samedi 5 juillet 2008
Arrêter les massacreurs !...
Ouest-France - samedi 05 juillet 2008 - François Régis Hutin
« Il faut arrêter les massacreurs ! », a proclamé un militaire lors du troisième Forum mondial des droits de l'homme qui s'est tenu, cette semaine, à Nantes. La rencontre au cours de laquelle cette phrase a été prononcée, à juste titre évidemment, analysait les rapports entre les militaires chargés du maintien de la paix et les ONG humanitaires.
Il faut arrêter les massacreurs ! On en voit bien la nécessité dans de nombreuses contrées, à commencer par le continent africain sur lequel se déroulent des guerres quasi permanentes. Guerres civiles, guerres ethniques, sous-tendues par des intérêts économiques contradictoires et par des stratégies conduites par et pour des pays étrangers, voisins ou lointains...
Ce sont surtout les populations civiles qui souffrent de ces affrontements, bien plus que les membres des milices, des armées légales ou des bandes terroristes. La plupart des nations déplore ces conflits si difficiles à résoudre qu'ils semblent renaître sous le premier prétexte venu. L'Onu s'en saisit. D'autres grands ensembles, comme l'Union européenne ou l'Organisation des États africains, apportent leur concours dans tel ou tel cas. L'efficacité n'est pas toujours au rendez-vous, loin de là !
C'est pourquoi, après la fin de ce XXe siècle, qui fut le plus sanglant de l'histoire de l'humanité, nous devons, non seulement nous interroger, mais surtout agir pour que le XXIe voie la paix s'étendre sur le monde.
Constatant que la paix ne peut s'instaurer hors des droits de l'homme, le troisième Forum mondial de Nantes démontre qu'il s'agit de tout faire pour que ceux-ci soient appliqués en tout domaine. Les thèmes abordés lors de ces rencontres en disent long sur le chemin qu'il nous faut encore parcourir pour atteindre au but : protection des défenseurs des droits de l'homme, droits de l'enfant et des femmes, premières victimes des conflits et des famines, droit à l'alimentation, accès à l'eau non polluée, enjeu du droit à la terre, dérive sécuritaire et lutte contre le terrorisme, migration et droits de l'homme en Europe et ailleurs, Europe et droit d'asile, droits des migrants, gouvernance locale et droits de l'homme -
... cessons de les armer !
On voit combien est vaste ce chantier qui conditionne la paix et concerne toute l'humanité de notre univers globalisé. Face à ces attentes, à ces urgences, il est temps de se demander pourquoi les États et les grandes organisations internationales ne sont pas plus efficaces. Comment les démocraties et leurs citoyens - c'est-à-dire nous tous - pouvons-nous nous contenter de la lenteur des évolutions positives - il y en a - ou des régressions en ces domaines - il y en a aussi - hélas. C'est le mérite du Forum de Nantes et de ses organisateurs et participants de reposer ces questions.
Il faut arrêter les massacreurs ! Bien sûr, mais il faut, sans tarder, cesser de les armer ! Nous savons, depuis les événements du Rwanda, que l'on peut massacrer des dizaines de milliers de personnes à la machette. Mais nous savons bien que la multiplication des armes à travers le monde ne fait qu'accroître le nombre des morts et des estropiés. 639 millions d'armes légères sont en circulation dans le monde aujourd'hui. Près de 60 % d'entre elles sont aux mains de civils.
La Maison des Citoyens du monde de Nantes et Amnesty International de Nantes militent en faveur d'un traité pour limiter le commerce des armes. La campagne internationale « Contrôler les armes » a contribué à la réflexion de l'Onu et au lancement de négociations pour un tel traité. Un rapport est attendu en octobre 2008. Encore faudra-t-il, pour avancer en ce domaine, que les États fabricants et vendeurs d'armes en tiennent compte. Il serait à l'honneur de la France de prendre la tête d'un tel mouvement.
La Poste sera-t-elle une société anonyme ?
Ouest-France – 5 juillet 08 –
La Poste en vie de privatisation ? "Rien n'est décidé", selon le ministère de l'Economie.
