vendredi 7 novembre 2008
"Je refuse d'obéir !" (Lettre d'un instituteur à son inspecteur)
Colomiers, le 6 novembre 2008
Monsieur l'Inspecteur,
Je vous écris cette lettre car aujourd'hui, en conscience, je ne puis plus me taire ! En conscience, je refuse d'obéir.
Depuis un an, au nom des indispensables réformes, un processus négatif de déconstruction de l'Education Nationale s'est engagé qui désespère de plus en plus d'enseignants. Dans la plus grande précipitation, sans aucune concertation digne de ce nom, au mépris de l'opinion des enseignants qui sont pourtant les « experts » du quotidien sur le terrain, les annonces médiatiques de « réformes » de l'école se succèdent, suscitant tantôt de l'inquiétude, tantôt de la colère, et surtout beaucoup de désenchantement et de découragement. La méthode est détestable. Elle témoigne de beaucoup de mépris et d'arrogance vis-à-vis de ceux qui sont les premiers concernés. La qualité d'une réforme se juge autant par son contenu que par la façon dont est elle est préparée, expliquée et mise en oeuvre. L'Education Nationale n'est pas l'armée ! Il n'y a pas d'un côté ceux qui décident et d'un autre côté ceux qui exécutent ! L'honneur de notre métier est aussi de faire œuvre de raison, de critique et de jugement.
Aujourd'hui, la coupe est pleine ! Le démantèlement pensé et organisé de l'Education Nationale n'est plus à démontrer tant les mesures décidées et imposées par ce gouvernement l'attestent au grand jour : des milliers de suppressions de postes qui aggravent une situation d'enseignement déjà difficile, la diminution du volume horaire hebdomadaire, la préférence accordée à la semaine de 4 jours, pourtant dénoncée par tous les chronobiologistes, l'alourdissement des programmes scolaires malgré une rhétorique qui prétend le contraire, la suppression des IUFM, la disparition annoncée des RASED alors qu'aucun bilan de leur action n'a été réalisé, la réaffectation dans les classes des enseignants travaillant pour les associations complémentaires de l'école, ce qui mettra à bas grand nombre de projets éducatifs dont l'utilité n'est plus à démontrer, la mise en place d'une agence chargée du remplacement avec l'utilisation de vacataires, la création des EPEP où les parents et les enseignants seront minoritaires dans le Conseil d'Administration, la dévalorisation du métier d'enseignant dans les écoles maternelles et les menaces qui pèsent sur celles-ci, la liste est longue des renoncements, des coupes franches et finalement des mauvais coups portés à notre système éducatif. Sans compter, ce qui m'est le plus insupportable, l'insistance à dénoncer le soit disant « pédagogisme », c'est-à-dire les mouvements pédagogiques qui, depuis des décennies, apportent des réponses innovantes, crédibles, raisonnables à l'échec scolaire.
Le démantèlement des fondements de l'Education Nationale est un processus que je ne peux accepter sans réagir. L'objet de ma lettre est de vous informer que je ne participerai pas à ce démantèlement.
En conscience, je refuse de me prêter par ma collaboration active ou
mon silence complice à la déconstruction d'un système, certes
imparfait, mais qui a vocation à éduquer et instruire, à transmettre
tout autant un « art de faire » qu'un « art de vivre », en donnant
toutes ses chances à chaque élève, sans aucune distinction.
1. Les
« nouveaux » programmes constituent une régression sans précédent. Ils
tournent le dos à la pédagogie du projet qui permet aux élèves de
s'impliquer dans les savoirs, de donner du sens à ce qu'ils font, de
trouver des sources de motivation dans leur travail. Cette vision
mécaniste et rétrograde des enseignements, qui privilégie
l'apprentissage et la mémorisation, va certainement enfoncer les élèves
en difficulté et accentuer l'échec scolaire. Ces programmes sont conçus
pour pouvoir fournir des résultats « quantifiables, publiables et
comparables » Or, « en éducation, tout n'est pas quantifiable, ni même
évaluable en termes d'acquisitions immédiatement repérables ».
