Résistance Inventerre

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mercredi 13 mai 2009

MONSIEUR LE PRESIDENT, JE VOUS FAIS UNE LETTRE...

    Monsieur le     Président,    

            Le 15 novembre 2008, Julien Coupat a été emprisonné sur l’accusation  de « direction d'une association de malfaiteurs et dégradations en relation avec une entreprise terroriste ». Six mois plus tard, aucun commencement de preuve n’a été apporté corroborant cette accusation. Aucune preuve n’a même été apportée que Julien Coupat ou son entourage ait une quelconque responsabilité dans des dégradations dont la seule conséquence a été le retard de quelques TGV.  

 

    La définition du terrorisme proposée par le Groupe de personnalités de haut niveau et le Secrétaire     général de l'ONU en 2004 est soutenue par la France : « toute action qui a pour intention de causer la mort ou de graves blessures corporelles à des civils ou à des non-combattants, lorsque le but d'un tel acte est, de par sa nature ou son contexte, d'intimider une population, ou de forcer un gouvernement ou une organisation internationale à prendre une quelconque mesure ou à s'en abstenir. »  A l’évidence cette définition ne     s’applique en aucune manière à Julien Coupat, ni même aux dégradations constatées.  

 

    Dès le mois de décembre, un juge des libertés et de la détention a accepté la remise en liberté de Julien Coupat, estimant qu’elle ne mettrait en péril ni l’ordre public ni la nécessaire poursuite de l’enquête. Le parquet a fait immédiatement appel de cette décision, et depuis, une troisième, puis une quatrième demande de remise en liberté ont été bloquées par le parquet.  

 

    Monsieur le Président, il est regrettable que dans une démocratie, les juges du siège, réputés indépendants, soient régulièrement contrés dans leurs décisions par le Parquet hiérarchiquement soumis au Ministre de la Justice, donc au pouvoir politique. C’est la fin de la séparation des pouvoirs, principe essentiel pour la démocratie et les libertés dont vous avez la garde et la responsabilité, au nom du peuple Français.  

 

    Monsieur le Président, les français ne comprendraient pas que vous mainteniez en détention un homme sur lequel ne pèse aucune charge sérieuse alors que vous vous êtes déplacé personnellement et êtes intervenu avec force auprès du président Tchadien pour faire libérer les membres de l’Arche de Zoe, qui avaient pourtant été jugés et reconnus coupables- même si leur intention humanitaire était sans doute sincère- de recel d’enfants et d’escroquerie. Ces condamnés à 8 ans de détention sont aujourd’hui libres alors que Julien Coupat reste en prison sans que l’enquête qui se poursuit depuis six mois ait pu prouver qu’il ait commis la moindre     infraction.  

 

    Monsieur le Président, le maintien en détention injuste de cet homme laisse à nombre de citoyens, dont je suis, l’impression désagréable que Julien Coupat est détenu pour ses idées politiques. Il est inquiétant que la liberté d’opinion à laquelle nous sommes tant attachés par notre Histoire et notre culture semble ainsi menacée.  

 

    « Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ». Cette phrase de Beaumarchais est en exergue de chaque numéro du Figaro, qui n’est pas spécialement un brûlot gauchiste ou anarchiste. C’est pourquoi, Monsieur le Président, au nom de cette liberté et du respect de la présomption d’innocence qui gouverne le droit français, je vous demande la libération immédiate de Julien Coupat. Vous en avez le pouvoir, vous l’avez prouvé maintes fois.  

 

    Veuillez accepter, Monsieur le Président, l’expression de la respectueuse considération que je porte à vos     fonctions.  

 

Françoise Simpère  

 

  Cette lettre est en accès libre. Vous pouvez la copier/coller, en utiliser quelques extraits, la mettre     sur des blogs, l’essentiel est d’envoyer beaucoup de lettres et de se faire entendre au maximum. Je confirme qu’il n’est pas obligatoire de timbrer les lettres adressées     à l’Elysée, mais que NS étant philatéliste, il est ravi quand on lui met un joli timbre :)  

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vendredi 13 mars 2009

Manifeste pour les «produits» de haute nécessité : Martinique, Guadeloupe, Guyane, Réunion

Libéblog - 24 heures philo

par Ernest BRELEUR, Patrick CHAMOISEAU, Serge DOMI, Gérard DELVER, Edouard GLISSANT, Guillaume PIGEARD DE GURBERT, Olivier PORTECOP, Olivier PULVAR, Jean-Claude WILLIAM •

C’est en solidarité pleine et sans réserve aucune que nous saluons le profond mouvement social qui s’est installé en Guadeloupe, puis en Martinique, et qui tend à se répandre à la Guyane et à la Réunion. Aucune de nos revendications n’est illégitime. Aucune n’est irrationnelle en soi, et surtout pas plus démesurée que les rouages du système auquel elle se confronte. Aucune ne saurait donc être négligée dans ce qu’elle représente, ni dans ce qu’elle implique en relation avec l’ensemble des autres revendications.

Car la force de ce mouvement est d’avoir su organiser sur une même base ce qui jusqu’alors s’était vu disjoint, voire isolé dans la cécité catégorielle — à savoir les luttes jusqu’alors inaudibles dans les administrations, les hôpitaux, les établissements scolaires, les entreprises, les collectivités territoriales, tout le monde associatif, toutes les professions artisanales ou libérales... Mais le plus important est que la dynamique du collectif Lyannaj — qui est d’allier et de rallier, de lier, relier et relayer tout ce qui se trouvait désolidarisé — est que la souffrance réelle du plus grand nombre (confrontée à un délire de concentrations économiques, d’ententes et de profits) rejoint des aspirations diffuses, encore inexprimables mais bien réelles, chez les jeunes, les grandes personnes, oubliés, invisibles et autres souffrants indéchiffrables de nos sociétés.

Cette grève est donc plus que légitime, et plus que bienfaisante, et ceux qui défaillent, temporisent, tergiversent, faillissent à lui porter des réponses décentes, se rapetissent et se condamnent. Dès lors, derrière le prosaïque du «pouvoir d’achat» ou du «panier de la ménagère», se profile l’essentiel qui nous manque et qui donne du sens à l’existence, à savoir : le poétique. Toute vie humaine un peu équilibrée s’articule entre, d’un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) ; et, de l’autre, l’aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d’honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d’amour, de temps libre affecté à l’accomplissement du grand désir intime (en clair : le poétique). Comme le propose Edgar Morin, le vivre-pour-vivre, tout comme le vivre-pour-soi n’ouvrent à aucune plénitude sans le donner-à-vivre à ce que nous aimons, à ceux que nous aimons, aux impossibles et aux dépassements auxquels nous aspirons.

