mardi 25 novembre 2008
Clearstream : Villepin accuse Nicolas Sarkozy d’avoir abusé de sa position de chef d’Etat
Par Lesinfos, mardi 25 novembre 2008
Suite à son renvoi en correctionnelle, l’ancien Premier Ministre a adressé lundi un mémoire au Conseil d’Etat, accusant le Président Sarkozy d’avoir abusé de sa position de chef d’Etat dans le cadre de l’affaire Clearstream.
Maître Yves Richard, l’avocat de Dominique de Villepin, était ce matin sur France Info. Il s’est exprimé sur l’affaire en cours et ses derniers rebondissements, à savoir le mémoire de 24 pages transmis au Conseil d’Etat que s’est procuré l’AFP. L’avocat et son client accusent Sarkozy d’avoir « violé le droit au procès équitable » et « le principe de l’égalité des armes ».
Pour lui, « M. Sarkozy a utilisé ses pouvoirs de Président de la République afin de satisfaire non pas l’intérêt général mais ses intérêts privés de partie civile (…) On ne voit pas bien comment Dominique de Villepin pourrait bénéficier d’un procès équitable si le Président interfère dans le dossier et pèse sur la procédure ».
Le 7 novembre dernier, l’ancien Premier Ministre a saisi le Conseil d’Etat contre un décret de Sarkozy prolongeant les fonctions de l’un des juges en charge du dossier. Pour Me Richard, il s’agit d’un « détournement de pouvoir ». Dans ce mémoire, l’avocat démontre comment la constitution de partie civile du Président a pu influer sur l’instruction du dossier, les réquisitions du parquet et l’ordonnance de renvoi signée par les juges Jean-Marie d’ Huy et Henri Pons, apprend-t-on sur le site Internet des Echos.
- Lire l'article des Echos et écouter l'interview audio de Me Richard réalisée par France Info.
Audiovisuel public - Les salariés manifestent, bataille en vue à l'Assemblée
LCI.fr - le 25/11/2008 –
Alors qu'environ 43% des salariés de France Télévisions sont en grève, les députés ont commencé l'examen du projet de loi sur la réforme de l'audiovisuel public.
Les députés du Nouveau centre demandent le report à 2012 de la suppression de la publicité le soir sur les chaînes publiques, le PS va déposer 500 amendements.
L'intersyndicale (SNRT-CGT, CFDT, CFTC, FO, SNJ, Sud, CSA, SITR, SRCTA et SNJ-CGT) s'inquiète du financement du groupe public en raison de la perte des recettes publicitaires et d'un retour à une mainmise du pouvoir politique sur l'audiovisuel. Elle craint également les effets du plan de départs volontaires de 900 salariés évoqué par le président de France Télévisions, Patrick de Carolis. "C'est un projet de loi fantastique pour la télé publique, il faut donner sa chance au produit", a tenté de rassurer le patron des députés UMP, Jean-François Copé, qui avait été le président de la commission chargée de préparer le projet. Selon lui, "les questions de financement", liées à la suppression de la pub sur les chaînes publiques, "sont largement réglées".
Un texte "inutile, dangereux et liberticide"
Le Parti socialiste a prévu qu'il allait déposer 500 amendements pour "alerter l'opinion" contre un texte "inutile, dangereux et liberticide". Pour autant, ils n'appellent pas comme François Bayrou, le président du MoDem, au dépôt d'une motion de censure. Les députés du Nouveau centre ont eux demandé le report à 2012 de la suppression de la publicité le soir sur les chaînes publiques. "Si nous ne sommes pas entendus, on ne voit pas comment on pourra voter le texte", a déclaré le député Jean Dionis du Séjour. "Il n'y a aucune justification pour remplacer 800 millions d'euros de recettes privées gagnées par la régie de France Télévisions par de l'impôt, que cela soit la redevance ou les deux taxes imaginées", avait-il ajouté un peu plus tôt.