L'établissement public réfléchit à un changement de statut. De manière à permettre une ouverture de son capital. Tollé syndical.
Avec 300 000 salariés, c'est la plus grosse entreprise française. La Poste, établissement public, est-elle en passe de se transformer en société anonyme ? Le Monde indique, ce samedi, que ce projet « est élaboré depuis plusieurs mois dans la plus grande discrétion ». La Poste a confirmé une réflexion en cours.
L'adoption d'un nouveau statut est présentée comme une nécessité pour faire face à la libéralisation totale du marché du courrier, prévue en 2011. La Poste pourrait alors ouvrir son capital. Y compris à ses salariés.
« Rien n'est décidé », a répondu le ministère de l'Économie. « Il est normal de réfléchir à l'avenir de La Poste. Mais, à l'heure actuelle, il n'y a aucun calendrier ou décision de prise », souligne-t-on à Bercy. Et d'assurer : « Quoi qu'il arrive, les missions de service public seront maintenues. »
Les réactions syndicales n'ont pas tardé. La CGT brandit la menace d'une « privatisation de l'entreprise qui n'aurait alors plus rien à voir avec le service public ». Et de redouter des milliers de suppressions d'emplois. Même analyse pour le syndicat Sud, qui condamne « avec la plus vive énergie tout projet de changement de statut ». La CFDT dénonce « un coup de force ».

Scrutins nationaux : Davantage d'erreurs dans les bureaux de vote électronique (étude)
AFP 08.07.08 | 17h12
Une étude, réalisée par une chercheuse du laboratoire d'informatique de Nantes-Atlantique et portant sur les trois derniers scrutins nationaux, pointe un nombre "d'erreurs" plus élevé dans les bureaux utilisant des ordinateurs de vote que dans les bureaux traditionnels.
Cette étude, rendue publique mardi, et conduite par Chantal Enguehard en relation avec l'Observatoire du vote, est la première recherche quantitative sur la dématérialisation du vote dans les élections politiques en France.
Elle a été menée à partir de données provenant de 20.051 bureaux de vote, dont environ un tiers pratiquant le vote électronique, dans 46 communes de référence, dont 24 utilisant des ordinateurs de vote, lors des dernières présidentielle (1er et second tour), législatives (1er tour) et municipales (1er tour).
L'étude montre en premier lieu que le nombre de bureaux "en erreur", c'est-à-dire où le nombre de votes n'est pas égal au nombre d'émargements, est bien plus élevé parmi ceux qui utilisent les machines à voter que dans ceux qui ont recours à l'urne traditionnelle.
Globalement, sur les quatre tours d'élections étudiés, on relève ces erreurs dans 29,8% des bureaux procédant au vote électronique et dans 5,3% de ceux utilisant l'urne.
Lors du premier tour de la présidentielle, on mesure ainsi 3,9 fois plus de bureaux en erreur pour le vote électronique par rapport au vote à l'urne. Ce rapport monte à 7,5 pour les législatives et à 7,8 pour les municipales, selon l'étude.
Autre enseignement, l'ampleur des erreurs est plus importante pour le vote électronique: par exemple, plus de 7,3% des bureaux électroniques dépassent un taux d'erreur de 3, contre 0,4% des bureaux traditionnels.
Selon l'étude, la multiplication des scrutins n'entraîne pas une plus grande fiabilité du vote électronique: malgré la meilleure expérience qu'en ont les électeurs, les taux d'erreur du vote électronique restent toujours très supérieurs à ceux du vote à l'urne.
En outre, le taux d'erreur est plus élevé dans les bureaux qui enregistrent le moins d'émargements à l'heure.
L'étude met enfin l'accent sur le fait que la centralisation des résultats en mairie est elle-même source d'erreurs, certaines mairies ne faisant même pas état des écarts entre votes et émargements constatés dans les bureaux, d'autres "rectifiant" même les résultats pour les faire disparaître.