(Philippe Meirieu). Nous sommes bien dans une logique d'entreprise et
de libéralisation de l'école. Désormais, les enseignants seront évalués
sur les progrès des acquis des élèves, c'est-à-dire sur la progression
des résultats chiffrés. C'est notre liberté pédagogique qui est ainsi
menacée. Dans la mesure où les programmes de 2002 n'ont fait l'objet
d'aucune évaluation sérieuse et que d'autre part nous ne savons
toujours pas qui a élaboré et rédigé les programmes 2008, d'ailleurs
sans aucune concertation digne de ce nom, nous sommes en présence d'un
déni de démocratie et de pédagogie. Pour toutes ces raisons, je
considère que ces programmes sont totalement illégitimes. C'est
pourquoi en conscience, j'ai décidé de ne pas les appliquer et de
continuer à travailler dans l'esprit des programmes de 2002.
2. Tout particulièrement, je refuse de m'inscrire dans la logique d'une « Instruction morale et civique » aux relents passéistes. C'est une insulte faite aux enseignants et aux élèves de penser que l'inscription d'une règle de morale au tableau, apprise par cœur par les élèves, fera changer un tant soit peu leur comportement ! Aujourd'hui, plus que jamais nous avons besoin de mettre en place dans nos classes des dispositifs qui offrent aux élèves la possibilité de se connaître, de se rencontrer, d'échanger, de se respecter. Nous avons besoin d'une éducation au vivre ensemble, car si nous ne le faisons pas, qui le fera ? L'éducation citoyenne est l'un des piliers de l'école pour construire une société ouverte, démocratique et libérée de l'emprise de la violence. La priorité aujourd'hui est d'apprendre aux élèves à se respecter, à réguler positivement les inévitables conflits du quotidien par la parole, la coopération, la médiation. Aujourd'hui, comme hier, en conscience, j'ai fait le choix d'une éducation citoyenne qui permette aux élèves de découvrir leur potentiel créatif et émotionnel au service du mieux vivre ensemble.
3. La réduction du volume horaire de la semaine scolaire de 26h à 24h apporte des bouleversements tels dans l'organisation des écoles, qu'il faut aujourd'hui parler de désorganisation structurelle. Le dispositif d'aide personnalisée pour « les élèves en difficulté » n'est qu'un prétexte démagogique pour supprimer les RASED. Ce dispositif porte un coup fatal à la crédibilité du métier d'enseignant. En effet, de nombreuses expériences pédagogiques d'hier et d'aujourd'hui ont montré et montrent que la difficulté scolaire se traite avec efficacité avec l'ensemble du groupe-classe, dans des dynamiques de coopération, de tutorat, de travail différencié, d'ateliers de besoin, etc. Le dispositif actuel considère que la difficulté doit être traitée de façon « médicale », avec un remède individuel, en dehors de toute motivation et de tout projet de classe. C'est une grave erreur. Ce dispositif est une faute contre l'esprit et la pédagogie. Dès la rentrée, en conscience, je n'appliquerai pas ce dispositif d'aide personnalisée tel qu'il est actuellement organisé. Ces deux heures seront mises à profit pour mener à bien un projet théâtre avec tous les élèves de la classe, répartis en demi-groupe, le mardi et le vendredi de 15h30 à 16h30, ceci avec l'accord des parents.
4. Les stages de remise à niveau pendant les vacances scolaires à destination des élèves de CM1 et CM2 sont eux aussi des dispositifs scandaleux et démagogiques destinés à caresser l'opinion publique dans le sens du poil. Mis en place sous le motif populiste qu'il est anormal que seuls les riches peuvent se payer des heures de soutien scolaire (dixit notre ministre), ces stages dont certains ne seront pas animés par des enseignants, ne règleront en rien l'échec scolaire. Ils sont destinés à appâter les enseignants qui souhaitent effectuer des heures supplémentaires avec bonne conscience, alors que dans le même temps des milliers de postes sont supprimés, aggravant ainsi les conditions de travail dans les écoles. Parce que je respecte profondément les élèves qui ont des difficultés et leurs parents et que je suis persuadé que ce dispositif est néfaste, je continuerai à refuser de transmettre des listes d'élèves pour les stages de remise à niveau.
