lundi 16 novembre 2009
Goncourt - Déluge de soutien - Tollé : Ecrivains en colère, sans réserve
LE MONDE | 13.11.09
"Si la conception d'Eric Raoult prévalait, il me faudrait trouver un autre pays d'asile ! "Devoir de réserve" ? Voltaire pleure en entendant ce mot. Et Diderot. Et Rabelais. Zola hurle, désespéré. Comme Sartre, Camus, Duras. Hugo, lui, demande l'asile politique quelque part...
Atiq Rahimi, d'origine afghane, Goncourt 2008
Eric Raoult conteste toujours à Marie NDiaye le droit de critiquer la France de M. Sarkozy. La romancière insiste, soutenue par la République des Lettres
Marie NDiaye persiste et signe. La France de Nicolas Sarkozy lui paraissait "monstrueuse" au mois d'août, avec son "atmosphère de flicage, de vulgarité...", et elle ne voit aucun changement qui pourrait l'inciter à édulcorer ses propos. Au contraire, affirme-t-elle depuis Berlin, où elle vit en famille.
La réflexion du député (UMP) Eric Raoult jugeant son discours "insultant" et assignant un "devoir de réserve" aux titulaires du prix Goncourt ne fait que confirmer le vent mauvais qui lui semblait souffler sur la France et tombe comme "une illustration brutale" de ce qu'elle exprimait cet été dans une interview aux Inrockuptibles.
Elle reçoit des déluges de soutien et s'amuse des politiques qui, de Martine Aubry au Parti communiste, de François Bayrou à l'UMP, de Daniel Cohn-Bendit à l'ancien ministre de la culture Jean-Jacques Aillagon, se fendent tous d'une déclaration fustigeant l'idée de censure.
Tout juste admet-elle une certaine déception devant les propos "insignifiants" du ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, qui, refusant d'arbitrer "entre les propos d'une personne privée qui dit ce qu'elle veut dire et un parlementaire qui dit ce qu'il a sur le coeur", lui a paru fuir le débat en affirmant, jeudi : "Ça me regarde en tant que citoyen, ça ne me concerne pas en tant que ministre."
En revanche, quel élan de la part de ses confrères écrivains ! La famille Goncourt, qu'elle vient tout juste d'intégrer avec son roman Trois femmes puissantes (Gallimard), lui manifeste avec chaleur et humour un soutien sans faille. Fidèle à lui-même, Patrick Rambaud, Goncourt 1997, qui tient depuis 2007 la Chronique du règne de Nicolas Ier, dont le troisième volet paraîtra en janvier, jubile : "Merci, monsieur Raoult, de nous faire le cadeau de ce splendide et grotesque "droit de réserve" des écrivains ! Droit de réserve rétroactif, qui plus est ! Décidément magnifique ! Voilà qui fera un paragraphe savoureux dans mes prochaines chroniques !"
Moins narquoise, mais presque aussi moqueuse, Françoise Chandernagor, membre du jury qui vient de distinguer Marie NDiaye, n'oublie pas qu'elle fut énarque et juriste avant d'écrire des romans.
Le principe d'un "droit de réserve" des écrivains lui apparaît comme un comble de non-sens juridique. "Les écrivains ne sont pas des fonctionnaires, le Goncourt ne provient pas des caisses de l'Etat..." Emanant d'un ancien ministre, l'idée est consternante, dit-elle.
Aurait-il osé opposer un "devoir de réserve à Malraux quand celui-ci partait rejoindre les républicains espagnols ? Ou retrouver de Gaulle ? Dieu que c'est absurde !". Mais l'écrivaine va plus loin, qui croit déceler une tendance, "droite et gauche confondues", à la censure morale et politique. "Nous sommes à une époque où la vigilance s'impose."
Prix Goncourt 1988, Erik Orsenna fulmine. "Dès qu'un écrivain obtiendra un prix, il n'aura donc plus le droit de s'exprimer... donc d'être écrivain ! C'est tellement bête que je m'interroge sur les intentions réelles de Raoult. Détourner l'attention des vraies questions ? Déstabiliser le ministre de la culture ?"
Et ce n'est pas le mot "modération" que M. Raoult propose désormais de substituer à celui de "réserve" qui change l'affaire. "C'est la modération, Rimbaud ? La modération, Les Misérables ? A moins qu'il faille désormais titrer Les Classes moyennes pour faire modéré ? N'importe quoi !"
