jeudi 27 novembre 2008
Discours - Nicolas Sarkozy s'adresse aux maires de France – X.Darcos absent – F.Fillon sifflé
NOUVELOBS. | 27.11.2008 | 17:06
Le président de la République prononce en ce moment un discours devant le Congrès de l'Association des maires de France, réunis depuis mardi porte de Versailles à Paris.
Le président de la République Nicolas Sarkozy devait prononcer jeudi 27 novembre un discours dans le cadre du 91e Congrès des maires et des présidents de communautés de France qui se tient porte de Versailles.
Mercredi, environ 2.000 maires qui assistaient à un débat sur les réformes à l'école dans le cadre du Congrès de l'Association des maires de France (AMF) ont quitté la salle pour protester contre l'absence du ministre, Xavier Darcos.
"Devant le mépris dont nous sommes l'objet, je propose que nous quittions l'auditorium", ont proposé le maire de Saint-Martin d'Hères René Proby (divers gauche), puis celui de Périgueux Michel Moyrand (PS), victorieux de Xavier Darcos aux dernières municipales.La moitié des quelque 4.000 élus qui assistaient au débat ont alors quitté la salle.
Fillon Sifflé
Déjà, mardi, lors de l'ouverture du congrès, le Premier ministre, François Fillon, avait été sifflé tandis qu'il évoquait le SMA (service minimum d'accueil) dans les écoles.
François Fillon était accompagné de huit membres de son gouvernement, mais son ministre de l'éducation, Xavier Darcos, était absent, ce qu'avaient déjà reproché en privé des congressistes L'AMF, qui regroupe près de 36.000 maires et présidents de communautés, est administrée par un bureau de 36 membres paritaire, avec 18 représentants de droite et 18 représentants de gauche. Son président sortant, le maire UMP de Lons-le-Saunier Jacques Pélissard, a été réélu pour trois ans mercredi avec 57,31% des voix.
Papier de verre - Bon anniversaire
papier de verre
![]() |
| Bon anniversaire, madame Dati. J'ignore ce que mes amis magistrats veulent vous offrir (c'est une surprise), mais je les ai vus entrer dans une agence de voyages. |
Une cérémonie d’hommage aux morts de la rue s’est déroulée à Paris
France-Infos - 26/11/08 – Le journal de 19h30 - Alexis Fricker
Une cérémonie d’« hommage aux morts de la rue » s’est déroulée hier soir à Paris dans le 1er arrondissement de la capitale : 300 personnes environ s’étaient rassemblées devant la Fontaine des Innocents, place Joachim du Bellay. Au mois de novembre, quatre sans-abri sont morts en région parisienne. Quant à la ministre du logement, Christine Boutin, elle envisage de rendre l’hébergement des SDF obligatoire pendant les périodes de grand froid : en dessous de moins 6 degrés.
L’association Emmaüs s’oppose à cette proposition de la ministre. L’idée révolte aussi le Président du collectif « les morts de la rue », Christophe Louis :
« Où va-t-on ! Je suis vraiment scandalisé parce que maintenant cela devient une contrainte à la personne et une régression en termes de liberté. Car, si le délit de vagabondage avait disparu, on est en train de le rétablir sous d’autres formes et on le fait réapparaître.
Si la personne refuse, ça va être quoi ? Elle va partir en garde à vue ? Dans un commissariat ? Ca va être encore plus dramatique car ces gens vont aller s’enfuir dans des lieux où ils seront encore plus introuvables.
Et puis ensuite, une autre question se pose : d’abord on va les mettre dans un gymnase et une fois que la température remonte, on les laisse sortir du gymnase et on les laisse repartir à la rue ?
Ce n’est pas du tout ce que nous demandons. Nous demandons des solutions pérennes, des centres d’hébergement adaptés et surtout de nous aider à sortir vers le logement social un certain nombre de personnes qui sont à la rue. On est en totale contradiction avec tout ce qui est demandé par les associations depuis deux ans. »
L’association Emmaüs rapporte que 265 sans-abri sont décédés dans la rue en France, en un an.