La «hausse des prix» ou «la vie chère» ne sont pas de petits diables-ziguidi qui surgissent devant nous en cruauté spontanée, ou de la seule cuisse de quelques purs békés. Ce sont les résultantes d’une dentition de système où règne le dogme du libéralisme économique. Ce dernier s’est emparé de la planète, il pèse sur la totalité des peuples, et il préside dans tous les imaginaires —non à une épuration ethnique, mais bien à une sorte d’«épuration éthique» (entendre : désenchantement, désacralisation, désymbolisation, déconstruction même) de tout le fait humain.

Ce système a confiné nos existences dans des individuations égoïstes qui vous suppriment tout horizon et vous condamnent  à deux misères profondes : être «consommateur» ou bien être «producteur». Le consommateur ne travaillant que pour consommer ce que produit sa force de travail devenue marchandise ; et le producteur réduisant sa production à l’unique perspective de profits sans limites pour des consommations fantasmées sans limites. L’ensemble ouvre à cette socialisation anti-sociale, dont parlait André Gorz, et où l’économique devient ainsi sa propre finalité et déserte tout le reste.

Alors, quand le «prosaïque» n’ouvre pas aux élévations du «poétique», quand il devient sa propre finalité et se consume ainsi, nous avons tendance à croire que les aspirations de notre vie, et son besoin de sens, peuvent se loger dans ces codes-barres que sont « le pouvoir d’achat » ou «le panier de la ménagère». Et pire : nous finissons par penser que la gestion vertueuse des misères les plus intolérables relève d’une politique humaine ou progressiste. Il est donc urgent d’escorter les «produits de premières nécessités», d’une autre catégorie de denrées ou de facteurs qui relèveraient résolument d’une «haute nécessité».

Par cette idée de «haute nécessité», nous appelons à prendre conscience du poétique déjà en œuvre dans un mouvement qui, au-delà du pouvoir d’achat, relève d’une exigence existentielle réelle, d’un appel très profond au plus noble de la vie.

Alors que mettre dans ces «produits» de haute nécessité ?

D’abord, il ne saurait y avoir d’avancées sociales qui se contenteraient d’elles-mêmes. Toute avancée sociale ne se réalise vraiment que dans une expérience politique qui tirerait les leçons structurantes de ce qui s’est passé. Ce mouvement a mis en exergue le tragique émiettement institutionnel de nos pays, et l’absence de pouvoir qui lui sert d’ossature. Le «déterminant» ou bien le «décisif» s‘obtient par des voyages ou par le téléphone. La compétence n’arrive que par des émissaires. La désinvolture et le mépris rôdent à tous les étages. L’éloignement, l’aveuglement et la déformation président aux analyses.

L’imbroglio des pseudos pouvoirs Région-Département-Préfet, tout comme cette chose qu’est l’association des maires, ont montré leur impuissance, même leur effondrement, quand une revendication massive et sérieuse surgit dans une entité culturelle historique identitaire humaine, distincte de celle de la métropole administrante, mais qui ne s’est jamais vue traitée comme telle. Hélas, tout victoire sociale qui s’arrêterait là, renforcerait notre assimilation, donc conforterait notre inexistence au monde et nos pseudo-pouvoirs.

Ce mouvement se doit donc de fleurir en vision politique, laquelle devrait ouvrir à une force politique de renouvellement et de projection apte à nous faire accéder à la responsabilité de nous-mêmes par nous-mêmes et au pouvoir de nous-mêmes sur nous-mêmes. Et même si un tel pouvoir ne résoudrait vraiment aucun de ces problèmes, il nous permettrait à tout le moins de les aborder désormais en saine responsabilité, et donc de les traiter enfin plutôt que d’acquiescer aux sous-traitances.

Si le capitalisme (dans son principe très pur qui est la forme contemporaine) a créé ce Frankenstein consommateur qui se réduit à son panier de nécessités, il engendre aussi de bien lamentables «producteurs» —chefs d’entreprises, entrepreneurs, et autres socioprofessionnels ineptes— incapables de tressaillements en face d’un sursaut de souffrance et de l’impérieuse nécessité d’un autre imaginaire politique, économique, social et culturel. Et là, il n’existe pas de camps différents. Nous sommes tous victimes d’un système flou, globalisé, qu’il nous faut affronter ensemble.

On peut mettre la grande distribution à genoux en mangeant sain et autrement.

On peut  renvoyer les compagnies pétrolières aux oubliettes, en rompant avec le tout automobile.

On peut endiguer les agences de l’eau, leurs prix exorbitants, en considérant la moindre goutte sans attendre comme une denrée précieuse, à protéger partout.

On ne peut vaincre ni dépasser le prosaïque en demeurant dans la caverne du prosaïque, il faut  ouvrir en poétique, en décroissance et en sobriété. Rien de ces institutions si arrogantes et puissantes aujourd’hui (banques, firmes transnationales, grandes surfaces, entrepreneurs de santé, téléphonie mobile...) ne sauraient ni ne pourraient y résister.

Enfin, sur la question des salaires et de l’emploi. Là aussi il nous faut déterminer la haute nécessité.

Le capitalisme contemporain réduit la part salariale à mesure qu’il augmente sa production et ses profits. Le chômage est une conséquence directe de la diminution de son besoin de main d’œuvre. Quand il délocalise, ce n’est pas dans la recherche d’une main d’œuvre abondante, mais dans le souci d’un effondrement plus accéléré de la part salariale. Toute déflation salariale dégage des profits qui vont de suite au grand jeu welto de la finance. Réclamer une augmentation de salaire conséquente n’est donc en rien illégitime : c’est le début d’une équité qui doit se faire mondiale.

Quant à l’idée du «plein emploi», elle nous a été clouée dans l’imaginaire par les nécessités du développement industriel et les épurations éthiques qui l’ont accompagnée. Le travail a achevé de perdre toute signifiance quand, devenu lui-même une simple marchandise, il s’est mis à n’ouvrir qu’à la consommation.

Le plein emploi ne sera pas du prosaïque productiviste, mais il s’envisagera dans ce qu’il peut créer en socialisation, en autoproduction, en temps libre, en temps mort, en ce qu’il pourra permettre de solidarités, de partages, de soutiens aux plus démantelés, de revitalisations écologiques de notre environnement... 

Il s’envisagera en «tout ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue».

Nous appelons donc à ces utopies où le Politique ne serait pas réduit à la gestion des misères inadmissibles ni à la régulation des sauvageries du « Marché », mais où il retrouverait son essence au service de tout ce qui confère une âme au prosaïque en le dépassant ou en l’instrumentalisant de la manière la plus étroite.

Nous appelons à une haute politique, à un art politique, qui installe l’individu, sa relation à l’Autre, au centre d’un projet commun où règne ce que la vie a de plus exigeant, de plus intense et de plus éclatant, et donc de plus sensible à la beauté.

Ainsi, chers compatriotes, en nous débarrassant des archaïsmes coloniaux, de la dépendance et de l’assistanat, en nous inscrivant résolument dans l’épanouissement écologique de nos pays et du monde à venir, en contestant la violence économique et le système marchand, nous naîtrons au monde avec une visibilité levée du post-capitalisme et d’un rapport écologique global aux équilibres de la planète....

