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samedi 22 novembre 2008

MAM veut sauver les casinos

Le Canard Enchaîné du 19/11/08

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CHINE - Torture : le bilan désastreux

Actualités CHINE le 22/11/2008 à 11h16  par AFP

Violence sur les suspects, dissidents enfermés dans des prisons secrètes, prélèvements forcés d'organes... Tel est l'état des lieux catastrophique qu'a dressé le 21 novembre le Comité anti-torture de l'ONU concernant la Chine, pays dans lequel l'usage de la torture reste "routinier".

L'usage de la torture est largement répandu en Chine, a déploré vendredi le Comité anti-torture de l'ONU (CAT) réuni à Genève.

Le comité s'est déclaré "profondément inquiet en raison des constantes allégations, confirmées par de nombreuses sources chinoises légales, sur l'usage largement répandu et routinier de la torture et des mauvais traitements" infligés par la police chinoise pour extorquer des aveux et des informations.

"Le recours constant aux aveux comme preuve invoquée par l'accusation crée les conditions facilitant l'usage de la torture et le mauvais traitement des suspects", déplore le comité qui cite le cas du dissident et militant des droits de l'homme Yang Chunlin. Il s'est également déclaré préoccupé "des informations sur des violences sur des détenus, pouvant même mener à la mort dans de nombreux cas".

Les experts anti-torture de l'ONU ont aussi déploré le recours à des formes "administratives" de détention, notamment dans le cadre de la politique de "rééducation par le travail pour des individus qui n'ont jamais vu leur cas examiné par un tribunal, sans possibilité de recours" et qui peuvent être soumis à la torture, notamment lorsqu'il s'agit d'adeptes de certaines religions ou de membres de groupes ethniques minoritaires.

Le Comité a évoqué les allégations concernant des "lieux de détention secrets", des "prisons noires" où seraient jetés des dissidents comme Mme Wang Guilan.

Les experts de l'ONU se sont inquiétés également du sort de Hu Jia, victime comme d'autres militants des droits de l'homme de harcèlement et d'actes de violence commis par des hommes de main recrutés de manière officieuse par les autorités.

Revenant sur la répression des manifestations de la place Tien An Men en juin 1989, ils estiment que les autorités chinoises "doivent mener une enquête compléte et impartiale" sur ces événements, "fournir des informations sur les personnes encore détenues", "présenter des excuses et des réparations appropriées et engager des poursuites contre les responsables d'usage excessif de la force, de torture et d'autres mauvais traitements".

De la même manière, le Comité anti-torture est "gravement préoccupé par les informations sur les événements récents dans la région autonome du Tibet et les provinces tibétaines" faisant état de tortures et de mauvais traitements "tout particulièrement contre des moines et des religieuses tibétaines".

Il déplore qu'aucune enquête n'ait été menée. Le Comité anti-torture a également évoqué les allégations de tortures et de prélévements d'organes aux fins de transplantation sur des adeptes de la secte Falun Gong.

Les experts ont noté avec le rapporteur spécial de l'ONU sur la torture, Manfred Nowak, que "l'augmentation du nombre d'opérations de greffes d'organes coïncide avec le début de la persécution (contre les adeptes du Falun Gong)".

Les experts de l'ONU se sont aussi inquiétés du sort des émigrés nord-coréens, refoulés en dépit du risque encouru d'être soumis à la torture une fois revenu dans leur pays.

Enfin, le CAT a exprimé sa préoccupation sur les conditions de détention des condamnés à mort en attente de leur exécution. Ceux-ci sont enchaînés jour et nuit et leurs organes peuvent être prélevés sans leur consentement après leur mort, selon les informations reçues par le Comité de l'ONU. 

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Bernard Tapie ou le sens des affaires

Libération samedi 22 octobre 2008-11-22

C’est la nouvelle initiative de Bernard Tapie : utiliser l’indemnité perçue en règlement de son litige avec le Crédit Lyonnais (40 millions d’euros) ,pour créer un « fonds de placement pour entreprises à la peine ».