Quant aux députés UMP, Jean-François Copé assure que "la majorité est très rassemblée sur ce texte". Le député UMP Hervé Mariton s'est toutefois déclaré défavorable à la suppression de la publicité, en soirée, sur les chaînes télévisées publiques. "La pub, c'est rigolo, c'est bon pour le moral et c'est bon pour la consommation", a-t-il déclaré dans les couloirs de l'Assemblée, avant d'ajouter qu'il redoutait que "la contrepartie" entraîne "une hausse de la fiscalité". "Un certain nombre de députés UMP partagent mon point de vue", a-t-il encore affirmé. Le rapporteur général de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, l'UMP Gilles Carrez, a jugé de son côté que la suppression de la publicité était "économiquement discutable". "Je ne voterai pas le financement", a-t-il dit.
Les députés UMP Jacques Myard et Lionnel Luca se sont eux déclarés favorables à la suppression du journal télévisé de France 3, qui fait "doublon", selon eux, avec celui de France 2. Le vote sur le texte doit intervenir le 9 décembre.
Plusieurs milliers de salariés de l'audiovisuel public ont manifesté mardi à Paris alors que les députés ont commencé l'examen du projet de loi de réforme du service public, qui prévoit la suppression progressive de la publicité sur France Télévisions. "La mobilisation est forte, notamment dans les bureaux régionaux de France 3, où on devrait avoir 85% de grévistes", a déclaré Jean-François Téaldi, au nom du SNJ-CGT. Selon la direction de Radio France, la grève était suivie mardi matin par 14,8% des salariés. A France Télévisions, 43,4% des salariés du groupe étaient en grève, entraînant notamment l'annulation du 13 heures de France 2.La condamnation du DAL suscite des réactions véhémentes
AFP – 25/11/08
La condamnation à 12.000 euros d'amende infligée lundi par le tribunal de police de Paris à l'association Droit au logement (DAL) pour avoir installé des tentes rue de la Banque (IIe) a suscité mardi de nouvelles réactions d'indignation.
Du côté du gouvernement, la ministre du Logement et de la Ville, Christine Boutin, a estimé que la condamnation relevait de "questions d'ordre public" !
En revanche, le Haut commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch, a estimé qu'il n'était "pas normal" d'infliger une amende, conseillant à l'Etat de "passer l'éponge".
Le DAL a été condamné pour avoir "embarrassé la voie publique en y laissant des objets" (article R 644-2 du Code pénal).
Dans un communiqué, la Fondation Abbé Pierre, Emmaüs France et l'Association Emmaüs ont exprimé leur "consternation" de cette amende, assortie d'une confiscation des tentes, une seconde sanction également infligée aux Enfants de Don Quichotte.
Ils soulignent que "si, aujourd'hui, les pouvoirs publics se félicitent d'avoir institué le droit au logement opposable, chacun sait qu'on le doit d'abord au travail initial des associations - qu'il s'agisse du travail de réflexion ou de propositions qu'elles effectuent au quotidien depuis des années, mais aussi d'actions de dénonciation, ou d'interpellation comme celle initiée par les Enfants de Don Quichotte en décembre 2006".
"Alors que les réponses politiques prennent si peu la mesure de l'urgence, et que l'on meure dans les rues de notre pays ou dans les bois près de nos villes, elles estiment que c'est un bien mauvais signe que de condamner aveuglément des militants qui n'avaient d'autre motivation que de sensibiliser l'opinion", selon le texte.
Pour Jeudi Noir, "l'incroyable décision du tribunal de police contre le DAL ressemble furieusement à condamner les mal-logés à souffrir ou mourir en silence".
France terre d'asile a également exprimé "sa stupéfaction" dans un communiqué. "Il est possible d'avoir, avec le DAL, des différences d'approche et de méthode, mais on ne peut laisser condamner une association qui lutte avec constance, courage et opiniâtreté, pour le droit à l'hébergement et à un logement pour tous".
Olivier Besancenot, porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), s'est élevé contre "une décision politique absolument révoltante".
"On préfère que les mal logés, les sans-logis aillent crever tranquillement dans le bois de Vincennes loin de nos yeux, loin du regard de tout le monde", s'est-il insurgé.
"Ce jugement est une honte", assure le PCF dans un communiqué. "Incapable de répondre à l'une des revendications les plus légitimes qui soit, celle de se loger dans la dignité, le gouvernement choisit la voie de la criminalisation de l'action citoyenne".
Lundi, "les Verts s'inquiètent du climat de criminalisation des activités militantes dans lequel s'inscrivent ces condamnations".