La présidente de l'Académie Goncourt, Edmonde Charles-Roux, est aussi offusquée. "Comment un élu chevronné peut-il tenir de tels propos ? Comment peut-il avoir une vision aussi fausse du métier d'écrivain ? S'il est quelqu'un, dans la société, dont le devoir, quitte à déranger, est de s'exprimer en toute liberté, c'est précisément l'écrivain ! Bravo à Marie NDiaye pour avoir pleinement saisi ce droit !"
L'Académie Goncourt, affirme de son côté Robert Sabatier, restera toujours le lieu de la parole libre.
Et cela rassure Atiq Rahimi, d'origine afghane, qui, quelques jours après l'obtention du prix Goncourt 2008, s'était prononcé, avec succès, contre l'expulsion de réfugiés afghans dans un charter anglo-français. "Si la conception d'Eric Raoult prévalait, il me faudrait trouver un autre pays d'asile ! "Devoir de réserve" ? Voltaire pleure en entendant ce mot. Et Diderot. Et Rabelais. Zola hurle, désespéré. Comme Sartre, Camus, Duras. Hugo, lui, demande l'asile politique quelque part... Mais que se passe-t-il en France où un élu se permet de remettre en cause le choix d'un jury littéraire ? Où l'on répand l'idée que l'écrivain devrait s'autocensurer ? Que l'Etat, la nation, la patrie doivent prévaloir sur tout ? Et où l'identité nationale s'impose comme le grand débat du moment ? De nombreux signes convergent qui me semblent inquiétants."
"Eric Raoult aurait dû méditer cette phrase de Paul Valéry : "Chaque atome de silence est la chance d'un fruit mûr"", affirme Tahar Ben Jelloun, qui ajoute : "En observant un droit de réserve, les écrivains manqueraient à leur vocation, à leur devoir, qui est de s'occuper de ce qui ne les regarde pas ; le devoir, comme dit Balzac, de "fouiller la vie sociale... vu que le roman est l'histoire privée des nations". L'écrivain n'est ni un diplomate ni un militaire. C'est quelqu'un de solitaire qui bouleverse les repères et fait de la langue une forêt qui avance et... perturbe."
Annick Cojean
mercredi 4 novembre 2009
GOUVERNEMENT - Taxe pro : Raffarin ne s'est pas fait "sermonner"
NOUVELOBS | 04.11.2009 | 10:45
L'ex-Premier ministre estime ne pas avoir été "sermonné" par l'Elysée après sa fronde sur la réforme visant à supprimer la taxe professionnelle et dit "assumer ses convictions sereinement".
Jean-Pierre Raffarin a estimé mardi 3 novembre au soir ne pas avoir été "sermonné" par l'Elysée après sa fronde sur la réforme visant à supprimer la taxe professionnelle, en soulignant qu'il "assume" ses convictions.
"Ce n'est pas ma conception du dialogue au sommet de l'Etat. Personne ne peut sermonner personne, parce que chacun doit respecter chacun", a indiqué l'ancien Premier ministre sur son blog.
Lors d'une réunion à l'Elysée avec les dirigeants de l'UMP, Nicolas Sarkozy a reproché, selon le témoignage de plusieurs participants, à Jean-Pierre Raffarin d'avoir publié dimanche une tribune dans la presse afin d'annoncer qu'il ne voterait pas "en l'état" la réforme de la taxe professionnelle. Constat d'une divergence
"Ma lecture de cette réunion n'est pas celle d'un sermon, mais celle d'un constat, réciproque, d'une divergence quant à la décentralisation", a réagi l'ancien Premier ministre. "Le "bavard" qui a communiqué à la sortie de la réunion a le récit partial et partiel. J'assume mes convictions sereinement", souligne-t-il encore.
Dans sa tribune, co-signée par 23 autres sénateurs, inquiets au sujet des compensations pour les collectivités locales, Jean-Pierre Raffarin écrivait que l'actuelle proposition n'était "ni claire, ni juste, ni conforme à nos convictions d'élus enracinés". "Une chose est certaine : la démarche que vous avez eue, ce n'est pas formidable", lui a lancé Nicolas Sarkozy lors de la réunion à l'Elysée, en soulignant sa volonté d'aller jusqu'au bout de sa réforme, selon un haut responsable de la majorité.
"Ce n'est pas une tribune qui infléchira ma décision", a ajouté le président à l'adresse de Jean-Pierre Raffarin, présent en tant que premier vice-président du conseil national de l'UMP, selon plusieurs participants.
On peut se poser question sur la réaction du chef de l’état : ne pas écouter les avis, soit du parlement soit du Sénat est dictatorial.
A quoi sert de voter pour des élus ? en espérant que les sénateurs résisteront à la pression ...