Quand le Canard se fait voler dans les plumes
Ouest-France - jeudi 27 novembre 2008 - Didier Eugène

Une enquête de deux journalistes, Karl Laske et Laurent Valdiguié passe le Canard à travers l'épreuve du doute nécessaire à la recherche de toute vérité.
L'histoire du Canard enchaîné est celle d'un journal contestataire des institutions, anarchisant, cultivant un esprit français libertaire et méfiant vis-à-vis des pouvoirs. « À partir des années 1970, on ne polémique plus avec les mots mais avec les faits », dit l'un des anciens rédacteurs en chef. La feuille d'impôts de Chaban, les diamants de Giscard, jusqu'aux appartements de Sarkozy et de Gaymard... Tous les lecteurs du Canard se délecteront du rappel des affaires, mais découvriront aussi les coulisses pas toujours reluisantes de certaines d'entre elles. Sans oublier les tragédies, comme le suicide de Robert Boulin ou de Pierre Bérégovoy.
Beaucoup est néanmoins pardonné au Canard, reflet d'une volonté de savoir qui brise l'omerta des pouvoirs. Les auteurs lui reprochent d'être aujourd'hui trop institutionnalisé ; ils s'étonnent de voir le Tout-Paris convié à son pot hebdomadaire. Leur enquête est salutaire car elle rappelle que les relations humaines ¯ a fortiori politiques ¯ sont toujours plus complexes que l'image dont naissent les mythes.
Le Canard riposte dans son édition du 26 novembre. Ce livre « sent l'opération, avec en prime une tromperie sur la marchandise », s'indigne Michel Gaillard à la une de l'hebdomadaire. Il contient, dit-il, des « informations fausses par tombereaux entiers ».
Dessin de Plantu - les peurs ...
LeMonde du 27 Novembre 2008
![]()

Télé sans pub : où l'UMP nous fera toujours rigoler
Instants télé -Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts.
Décidément, la loi sur l'audiovisuel dont l'examen à l'Assemblée nationale, s'apparente de plus en plus à la fête du slip. Mercredi, en commission spéciale (celle qui prépare la loi et les amendements d'icelle), l'UMP divisait par deux la taxe des chaînes privées destinée à financer la fin de la pub sur France Télévisions. Encore un joli cadeau pour TF1 mais bien sûr ce n'était pas assez et voici que six députés UMP viennent de nous pondre un bien bel amendement.
Messieurs Yanick Paternotte, Philippe Boennec, Jean-Philippe Maurer, Philippe Morenvillier, Bertrand Pancher et Lionel Tardy députés d'on ne sait où mais de l'UMP gagnaient à être connus. Voici leur aimable proposition qui, espèrent-ils, se glissera dans l'article 18 de la loi:
«Les créneaux libérés par les messages publicitaires sur les chaînes publiques seront dédiés à la diffusion de spots ayant pour thèmes : l'éducation sanitaire et sociale, le développement durable, l'instruction civique et citoyenne et l'Union européenne.»
Voilà qui est bel et bon, de superbes thèmes, gouvernementaux à souhait et surtout de vrais aspirateurs à téléspectateurs... L'éducation sanitaire, le développement durable, c'est bien ça, et l'instruction et l'Europe, bravo, les gars. Qui, finauds, expliquent qu'il y a «nécessité de largement diffuser une information forte et cohérente sur de grands thèmes tels que le tabac, l'obésité etc.» D'ailleurs, nos admirables élus ont trouvé un horaire de diffusion idéal :
«Des heures de forte audience (tel que le créneau précédent le programme de première partie de soirée – entre 20h30 et 21h).»
Hooooo, magiiiiiee, pile pendant les pubs de TF1 qui n'auraient ainsi pas à subir la concurrence des soirées de prime time sur le service public débutant à 20h35 une fois la pub disparue... Il paraît que ces députés faisaient partie de la fournée d'élus reçus mercredi par l'état-major de la Une. Joint par le bloùg, un haut cadre de France Télévisions hésitait entre rires et larmes: «On attend maintenant le prochain amendement, celui qui nous obligera à diffuser des bandes-annonces pour TF1...»
