vendredi 21 novembre 2008
Le maire de Paris à fond pour Aubry
Le Canard Enchaîné 19/11/08


Budget : L’Elysée se sert aussi dans les ministères
Libération du 21/11/08 – Nathalie Raulin
Nicolas Sarkozy récupère le « pilotage » des « fonds spéciaux » dépendant de Bercy et de l’Intérieur.
L’hyper présidence n’a pas de limite budgétaire ! Le chef de l’Etat qui cantonne peu à peu les membres de son gouvernement à un rôle de VIP de luxe, vient d’infliger un nouveau camouflet à deux d’entre eux en faisant main basse sur la très discrète cagnotte dont ils disposaient traditionnellement pour « arrondir les angles » avec les parlementaires et les élus locaux. Concernés : la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie et le ministre du budget Eric Woerth.
Fin octobre, ces deux là ont eu la désagréable surprise d’apprendre que l’Elysée assurerait désormais le « pilotage direct » de leurs « crédits spéciaux », à savoir une vingtaine de millions d’euros qu’il leur était jusque là loisible d’affecter à qui bon leur semblait sur présentation de projets d’investissement locaux sérieux… Un dispositif très arrangeant qui n’a surtout pas de secret pour l’ancien locataire de Bercy et de la place Beauvau qu’est Nicolas Sarkozy.
Trésor. Or, le Président est à cran. L’adoption fin juillet à une petite voix près (celle de Jack Lang ?) de la révision de la constitution de la Vème République a fait office d’avertissement. Devenues nécessaires, les invitations à déjeuner deux fois par mois de petites fournées de parlementaires, et les grand-messes dans le salon d’honneur de l’Elysée, comme avec les sénateurs, jeudi dernier, ou les députés le 3 décembre, ne suffisent pas toujours à amadouer les élus. A l’heure où la majorité s’affirme turbulente,plus question de négliger ces poires pour la soif utiles pour « fluidifier le dialogue républicain ».
Le tout, dans la plus totale opacité. Ces crédits spéciaux sont en effet noyés dans l’immensité des comptes de l’Etat que le simple examen du projet de loi 2009 ne suffit pas pour les repérer. Dans la nuit de mardi à mercredi, lors de l’examen à l’Assemblée de la partie dépenses du texte, Eric Woerth a usé d’une formule consacrée, volontairement absconse, pour décourager d’éventuelles demandes d’explications des députés sur l’amendement gouvernemental présenté : «… le septième point consiste à abonder de 100,28 millions d’euros le crédit de diverses missions, notamment afin de répondre favorablement aux propositions de votre commission des finances… » Dans l’hémicycle, personne pour moufter. C’est que le ministre faisait là discrètement référence à un nerf sensible de l’Assemblée : la réserve parlementaire, sorte de trésor de guerre mis chaque année à la disposition des députés désireux d’aider à financer des projets d’investissement dans leur circonscription – réfection de chapelle, rénovation de bâtiments publics, aides aux refuges animaliers…
Toutefois, l’enveloppe annoncée par Woerth (100 millions) est en réalité supérieure à la réserve parlementaire accordée. Et le reliquat couvre notamment les fameux crédit spéciaux des ministres. La difficulté, c’est que les deux enveloppes (réserve parlementaire et crédits spéciaux, tout comme la réserve parlementaire du Sénat non encore examinée en séance publique), se cumulent sur une même ligne budgétaire, la L122-O1, déjà riche des subventions directes de l’Etat aux collectivités locales. Le parlementaire le plus teigneux n’y retrouverait pas ses petits !
Pourtant, c’est bien cette ligne, gérée par le ministère de l’Intérieur que l’Elysée vient de placer sous son contrôle.
In vivo. Si les documents officiels ne permettent pas d’en savoir plus, la mainmise élyséenne rend l’administration plus bavarde. Ainsi les crédits spéciaux dévolus à l’Intérieur flirtaient en 2008 avec les 10 millions d’euros contre quelques 8 millions pour le ministre du Budget. Total : quelque 18 millions librement mobilisables qui permettait alors d’aider les élus amis à boucler le financement d’investissements dans leur fief. Une facilité appréciable pour qui veut se ménager des fidélités ou aplanir des différents.