Débat sur l'identité : une "manœuvre" indigne, pour Valls – Bernard Kouchner émet des réserves
NOUVELOBS. | 03.11.2009
Le député PS Manuel Valls et l'ancien conseiller de Lionel Jospin Aquilino Morelle accusent Nicolas Sarkozy d'instrumentaliser la question de l'identité nationale pour "séduire les électeurs du FN" et "déstabiliser une gauche (…) mal à l'aise avec ce sujet".
Dans une tribune parue dans Le Monde daté de mercredi 4 novembre, le député-maire PS d'Evry Manuel Valls et Aquilino Morelle, ancien conseiller de Lionel Jospin à Matignon accusent le président Nicolas Sarkozy de "manipulation" électoraliste, de "manoeuvre" indigne et de "faute morale et politique" à la suite du lancement du débat sur l'identité nationale.
"Un grand débat sur l'identité nationale : en prenant cette initiative, Nicolas Sarkozy vient de commettre une faute morale et politique", écrivent-ils, tous deux "fils d'immigrés réfugiés espagnols", comme ils le rappellent.
"Référence transparente à l'idéologie de Vichy"
Manuel Valls et Aquilino Morelle dénoncent les "arrière-pensées" du président de la République et l'accusent de lancer cette question "comme on jette un atout sur une table de jeu", de "l'instrumentaliser dans le but se séduire les électeurs du Front national, avec l'espoir secret de déstabiliser une gauche censée se trouver mal à l'aise avec ce sujet, et cela à quelques mois d'élections régionales qui s'annoncent serrées".
"Avoir recours à ce qui est une manoeuvre, tout cela n'est pas digne", écrivent-ils.
"Et comment qualifier la provocation consistant à faire référence de façon transparente à l'idéologie de Vichy, si ce n'est de perverse ?", demandent-ils.
Selon eux, "le risque est trop grand de blesser les consciences personnelles et, au-delà, la conscience nationale. En regard de ce risque, le gain électoral escompté est méprisable".
"La France est un alliage et son identité est mêlée". "Que cette identité soit précieuse nous l'affirmons. Qu'elle doive être défendue, nous en convenons. Qu'elle soit manipulée, nous le refusons", concluent-ils.
Le débat est ouvert et Bernard Kouchner émet des réserves
NOUVELOBS. | 03.11.2009
Bernard Kouchner s'est montré réservé, lundi 2 novembre, sur le débat sur l'identité nationale, en observant qu'il se méfiait des "débats théoriques", et estimant qu'une telle discussion exigeait une approche "ouverte" et dynamique".
"Pourquoi pas! Mais je me méfie des débats théoriques. Pour moi le débat à mener, c'est le débat des propositions de la France", a-t-il dit sur la radio France Info, interrogé sur l'initiative du ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale Eric Besson.
Comme exemples de ces "propositions", il a cité l'instauration du service civique qui permettra que "les Français iront ailleurs pour voir les conditions dans lesquelles les hommes et les femmes de la terre vivent", et "la proposition française de financements innovants pour le développement".
"Il faut des idées, a-t-il estimé, pour que l'Europe existe. Pour nous, notre avenir est dans l'Europe, voilà le débat qu'on doit mener, indépendamment des valeurs de la France que tout le monde connaît ou reconnaît".
mardi 3 novembre 2009
TP - Raffarin et les 23 frondeurs: le nouveau cauchemar du gouvernement !
Sylvain Lapoix - Marianne | Lundi 2 Novembre 2009
Face à la révolte de Raffarin et d'une poignée de sénateurs sur la taxe professionnelle, le gouvernement fait bloc : on ne négocie pas ! En voulant tenir ses promesses aux entreprises, l'Etat pourrait bien perdre sa majorité au Sénat...
Comme un mantra, Jean-Pierre Raffarin le répète tout le long de sa tribune dans le Journal du dimanche du 1er novembre : «nous sommes dans le camp des réformateurs.» Pourtant, en choisissant avec ce texte de s'opposer au vote de la réforme de la taxe professionnelle, l'ex-Premier ministre et ses 23 collègues sénateurs révoltés sont aujourd'hui la plus grosse plaie qu'ait connu la majorité depuis le début de la grogne parlementaire
La demande est simple : boucler le débat sur les collectivités locales et voter le texte avant de s'attaquer à la suppression de la taxe professionnelle, afin de déterminer «les compétences avant les moyens». Ce qui implique rien de moins que de repousser le vote du budget pour débattre d'une réforme des territoires que Raffarin n'hésite pas à déchiqueter en quelques mots : «l'actuelle proposition n'est ni claire, ni juste, ni conforme à nos convictions d'élus enracinés».