Alors voici notre vision :

Petits pays, soudain au cœur nouveau du monde, soudain immenses d’être les premiers exemples de sociétés post-capitalistes, capables de mettre en œuvre un épanouissement humain qui s’inscrit dans l’horizontale plénitude du vivant…

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samedi 7 mars 2009

La politique de l’oxymore

de Françoise Simpère

    "La politique de l’oxymore » (éd. La Découverte) c'est le titre ô combien littéraire- "cette obscure clarté qui tombe des étoiles", mon oxymore préféré- le titre donc  d’un petit bouquin dont je vous recommande la lecture, écrit par un philosophe. Ce n’est pas la joie, puisque, en gros, il affirme que nous sommes foutus si nous ne nous décidons pas à changer de logiciel de pensée- ce que je répète ici sans me lasser- mais rappelle que l’être humain a le plus grand mal à le faire pour moult raisons.   

      Première raison, résumée brillamment par mon directeur d’agence bancaire : « Les décisions prises contre la crise émanent des décideurs à l’origine de cette crise, qu’ils soient politiques ou financiers. Il ne faut pas oublier que celle-ci, avant de leur faire perdre de l’argent, leur en a fait gagner tellement que même avec les pertes actuelles, ils restent gagnants. Pourquoi voudriez-vous qu’ils changent un logiciel qui leur est bénéfique ? Ils vont calmer les esprits avec un peu d’argent et repartir dans la même direction.» Absence de changement par intérêt personnel, pas moral mais logique.    

    Deuxième raison, fréquente : l’absence de changement par peur de la     nouveauté et/ou du risque. C’est le cas de ceux qui restent dans un couple ou un boulot qui ne leur conviennent plus, au motif qu’on sait ce qu’on perd, mais qu’on ne sait pas si on va gagner. La merde dont le goût est familier, on finit par s’y habituer... jusqu'au jour où elle rend malade.  

      Troisième raison, irrationnelle : le refus de la réalité, de la nécessité     absolue de changer de logiciel, parce qu’on ne VEUT pas y croire. Exemple : tout le monde se SAIT mortel,     personne n’arrive à s’imaginer mort. Tout le monde SAIT que la planète ne PEUT pas supporter qu'on continue à l’exploiter sans mesure, mais personne ne veut vraiment y croire, car imaginer la fin du monde et de     l’humanité est insoutenable.   

      Alors, les cyniques qui ont intérêt à ce que ça continue pour les deux ou trois  décennies qui leur restent à vivre (les puissants sont rarement très juvéniles) ont inventé la politique de l’oxymore : ils associent des concepts     incompatibles qui donnent l’illusion qu’ils agissent, et font croire à ceux qui ont peur de  changer ou qui ne veulent pas admettre la nécessité de changer qu’on va pouvoir, au bord du   gouffre, faire un grand pas en avant sans tomber, comme dans les dessins animés où Donald pédale dans le vide …   

      MORALISER LE CAPITALISME: impossible puisque ce système, basé sur l’appropriation par quelques-uns de toutes   les richesses du monde au détriment de la majorité des gens, basé donc sur l'injustice et l'exploitation est, par essence, immoral.   

      DEVELOPPEMENT DURABLE : une croissance continue sur une planète limitée aux ressources épuisables est évidemment impossible. Pour que tous les terriens puissent accéder à un confort convenable, il faut que les plus favorisés modifient leur mode de vie en consommant et polluant moins. Y a de la marge, vu les gaspillages!   

      NUCLEAIRE ECOLOGIQUE : une énergie qui produit des déchets toxiques indestructibles qu’on ne sait pas où mettre excepté sous le bitume des cours d’école et des routes (excellent documentaire récent sur le sujet à FR3) n’est pas écologique puisqu’elle oblitère le destin des générations futures. Le fait qu’elle ne produise pas de CO2 ne suffit pas à la rendre inoffensive, sans même parler de son éventuelle utilisation militaire.   

      GUERRE PROPRE : sans commentaire.   

      FLEXIBILITE PROFESSIONNELLE SECURISEE : l’emploi est stable et sûr, ou flexible et précaire, ceci sans jugement de valeur sur ce qui est souhaitable pour mieux vivre. Mais en aucun cas il ne     peut être flexible et sûr ! Perso, je pense que la sécurité est mieux assurée avec plusieurs employeurs qu'un seul, toujours le principe écologique de la diversité, qui évite la dépendance.

La politique de l’oxymore se nourrit de contradictions : prétendre revaloriser le travail mais refuser la moindre augmentation des salaires. Prôner l’effort et le mérite mais favoriser fiscalement les revenus des capitaux et l’héritage qui n’exigent pas d’efforts démesurés pour les gagner. Limiter la vitesse pour les conducteurs, mais ne pas brider les moteurs des automobiles. Faire de la publicité pour une barre riche en sucres et en graisses et écrire en dessous « pour votre santé, manger moins gras et moins sucré ». Multiplier les
informations alarmistes et les faits-divers en boucle puis exhorter les gens à «mieux gérer leur stress ». Prôner le goût du risque mais mener une politique obsessionnellement sécuritaire. Parler de simplification administrative et pondre une nouvelle loi et dix décrets par jour. Considérer que les services publics ne servent pas à grand-chose et déplorer que leurs grèves bloquent le pays. Vouloir la libre circulation des marchandises et des capitaux mais fermer les frontières à la libre circulation des humains.   

      Ca rend fou, non ? Effectivement, oxymore signifie étymologiquement « folie aigue », dit l’auteur du livre. Une folie qui préfère s’enivrer de contradictions plutôt qu’accepter que son logiciel de pensée soit périmé. Pourtant, comme dit le proverbe, « se cacher la tête dans le sable n’a jamais empêché  l’autruche de se faire botter le cul. » 
   
   

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lundi 2 février 2009

" Nous y sommes "

par Fred Vargas

fredvargas

Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente
menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire
avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle
notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance.

Nous avons chanté, dansé.

Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le
reste était à la peine.
Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à
l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous
avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous
avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons
chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi,
nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones,
franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.

On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire
fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous
la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces
vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le
sol, ni vu ni connu.

Franchement on s'est marrés.
Franchement on a bien profité.

Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo
de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des
pommes de terre.
Certes.

Mais nous y sommes.

A la Troisième Révolution.

Qui a ceci de très différent des deux premières ( la Révolution
néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a

pas choisie.
« On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont
quelques esprits réticents et chagrins.

Oui.

On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé
notre avis.
C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement
laissés jouer avec elle depuis des décennies.

La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.
De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau.

Son ultimatum est clair et sans pitié :
Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des
araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu
portées sur la danse).

Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Evidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on
s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et
honteux.
D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser
encore avec la croissance.
Peine perdue.

Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.

Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa
voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en
partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à
côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en
laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où
il est, – attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon
tranquille – récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le
phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand
même bien marrés).

S'efforcer. Réfléchir, même.

Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.

Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d'échappatoire, allons-y.

Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont
fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.
Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le
retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l'homme, sa
plus aboutie peutêtre.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

Fred Vargas
Archéologue et écrivain

Europe écologie

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samedi 24 janvier 2009

LE MONDE QUE NOUS ACCEPTONS...

Par Françoise Simpère


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Le procès dit de « l’Angolagate » se déroule depuis octobre 2008 sans faire les choux gras des medias. Certes, il y a la crise, le froid, les people, mais justement, à propos de people, ce procès en est une collection qui fait froid dans le dos : que du « beau monde » parmi les 42 accusés d’abus de biens sociaux, de corruption, de blanchiment d’argent, de collusion avec des dictateurs africains et de trafic d’armes. La guerre en Angola que ces armes ont nourri a fait entre 500 000 et un million de morts, rien que l’imprécision du chiffre est un scandale en soi, comme si 500 000 de plus ou de moins était peanuts quand il s’agit de populations pauvres.

Sur le banc des prévenus, entre autres, Charles Pasqua (ex ministre et grand ponte du RPR) Jean-Charles Marchiani ( ex préfet du Var, déjà condamné, qui a bénéficié d’une mesure de grâce de N. Sarkozy à Noël dernier) Pierre Falcone (hommes d’affaires) Jean-Christophe Mitterrand (fils de…) Jacques Attali (de gauche à droite) Paul-Loup Sulitzer (l’écrivain), Jean-Noël Tassez, ex président de RMC et compagnon de Charlotte Rampling, la BNP-Paribas, la société Thomson… et bien d’autres, de droite, de gauche, de la politique, des affaires ou du show-bizz, unis par un point commun : l’avidité pour l’argent et la tranquille certitude de l’impunité.
Quoi, impunité, mais il y a un procès ? Certes, comme il y a eu un  procès dans l’affaire ELF. Par hasard, j’ai lu ces jours ci le livre de la juge Eva Joly « La force qui nous manque » où elle raconte sa vie, de son enfance en Norvège à son activité actuelle de « Conseillère pour la lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent » en attendant d’être sans doute candidate aux élections européennes, et bien  sûr l’affaire ELF qui pendant dix ans a envahi sa vie et la lui a quelque peu pourrie.

On a tout dit d’Eva Joly, de son obstination, de sa dureté, de sa façon impitoyable de traiter  « Loïc le Floch Prigent », PDG de Elf. Or elle n’a fait que son travail, sans concessions certes, mais pourquoi aurait-elle fait des concessions sous prétexte que ses prévenus étaient haut placés ? Norvégienne, elle a cette conviction que la loi doit être la même pour tous, puissants ou misérables. Mon père juge avait la même conviction : plusieurs fois il s’est fait rappeler à l’ordre par sa hiérarchie, qui lui a rappelé qu’on ne traite pas de la même façon un prévenu lambda et un député ou un homme d’affaires influent… Eva Joly a été avertie de la même façon. On l’a dénigrée, salie, à tel point que le film de Claude Chabrol « l’Ivresse du pouvoir » qui s’inspire largement de l’affaire ELF, l’a transformée sous les traits d’Isabelle Huppert en juge sadique et partiale. Eva Joly a poursuivi et a eu raison : son instruction a démonté et démontré la collusion entre ELF, l’Etat français et certains dictateurs africains.

Cependant, Loïc le Floch Prigent et André Tarallo (ex directeur des hydrocarbures chez ELF) n’ont pas payé toutes les amendes auxquelles ils ont été condamnés, ni effectué en totalité leur peine de prison, tous deux libérés pour raisons de santé. Le premier a retrouvé assez de santé pour devenir un temps conseiller du président du Congo-Brazzaville… Il est probable que la majorité des condamnés de l’Angolagate bénéficieront de la même clémence, comme la plupart des banquiers, traders et escrocs financiers directement responsables de la crise financière, aujourd’hui présentée comme une crise économique majeure dont les travailleurs, comme d’hab’, feront les frais. Ce n’est pas réellement une crise économique : l’argent est là, abondant, tellement abondant que ces dernières années les pierres précieuses, l’industrie du luxe et le marché de l’art ont explosé tant il y avait de capitaux à placer, et parfois à blanchir. Et l’on voit Jean-Marie Messier, ex Moi-même Maître du monde comme l’appelaient ses amis et ses ennemis, condamné pour des faits du même ordre, revenir sur toutes les ondes pour nous inciter à vivre plus moralement, on rêve ou il se fout de notre gueule ?

Eva Joly parcourt la planète pour lutter contre la corruption qu’elle tient pour principale responsable de la misère, aidé par d’autres courageux comme elle. L’un d’eux, chef de la brigade financière du Nigéria, confie à Eva : « Je suis sûr que je vais mourir. Six de mes enquêteurs ont déjà été assassinés ». OK, c’est en Afrique. Mais Eva Joly n’oubliera jamais la peur qu’elle a ressentie quand un haut magistrat, aujourd’hui membre du Conseil Constitutionnel lui a dit au cours de l’instruction de l’affaire ELF : « Madame, je tiens de source incontestable que vous êtes entrée dans une zone d’extrême danger. Ne vous approchez pas des fenêtres… »

Barack Obvama résistera-t-il aux sirènes de la puissance et de l’argent ? Je l’espère, ne serait-ce que parce qu’il affirme avoir un ego assez équilibré, ce qui change d’autres hommes de pouvoir. Quel bonheur qu’il ait tout de suite signé l’arrêt des procédures d’exception à Guantanamo. Mais quelle honte, en relisant la description de ces procédures : arrestations et détention sans preuves, tortures physiques et morales… à l’idée que nous avons tous et toutes vécues sept ans à côté de cette horreur sans la dénoncer chaque jour.

PS. Ne manquez pas sur France 5, dimanche 25 janvier à 21h30, le documentaire "Coltan, les mines de l'enfer" . Le coltan est un minerai qui sert à faire les puces de nos appareils électroniques, et ce doc montre à quel prix... 

Posté par OhM_ à 08:23 - ===> Tribune ouverte - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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mercredi 14 janvier 2009

L’Union européenne doit rester ferme avec Israël

Le Soir – Belgique - lundi 12 janvier 2009

En Belgique, un collectif de signataires, professeurs ou chercheurs d’université francophones et néerlandophones interpelle les autorités et l’UE. La lettre ouverte :

"Le 8 décembre 2008, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont décidé d’accélérer le processus de rehaussement des relations avec Israël dans le cadre de la Politique de voisinage. Contestable eu égard aux violations répétées du droit international par l’État israélien, cette décision apparaît encore plus inopportune à la lumière de la sanglante offensive lancée par son armée contre la bande de Gaza le 27 décembre dernier.