L’ancien homme d’affaires le déclare ce Week-end au journal Marianne. Mais il n’entend pas diriger les établissements dans lesquels il investira, comme il le faisait dans les années 80, précise t-il. « J’entends aider des entreprises en difficulté, des PME notamment. La période actuelle ressemble à celle des années 80, en pire ».

A l’époque, Tapie avait fait du rachat d’entreprises en difficulté sa spécialité. En quelques années, il en avait repris une cinquantaine, ce qui lui a valu le surnom de « Zorro des entreprises ».

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DéPUTéS - Les sièges convoités des français de l'étranger

Libération - samedi 22 novembre - Laure Equy

Innovation de la réforme constitutionnelle votée à une très courte majorité (1 voix),  la création de sièges de députés pour les français de l'étranger a été âprement disputée cette semaine à l'Assemblée. Le secrétaire d'Etat à l'Intérieur, Alain Marleix, a martelé qu'il s'agissait d'un engagement pris par les deux finalistes de l'élection présidentielle. L'opposition y voit la possibilité pour la droite de s'assurer un réservoir de postes.

Autorisé jeudi par l’Assemblée à mettre à jour la carte électorale, Alain Marleix devrait réserver huit ou neuf sièges de députés aux représentants des français vivant à l’étranger. Il retient comme base électorale, les français immatriculés en consulats (1,4 millions), faute d’un recensement précis hors des frontières. A ce chiffre, il retranche ceux inscrits dans une circonscription française, parvenant à un total d’environ 900 000 personnes.

Comment seront-ils élus ?

Les candidats seraient soumis aux mêmes règles : le scrutin majoritaire à deux tours. Marleix ayant écarté l’idée de combiner deux modes distinctifs aux législatives.  « Mauvaise foi caractérisée » réplique Martine Billard (les Verts), les sénatoriales mixant scrutins majoritaires et proportionnels,, certes au suffrage indirect. Marleix avance aussi l’intérêt d’avoir «  un député véritablement attaché » à ces électeurs. Argument « absurde » balaie Jean-jacques Urvoas (PS). L’option du scrutin majoritaire impliquant de dessiner des circonscriptions géantes. Comment un député élu en Amérique du Sud pourrait-il être « attaché » à une zone dont la superficie couvre « 32 fois celle de la métropole » ! », pointe t-il. La gauche plaidait, elle , pour la proportionnelle. On aurait, selon Charles de la Verpillère (UMP), « des élus sans électeurs, choisis à Paris ».

Que craint la gauche ?

L’orientation politique des français de l’étranger diffère peu de la tendance hexagonale au vu de leur vote de 2007 (54% pour Sarkozy, 46% pour Royal). Mais la gauche redoute que les ciseaux de Marleix soient guidés par des « arrière-pensées ». En clair, la tentation de créer  des circonscriptions « cousues sur mesure » pour l’UMP. S’il doit s’appuyer sur les 53 circonscriptions délimitées pour l’élection des membres de l’Assemblée des Français de l’étranger, le gouvernement pourra ensuite les englober à sa guise pour en former des plus vastes. Citant les Etats-Unis (75 000 français), Urvoas note qu’en les regroupant, soit avec le Canada, soit avec l’Amérique latine, on obtient, au choix, une circonscription de gauche ou de droite ! « On s’attend, conclut-il à ce que, sur huit ou neuf, Marleix nous laisse deux sièges ».

PS: un fauteuil pour deux. En vrai.

Marianne.fr – 22/11/08 - Bénédicte Charles

Avec seulement 42 voix d'avance, ce qui est très peu dans un parti connu pour ses pratiques électorales internes parfois légères, Martine Aubry doit attendre la semaine prochaine et la tenue du conseil national du parti pour savoir si son élection au poste de Premier secrétaire est validée. Ou pas : Ségolène Royal a d'ores et déjà demandé un nouveau scrutin.