5. La
loi sur le service minimum d'accueil dans les écoles les jours de grève
n'est pas autre chose qu'une loi de remise en question des modalités
d'application du droit de grève. Il est demandé aux enseignants de se
déclarer gréviste 48h avant la grève afin que ce service minimum
d'accueil puisse se mettre en place. Ce qui signifie clairement que les
enseignants doivent collaborer à la remise en cause du droit de grève !
On ne saurait être plus cynique ! La commune de Colomiers ayant décidé
de ne pas organiser ce service minimum d'accueil les jours de grève, il
devient inutile de se déclarer 48h avant. En conscience, je ne me
déclarerai pas gréviste à l'administration et j'informerai les parents
trois jours avant de mon intention de faire grève.
Dans son dernier ouvrage, « Pédagogie : le devoir de résister », Philippe Meirieu écrit : « Nous avons le devoir de résister : résister, à notre échelle et partout où c'est possible, à tout ce qui humilie, assujettit et sépare. Pour transmettre ce qui grandit, libère et réunit. Notre liberté pédagogique, c'est celle de la pédagogie de la liberté. […] Nous n'avons rien à lâcher sur ces principes pédagogiques. Car ils ne relèvent pas de choix passagers de majorités politiques, mais bien de ce qui fonde, en deçà de toutes les circulaires et de toutes les réformes, le métier de professeur dans une société démocratique.
Et devant les errances de la modernité, le professeur n'a rien à rabattre de ses ambitions, bien au contraire… Face à la dictature de l'immédiateté, il doit travailler sur la temporalité. Quand, partout, on exalte la pulsion, il doit permettre l'émergence du désir. Contre les rapports de force institués, il doit promouvoir la recherche de la vérité et du bien commun. Pour contrecarrer la marchandisation de notre monde, il doit défendre le partage de la culture. Afin d'éviter la sélection par l'échec, il doit incarner l'exigence pour tous.
Personne
ne prétend que la tâche est facile. Elle requiert détermination et
inventivité. Echanges, solidarité et travail en équipe. Elle exige du
courage. Et la force de nager à contre-courant. Il ne faut pas avoir
peur de la marginalité. Car, plus que jamais et selon la belle formule
de Jean-Luc Godard, « c'est la marge qui tient la page. » »
Si aujourd'hui je décide d'entrer en résistance et même en désobéissance, c'est par nécessité. Pour faire ce métier, il est important de le faire avec conviction et motivation. Aujourd'hui, c'est parce que je ne pourrais plus concilier liberté pédagogique, plaisir d'enseigner et esprit de responsabilité qu'il est de mon devoir de refuser d'appliquer ces mesures que je dénonce. Je fais ce choix en pleine connaissance des risques que je prends, mais surtout dans l'espérance que cette résistance portera ces fruits. J'espère que, collectivement, nous empêcherons la mise en œuvre de ces prétendues réformes. Cette action est une action constructive car dans le même temps il s'agit aussi de mettre en place des alternatives pédagogiques concrètes, raisonnables et efficaces.
Monsieur
l'Inspecteur, vous l'avez compris, cette lettre n'est pas dirigée
contre vous, ni votre fonction, mais je me dois de vous l'adresser et
de la faire connaître. Le propre de l'esprit responsable est d'agir à
visage découvert, sans faux-fuyant, en assumant les risques inhérents à
cette action. C'est ce que je fais aujourd'hui.
Je vous prie de recevoir, Monsieur l'Inspecteur, l'assurance de mes sentiments déterminés et respectueux.
Alain REFALO
Professeur des écoles
Ecole Jules Ferry, Colomiers (31)
Lettre adressée à Mr l'Inspecteur de l'Education Nationale de la 17ème circonscription de la Haute-Garonne.