Nous condamnons fermement les tirs de roquette du Hamas contre des cibles civiles israéliennes. Cependant, outre le fait que ces tirs ne justifient en rien l’ampleur des pertes occasionnées parmi les civils palestiniens, ils ne sauraient occulter les lourdes responsabilités d’Israël dans le déclenchement de la crise actuelle. Pendant la trêve de six mois décrétée en juin 2008, Israël a maintenu un blocus désastreux pour l’économie de Gaza et poursuivi les exécutions extrajudiciaires (une cinquantaine au total) dans la bande et en Cisjordanie. De plus, cette dernière demeure démembrée par les check-points de l’armée d’occupation, tandis que les colons continuent à s’y implanter.

Le rehaussement des relations euro-israéliennes décidé le 8 décembre dernier fait fi du non-respect par Israël des termes d’un accord précédent entre les deux parties, qui insistait sur « le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques qui guident la politique interne et internationale des États concernés et constituent un élément essentiel de cet accord ».

Dans l’intervalle, pourtant, aucun progrès n’a été observé concernant les violations répétées par Israël de ses obligations juridiques internationales, qu’il s’agisse de l’occupation des territoires palestiniens conquis en 1967 et de l’annexion de Jérusalem-Est (condamnées par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU), de l’expansion des colonies de peuplement en Cisjordanie (en violation de la IVe Convention de Genève de 1949), de la construction d’un mur de séparation érigé, pour partie, à l’intérieur de la Cisjordanie (tracé qui ne répond donc pas à des considérations sécuritaires), de la poursuite des exécutions extrajudiciaires, ou de nombreuses autres atteintes aux règles du droit international, des droits de l’homme et du droit humanitaire.

Cela étant, nous appelons les autorités belges et de l’Union européenne à :

1. Se départir de leur posture dite « équidistante » en rappelant que le conflit n’oppose pas deux parties équivalentes mais un occupant et un occupé, et cela quels que soient les agissements de certains groupes armés palestiniens.

2. Faire l’inventaire de toutes les atteintes par Israël au droit international et, sur cette base, renoncer à tout rehaussement du partenariat avec cet État jusqu’à ce qu’il respecte ses engagements et obligations."

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jeudi 8 janvier 2009

ETES-VOUS TERRORISTE SANS LE SAVOIR?

par Françoise Simpère

          
    Je croyais être une femme aimable et
sans histoires, sans     risque d’être soupçonnée du moindre délit, je suis même incapable de voler quoi que ce soit. (J’ai essayé à 14     ans, j’ai piqué un paquet de kleenex au Prisunic, suis sortie sans encombres du magasin… et suis revenue une minute plus tard remettre les mouchoirs en place, incapable de voler. On n’est     pas fille de juge pour rien. (à propos de juge, mon père voulait être au siège, garant de l’indépendance des magistrats, alors que ceux du Parquet sont sous la dépendance hiérarchique du garde des sceaux. Remplacer les juges d’instruction par des magistrats du Parquet comme le souhaite NS n’a donc rien d’anodin, ce n’est pas qu’une simplification ou une réforme administrative, mais nous en reparlerons, je digresse…)
    Et puis, je suis tombée sur le rapport des RG au sujet de Julien Coupat, emprisonné depuis novembre comme chef présumé d’une cellule terroriste de la mouvance ultra-gauche-anarcho-libertaire qui hante les nuits de MAM tandis que sa collègue Christine Lagarde, qui trouve que le froid est une aubaine pour les soldes, rêve du petit manteau sur lequel elle va craquer …   

 

   
    Julien Coupat a été un brillant étudiant :
moi aussi ! Il a signé la pétition contre le fichier Edvige : moi aussi ! Il est     contre le fichage ADN systématique : moi     aussi ! Il vit en « communauté » avec des activistes : j’ai vécu 9 ans en ville et 6 ans à la campagne dans des communautés bourrées de militants. Il n’a pas de téléphone mobile, signe selon les RG d’une manœuvre pour éviter de se faire repérer :     j’en ai un, qu’on me reproche de laisser trop souvent fermé, et je refuse le passe Navigo parce qu’il permet     de suivre n’importe qui à la trace. (« Qu’est-ce ça peut te faire si tu as la conscience tranquille ? Par principe. Surtout que cette société basée sur la défiance et la délation du citoyen lambda, n’empêche nullement les traders fous de claquer des milliards qu’ils n’ont pas ni un Madoff de faire la plus grosse escroquerie de tous les temps)  

 

    Julien Coupat participe à la vie de son village et fréquente son bistrot : moi aussi, j’adore     passer du temps dans les cafés,  parler à des inconnus, et j’ai un ami qui écrit des livres sur les cafés. (Bars du monde, lien à     gauche). Julien Coupat a jeté dans une corbeille publique l’emballage d’une lampe frontale, et on a     retrouvé cette lampe dans sa voiture : moi aussi, quand je déballe un objet dans la rue, je jette l’emballage dans une corbeille plutôt que par terre, et on retrouve l’objet chez moi ou dans ma voiture, je ne sais pas comment faire autrement pour éviter ce geste éminemment soupçonnable. Julien Coupat était à Vichy lors du sommet organisé par Brice Hortefeux qui s’est terminé     par une manif comme les Vichyssois n’en ont pas l’habitude : j’y étais aussi, et j’ai dû     franchir un cordon de CRS pour prendre le train me ramenant à Paris ! Julien Coupat lit des     journaux et livres subversifs : moi aussi. Le Monde Libertaire, le site Bellaciao et INVENTERRE (lien à gauche), les livres de Chomsky, les publications     d’ATTAC et bien d’autres.  

 

    Julien Coupat est anticapitaliste et pense qu’il faudrait saboter ce système : moi aussi, je pense     qu’un système qui creuse les inégalités, engendre la misère, favorise la violence, saccage la planète, ne pense qu’en termes marchands, a peur des pauvres, se méfie des intellectuels, entretient le racisme et les haines communautaristes, organise l’évasion fiscale, qu’un système qui a réussi à faire du commerce des armes et de la drogue deux des trois plus gros marchés du monde (le 3è étant soit l’énergie, soit la prostitution selon les analyses) et des réseaux maffieux des interlocuteurs obligés de nombre de pouvoirs, que ce système là, donc ne rend aucunement les gens heureux et qu’il faut en inventer un autre.
   
Que faute de pouvoir le détruire d’une pichenette- car un si lourd cargo a une force d’inertie considérable, on peut le saboter de l’intérieur en vivant différemment, en se tenant à l’écart de ses arrogances et de ses égoïsmes, en essayant de construire « à côté » des îlots d’activités et de relations plus harmonieuses où le bonheur n'est pas confondu avec la consommation.
C’est ce que fait Julien Coupat, diplômé de l’ESSEC, qui après avoir eu tout loisir     d’analyser ce système capitaliste a décidé de vivre « autrement ». C’est cela le     sabotage qu’on lui reproche, puisqu’il n’y a aucune preuve tangible qu’il ait saboté des caténaires de la SNCF, et que par ailleurs, assimiler les retards de trains occasionnés à du terrorisme quand on ne sourcille pas devant les massacres quotidiens que suscitent les ambitions politiques des uns et des autres sur la planète est pour le moins exagéré. Le sabotage     du système qu’on lui reproche, c’est son indignation devant un monde qu’il ne souhaiterait pas léguer aux     enfants qu’il n’a pas encore. J’ai la même.  