Résumons : après un vote sur les motions, le 6 novembre dernier, qui n’avait dégagé aucune majorité , après un Congrès de Reims d’où aucune synthèse, même partielle, n’est sortie , après la constitution en quatre jours d’un TSS (Tout sauf Ségolène) avec Martine Aubry pour chef , le PS, exsangue, vient de subir une nouvelle épreuve. Cette nuit, alors que les militants étaient invités à voter pour départager Martine Aubry et Ségolène Royal, le parti s’est fracturé en deux blocs quasi égaux. En effet, Aubry ne l’emporte sur sa rivale qu’avec 42 voix d’avance !

Toute la nuit, les rumeurs contradictoires ont couru sur l’issue de cet étrange scrutin. Et finalement, vers six heures du matin, la direction du PS a confirmé la victoire de la maire de Lille avec 50,02% des suffrages, soit 67 413 voix, contre 67 371 pour Ségolène Royal.

42 voix, c'est peu. Surtout quand on sait les efforts déployés par Aubry pour rassembler son TSS : l'alliance avec Fabius, puis l'entente avec Jospin, l'accord avec Hamon et même la réconciliation avec Delanoë!

42 voix, c’est peu. Surtout quand on sait que des fédérations importantes comme les Bouches-du-Rhône ou le Nord traînent une mauvaise réputation côté fraude. La direction du parti avait d’ailleurs mené une opération « vote propre » peu avant le début du Congrès , et envoyé une circulaire aux délégués. Il serait naïf de croire qu’elle a été suivie à la lettre.

C’est dans ce contexte que Ségolène Royal a décidé de contester le scrutin, et de réclamer un nouveau vote. Le conseil national du parti, qui devrait se tenir la semaine prochaine et doit entériner (ou pas) les résultats du vote, en décidera.

Certes, ce conseil national est loin d’être favorable à Ségolène Royal. Mais valider la trop courte victoire de Martine Aubry, ce serait risquer de mettre à la tête du PS un Premier secrétaire privé de légitimité. Ce serait la pire des choses. Quoiqu’au PS, on ne peut jamais jurer de rien

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De la démocratie

De la démocratie

La démocratie n’est pas une machine qui peut être lancée chaque fois qu’il apparaît nécessaire, mais une négociation subtile, respectueuse et continue, entre un peuple et ses représentants.

Pour progresser dans la démocratie, il y a nécessité d’avoir le plus grand nombre possible de citoyens à même de reconnaître les valeurs les plus élevées, le point de vue le plus correct. Ceci est possible uniquement grâce à un emploi correct des systèmes d’éducation et d’information .

Quand ce sera le cas, nous verrons « se purifier » le domaine politique, s’assainir nos processus de représentation, et le peuple devenir plus exigeant dans les comptes qu’il demandera de rendre à ceux qu’ils ont choisi pour gouverner.

Alors, les gens ne tolèreront plus le totalitarisme d’un système politique ou de gouvernement, l’autoritarisme d’aucune église ou religion, ils n’accepteront ni ne permettront la domination d’un quelconque groupe qui leur dira ce qu’ils doivent croire pour être sauvés, ni quel gouvernement ils doivent accepter.

En effet, lorsque la plupart des gens pensent à la démocratie, ce qu’ils sous-entendent réellement est la démocratie libérale – c’est à dire la combinaison d’une démocratie comme moyen de choisir un gouvernement, avec le libéralisme constitutionnel, à savoir la protection de l’autonomie et de la dignité d’un individu contre toute forme de coercition, qu’elle provienne de l’Etat, d’une église ou de la société. Un état ne peut être véritablement démocratique que si ses citoyens peuvent choisir librement leurs dirigeants, que ceux-ci soient animés d’un esprit impartial, au service de l’intérêt général.

On peut également observer que la démocratie n’est pas une condition nécessaire pour l’existence de niveaux élevés de libéralisme constitutionnel. Ainsi, par exemple, un Etat peut avoir un pouvoir judiciaire totalement indépendant dans lequel l’électorat peut ne jouer aucun rôle dans sa sélection.

De fait, les sociétés, comme les individus, doivent passer par un processus évolutif de maturation. En ce sens, une société pleinement démocratique doit être développée au travers de l’expérience d’un peuple. A la tâche difficile, mais nécessaire que chacun entreprenne une réflexion un peu plus en profondeur chaque fois qu’on propose la solution de « plus de démocratie » pour traiter les maux d’un pays.