Il y a quelque temps, on s'amusait, dans un papier d'anticipation, à imaginer un amendement Strindberg: «Il s’agit d’un article du porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre obligeant France 2 à diffuser des extraits de pièces de Strindberg pendant la pub de TF1. Et ce, dit la loi, "pour éviter toute concurrence déloyale au détriment de la constitution de grands groupes de communication" ». On en cauchemardait, l'UMP l'a fait.
Amendements et invectives dans un débat très hard, hier à l’Assemblée….
On s’y jette à la face du « Poutinisation » (le communiste Jean-Pierre Brard), du « Godillots ! » (le Vert Noël Mamère), du « Léon Zitrone ! » et « Loi scélérate ! » (Mamère encore, très remonté). Au chapitre des compliments les, les « Bouygues, Bouygues ! » et « ORTF » fleurissent très régulièrement, tandis qu’à droite on joue les offusqués.
Entre les invectives façon théâtre de boulevard, les motions de procédure de l’opposition destinées à bloquer, sans grand espoir, la loi, tombent une à une. Mais il y a du pain sur la planche : 822 modifications proposées dont une majorité par la gauche !
Rien que sur l’article instaurant la nomination du patron de France Télévisions par le président de la République, les socialistes ont déposé une foule d’amendements, ainsi que pour réformer le CSA. L’ineffable porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, a lui aussi proposé de taxer, en plus des fournisseurs d’accès à Internet, les sites vidéo afin de financer France Télévisions.
Et pour France Télévisions, bientôt les années de sévice…
________________________________________________
Amendements et invectives dans un débat très hard, hier à l’Assemblée….
On s’y jette à la face du « Poutinisation » (le communiste Jean-Pierre Brard), du « Godillots ! » (le Vert Noël Mamère), du « Léon Zitrone ! » et « Loi scélérate ! » (Mamère encore, très remonté). Au chapitre des compliments les, les « Bouygues, Bouygues ! » et « ORTF » fleurissent très régulièrement, tandis qu’à droite on joue les offusqués.
Entre les invectives façon théâtre de boulevard, les motions de procédure de l’opposition destinées à bloquer, sans grand espoir, la loi, tombent une à une. Mais il y a du pain sur la planche : 822 modifications proposées dont une majorité par la gauche !
Rien que sur l’article instaurant la nomination du patron de France Télévisions par le président de la République, les socialistes ont déposé une foule d’amendements, ainsi que pour réformer le CSA. L’ineffable porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, a lui aussi proposé de taxer, en plus des fournisseurs d’accès à Internet, les sites vidéo afin de financer France Télévisions.
Du côté de l’UMP, certains sont très partagés
Le rapporteur général de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Gilles Carrez (UMP), a jugé, ce mardi 25 novembre, "économiquement discutable" la suppression de la publicité, en soirée, sur les chaînes télévisées publiques.
"Aller supprimer la publicité qui est un moteur de la consommation au moment où la croissance bat de l'aile, c'est économiquement discutable", a-t-il déclaré à l'AFP.
"Je ne voterai pas le financement" de la suppression de la publicité (taxes sur les chaînes privées et les opérateurs mobiles), a dit Gilles Carrez.
Vers "une hausse de la fiscalité"
Le député UMP Hervé Mariton s'est également déclaré défavorable à la suppression de la publicité, en soirée, sur les chaînes télévisées publiques, mesure phare du projet de loi sur l'audiovisuel public examiné à partir de mardi à l'Assemblée nationale.
"La pub, c'est rigolo, c'est bon pour le moral et c'est bon pour la consommation", a-t-il déclaré dans les couloirs de l'Assemblée.
Le député de la Drôme redoute notamment "la contrepartie" de la suppression de la publicité, qui va entraîner selon lui "une hausse de la fiscalité".
"Un certain nombre de députés UMP partagent mon point de vue", a-t-il encore affirmé.