     


   
    Je suis donc une terroriste et ne le savais pas.  Je change souvent d’apparence, me déguise en femme du monde ou en cueilleuse d’oursins, fricote avec des chimpanzés, rigole jusqu’à tard le soir avec des individus qui ont l’air gais, j’aime bien les gays aussi. Tout ceci est louche et je ne le savais pas.

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mardi 6 janvier 2009

Du cynisme jusqu’à la nausée

BAUDOUIN LOOS  - Le Soir Belgique -  lundi 05 janvier 2009

Le Larousse définit le cynisme comme étant le fait de « braver ostensiblement les principes moraux, l’opinion commune et les conventions sociales ». Le Littré y ajoute une notion d’« obscénité ». Dans l’affaire de Gaza, le cynisme atteint des sommets.

Il y a cynisme quand le Hamas s’évertue à viser les civils israéliens avec ses pathétiques roquettes. Et quand il agit en espérant que la réponse israélienne affectera les civils palestiniens.

Il y a cynisme quand l’Egypte du président Moubarak clôt sa frontière avec Gaza, refermant le piège sur une population palestinienne terrifiée et aux abois.

Il y a cynisme quand la présidence tchèque de l’Union européenne, pour sa première déclaration, estime que l’opération israélienne terrestre entamée samedi est d’ordre défensif.

Il y a cynisme quand les Etats-Unis bloquent par leur menace de veto une déclaration au Conseil de sécurité des Nations unies qui demandait seulement un cessez-le-feu immédiat.

Il y a cynisme quand le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, ennemi juré du Hamas, se contente de « condamner fermement » l’offensive israélienne terrestre à Gaza.

Il y a cynisme quand Israël déclare, la main sur le cœur, qu’il n’y a pas de crise humanitaire à Gaza.

Il y a cynisme quand la propagande israélienne fait passer le message que c’est le Hamas qui a brisé le cessez-le-feu alors que l’armée israélienne a fait une incursion à Gaza le 4 novembre tuant quatre militants.

Il y a cynisme quand Israël dit lutter contre le Hamas et n’a rien fait depuis la mort d’Arafat en 2004 pour soutenir Abbas, le modéré d’entre les modérés, qui se retrouve dès lors face aux siens au mieux tel un humilié, au pire tel un collaborateur.

Il y a cynisme à lancer des tracts pour dire aux Gazaouis de fuir les zones dangereuses quand ils n’ont pas d’abris où se réfugier.

Il y a cynisme à appliquer une stratégie destinée à terroriser la population de Gaza pour qu’elle se retourne contre le Hamas, comme si cette stratégie, moult fois tentée dans le passé, avait jamais fonctionné.

Il y a cynisme, enfin, quand Israël affirme que Gaza n’est plus occupée depuis l’évacuation en 2005, tandis que le territoire n’a cessé d’être encerclé et étranglé.

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samedi 3 janvier 2009

Gaza, halte au massacre

"Israël et la Palestine doivent pouvoir exister côte à côte. Chacun des états doit accepter l'existence de l'autre. Le découpage actuel du territoire n'est pas viable. Le blocus de Gaza réduit la population civile à une grande misère. L'extension des colonies juives est inadmissible, puisqu'elle tend, à terme, à éliminer la Palestine. Les déclarations du Hamas, de l'Iran et d'autres pays arabes, sur la destruction d'Israël ne sont pas tolérables non plus. La Shoah n'a pas été une abstraction...

Une intervention militaire terrestre d'Israël sur Gaza aurait des conséquences incalculables, pour Israël d'abord, car il semble que le Hamas, qui passe pour ne pas avoir d'armes efficaces, possèderait un arsenal anti-chars redoutable - et il promet un "sombre avenir à Israël" si l'attaque a lieu... Ensuite, une telle attaque mobiliserait un certain nombre de pays arabes qui n'attendent que cela pour pouvoir régler leurs problèmes internes sur le compte d'Israël (et de l'Occident en général)... La tentation d'utiliser l'arme nucléaire risque de voir le jour... "

Gaza : arrêtons le massacre" est un bon slogan, dans l'urgence c'est ce qu'il faut dire et faire, même s'il est un peu tard car les populations excédées paraissent aujourd'hui complètement gagnées au thèses du Hamas et donc à la guerre contre Israël...

La présence du CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement) dans la liste des signataires conforte dans l'idée de la pertinence des manifestations qui auront lieu aujourd'hui samedi dans plusieurs villes de France.

Jacques – 03/01/09

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Un attaque terrestre est imminente et il n'y a aucun espoir de fuite pour la population de Gaza prise en tenaille. Comment qualifier cela ?

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vendredi 2 janvier 2009

LES VRAIS VOEUX DU PRESIDENT TELS QUE VOUS NE LES AUREZ PAS ENTENDUS, ET A BON ENTENDEUR ...

par Françoise Simpère

         "Mes chers compatriotes,   

      L'année 2008 s'achève. Elle a été rude. C'est la raison pour laquelle je veux penser d'abord à ceux que la vie a durement     éprouvés, à ceux qui ont perdu leur emploi sans y être pour quoi que ce soit, à ceux qui sont victimes d'injustice, à ceux qui doivent affronter l'absence d'un être cher.     Je vous avais promis fin 2007 de conserver les emplois d’Arcelor Mittal et d’aller chercher le pouvoir d’achat avec les dents. Comme vous le constatez, je n’en ai rien fait, mais j’ai toujours toutes mes dents, il en faut dans ce fichu métier où elle ne cessent de rayer le parquet. De toutes façons, si je veux favoriser les riches, ça m’oblige à défavoriser les pauvres, j’y peux rien . Or j’ai plus d’amis riches que d’amis pauvres. C’est normal d’aider d’abord ses amis, non ?    

    Je veux penser à nos soldats qui en ce moment même risquent leur vie pour notre sécurité et pour la paix. Je veux penser à     leurs familles qui vivent     douloureusement cette séparation. Et plus encore à ceux qui pleurent un fils, un mari, un fiancé, un père. Remarquez, quand on se fourvoie dans ce bourbier infâme qu’est l’Afghanistan, faut pas s’attendre à être accueilli avec des fleurs, mais j’adore être sur tous les fronts, ça fait Maître du Monde. Enfin quand je dis sur tous les fronts… je n’y vais pas personnellement.    