Werdna - 22/11/08

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La retraite à 70 ans : insidieuse théorie

Libération 21 Novembre 2008

par Martine Billard députée de Paris (les Verts). 

Dans la nuit du 31 octobre, les députés UMP ont voté un amendement autorisant le travail jusqu’à 70 ans. Le discours sur le volontariat des salariés n’arrive pas à cacher les vraies intentions de l’UMP qui agit de façon constante depuis 2002.

La première étape consiste à matraquer l’opinion sur la liberté de choix. Puis vient la deuxième phase, soit sous forme d’expérimentation, soit sous forme d’autorisation limitée.

Puis l’estocade finale est portée : ce qui n’était que possibilité devient généralité, voire obligation. Nous l’avons déjà vécu avec les heures supplémentaires : dans un premier temps, nous avons le droit à une grande campagne de communication sur le droit de travailler plus ;

puis vient l’autorisation de dépasser le contingent jusqu’alors autorisé et, au final, cet été, toute limite est supprimée sauf celle fixée par les textes européens, soit 48 heures de travail par semaine.

Pour les retraites, le procédé est le même. D’abord la majorité nous vante le droit de travailler plus longtemps. L’autorisation de continuer à travailler après 65 ans, pour cumuler emploi et retraite, avait donc été introduite en 2003 par la loi Fillon sur les retraites. Le dispositif était soumis à certaines conditions (pas chez le même employeur et plafonnement des revenus).

Maintenant, le gouvernement passe à la deuxième séquence, en faisant sauter toute condition au cumul emploi-retraite.

Les explications varient selon les moments.

Tantôt il s’agit de ne pas perdre des compétences comme celle de Guy Roux ou du professeur Montagnier (Xavier Bertrand) ou de prendre le temps de les transmettre comme dans l’industrie nucléaire (sic) (Laurent Wauquiez).

Avec un tel argument, on peut repousser l’âge de la retraite indéfiniment si les entreprises ne font pas l’effort de former les nouveaux salariés avant le départ des anciens.

Autre motif donné : le faible taux d’emploi des seniors, spécifique à la France. Certes mais il faudrait commencer par permettre aux 55-64 ans de rester dans l’emploi pour ceux qui en ont besoin ou ceux qui le souhaitent. L’allongement à 70 ans revient à augmenter le travail de ceux qui sont en poste sans améliorer la situation de celles et ceux qui sont au chômage.

Cet été, une loi est venue durcir les obligations des demandeurs d’emplois, toujours soupçonnés par l’UMP d’être des assistés : ils doivent prouver de façon toujours plus difficile qu’ils ne cessent de chercher un travail et devront accepter des emplois sous-payés et en deçà de leurs qualifications ou expériences (dites «offres raisonnables») dans un rayon de 30 kilomètres de leur domicile.

Comment expliquer aux jeunes, qui ne trouvent pas de travail ou qui galèrent d’emploi précaire en emploi précaire, que des postes de travail potentiels sont occupés par des personnes de plus de 65 ans qui peuvent cumuler salaire et pension de retraite !

Enfin, dernière justification, les pensions de retraite sont parfois insuffisantes et cette mesure permettra aux salariés n’ayant pas cotisé quarante et un ans ou qui devraient percevoir des faibles pensions de continuer à travailler. Or, ce sont les femmes qui sont les salariées les plus concernées par le nombre insuffisant de trimestres cotisés (une femme sur deux contre un homme sur vingt) et qui doivent déjà attendre 65 ans pour avoir le droit à une retraite à taux plein.

Et lors de ce budget, une autre mesure passée inaperçue prévoit d’exclure du minimum contributif majoré (versé par les caisses de retraite) les salariés qui auront leur nombre de trimestres validés mais non cotisés (arrêt maternité, congé parental, arrêt maladie). Une fois encore, ce sont les femmes qui sont les plus visées. Le gouvernement leur répond «travaillez plus». C’est totalement inique !