Des procédés qualifiés de "choquants" par Mme Enguehard, qui demande que ses travaux soient complétés par une étude de plus grande envergure. Son étude sera présentée au ministère de l'Intérieur, au Conseil constitutionnel et à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
Les indégivrables - Mécontentement

Rembourser moins pour pouvoir dépenser plus...

Patrick de Carolis en disgrâce
Placide - http://www.leplacide.com/

Dessin - Démission Patron de l'armée de terre
Marianne 4 Juillet 2008

Question à 8 milliards € : où va l’Aide Publique au Développement ?

Association survie *janvier 2008
Avec 8,2 milliards d’euros alloués en 2006 au titre de l’aide publique au développement (APD), la France se classe au quatrième rang des pays de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques) et au premier rang des pays du G8 en terme de contribution rapportée à son PIB (0,47% en 2006). J. Chirac avait même promis 0,5% en 2007 et 0,7% en 2012, l’objectif fixé par la communauté internationale en 1970. Finalement, l’APD française tournera autour de 0,43% en 2007 et 2008 et Nicolas Sarkozy a repoussé l’objectif des 0,7 % à 2015.
Dans les instances diplomatiques, on n’en finit pas de redécouvrir l’importance du financement du développement, de la lutte contre la pauvreté et la France est souvent au premier rang des donneurs de leçons de vertu. Après le Président Chirac, initiateur (parmi d’autres) de la nouvelle taxation internationale sur les billets d’avion, ce fut au tour de Nicolas Sarkozy de plaider pour un « nouvel ordre mondial » lors d’un discours prononcé à l’ONU le 25 septembre 2007. « Les pauvres et les exploités se révolteront un jour contre l’injustice qui leur est faite » affirmait le président français.
La réalité oblige pourtant à une lecture critique du tableau « idyllique » des engagements français en matière de solidarité internationale. Sur les montants d’abord. Si on exclut la partie allouée aux « opérations de rééchelonnement de la dette des pays du Sud », qui souvent ne permet pas de dégager de l’argent frais dans les pays récipiendaires et qui est en grande partie la résultante de prêts antérieurs contractés en toute irresponsabilité avec des régimes illégitimes et corrompus, l’APD française n’augmente pas. Elle diminuerait même sensiblement (- 90 millions de 2004 à 2005). De plus, le contenu même de l’enveloppe réserve quelques surprises. Elle contient par exemple les frais de bourses accordées aux étudiants étrangers, les coûts administratifs relatifs à l’accueil des demandeurs d’asile, des financements accordés aux territoires d’outre-mer ainsi que des programmes dédiés à la promotion de la francophonie et au rayonnement culturel de la France dans le monde. En définitive, moins de 55% de l’APD seraient constituées de programmes sectoriels ou d’assistance technique, dont la moitié seulement allouée aux pays les moins avancés.
Plus généralement, cette APD française s’inscrit dans une politique de la France en Afrique qui est contestable dans ses objectifs et souvent incontrôlable :
- cette politique continue à se décider à l’Elysée, avec un contrôle insuffisant du Parlement
- elle maintient au pouvoir des régimes dictatoriaux et corrompus, peu soucieux du bien être de leur population et qui détournent bien souvent l’aide dont leur pays bénéficie
- elle est incohérente avec ses objectifs déclarés de solidarité internationale dans sa gestion de la dette des pays pauvres, dans sa politique agricole et dans sa politique au sein des institutions internationales telles que la Banque Mondiale, le FMI (Fond Monétaire International), l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce)...
- elle a permis aux réseaux de la « Françafrique » de s’intégrer dans les réseaux internationaux aux tendances mafieuses qui ont pour vecteurs la spéculation sur les dettes des pays du Sud, le mercenariat, les ventes illégales d’armes, le pillage des ressources africaines et la criminalité internationale.
Il est donc nécessaire de réformer le dispositif de coopération française au développement, au-delà des timides réformes institutionnelles de 1997 et 2004, et de proposer et appliquer une nouvelle politique extérieure de la France, plus responsable et plus transparente. Ce sont bien les fondements et la légitimité de notre relation avec les pays africains qui doivent se poser à nous aujourd’hui. Conduite à terme, cette réflexion conduirait sans doute à ternir l’image d’Epinal de « la France, amie et bienfaitrice de l’Afrique ».