"Face à la disproportion manifeste de l'amende infligée au DAL, qui est de nature à mettre en péril leurs activités", SOS Racisme s'inquiète que les actions de solidarités menées au profit des plus démunis puissent être constitutives d'un délit de solidarité".
Sans toit
Un texte fort, porté par la Voix exceptionnelle de Jeanne Moreau diffusé en audio sur Internet
France pays des droits de l'homme ! quand on apprend qu'une association se fait réquisitionner ses tentes et qu'une autre est condamnée à payer une amende…va t-on laisser faire ? faites passer ce texte à un maximum de gens de votre entourage. Ce sera déjà une petite goutte de non inertie en attendant de trouver une action juste face à ce gouvernement.
Si maintenant on condamne ceux qui aident les plus démunis nous qui avons la chance d'avoir un toit, qu'allons nous faire, que devons nous faire ???
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Monsieur le ministre Hortefeux,
…il fait froid, c’est l’hiver. J’ai honte de ce froid et de cet hiver que vous vous acharnez à prolonger jusqu’à la vilénie. Cela fait plus d’un an que, jour après jour, ce froid et cet hiver envahissent les villes et les campagnes de notre pays, autrefois pays d’espoir et de Vie.
C’est en ma qualité de citoyenne française, plus que jamais attachée à la Liberté, à l’Egalité et à la Fraternité que j’ai le devoir de vous rappeler que vous n’avez pas, monsieur le ministre, le droit de vie et de mort sur des hommes et des femmes ou des enfants qui travaillent, vivent, étudient ici, en France, pays aujourd’hui déshonoré.
Ma honte et notre déshonneur, dont vous êtes l’un des grands responsables, deviennent plus profonds quand je me souviens de ce moment fraternel sur un quai de Marseille, après la guerre en Algérie. Nous faisions file pour embarquer sur El-Jézaïr. Je me rendais dans ce pays. Devant moi un travailleur algérien revenait passer ses vacances au pays. Il s’est retourné vers moi, m’a ouvert ses bras et m’a dit : « Soyez la bienvenue en Algérie ! »
Monsieur le ministre, la honte est une affaire de cœur, le déshonneur une affaire civile. Je pense à ce monsieur algérien et j’ai honte. J’ai honte aussi pour vous qui refusez à son fils et sa fille d’être mon voisin ou ma voisine.
Vous déshonorez, à coup de furtives lois minables, le sens de la république et de ma civilité. Je ne vous salue pas. Il fait très froid cet hiver…
Une lettre de Paula Albouze
lue par Jeanne Moreau,
à l'attention du ministre Hortefeux
http://lorangeraie30.unblog.fr/files/2008/11/jeannemoreau3lettre2.mp3
Comment les partis français casent leurs copains à Strasbourg
Les Coulisses de Bruxelles – Jean Quatremer – 24/11/08
La France va encore offrir un triste spectacle lors des prochaines élections européennes : comme d’habitude, les partis politiques, maîtres de la composition des listes et donc des places éligibles dans un système proportionnel, vont récompenser leurs affidés sans considération pour le travail effectué par les sortants. « C’est dingue, les Allemands, les Britanniques et les Espagnols savent déjà qu’ils reviendront et ont commencé à se répartir les commissions parlementaires alors que nous ne savons pas encore si nous serons sur les listes », s’indigne l’eurodéputé UMP Patrick Gaubert, qui a peu de chances de revenir à Strasbourg.
De fait, en Allemagne, par exemple, député européen est un choix de carrière. Si on se fait élire à Strasbourg, c’est en général pour trois mandats : le premier pour apprendre, le second pour être efficace, le troisième pour transmettre. C’est du solide, c’est du made in Germany. En France – mais aussi en Italie ou en Belgique —, on case ses copains, les battus du suffrage universel, ceux qui sont bien vus par les instances dirigeantes des partis. Dans cette logique, il vaut mieux passer son temps à Paris à faire sa cour plutôt qu’à travailler à Strasbourg ou à Bruxelles. Étonnez-vous après cela que les intérêts français soient si mal défendus dans les instances européennes…
On a une belle démonstration de cette façon d’agir avec le traitement que l’UMP s’apprête à infliger à Alain Lamassoure (ci-dessous), l’un des meilleurs députés européens français. Normalement, il devrait être tête de liste dans sa région du sud-ouest. Mais Dominique Baudis, l’ancien président du CSA, qui a ses entrées chez Nicolas Sarkozy, fait des pieds et des mains pour obtenir sa place, histoire de prendre sa retraite à Bruxelles. Certes, Sarkozy doit beaucoup à Lamassoure, puisque avec Michel Barnier, il lui a soufflé l’idée du « traité simplifié » pour remettre la France au centre du jeu européen après le rejet du traité constitutionnel européen – opération couronnée de succès.