Dans la majorité, chacun tente de sauver la face : Eric Wœrth qualifiait ainsi l'attaque «d'appel au débat» tandis que Xavier Bertrand y voyait «une demande de précisions supplémentaires». La ministre de l'Economie doit pour sa part recevoir les sénateurs sous peu au sujet de la taxe professionnelle. L'important est de nier la fronde, de la déconnecter de toutes les contestations précédentes et de se présenter comme au service des sénateurs. De quoi faire bonne figure... mais pas de quoi calmer les frondeurs !
Avec ses 23 hussards, Jean-Pierre Raffarin est en effet en position de force : affaibli au Sénat, l'UMP n'a en effet plus de majorité sans le soutien de toutes ses troupes et des centristes. Un équilibre fragile que peuvent menacer ces empêcheurs de réformer en rond : bloquer la taxe professionnelle, c'est stopper net le projet de loi de finance, tirer le frein de la locomotive des réformes... et décevoir les entreprises auxquelles on a promis une baisse des charges dès 2011 !
«Cette réforme, elle ne peut pas attendre parce que les entreprises ne peuvent pas attendre !», insistait le ministre du Budget sur RTL. Réponse pragmatique de Raffarin : le gouvernement devra choisir entre les maires et les patrons. Face à ce genre de question, Bercy a toujours le même réflexe : priorité aux entreprises !
Or, si les députés se sont pliés aux décisions du gouvernement, leurs collègues du Sénat ne cèderont pas aussi facilement : en s'attaquant à la taxe professionnelle, les ministres s'attaquent aux conseillers généraux (qui récupèrent 8,5 milliards d'euros sur cet impôt) et aux maires (17 milliards de leur budget vient de la taxe pro), c'est à dire à la majorité au collège chargé d'élire les sénateurs !
Si la majorité continue de faire bloc contre les sénateurs, rien ne dit que demain, d'autres ne saboteront pas des votes clés histoire de faire part de leur mécontentement, comme certains députés l'ont fait après s'être fait sucrer leur circonscription. Il ne faut pas oublier que 103 des 343 sénateurs sont conseillers généraux, dont 31 président une assemblée départementale. Le bras de fer ne fait que commencer...
lundi 2 novembre 2009
Taxe professionnelle - Sénateurs, d'autres élus UMP ne voteront pas en l'état le texte
Xavier Bertrand tente de minimiser les réserves de Raffarin
NOUVELOBS. | 01.11.2009 | 18:05 EXTRAITs
Jean-Pierre Raffarin et 23 sénateurs ont dénoncé une proposition de réforme de la taxe professionnelle "ni claire, ni juste". Xavier Bertrand tente de minimiser l'affaire.
Le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, a tenté de minimiser dimanche 1er novembre les réserves sur la taxe professionnelle exprimées dans une tribune signée dimanche par Jean-Pierre Raffarin et 23 sénateurs du parti majoritaire, en affirmant que "tout le monde est d'accord" pour la suppression.
"Ne nous emballons pas, tout le monde est d'accord pour dire qu'il faut au 1er janvier supprimer la taxe professionnelle, parce que priorité à l'emploi. Jean-Pierre Raffarin aussi. Les signataires de cette tribune également", a déclaré Xavier Bertrand sur France 2.
Pas de front anti-Sarkozy
L'ancien Premier ministre, ainsi que 23 autres sénateurs UMP, ont annoncé qu'ils "ne voteront pas en l'état" la réforme de la taxe professionnelle présentée par le gouvernement, dans une tribune publiée par le Journal du Dimanche.
Pour Xavier Bertrand, cette tribune démontre seulement qu'il y a "une demande de précisions supplémentaires pour les collectivités au Sénat". "Le débat est tout à fait souhaitable au Sénat", a-t-il souligné, en assurant qu'il permettrait d'"apporter les clarifications"
.
Un travail qui "n'est pas achevé"
Des élus territoriaux comme René Beaumont, sénateur de Saône-et-Loire, ou Jacques Blanc, représentant la Lozère, se prononcent dans cette tribune "en faveur de la réforme de la taxe professionnelle" au nom de la recherche de compétitivité des entreprises françaises, mais précisent que "la réforme telle qu'elle est actuellement proposée par l'exécutif ne peut pas être votée en l'état".
Se positionnant à deux jours de l'ouverture du Congrès des maires de France, ils jugent que "le volet allégement fiscal ne pose pas de problème", et peut donc être voté rapidement, mais que "le travail relatif au volet territorial de la réforme n'est pas achevé".