En effet si l’on décortique les statistiques économiques, on s’aperçoit que l’argent versé par la France au titre de l’aide est peu de choses en comparaison avec les rapatriements des multinationales, l’argent des trafics menés en Afrique ou même les transferts des migrants africains résidants en France.
Le phénomène est identique au niveau mondial où la charité et la générosité affichée par les grandes puissances, qui aiment afficher leur compassion pour le continent africain, est au final bien peu de choses en comparaison à ce que ces dernières font ou ont fait subir à l’Afrique : exploitation des richesses, dette, accords commerciaux iniques, plans d’ajustements structurels et schémas néolibéraux imposés, etc. S’intéresser aux dessous du financement du développement revient donc souvent à tordre le cou à bon nombre d’idées reçues dont la première et la plus répandue est l’affirmation selon laquelle les pays du Nord et la France en particulier « aident » l’Afrique.
Nos revendications :
Repenser les fondements du financement du développement :
Passer du concept d’aide publique au développement à une redistribution des richesses à l’échelle mondiale, aux contours redéfinis conjointement avec les pays et les populations bénéficiaires, et favorisant l’accès de tous aux biens publics
Recentrer la politique française de financement du développement sur la lutte contre la pauvreté et le respect des droits humains, en commençant par consacrer au minimum 20% de ses moyens au financement des services sociaux de base (comme elle s’y est engagée en 1995)
Promouvoir la création d’une fiscalité internationale par la création de taxes mondiales
Elaboration de règles du jeu équitables et transparentes à l’endettement international en substituant au Club de Paris un tribunal international de la dette impartial
Lutter contre la corruption et assainir la politique de la France en Afrique
Mise en place d’un « service diplomatique minimum » et suspension de la coopération dans les secteurs régaliens avec les régimes autoritaires et corrompus
Annulation des dettes odieuses et restitution, par la France et par les États européens aux pays spoliés, des biens mal acquis par les dictateurs
Remise en cause du franc CFA, qui assujettit les politiques économiques des États africains
Obliger les compagnies, notamment dans le secteur extractif (pétrole, gaz et ressources minières) à publier, de façon systématique et transparente, le montant des taxes et redevances de toute nature qu’elles versent aux Etats des pays dans lesquels elles sont présentes
Mettre un terme au scandale des paradis fiscaux et judiciaires, en empêchant les banques et les entreprises de les utiliser à des fins d’évasion fiscale ou de corruption
* Survie est une association (loi 1901) qui mène des campagnes d’information et d’interpellation des citoyens et des élus pour une réforme de la politique de la France en Afrique et des relations Nord-Sud.
JAPON - Le G8 n'est pas encore ouvert, mais Toyako a déjà hâte que ça se termine
Actualités Japon 4/7/2008 à 9h58 par Miwa SUZUKI (AFP)

La petite station thermale de Toyako nichée dans les montagnes du nord du Japon se prépare à accueillir la semaine prochaine le sommet du G8, mais ses habitants ont déjà hâte que tout soit terminé pour retrouver le calme de leur bourgade. Des bannières souhaitant la bienvenue aux dirigeants du monde entier décorent les rues de la ville, quadrillée par des milliers de policiers venus de tout le Japon en prévention d'une attaque terroriste.
"Dans cette petite bourgade, on voit rarement la police. Aujourd'hui, si on jette une pierre en l'air, elle a de grandes chances de retomber sur un policier", commente sur un ton grinçant Takahiro Ano, agriculteur de 33 ans.
"Et j'ai entendu dire que le nombre de policiers allait encore augmenter à mesure qu'on approche du sommet. Qu'on nous fiche la paix!"
Quelque 21.000 policiers vont être déployés à Toyako et ses environs pour la durée du sommet, qui se tiendra du 7 au 9 juillet en présence des dirigeants des huit pays les plus riches de la planète, dont le président américain George W. Bush, ainsi que ceux de 15 autres nations invitées.