Mais il a eu la mauvaise idée de critiquer le conseiller du prince, le souverainiste Henri Guaino, au moment où celui-ci poussait le Président à multiplier les déclarations antieuropéennes à quelques mois du début de la présidence française. Un crime de lèse-majesté. Il risque donc de se retrouver à la troisième place, la seconde étant forcément occupée par une femme… Or, face au Modem de François Bayrou, il n’est absolument pas certain que l’UMP décroche trois sièges. Exit, donc, Lamassoure qui va finir par regretter d’avoir quitté Bayrou…
La même mésaventure menace la très active Françoise Grossetête dans le grand sud-est. En effet, le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin envisage de placer à une place éligible l’une de ses adjointes dont j’ai oublié le nom (ce qui n’a aucune importance, celle-ci n’étant pas destinée à jouer un rôle dans l’histoire européenne…). Dans ce cas, la tête de liste étant octroyée à Michel Barnier, Grossetête serait renvoyée en quatrième position, autrement dit en enfer. Celle-ci m’a néanmoins affirmé – très remontée — qu’elle occuperait l’une des deux premières places.
Dans chaque parti, la même histoire se répète. Sauf au Modem où les cadres ne sont pas très nombreux… Au PS, vu la claque qui s’annonce – ils ne retrouveront pas leurs 31 élus —, la lutte pour les bonnes places va être sanglante. En tous les cas, celle des petits barons qui n’ont pas brillé par leurs activités est assurée. On respire. Mais que l’on se rassure : dès qu’ils auront obtenu un mandat national, ils déserteront Strasbourg comme l’ont déjà fait six députés de la délégation socialiste sortante (Bernadette Bourzai, Adeline Hazan, Marie-Line Raynaud, Robert Navarro, Jean-Claude Fruteau, Pierre Moscovici).
Education nationale, citoyenneté, liberté.
Billet de Michel Cornillon
Ma scolarité ne fut guère brillante. Si on ne m’avait menacé de la férule, je me serais mué en un cancre blotti contre le radiateurs. J’avais pourtant des possibilités, j’avais en plus quelques talents, mais trop de fantaisie pour apprendre mes leçons et ne rien contester.
Après recul et analyse, je me dis que j’ai eu tort dans un sens et raison dans un autre. Ainsi, dans la mesure où l’école ne m’a pas conduit à la réussite professionnelle souhaitée par mes parents, je dois reconnaître que nous avons échoué, elle et moi. D’un autre côté, ne m’ayant pas émasculé — entendez ne m’ayant pas contrarié ni ma créativité, ni mon désir de délaisser ce qui m’ennuyait pour m’attacher à mes passions et à mes rêves — elle a favorisé (et là est sa réussite) la maturation d’une révolte qui me fournit aujourd’hui les armes de ma libération. J’ai toujours haï les systèmes, leur rigidité, leur pesanteur, et je poursuis dans cette voie d’allégresse.
L’Education Nationale, me semble-t-il, traduit on ne peut mieux l’état d’un corps en marche vers une raideur qui ne peut que lui nuire, vers une manière de sclérose reflétant la condition du système auquel il appartient, en un mot vers la rigidité de son futur cadavre.
Vers quels horizons diriger la jeunesse, à quoi la préparer dans une société dont nul ne sait ce qu’elle deviendra dans dix ans ? Sitôt achevé l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul, ne pourrait-on donner à chaque élève à la fois le goût d’apprendre et la faculté de grandir par lui-même, l’envie de recevoir dans un premier temps, puis de partager avec ses frères ce qu’il aura appris ? En un mot, ne pourrait-on l’accompagner vers un devenir qui fera de lui, au sein de son village, de son pays et du monde, un citoyen conscient, c’est-à-dire éclairé ? Mais pour que l’Education Nationale puisse mener à bien, dans le respect de chacun, une tâche d’une telle ampleur, il lui faudrait de la souplesse.