Dans les cercles avertis de l’Assemblée et du Sénat, les commentaires acides vont bon train. « C’est une nouvelle illustration de l’hypercentralisation en cours du pouvoir » s’indigne un sénateur UMP. Un député de droite renchérit : « C’est une démonstration in vivo de l’affaissement des prérogatives ministérielles ». Un autre élu sarkozyste de résumer : « Dire – je recentralise tout ! – c’est trash ! Si les ministres n’ont même plus leur mot à dire sur l’affectation de 10 pauvres ( ?) millions d’euros, ça en dit long sur la considération dont ils font l’objet… »
Question communication, l’affaite tombe assez mal. L’Elysée qui, depuis un mois, bassine l’opinion avec la soi-disant « transparence » de ses comptes, va devoir en rabattre. Un orfèvre du budget, aux manettes quand la gauche était au pouvoir, apprécie en connaisseur : « Après en avoir fait des tonnes sur la transparence de ses dépenses, l’Elysée reconstitue ses bas de laine. C’était bien la peine de donner des leçons au monde entier ! »
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Sur les toits du Palais de l'Elysée...
Les frais de personnel des ministres explosent
LE MONDE du 05.11.08 | Commentaires - Extraits …
L'Elysée dépense plus, les sénateurs dépensent plus, les députés dépensent plus, les ministres dépensent plus. Et les caisses sont soi-disant vides nous serinent nos élus. Et les citoyens eux ont des problèmes de pouvoir d'achat car leur porte monnaie lui se vide.
Pourquoi feraient-ils autrement ? Qui réagit dans le bas peuple que nous sommes et comment pourrions-nous réagir, avec quelles armes ? Nous sommes perclus de peurs et d'aigreur. Et pour cause, notre vision à long terme, c'est difficultés, récession, chômage, inflation, soins de moins en moins bien remboursés et retraites sans doute misérables. Un front du refus devrait s'ouvrir, un front de défiance, mais comment ça marche, ça ?
Le Contrôleur des prisons épingle un local de rétention
Libération – 21/11/08 - Source AFP
Il s'agit du local de rétention pour étrangers de Choisy-le-Roi, dans le Val-de-Marne. Le manque d'intimité des retenus y constitue selon lui une «atteinte à la dignité humaine».
Dans sa première recommandation depuis sa nomination, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté dénonce un hébergement «attentatoire à la dignité humaine» au sein du local de rétention pour étrangers de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne).
Jean-Marie Delarue, nommé le 11 juin en Conseil des ministres, avait effectué sa première visite de contrôle le 8 juillet dans ce local de rétention administrative (LRA), où il avait passé huit heures.
Les LRA sont des lieux de capacité plus réduite que les centres de rétention administrative (CRA) par où transitent les étrangers en situation irrégulière. Le passage en LRA ne peut excéder 48 heures.
«De telles installations doivent disparaître» Dans ses recommandations, qui feront l'objet d'une prochaine parution au Journal officiel, Jean-Marie Delarue constate que «les quatre chambres, dont l'une est réservée aux femmes, sont en enfilade» et que «les hommes retenus, pour accéder aux sanitaires, doivent donc passer devant la chambre des femmes» qui est «séparée du couloir par une paroi entièrement vitrée, que rien ne peut obturer».
Même si des «motifs de sécurité» peuvent expliquer un tel agencement, qui «ne se rencontre, par exemple, dans aucun établissement pénitentiaire (...) cette exigence ne saurait l'emporter sur le respect de l'intimité à laquelle chacun a droit», insiste le Contrôleur.
«Cette manière de faire est attentatoire à la dignité humaine et aucune prescription de sécurité ne saurait la justifier», a-t-il ajouté, estimant que «de telles installations doivent au plus vite disparaître».
