dimanche 9 novembre 2008
Hérétiques et vieux croyants - '' Ecouter Voir '' par Jean-Claude Guillebaud
téléobs du 8 au 14 Novembre 2008
Plus encore que financière ou économique, la crise que nous traversons actuellement est une crise des idées.
Un lieu commun est rabâché depuis plusieurs semaines sur le petite scène audiovisuelle : derrière la crise financière se profile la crise économique. Sauf que, derrière la crise économique, il convient d’ajouter celle des idées. Elle sera sans doute plus durable et plus profonde que les deux premières. A ce niveau, c’et d’une vraie tectonique de plaques qu’il s’agit. Nous allons vivre un 1983 à l’envers : on se souvient qu’en cette année emblématique, François Mitterand avait rompu avec le socialisme, et en tout cas avec le « programme commun » qui l’avait porté au pouvoir.
Ce virage dit ‘’ de la rigueur ‘’ avait perturbé bien des intellectuels qui, du coup, s’enfermèrent dans le fameux « silence » dénoncé jadis par Max Gallo, éphémère porte-parole de l’Elysée. Plus durablement, le social cessa peu à peu d’être à la mode. Chacun dans le landerneau médiatique se rallia au marché et à l’argent. Les pauvres et les perdants n’étaient plus tendance. On prêcha le réalisme cru et, bientôt, Bernard Tapie entra au gouvernement !
La plupart des éditorialistes, à la radio comme à la télévision, prirent la paresseuse habitude de houspiller tous ceux qui, à gauche, ne se ralliaient pas assez vite à la nouvelle idéologie dominante,, néolibérale s’entend. Nous gardons tous en mémoire quelques unes de ces envolées sermonneuses qui morigénaient en bloc Pierre Bourdieu, le mouvement Attac, la gauche du PS et tutti quanti, tous qualifiés d’archéo-albanais ou de crypto-marxistes. On aura la charité de ne citer personne, mais, comme ils furent innombrables à prêcher le catéchisme en vogue !
Aujourd’hui, patatras, voilà que les plaques tectoniques sont reparties dans l’autre sens. Sarkozy nationalise les banques et réclame l’encadrement du marché. On restaure en catastrophe cet Etat qu’on prétendait remettre à sa place. Le Parti socialiste – Bertrand Delanoë, le « libéral », en tête – se voit pris à contre-pied. On sent bien qu’un séisme s’est produit dans les tréfonds de la pensée médiatique. Une nouvelle course à l’échalote fait fureur : celle du « je vous l’avais bien dit ».
Chaque éditorialiste croit se souvenir qu’il avait fustigé – au moins une fois ! – le pouvoir dévastateur de la Finance. Tous allèguent les preuves de leur clairvoyance . On croit rêver ! Les hérétiques pérorent avec la même assurance qu’avant-hier, mais pour dire l’inverse de ce qu’ils affirmaient. Fabuleux spectacle, en effet. On songe à ce mot fulgurant de Georges Bernanos, déçu , en 1946, par les reniements de l’après-guerre : « Le mensonge à changé de répertoire ».
Comme toujours en pareille circonstance, il y a déjà les frères jumeaux de ceux qu’en Russie on appelait jadis les vieux croyants. Ceux-là n’en démordent pas et, stoïques, continuent de réciter – en latin de cuisine – ( langage de Wall Street ), le même credo. Ils persistent dans leur foi comme le faisaient ces vieux popes réfugiés en Sibérie sous le régime communiste. L’économiste Pascal Salin, grand prêtre de l’ultralibéralisme, ou encore Alain Madelin nous assurent que la crise financière est le résultat … d’un excès de réglementation. Ceux-là reprennent en somme le raisonnement de certains camarades qui nous assuraient dans les années 1960 que si les pays de l’Est cafouillaient c’est qu’ils n’étaient pas assez communistes !
Aucun doute : la crise annoncée sera dure. Raison de plus pour nous trouver, à l’avance, quelques raisons de sourire ...