Dans quelque temps, il nous expliquera qu’il est anormal de pouvoir prendre sa retraite à 65 ans sans avoir la totalité des trimestres d’assurance nécessaires (164 soit 41 ans actuellement). Il nous dira qu’à 65 ans on est encore en pleine forme physique pour travailler, qu’il faut financer les retraites, etc. et la boucle sera bouclée : une nouvelle loi prévoira d’attendre 70 ans pour pouvoir partir avec une retraite à taux plein, faute d’avoir le nombre de trimestres nécessaires.

Alors oui, cela revient à repousser insidieusement le départ en retraite à 70 ans.

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TRAVAIL - Le prix du dimanche, par Philippe Askenazy

LE MONDE | 18.11.08

Philippe Askenazy est directeur de recherche au CNRS, Ecole d'économie de Paris.

L'ouverture des commerces le dimanche est à nouveau discutée. Et pourtant, environ un quart des travailleurs français travaillent déjà le dimanche au moins occasionnellement, notamment dans de nombreux services publics (hôpitaux, police, etc.). Et pourtant, une journée de repos hebdomadaire est garantie par les normes européennes.

Le débat actuel semble une répétition de celui du tout début du siècle dernier sur le dimanche chômé pour tous. Les arguments invoqués à l'occasion de la loi de 1906 se retrouvent dans la bouche des mêmes acteurs. Le patronat soutient le travail dominical.

L'Eglise catholique souhaite le maintien de cette journée chômée, consacrée à la messe et à la famille. Les syndicats y ajoutent le nécessaire repos des salariés. Il ne manque que les militaires : l'usure prématurée de la jeunesse par un travail 7 jours sur 7 soulevait des inquiétudes sur la capacité de la France à lever une armée de soldats aptes à laver l'humiliation de 1870.

Ce dernier argument avait fini par emporter le progrès indéniable que constitue le repos du dimanche.

Alors, comment renouveler le débat sur l'ouverture dominicale des commerces ? Le programme de Barack Obama ne l'évoque pas, privilégiant le thème plus large de la "flexibilité des horaires" au sens américain, c'est-à-dire un libre choix des salariés, la conciliation vie professionnelle et vie familiale.

La flexibilité à la française s'entend comme une variabilité des horaires imposée par l'employeur à ses salariés ; acception entérinée même par les socialistes, entre la "modulation" de Martine Aubry et l'"agilité" de Ségolène Royal.

Traversons cependant l'Atlantique. Aux Etats-Unis, la plupart des grandes surfaces (alimentaires) sont ouvertes 24 h sur 24, 7 jours sur 7. Or discrètement des enseignes font du lobbying pour une régulation des horaires d'ouverture. De fait, elles se retrouvent dans un coûteux équilibre devenu vicieux. La concurrence vive empêche, sous peine de perdre une précieuse clientèle, de réduire l'amplitude d'ouverture.

Et cette forte amplitude implique deux coûts importants.

Le premier est énergétique. Les grandes surfaces, notamment alimentaires, sont parmi les activités les plus énergivores : éclairage puissant entièrement artificiel, chauffage ou climatisation de volumes immenses, vastes rayons de réfrigération ouverts ou souvent manipulés.

En ces temps de Grenelle de l'environnement, il est ainsi cocasse que l'on ne s'interroge pas sur l'impact environnemental de l'ouverture du dimanche en France : sa généralisation à tous les hypermarchés et supermarchés se traduirait par un surcroît de consommation énergétique supérieur aux fameuses économies générées par le changement d'heure hiver-été. Sans compter la multiplication des déplacements de consommateurs qu'elle engendrerait.

Le second coût majeur est le travail. Outre-Atlantique, malgré l'absence (ou la faiblesse) de bonus pour le travail de nuit et le dimanche, la forte amplitude horaire participe à des dépenses de consommateurs par heure travaillée modestes dans les magasins : dans l'alimentaire, elles sont deux fois plus faibles aux Etats-Unis qu'en France.

Théoriquement, qui dit coûts supérieurs dit prix supérieurs mais aussi plus d'emplois ou d'heures travaillées par les salariés du secteur, mettant en musique le "travailler plus pour gagner plus" en faveur de ces derniers.