      Pour tous les Français, cette année a été difficile. Pour moi, je l’ai trouvée plutôt bonne : je me suis marié avec un top-qu’elle -est -belle -j’en -reviens -pas, j’ai commandé l’Europe, j’ai fait plein de voyages super et je rentre de vacances du Brésil. C’est comme mes potes qui ont multiplié leur fortune par vingt, y a rien qui va mal pour eux. Ils ne vendent pas- pas fous !- ils attendent des jours meilleurs et licencient pour faire quelques économies. Pratiques, les licenciements motivés par la crise, on vous persuade que c’est la fatalité et ça fait tenir tranquilles ceux qui travaillent, tant ils ont peur d'être virés.    

    La crise économique et financière mondiale est venue ajouter son lot de peines et     de souffrances. Vous voyez, c’est pas notre faute, ah ah ! Pour être franc, on savait que cette spirale de spéculation mènerait à la catastrophe, mais dans la finance, on raisonne à court terme : je gagne, je mets à l’abri dans un paradis fiscal, et je pleure ensuite pour que les Etats compensent mes pertes. Ca s’appelle privatiser les gains et socialiser les pertes.  

      Chacun d'entre vous en subit les conséquences. Surtout     les pauvres et les classes moyennes, parce que nous- vous n’avez qu’à lire GALA ou Voici- on s’amuse toujours dans des soirées richissimes. Mon     copain Johnny a fait tapisser les colonnes de sa maison de Los Angeles avec du croco noir. Vous savez ce que ça coûte la peau de croco ? Non ? Moi, je peux vous le dire : c’est très cher, c’est très moche, mais ça en jette…set. Waouh, je fais des jeux de mots, j’adore ça.     

    Face à cette crise je mesure la responsabilité qui est la mienne. Cette responsabilité je l'assumerai pour que tous ceux qui en ont besoin soient protégés par l'Etat et que notre pays sorte plus fort de cette épreuve. Depuis que les difficultés sont apparues je vous ai toujours dit la vérité et j'ai agi. C'était mon devoir. La vérité, c’est ce qui est en rose, même si elle n’est     pas rose. Le discours en petits caractères bleus, c’est le discours parfait, pas une phrase çà changer, on ne peut qu’être d’accord avec, le mec qui me les rédige est vraiment un as du creux qui a l’air plein. Vous verrez, dès que j’aurai causé, les journalistes seront pleins de « Le président a délivré un message », « Le président a montré sa détermination », etc. Je me régale d’avance.   

       Le pire aurait été que, dans cette situation, chaque pays décide sans se préoccuper des autres. Les initiatives que j'ai prises au nom de la présidence française de l'Union européenne pour coordonner l'action de tous les Européens et pour réunir les chefs d'État des vingt plus grandes puissances mondiales à Washington, ont permis d'éviter que le monde s'engage sur la pente du chacun pour soi qui aurait été fatale. De même, l'immobilisme serait une faute. Putain, cette phrase, ça fait Maître de l’Univers, carrément, j’en jouis rien qu’à la     prononcer.     

    J'ai promis que les mêmes causes ne produiraient plus les mêmes effets. Et     comme le disait mon prédécesseur, les promesses n’engagent que ceux qui y croient.   

      La France a exigé des changements pour moraliser le capitalisme, promouvoir l'entrepreneur sur le spéculateur, sanctionner les excès inacceptables qui vous ont scandalisés à juste titre, pour redonner à la dimension humaine toute sa place dans l'économie. Nous obtiendrons des résultats lors du prochain sommet de Londres le 2 avril.     On aura gagné un an, puisque la crise a commencé en mai 2008, juste quand DSK affirmait qu’elle était derrière nous. De toutes façons, qui a été sanctionné parmi les patrons voyous ? Les trois dirigeants de la Caisse d’Epargne. Les autres sont en poste, les parachutes dorés sont à l'abri dans leurs comptes bien verrouillés et le petit Kerviel écrit ses mémoires, ça donnera un film sur sa vie. J’irai le voir s’il joue dedans, il ressemble trop à Tom Cruise et Tom Cruise, c’est mon copain. Vous voulez que je vous dise la vérité : les mêmes causes produisent forcément les mêmes effets, la seule différence, c’est qu’on essaiera d’être assez malins pour ne plus se faire prendre !    

    Dans une période de crise comme le monde n'en avait pas connu depuis bien longtemps, j'ai essayé de changer l'Europe. Depuis toujours j'ai la conviction que l'Europe ne doit pas subir mais agir et protéger. Avec la réponse commune à la crise financière, la résolution de la crise géorgienne, la création de l'Union pour la Méditerranée, l'accord sur le climat et l'énergie, la preuve est faite désormais que c'est possible. Ce n'était qu'un premier pas. Il faut continuer car je reste persuadé que le monde a besoin d'une Europe forte, indépendante, imaginative. Vous imaginiez quoi ? Que j’allais dire : je reste persuadé que l’Europe est un     ramassis de vieux pays sans imagination qui ne font pas le poids face à la Chine et aux pays     émergents ?   

      Les difficultés qui nous attendent en 2009 seront grandes. J'en suis pleinement conscient. Je suis plus décidé que jamais à y     faire face, avec le souci de la justice, Ne me parlez ni du paquet fiscal, ni des exonérations de charges pour les entreprises, ni du bouclier fiscal qui empêche de taxer les parachutes dorés et les revenus excessifs du capital, tout cela m’agace, ça fait frustré de sa race. Tout le monde ne peut pas être riche, sinon ça ruine la planète, et vous êtes bien écolo, non?     

    avec l'obsession d'obtenir des résultats. Après avoir préservé les économies de     chacun grâce au plan de sauvetage des banques, ce sont les emplois de tous qu'il faut désormais sauver. J’arrive à dire cela sans rire alors qu’on vient d’annoncer 63000 chômeurs de plus…   

      Le plan de relance massif de l'investissement de 26 milliards d'euros qui a été décidé y contribuera. C'est un effort considérable. Des mesures ont été arrêtées pour sauver notre industrie automobile, en contrepartie de l'engagement des constructeurs de ne plus délocaliser leur production.     Vous vous souvenez d’Arcelor Mittal qui avait promis de e pas fermer son     site ? D'autres initiatives seront prises avec le fonds souverain dont nous nous sommes dotés pour     préserver notre tissu industriel.    

    Nous serons pragmatiques, attentifs, réactifs et s'il faut faire davantage, nous le ferons mais en gardant notre sang     froid. Les difficultés, mes chers compatriotes, nous avons les moyens de les affronter. A condition d'être solidaires les uns des autres. Je ne laisserai pas les plus fragiles se débattre seuls dans les pires difficultés. Putain, dire cela alors que je viens de supprimer la prise en charge du transport des     handicapés, faut oser. Dans l'épreuve, la solidarité doit jouer sans que le travail soit découragé. C'est pourquoi j'ai voulu que soit créé le RSA, qui s'appliquera pour la 1ère fois en 2009. Désormais, chaque Français qui reprendra un travail sera encouragé, valorisé, récompensé. Et les licenciés devenus chômeurs  seront traités d’assistés, de gens qui ne veulent pas s’en sortir, de gauchistes même. Diviser pour régner, ce n’est pas moi qui l’ai inventé, mais ça marche du tonnerre. Le RSA, soyons juste, ce n’est pas moi qui l’ai voulu, c’est Martin Hirsh, et il a eu du mal à l’imposer, je vous le dis !   