Hier, le Conseil de l'Europe a épinglé dans un rapport du commissaire aux droits de l'homme l'aspect «déshumanisé» de certains centre de rétention français, ainsi que la rétention de plus en plus fréquente d'enfants, avec leur parents, généralement moins de deux jours mais parfois «plus de dix jours».
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Prisons : L’Union Européenne juge sans concession l’univers carcéral ! Les prisons françaises de nouveau stigmatisées par l’Europe…
« Inacceptable ! » : C’est l’adjectif employé par le Commissaire aux Droits de l’homme du Conseil de l’Europe pour écrire les conditions de vie dans les prisons françaises. Il a entre autres, affirmé que « le nombre élevé des suicides dans les prisons françaises est un symptôme (…) de ces déficiences ».
PS: Jospin tacle durement Royal
Nouvel Observateur | 21.11.2008 | Extraits….
L'ancien Premier ministre, qui n'avait pas participé le 6 novembre au vote sur les motions en raison d'un déplacement prévu de longue date en Estonie, s'est rendu à 18h45 au local PS du XVIIIe arrondissement, où votaient les trois sections de l'arrondissement.
"Personnellement j'aurais souhaité voter pour Bertrand Delanoë au premier secrétariat. Je pense qu'il était le mieux qualifié pour faire ce travail dans les deux ou trois ans qui viennent. Pour autant, ce soir, j'ai voté (...) pour Martine Aubry au plan national", a-t-il expliqué.
Au passage, l'ancien Premier ministre, dont les relations sont très mauvaises avec Ségolène Royal, a répliqué aux attaques de la candidate contre le "vieux parti". "Dans le socialisme, les 'néos', ceux qui ont été contre le vieux et pour le neuf, n'ont pas toujours laissé de très bons souvenirs", a-t-il lâché. Une allusion aux néo-socialistes des années 30, dont certains derrière Marcel Déat optèrent pendant l'occupation pour la collaboration totale avec l'Allemagne nazie. "Le sujet n'est pas vieux ou nouveau, le sujet c'est à mon avis plutôt une question d'authenticité", a conclu Lionel Jospin.
Certains électeurs de Martine Aubry paraissaient moins convaincus. "C'est le choix obligatoire", confiait Josiane, une retraitée "montée" spécialement du Var pour voter. "C'est quand même mieux qu'autre chose". Bertrand Delanoë, venu voter un quart d'heure avant Lionel Jospin, a cependant reconnu qu'il y avait "de la diversité".
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Très élégant, l’ancien !
Occupation du jardin de Clavier: dix nationalistes corses condamés chacun à 500 euros d'amende
Libération – 21/11/08 - (Source AFP)
Ils ont comparu devant le tribunal correctionnel d'Ajaccio pour "violation de domicile" après avoir pénétré, fin août, la propriété de l'acteur à Porto-Vecchio, lors d'une action contre "la spéculation immobilière".
Dix militants nationalistes corses comparaissent vendredi devant le tribunal correctionnel d'Ajaccio pour "violation de domicile" après avoir occupé, fin août, le jardin de la villa de Christian Clavier à Porto-Vecchio, lors d'une action contre "la spéculation immobilière".
Les trois élus indépendantistes de Corsica nazione indipendente (CNI) à l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, Rosa Prosperi et Véronique Sciaretti - les deux premiers sont avocats - figurent sur la liste des personnes à qui la justice reproche d'avoir, en pénétrant le 30 août dans le jardin de l'acteur, d'avoir procédé à une "violation de domicile par manoeuvres, menaces, voies de fait ou contrainte".
Ils encourent un an de prison et 15.000 euros d'amende.
Plusieurs responsables du mouvement indépendantiste Rinnovu et du Comité anti-répression (CAR) sont également cités à comparaître.
Mardi, les militants nationalistes ont appelé à un rassemblement devant le tribunal et ont une nouvelle fois accusé le président de l'Assemblée de Corse, Camille de Rocca Serra (UMP), de "pratiquer le mélange des genres entre la politique et l'immobilier en étant à la fois élu, propriétaire et promoteur de Punta d'Oro" le lotissement où est édifiée la villa de l'acteur.