Collectif de résistance alternative à la crise : Appel à la mobilisation
Fondation Copernic – novembre 2008
Premiers rendez-vous d’action :
- Samedi 15 novembre : mobilisations à l’occasion de la Journée mondiale contre le sommet du G20. A Paris, manifestation (14h30, Opéra) vers la place de la Bourse où se tiendra un rassemblement.
- Le 22 novembre : manifestations dans toute la France contre le projet de privatisation de la Poste. A Paris, manifestation à partir de 14h00 de Nation jusqu’à Bercy ministère des finances.
- le 6 décembre : initiative de débat et marche à Paris à l’occasion du sommet de clôture de la présidence française de l’Union Européenne.
Les banques et les autres opérateurs financiers ont entraîné dans leur délire spéculatif des millions d’accédants à la propriété maintenant expulsés de leur logement, et déclenché une crise majeure dont ils veulent nous faire payer les pots cassés.
Aujourd’hui la crise est à la fois économique, immobilière, alimentaire, sociale, écologique... L’ébranlement du capitalisme financier provoque des fluctuations brutales des prix agricoles, l’augmentation de la malnutrition, les faillites d’entreprises, l’accroissement du chômage. Le Bureau International du Travail estime que « la crise financière mondiale pourrait entraîner la perte de 20 millions d’emplois ».
Nos gouvernants, depuis des années, favorisaient l’augmentation des inégalités, et attaquaient les droits sociaux – logement, santé, éducation, travail, revenus et accès aux services publics – pour lesquels « les caisses étaient vides ». Aujourd’hui ils trouvent en quelques jours 700 milliards de dollars aux USA, 1700 milliards d’euros en Europe, pour sauver les banques et leurs actionnaires.
En même temps le budget du programme alimentaire mondial reste dramatiquement déficitaire face à la hausse des prix agricoles. 1700 milliards d’euros représentent 340 fois le coût annuel nécessaire pour éradiquer la faim dans le monde.
En France, le gouvernement injecte 360 milliards d’euros dans les banques en laissant les banquiers aux postes de commande. Pour renflouer leur trésorerie il détourne les économies des couches populaires – déjà 17 milliards d’euros ponctionnés sur les livrets d’épargne.
Ce n’est pas à nous de payer leur crise.
D’autres solutions sont possibles. S’il faut sauver les banques, qu’on les nationalise avec un contrôle démocratique des salariés et des populations. S’il faut réformer le système financier, qu’on interdise la spéculation, les paradis fiscaux et qu’on ferme les Bourses. S’il faut de l’argent, qu’on le récupère par la hausse de la fiscalité sur les revenus et les patrimoines accumulés ces vingt dernières années par les investisseurs financiers. Il y en a un besoin urgent, non seulement pour éviter l’effondrement du crédit et faire redémarrer un secteur bancaire soustrait aux actionnaires privés, mais aussi pour assurer enfin l’accès à un socle de droits sociaux fondamentaux tels que le logement, l’éducation, la protection sociale, un environnement sain.
Rien de tout cela ne sera obtenu facilement. Les puissants vont chercher à corriger les excès les plus voyants du néolibéralisme pour relancer la machine à accroître la précarité et les inégalités. Mais la légitimité de ce système est fortement ébranlée. L’indignation et la colère grondent. Rien n’est plus important aujourd’hui, pour les mouvements sociaux, que de proposer des formes d’actions concrètes, spectaculaires, efficaces et mobilisatrices pour donner une expression collective à cette colère. Nous appelons tous les militant(e)s, citoyen(ne)s, organisations du mouvement social à se regrouper partout en France, à former des collectifs pour créer les conditions d’une mobilisation unitaire et faire émerger des alternatives à la crise de ce système.
