelle. L’utilité sociale de cette activité est-elle si évidente pour qu’on ne s’interroge pas à son sujet ? Quelles sont les réponses des responsables politiques ? Ils reconnaissent tous le problème, promettent d’y réfléchir, de travailler avec les associations sur le sujet, puis bottent en touche lorsqu’ils sont au pouvoir. Un exemple parmi tant d’autres concerne les réponses des différents ministres de l’Environnement. Ces questions ont été les grandes absentes du Grenelle et sont enterrées pour l’instant.

A travers l’affichage, d’autres questions liées au système publicitaire sont également soulevées. Tout le monde semble d’accord pour dire que la suppression de la publicité est une bonne chose pour la qualité du service audiovisuel public. Cependant, à aucun moment la réflexion n’a été étendue à l’espace public dans son ensemble. Est-il normal que des services publics soient financés par une taxe privée ? Car, même si personne ne le rappelle, il est évident que l’argent de la publicité ne tombe pas du ciel. Les dépenses des entreprises pour leur communication extérieure sont de l’ordre de 30 milliards d’euros. C’est-à-dire 500 euros par personne et par an répercutés sur le prix des produits.

Une nouvelle piste pour le pouvoir d’achat ?

Le système publicitaire prélève donc sa taxe, de façon beaucoup plus discrète que l’impôt public. Nous en avons récemment eu un bel exemple à Paris avec le marché des Vélib’ en échange de la concession des panneaux d’affichage sur le domaine public.

La justice a depuis peu apporté un début de réponse à cette question lors du procès de membres du Collectif des déboulonneurs en reconnaissant que le «risque environnemental, social et sanitaire» de l’affichage publicitaire est «sous-évalué».

L’affichage publicitaire est-il intouchable en France ? Les relations entre nos dirigeants politiques et les publicitaires sont-elles si fortes pour que la chape de plomb soit encore maintenue longtemps sur le sujet ? Ces questions appellent une «rupture» avec la politique des trente dernières années.

LE COLLECTIF DES DEBOULONNEURS : http://www.deboulonneurs.org/ 

cherche à créer un débat de société et à interpeller les élus sur ces problématiques.

Son angle d'attaque est l'affichage car il affecte l'espace collectif et la démocratie.

En revendiquant une taille maximale d'affichage de 50cm par 70cm et la suppression de tous les dispositifs énergivores, les déboulonneurs plaident le libre choix, la « liberté de réception », le droit à ne pas subir le matraquage publicitaire.

Face à l'inertie des pouvoirs publics, à l'urgence démocratique, sanitaire,

environnementale et sociale, à la puissance croissante des publicitaires, le collectif a choisi la désobéissance civile et l'action non-violente, en dégradant mois après mois et publiquement des panneaux publicitaires par barbouillage.

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Incidents de paiement : le plafonnement des frais bancaires devient applicable à compter du vendredi 16 mai 2008

Service public actualités (14/05/2008)

Un décret publié au Journal officiel du vendredi 16 novembre 2007 plafonne, à compter du vendredi 16 mai 2008, les frais bancaires applicables aux incidents de paiement.

En cas de chèque impayé d’un montant inférieur ou égal à 50 euros, les frais bancaires ne peuvent pas excéder 30 euros. Ces frais sont fixés au maximum à 50 euros en cas de chèque impayé d’un montant supérieur à 50 euros. Le rejet d’un chèque présenté au paiement à plusieurs reprises dans les 30 jours suivant le premier rejet constitue un incident de paiement unique. Enfin, en matière de rejet d’un virement ou d’un prélèvement, les frais bancaires sont plafonnés à 20 euros.

C’est la loi du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable et portant diverses mesures en faveur de la cohésion sociale qui a prévu ce dispositif (article 70).

Liens contextuels :

Légifrance, site public d’accès au droit - Décret relatif aux frais bancaires

Fédération bancaire française (FBF) - Chèque : rejet et interdiction

Vie-publique.fr - Loi du 5 mars 2007

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Allons plus loin : Exigeons la suppression des frais bancaires et pour la gratuité des opérations courantes !

Certains, et non des moindres, affirment qu’« il n'est pas choquant en soi que les services rendus par les établissements bancaires soient facturés », cependant, l’organisation même de notre société rend incontournable le recours aux services d'un établissement bancaire.