Or, quel règlement nous interdit-il, dans un objectif d’efficacité, de diminuer dans chaque classe le nombre des élèves ? Quelle logique nous empêche-elle d’accorder notre confiance tant aux enseignants épris de leur métier qu’aux enseignés retrouvant de la sorte l’élan qui fut le leur lors de la découverte du monde ? Et quelle règle vieillotte, alors que les médias s’en font chaque jour l’écho, nous détourne-t-elle de l’envie de passer outre à des programmes figés pour nous baigner d’actualité, pour permettre à chacun de s’investir dans ce qu’il aime, d’affiner ses jugements, de confronter ses idées à celles de son voisin ?
Eh bien cette liberté, dont seul nous sépare l’épouvantail sinistre de la hiérarchie, revendiquons-la, conquérons-la, brandissons-la, mettons-la en pratique.
Pour la raison qu’elle éclaire de ses nuances et de sa subtilité, priorité à l’étude de la langue. Priorité de même à l’Histoire, laquelle déroule sous nos yeux la succession de nos échecs et de nos succès à travers les âges, nous aide à comprendre d’où nous venons, à entrevoir ce vers quoi nous allons, à conjuguer nos énergies en vue d’un développement harmonieux de notre multitude.
Enrichissement intellectuel des hommes et développement des peuples participent d’une même entreprise : la marche vers la maturité, vers l’équilibre, le progrès, le partage… Mais nous pénétrons là dans le royaume de l’utopie, redescendons sur terre, revenons à notre belle époque.
Qu’a-t-il besoin de liberté et autres sornettes, cet univers de la grande bouffe dont nul dirigeant ne s’est rendu compte que la bedaine capitaliste et financière portait en elle les germes de sa propre décrépitude ? Dont nul dirigeant, démocratiquement élu ou non, n’a compris que c’en est terminé d’un système qui dévaste la terre et abêtit les hommes, les transforme en moutons qu’on dirige à sa guise.
La crise financière qui nous frappe est une chance que nous devons saisir, tous autant que nous sommes — et vous en particulier, qui détenez le savoir et l’art de le transmettre. Terminé, le “travailler plus“ pour enrichir quelques maffieux qui n’ont que faire des écoles maternelles où les enfants dessinent, que faire des collèges qui voudraient enseigner autre chose que l’obéissance à des règlements, que faire des lycées et des facs qui cherchent à initier à la philosophie, à la réflexion, à la liberté !
Xavier Darcos n’est pas un visionnaire, nous le savions depuis longtemps. Mais ce n’est pas non une brute, ni même un imbécile. C’est simplement un serviteur — en théorie un serviteur de l’Etat, en pratique le fidèle serviteur de son seul Président.
Ce président envisage-t-il autre chose que la rivalité entre les citoyens, que la lutte permanente entre les décideurs, que la traduction en euros du stress et de la déprime générés de la sorte ? Nenni ! Et Xavier Darcos lui emboîte le pas, Xavier Darcos va droit, droit dans le mur en compagnie de son président, droit dans le mur comme tant d’autres, qui s’accrochent au mirage d’un pouvoir qu’on ne partagera pas.
Cependant, ne nous apitoyons ni sur eux, ni sur nous. Laissons-les ronger l’os du vieux monde essoufflé, préparons le nouveau, celui de la renaissance de l’Homme !
L'infertilité des mâles menace des espèces
Ouest-France – 25/11/08 - Serge POIROT

Film événement, ce soir, sur Arte : un documentaire fait un tour du monde des menaces qui pèsent sur la fertilité des mâles. Alligators, grenouilles ou humains.
Des perturbateurs qui se prennent pour des hormones. On les appelle perturbateurs endocriniens. Ils font figure de suspects numéro un. Des milliers de molécules répandues dans notre environnement quotidien : pesticides, cosmétiques, plastiques, peintures, détergents... Elles perturbent le système hormonal, en empêchant les hormones d'agir ou en prenant leur place sur les cellules cibles. Certaines sont soupçonnées de nuire au développement des foetus mâles.