Document (PDF - 72.8 ko)
AC ! – AITEC – ATTAC France – CEDETIM – Collectif LBO – Coordination nationale des collectifs unitaires pour une alternative au libéralisme (CNCU) – Convergence nationale des collectifs de défense et de développement des services publics – Fondation Copernic – IPAM – Jeunes laïques et solidaires – Les Alternatifs – Ligue communiste révolutionnaire (LCR) – Marches européennes – Nouveau parti anticapitaliste (NPA) – Réseau Alerte Inégalités – SUD Caisse d’épargne – Union syndicale Solidaires – SUD PTT – Union des Syndicats CGT du groupe Caisse des Dépôts (USCD-CGT) – Les Verts
----------------------------------------------------------
ATTAC France - 24/11/08
"Face aux crises, changeons d'Europe !"
Tous ensemble, le 6 décembre : mobilisons-nous pour une autre Europe, solidaire, écologique et démocratique !
"Hécatombe" dans le transport routier : les faillites se multiplient
E24 avec AFP 26/11/08
Le secteur routier est en train de connaître une "hécatombe" parmi ses entreprises, a averti, mercredi 26 octobre, le président de l'Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE), Jean-Pierre Morlin, qui a dû lui-même déposer le bilan il y a peu, avant une solution de reprise. "Il va y avoir une hécatombe. On s'attend au pire d'ici la fin de l'année, début 2009. Les bilans ne peuvent être que catastrophiques", a-t-il déclaré.
Faillites
Les faillites concernent six à sept entreprises du secteur par jour depuis début septembre, selon Jean-Pierre Morlin, qui juge que "c'est en train de s'accélérer". Il estime que le cas de son entreprise est "typique" des difficultés actuelles du transport routier. Dès la rentrée de septembre, il a enregistré un coup d'arrêt "immédiat" avec des annulations de commandes et une activité qui n'est pas repartie.
Le président de l'OTRE a évalué entre 30 et 50% la réduction d'activité des entreprises de transport, touchées par la baisse de l'activité économique, alors qu'elles avaient souffert de la hausse des prix du gazole au premier semestre. "On s'attendait déjà à de gros problèmes mais la diminution brutale d'activité a multiplié ces problèmes", a souligné Jean-Pierre Morlin.
Trésorerie
"C'est un problème de trésorerie plus que d'exploitation", a-t-il ajouté. Pour le président de l'OTRE, l'injection de liquidités dans les entreprises devrait "passer par les Urssaf" plutôt que par les banques.
En difficulté de trésorerie, il a déposé le bilan il y a une dizaine de jours. Les Transports Morlin, implantés à La Teste de Bruch (Gironde) et employant 28 salariés, sont spécialisés dans le transport exceptionnel et le transport de bateaux. Ils ont été repris par le groupe Capelle, basé à Vézénobres (Gard).

Fermeture du site historique d'Amora Maille à Dijon :
NewPress – L’Express - 26/11/08
la fermeture de l'usine historique du moutardier semble inéluctable. François Rebsamen, le maire (PS) de Dijon, sénateur de Côte d'or, réagit :
Vous venez de rencontrer les ouvriers d'Amora-Maille. Quel est leur état d'esprit?
Je les ai trouvé très combatifs et déterminés. Ils ne sont qu'au début d'un long processus et nous, élus locaux, sommes décidés à les aider dans des actions concertées: dès la semaine prochaine se tiendra en Préfecture une réunion avec le PDG d'Amora-Maille, puis nous allons étudier en détail le plan de réorganisation lancé par le groupe en lançant plusieurs expertises. De mon côté, avec François Patriat (président PS du Conseil régional de Bourgogne, NDLR) nous demanderons de rencontrer le président d'Unilever France, la maison-mère, pour qu'il nous explique la stratégie de son entreprise qui reste assez floue.