Mais, par ailleurs, l'ouverture du dimanche permet d'étrangler définitivement les petits commerçants (qui ont massivement, en toute connaissance, voté pour l'actuelle majorité), ce qui jouerait in fine contre l'emploi. Les grandes surfaces pourraient ainsi augmenter leur chiffre d'affaires et préserver les prix.

L'impact théorique de l'ouverture dominicale est ainsi ambigu. D'où l'intérêt des travaux empiriques sur les cas nord-américains. Les Etats américains ou les provinces canadiennes n'ont pas simultanément dérégulé l'ouverture des commerces le dimanche.

L'exploitation statistique de cette diversité permet d'identifier les effets propres de cette dérégulation. Les estimations sont convergentes. Aux Etats-Unis comme au Canada, l'effet net sur l'emploi est réel mais modeste : de l'ordre de 1 à 2 % de postes supplémentaires. En revanche, le volume d'heures offert par salarié demeure inchangé : ceux qui travaillent le dimanche perdent des heures en semaine ; au total, l'impact sur leur salaire est très faible.

C'est probablement ce qui amène l'UMP à préconiser un paiement double de la rémunération de base le dimanche. Mais cela risque d'exacerber les coûts supportés par les entreprises du secteur. Or déjà, sans un tel doublement, les études nord-américaines sont unanimes : l'ouverture dominicale se traduit par une augmentation des prix de l'ordre de 4 %.

En France, si le doublement salarial s'ajoute à la faiblesse criante de la concurrence entre enseignes dans de nombreux pans du territoire, un impact encore plus massif sur les prix est à craindre. En fait, il n'y a pas de miracle : le service supplémentaire que représente l'achat dominical a un coût, et ce coût est facturé, voire surfacturé, aux clients. Même pour ceux qui ne font pas leurs courses le dimanche !

Gageons que dans un contexte de crise du pouvoir d'achat, cet argument prix sera rapidement mis en avant par les employeurs du secteur... pour exiger de revenir sur l'engagement du doublement de rémunération, une fois la libéralisation obtenue. Alors autant ne pas tronquer le débat.

Et, notamment, poser aux Français une question complète : souhaitez-vous une ouverture dominicale des commerces quitte à subir une hausse des prix ?

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Qui sommes-nous ? L'opposition ?

Marianne.fr –21/11/08 – par Laurent Laurent

Les opposants à Sarkozy sont si divers qu'ils ressemblent à une liste à la Prévert. Comment pouvons-nous nous entendre, si nous ne savons pas comment nous appeler? Mais quel nom choisir?

À l’heure où le Parti Socialiste est vraiment coupé en deux (au bas mot) et où l’on s’égaille en nombreux courants et partis, alors qu’un jour il faudra bien, au contraire, s’unir mais que cette union semble bloquée (ah malheur), on pourrait s’avancer un peu en se posant la question de ce que nous sommes. Pour cela, peut-on trouver un mot, un nom pour nous qualifier. Comment nous appelons-nous ?

opposition

A la recherche du nom perdu
Il s’agit de trouver un mot d’actualité pour qualifier le sous-ensemble des Français qui subissent la politique actuelle et sont sensés vouloir que ça change demain, au point de voter ensemble, le jour venu, pour réaliser l’alternance. Un vocable sous lequel se regrouper, depuis l’extrême-gauche jusqu’au centre , comprenant les non-possédants, les républicains et les démocrates, les restes de la gauche, les radicaux avec les modérés, ceux qui ont voté Ségolène Royal au 2ème tour avec les petits, les sans-grade et les énervés.

Au travail (dans le désordre). D'abord, on ne peut pas s’appeler les « pauvres » même si ce vocable a un certain avenir, car il y aura des classes moyennes flouées à rallier. On ne peut pas non plus dire les « ouvriers ». Ni les « prolétaires » au sens premier. Ça fait trop XXème siècle. Et deuxième phase du communisme. Le terme « employés » fait trop bureau, voire bureaucratie. Ensuite il y a « travailleurs » qui n’est pas mal. Mais malheureusement porte la marque de la caricature d’Arlette Laguiller.