Foetus en première ligne. L'hypothèse du médecin danois Niels Skakkebaek, vers laquelle convergent les chercheurs : trois phénomènes en augmentation - sperme appauvri, cancer des testicules, malformation génitale - trouveraient leur origine dans le ventre de la mère. En Grande-Bretagne, Richard Sharpe a exposé des rats à des perturbateurs endocriniens dans le ventre maternel. Résultat : malformations génitales. Dans l'affaire du Distilbène, des hormones de synthèse censées empêcher les fausses couches, ont donné cancers et malformations aux filles des femmes à qui elles étaient administrées.
Le phtalate nuit gravement aux testicules. Les phtalates sont des perturbateurs endocriniens répandus partout, en particulier dans les cosmétiques et dans les plastiques : emballages, vêtements synthétiques, matériel médical (poches de sang...). En septembre, le Pr René Habert (université Paris 7-Inserm) a montré, en collaboration avec les Pr Virginie Rouiller-Fabre et René Frydman, que l'un de ces phtalates, le DEHP, nuit au développement des testicules. C'est la première fois que la démonstration est faite sur des organes humains (issus d'interventions volontaires de grossesse). Pour le Pr Habert, qui travaille avec le Rennais Bernard Jegou (président du Conseil scientifique de l'Inserm), c'est une évidence : « Il est urgent d'agir. »
L'industriel rassure. Commentaire d'Arkema, géant de la chimie dont l'usine de Chauny (Aisne) est la seule en France à produire du DEHP : « Le risque est extrêmement réduit pour la santé et l'environnement. Après plus de cinquante ans d'utilisation, il n'existe aucun cas répertorié d'effet nocif pour l'être humain. »
Attention aux cocktails ! La démonstration est faite pour le DEHP. Le règlement européen Reach sur les substances chimiques va en limiter l'usage. Restent les milliers de molécules dont on ne sait pas grand-chose. 40 000 devraient être testées d'ici à 2018. Mais une à une, pas en mélanges, comme elles se présentent dans la vraie vie. Or, là aussi, les preuves s'accumulent : une molécule sans effet plus une molécule sans effet, ça donne parfois un cocktail explosif.
Recherche spermatozoïdes désespérément. Au début des années 1990, Niels Skakkebaek a analysé soixante études. En cinquante ans, le nombre de spermatozoïdes avait diminué de moitié. Pierre Jouannet, de l'hôpital Cochin (Paris), a confirmé, en 1996, une baisse de 2 % par an, à partir des prélèvements de sperme congelé conservés par les Cecos (« banque de sperme »). Un homme d'aujourd'hui produit moitié moins de spermatozoïdes que son grand-père.
Le cancer nous les casse. Autre mauvaise nouvelle : en quarante ans, le nombre de cancers des testicules a doublé. C'est le cancer le plus répandu chez les hommes de 15 à 30 ans.
Aligators à petit pénis. En Floride, Lou Guillette constate que des alligators soumis à certains pesticides agricoles développent petit pénis et testicules atrophiés.
Le mâle va mal. C'est le grand mérite du documentaire de Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade diffusé ce soir sur Arte : faire la synthèse des recherches qui, depuis vingt ans, mènent à la conclusion que les mâles sont menacés. Conséquence pour tout le monde, hommes et animaux : de plus en plus de difficultés à se reproduire. Et, à part l'homme, bien peu ont accès à la fécondation in vitro.
Ce soir,à 21 h, sur Arte. Film suivi d'un débat avec Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État à l'Écologie.
L'Europe du lait se prépare à une concurrence acharnée
Ouest-France – 25/11/08 - Luc VERNET

La disparition annoncée des quotas laitiers va faire flamber la concurrence en Europe. Dans l'Ouest, les éleveurs laitiers multiplient les actions dans les grandes surfaces, comme ici.
Éleveurs et industriels devront avoir les nerfs solides. La disparition des quotas va déboucher sur une véritable guerre commerciale.