Non conforme à leurs convictions
Pour ces sénateurs enracinés territorialement, "l'actuelle proposition n'est ni claire ni juste, ni conforme à (leurs) convictions". Ils ne souhaitent pas mener la réforme des moyens avant celle des compétences des élus territoriaux, qui les concernent directement, alors que le président Nicolas Sarkozy vient d'annoncer une redistribution des cartes entre région et département.
Les sénateurs défendent leur proposition : "Définissons les compétences de chaque échelon territorial puis (...) répartissons les recettes fiscales en fonction des missions des différents échelons". Ils réclament des simulations financières de Bercy, menaçant sinon de repousser le vote à 2011, année d'application de la réforme de la taxe professionnelle.
D'autres frondeurs
Les 24 sénateurs ne sont pas les seuls à avoir levé la voix contre cette réforme. Alain Juppé avait déjà affirmé en octobre que le gouvernement "se foutait du monde", avant de regretter ses propos.
Mercredi, c'est Edouard Balladur qui s'est exprimé sur le sujet, déplorant le calendrier retenu par le gouvernement, à savoir le couplage réforme territoriale/suppression de la taxe professionnelle.
"On ne peut pas faire une véritable réforme fiscale avant de savoir quelles sont les compétences de chacun des niveaux de collectivités territoriales, département, commune, région. Il faut d'abord fixer la règle du jeu entre elles avant de savoir comment on va leur affecter ce qui va remplacer la taxe professionnelle", avait jugé l'ancien Premier ministre.
Pourquoi ces inquiétudes?
La réforme de la taxe professionnelle prévoit la suppression de la taxation des investissements des entreprises, ce qui représente un manque à gagner pour les collectivités locales de quelque 11 milliards d'euros. Le projet prévoit donc une compensation avec une nouvelle contribution payée par les entreprises à partir de 500.000 euros de chiffre d'affaires.
Si en 2010, les pertes pour les collectivités seront compensées, à partir de 2011, les choses sont plus incertaines. D'où l'inquiétude de l'ensemble des élus face à la perspective de devoir augmenter les impôts locaux payés par les ménages.
La situation pour le gouvernement peut être périlleuse. L'UMP ne disposant plus de majorité absolue au Sénat, si les 24 sénateurs UMP persistent, le risque que la réforme soit repoussée est réel.
En outre, même si le dernier mot appartient à l'Assemblée, un tel résultat au Sénat pourrait inciter alors les députés UMP à être plus combatifs.
mardi 27 octobre 2009
Papier de verre et sur écoutes
Check-list Le Monde du 27 Octobre 2009
papier de verre
![]() |
"On est fier d'être américain et pas d'être français", se désole Eric Besson. Pourtant, moi aussi, je serais fier d'être citoyen d'un pays qui n'a pas de ministre de l'identité nationale. sur écoutes "C'est un retour du pétainisme le plus nauséabond [lancé par] le petit ministre des sales besognes." |
lundi 26 octobre 2009
Epad-La Défense - Retrait de Jean Sarkozy, " première victoire de l'e-démocratie " ? Tous les réseaux de cette résistance
LEMONDE. | 23.10.09
" Les citoyens ont eu raison avant tout le monde"
. La phrase de Christophe Grébert, conseiller municipal de Puteaux et anti-sarkozyste convaincu, n'est pas forcément très habile mais elle reflète l'état d'euphorie qui agite en ce moment la blogosphère et surtout les réseaux sociaux. La Toile peut-elle se targuer d'avoir fait "tomber" Jean Sarkozy ? Une chose est sûre : en terme de volume, les contenus anti-Sarkozy dominent très nettement le paysage du web.
A la pointe de la contestation, Christophe Grébert, conseiller municipal (Modem) de Puteaux et animateur de plusieurs sites et blogs dont le célèbre Monputeaux.com, est à l'origine d'une pétition lancée sur Internet contre la candidature de Jean Sarkozy, pétition qui a recueilli plus de 93 000 signatures.
L'omniprésence de Christophe Grébert par le biais de ses multiples sites, mais également par son activité sur les réseaux sociaux les plus utilisés pour relayer les buzz, c'est-à-dire Facebook et Twitter, a permis de relayer efficacement l'appel à la contestation lancé par le conseiller municipal il y a quinze jours.
Christophe Grébert n'est pas le seul à s'être emparé du Web pour mobiliser les opposants à la candidature de Jean Sarkozy à la tête de l'Epad. Les initiatives visant à créer un buzz négatif autour du fils cadet du président de la république se sont multipliées ces derniers jours.