Baptême
La « France d’en bas », ça fait communication de fourbe, à la Raffarin-Chirac. Comment peut-on y croire ? Et ce n’est pas à l’adversaire de baptiser son opposant naturel. Il y a bien le « peuple »… C’est pertinent mais usé. Un peu trop Révolution française, comme « Tiers-état ». On pourrait dire les « citoyens » ou les « républicains » mais en fait cela correspond à ceux qui respectent seulement le système légal, non sans fierté parfois. Cela ne suffit pas pour construire une nouvelle équité.

Car rappelons-le, le but de l’alternance politique ce n’est pas seulement un changement de dirigeants, mais un changement de politique ; sinon prenons un nom comme les Montaigu ou les Capulet, familles rivales dans Shakespeare : ou Gibelins contre les Guelfes dans le Florence de la Renaissance, pour de simples querelles de pouvoir. Et rappelons aussi que le beau terme de républicain fut galvaudé naguère par les Républicains Indépendants giscardiens – ah malheur ! – ainsi que le RPR qui fut « pour la République », beau contre sens. Et que dire du Parti Républicain américain, aujourd’hui ? Ah malédiction !

Scrogneugneux
Alors, on pourrait s’appeler les « anti-sarkozystes » ?  Trop réducteur, pas assez politique. Le « Tout-Sauf-Sarkozy » n’a pas trop marché à la dernière présidentielle, dit-on. Bon. Dans notre société du vrac, dans les romans à la mode, on trouve les « gens » . Terme minimalo-naturaliste qui a l’inconvénient de comprendre aussi les possédants, les passants, enfants ou vieux et les scrogneugneux. C’est comme le terme « le public ». Non. Ensuite, il y a « les petites gens ». Impossible ! Pourquoi pas la « canaille » non plus ? Sous l’Empire romain, on parlait de la « plèbe » (terme cité à l’occasion par Michel Onfray). Et dans la Grèce Antique, les « esclaves » qui était ceux qui travaillaient. Impossible.

Il y a encore les « anti-capitalistes », terme qui fait son chemin, mais qui ne comprend pas les centristes et libéraux, partisans du système (hélas), mais indispensables pour l’alternance. Il y a eu récemment les « alter-mondialistes » qui se sont évaporés. Ah ce n’est pas facile ! Bien sûr, ce terme regroupe aussi les « exclus », les « immigrés économiques », les « sans papiers », les « sans logement », et les « sans travail », les « démunis ». Parties qui ne sont pas le tout, mais qu’il faut comprendre. Ainsi qu’en d’autres termes les « quidams », les « nécessiteux », les « péquenauds », les « ploucs », les « mimiles » et les « gueux », les « manants », les « roturiers »… Que dire ?

Que faire ?
Alors ne nous compliquons pas : disons la « gauche ». Soit en cartel, en union, en plurielle, en front populaire, aujourd’hui en « durable ». Mais le MoDem a juré que ça n’existait plus. Donc pas de majorité sur le nom seul de « gauche ». Dire « le centre et gauche » et ce sera la gauche de gauche qui fera une crise. Que faire, disait Lénine ?

Alors on pourrait-on dire : « ceux-qui-gagnent-moins-de-quatre-mille-euros-par-mois » ? C’est tout à fait majoritaire mais trop long. On ne va pas dire non plus les « moins 4000 » ! Ou les « QSP moins ». Ou, tenez, se regrouper sous un symbole, comme la coalition de l’Olivier. Bof, ça manque de politique tout de même et peut faire long feu. On ne peut se revendiquer d’une couleur : le noir, le rouge, le rose, le vert, l’orange ? Aujourd’hui, la couleur arc-en-ciel est proposée. Mais bon…

Liste à la Prévert
Allons, Français, encore un effort ! Il s’agira d’un nom regroupant une liste à la Prévert. Où le mariage de la carpe et du lapin est tenté. Ce qui est a priori impossible, mais si ces deux-là se regroupent sous le terme : les animaux, alors ils peuvent revendiquer leurs droits. Et nous voilà sauvés. Et si l’on trouve un nom, ce sera peut-être comme un titre, il suffira d’écrire le livre qui s’en suit (de bons livres ont déjà été écris à partir d’un bon titre). Ah, j’ai oublié : ce nom pourrait être celui d’une personne derrière laquelle on se regrouperait pour renverser les forces de droite. Un nom propre ! Oui mais lequel ?