Quel est le salarié qui pourrait aujourd’hui prétendre à être payé en espèces ? Peut-on obtenir la location d’un appartement sans justifier d'une domiciliation bancaire ? ... Prendre un abonnement chez un fournisseur de téléphonie mobile sans fournir un RIB ? ...Les exemples sont innombrables et quotidiens.

Dès lors, puisque nous sommes pour ainsi dire contraints de prêter notre argent aux banques, puisque nous leur fournissons, sans avoir le choix de faire autrement, la matière première de leurs confortables profits, il serait normal que les banques n’aient pas non plus le choix en termes de tarification, et que la gratuité des opérations courantes soit une fois pour toutes établie.

Contre les frais bancaires injustifiés : http://zerofrais.org/ - Un site où il y a aussi de l'intérêt...

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dimanche 18 mai 2008

REFORME DE L'EDUCATION -Des milliers d'enseignants manifestent dans les rues de Paris

NOUVELOBS. | 18.05.2008 | 16:39

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Ils sont 45.000 personnes selon la FSU, à l'initiative de la manifestation, 20.000 selon la police. Les manifestants sont partis de la place de l'Opéra vers 13h45 en direction de la place de la Bastille. Ils protestent contre les suppressions de postes et l'annonce de la généralisation du service minimum d'accueil.

Plus de 45.000 personnes défilent dimanche 18 mai après-midi à Paris pour protester contre les dizaines de milliers de suppressions de poste prévues dans l'éducation, selon les chiffres annoncés par la FSU, fédération majoritaire dans l'éducation qui est à l'initiative de cette manifestation. Ils seraient 20.000 selon la police.

Les manifestants sont partis de la place de l'Opéra vers 13h45 en direction de la place de la Bastille, derrière une banderole sur laquelle on pouvait lire: "Notre choix à nous, c'est la réussite pour tous".

A cette manifestation nationale, réunissant les personnels, enseignants et administratifs de la maternelle à l'université, s'étaient joints de nombreux parents d'élèves de la FCPE ainsi que quelques lycéens.

En tête de la manifestation, le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, a déclaré: "on est dans un conflit où on n'a pas de réponse, il faut que le gouvernement fasse un geste pour renouer le dialogue".
A propos de l'annonce par Nicolas Sarkozy d'un projet de loi sur un accueil obligatoire dans les écoles en cas de grève, il a estimé qu'il s'agissait d'un "leurre et d'une diversion".


Appel de la FSU -
La Fédération syndicale unitaire (FSU, première fédération de l'Education) appelait à une manifestation nationale à Paris pour dénoncer les suppressions de postes et l'annonce de la généralisation du service minimum d'accueil des élèves en cas de grève, une "provocation" selon la FSU qui estime que Nicolas Sarkozy a franchi "la ligne rouge".
Lancé dans le courant du mois de mars, cet appel à une mobilisation nationale à Paris n'a pas été repris par les autres fédérations de l'Education, malgré l'unité affichée lors des grèves et des manifestations de jeudi et les protestations unanimes contre les annonces du président jeudi soir.

"Une proposition non négociable" -
"L'appel de la FSU a été formulé comme une proposition non négociable, ce qui ne nous convenait pas. Et nous avons un désaccord sur les mots d'ordre notamment le retrait du rapport Pochard (sur la revalorisation du métier enseignant, NDLR) dans sa totalité", a expliqué à l'Associated Press le secrétaire général du SGEN-CFDT Thierry Cadart.

Et l'annonce d'une loi avant l'été imposant un service minimum d'accueil dans toutes les communes et une déclaration préalable des grévistes avant leur mouvement ne changera rien à la mobilisation de dimanche. "On ne va pas changer d'avis et faire monter des gens de province en 24 heures", a souligné Thierry Cadart.
"On ne change pas d'avis sur la manifestation du 18. C'est la FSU seule qui a choisi ça. Elle a lancé le truc et a demandé aux autres de se rallier, ce n'est pas comme ça qu'on monte une action unitaire", a renchéri le secrétaire général de l'UNSA-Education Patrick Gonthier.