Loin de faire tache d'huile, le mouvement de grogne des producteurs de lait français ne devrait pas franchir les frontières de l'Hexagone. « La situation française est directement liée à la fin du mécanisme de recommandation des prix par l'interprofession et aux négociations de fin d'année », fait remarquer un expert bruxellois. Bien sûr, à tout moment la situation peu dégénérer ailleurs en Europe, notamment en Allemagne : c'est le jeu de la négociation entre producteurs, industriels et distributeurs.
Les Tchèques grincent des dents
Les laitiers d'outre-Rhin ont récemment fait une grève du lait après de fortes baisses de prix décrétées par la grande distribution. Les Tchèques, eux aussi, grincent des dents lorsqu'ils voient les cours chuter, alors qu'ils devraient grimper en cette saison de production traditionnellement plus faible. Mais, à l'heure actuelle, « chacun se prépare au principal défi auquel devra faire face la production : la fin des quotas à l'horizon 2014 », explique Stanislav Jas, l'un des représentants des professionnels européen. Chaque pays de l'Union européenne, chaque région de production laitière, et même chaque producteur va être mis en concurrence avec son voisin. Le plus concurrentiel, celui qui sera le plus innovant, tirera son épingle du jeu, ajoute en substance Stanislav Jas.
Aux Pays-Bas, Friesland Foods et Campina, les deux plus grandes coopératives, détiennent déjà pratiquement la totalité du marché. Elles ont pourtant annoncé leur intention de fusionner pour mieux peser au niveau communautaire et même international. La Commission européenne devrait indiquer, très prochainement, si elle autorise ce rapprochement et dans quelles conditions. Quoi qu'il en soit, les Pays-Bas ont été en première ligne, ces dernières semaines, pour réclamer une hausse des quotas.
Négociation pied à pied
De leur côté, les Allemands ne sont pas arc-boutés sur la question du maintien des quotas. Ils ont plutôt négocié pied à pied pour obtenir de l'argent en vue de financer l'organisation de la filière laitière et d'aider les producteurs à innover. Objectif : être prêts le moment venu.
Outre-Manche, la situation est quelque peu différente : les cours se maintiennent à un niveau relativement élevé, les producteurs de lait se faisant plus rare. Les laiteries au Royaume-Uni bataillent pour garder leurs fournisseurs. Des « contrats de livraison » ont été mis en place qui garantissent le niveau de rémunération, la qualité et le volume de lait. Une solution d'ailleurs perçue par bien des professionnels comme une alternative au système des quotas. Mais, en tout état de cause, « on ne comprend pas bien l'inquiétude des Français », relève un expert bruxellois. Et d'ajouter : s'il y a de la marge pour les volumes à l'avenir, c'est en France, pas aux Pays-Bas.
Main basse sur la Caisse des Dépôts
Emmanuel Kessler - 21 novembre 2008 – France Infos
D’où vient l’argent de la Caisse des Dépôts ?
Une fois de plus, Nicolas Sarkozy met cette institution à contribution pour la création d’un fonds souverain français. Alors Emmanuel, la Caisse des Dépôts, est-ce que c’est la cagnotte où l’Etat peut puiser sans limite ?
La Caisse des dépôts, robinet à milliards ? Hier, elle s’est vue sollicitée pour injecter 10 milliards de plus dans l’industrie. Faisons l’addition : sauvetage des banques, prêts aux collectivités locales, crédits au PME, on arrive à 40 milliards depuis le début de la crise. Alors d’où viennent-ils ? La Caisse, c’est la banque de tous les fonds publics qui ne sont pas de l’impôt. Elle gère l’épargne du Livret A, les fonds des notaires, la trésorerie de la sécurité sociale, l’argent des retraites des fonctionnaires. Toute cette masse, elle la fait fructifier dans des placements surs et de longue durée. Et l’argent qu’elle gagne doit financer des missions d’intérêt général, le logement social par exemple.
Ca signifie que la Caisse n’est pas, comme on le dit trop souvent, le bras financier ou la cagnotte de l’Etat. Son argent, il ne tombe pas du ciel non plus, c’est celui des Français. Son utilisation doit répondre à des objectifs rigoureux, sous le contrôle de parlementaires. Précaution prise lors de sa création il y a deux siècles parce que Napoléon avait dilapidé tous les fonds publics pour financer ses batailles. Or à la faveur de la crise, cette autonomie vis -à-vis de l’exécutif est mise à mal. Tout le monde voit bien que c’est Nicolas Sarkozy qui décide. Moyennant quoi l’Etat fait main basse sur cet argent. Si les choses tournent mal, l’épargne pourrait un jour se transformer en impôt.
