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vendredi 7 novembre 2008

Pays Basque - La liquidation judiciaire de la Camif frappe de plein fouet le centre d'aide par le travail du Hameau.

SUD-OUEST 05 Novembre 2008

    EMPLOI.  Le bec dans l'eau L'atelier de menuiserie en dépendait à 90 % 

acamif

CAMIF. Dégâts collatéraux photo Guillaume Bonnaud

Un coup du sort. Pas d'autre mot pour qualifier le coup de tonnerre qui s'est abattu sur l'établissement spécialisé d'aide par le travail (ESAT) du Hameau -ce qu'on appelait autrefois CAT-. Le centre travaille à l'insertion des adultes handicapés. Depuis quelques jours, il émarge au rang des dommages collatéraux de la liquidation judiciaire de la CAMIF.

8 000 meubles par an.

Le catalogue de vente par correspondance était en effet un client privilégié depuis 20 ans : « Chaque année, nous avions trois pages consacrées à nos produits. Chaque année on leur livrait entre 6 000 et 8 000 meubles par an. Pendant cette période ça a été un client captif, on ne pensait pas que ça allait stopper », explique Thierry Willocq, le directeur. La production de lits, de petits meubles, d'armoires représentait environ 90 % de l'activité de l'atelier menuiserie.

Celui-ci emploie quarante-cinq personnes. C'est le premier problème du directeur du centre. Il s'agit désormais pour lui de faire tourner cet atelier pour que les adultes handicapés puissent continuer à travailler. « Fort heureusement ce sont des salariés qui ne peuvent être licenciés. Mais il faut que nous trouvions à les occuper », poursuit le directeur. Jusqu'à la fin du mois de décembre, ils seront affectés à d'autres tâches au sein de l'établissement.

Le second problème est d'ordre économique. Car la fin du contrat est synonyme de manque à gagner. Une cellule de crise a donc été mise sur pied dans l'urgence pour tenter de trouver d'autres partenaires commerciaux. La nouvelle de la fin du contrat avec la CAMIF tombe d'autant plus mal que des investissements venaient d'être réalisés dans l'atelier. Thierry Willocq compte sur la réputation de l'atelier menuiserie pour gagner de nouveaux marchés. Un vocabulaire un peu éloigné du coeur de métier de l'ESAT : l'insertion et le développement professionnel. C'est pourtant une réalité incontournable.

145 000 euros de perte sèche.

Dans cette affaire l'ESAT du Hameau a déjà laissé des plumes. « Nous avons livré pour 145 000 euros de marchandise aux clients. Nous ne les reverrons jamais. » Dans le contrat qui liait avec le catalogue, le fabricant livrait directement la marchandise et était ensuite payé par la CAMIF.

Plus grave, les stocks de l'atelier menuiserie débordent de marchandise. « Il nous reste environ 200 000 euros de marchandise en stock ».

Pour écouler cette marchandise, les portes de l'atelier sont ouvertes à tout le monde. Les prix sont évidemment revus à la baisse, Soit deux fois moins que le prix catalogue. « On ne retrouve pas 600 000 euros par an comme ça », constate le directeur.

Pour encore noircir le tableau, l'ESAT du Hameau devra en plus payer les transporteurs qui ont acheminé les articles chez les clients. La CAMIF ne l'ayant pas fait, cette charge incombe donc à l'expéditeur. Une subtilité de la loi Gayssot qui devrait alourdir la note de quelques milliers d'euros supplémentaires.

Posté par Cozett à 00:07 - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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