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samedi 28 juin 2008

Site littéraire Nouvel Obs : Attention, députés dangereux

Le site littéraire du Nouvel Obs

La tendance de Jérôme Garcin

            

Attention, députés dangereux

Par Jérôme Garcin

Retenez bien ces deux noms: Christian Kert et Jean Dionis du Séjour. Ils sont dangereux. Le premier est député UMP des Bouches-du-Rhône. Il a lutté autrefois contre la pollution de l'air, il travaille aujourd'hui à la contamination de la bêtise. Le second est membre du Nouveau Centre et député du Lot-et-Garonne. Il a été ingénieur à la Caisse des Dépôts, il oeuvre désormais pour le dépôt de bilan des librairies. Ni l'un ni l'autre ne doivent beaucoup les fréquenter, ces librairies que la loi Lang, votée en 1981, a sauvées de la faillite comme elle a empêché le livre d'agoniser à la manière, longue et douloureuse, du disque.

Les deux Bouvard et Pécuchet du discount ont déposé, il y a un mois, un amendement prévoyant de réduire de deux ans à six mois le délai avant lequel il est impossible de pratiquer sur le prix des livres un rabais supérieur à 5%. Au nom de la féroce économie de marché, ils rêvent donc d'une braderie généralisée et d'une solderie sans pitié. Ils veulent voir les best-sellers étouffer les oeuvres littéraires, qui ont besoin de temps et d'espace. Ils sont las d'une démocratie culturelle qui permet à chacun, où qu'il habite, d'avoir accès au même livre au même prix. Ils espèrent que les grandes surfaces et les géants de la vente en ligne triompheront des librairies indépendantes; que la logique du profit terrassera le développement durable de la création. L'exception culturelle leur donne des boutons et la littérature les ennuie. Ils pensent que Marc Levy et Eric-Emmanuel Schmitt suffisent à l'appétit de lire des Français.

A l'inconscience, ils ajoutent le mépris. Car seuls les auteurs de romans savonnettes profiteraient d'un marché libéré de la loi Lang et livré à la concurrence sauvage. La ministre Christine Albanel, qui veut «pouvoir découvrir les Nathalie Sarraute de demain», plaide pour le maintien du prix unique et désavoue les deux députés. Elle prouve ainsi qu'elle ne solde pas sa fonction, sa mission.

Source: «le Nouvel Observateur» du 26 juin 2008.

Tout notre dossier sur la loi Lang, la loi qui a sauvé le livre

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Complot anti-traité de Lisbonne: Jean-Pierre Jouyet contre «Dr No»

Marianne 27 Juin 2008

Pour camoufler le fond du malaise vis-à-vis de la construction européenne, le Monsieur Europe de la Sarkozie sort un joker digne de James Bond : une «Irish connection» transatlantique et anti-européenne aux moyens considérables.

Après les cigares explosifs de Fidel Castro et la cellule 11 septembre de la CIA, voici le nouveau complot à la mode : Libertas, la conspiration contre le traité de Lisbonne ! Invité sur France info vendredi 27 juin en clôture d'une semaine sur la crise suite au «non» irlandais, Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire d'État aux Affaires européennes ne cachait pas son inquiétude face aux «ennemis puissants» de l'Europe. Alors qu'on l'interrogeait sur des preuves d'ingérence américaine, ses paroles se sont voilées d'inquiétude : «cela mériterait d'être approfondi, mais des informations provenant d'amis irlandais m'ont fait remarquer les financements considérables dont a bénéficié la campagne pour le non en Irlande.»

La conspiration Libertas
L'agent 0027 Jean-Pierre Jouyet a ainsi évoqué la forte communauté irlandaise des États-Unis ainsi que
l'organisation Libertas et ses «relais danois». La campagne référendaire irlandaise a certes été marquée par les interventions de l'infatigable David Cochrane, porte-parole de ce think tank souverainiste. Mais celui que vise Jouyet, c'est son grand ennemi, le «Dr No» du traité de Lisbonne : le très influent président de Libertas Declan J. Ganley, PDG de Ganley Group and Companies.