Le groupe Amora-Maille a réalisé, l'année dernière, un chiffre d'affaires de 207 millions d'euros pour un résultat net de 25,2 millions d'euros. Cela reste donc un secteur qui rapporte de l'argent. Pourquoi alors lancer une telle restructuration qui prévoit, la fermeture du site historique de Dijon ouvert en 1911 et celle de l'usine d'Appoigny (Yonne), ainsi que la suppression de 265 postes? Tout cela pour réaliser un simple regroupement sur le site de production voisin de Chevigny-Saint-Sauveur? Personne ne comprend la finalité d'un tel plan. Les salariés, eux, ont déjà vécu la délocalisation de la production de vinaigrette en République Tchèque, et pour ma part, j'ai inauguré en 2004 un centre de recherches et de développement sur le site historique de Dijon, situé quai Nicolas-Rolin. Quatre ans plus tard, sa fermeture est annoncée: quel gâchis!
-----------------------------------------------------
Les Conseillers Généraux organisent une cellule de crise pour suivre le dossier au plus près. C'est pourquoi l'ensemble des Conseillers Généraux demandent :
- que le Conseil Général pèse de tout son poids pour que soit revu le plan de restructuration d'Amora et que les sites, l'activité et l'emploi soient confortés sur la Côte-d'Or et la Bourgogne.
- que les concours financiers publics de l'état, comme des collectivités territoriales, Régions et Départements, soient récupérés ou suspendus.
La culture de l'urgence
L’encyclopédie de l’Agora - BERNARD LEBLEU, "La culture de l'urgence", L'Agora, index 58, printemps 2005
«L'urgence est libératrice ou destructrice selon qu'elle est vécue ou non à l'intérieur d'une existence rythmée par des temps qualitativement variés. Vécue comme une opportunité, elle est, nous dit Nicole Aubert, "un prétexte à la créativité et à la spontanéité, à l'imagination… un vide, un temps où les repères traditionnels sont chancelants, où les individus inventent en même temps qu'ils s'inventent." Mais érigée en principe, l'urgence se transforme alors, selon Zaki Laidi, en "violence du temps". L'individu englué dans ce temps fragmenté, chronométré, répétitif, se retrouve "privé de distance symbolique entre son être et le monde"»
Quelques années après l'adoption de la Loi sur les 35 heures, pièce maîtresse d'un ambitieux programme de relance du travail par le partage de l'emploi et la RTT (réduction du temps de travail), la France commence à mesurer l'impact social de cette loi. Pour répondre aux mesures prévues par la loi, les entreprises ont réaménagé les horaires de leurs employés en diminuant le nombre d'heures, sans pour autant réduire la tâche de travail. Les travailleurs ont commencé à rogner sur le temps des repas et des pauses, sur le temps dévolu à la communication, à la socialisation. De plus en plus obsédés par la nécessité de faire face aux objectifs démesurés qui leur sont assignés, les travailleurs prennent de moins en moins le temps d'entretenir des liens avec les autres travailleurs. «Il y a une perte des petits liens de tous les jours qui sont très importants, prendre un café, fêter un anniversaire, fêter une réussite… on n'a plus le temps d'écouter, de discuter, d'échanger, de parler», déplore ce directeur commercial, cité par Nicole Aubert dans son dernier essai, Le culte de l'urgence. En France, en 1975, la durée moyenne d'un repas pris en dehors du foyer était de 1 h 38 minutes. En 2001, elle était de 38 minutes. Au Québec, il n'était pas rare dans les années 1960 et 1970 que les travailleurs disposent de 1h30, voire 1h45 pour le repas du midi.
Il y a quelques années, la direction d'une nouvelle usine construite par le fabricant d'automobiles Mazda proclamait avoir mis au point la chaîne de montage la plus efficace de toute l'industrie: en effet, les ingénieurs étaient parvenus à maintenir un taux record d'occupation du temps des ouvriers: 57 secondes par minute, 15 secondes de plus que la moyenne de l'industrie. Ils étaient parvenus à éliminer quelques secondes de plus de ce «temps poreux» à travers lequel, disait Marx, l'âme du travailleur, contraint sans cesse par la machine, parvient à respirer. Quelques mois plus tard, on apprenait que l'entreprise avait dû revoir complètement son organisation car il s'y produisait 2 fois plus d'accidents que dans les autres usines, les employés étant incapables de faire face au stress généré par une cadence trop intense et trop soutenue.
