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dimanche 16 novembre 2008

SAINT-PÉ-SAINT-SIMON - Le village des « oubliés »

SUD-OUEST- 14 Novembre 2008

SAINT-PÉ-SAINT-SIMON. Aux confins du département, le village de 211 âmes veut continuer d'exister. Deux maires, la nouvelle et l'ancien, y consacrent leur énergie

Ruralité. Claude Saint-Orens, au Conseil municipal pendant près de 50 ans et Véronique Lupiac, nouvelle maire

Il fut un temps, on pouvait aller directement de Saint-Pé-Saint-Simon à la gare d'Austerlitz à Paris. Sans forcément revenir à ce temps-là, Véronique Lupiac, nouveau maire du village, ne sait plus que faire pour que la vie continue le plus normalement possible pour ses 211 administrés.

« Qu'on me dise que les villages comme le nôtre sont appelés à mourir, mais qu'on arrête de me renvoyer de services en services à chaque fois que j'ai une question ou un problème. »

Dernier exemple en date : les lignes téléphoniques qui traînaient par terre. Il a fallu plusieurs mois pour qu'elles regagnent enfin leurs poteaux. 

« Les oubliés ».

Sans compter que la liste des services et commerces en déshérence est longue. Ce qui fait dire à la jeune édile : « Nous sommes les oubliés du Lot-et-Garonne. »

L'ancien maire, Claude Saint-Orens, sur lequel Véronique Lupiac s'appuie, se souvient encore du temps où il y avait un sabotier, un forgeron, une épicerie et naturellement une école et la poste.

Ces services publics ont disparu depuis belle lurette. Le problème, c'est que le village est depuis un oublié des RPI (Regroupements pédagogiques intercommunal). Donc, les parents scolarisent leurs enfants - une vingtaine - dans les Landes, à Gabarret, l'école la plus proche qui propose un service de ramassage au porte-à-porte.

Le village est également un oublié des transports en commun. La ligne de bus la plus proche est située à trois kilomètres. Dans l'épicerie du village qu'elle tient, Véronique Lupiac aimerait bien créer un point Poste. « Là encore, les responsables se renvoient la balle. Ce n'est pas assez rentable. »

A la fin de l'année, c'est la perception de Mézin qui va disparaître. « Les gens devront aller jusqu'à Nérac, soit une bonne demi-heure de route », soupirent les maires.

Désormais, le coeur du village, c'est l'épicerie-bar, tenue par Véronique Lupiac. Elle est arrivée il y a quatre ans. Elle et son mari voulaient que leur fille grandisse au grand air.

« Avant de reprendre l'épicerie, je n'étais pas investie dans la vie de la commune, comme beaucoup de personnes qui habitent ici. »

Aujourd'hui, plus qu'un coup de gueule, c'est un appel au secours qu'elle lance. Pour que les habitants du village prennent conscience de sa fragilité.

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La retraite à 70 ans, ça peut avoir aussi du bon...

Le Canard Enchaîné du mercredi 12 novembre

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Ecouter de la musique qu'on aime est bon pour le cœur

TV5 MONDE -WASHINGTON (AFP) - 12/11/2008

Ecouter de la musique qu'on aime est bon pour le système cardiovasculaire, affirme une étude américaine rendue publique mardi montrant une dilatation des vaisseaux au son d'une musique favorite.

Des chercheurs de la faculté de médecine de l'université du Maryland (est), qui avaient déjà en 2005 mis en avant une corrélation entre le rire et les maladies du coeur, ont également trouvé des bénéfices cardiaques à l'écoute de la musique.

"Nous avions déjà démontré que des émotions positives, comme le rire, étaient bonnes pour la santé vasculaire. Donc la question logique était de savoir si d'autres émotions, suscitées par la musique par exemple, avaient le même effet", a indiqué Michael Miller, directeur de la prévention en cardiologie au centre médical de l'Université du Maryland.

Il a laissé une dizaine d'étudiants choisir la musique qui les rendaient "les plus heureux" et leur a fait écouter quatre types de son pour comparer leur effet sur le système vasculaire : de la musique appréciée par le patient, de la musique stressante, des bandes audio aidant à la relaxation et des bandes entraînant le rire.

Il s'est avéré que le diamètre des vaisseaux, mesuré sur le haut du bras, s'est élargi de 26% à l'écoute de la bonne musique, tandis que la musique pénible faisait rétrécir les vaisseaux de 6%.