La faisabilité politique de l'ajustement
Lorsque Xavier DARCOS, ministre de l'éducation nationale, annonce la
mise en place des heures de soutien, suite à la suppression du samedi
matin, c’est pour « ceux qui en ont le plus besoin, ces 15 % d’élèves
qui sont en grande difficulté… ». On connaît la suite : la suppression
programmée de 3000 postes de RASED (Réseaux d’Aides Spécialisées aux
Enfants en Difficulté)…
Sans parler des autres réformes en cours ou à venir... Mais tout ne se joue pas ici… Selon Eddy KHALDI, auteur avec Muriel FITOUSSI, d’un ouvrage « Main basse sur l’école publique », la lente casse de l’école est programmée depuis un certain temps…
Ils se sont penchés sur la généalogie des idées qui marquent ce gouvernement, en matière d'éducation nationale. Celles-ci vont puiser dans un vivier idéologiquement marqué, qui emprunte aussi bien au Club de l'Horloge (extrême-droite) qu'à l'Opus Dei.
Pour en arriver à la conclusion suivante : une marchandisation rampante devenue aujourd’hui franchement galopante…
OUI, Darcos veut et peut démanteler l'école publique…
Un film de 22 minutes qui fait le point sur les récentes mobilisations d’octobre, à la lumière des révélations d’Eddy KHALDI...
Un film fait par des parents d’élèves pour les parents d’élèves et les enseignants…
La faisabilité politique de l'ajustement
envoyé par NTRN
TIBET - La Chine rejette toute "semi-indépendance" du Tibet
Actualité CHINE le 6/11/2008 par AFP
Un haut responsable chinois a indiqué à Pékin aux émissaires du dalaï lama que même une "semi-indépendance" était hors de question, a rapporté jeudi l'agence officielle Chine Nouvelle.
"A aucun moment ou en aucune circonstance nous ferons preuve de faiblesse, il n'est pas question d''indépendance' du Tibet, de 'semi-indépendance' ou d''indépendance déguisée'", a déclaré Du Qinglin, un haut responsable du Parti communiste chargé des négociations avec les émissaires du chef spirituel tibétain, cité par l'agence.
Deux émissaires du dalaï lama ont participé mardi et mercredi en Chine à un nouveau cycle de négociations, engagées depuis 2002, sur le statut du Tibet, a indiqué mercredi un responsable anonyme du gouvernement tibétain en exil en Inde.
Selon le Sénat, le gouvernement nous leurre
OUEST-France Michel URVOY vendredi 07 novembre 2008

Pour Jean Arthuis et Philippe Marini, nos finances publiques sont construites sur des bases fausses. : Ouest-France/AFP
Pour l'UMP Philippe Marini, le déficit public pourrait atteindre 6,4 % en 2012 et les impôts locaux exploser. Rien à voir avec les prévisions officielles, même revues à la baisse.
Les sénateurs attendaient, hier, les ministres de l'Économie et du Budget avec de solides arguments. Enrobés dans une épaisse couche d'onctuosité, ces arguments revenaient à dire : le gouvernement nous ment. Ce sont des têtes bien faites et bien pleines de la majorité -- pas ces énervés de la critique superlative -- qui nous le disent : Jean Arthuis (Union centriste, Mayenne) et Philippe Marini (UMP, Oise).
Ah ! les aléas
Ces deux gros bosseurs-là savent de quoi ils parlent. Le premier préside la commission des finances ; le second est rapporteur général du projet de budget.
Mais ils nous le disent avec des mots qu'on hésite à qualifier d'affriolants : « La loi de programmation pluriannuelle est marquée par des aléas. » Wouaouh ! Comprenez : messieurs du gouvernement, votre hypothèse de croissance de 1 % en 2009 et de 2 % les années suivantes sont archifausses. Les finances publiques vont dans le fossé. Rien que pour respecter les 2,7 % de déficit en 2008, il faudrait un miracle à 5 milliards. En clair, on dépassera les 3 %. 3,1 % a dû reconnaître Éric Woerth, avec une croissance de 0,2 %, a ajouté Christine Lagarde (lire aussi page 2).
Ce n'est pas tout. Arthuis et Marini ont dessiné des courbes, selon que la crise sera courte ou longue, qu'il y aura récession ou pas. Dans tous les cas, les comptes publics restent dans le rouge en 2012. Dans la pire des hypothèses, le déficit atteint 6,4 % de la richesse nationale ! Plus du double d'aujourd'hui. Soit des emprunts en plus, une dette obèse (même si les taux baissent, comme le suggère la Banque centrale européenne), des remboursements paralysants. Sans compter l'énorme passif que l'on logera opportunément dans les sociétés d'aide aux banques et aux entreprises flageolantes et qui échappe à la calculette de Bruxelles.