Ce ne sont là que quelques exemples des effets de ce que l'on nomme l'«intensification du travail», ou ce que Zaki Laïdi a surnommé la «tyrannie de l'urgence» à laquelle est soumise de plus en plus notre culture du travail. «Dans la société en réseaux, explique-t-il, le temps séquentiel, chronologique, irréversible a cédé la place à un temps immatériel fondé sur la technologie, un temps "intemporel", arrimé au seul présent, affranchi de la durée…». Incapable de réconcilier le temps du travail avec les cycles temporels profonds qui forment la trame de la vie familiale, de la vie amoureuse ou de la vie sociale, l'«homme-présent» est incapable de s'extraire de l'«ici-et-maintenant». L'urgence et l'instantanéité constituent désormais les deux modalités essentielles de son action et de son rapport au temps. En somme, l'urgence ne créerait que davantage d'urgence.
Une société pauvre en temps
Le sentiment est de plus en répandu dans nos sociétés surmenées que la durée du travail ne fait qu'augmenter. Pourtant les grands indicateurs économiques tendent tous à démontrer le contraire, que la durée du temps de travail diminue sans cesse, comme c'est le cas depuis le début du XXe siècle. À l'opposé, le temps des professionnels et des travailleurs est de plus en plus uniformément soumis au temps court, haché, imposé par une organisation du travail où le temps des hommes est désormais réglé sur le «temps réel» de la machine, celui de l'immédiateté.
Plus l'économie pèse sur nos relations et nos jugements, plus nous aveugles à la vie d'autrui et séparés par l'argent. Le plaisir d'être ensemble n'a pas de prix, il est d'un autre ordre, un ordre que notre système étouffe.»
Travailler à la vitesse du capital
La vitesse est au coeur même du système capitaliste: «Plus le capital tourne vite, plus le taux de profit annuel est élevé, d'où cette recherche effrénée d'accélération qui imprègne l'histoire du capitalisme.» La fusion des télécommunications et de l'informatique a littéralement fait exploser la vitesse de réaction des marchés. Les marchés financiers ont réussi à imprimer, en l'espace de quelques années, à l'ensemble des activités économiques leur propre temporalité, cette immédiateté, qui n'appartient qu'aux machines. La guerre économique s'est déplacée du champ spatial vers le front temporel. Il ne s'agit plus de prendre la place, de développer de nouveaux marchés, d'occuper de nouveaux créneaux: il s'agit de devancer l'entreprise ennemie.
Le culte de l'impermanence
Cette immédiateté imprègne désormais toute l'entreprise, de la gestion financière à la gestion des opérations. L'obligation de faire tourner l'argent — ou celui de faire «toujours plus avec toujours moins» dans le secteur public — commande aux gestionnaires de réduire les inventaires, les temps de production, de traquer les temps improductifs, jusqu'au cœur du temps réservé à la socialisation sur les lieux de travail.
Les nouvelles «laisses électroniques»
Internet et la téléphonie mobile nous relient désormais en tout temps, en tout lieu, au travail. Un cadre interviewé par Nicole Aubert explique en quoi ces nouvelles «laisses électroniques» sont génératrices de fausses urgences: «Avant, quand on demandait une réponse par courrier, on obtenait la réponse trois jours après. Aujourd'hui, on envoie un mail et on s'attend à recevoir une réponse quelques minutes après.» La nouvelle sociabilité électronique tolère mal la lenteur dans les échanges; elle tolère encore moins qu'on essaie de se soustraire de sa pressante sollicitude en se débranchant. Un autre cadre ajoute: «On est submergé d'informations et de sollicitations parce que tout le monde pense qu'ils ont fait leur boulot en envoyant tout en copie, et ça génère une inflation pas possible. C'est une accumulation de sollicitations qui crée un stress terrible.» Une étude montrait qu'aux États-Unis un travailleur reçoit en moyenne 85 courriels par jour. L'efficacité prodigieuse des nouveaux outils s'efface souvent derrière les contres-effets qu'ils produisent dans une logique d'ensemble…