La com au secours de l'Europe
Évoquant également les médias anglo-saxons euro sceptiques, Jouyet a laissé entrevoir les représailles des services de sa Majesté Sarkozy durant la présidence française de l'Union européenne : «Nous organiserons un maximum de manifestations citoyennes : la présidence est une occasion pour les Français de mieux comprendre l'Europe.»

Imparable botte secrète : la communication ! Nul doute qu'avec ça se dissipera le «malaise à l'égard de l'Union», pointé par le secrétaire d'État, et que l'UE se fera «plus proche des citoyens.» Il serait tout de même bon de surveiller ce défenseur de l'Europe de près : vu le manque d'ambition qu'il met à la tâche, on va finir par découvrir que c'est un agent double...

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Dessin de Pancho : avenir télévisuel

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Les Indégivrables ...

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vendredi 27 juin 2008

Etats-Unis : la Cour suprême affirme le droit à posséder des armes à feu

LE MONDE | 27.06.08 Corine Lesnes

La Cour suprême des Etats-Unis a affirmé solennellement le droit individuel des Américains à posséder des armes à feu. Dans une décision jugée historique, et dont s'est amplement réjouie la National Rifle Association (NRA, le lobby des armes), la Cour a invalidé, jeudi 26 juin, l'interdiction des armes de poing qui était en vigueur depuis 1976 dans la ville de Washington, une mesure qui avait le soutien des trois quarts des habitants.

"Nous sommes conscients du problème lié à la violence des armes de poing dans ce pays, et nous prenons très au sérieux les préoccupations soulevées par de nombreux amis de la Cour qui croient que l'interdiction de posséder une arme de poing est une solution. La Constitution [permet] certaines mesures pour réguler les armes de poing (…). Mais l'affirmation des droits constitutionnels supprime nécessairement certains choix politiques [dont] l'interdiction absolue de la possession et de l'utilisation des armes de poing en cas d'autodéfense dans son lieu de résidence. Indiscutablement, certains pensent que le 2e amendement est démodé dans une société où notre armée est la fierté de la nation, où les forces de police assurent une sécurité individuelle et où la violence des armes est un sérieux problème. 

Cela est très certainement discutable, mais ce qui n'est pas discutable, c'est que ce n'est pas le rôle de cette Cour de prononcer la fin du 2e amendement."

Par 5 voix contre 4, la Cour a affirmé que le 2e amendement "protège le droit d'un individu à posséder une arme, indépendamment du service dans une milice, et à utiliser cette arme dans un but légal, tel que l'autodéfense à domicile". C'est la première fois depuis 1939 que les neuf juges se penchent sur la signification du 2e amendement à la Constitution, dont la rédaction suscite depuis un siècle des divergences d'interprétation. C'est aussi la première fois dans l'histoire qu'ils en livrent une lecture en profondeur. A une virgule près, le droit des citoyens à posséder des armes peut être compris comme un droit collectif (celui des milices) ou comme un droit individuel.

Au nom de la majorité, le juge Antonin Scalia a néanmoins souligné que "comme la plupart des droits, le 2e amendement n'est pas sans limites. Il n'est pas le droit de posséder et de transporter n'importe quelle arme de n'importe quelle manière et dans n'importe quel but".

L'opinion de la Cour ne doit donc pas remettre en question l'interdiction de vendre des armes aux criminels ou aux personnes souffrant de troubles mentaux, ni les lois interdisant le port d'arme dans les écoles ou les édifices gouvernementaux.

Les partisans du contrôle des armes savaient qu'ils n'avaient pas la partie facile, alors que le 2e amendement est désormais interprété comme un droit individuel par la majorité de la population (72% des Américains sont de cet avis, selon un sondage du Washington Post publié en mars), bien que les tribunaux fédéraux se soient généralement prononcés en sens inverse.

La portée de cette opinion, que la Cour avait gardée pour le dernier jour de sa session, a pu être évaluée dans le quart d'heure qui a suivi lorsqu'une plainte a été déposée contre une interdiction similaire à Chicago. A San Francisco, les avocats se préparaient à une action en justice dès vendredi matin. Les villes de New York et de Philadelphie, qui ont mis en place des restrictions du même ordre, s'attendent aussi à des contestations en justice.