Non au harcèlement
Et quoi faire ? 1) Ne pas accroître les prélèvements quitte -- force majeure -- à laisser filer les déficits : « Il ne faut pas ajouter la crise à la crise. » 2) Cesser de se fonder sur une croissance imprévisible. « Ce n'est pas le gouvernement qui fait la croissance. L'État joue un rôle partiel, voire marginal. » Concrètement : faisons comme s'il n'y avait pas de croissance. Il sera toujours temps d'employer le surcroît tombé du ciel. 3) Plafonner les dépenses. C'est le seul levier maîtrisable. Mais, n'étranglons pas les collectivités locales !
Communes, départements et régions assurent 73 % de l'investissement public. Ce sont eux qui peuvent éviter « un effondrement du BTP » et entretenir le lien social. Jean Arthuis lance alors un « appel au gouvernement » pour maintenir leur capacité d'investissement. Il réclame un « moratoire » sur certains transferts de charges, sur certaines normes hypercoûteuses, demande que l'on cesse « le harcèlement ». Philippe Marini confirme que « la contrainte globale s'accroît sensiblement » et que ça va se traduire par des hausses d'impôts. Ah ! les « aléas »...
"Internet et Création" au cœur du débat
Check-list LEMONDE du 07 Novembre 2008
"Internet et Création" au cœur du débat
Alors que le Sénat adoptait le 30 octobre dernier le projet de loi "Création et Internet", le débat sur le téléchargement fait rage sur la Toile. Ainsi, le gouvernement lançait le lendemain de l'adoption de la loi un site pour expliquer la loi Hadopi, J'aime les artistes. La parole n'y est pas donnée aux artistes mais plutôt aux politiques tels Christine Albanel et Jacques Toubon, appuyée de vidéos Dailymotion. La riposte ne s'est pas fait attendre : J'aime les internautes, site parodique créé par Numerama en réponse au premier site, donne 10 bonnes raisons de dire non à cette loi. L'association de consommateurs UFC-Que choisir vient aussi de lancer le site Ça-va-couper.fr, qui tourne en dérision le mécanisme de riposte graduée prévue par le texte de Christine Albanel, jugé disproportionné par ses détracteurs. Dans une série de vidéos, le policier Dédé menace de supprimer Internet à tous ceux qui ont téléchargé illégalement. Le site propose en outre de faire une blague à ses amis en les dénonçant par e-mail, un moyen détourné de les sensibiliser au débat.
TAïWAN - CHINE / Plus de 60 policiers blessés à Taïwan dans des manifestations antichinoises
Actualités CHINE le 7/11/2008 à 11h01 par AFP
Plus de 60 membres des forces de l'ordre ont été blessés dans la nuit de jeudi à vendredi à Taipei lors de violents heurts avec des manifestants pro-indépendantistes hostiles à la visite d'un haut dirigeant chinois, selon la police.
Quelque 64 policiers ont été blessés dans ces échauffourées liées à la venue dans l'île du président de l'Association pour les relations entre les deux rives du détroit de Taïwan (ARATS), Chen Yunlin.
Selon les médias locaux, 20 manifestants et journalistes ont été également blessés alors que les rassemblements ont été dispersés à coups de canons à eau tôt vendredi.
Les protestataires ont lancé des pierres et des cocktails Molotov. Des arrestations ont également eu lieu, mais la police n'en pas précisé le nombre.
Jeudi, des dizaines de milliers de personnes en majorité issues des rangs du Parti démocratique progressiste (DDP, opposition) avaient protesté contre une rencontre inédite entre l'émissaire chinois et le président taiwanais, Ma Ying-jeou.
Les partisans de l'indépendance accusent le président Ma d'être inféodé à Pékin et de "brader" la souveraineté nationale. Taïwan et la Chine ont a signé mardi une série d'accords économiques consacrant le réchauffement entre les deux voisins après six décennies d'hostilité.
Mais en dépit de ces signes de dégel, Pékin considère toujours Taïwan comme une partie de son territoire en attente de réunification malgré une indépendance de fait datant de près de 60 ans.