Sceptiques, grincheux, boiteux contre liesse américaine
Billet de Michel Cornillon
http://chroniquevirgule.canalblog.com/
Pour les Etats Unis, Obama est un homme de gauche. Tout juste s’il n’est pas communiste. Pour nous Français, qui connaissons la gauche (en particulier le parti socialiste) pour l’avoir pratiquée et pour désespérer — ô combien — de son impuissance et de sa léthargie actuelles, Barrack Obama est loin d’Olivier Besancenot. Il en serait même à l’opposé puisque, d’après certains médias, au taux de change du jour, il se situerait à la droite de François Bayrou, en un mot à la droite du centre droit, c’est-à-dire à gauche de l’extrême droite sarkozienne ou, pour ne pas se cacher derrière des mots qui ne signifient rien, à gauche, mais à peine, de l’ultra droite lepeniste, cocardière et simiesque récupérée par Nicolas. Il aurait d’autre part, pour sa campagne, reçu des banques plus d’argent que McCaine.
Pas mal, pour un noir inconnu ! Mais cela, en admettant que ce soit vrai, suffit-il à le dénigrer, à prédire la perpétuation du clientélisme, des magouilles et des mensonges à la Bush, parallèlement le durcissement de la politique extérieure des Etats-Unis, sans oublier l’appauvrissement du peuple au bénéfice de quelques uns, les plus riches comme de juste ? Cela justifie-t-il que certains d’entre nous, les sceptiques, les grincheux, les boiteux de l’âme qui ne savent que ricaner, ronchonnent à l’écart de la liesse populaire offerte par l’Amérique et par l’Afrique, par les pays arabes et une partie de l’Europe ? Evidemment, Sarkozy a fait mine de se réjouir. Il a téléphoné au nouveau Président. Il aurait même passé avec lui, affirme l’Elysée, (et dans le but de récupérer à son profit quelques miettes d’une gloire qui ne lui appartient pas mais… chut, secret défense), une demi-heure de discussion cordiale, amicale, voire chaleureuse.
Eh bien tous ces ragots, frères et sœurs d’espérance et de progrès, laissons-les se répandre et pourrir, emporter dans leurs miasmes les tristes sires qui ont voté chez nous pour le gouvernement qu’ils méritent.
« Nous sommes de nouveau fiers d’être américains » se sont exclamés tant les noirs que les blancs interviewés dans les rues de Washington, au soir de l’élection.
Eh bien regardons-le, ce peuple américain qui a dansé de joie, pleuré de joie ce soir-là, et posons-nous cette question : étions-nous fiers de notre pays, nous autres Français, lorsque Nicolas Sarkozy, devant les télés du monde, s’est rendu au Fouquet’s pour y fêter, en compagnie d’un Johnny Hallyday défoncé au champagne, une victoire qui mènerait au désastre ?
Etions-nous fiers de le voir, du haut de ses talonnettes, pincer la joue de son épouse comme le ferait à d’une jument, avec cette même condescendance, le propriétaire d’un haras ?
« J’aime la France comme une personne » osait-il assurer-il au cours d’un de ces derniers meetings.
Drôle de manière de l’honorer, cette France ! pensons-nous aujourd’hui.
Alors, de grâce, laissons le président américain constituer son équipe, et faisons-lui confiance. Il est jeune, il est beau, son sourire n’est jamais forcé. En plus, ni son regard ni ses propos ne dissimulent une trahison possible.
L'amérique que laisse Bush au nouveau président
Ouest-France du 9 Novembre 2008

Pays de Loire - Julien Gracq, roi du boomerang !
Actualités MAVILLE samedi 08 novembre 2008

Cette photographie est en vente publique (lire ci-dessous) à Nantes. De gauche à droite, à Venise, Julien Gracq auprès de Nora Mitrani (sa compagne) et de André Pyeres de Mandiargue, surréaliste qui écrivit sur le passage Pommeraye. : DR
Gracq, dont l'exposition publique ouvre aujourd'hui, n'aimait ni Céline ni Houellebecq mais appréciait Lovecraft et adorait le boomerang. Il a même éjecté Dominique de Villepin qui tenait à le rencontrer.
Dans son ouvrage Julien Gracq, 40 ans d'amitié, Jean de Malestroit, auteur vivant à Vallet (L-A), dévoile tout un pan méconnu de l'écrivain de Saint-Florent-le-Vieil. Extraits choisis
Boomerang
Le boomerang était un de ses sports favoris qu'il pratiquait régulièrement près de chez lui. « Nous avons beaucoup parlé aussi du boomerang, dont il me montre plusieurs modèles qu'il est allé chercher au grenier. Il jour à ce jeu avec M. G. dans les prés de la Loire, quand ceux-ci ont été fauchés. Et il est visiblement content quand je le complimente d'avoir conservé la force du bras nécessaire à propulser l'engin sur une trajectoire de quarante mètres ».