A chaque fois, les mêmes logiques s'affrontent. Les uns affirment que la prolifération des armes à feu entraîne un nombre disproportionné de décès par arme à feu (plus de 30 000 chaque année; 58% par suicide, 40% par homicide, 2% par accident). Les autres estiment que le port d'arme est une dissuasion et qu'il est scandaleux de priver les habitants des quartiers où sévit la violence de moyens de se défendre.

Le maire de Chicago, Richard Daley, a très mal pris la décision de la Cour. "Est-ce que cela nous conduit à ce que tout le monde ait une arme dans cette société? S'ils pensent que c'est la réponse, alors pourquoi ne nous débarrassons-nous pas des tribunaux et ne retournons-nous pas à l'Ouest sauvage? Vous avez un fusil, j'ai mon fusil, et on règle cela dans la rue! Nous nous prenons pour une société tellement évoluée… Mais le reste du monde se moque de nous", a-t-il dit.

Dans son opinion dissidente, le juge Breyer a estimé que la décision de la majorité "semait le doute sur la constitutionnalité de toutes les mesures de contrôle des armes à feu". Les juristes interrogés par le New York Times pensent cependant que la plupart de ces recours devraient être déboutés. La décision de la Cour permet aux instances locales d'imposer certaines restrictions.

Selon la Cour, les armes "dangereuses et inhabituelles" peuvent aussi être interdites. Aucune définition précise n'est donnée par le juge Scalia, mais les spécialistes s'accordent à penser que cette catégorie inclut les fusils d'assaut, dont l'interdiction fait l'objet d'une bagarre entre républicains et démocrates.

A Washington, la décision de la Cour a causé une réelle déception, notamment pour le maire Adrian Fenty, qui en avait été réduit il y a dix jours à imposer des check-points dans le quartier de Trinidad, au nord-est du Capitole, à la suite d'un week-end endeuillé par huit meurtres.

Lamentable ! Un permis de tuer pour tout citoyen dans l'amérique catholique et puritaine qui pourchasse les forces du mal à l'étranger ! Le lobby des armes, celui des semenciers, celui des banques et des laboratoires, la voila bien la mondialisation libérale …

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L'éolien domestique a le vent en poupe

Ouest-France – 27/06/08 - Serge POIROT

Ils sont de plus en plus nombreux à vouloir produire eux-mêmes leur énergie. Dans nos régions ventées, l'éolien a de quoi séduire. Même si le calcul économique reste encore un pari.

Dans l'ombre des éoliennes géantes, qui génèrent (pour l'heure) plus de passion que d'électricité, d'autres, discrètes et silencieuses, commencent à trouver leur place. Combien sont-elles ? Difficile de le savoir : en dessous de douze mètres de haut, elles échappent à toute obligation de déclaration. Mais il suffit d'ouvrir l'oeil pour les voir fleurir, ici sur le parking d'une entreprise, là au fond d'un jardin.

C'est parce qu'ils voulaient « être le plus autonomes possible en énergie » que les Le Guennec-Thoreux ont fait ce choix : un petit aérogénérateur de 3 kilowatts perché en haut d'un mât de onze mètres, planté dans leur jardin, à Créhen (Côtes-d'Armor). Ils avaient aussi le souci d'une vie plus respectueuse de l'environnement. Et puis l'idée, qu'un jour, cela permettrait peut-être de faire quelques économies.