La tension artérielle, c'est-à-dire la pression que le sang exerce sur les artères, varie en fonction du diamètre ou de l'élasticité des artères: plus le diamètre est réduit, plus la force exercée par le sang pour y circuler doit être importante et donc plus la pression (tension) est élevée .

"J'ai été impressionné par la forte différence observée avant et après avoir écouté de la musique qu'on aime, ainsi qu'entre l'écoute d'une musique appréciée et celle d'une musique angoissante", a noté le professeur Miller.

Parmi les autres bandes écoutées, l'invitation au rire faisait dilater les vaisseaux de 19% tandis que la relaxation entraînait une dilatation de 11%.

Il se trouve que dans l'échantillon des patients étudiés, la plupart préféraient la musique country. "Il est difficile d'en tirer des conclusions, même s'il est vrai que la musique country est plutôt légère et pleine de chansons d'amour", a convenu le Dr Miller, amateur de rock et de jazz.

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Pour une planète vivante

OUESt-France   Editorial samedi 15 novembre 2008

La disparition des Vikings ou des Mayas n'était pas une fatalité." Malheureusement, ils ont surexploité leur environnement au moment d'un changement climatique au lieu de remettre en cause leur mode de vie et leurs valeurs. C'est ce que constate un professeur de géographie de Los Angeles, Jared Diamond. Celui-ci a étudié l'histoire des hommes sur tous les continents, au cours des treize mille dernières années (1).

Il semble que nos sociétés développées empruntent la même voie que les Vikings et les Mayas, entraînant dans leur sillage les autres sociétés du monde. En effet, nous vivons à crédit, consommant plus que ce que la Terre peut fournir. C'est un peu comme si l'on dépensait, en neuf mois, l'argent nécessaire pour vivre un an. Cela a été calculé par le Fonds mondial pour la nature et exposé dans son rapport Planète vivante. "La situation s'est fortement dégradée depuis 1960 : aujourd'hui, l'empreinte écologique mondiale (c'est-à-dire les prélèvements que l'humanité effectue sur la planète) dépasse de 30 % sa capacité de régénération" (1).

"Le niveau de consommation par habitant aux États-Unis (l'Europe est à peu près au même niveau) est, en moyenne, 32 fois supérieur à celui d'un pays en voie de développement", déclare le géographe qui ajoute : "Il faut briser la course folle qui conduit le monde en développement - Chine, Inde et Brésil en tête - à vouloir rattraper les standards de vie occidentaux. L'idée que le développement serait synonyme de toujours plus de croissance et de consommation est une idée suicidaire... Au rythme actuel, nous savons que les ressources essentielles seront épuisées d'ici à 30 ou 40 ans..."

L'eau pour la paix
En écho à ces alertes, le président Jacques Chirac, lors du colloque à l'Unesco,L'eau pour la paix, la paix pour l'eau, a dénoncé un véritable scandale : "900 millions d'habitants de notre planète n'ont toujours pas accès à l'eau potable" (2). Il a rappelé que, si l'on veut sauvegarder l'avenir, "il nous faut, d'urgence, en tenant compte des progrès scientifiques, réinventer les connaissances et techniques héritées d'une longue relation de l'homme à son environnement".

Cela signifie d'abord cesser de transformer lacs, fleuves, mers intérieures en égouts à ciel ouvert et cesser de gaspiller l'eau. Il faut entreprendre un effort soutenu de gouvernance mondiale en ce domaine, comme on s'efforce de le faire dans les autres, aujourd'hui même, au G20, à Washington. "Que les pays du Nord laissent s'effondrer les crédits d'aide au développement est une honte, une faute morale et une erreur stratégique, proclame l'ancien président de la République. Faute d'action immédiate décisive, nous affronterons bientôt, sinon des guerres, du moins des émeutes de la soif."

Face à ces menaces, tout n'est pas perdu cependant. Au Niger, par exemple, les femmes de Keita ont fait reverdir le désert en recourant aux techniques ancestrales. Il est encore temps, estime le géographe Jared Diamond : "Nous pouvons encore choisir de gérer, comme il convient, de manière durable, nos stocks et nos ressources." Mais "il faut nous mobiliser avec encore plus de détermination, estime Jacques Chirac, pour garantir le futur de notre espèce et non pas contribuer à sa déshérence."

Si nous ne prenons pas les bonnes décisions, conclut Diamond, dans quelques décennies, l'effondrement risque d'être global.

(1) Le Monde du 14novembre 2008. Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie, chez Gallimard, 2005.