Positionnant des centaines de missiles face à l'île, soutenue militairement par les Etats-Unis, la Chine a menacé par le passé de l'envahir au cas où elle déclarerait formellement son indépendance. Elle a aussi voté une loi anti-sécession.
Du niveau de tolérance...
Jean-Luc Porquet -Le Canard Enchaîné du 5 novembre 2008
Berlusconi et Sarkozy, acteurs engagés de l'Europe financière et médiatique
C’est juste une phrase qui vous attrape et qui vous trotte dans la tête. Une phrase prononcée par Patrick Doutreligne, de la fondation Abbé-Pierre. Evoquant dans « Politis » (23/10 les Enfants de Don Quichotte, à l’occasion de la sortie du film des frères Legrand, il explique qu’avec leur action de décembre 2006, ils ont créé un « choc salutaire », et ce pour une raison simple : « Notre niveau de tolérance était en train d’augmenter ! » Emmaüs, la fondation Abbé-Pierre, le Secours catholique, toutes les associations qui ont alors rejoint les Don Quichotte, à force de gérer des structures d’accueil pour SDF et de s’asseoir à la table de négociation des ministères, avaient fini par s’institutionnaliser. Au fond, par s’y faire, à la misère. Et : « Notre niveau de tolérance était en train d’augmenter. » Et l’on se dit brusquement que c’est bien de cela qu’il s’agit aujourd’hui, mais pas seulement pour la misère : pour tout !
Des choses qui nous auraient choqués, indignés, blessés voilà deux ans, on les laisse passer. On baisse la garde. On s’habitue. De temps en temps, dans un sursaut, on se dit que si ça continue, on va finir comme les italiens : lobotomisés. Car cinq années de Berlusconi (2001-2006) ne leur ont pas suffi, ils en ont redemandé, l’ont réélu ! Et les voilà maintenant assistant aux pitreries quotidiennes du télébonimenteur , et son seul projet fou de supprimer 200 000 postes d’enseignants a provoqué un sursaut, fait descendre récemment dans la rue 2 millions de manifestants.
On s’habitue aussi au martèlement sarkozyste et à la cour qui lui lèche à grand bruit les talonnettes. Sous des apparences faussement décontractées et « modernes », le manque total d’humour comme le montre l’histoire des poupées vaudoues. Cette perpétuelle autocélébration de soi, tel un catcheur en tournée permanente sur tous les écrans. La tête qui enfle et les mots pareillement, qui n’ont plus guère de rapport avec le réel. Ainsi, on passe un « pacte moral » avec les banques ! Un « pacte moral » ! Pas étonnant qu’elles s’assoient dessus ! On invite les banquiers à faire preuve de « solidarité ». C’est à se rouler par terre !
Mais nous restons stoïques, à peine un sourire accablé, nous rentrons la tête dans les épaules, on a vu pire, Non ? Et on verra pire. Cet entêtement dans l’erreur : à peine le krach a-t-il déboulé qu’aussitôt « il faut poursuivre les réformes de plus belle » . les réformes ? Cogner sur les services publics, virer massivement des profs, privatiser la Poste (tout en disant le contraire), etc. Cette tentation bonapartiste, je suis l’homme providentiel à moi l’Europe… Et ce krach à l’occasion duquel ministres et « expert », se déchaînent en chœur, entonnant les mêmes rengaines qu’avant. Même le pape de la finance américaine, Alain Greenspan reconnaît aujourd’hui avoir « fait une erreur en croyant que le sens de leurs propres intérêts, notamment chez les banquiers, était la meilleure protection qui soit ». Mais eux, ministres et « experts » sarkozystes continuent leur bonhomme de chemin, comme des poules à qui on a coupé la tête. Un « pacte moral » avec les banques …
Notre niveau de tolérance est encore en train d’augmenter...