Les utilisateurs de la plateforme de microblogging Twitter ont ainsi été invités à placer le plus souvent possible dans leur tweet l'expression "jeansarkozypartout", ce qui permet d'assurer une visibilité maximale au nom "Jean Sarkozy" non seulement sur la plateforme, mais aussi dans les moteurs de recherche.
Loin d'être lassé, un utilisateur proposait jeudi soir de transformer la signature "jeansarkozypartout" en "jeansarkozynullepart", afin que le buzz continue.
Très actifs pendant les deux semaines de polémique, les utilisateurs de Tweeter sont nombreux à se féliciter du rôle joué par le site. Parmi la déferlante de messages triomphants, un internaute jubile : "[je suis]" trop content que Jean Sarkozy lâche l'affaire. Je pense que les twitteriens peuvent se féliciter.
Et il n'est pas le seul à accorder un large crédit au rôle joué par Twitter et par l'action des réseaux communautaires en général : un autre utilisateur va même jusqu'à saluer "la première victoire de l'e-démocratie en France".
Autre acteur phare de la contestation par le Net, le groupe Banane République est un collectif citoyen à l'origine de "flashmobs" (rassemblement de personnes en un lieu tenu secret jusqu'à la dernière minute) organisées à la Défense, dans Paris, mais aussi dans d'autres villes un peu partout en France, pour protester contre la candidature de Jean Sarkozy.
Ces flashmobs ont à chaque fois réuni plusieurs centaines de personnes. Le but : s'armer d'une banane et se réunir pour dénoncer la république bananière qu'est devenue la France, selon les membres du collectif.
Une manifestation bon enfant préparée exclusivement par Internet (les participants laissent leur numéro de téléphone sur le site, les organisateurs envoient par la suite des SMS pour les tenir au courant du lieu et de l'heure de la flashmob) et dont les images ont été largement reprises, sur France 2, ITV ou à l'étranger, sur le site de la BBC notamment.
Le fil Tweeter de Banane République est également devenu en l'espace de quelques semaines un passage obligé pour tous les opposants à la candidature du jeune Sarkozy.
Sur Facebook, où l'activisme est moins visible bien qu'existant, les camps sont clairement divisés entre les opposants et les partisans de Jean Sarkozy. Les groupes anti-Sarkozy aux noms aussi farfelus que "Pour que Jean Sarkozy bac +1 nommé à la Défense aille plutôt bosser chez McDo !", qui compte pas moins de 50 000 membres, ou "Je suis plus diplômé que Jean Sarkozy" (12 400 membres) pullulent, les groupes de soutien à Jean Sarkozy sont également présents, trop peu nombreux pour faire contrepoids.
Ainsi, le groupe de soutien officiel ne rassemble que 2 649 supporters mais il reçoit depuis jeudi un grand nombre de messages, souvent sympathiques ("Bravo ! Je crois que cela vous servira dans quelques années", "Quel dommage mais il est appelé à un bel avenir politique", "Quel charisme pour ses 23 ans !", "Courage Jean, le monde politique est cruel mas vous réussirez"), parfois plus acerbes ("Très bonne décision Jean, retournez sur les bancs de la fac et revenez-nous dans deux ou trois ans").
Pour en savoir plus :
La notoriété du nom "Jean Sarkozy" sur le Web, par Google Trends
Audrey Fournier
L’échec du fils est aussi l’échec du père, pris en défaut sur les valeurs
LE MONDE | 23.10.09
Pour la première fois depuis son accession à la présidence, Nicolas Sarkozy a cédé devant l'opinion, désavoué par ses propres sympathisants. Il a reculé devant l'obstacle. Le seul précédent comparable est le retrait des fichiers Edvige, qui avaient profondément choqué car comportant des informations sur l'origine ethnique et l'orientation sexuelle.
Après une vaine contre-attaque contre les médias, le chef de l'Etat a finalement décidé avec son fils de renoncer à l'opération. Jean Sarkozy ne briguera pas à 23 ans la présidence de l'EPAD. "Le choix de la raison" a expliqué le jeune homme.
L'échec du fils est aussi celui du père. Dès le début de la polémique Nicolas Sarkozy avait personnalisé l'affaire. "A travers mon fils c'est moi qui est visé", a affirmé le président de la République au Figaro le 16 octobre. Le père divorcé a voulu ménager la carrière de son fils. Il a aussi mesuré le risque de fissure avec l'opinion publique et la base de l'UMP, alors que toute la presse internationale titrait sur le népotisme français.