« Quand elle tourne, on est de bonne humeur »

Un an et demi plus tard, « l'éolienne fait partie de la famille », sourit Gaëlle, la maîtresse des lieux. Son mari aurait voulu l'avoir devant les fenêtres du salon, pour le plaisir de la regarder tourner. Elle l'a convaincu de l'implanter dans la partie plus ventée du vaste terrain, au bord d'un champ de maïs. L'hélice, qui démarre à la moindre brise, rythme désormais la vie familliale. « Quand on se lève le matin, s'il y a du vent et qu'elle tourne, on est de bonne humeur. Si elle est orientée plein est, alors il va faire beau. »

L'éolienne alimente tout le circuit électrique, à l'exception du chauffage et du chauffe-eau. Le problème du vent, c'est qu'il ne souffle pas toujours quand on en a besoin. Certains se connectent au réseau EDF pour revendre leur éventuel surplus. Chez Le Guennec-Thoreux, on a préféré l'accumuler dans des batteries, cachées au fond du garage. « On gère les stocks, explique Gaëlle. Avant de faire une lessive, je regarde la charge des batteries. »

Avantage écologique : « Ça rend palpable la consommation d'énergie, on en est beaucoup plus conscient. » Inconvénient : les batteries au plomb ont une durée de vie limitée. Et quand elles sont chargées à plein, l'éolienne tourne à vide.

Elle en a fait son métier

« On essaie de ne pas gaspiller, mais on ne veut pas sacrifier notre confort », assure Gaëlle. Du sèche-linge aux radiateurs électriques, la grande maison en bois, toute neuve, est largement équipée. Mais les ampoules sont basse consommation et la télé ne reste jamais en veille.

Convaincue que le petit éolien a le vent en poupe, Gaëlle Le Guennec en a fait son métier. Elle est devenue la représentante, pour la Bretagne, de France Éoliennes, le fabricant-installateur d'Orléans qui lui a vendu sa machine. En dix-huit mois, elle a réussi à placer soixante générateurs dans la région. Clients : des particuliers, des agriculteurs, des entreprises, des communes. « Ça fait boule de neige », dit-elle. Avec les quatre commerciaux qu'elle vient de recruter, elle espère dépasser les 150 installations, dans l'année à venir.

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L'Europe baisse la garde sur les OGM

Ouest-France – 27/06/08 - Luc VERNET.

Bruxelles veut fermer les yeux sur les petites contaminations par des transgéniques interdits. Malgré les incertitudes pour la santé et l'environnement.

L'image de cargaisons de maïs consignées dans les ports, pour cause de contamination par des OGM interdits, devrait bientôt appartenir au passé. C'est ce que souhaite la Commission de Bruxelles. Elle est convaincue qu'il n'est plus possible de perturber des pans entiers de l'économie agricole pour de simples traces de transgéniques. Même si leur impact sur la santé ou l'environnement n'a pas encore été évalué.

Elle compte proposer, « avant l'été » , aux pays de l'Union européenne, une « solution purement technique » pour éviter que de telles situations se reproduisent trop souvent. C'est ce qu'indique un document interne de l'exécutif européen.

Un « seuil de détectabilité » serait fixé à 0,1 %. Il serait considéré comme le zéro des appareils de laboratoire. En outre, les services bruxellois indiquent qu'en raison des « incertitudes liées à l'échantillonnage et aux analyses », les Vingt-Sept devraient multiplier le seuil par 2 ou 3 avant de demander aux douanes de passer à l'action. Ce qui porterait le niveau de tolérance à 0,2 %, voire 0,3 %.

Si limitée soit-elle, cette marge de manoeuvre permettrait aux États-Unis, au Brésil ou à l'Argentine de poursuivre leurs exportations sans trop de risque, au moins à court terme. La dépendance des élevages européens aux importations de maïs et de soja en provenance du continent américain est telle, justifie la Commission, qu'il ne sera bientôt plus possible de garantir leur approvisionnement sans fermer un peu les yeux sur les transgéniques.

Elle rejoint donc la position des éleveurs et de l'industrie agroalimentaire, qui évaluent à plusieurs dizaines de millions d'euros les pertes liées à la « tolérance zéro » pratiquée par le Vieux continent à ses frontières, dès qu'il s'agit d'OGM. Et, fait remarquer une lobbyiste pro-OGM, « on accepte jusqu'à 2 % d'excréments de rat ou de cailloux dans les produits agricoles »... !

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L’incitation au cumul emploi-retraite inquiète les syndicats

FRANÇOIS WENZ-DUMAS - Libération - vendredi 27 juin 2008

Des mesures - dont celle, polémique, du cumul emploi-retraite - et une table ronde sur l’emploi des seniors : le grand «rendez-vous» de 2008 prévu par la réforme des retraites votée en 2003 aura été vite expédié !