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A lire aussi : un conte d'Olivier Clerc, écrivain-philosophe, d’une grande richesse d’enseignement :
LE PRINCIPE DE LA GRENOUILLE dans la marmite d’eau ( ou l’inconscience du changement ) : SOMMES NOUS DEJA A MOITIÉ " CUITS " ? -
Selon le Sénat, le gouvernement nous leurre : nos finances publiques sont construites sur des bases fausses
Ouest-France – 07/11/08 – Michel URVOY
Pour l'UMP Philippe Marini, le déficit public pourrait atteindre 6,4 % en 2012 et les impôts locaux exploser. Rien à voir avec les prévisions officielles, même revues à la baisse.
Les sénateurs attendaient, hier, les ministres de l'Économie et du Budget avec de solides arguments. Enrobés dans une épaisse couche d'onctuosité, ces arguments revenaient à dire : le gouvernement nous ment. Ce sont des têtes bien faites et bien pleines de la majorité -- pas ces énervés de la critique superlative -- qui nous le disent : Jean Arthuis (Union centriste, Mayenne) et Philippe Marini (UMP, Oise).
Ah ! les aléas
Ces deux gros bosseurs-là savent de quoi ils parlent. Le premier préside la commission des finances ; le second est rapporteur général du projet de budget. Mais ils nous le disent avec des mots qu'on hésite à qualifier d'affriolants : « La loi de programmation pluriannuelle est marquée par des aléas. » Wouaouh ! Comprenez : messieurs du gouvernement, votre hypothèse de croissance de 1 % en 2009 et de 2 % les années suivantes sont archifausses. Les finances publiques vont dans le fossé. Rien que pour respecter les 2,7 % de déficit en 2008, il faudrait un miracle à 5 milliards. En clair, on dépassera les 3 %. 3,1 % a dû reconnaître Éric Woerth, avec une croissance de 0,2 %, a ajouté Christine Lagarde (lire aussi page 2).
Ce n'est pas tout. Arthuis et Marini ont dessiné des courbes, selon que la crise sera courte ou longue, qu'il y aura récession ou pas. Dans tous les cas, les comptes publics restent dans le rouge en 2012. Dans la pire des hypothèses, le déficit atteint 6,4 % de la richesse nationale ! Plus du double d'aujourd'hui. Soit des emprunts en plus, une dette obèse (même si les taux baissent, comme le suggère la Banque centrale européenne), des remboursements paralysants. Sans compter l'énorme passif que l'on logera opportunément dans les sociétés d'aide aux banques et aux entreprises flageolantes et qui échappe à la calculette de Bruxelles.
Non au harcèlement
Et quoi faire ? 1) Ne pas accroître les prélèvements quitte -- force majeure -- à laisser filer les déficits : « Il ne faut pas ajouter la crise à la crise. » 2) Cesser de se fonder sur une croissance imprévisible. « Ce n'est pas le gouvernement qui fait la croissance. L'État joue un rôle partiel, voire marginal. » Concrètement : faisons comme s'il n'y avait pas de croissance. Il sera toujours temps d'employer le surcroît tombé du ciel. 3) Plafonner les dépenses. C'est le seul levier maîtrisable. Mais, n'étranglons pas les collectivités locales !
Communes, départements et régions assurent 73 % de l'investissement public. Ce sont eux qui peuvent éviter « un effondrement du BTP » et entretenir le lien social. Jean Arthuis lance alors un « appel au gouvernement » pour maintenir leur capacité d'investissement. Il réclame un « moratoire » sur certains transferts de charges, sur certaines normes hypercoûteuses, demande que l'on cesse « le harcèlement ». Philippe Marini confirme que « la contrainte globale s'accroît sensiblement » et que ça va se traduire par des hausses d'impôts. Ah ! les « aléas »...
Le gouvernement ne tiendra pas ses objectifs de déficit public
E24 avec AFP – jeudi 06 novembre 2008

Illustration de la baisse du pouvoir d'achat en France. Des français fouillent parmi des cageots de fruits et legumes place de la Bastille. (SIPA)
Le FMI prévoit une récession sévère pour 2009
Le déficit français dépassera 3% dès 2009
Unedic prévoit 58.000 à 162.000 chômeurs indemnisés en plus en 2009
La Commission européenne surveille de près les concentrations bancaires
La croissance française 2009 n'atteindra pas 1%
Fillon: "panne de croissance" en 2009
La France a fortement revu à la baisse sa prévision de croissance pour 2009 "dans une fourchette comprise entre 0,2% et 0,5%" contre 1% auparavant. Jeudi, la ministre de l'Economie, Christine Lagarde a jugé que la nouvelle prévision du gouvernement est "responsable, exceptionnelle comme la situation l'exige mais lucide".