Il n'y a hélas pas de boomerang à la vente (ci-dessous) Gracq. Mais où sont-ils passés ?
Une trop bruyante sablière
« Il n'est pas non plus « persona grata » dans sa petite ville, depuis que sous Pompidou, ancien condisciple à Normale, profitant de ses bonnes relations avec celui-ci, il a obtenu que cessât l'exploitation sous ses fenêtres d'une sablière dont les grues lui avaient un vacarme incessant ».
Pompidou est toujours resté ami avec lui mais ne réussira pas à lui accrocher une légion d'honneur.
Contrôle fiscal
« Il a remis plusieurs fois notre rendez-vous parce que ses déclarations de revenus l'accablaient. Un contrôle fiscal est infligé, pour une estimation insuffisante de sa « gendarmerie » à l'ISF, pauvre grand homme de 97 ans ce mois-ci. Pas de pitié ! il faut dire qu'il s'obstine à rédiger ses déclarations sans aide, par économie. Quand je lui dis qu'il pourrait faire faire, comme moi, ses deux déclarations (de revenus et d'ISF) en même temps, ce qui réduirait de moitié sa dépense, il dresse l'oreille ».
Fantastique américain
« Il apprécie l'effort d'imagination de Lovecraft et du fantastique américain et y situe le renouvellement du roman ». Des romans d'Edgar Poe comme de Tolkien font partie de la vente.
Ni Céline ni Houellebecq
« Gracq n'aime pas « Voyage au bout de la nuit », estimant que l'auteur s'y est complu dans un style trop capricieusement personnel pour que son livre ne tombe pas dans l'oubli [...] Des Particules élémentaires, de Houellebecq, il pense que c'est un livre mal ficelé, trop long, bourré d'un érotisme lassant, mais qui fustige méritoirement les idées de 68 et, dans ses cinquante dernières pages, annonce très prophétiquement un monde nouveau ».
Pas de pitié pour Villepin
« Côté visites, Villepin vient d'être éjecté. Il avait manigancé, avec un complice, un déjeuner avec le grand homme, qui a évité le piège. Vous pensez, en pleine campagne référendaire ! Le restaurant aurait été truffé de journalistes, caméras, micros ¯ et Villepin, commissaire culturel Chriraquien trop heureux de rapporter à son maître une telle proie dans sa gibecière ».
Gracq était partisan du oui à l'Europe.
Presse Océan Stéphane Pajot
Une voiture achetée, une gratuite
AFP - 08/11/2008 – France Infos
Un concessionnaire britannique, touché par la crise, a trouvé la parade pour écouler son stock de voitures invendues : une achetée, une gratuite.
"Broadspeed", concessionnaire de Colchester, dans le sud-est de l’Angleterre, offrait déjà à moitié prix ses Dodge Avenger depuis un mois. Mais elles encombraient toujours son garage. Le vendeur a donc décidé d’afficher sur son site internet un gros "deux pour le prix d’une", soit 20.000 livres (environ 24.000 euros) pour deux Dodge Avenger SXT 2,4i, sièges en cuir et air conditionné. "C’était incroyable... On a eu 22.000 clients. Le premier appel, c’était celui d’un père qui voulait acheter une voiture pour lui et une autre pour son fils", a déclaré Simon Empson, directeur de Broadspeed, cité par le quotidien The Guardian de samedi.
L’intérêt a été si important qu’il a paralysé le site internet. Ce qui n’a pas empêché les Dodge de partir comme des petits pains. Selon les derniers chiffres, publiés jeudi par l’Association des constructeurs automobiles britanniques (SMMT), les immatriculations de voitures neuves ont plongé de 23% en octobre par rapport au même mois de 2007. "Si vous avez de l’argent, il n’y a pas meilleur moment pour acheter une voiture... Dans certains cas, elles sont à moitié prix et certains constructeurs ont des stocks d’invendus de cinq à six mois. L’industrie est plus que désespérée, elle est en crise", ajoute M. Simpson.
Des animaux espionnés, mais c'est pour leur bien
OUEST-FRANCE samedi 08 novembre 2008 Hervé BABONNEAU.