      Pour nous en sortir chacun devra faire des efforts. Car de cette crise va naître un monde nouveau auquel nous devons nous préparer en travaillant plus, en investissant davantage, en poursuivant les réformes qu'il n'est pas question d'arrêter car elles sont vitales pour notre avenir. Vous aurez compris, j’espère, que ce monde nouveau dont je parle n’est ni écologique, ni fraternel, ni culturel, d’ailleurs je ne parle jamais de la culture dans mes discours, ça m’emmerde. Ce monde nouveau, c’est le même, en plus fort. D’ailleurs pourquoi aurais-je envie de changer un monde qui m’a si bien réussi ? Vous avez vu : Président de la République, je fais ce que je veux, je vais où je veux, je m’achète des avions quand je veux, je m’augmente tout seul mon salaire et j’ai une cour qui m’encense. Pourquoi voudriez-vous que j’ai envie de changer cela ?    

    Durant l'année 2009, nous réformerons l'hôpital dont les personnels sont admirables de dévouement et de compétences, la formation professionnelle indispensable pour que chacun ait la chance d'un emploi, notre organisation territoriale que tant de conservatismes ont rendu inextricables, la recherche qui conditionne notre compétitivité. En gros, on va privatiser au maximum, parce que les vieux et les malades sont un marché d’enfer. Qui mégoterait pour que pépé et mémé soient bien soignés et que le gamin leucémique bénéficie d’un traitement de pointe ? Le cancer fait vivre plus de gens qu’il n’en tue, donc ça devient un marché et je crois à la loi du marché. Le service public, c'est de la poésie pour vieilles filles idéalistes. Et puis réorganiser les collectivités territoriales sous prétexte de simplification, ça permet de transférer des pouvoirs des élus locaux sur des délégations contrôlées par des préfets… préfets directement dépendants du pouvoir central. Eh eh, la gauche qui se targue de gagner les élections locales va vite voir que ça ne  lui sert pas çà grand-chose.  

       Je pense aussi à la réforme du lycée qui est nécessaire pour éviter l'échec de     tant de nos enfants dans l'enseignement supérieur et l'injustice qui fait que tant de fils et de filles, de familles modestes n'ont pas les mêmes chances que les autres. J'ai demandé que soit pris le temps de la concertation, parce que prendre le temps de réfléchir ensemble, ce n'est pas perdre du temps pour la réforme. C'est en gagner.     En fait, ce sont les grecs     qui m’ont fait changer d’avis. La contestation étudiante, ça fait vite boule de neige, les italiens aussi     s’agitent, pas envie d’avoir un mai 68 en mars 2009! Faut calmer le jeu mais ils ne perdent rien pour attendre.    

    Je pense enfin à la réforme de notre procédure pénale si importante pour mieux protéger nos libertés individuelles, dont la     nécessité s'est faite jour plusieurs fois de façon criante durant l'année écoulée. Les     sans –papiers poursuivis jusque devant les écoles et ce pauvre type incarcéré comme     terroriste sans aucune preuve en savent quelque chose…   

      Mes chers compatriotes, toutes ces réformes, je les mènerai avec le Premier ministre François Fillon et le gouvernement, non par esprit de système mais parce qu'elles sont la condition qui permettra à la France de se faire une place dans ce nouveau monde qui se construit. Ainsi, nous deviendrons plus compétitifs, plus innovants. Et en même temps, nous préserverons les valeurs qui font notre spécificité : le travail, l'effort, le mérite, la laïcité et la solidarité, sans laquelle aucun effort n'est acceptable.     Travail, effort, mérite, ça fait trop penser à Travail, Famille, Patrie. C'est pour ça qu’on m’a conseillé d’ajouter Laïcité (alors que l’an dernier je ne jurais que par le fait religieux et le Pape !) et solidarité. J’ai accepté. Du moment qu’on ne me force pas à dire Liberté, Egalité, Fraternité.    

    Enfin, la France continuera d'agir en Afrique, en Asie, et bien sûr au Moyen Orient où je me rendrai dès lundi parce que c'est la vocation de la France de chercher partout les chemins de la paix, comme c'est dans sa vocation d'agir pour les droits de l'homme.     Mais je respecte les impératifs de marketing : Israël et Palestine, c’est très médiatique, tandis que si j’étais allé m’intéresser aux massacres de décembre en République Démocratique du Congo (400 civils tués, plus de 5 millions de victimes en dix ans) ça n’intéressait personne et ça gênait nos industriels qui exploitent là-bas les ressources du sous-sol.   

      Mes chers Compatriotes, la crise nous oblige à changer plus vite et plus     profondément. Et vous allez en chier, je vous ai prévenus dès le début de cette allocution.     La crise est une épreuve. Elle est aussi un défi. Ce défi là, je veux le relever avec vous. Vous pouvez compter sur     moi. Nous avons des atouts considérables. Il y a dans le peuple français quand il est rassemblé assez     d'énergie, d'intelligence et de courage pour que nous ayons ensemble confiance dans l'avenir. Et comme je le disais en mai 2007 : « ensemble, tout est possible. » Vous     avez vu : tout, vraiment tout. On peut même dire que la réalité dépasse tout ce que vous aviez pu imaginer.     

    Nous allons sortir renforcés de cette crise. Du fond du cœur je présente à chacun     d'entre vous mes meilleurs vœux pour 2009.   

   
   
   
   
   
   
Il ressentit un grand froid, l’impression d’être entouré de milliers de personnes dans un brouillard brouhahatique. Mais non, il n’y avait que sa tendre épouse qui lui donnait des gifles en lui souriant tendrement : « Que se passe-t-il ? Où suis-je ? »
    

    -Ne bouge pas, ne t’agite pas, Mon Mari Maître du Monde, lui dit-elle d’une voix douce. Tu as eu un malaise en commençant ton discours. Le SAMU est venu mais tu sais comme ils sont débordés en ce moment : ils t’ont injecté du Penthotal- du sérum de vérité- au lieu d’un simple calmant. Erreur pas mortelle, rassure-toi, tu es vivant.   

 

    -Putain, qu’est-ce que j’ai dit, qu’est-ce que j’ai     dit ???   

 

    La belle sourit : « Tu as dit la Vérité, mon amour, mais n’aie pas peur. C’est une allocution pré-enregistrée. On va la refaire et tu vas juste dire ton discours bleu. Bleu comme la Tour Eiffel derrière toi.   

 

    Il soupira, heureux. Personne, jamais, ne saurait la vérité.
 

 

   
 

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