Mais, la minsitre de l'Economie a assuré que le gouvernement " n'augmentera pas le poids global des impôts même si les recettes publiques venaient à fléchir".
Emploi
L'impact sur l'emploi devrait aussi s'alourdir. Selon les dernières prévisions de l'assurance chômage, une croissance de 0,2% correspond à une hausse de 58.000 chômeurs en 2009 contre 15.000 si la croissance avait été de 0,9%.
Lucide.....?
Pays Basque - La liquidation judiciaire de la Camif frappe de plein fouet le centre d'aide par le travail du Hameau.
SUD-OUEST 05 Novembre 2008
EMPLOI. Le bec dans l'eau L'atelier de menuiserie en dépendait à 90 %

CAMIF. Dégâts collatéraux photo Guillaume Bonnaud
Un coup du sort. Pas d'autre mot pour qualifier le coup de tonnerre qui s'est abattu sur l'établissement spécialisé d'aide par le travail (ESAT) du Hameau -ce qu'on appelait autrefois CAT-. Le centre travaille à l'insertion des adultes handicapés. Depuis quelques jours, il émarge au rang des dommages collatéraux de la liquidation judiciaire de la CAMIF.
8 000 meubles par an.
Le catalogue de vente par correspondance était en effet un client privilégié depuis 20 ans : « Chaque année, nous avions trois pages consacrées à nos produits. Chaque année on leur livrait entre 6 000 et 8 000 meubles par an. Pendant cette période ça a été un client captif, on ne pensait pas que ça allait stopper », explique Thierry Willocq, le directeur. La production de lits, de petits meubles, d'armoires représentait environ 90 % de l'activité de l'atelier menuiserie.
Celui-ci emploie quarante-cinq personnes. C'est le premier problème du directeur du centre. Il s'agit désormais pour lui de faire tourner cet atelier pour que les adultes handicapés puissent continuer à travailler. « Fort heureusement ce sont des salariés qui ne peuvent être licenciés. Mais il faut que nous trouvions à les occuper », poursuit le directeur. Jusqu'à la fin du mois de décembre, ils seront affectés à d'autres tâches au sein de l'établissement.
Le second problème est d'ordre économique. Car la fin du contrat est synonyme de manque à gagner. Une cellule de crise a donc été mise sur pied dans l'urgence pour tenter de trouver d'autres partenaires commerciaux. La nouvelle de la fin du contrat avec la CAMIF tombe d'autant plus mal que des investissements venaient d'être réalisés dans l'atelier. Thierry Willocq compte sur la réputation de l'atelier menuiserie pour gagner de nouveaux marchés. Un vocabulaire un peu éloigné du coeur de métier de l'ESAT : l'insertion et le développement professionnel. C'est pourtant une réalité incontournable.
145 000 euros de perte sèche.
Dans cette affaire l'ESAT du Hameau a déjà laissé des plumes. « Nous avons livré pour 145 000 euros de marchandise aux clients. Nous ne les reverrons jamais. » Dans le contrat qui liait avec le catalogue, le fabricant livrait directement la marchandise et était ensuite payé par la CAMIF.
Plus grave, les stocks de l'atelier menuiserie débordent de marchandise. « Il nous reste environ 200 000 euros de marchandise en stock ».
Pour écouler cette marchandise, les portes de l'atelier sont ouvertes à tout le monde. Les prix sont évidemment revus à la baisse, Soit deux fois moins que le prix catalogue. « On ne retrouve pas 600 000 euros par an comme ça », constate le directeur.
Pour encore noircir le tableau, l'ESAT du Hameau devra en plus payer les transporteurs qui ont acheminé les articles chez les clients. La CAMIF ne l'ayant pas fait, cette charge incombe donc à l'expéditeur. Une subtilité de la loi Gayssot qui devrait alourdir la note de quelques milliers d'euros supplémentaires.