La cigogne Max est suivie depuis neuf ans grâce à sa balise Argos de 35 g alimentée par panneau solaire. : Ouest-France
Les plongées et la migration du thon rouge, les déplacements des troupeaux de rennes...Une balise collecte les informations, CLS les analyse à Toulouse.
La vedette, c'est Max. Une cigogne suivie depuis neuf ans grâce à sa balise Argos de 35 g alimentée par panneau solaire. Elle prend ses quartiers d'été à Fribourg, en Allemagne, avant de gagner l'Afrique pour passer l'hiver. Le climat se réchauffe, désormais, elle s'arrête en Espagne.
CLS piste ainsi des centaines d'animaux dans le monde entier. Dans le centre de calcul de la société toulousaine, en éveil 24 heures sur 24 et 365 jours sur 365, un grand écran les visualise. Là, une oie des neiges. Ici, un cougard. Dans le sud de la France, un balbuzard. Dans le nord canadien, des caribous : l'électricien Hydro Québec repère ainsi les troupeaux de milliers d'animaux pour éviter de meurtriers lâchers de barrage
.
Une balise, un satellite des ordinateurs
Un petit clic et l'on identifie le « balisé », sa localisation, la dernière fois qu'il a émis. Plus de signal ? Peut-être une batterie épuisée. Peut-être, aussi, la mort sous les dents d'un prédateur. À l'écran, les animaux ne sont pas seuls. CLS veille sur les bateaux de commerce menacés par les pirates. Surveille les bateaux de pêche. Pour leur sécurité, pour traquer les coups de chalut illégaux. Analyse le niveau des eaux du bassin du fleuve Amazone, etc.
La partie se joue à trois. Une balise qui enregistre et transmet les informations. Un satellite qui les recueille et les retransmet. Les ordinateurs du centre de calcul de CLS qui les collectent et les analysent.
Revenons à nos animaux. Ceux qui vivent sur terre sont équipés d'une balise Argos.
Même chose pour les « marins » comme les phoques, les tortues ou les gros poissons (baleines, requins) : les informations sont transmises à chaque fois qu'ils remontent à la surface.
Pour les poissons plus petits, comme les thons, qui vivent sous la surface, c'est plus compliqué. « On en récupère auprès des pêcheurs de loisir ou dans les cages d'élevage », explique Philippe Gaspar, océanographe spatial chez CLS, responsable de la modélisation des écosystèmes marins. Première solution : une balise interne, style grosse clé USB, installée dans l'abdomen du poisson, récupérée au gré des pêches.
Assez aléatoire. Philippe Gaspar annonce un taux de recapture de 50 % en trois ans pour les thons rouges du Pacifique.
De la Méditerranée à Terre-Neuve
Deuxième solution, le Pop up, une balise aussi, de quelques dizaines de grammes, fixée sur un poisson de 20-30 kg. Au prix de 2 200 à 3 000 € pièce, d'une durée de vie de trois à six mois. Elle stocke les informations (température, pression, luminosité...), s'éjecte automatiquement et les transmet une fois remontée à la surface. Problème, elle n'est utilisable qu'une fois.
La précision n'est pas forcément au rendez-vous. « Avec la seule balise, nos thons passent rarement par Gibraltar, plutôt par les Pyrénées », s'amuse Philippe Gaspar. Reste donc à faire tourner les ordinateurs, à croiser les informations de la balise avec celles des satellites, à modéliser tout cela.
Les scientifiques suivent ainsi les plongées et les déplacements des poissons : « Des thons rouges de Méditerranée se sont retrouvés au large de Terre-Neuve. » Ils calculent plus finement leur nombre, l'impact de la pêche légale, voire des engins de pêche, celui de zones marines protégées, des quotas.
Des informations que Philippe Gaspar souhaite mettre à la disposition des pêcheurs qui jouent le jeu de la transparence et de la vérité. Pour gérer au mieux la ressource et l'activité de la pêche. « Avec un modèle qui tourne et un bon outil de suivi, on peut être très souple. »
Reste à convaincre l'Europe d'investir plus encore dans la connaissance de cette espèce menacée.
Pays de Loire - Prénom ? Christelle. Nom ? Obama.
Actualités MAVILLE jeudi 5 Novembre2008

Ses amies l'ont déjà surnommée « la cousine à Barack ». La vie de Christelle la Nantaise n'est plus vraiment la même depuis que Barack Obama s'est lancé à la conquête des Etats-Unis. Et pour cause, elle porte le même nom, sans aucun lien de parenté toutefois !