Réunis hier à Bercy, les partenaires sociaux ont compris, en écoutant les ministres du Travail (Xavier Bertrand), de l’Economie (Christine Lagarde) et le secrétaire d’Etat à l’Emploi (Laurent Wauquiez), que le gouvernement n’irait pas beaucoup plus loin dans la concertation.

Cumul. Le 28 avril, il avait remis aux partenaires sociaux un document où figuraient ses propositions :

passage à 41 annuités de cotisations,

suppression des mises à la retraite d’office,

taxation des préretraites,

suppression progressive, d’ici à 2011, de la dispense de recherche d’emploi pour les chômeurs âgés

et, surtout, le cumul entre un emploi et la retraire.

Hier, les ministres ont confirmé les grandes lignes de ce plan de «mobilisation pour l’emploi des seniors». Xavier Bertrand a juste promis qu’il les reverrait «avant l’été» sur la question, «plus large», des retraites.

Les réactions syndicales ne se sont pas fait attendre. En facilitant le cumul emploi-retraite, le gouvernement va provoquer «un dumping sur le niveau des salaires des seniors, au détriment de l’emploi des jeunes» , estime la CFDT. «Dans ce plan, il y a finalement deux parties qui sont elles-mêmes contradictoires, analyse Jean-Christophe Le Duigou (CGT). La première, qui nous intéresse a priori, est la prévention du risque de licenciement pour les salariés âgés, avec l’idée de contrats dans l’entreprise ou dans la branche et de sanctions éventuelles. On ne comprend pas d’ailleurs qu’on ne nous fasse pas ça plus vite, plus tôt.»

Le plan gouvernemental prévoit d’obliger les entreprises de plus de 300 salariés à négocier des accords sur la gestion des âges sous peine de se voir appliquer une cotisation additionnelle pour l’assurance vieillesse. «Mais la deuxième partie est totalement en contradiction avec ça, poursuit le responsable cégétiste. C’est une série de mesures visant à inciter les salariés proches ou ayant atteint l’âge de la retraite à cumuler une activité avec leur retraite.»

Pour faciliter ce cumul, le gouvernement veut lever toutes les restrictions qui subsistent encore, notamment le délai de carence de six mois et le plafond de 1,6 Smic qui serait supprimé.

Autre mesure controversée : la suppression de la dispense de recherche d’emploi. Depuis 1984, un chômeur n’est plus obligé, à partir de 57 ans et demi, d’apporter à l’ANPE la preuve qu’il recherche un emploi. Cette dispense concerne actuellement 400 000 personnes. Au 1er janvier 2009, elle ne s’appliquerait qu’à partir de 58 ans, à 59 ans au 1er janvier 2010 et à 60 ans au 1er janvier 2011.

Surcote. Enfin, le plan prévoit d’améliorer la surcote applicable aux salariés qui poursuivent leur activité après 60 ans. Elle passerait à 1,25 % par trimestre supplémentaire, soit 5 % par an au lieu de 3 %.

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L’Etat déménage le territoire

Didier Pourquery – Sibylle Vincendon - Libération - vendredi 27 juin 2008

Vivre et travailler au pays. A l’heure de la mondialisation et des migrations planétaires ce mot d’ordre des années 70 peut paraître démodé.

Mais il ne l’est pas. Les Français ont le droit de choisir de vivre près de leurs racines ou de revenir «au pays». Après tout, cela fait vingt-cinq ans que les politiques de tout bord leur vantent les beautés de la décentralisation. Et qu’ils entendent des discours lénifiants sur la qualité de vie de la province.

Seulement l’Etat n’a pas joué le jeu. D’une part, il ne respecte pas ses engagements vis-à-vis des régions en matière de transferts de moyens budgétaires. D’autre part, dans sa folie rationalisatrice, le voilà qui supprime partout des hôpitaux, des tribunaux, des casernes. Ajoutons à cela, des bureaux de postes qui ferment et des dessertes ferroviaires qui disparaissent. Nous voici revenus quarante ans en arrière, lorsque l’on dénonçait le désert français et qu’on inventait l’aménagement du territoire.