(2) La Croix du 13novembre 2008

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Le retour des légumes cabossés

LE MONDE | 12.11.08 BRUXELLES BUREAU EUROPÉEN

Les légumes et fruits cabossés vont peut-être faire leur retour sur les marchés. Mercredi 12 novembre, à Bruxelles, les Vingt-Sept devaient décider d'abroger les normes commerciales qui écartent de la vente carottes, asperges et autres abricots aux formes imparfaites. Des artichauts aux choux de Bruxelles, en passant par les concombres, vingt-six catégories de fruits et légumes vont profiter de cette réforme, prévue pour entrer en vigueur le 1er juillet 2009.

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La Commission considère qu'il n'y a plus de raisons de fixer dans leurs moindres détails depuis Bruxelles les mensurations des produits primeurs. Pour elle, le retour des fruits et légumes bannis depuis une vingtaine d'années et l'avènement du marché unique doivent permettre de lutter contre l'envolée des prix.

Le projet a suscité l'opposition des syndicats agricoles et des Etats membres les plus soucieux de défendre leurs cultivateurs. La France, l'Italie et l'Espagne ont fait valoir que la suppression des normes communes risquait de réduire la qualité des produits mis en vente. Les détracteurs de la réforme craignent que, en pesant sur les prix, elle ne fragilise encore les agriculteurs. Du coup, les standards communs devraient être maintenus pour la dizaine de produits les plus consommés en Europe, comme les pommes, les laitues et les tomates !

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Bussh va enfin pouvoir s'occuper de son ranch

Le Canard Enchaîné du mercredi 12 novembre

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1 000 milliards de dollars pour traiter l'héritage nucléaire

Le Monde, 2/10/2008

Le coût explosif des déchets du nucléaire : estimé à mille milliards de dollars (2004).

Telle est la somme faramineuse nécessaire pour démanteler les centaines d'installations radioactives en fin de vie que soixante ans d'activité nucléaire ont disséminée sur la planète. "En 2004, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a estimé qu'il faudrait mille milliards de dollars pour décontaminer tous ces sites, dit Michele Laraia, chargé du dossier à l'Agence. Depuis, le chiffre a augmenté, avec l'inflation."

Ce montant concerne pour moitié les installations liées au nucléaire militaire. Reste environ 500 milliards qu'il faudra trouver pour nettoyer les laboratoires de recherche et les quelque 440 réacteurs producteurs d'électricité qui fermeront d'ici à environ trente ans. "Si le problème est envisagé dès le démarrage de l'installation, et que de l'argent est régulièrement mis de côté, ce n'est pas une grosse difficulté, poursuit M. Laraia. Mais si rien n'est prêt au moment de l'arrêt, le coût sera très élevé." 

Cet impératif est intégré par la communauté nucléaire, réunie jusqu'au 2 octobre à Avignon, pour un colloque consacré au démantèlement qui a lieu, tous les cinq ans, sous les auspices de la Société française d'énergie nucléaire (SFEN).

"Pour maintenir l'option nucléaire ouverte, il faut montrer qu'on sait démanteler", résume Serge Klaeyle, d'EDF.

A Avignon, les spécialistes ont constaté la normalisation de leur activité. "On est sorti de la phase d'apprentissage, observe Catherine Lecomte, directrice de l'assainissement au Commissariat à l'énergie atomique (CEA). Les premières installations qu'on a démantelées ont été les plus délicates, mais nous sommes maintenant parvenus à une phase industrielle." Claudio Pescatore, de l'Agence de l'énergie nucléaire de l'OCDE confirme : "Le démantèlement est devenu une activité industrielle, représentant un chiffre d'affaires, en augmentation régulière, de 5 à 6 milliards de dollars par an." 

Mais si les techniques commencent à être bien maîtrisées, que les procédures et les méthodes sont bien établies, l'expérience est encore limitée, notamment sur les réacteurs de production d'électricité. Seuls une dizaine dans le monde [que des petits réacteurs...] ont été totalement démantelés - c'est-à-dire que les sites ont été rendus à un autre usage sans la moindre trace de radioactivité artificielle [faux, archi faux !]. Si bien que le coût réel de cette déconstruction n'est pas établi avec certitude. Les estimations varient de 500 à 800 millions de dollars par réacteur. "On n'est jamais assez prudents, remarque Georges Leka, de Areva TA. Les estimations initiales sont toujours revues à la hausse, jamais à la baisse. Car les exigences sont constamment renforcées."