Les services de police ont indiqué que "le nécessaire sera fait pour assurer le bon déroulement de l'audience" et que le dispositif de surveillance autour du lotissement, "toujours en place, allait être renforcé".
Christian Clavier a fait savoir qu'il n'assisterait pas à l'audience, soulignant qu'il n'avait pas été un témoin direct des faits incriminés.
L'occupation du jardin a coûté son poste au patron des forces de sécurité intérieure, Dominique Rossi, brutalement muté par le ministère de l'Intérieur pour n'avoir "pas pris les mesures nécessaires pour protéger ce lotissement afin d'empêcher l'envahissement d'une propriété privée".
Les nationalistes affirment eux que leur action "symbolique" "s'est déroulée dans le calme, pacifiquement, sans menace, ni brutalité" et que "les gardiens de la villa (leur) ont même offert à boire".
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Ouest-france vendredi : 500 euros d'amende chacun. C'est la condamnation prononcée cet après-midi par le tribunal correctionnel d'Ajaccio à l'encontre des dix nationalistes corses, qui avaient occupé le jardin de la villa de Christian Clavier, fin août à Porto-Vecchio. Ils étaient jugés en leur absence. Les avocats des prévenus n'étaient pas non plus présents.
Le parquet avait requis 2 000 euros d'amende contre les dix militants nationalistes, qui encouraient un an de prison et 15 000 euros d'amende pour "violation de domicile".
L'un des avocats des militants, Me Jean-Michel Mariaggi, a annoncé que les 10 condamnés allaient faire appel.
Le jugement a été accueilli par les cris hostiles de 200 militants nationalistes rassemblés devant le tribunal.
Cette affaire devrait faire mentir tous ceux qui trouvent qu'en Corse l'autorité de l'Etat est bafouée...
Car ce qui s'est passé chez Clavier, c'est trop grave...

PS : pire que l'alliance, l'ouverture !
Marianne – 20/11/08 – Gérald Andrieu
S'allier avec le Modem ou ne pas s'allier, telle a été la question qui a focalisé toute l'attention des socialistes. Et si le vrai débat devait porter sur une autre alliance, celle qu'instaure l'ouverture sarkozyste et qui ronge le PS de l'intérieur ?
Eté 2007, Jack Lang, aujourd’hui fidèle soutien de Martine Aubry, minaudait. Il hésitait à répondre à l’appel que venait de lui lancer Nicolas Sarkozy : intégrer une commission sur la réforme des institutions. « Je suis honoré et touché, expliquait Jack Lang à l’époque , mais je ne me suis pas engagé et je n'ai donné aucun accord. (…) Cette proposition, je dois y réfléchir et en parler à un certain nombre d'amis proches. » Finalement, lui qui a sans doute appris très jeune que ce n’est pas la girouette qui tourne mais le vent, a accepté l’offre du chef de l’Etat. Un an après, il était l'unique socialiste à voter la fameuse réforme .
A chacun le sien
Martine Aubry n’est pas la seule à faire la course pour la rue de Solférino, un « boulet de l’ouverture » à sa cheville. Ségolène Royal dispose aussi du sien : Manuel Valls. Le député-maire d’Evry a toujours eu à cœur de concilier gauche et pensée libérale (rien à voir avec un certain maire de Paris qui a eu le malheur de vouloir réconcilier socialisme et libéralisme politique...). Et les prises de position de Manuel Valls n’ont jamais été pour déplaire au chef de l’Etat. Quelque temps après son arrivée à l’Elysée, Nicolas Sarkozy lui a d’ailleurs proposé de participer au gouvernement. Manuel Valls ne suivra pas le sens du vent comme son camarade Jack et refusera, sans trop tergiverser, le maroquin. Mais l’homme garde malgré tout un souvenir presque « ému » de sa rencontre avec le président : « Pour la première fois, confie-t-il , je me suis dit que, contrairement aux apparences, Sarkozy n'était pas juste un homme qui parlait beaucoup, mais quelqu'un qui suivait une vraie stratégie, pensée depuis longtemps. » Manuel Valls, lui, ce qu'il cultive depuis longtemps, c'est sa « liberté de ton ». Une « liberté de ton » qui le pousse parfois à approuver l'action gouvernementale. Une « liberté de ton » qui a même le don d'agacer dans les rangs de sa propre motion...