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No logo, à la mode Sarkozy / L'adjointe de Roussillon dénonçant une insulte à la démocratie

LE MONDE | 17.05.08 | 14h33

Oubliés les marins du Guilvinec (Finistère), les visiteurs hostiles du Salon de l'agriculture : Nicolas Sarkozy ne veut plus laisser au hasard la mise en scène de ses apparitions publiques ni le choix de ses interlocuteurs. Vendredi 16 mai, à Melun (Seine-et-Marne), c'était au tour des militants CGT d'affronter les méthodes musclées et expéditives des forces de police, trois jours après ceux de Vienne (Isère).

Objectif des forces de l'ordre ? Débarrasser les syndicalistes de leurs accessoires les plus voyants, avant de les laisser s'approcher. Cette fois-ci, pour les policiers, l'arme du crime de lèse-présidence prend la forme d'une série de produits dérivés de la CGT : casquettes, autocollants et tee-shirts... rouges.

Quelques minutes avant l'arrivée du président, une vingtaine de salariés de l'ANPE qui veulent dire au chef de l'Etat leur opposition à la fusion avec l'Unedic sont fouillés.

L'une des fonctionnaires de police, en civil, sort d'un sac en plastique qui leur appartient quelques produits estampillés du syndicat et s'en empare. "Vous nous avez arraché des mains du matériel syndical", proteste Margot Unbriener, responsable régionale de la CGT-ANPE. "C'est une atteinte à la liberté d'expression", poursuit-elle, polie mais la voix émue par le procédé. "On nous traite comme une organisation clandestine, comme des malfrats", proteste un autre militant CGT.

La policière demande aux militants de passer derrière les barrières de sécurité avant l'arrivée du cortège présidentiel, mais refuse de rendre son butin, sous l'oeil d'une demi-douzaine de journalistes. 

"INSULTE À LA DÉMOCRATIE" 

Aucune banderole n'est visible dans ce magot. Profitant du repli des syndicalistes derrière les barrières, elle confie à l'un de ses collègues masculins les objets qu'elle a confisqués : "Va mettre ça à l'intérieur." Une militante explique : "On nous a dit qu'il y avait une alerte de niveau 4... mais nous ne sommes pas des terroristes !"

"Je n'ai jamais dit cela, nous avons saisi des banderoles et des objets qui pouvaient servir de projectiles", affirme la fonctionnaire de police à des journalistes qui l'interrogent sur "la base légale" de sa saisie.

De l'autre côté du trottoir, une autre fonctionnaire, probablement des renseignements généraux, en tailleur sombre et lunettes noires, mais identifiable grâce à son brassard rouge "police", mitraille la scène avec son appareil photo, figeant les portraits des militants et des journalistes.

Trois jours plus tôt, quelque 150 personnes venues manifester à l'occasion de la visite du président à Vienne (Isère) avaient, elles, été carrément repoussées par les forces de l'ordre, qui avaient en outre saisi des tracts de la CGT. "La police m'a interdit d'accéder à la place publique où doit arriver Nicolas Sarkozy sans que j'aie rien fait, on m'a mis à l'écart sans me donner de motif", avait expliqué à l'AFP Jean-Michel Rabut, l'un des responsables CGT à Vienne, venu participer à une manifestation à l'appel de son syndicat, de la LCR, du PCF et du PS.

"On ne nous permet pas d'être sur place et de manifester", avait déploré pour sa part la première adjointe au maire PCF de Roussillon, Maryse Dihl, dénonçant une "insulte à la démocratie".

"Il n'y a pas eu de maintien de l'ordre organisé, mais seulement des interventions sur de petits groupes et la saisie de banderoles injurieuses", avait-on répliqué côté police.

A Melun, vendredi, le petit groupe de militants CGT a été autorisé à approcher le président. Mais pas avant qu'ait été dressé le décor d'un dialogue pacifié. Car Nicolas Sarkozy veut changer de registre.

Plus question de rejouer la scène des marins-pêcheurs du Guilvinec où, insultés par des individus du haut d'un pont, le président s'était énervé : "Qui est-ce qu'a dit ça ? C'est toi qui as dit ça ? Ben descends un peu le dire. Si tu crois que c'est en insultant que tu vas régler le problème des pêcheurs. Ben, permets-moi de te dire... Viens, viens, viens !"

Ni de perdre ses nerfs en répondant à un visiteur qui refusait de lui serrer la main, au Salon de l'agriculture : "Casse-toi, pauvre con !"