Les évaluations sont difficiles parce que les règles comptables ne sont pas harmonisées, que les situations varient beaucoup d'un site à l'autre, que les stratégies sont différentes : certains choisissent d'engager le démantèlement dès l'arrêt de l'installation, comme en France ou aux Etats-Unis, d'autres de repousser le problème à vingt-cinq ans, comme l'Espagne ou le Royaume-Uni avec ses réacteurs Magnox. 

La question du système de financement est dès lors cruciale. "Il faut s'assurer qu'il y aura des fonds quand le moment sera venu", résume Claudio Pescatore. Plusieurs formules sont possibles : en France, les opérateurs doivent constituer des fonds pour les opérations prévisibles (le CEA a provisionné 7 milliards d'euros, EDF 7,8 milliards, Areva 10 milliards). La Suisse et la Suède privilégient un fonds géré par une autorité indépendante. Au Royaume-Uni, c'est de facto le gouvernement qui abonde une grande partie des dépenses annuelles. 

Mais ces réserves constitueront toujours une tentation, et d'autant plus que la situation économique se tendra : "Aux Etats-Unis, raconte le consultant Tom LaGuardia, les compagnies ont versé 22 milliards de dollars dans le fonds de gestion des déchets géré par le gouvernement. Mais le fonds ne contient plus que 6 milliards, le reste a disparu !"

Parallèlement au problème économique, le démantèlement est aussi gêné par le fait que très rares sont les pays où existent des sites prêts à accueillir les rebuts radioactifs issus de la déconstruction. En France, faute de site existant pour les déchets à vie longue ou moyenne, EDF et le CEA en sont réduits à créer des sites temporaires (Iceda et Cedra). 

Une solution consiste à allonger la durée de vie des réacteurs, jusqu'à soixante ans, comme aux Etats-Unis. Le problème ne sera plus à la charge de nos enfants, mais de nos petits-enfants...

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En Bretagne à Brennilis, un chantier en souffrance ouvert en 1985 

Lire le dossier sur le démantèlement de la centrale de Brennilis

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NANTES - Vente Gracq, ou la cérémonie des adieux

MAVILLE - jeudi 13 novembre 2008

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Cet exemplaire de « La forme d'une ville » était celui de Suzanne Poirier, la soeur de Julien Gracq. Un libraire parisien l'a acquis pour 1 300 €. La plus forte vente : la correspondance littéraire d'André Breton, achetée 75 000 € par la bibliothèque Jacques-Doucet. La ville de Nantes a préempté, entre autres, le livret scolaire du lycée Clemenceau (4 000 €).

Folie des enchères, mélancolie de la dispersion : la vente des livres et objets de Julien Gracq a eu lieu hier chez Couton-Veyrac. Une manière d'adieux déchirants au grand écrivain de Saint-Florent-le-Vieil.

« Vendre les objets, livres et lettres de Gracq rue de la Miséricorde, à deux pas du cimetière... Je trouve ça vraiment trop triste. » L'homme qui parle s'appelle numéro 125, attribué par Henri Veyrac, qui mène les enchères. De temps à autre, d'un signe du menton ou de la main, il surenchérit.

Et pas de pitié pour les amateurs : Vous auriez voulu posséder la lettre de José Corti, son compte-rendu de lecture d'Au château d'Argol ? Monsieur 125 ne vous la laisse pas et l'acquiert pour 23 000 €. Une édition originale d'Un beau ténébreux ? Il l'achète 4 000 €.

Les simples curieux, venus avec le fol espoir de ramener un souvenir, lèvent les yeux aux ciel. Entre les institutions, qui préemptent plus vite qu e leur ombre, et les gros collectionneurs, aucune place pour l'acquisition sentimentale. « Mais en même temps, conclut ce monsieur 125, ces livres vont trouver une seconde vie. »

Triste mais pas trop, ce libraire nommé Jean-Baptiste de Proyart, dans le 16
e arrondissement de Paris. « J'ai acheté une lettre de Jacques Chardonne à propos du livre Préférences, car j'avais déjà l'exemplaire de l'ouvrage dédicacé au même Chardonne. Il me la fallait absolument. »

« Je lui ai apporté du sable de Lybie
Dans la foule de 400 personnes, de nombreux passionnés de Gracq, comme cette enseignante d'esthétique aux Beaux-arts de Quimper, elle-même écrivain. Elle observe, dévore, avec un sourire de résignation quand s'envole une belle édition illustrée.