Et dire que pendant des semaines, ce qui a focalisé toute l’attention, c’est la question d'une alliance avec le MoDem. Certes, elle méritait d'être débattue. Mais pas au point de chasser toutes les autres et notamment la question du rapprochement de certains caciques du PS avec Nicolas Sarkozy. Car avec l’ouverture, le vers est déjà dans le fruit socialiste depuis un moment…
À quelques heures du vote des militants socialistes, ça se bouscule encore aux portillons pour rappeler que Martine Aubry, au cours de sa carrière, n’a pas toujours été contre un rapprochement avec le MoDem. Mais combien sont-ils pour rappeler que certains candidats au poste de Premier secrétaire comptent dans leurs rangs des gens qui ont passé une alliance « contre nature » avec Nicolas Sarkozy ou ont été tenté de le faire ?
On a vote hier....

Y a-t-il eu un détournement de vote à l’Assemblée nationale ?
France Infos actualités – 21/11/08 - 0h34 le journal de Jérôme Jeannot
François Bayrou a appris avec surprise avoir voté pour la possibilité de partir à la retraite à 70 ans, alors qu’il n’était pas dans l’hémicycle au moment de ce vote et qu’il n’avait pas donné de délégation. Le président du Modem envisage de porter plainte :
« C’est pour ainsi dire, sans précédent, parce qu’il n’y a que deux hypothèses possibles : ou bien c’est quelqu’un qui s’est trompé de bonne foi, mais c’est vraiment difficile de se tromper de banc à l’Assemblée nationale. Et je siège tout en haut de l’hémicycle dans un endroit qu’il n’est pas possible de confondre avec un autre.
Ou bien alors, ce qui est pire et qui est plus probable, c’est quelqu’un qui a fait cela de mauvaise foi pour détourner mon vote, ce qui serait extrêmement choquant. Parce que, où va-t-on si on détourne les votes à l’Assemblée ! J’espère vraiment que j’aurais le fin mot de l’histoire, et naturellement je le dirai ! »
Une enquête interne à l’Assemblée nationale a été ouverte. Et les séances sont en principe filmées… A suivre.....
La crise, la mafia ne connaît pas !
E24 - mardi 11 novembre 2008 |
Scène du film Gomorra, sur la mafia napolitaine de Matteo Garrone, adpaté du livre de Roberto Saviano. (MAXPPP)
La crise économique mondiale ne touche pas la mafia italienne, dont le chiffre d'affaires a dépassé en 2008 celui de toutes les entreprises italiennes, selon un rapport publié, mardi 11 novembre, par l'association italienne d'entrepreneurs Confesercenti. La mafia italienne représente "une grande holding dont le chiffre d'affaires atteint 130 milliards d'euros et le bénéfice approche les 70 milliards d'euros", selon le rapport de la Confesercenti qui regroupe quelque 270.000 entrepreneurs, commerçants et artisans spécialisés dans le tourisme et les services.
Encore plus dangereuse
"A la différence des autres entreprises, la mafia subit peu la crise économique et financière internationale", souligne la Confesercenti. "La crise rend la mafia encore plus dangereuse", a même estimé le président de l'association Marco Venturi lors de la présentation du rapport, prévenant que "la mafia risquait de se servir des faiblesses (des entreprises) et des incertitudes de l'économie pour renforcer ses positions". "La grande capacité financière dont elle dispose lui permet de se tailler de nouvelles parts de marchés, de profiter de la crise des liquidités, de faire des acquisitions immobilières et d'entreprises", poursuit le rapport.
Trafic, racket, usure,...
Les principales sources de revenu de la mafia sont le trafic de drogue (59 milliards d'euros), le racket (9 milliards d'euros) et l'usure (12,6 milliards d'euros). Viennent ensuite le trafic d'armes (5,8 milliards d'euros), la contrebande (1,2 Mds) et la prostitution (6 millions d'euros).