A Melun, il sort de sa voiture pour aller aussitôt à la rencontre de la vingtaine de militants de la CGT. Margot Unbriener, qui prend la parole au nom du groupe, se plaint que sa casquette ait été saisie par les forces de l'ordre. "Je ne l'ai pas volée pour moi !", rétorque le président.

Il enchaîne aussitôt, à l'adresse du petit groupe qui n'était pourtant pas inscrit au programme : "D'abord, je voulais vous dire merci de vous être déplacés pour me rencontrer." Les militants trouvent la ficelle un peu grosse... "Si, si", insiste le président.

Margot ne baisse pas les armes. Elle interpelle le président, elle l'interrompt, elle discute. Nicolas Sarkozy campe sur ses positions, défend ses réformes, mais joue avec elle. "Vous êtes un beau parleur !", lui lance Margot, un peu à court d'arguments. "Oh, parleur tout court ! Pourquoi beau ?", répond-il.

Au bout de cinq minutes, le président est sûr d'avoir conquis Margot. Il lui touche le bras, comme on ferait à une amie. Elle en rit : "Mon amoureux est jaloux, il ne veut pas que vous me touchiez." L'amoureux, derrière elle, se défend : "C'est parce que je sais que vous avez bon goût !"

Le président répond du tac au tac : "Je vous présenterai Carla !" Sous le soleil, Margot commence à avoir chaud. "Si vous enleviez votre truc, vous auriez moins chaud !", lui fait alors remarquer le président, agrippant le brassard de plastique marqué du logo CGT porté par Margot, le seul qui ait échappé à la prise policière... Encore un brassard de trop ?

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vendredi 16 mai 2008

Les déboulonneurs refont le procès de la publicité

Libélyon – 16/05/08 - Ol.B.

PROCES - L'avocat général marmonne au moment de requérir : "le parquet aurait peut-être mieux fait de s'abstenir de faire appel : il leur a offert une deuxième tribune".  Devant lui, deux militants des Déboulonneurs, collectif en lutte contre les mécanismes publicitaires, viennent d'énoncer leurs arguments au cours d'une audience très pédagogique.

Ils étaient accusés d'avoir "barbouillé" sur un panneau Decaux les deux mots "Consomme, pollue", en janvier 2007. Ils assument pleinement. En première instance, le tribunal les avait déclarés coupables, tout en prononçant une dispense de peine.Le parquet a fait appel, et les voilà donc, mercredi 14 mai, devant la cour d'appel de Lyon, où ils renversent une nouvelle fois les rôles, et proposent un procès éloquent et argumenté de la publicité...

Bertille (29 ans) prend la parole la première. A voix haute, sans arrogance audible, elle détache clairement ses mots : "J'ai effectivement barbouillé un panneau, dit-elle. En plein jour et à visage découvert, de façon symbolique et non violente, et en sachant très bien que je pouvais pour cela arriver devant vous". Alors pourquoi a-t-elle fait cela ? Parce qu'elle estime que le système publicitaire "est devenu dangereux". Pour illustrer cette conviction, elle explique : "Les gens savent aujourd'hui que les transports émettent un quart des gaz à effet de serre. S'ils sont incapables de changer leurs comportement alors qu'ils savent que la terre qu'ils transmettent à leurs enfants n'est pas viable, c'est parce qu'une idéologie leur est martelée, avec des moyens que nous n'avons pas". Elle-même se dit victime de la publicité, "qui impose une norme, un rapport au corps, un modèle qui n'existe pas".

L'avocat général écoute, sans paraître à ce stade très convaincu. Il demande à la militante : "Il me semble que c'est la société Decaux qui subventionne les véloslib (sic) dans certaines villes". Elle répond: "Le vélo est financé à Lyon par la publicité pour la voiture. N'y a-t-il pas un paradoxe?". Le magistrat fait la moue, mais il ne s'aventure pas plus loin.

Mathieu prend alors la parole à son tour. Lui, explique qu'enfant, il ressentait la "souffrance sociale" d'être perçu comme "ringard" parce qu'il ne portait pas de marques. Plus tard, il a assumé ce qui est devenu un choix "écologique", mais ajoute qu'il reste ce "tiraillement" entre "conscience" et "incitations".