Ou cette élégante avocate parisienne qui venait souvent rendre visite à l'écrivain, à Saint-Florent-le-Vieil. « Lors d'un voyage en Lybie, se souvient-elle, je me suis aperçue que le rivage des Syrtes existait réellement, et pas seulement dans l'oeuvre de Gracq. Je lui ai apporté un peu de sable du désert. Je voudrais bien acheter quelques souvenirs, j'aime tellement cet écrivain ! »

Elle parvient à obtenir, pour 500 €, une belle édition limitée des Eaux étroites, et une autre d'Au château d'Argol. Mais lorsque les enchères opposent un acheteur américain ou britannique et une institution publique (l'État, la ville de Nantes, Angers, la bibliothèque Jacques-Doucet ou plus modestement Saint-Florent-le-Vieil), on compte les points... en relisant une dédicace impertinente (« et merde pour la reine d'Angleterre ») écrite sur un texte érotique par Mandiargues.

Rituelle, la fausse enchère égaie l'atmosphère : « Madame n'a pas enchéri, elle saluait seulement un de ses amis ! »

Cette très longue demi-journée ressemble à une poignante cérémonie des adieux, avec des déçus : « J'aurais bien acheté ce tirage de tête du Rivage, mais entre Gracq et la Mercedes neuve, il faut choisir... » Bien heureux, celui qui aura su, par surprise, se saisir d'une sorte de dessin, un lot de consolation à 90 €.

Pour tous les autres, il reste les librairies. Les livres de chez José Corti, dont les belles couvertures sauront chasser le mouron.

Daniel MORVAN.


800 000 € : les enchères ont atteint des sommets

Comme prévu, les lettres d'André Breton atteignent des sommets, adjugées à 75 000 €, préemptées par la bibliothèque Jacques-Doucet (Institut national d'histoire de l'art à Paris).

L'ensemble des lettres de René Magritte, avec dessins originaux, partent pour un total de plus de 130 000 €, achetées notamment par des collectionneurs de Londres et de Belgique. Des éditions originales du Rivage des Syrtes et d'Un beau ténébreux sont acquises respectivement pour 37 000 et 20 000 euros.

Mandatée par l'État pour le compte de la Ville de Nantes, Agnès Marcetteau, directrice de la Bibliothèque de Nantes, revient avec les trésors escomptés. Dont les ouvrages de Breton dédicacés à Gracq pour la médiathèque et le livret scolaire de l'écrivain pour le musée du Château des ducs de Bretagne. « C'est une suite logique de la vente Breton, au cours de laquelle nous avions acquis les livres de Gracq dédicacés à Breton. Cela nous aidera à la préparation d'une exposition sur le surréalisme en 2009. »

De la même façon, des lettres d'écrivains et de critiques reviendront à la Bibliothèque d'Angers et le portrait de Gracq par Veillé, le bureau et le fauteuil club à la ville de Saint-Florent-le-Vieil.

Isabelle LABARRE 

Pour un montant global d'environ 800 000 €, les enchères se sont littéralement envolées, hier, sur les livres et la correspondance de l'écrivain.


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ITALIE - Le retour du safran en Toscane

LE MONDE | 11.11.08

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Sur les collines de San Gimignano (Italie), la récolte de safran, qui s'étale entre octobre et novembre, devrait être plutôt bonne. Après des siècles d'oubli, les crocus violets renfermant le précieux pistil de safran sont de nouveau cultivés en Toscane. Une fois retirés délicatement du coeur de la fleur, les trois fragiles filaments sont séchés au four toute la nuit à 45 °C. Ils sont ensuite emballés dans des petits sachets de 0,1 gramme vendus 3,50 euros soit... 35 000 euros le kilo. Principalement utilisé pour la cuisine, le safran l'est aussi pour la teinture ou certains médicaments.

Au Moyen Age, le safran servait de monnaie d'échange pour le commerce et les transactions immobilières. Au XVIIe siècle, l'âge d'or de l'épice toscane prend fin, en raison notamment de la concurrence du safran français de moindre qualité et de prix inférieur.

En 2001, Tiziana Pieraccini décide de remettre au goût du jour le précieux condiment. Sept ans plus tard, cette quadragénaire est la principale productrice de safran de San Gimignano - un demi-hectare cultivé -, et une vingtaine d'autres petites fermes de la commune ont suivi son exemple.

Depuis peu, elle peut aussi compter sur une main-d'oeuvre un peu particulière : les détenus de la prison de San Gimignano, auxquels ont été enseignés les secrets de la culture du safran. Plusieurs rangées de crocus violets ont été plantées à l'intérieur de l'établissement pénitentiaire. - (AFP.)

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