Pendant que le gouvernement faisait bloc pour défendre Jean Sarkozy sans en être convaincu, les enquêtes d'opinion ont sonné l'alerte. Un sondage CSA des 14 et 15 octobre pour le Parisien révélait que 64 % des Français et 51 % des sympathisants de l'UMP désavouaient cette décision. Une étude qualitative de l'IFOP, réalisée entre les 8 et 9octobre puis les 15 et 16, analysait les dégâts profonds causés par "l'affaire Jean Sarkozy" auprès de l'UMP, alors que celle de Frédéric Mitterrand n'avait pas laissé de traces profondes. Selon l'IFOP, elle a produit un effet "cumulatif qui a réalimenté d'autres critiques notamment sur l'aspect inégalitaire de la politique" de M. Sarkozy.
CLORE LA POLÉMIQUE
Pour ses détracteurs, l'affaire a illustré "de manière caricaturale cette attention portée d'abord par son père aux privilégiés, à son clan et maintenant à sa famille". Sur le net, dans les blogs, les militants de l'UMP avaient fait part de leur malaise et dénoncé le "népotisme" du chef de l'Etat mais aussi son décalage par rapport aux valeurs traditionnelles de la droite.
L'affaire a montré que les alertes ne fonctionnaient pas dans l'entourage du chef de l'Etat. Ses proches n'ont pas réalisé, à l'instar de Brice Hortefeux, les ravages de la décision. M. Sarkozy, obsédé par le mauvais traitement que lui réservent selon lui les médias, n'a pas vu le hiatus qu'il y avait à vanter le jour de la réforme des lycées, la méritocratie républicaine et "la fin du privilège des naissances" alors qu'éclatait la polémique.
Elle a montré aussi que M. Sarkozy n'a pas compris la profondeur du désarroi français, misant sur le "zapping" de l'information pour faire oublier l'affaire. La direction de l'UMP pensait avoir "clos la séquence" avec l'élection de David Douillet dimanche 18octobre. En dépit des protestations persistantes des élus, relayées notamment par Gérard Longuet, président du groupe UMP au Sénat, les ministres zélés défendaient encore bec et ongles jeudi matin Jean Sarkozy, alors que l'UMP tirait à boulets rouges sur la presse. "L'arrivée de Jean Sarkozy est rafraîchissante", expliquait encore un ministre.
Il était urgent de clore la polémique, alors que les sondages font état d'une possible remontée du Front national aux élections régionales de mars.
Grippe A : 82% des Français ne veulent pas du vaccin
NOUVELOBS | 25.10.2009 |
![]()
Alors que la campagne de vaccination vient de commencer, un nouveau sondage révèle que le niveau d'inquiétude des Français face à la grippe H1N1 a chuté de moitié en un mois.
Des Français inquiets face à la grippe H1N1 a très fortement diminué ces dernières semaines et ils ne sont plus que 17% à envisager de se faire vacciner contre ce virus, selon un sondage réalisé par l'Ifop pour Dimanche Ouest France paru dimanche 25 octobre. Selon cette étude, seuls 7% des personnes interrogées disent avoir "certainement" l'intention de se faire vacciner, 10% déclarant qu'ils le feront "probablement", alors que la campagne de vaccination vient de commencer.
1% déjà vacciné
82% des Français ne veulent pas se faire vacciner (49% "certainement pas", 33% "probablement pas"), indique le sondage mené les 22 et 23 octobre auprès d'un échantillon de 965 personnes interrogées par téléphone et sélectionnées selon la méthode des quotas. Seulement 1% de l'échantillon s'est déjà fait vacciner.
Il y a un mois, 55% des Français avaient l'intention de se faire vacciner (29% "certainement" et 26% "probablement"), selon un précédent sondage réalisé par l'Ifop pour Sud Ouest Dimanche, les 3 et 4 septembre, auprès d'un échantillon de 1007 personnes.
Des Français moins inquiets
Mais ce nouveau sondage révèle aussi que les hommes (20%) sont plus enclins que les femmes (14%) à vouloir se faire vacciner. Les candidats à la vaccination sont aussi plus nombreux en agglomération parisienne (23%) que dans les communes rurales (12%).
Le niveau d'inquiétude des Français face à la grippe H1N1 a chuté de moitié par rapport à un précédent sondage de l'Ifop réalisé les 17 et 18 septembre pour Dimanche Ouest France. Selon ce nouveau sondage, 16% des Français se disent inquiets contre 32% un mois plus tôt. 84% ne sont pas inquiets contre 68% à la mi-septembre. Les femmes sont un peu plus inquiètes (18%) que les hommes (13%).