Quand il était en gestion, il a découvert lors de cours de marketing le nombre de sciences que l'on mobilise "pour créer des pulsions d'achat".  Alors, aujourd'hui, il s'interroge sur les formes militantes à mobiliser pour "neutraliser l'impact médiatique" de la publicité. Bertille précise qu'ils ne demandent  pas l'interdiction de la publicité, mais sa limitation, avec des affiches de 50X70 cm maximum, pour "que celui qui veut voir s'approche", et  que les autres ne soient pas transformés en "réceptacles passifs".

Pour convaincre le tribunal, les Déboulonneurs ont cité trois témoins. La présidente estime que cela fait beaucoup, alors elle limite le temps de parole de chacun à cinq minutes. Les propos ramassés n'en sont que plus efficaces. Une diététicienne explique d'abord les ravages de la publicité lorsque "la prévalence de l'obésité concerne un enfant sur six aujourd'hui". L'essentiel de son travail en pédiatrie, explique-t-elle, consiste à "déconstruire les mécanismes publicitaires". Elle relève également que les femmes sont soumises par le matraquage publicitaire à un double message paradoxal: "consomme, sois mince, consomme, sois mince..."

Une professeur de français et histoire-géo prend ensuite la relève. Elle enseigne dans un lycée professionnel en banlieue où des garçons se préparent théoriquement aux métiers du bâtiment. Mais ils n'investissent plus "ces formations porteuses d'emplois", expliquent-elles, "parce que ce sont des métiers fatigants, où l'on a les mains sales, et cela ne correspond pas à la norme". Elle met cela sur le dos de la publicité, explique qu'ils sont "fascinés" par le message qu'elle leur envoie, selon lequel, "il suffit de désirer pour posséder". Elle observe aussi le caractère normatif. Lorsqu'elle les fait travailler sur l'avenir tel qu'ils se le rêvent, ils se voient tous "avec une grosse voiture, une jolie femme, deux enfants et des vacances sur les îles".

Enfin, troisième témoin, Claude Got, professeur de médecine en retraite. Il a notamment participé, voilà près de vingt ans, à la rédaction d'un rapport inspirateur d'une partie de la  loi Evin. La présidente lui rappelle la règle des cinq minutes, alors il retire sa montre et commente: "J'ai cinq minutes pour vous résumer trente ans d'échecs qui mènent ces jeunes gens devant vous". Il consacre la première minute aux effets de la publicité pour le tabac ; la deuxième à l'alcool ; la troisième aux ravages de la voiture ; la quatrième à la santé publique ; et la cinquième aux systèmes d'aliénation par la publicité. Puis d'une voix égale, il glisse en regardant sa montre : "Excusez-moi Madame la présidente, j'ai dépassé de neuf secondes le temps que vous m'aviez imparti". La salle pouffe, la magistrate pince les lèvres.

L'avocat général ensuite alors la parole, pour résumer l'audience : "Il s'agit d'une action publicitaire anti-publicité. On trouve une tribune publique et l'on vient faire avec ses petits moyens faire le procès de la publicité." Il trouve cependant "ces deux petits jeunes gens sympathiques". Il  ajoute même : "On sait qu'une partie des arguments qu'ils développent ne sont pas faux". Mais voilà, il est avocat général, et pense qu'il ne peut pas requérir de dispense de peine. Il aurait bien demandé un ajournement de peine, le temps qu'ils remboursent les frais de nettoyage de Decaux. Mais ils ont précisé d'emblée que cela ne faisait pas du tout partie de leurs projets à court terme. Alors, le représentant du ministère public cherche une peine "dissuasive". Et requiert 300 euros d'amende avec sursis pour chacun.

François Roux, l'un des deux avocat des "jeunes gens sympathiques", prend ensuite la parole, pour s'adresser très directement à la présidente. Celle-ci griffonne sur une feuille, pour esquiver l'interpellation directe. Il lui explique que la Justice, au travers d'elle, est "le dernier espace où les lobbys ne s'immiscent pas". Il défend l'"état de nécessité" de ses clients : leur infraction répondrait à un danger, ne serait pas "disproportionnée" par rapport à celui-ci, et une condamnation "n'aurait aucune intérêt pour la société". Puis il conclut, comme il avait commencé sa plaidoirie: "Je vous envie Madame la présidente. Je vous envie, parce que vous allez peut-être prononcer une relaxe". La cour dira le 11 juin si elle saisit cette chance.