Quelque 180.000 commerçants ont été contraints d'accepter des prêts à taux usuraire de clans mafieux en 2008. Selon le rapport, la mafia est très présente dans le secteur de la construction immobilière, où elle investit 37,5% de ses bénéfices, ainsi que dans le commerce de détail et la restauration dans lesquels elle place 20% de ses bénéfices.
Quatre "holdings"
La mafia est divisée en quatre grandes "holdings", selon le rapport, la mafia sicilienne (Cosa Nostra), napolitaine (la Camorra), calabraise (la 'Ndrangheta) et celle des Pouilles (la Sacra Corona Unita), "elles mêmes divisées en petites et moyennes entreprises, autonomes les unes des autres mais ayant la même organisation fortement hiérarchisée, selon le rapport.
En septembre 2007, l'organisation des patrons italienne, la Confindustria, a franchi un pas décisif dans la lutte contre la mafia en annonçant l'exclusion de ses membres qui accepteraient de payer le "pizzo", l'impôt mafieux.
NANTES - LOIRE - L'estuaire veut apprendre à vivre collectif
Actualités MAVILLE mercredi 19 novembre 2008

Le périmètre de l'estuaire représente un million d'habitants aux préoccupations communes qui doivent apprendre à vivre ensemble.
Plus de 500 élus de l'estuaire se retrouvent vendredi 21, à la Cité des congrès de Nantes, pour tracer les lignes de développement d'une écométropole.
De Nantes à Saint-Nazaire, c'est environ un million d'habitants qui vit et travaille dans le large périmètre de l'estuaire. Une concentration dont l'accélération continue signe le dynamisme de ce territoire, autant qu'elle pose des problèmes d'organisation globale et de coopération.
« Nous devons à la fois préserver les équilibres existants et poursuivre le développement. Nous ne pouvons plus travailler chacun dans notre coin », indique Laurent Théry, le directeur de la société d'aménagement de la métropole (Samoa), qui prépare la quatrième conférence métropolitaine de vendredi, à la Cité des congrès de Nantes.
On y attend plus de 520 élus déjà inscrits, ainsi que des acteurs économiques et des universitaires. Une nécessaire « remise à niveau » au lendemain d'élections municipales qui ont vu un renouvellement de 86 % des élus.
La question d'une action collective dans un périmètre d'intérêt commun n'est pas nouvelle, puisque la première conférence remonte à 1999. Elle avait abouti à la création du Schéma de cohérence territoriale (Scot). En 2005 et 2006, les deux rencontres avaient conclu à la poursuite d'un développement, plus respectueux de l'environnement.
Parole de citoyen
Ce qui est nouveau en revanche, c'est que la conférence métropolitaine va se pencher sur des projets concrets, et sur les moyens de les mettre en oeuvre. « C'est une conférence qui ne répond à aucun périmètre officiel, mais qui conduit les acteurs à une réflexion et à une organisation communes », souligne Thierry Violland, le directeur de l'agence d'urbanisme nantais(Auran). « L'emploi, la formation, la stratégie touristique, le transport ou la recherche universitaire, tous ces projets sont à des échelles différentes et nous devrons nous adapter à chaque circonstance. Il s'agit de tirer un fil, en donnant de la cohérence à tout cela ». C'est de cette cohérence que le Scot Nantes-Saint-Nazaire entend tirer profit pour être mieux identifié en Europe. « Nous menons une expérience originale qui, sous cette forme, n'a pas vraiment d'équivalent en France ».
Outre la participation d'experts et de conférenciers comme Olivier Mongin, philosophe et directeur de la revue Esprit, le Scot va également s'appuyer sur un sondage conduit par IPSO auprès de 700 habitants. « Il porte sur l'identité, les perceptions et les attentes des habitants de la métropole Nantes-Saint-Nazaire ». Ce sondage a également permis de faire émerger un panel d'une vingtaine de citoyens, peu ou pas impliqués dans la vie publique mais qui, cette fois, vont prendre la parole.
Camille GUILLEMOIS. Ouest-France