Juste après l’élection de Sarkozy, des commentateurs avisés avaient judicieusement analysé que celui qui battrait Sarkozy en 2012 ou 2017, était encore un inconnu. Grande finesse d’analyse, le nom inconnu.

Retrouvez Laurent Laurent sur son blog .

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ARRAS – Fermeture de la bijouterie Sénéca : La fin... ou presque de la saga des horlogers Sénéca

Actualités MAVILLE 21/11/2008 par NICOLAS ANDRÉ nandre@lavoixdunord.fr PHOTO SAMI BELLOUMI

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La boutique fermera, en décembre, ses portes sur une belle histoire familiale. : La Voix du Nord

Évoquer la fermeture de la bijouterie horlogerie de Bernard et Martine Sénéca, c'est aussi tourner une page de l'histoire d'Arras, évoquer une «  dynastie » d'artisans qui aura marqué le monde du commerce et du patrimoine depuis de XVIIIe siècle ! Rien que ça !

De grandes affiches blanches sur lesquelles il est écrit en rouge : « Liquidation avant fermeture » ont remplacé les montres et colliers, bagues de fiançailles et bijoux fantaisies dans les vitrines du n°50 de la rue Delansorne. Bernard et Martine Sénéca ferment boutique donc, après Philippe qui aura placé sa bijouterie de la rue Saint-Aubert en location-gérance, à son beau-fils, Mathieu Debuire, un des anciens ouvriers horlogers de maître Bernard. « Ce n'est plus une lignée directe mais c'est tout de même un peu de Sénéca qui demeure », reconnaît Bernard.

Établi depuis quarante ans, rue Delansorne, Bernard Sénéca est en effet le dernier horloger d'une famille dont la saga avait débuté en 1720, à Abbeville. Les Sénéca étaient alors corroyeurs et livraient moulins et matériel à polir pour les orfèvres. Un des fils de cette première génération se tourna tout naturellement vers ce métier. Un autre devint marchand mercier. Il faisait les grandes foires pour livrer les châteaux en fournitures diverses, dont des horloges et cartels. Ce n'est qu'à la fin du XVIIIe que la famille se tourna définitivement vers l'horlogerie. Au début du XIXe, Arras devenant un chef lieu et Doullens perdant de son aura économique, la famille s'installe à Arras.

Vers 1836, on ne comptait pas moins de sept horlogeries Sénéca sur le pavé arrageois, certains travaillaient en chambre (dans leur atelier, à domicile). « Dire qu'ils s'entendaient tous et ne se faisaient pas concurrence serait faux ! », souligne Bernard. Il y eut une horlogerie Sénéca sur la petite place (vers 1850), une autre rue Saint-Aubert, une autre rue Delansorne, au n°10 puis au 33, dans cette rue appelée encore rue Saint-Géry.

Un membre de la famille de la branche Sénéca-Baëlen s'entendait si bien avec la famille qu'il légua ses biens (immeubles, horloges, cartels, montres anciennes, tableaux) à la ville et au musée d'Arras. Il jouit encore d'une sépulture très voyante au cimetière. La guerre aura raison de ce patrimoine ou presque. Il en reste quelques pièces, épargnées par les bombardements, au musée des Beaux-Arts.

Un autre membre illustre, prénommé Myrtille, fut juge à Arras avant d'être élu au premier conseil général du Pas-de-Calais et de devenir adjoint du ministre de la Justice, sous le Second Empire.

En 1918, on trouve la trace d'un arrière grand-père, à Boulogne-sur-Mer. Raoul, le grand-père, Jean, le père, formé à Anet (prestigieuse école près de Dreux) et son épouse Marie-Thérèse, allaient ensuite passer le flambeau à Bernard et Philippe. •

Les rédactions de La Voix du Nord

Posté par Cozett à 00:07 - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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