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mercredi 14 mai 2008

Touche pas à ma plaque

SUD-OUEST 13 Mai 2008-

IMMATRICULATION. --Les départements font de la résistance et veulent garder leur code d'identification sur les nouvelles plaques minéralogiques. Vos réactions en ligne sur notre FORUM

C'était au départ une banale réforme qui ne pouvait que recueillir l'assentiment général, puisqu'elle va simplifier les formalités de délivrance de la carte grise et mettre fin aux attentes interminables à la préfecture pour se procurer le précieux document Or, voilà que ça devient une affaire d'État. Pis, la fronde parlementaire qu'elle suscite menace de se transformer en révolte populaire.

De quoi s'agit-il ? Le ministère de l'Intérieur, arguant du fait que le dispositif actuel d'immatriculation va arriver à saturation d'ici 2016 pour la région parisienne et qu'il est difficilement adaptable à de nouvelles fonctionnalités, notamment une plus grande ouverture sur Internet, a décidé de modifier le système en s'inspirant d'un modèle européen déjà appliqué en Espagne, en Allemagne ou encore en Italie. Les démarches, pour les automobilistes, seront considérablement simplifiées et pourront s'effectuer à distance, par téléservices.

Encombrement. L'affaire n'est pas moindre quand on sait que, chaque année, 13 millions de cartes grises sont délivrés, dont 3 millions pour les achats de véhicules neufs et plus de 6 millions pour des véhicules d'occasion changeant de mains. En tout, selon le ministère, ce sont pas moins de 23 millions d'opérations liées à des immatriculations qui sont réalisées annuellement. Le principe du nouveau système d'attribuer un numéro à vie au véhicule, de sa mise en service jusqu'à sa destruction, réduira le nombre de ces formalités.

La nouvelle numérotation alphanumérique adoptée se composera de sept caractères : 2 lettres suivies de 3 chiffres puis 2 lettres, les blocs étant séparés par un tiret (par exemple AA - 123 - AA). Ce nouveau type d'immatriculation interviendra au 1er janvier 2009 pour les véhicules neufs et à partir du 1er mars pour les véhicules d'occasion lors d'un changement de propriétaire ou d'adresse entraînant un renouvellement de carte grise. Avec ce type d'immatriculation, le propriétaire du véhicule, même s'il change de département, n'aura plus à le faire modifier, puisque la localisation n'apparaîtra plus.

Facultatif ou obligatoire ? Et c'est là que le bât blesse. Le ministère de l'Intérieur a prévu, sur la droite de la plaque, un espace où pourront figurer, le cas échéant, le numéro du département et le logo de la région d'appartenance « compte tenu de l'attachement de certains automobilistes à leur territoire », précise joliment le communiqué du ministère.

Mais cette possibilité est seulement facultative et a déclenché le courroux de 80 parlementaires qui accusent la Place Beauvau d'être à côté de la plaque. Ils partent en croisade contre cette disposition au nom de l'identité des départements.
« Ce numéro de localisation, comme le code postal, contribue à l'identification du département. On peut même dire qu'il relève d'un patrimoine éducatif commun, car c'est souvent en lisant ces numéros que les enfants, en voiture, apprennent les départements. Enfin, c'est aussi un élément de vigilance routière car, lorsque vous suivez un automobiliste qui n'est pas du département, vous intégrez aussitôt le fait qu'il peut avoir une méconnaissance de la route. Autant de bonnes raisons pour que ce numéro de localisation figure obligatoirement sur la plaque », plaide Alain Vidalies, député socialiste des Landes et rallié de la première heure au collectif parlementaire baptisé Jamais sans mon département, lancé à l'initiative de son collègue des Bouches-du-Rhône Richard Mallié.


Pétition sur le Net. Sans attendre la fronde des parlementaires, certains départements, comme celui de Charente-Maritime ont déjà manifesté leur hostilité, et le Conseil général du Pas-de-Calais a l'intention de faire imprimer des T-shirts pour cet été, proclamant « Ch'ti 62, c'est nous ».