Sondage mené par l'Ifop les 22 et 23 octobre auprès d'un échantillon de 965 personnes interrogées par téléphone et sélectionnées selon la méthode des quotas.
LANGUES REGIONALES - A Carcassonne plus de 10.000 personnes ont défilé pour défendre la langue occitane
10.000 manifestants pour la défense de la langue occitane
NOUVELOBS. | 24.10.2009
En 2007, plusieurs dizaines de milliers de personnes avaient déjà manifesté pour la défense de la langue occitane (AFP)
Plus de 10.000 personnes ont défilé à Carcassonne pour demander la reconnaissance d'un statut légal des langues régionales et l'instauration d'une "politique linguistique ambitieuse".
Plus de 10.000 personnes, pour la police comme pour les organisateurs, ont commencé à manifester dans une ambiance festive, samedi 24 octobre en début d'après-midi à Carcassonne, pour la défense et la reconnaissance de la langue occitane,.
Derrière des banderoles "Occitan lenga oficiala", "libertat per la lenga, per el pais!", "l'occitan a l'escola", les manifestants, arborant de nombreux drapeaux rouge et or frappés de la croix occitane, ont quitté le centre-ville où ils s'étaient regroupés pour se diriger vers la Cité médiévale, dont les rues étaient décorées aux couleurs de l'Occitanie .
Organisée par le collectif d'associations "Anem Oc!", la manifestation réunissait des personnes venues d'une trentaine de départements de la moitié sud de la France, du piémont italien et du val d'Aran espagnol, régions où la langue d'Oc est parlée.
José Bové dans le cortège
Parmi les élus présents dans le cortège, on remarquait notamment le député-maire de Carcassonne Jean-Claude Pérez (PS) et le député européen (Verts) José Bové.
Les organisateurs demandent la reconnaissance d'un statut légal des langues régionales, la création d'une télévision et d'une radio de service public en langue occitane et l'instauration d'une "politique linguistique ambitieuse" permettant notamment de développer l'enseignement de l'occitan .
Deux précédentes manifestations similaires avaient réuni 10.000 personnes en octobre 2005, déjà à Carcassonne, et 18 à 20.000 personnes en mars 2007 à Béziers (Hérault).
Appel « Stop paradis fiscaux » Eva Joly donne des explications
Les paradis fiscaux font des ravages. Ils ont amplifié la crise qui a jeté des millions de personnes dans le chômage et la précarité à travers le monde. Comment aujourd’hui accorder la moindre confiance aux banques si on ne connaît pas le montant de leurs capitaux dissimulés dans ces trous noirs de la finance mondiale ?
Les paradis fiscaux plombent le budget des États. Des grandes entreprises et des individus fortunés échappent aux impôts en y cachant leur argent, tandis que les autres paient à leur place. En France, la fraude fiscale coûterait 3 fois le déficit de la Sécurité sociale.
Les paradis fiscaux y prennent une large part. Les pays du Sud, eux, voient s’envoler dans les paradis fiscaux près de 800 milliards d’euros par an !
Les paradis fiscaux servent également de base-arrière pour blanchir l’argent des trafiquants, des dictateurs et autres caisses noires de certaines entreprises. En protégeant les hors-la-loi et leurs secrets, ils menacent en permanence la paix et la démocratie dans le monde.
Les dirigeants du G20 ont appelé, en avril 2009, à une action mondiale contre les paradis fiscaux. C’est une bonne nouvelle. Mais ce premier pas n’est pas à la hauteur du scandale. À quoi bon dresser, par exemple, une liste des paradis fiscaux si c’est pour la vider, aussitôt, de son contenu ?
Sans la présence des banques et des multinationales des pays du G20, les paradis fiscaux n’existeraient plus : 100% des entreprises et des banques françaises du CAC 40 y ont des filiales. C’est sur celles-ci que la France et la communauté internationale doivent agir !
Qui que l'on soit – citoyen, consommateur, militant syndical, élu local ou dirigeant d'entreprise, demandons davantage de transparence aux utilisateurs des paradis fiscaux.
Ensemble, exigeons la disparition des paradis fiscaux !
Je signe l’appel « Stop paradis fiscaux » et je m’engage dans la mobilisation citoyenne pour faire cesser cet état de non-droit.
Une campagne à l'initiative des organisations syndicales CFDT, CGT, Snui, Solidaires et des associations Attac, CCFD-Terre Solidaire, Oxfam France-Agir Ici et de la Plate forme paradis fiscaux et judiciaires.
21.10.2009
Éva Joly soutient l'appel « Stop paradis fiscaux »
Dans une vidéo, Éva Joly nous explique pourquoi elle...