Étudiante en deuxième année de Langues étrangères appliquées à l'université de Nantes, Christelle Obama est née voilà vingt ans à Yaoundé, au Cameroun, et vit à Nantes depuis six ans. Elle a entrepris quelques recherches sur ses racines africaines quand elle a découvert qu'un certain Obama se lançait dans la politique outre-Atlantique. Une quête qui n'a fait qu'amplifier la passion que l'étudiante en LEA porte à la politique en général à l'actualité américaine en particulier.
« Alors j'ai pleuré »
« Un certain lien affectif s'est installé entre nous, explique la jeune femme, car comme lui je suis métisse... Et j'ai vécu l'élection d'hier comme une apothéose. J'ai suivi toute la soirée électorale à la télévision. Et j'ai passé des heures à échanger au téléphone avec une bonne amie issue comme moi des minorités ethniques. Je me suis couchée à 8 h. Épuisée mais ravie. Et soulagée. À l'inverse de ma mère qui y croyait dur comme fer, je doutais qu'un noir puisse être élu à la tête des États-Unis. Alors j'ai pleuré... Comme on dit « the dream comes true » car cette nuit est né un message d'espoir pour tous les enfants issus des minorités ».
Une voie ouverte
Malgré tout, Christelle sait raison garder. « Je ne sais pas si c'est tellement le fait de porter le même nom que le nouveau président qui compte vraiment pour moi. ajoute-t-elle. Ce qui me semble important c'est qu'un homme noir au parcours comme le sien, puisse me donner la conviction qu'un jour, moi ou d'autres comme moi pourront à leur tour marquer l'histoire de leur empreinte ».
Presse Océan Jean-Damien Fresneau.
Parcours chaotique pour un train de déchets radioactifs
Parcours chaotique pour un train de déchets radioactifs
France Info – 08/11/08 - Matieu Maestracci
L’engin qui transporte 123 tonnes de déchets radioactifs, parti de la Manche ce matin pour joindre Gorleben en Allemagne, est bloqué dans son trajet par des militants anti-nucléaire.
Comme "prévu", ce nouveau convoi de déchets radioactifs de France vers l’Allemagne peine à progresser normalement.
Après avoir quitté la commune de Valognes ce matin, dans la Manche, le train a traversé la Lorraine puis l’Alsace, où deux manifestations se sont déroulées.
Des manifestants de Sortir du nucléaire ont d’abord levé des banderoles hostiles face au passage du train, escorté par des policiers et un hélicoptère de la gendarmerie, à Réding en Moselle.
Puis à Hoenheim (banlieue de Strasbourg), ce sont une vingtaine de militants, dont certains de la LCR, qui se sont symboliquement bâillonnés au passage du convoi.
Peu après 13 heures, il est arrivé à Lauterbourg (Bas-Rhin), soit la dernière gare française de son parcours. Après une brève "pause" technique, il aurait dû reprendre son périple vers le Nord de l’Allemagne.
Mais trois militants allemands se sont enchaînés sur les voies au niveau de la commune allemande de Berg, à quelques kilomètres de la frontière française.
Dans le train, on trouve 123 tonnes de déchets radioactifs qui retournent en Allemagne après avoir subi leur retraitement à l’usine d’Areva de la Hague (Manche).
--------------------------------------------------------------
Rémy Verdet, président de « Stop Transports – Halte au nucléaire » dénonce le manque d’informations autour de ce convoi :
« C’est quand même un sacré convoi qui est passé : 11 wagons « castors » transportant des tonnes de déchets radioactifs. Des mesures qui ont été faites au passage du train avec le compteur que vous pouvez voir indiquent que la radioactivité a été multipliée par 20 après le passage du train. C’est quand même un vrai scandale !
Tout à l’heure un riverain m’a demandé ce qui se passait. Et quand nous lui avons dit qu’il y avait un train transportant des déchets hautement radioactifs qui circulait, il a réagi en disant que c’était une honte car personne ici n’était prévenu. Cela fait deux ans qu’il n’en est pas passé, le dernier convoi datait de 2006.
Ces trains transportent des déchets hautement radioactifs et, au passage, personne n’est au courant. 11 « castors » d’une seule fois, ce n’est pas rien ! La dernière fois c’était un « facteur X10 », là c’est maintenant