Toyako, baignée par les eaux du lac Toya au pied du mont volcanique Usu, ne compte que 10.700 habitants. Le sommet se tiendra dans un hôtel de luxe qui domine le lac depuis le sommet d'une colline.
Takahiro Ano possède également un bar dont le nombre de consommateurs a chuté de près de 40% en un mois.
"Avec tous ces policiers qui patrouillent les rues, les gens n'ont pas vraiment envie de sortir et d'aller boire un verre", se plaint-il. "Je trouve ridicule de s'exciter à propos de ce sommet".
Les employés d'hôtels disent aussi que le nombre de touristes a baissé en raison de la forte présence policière.
"La dernière fois que j'ai pris ma voiture en ville, j'avais des policiers à moto devant et des voitures de police derrière. C'était comme si j'étais dans un cortège officiel", a raconté un restaurateur. "Aujourd'hui, c'est la ville la plus sûre du monde".
Une vendeuse d'une boutique de souvenirs, qui ne veut pas donner son nom, supporte mal l'omniprésence policière.
"Ce sommet, c'est plutôt une nuisance. La police est partout, interroge les gens et inspecte les voitures", dit-elle. "Je sais qu'ils font leur métier, mais je trouve insupportable qu'ils me surveillent."
Mais certains veulent quand même croire à des retombées positives sur la ville, comme pour les jeux Olympiques.
"C'est vrai que les touristes boudent notre ville pour l'instant", reconnaît Yoshitaka Kaneyoshi, 73 ans, qui organise des promenades en bateau sur le lac.
"Mais nous devons être reconnaissants à la police, car si une attaque terroriste survenait, le monde penserait que c'est un endroit dangereux", explique-t-il.
Il compte bien sur le sommet pour attirer à nouveau les touristes à Toyako, qui avaient fui l'endroit après l'éruption volcanique du mont Usu il y a huit ans.
Pour l'instant, ce sont surtout les policiers qui occupent le camping voisin de Toyoura où quelque 70 tentes vert olive ont été dressées aux côtés de 30 véhicules des Forces d'autodéfense terrestres, l'armée japonaise.
Les policiers sont également en état d'alerte à la station de ski de Rusutsu, où sera installé le centre de presse international.
Akimitsu Sasaki, 44 ans, qui travaille pour une coopérative agricole locale, affirme n'avoir jamais vu autant de policiers.
"On a planté des fleurs pour le sommet, mais l'événement n'a rien à voir avec nous. Les journalistes ne s'intéressent pas à nous de toute façon", regrette-t-il.
vendredi 4 juillet 2008
Enfin une bonne nouvelle pour Nicolas Sarkozy
Ouest-France 4 juillet 2008 Extraits
La libération d'Ingrid Betancourt tombe bien pour redorer l'image présidentielle et corriger les effets d'une agressivité retrouvée qui laisse perplexe.

... mais il est directement responsable de ses déboires quand il désigne l'armée tout entière, déjà ébranlée par une réforme au pas de charge, comme responsable du drame de Carcassonne.
Quand il annonce, au mépris du travail de la commission Copé dont il n'a pas ouvert le rapport, qu'il nommera lui-même le patron de France-Télévisions.
Ou quand il savonne, pour le précipiter vers la porte, la planche d'un Patrick de Carolis très apprécié des téléspectateurs.
Épaulé par le savoir-être de Carla, Nicolas Sarkozy avait fini par enrayer la spirale de l'impopularité.L'esprit de provocation qui l'anime à nouveau laisse perplexe. Son goût de la bagarre inutile l'expose à des dérapages qui n'en valent pas la chandelle.
Son obstination brutale à faire de tout sujet sa chose multiplie les contrariétés. Dans l'opinion. Dans sa majorité. En Europe. Il n'est pas certain qu'une récupération ostentatoire de l'affaire colombienne, dans laquelle Jacques Chirac, Dominique de Villepin ou Bertrand Delanoë se sont aussi impliqués, suffise à faire oublier les malheurs présidentiels.