Nous vivons aujourd’hui le déménagement des territoires et cette sensation d’abandon est encore aggravée par l’inflation des coûts de transport lié à la flambée du pétrole, qui rend la mobilité coûteuse… Et par les débats souvent byzantins, mais très médiatisés, sur le projet du Grand Paris.

Au moment où le gouvernement veut obliger les chômeurs à accepter des jobs de plus en plus loin de leur domicile et favoriser la mobilité, il faut au contraire rééquilibrer les territoires, les irriguer. Il faut changer de perspective et redonner du souffle à la décentralisation. Simple question d’équité.

Les fermetures de bureaux de poste et les suppressions de dessertes de la SNCF ne datent pas de l’arrivée de Nicolas Sarkozy à la tête de l’Etat. Pas plus que les menaces sur les petits hôpitaux peu compatibles avec la sécurité sanitaire ou les redimensionnements militaires longuement négociés avec les collectivités locale. Mais le gouvernement actuel a emballé la machine.

Au moment où le chef de l’Etat supprimait des régiments, l’élu accueillait à Clermont-Ferrand la 2e Université européenne de l’accueil des nouvelles populations. Pour lui, l’affaire est claire : «Il n’y a plus d’aménagement du territoire dans ce pays. On ne choisit d’aider que les plus grands et les plus forts.» Le plan campus promettait le mois dernier des aides pour les universités de six grandes villes, pas plus. Les transferts de charges de l’Etat vers les régions, dont les fameux personnels techniciens, ouvriers et de services (TOS) des lycées, se sont révélés mal compensés.

Le désengagement est une constante.

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Haro sur France Télé ! Edito du MONDE

Edito du Monde | 26.06.08 | 12h30

Contrairement à Silvio Berlusconi en Italie, Nicolas Sarkozy n'a pas les moyens d'acheter les chaînes de télévision dont il rêve. A défaut, il a décidé d'en prendre le contrôle. Avec un mélange saisissant de brutalité et de cynisme.

Brutalité ? Elle est patente de bout en bout. Quand il annonce, le 8 janvier, son intention de supprimer la publicité sur les chaînes publiques, le président de la République n'a prévenu personne ou presque. Mise en place pour examiner les conséquences de cette décision, la commission présidée par Jean-François Copé n'aura servi, pendant quatre mois, qu'à "amuser" la galerie. Le 25 juin, le chef de l'Etat a tranché : la suppression de la publicité se fera à ses conditions - elle sera effective après 20 heures dès le 1er janvier 2009 et totale à la fin de 2011.

Mieux. Invoquant la règle d'airain selon laquelle "qui paie commande" - et se comportant de fait comme si l'argent public était le sien -, M. Sarkozy a décidé que le patron de France Télévisions serait, à l'avenir, nommé par le pouvoir exécutif. Autant dire par lui-même, tant les garde-fous du CSA et d'un éventuel veto parlementaire sont illusoires.

Quant au cynisme, il s'exprime sans gêne. Contrairement aux assurances initiales, il est dès à présent évident que la suppression des recettes publicitaires de France Télévisions ne sera pas compensée, et de loin, par les deux taxes nouvelles prévues sur les chaînes privées et sur les opérateurs des télécoms et d'Internet. A supposer qu'elles franchissent les obstacles du Parlement, du Conseil constitutionnel et de Bruxelles. On voit mal, dans ces conditions, comment la télévision publique pourra, faute de moyens suffisants, améliorer la qualité et la richesse de ses programmes pour mieux "faire la différence" avec le privé, comme elle y est conviée.

On l'a déjà dit ici même : la télévision publique est tout sauf un modèle de bonne organisation et de qualité garantie. La désignation de son patron, tout sauf un modèle de transparence. Ce n'est pas une raison pour lui casser les reins. Le rôle des chaînes publiques - informer, instruire et divertir les Français - est trop important pour en laisser la maîtrise à un seul homme, fût-il président de la République.

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