Le collectif parlementaire a décidé d'ouvrir un site Internet pour lancer une « pétition citoyenne », espérant faire plier le gouvernement afin qu'il rende obligatoire la mention du département, dans des caractères similaires à ceux de l'immatriculation.

Les élus ne doutent pas de l'issue de leur croisade, plus de 70 % des provinciaux, selon un sondage réalisé à l'automne dernier, regrettant la disparition du code départemental. Les députés, qui sont souvent également conseillers généraux, voient une autre bonne raison de ne pas céder de terrain. Ils n'oublient pas que, récemment encore, la commission Attali préconisait la disparition des départements au profit des régions. « Il ne serait pas étonnant que cette histoire de plaques minéralogiques soit une manière de sonder la réaction des Français », soupçonne Alain Vidalies.

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Une marche pour la dignité

PAR Politis Samuel Lehoux lundi 12 mai 2008

A l’initiative du collectif des sans papiers du Nord, une trentaine de travailleurs sans papiers ont marché de Lille à Paris pour protester contre leur situation. Retour sur un périple de trois semaines qui aura été une véritable réussite militante.

«  Nous n’en pouvions plus de vivre en cachette et dans la clandestinité, nous qui travaillons pourtant depuis des années ». Face à cette situation, le collectif des sans papiers du Nord (CSP 59) a décidé de prendre le contrepied de la clandestinité en s’exposant au grand jour. Partis le 19 avril dernier de Lille, une trentaine de personnes sans papiers se lancent dans un parcours de 200 kilomètres à pied vers Paris et se mobilisent ainsi de façon visible pour demander leur régularisation. Un pari risqué, puisqu’ils peuvent à tout moment être arrêtés.

Les marcheurs prennent donc la route, pas franchement sereins. Mais très rapidement, le soutien populaire leur fait oublier le contexte ultra répressif qui les avait motivé à battre le pavé pour retrouver leur dignité. Tout au long du parcours, leur conviction de mener un combat juste est renforcée par l’écho positif renvoyé par la population. « Partout où on est passé, des nobles citoyens se sont montrés proches et solidaires. De Valencienne à Douai, Lens, Amiens, on a toujours été impeccablement reçu, et à chaque étape, la population nous a accueilli très généreusement », se rappelle avec joie Mamadou Compo, le porte parole des marcheurs du CSP 59. D’autres marcheurs se souviennent aussi de ces personnes qui, spontanément, les accueillaient chez eux, « toujours avec enthousiasme ».

Pour leur dernière semaine de marche, le groupe a poursuivi l’aventure autour de Paris, avec à chaque étape, de Saint-Denis le 4 mai, à Nanterre le vendredi 9, des rassemblements qui confirment le succès de leur initiative. Comme prévu, les marcheurs sont rentrés dans Paris le samedi 10 mai, cette fois-ci à la tête d’une manifestation de convergence de toutes les luttes des sans-papiers, mobilisant cinq à six mille personnes. Une convergence symbolisée en fin de manifestation par une rencontre émouvante entre les marcheurs du Nord et d’autres personnes sans papiers tenant les piquets de grève devant un restaurant.

A la fin de cette dernière étape, Mamadou Compo et ses « camarades » ne cachent pas leur satisfaction. Ils retiendront surtout ce « magnifique élan de soutien de la population qui (leur) a donné la force nécessaire » pour dominer l’épreuve physique et « aller au bout de cette lutte ». Une lutte qui donne un peu plus de force à un mouvement désormais national et unitaire pour la régularisation de tous les sans-papiers

Extrait_du_blog_CSP_59

Extrait du Blog CSP 59

Dans chaque commune, les marcheurs du Nord sont accompagnés d’un cortège de soutien rassemblant de nombreuses associations et syndicats, ce qui, comme le confirme Mr Compo, leur « donne l’impression d’être protégés ». De la même façon, les portes de la plupart des mairies s’ouvrent à chaque arrivée des marcheurs ; les élus exprimant ainsi leur solidarité et leur soutien matériel à l’entreprise des travailleurs nordistes. Comble de la situation, l’engouement populaire pour les marcheurs amènera Mme Phillipo, adjointe UMP à la mairie de Valenciennes, à les recevoir au sein de l’Hôtel de Ville, leur promettant de faire réexaminer leurs dossiers par le préfet du Nord.

Posté par Kozett à 00:04 - >>> Résistances <<< - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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