Est-ce qu’il y a vraiment un risque ?
La question est de savoir jusqu’où tout cela peut aller. Comme la Caisse des Dépôts est actionnaire de la moitié du CAC 40, elle subit la crise boursière. Elle accroit aussi son endettement. Et surtout, la forte baisse du taux du Livret A annoncée pour le début 2009 peut entraîner – on l’a vu dans le passé – beaucoup de retraits qui vont réduire ses fonds mobilisables. Bref, il y a des éléments de fragilité. On est en train de faire courir le 110 mètres haies à une très vieille dame. Et cela pour de mauvaises raisons. Car derrière l’idée de défendre notre industrie et nos entreprises nationales il y a un motif moins avouable. En allant prendre l’agent à la Caisse des Dépôts, l’Etat trouve un moyen astucieux d’augmenter la dépense publique sans que cela pèse sur son propre budget, dont le déficit atteint déjà des sommets.
... il y aurait des pesticides interdits dans du raisin européen
Bernard Thomasson - France-Infos 25/11/08
Une étude de l’association MDRGF, Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures, une association écologique, révèle que la quasi totalité des raisins de table prélevés dans cinq pays européens est contaminée par des pesticides pourtant interdits.
Mais attention, sur les 124 échantillons analysés, 123 ont fait apparaître des résidus de pesticides, 20% étaient contaminés par dix autres substances chimiques et moins de 5% dépassaient les limites maximales. Pour détailler cette étude, nous recevons François Veillerette, président de la MDGRF.
« On a fait réaliser, avec des collègues d’autres associations européennes, des analyses de recherche de pesticides dans 124 échantillons de raisins de table achetés dans cinq pays d’Europe. On a trouvé des pesticides à peu près partout sauf dans un seul des échantillons. Parmi eux, trois contenaient des pesticides interdits dans les pays mêmes de leur production, comme c’était le cas pour l’Italie.
Faut-il être inquiet, dans la mesure où seulement 5% de ces échantillons dépassent les limites autorisées par l’Europe ? Donc 95% sont valables
Même quand on a pas de dépassement de la limite maximale des résidus, on a un cocktail tout à considérable de pesticides. On trouve ainsi dans 44% des échantillons analysés 10 ou même plus, de pesticides différents, le record dans cette enquête appartenant à la France avec 16 ! Avoir un tel cocktail de substances chimiques, même si chacune est juste d’un niveau inférieur à la norme imposée, c’est quand même inquiétant.
Donc, faut-il être inquiet , vous me dites oui ?
On parle beaucoup par exemple en ce moment, dans les milieux scientifiques et médicaux, de perturbations de la fertilité humaine par les produits chimiques. Ce sont des perturbateurs endocriniens. On en a trouvé dans certains échantillons, deux, trois voire quatre. Bien sûr, on ne va crier à la catastrophe tout de suite, mais cela veut dire que, par ce biais là, on a même à très faible dose, une exposition de la population qui est inquiétante à la longue.
Comment alors peut-on remplacer les pesticides ?
Heureusement, on sait faire avec beaucoup moins de pesticides, pour la culture des céréales et également celle de la vigne. Il y a des viticulteurs qui utilisent largement moins de pesticides que, j’imagine, les plus mauvais que nous avons rencontrés dans cette enquête. On est pas obligé d’utiliser quarante traitements par an sur une vigne pour la cultiver, même si on n’est pas en bio. Je connais personnellement des agriculteurs qui on divisé leurs traitements par deux, ou trois et même quatre et qui ont néanmoins de très très bons résultats. Il y a donc moyen d’arriver à des systèmes de production beaucoup plus respectueux de l’environnement et de la santé. C’est d’ailleurs l’objet d’un plan qui fait partie des accords du Grenelle de l’environnement, le plan Ecophyto2018 ( ?) qui doit diviser par deux l’utilisation des pesticides. Pour la vigne, c’est vraiment important car cela représente 20% des pesticides utilisés en France sur seulement 3% de la surface agricole.
