vendredi 31 octobre 2008
Plainte en ligne ... – ENTRETIEN de Mme Alliot-Marie
« Sud Ouest ». 31 Octobre 2008
ENTRETIEN. Mme Alliot-Marie voit un atout dans le prédépôt de plainte en ligne « Je veux rapprocher l'administration du citoyen »
« Sud Ouest ». À partir de demain, la Charente-Maritime doit expérimenter le dispositif de dépôt de préplainte en ligne, que vous souhaitez ensuite généraliser. Quel est l'intérêt de ce nouveau service ?
Michèle Alliot-Marie. Je veux rapprocher l'administration du citoyen dans tous les domaines qui relèvent de mon ministère. Les Français se plaignent souvent, à juste titre, de la longueur des démarches et de l'obligation de se déplacer pour accomplir certaines formalités. J'ai donc souhaité qu'on utilise les nouvelles technologies, dès lors qu'elles constituent un progrès ou une simplification pour l'usager. Ce sera le cas pour le dépôt de plainte.
Aujourd'hui, le citoyen doit se rendre au commissariat ou à la gendarmerie et patienter avant d'être reçu, lorsque la raison de sa venue ne présente pas de caractère d'extrême urgence. Avec le prédépôt de plainte en ligne, une personne victime d'un vol ou d'une atteinte aux biens pourra, depuis tout ordinateur, déclarer ce qui lui est arrivé et donner les renseignements nécessaires en les adressant au commissariat ou à la gendarmerie de son choix. En retour on lui indiquera, par e-mail ou par téléphone, que sa préplainte est bien enregistrée, et un rendez-vous lui sera fixé conformément à ses disponibilités. La victime, en s'y rendant, pourra ainsi rencontrer sans délai celui qui aura préparé la plainte, et la modifier le cas échéant avant de la signer.
Il y a donc à la fois simplification et accélération des procédures.
- Les défenseurs de la départementalisation des plaques d'immatriculation viennent d'obtenir gain de cause. Pourquoi avez-vous changé d'avis ?
La réforme initiée en 2005 présente beaucoup d'avantages pour les forces de l'ordre qui recherchent un véhicule volé ou un délinquant, et d'économies pour les usagers qui ne seront plus obligés de changer leur carte grise lorsqu'ils changeront de domicile. Elle prévoyait la possibilité, mais non l'obligation, de faire figurer un numéro de département. À l'époque, je m'étais posé des questions sur cette possible disparition. Quand les parlementaires et les élus ont commencé à réagir, cet été, le système était largement en route. Mais j'ai souhaité l'aménager dans la mesure du possible.
- La référence au département pourra-t-elle changer en fonction du propriétaire ?
Il faut distinguer sur la plaque le numéro d'immatriculation lui-même et les mentions qui le complètent. Grâce à cette combinaison nous pouvons conserver les avantages du système, tout en répondant aux voeux des élus et des Français en conservant l'identification départementale.
J'ai donc décidé de rendre obligatoire, et non plus facultative, la référence au département. Je garde à chaque propriétaire la possibilité de choisir le département, qui ne sera plus nécessairement celui de sa résidence principale. Cela introduira un peu d'humanité dans le système.
- « La Marseillaise » a été sifflée lors du match France-Tunisie. Les stades de football posent aujourd'hui d'énormes problèmes de violence, de racisme...
Pour qui connaît l'ambiance bon enfant du rugby, la violence et le rejet de l'autre lors de certains matchs de football sont choquants, à l'opposé des valeurs du sport. Lorsque j'étais ministre de la Jeunesse et des Sports, j'avais fait voter la première loi anti-hooligans créant les interdictions de stade. Aujourd'hui pas plus qu'hier je ne tolérerai que de petits groupes véhiculant de la haine viennent gâcher ce qui doit être une fête. J'ai déjà dissous certains groupes de supporteurs agressifs ou racistes. Je recommencerai sans aucune hésitation. Avec les présidents de clubs, nous sommes convenus d'installer dans les stades des caméras de haute précision, afin d'identifier les fauteurs de troubles. La saison dernière, il y a eu 305 interdictions de stade. Un fichier des interdits a été mis en place. Dans la prochaine loi d'orientation pour la sécurité intérieure, j'ai prévu l'aggravation des peines, et notamment la possibilité de doubler la durée des interdictions de stade.
- La rumeur dit que vos relations avec Nicolas Sarkozy sont assez tendues...
Non. Ces rumeurs n'affectent en rien les relations personnelles que nous pouvons avoir, pas plus que nos relations dans le travail. J'apprécie beaucoup l'autonomie dont je dispose, car c'est aussi une marque de confiance. Et je rappelle aux mauvaises langues qu'à plusieurs reprises le président m'a publiquement félicitée pour les réformes que je conduis dans ce ministère qu'il connaît bien et pour les résultats que j'ai obtenus
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3 À quels résultats songez-vous ?
À la baisse très sensible de la délinquance, notamment de la délinquance de proximité, à laquelle nos concitoyens sont le plus sensibles. Les objectifs qui m'ont été fixés sont en passe d'être atteints bien avant l'échéance prévue. En matière d'élucidation, nous avons de très bons résultats, avec un taux de près de 38 %. Je rappelle qu'en 2001 c'était moins de 25 %, 34,33 % en 2006 et 36,11 % en 2007. Pour les crimes, ce taux est plus que doublé, en particulier grâce à la police technique et scientifique. Une de mes priorités est donc d'en faire une police scientifique de masse, applicable à l'ensemble des délits.
3 Craignez-vous de perdre votre portefeuille à la faveur d'un remaniement ?
Depuis six ans et demi que je suis ministre, tous les mois des journalistes annoncent mon départ. Un vieux proverbe chinois dit qu'il faut toujours agir comme si ce jour était le dernier de votre vie et en même temps faire des projets comme si vous étiez éternel
Oubliée la conviviale journée des voisins, voilà de quoi stimuler le corbeau qui sommeille en chacun de nous.
Après la traque aux sans-papiers,
les CV aux noms étrangers,
les fichiers croisés de la police sécuritaire,
la vidéosurveillance dans les rues,
la « veille » sur le net,
voici maintenant le mouchardage des cages d’escalier,
le cafardage du voisin de parking,
l’espionnage encouragé de tous les "suspects" à priori …
Bonjour les règlements de compte entre amis fâchés et les coups bas entre voisins irascibles !
foutu gouvernement, foutu pays, foutu planète ! Changez tout !
"Priorité aux salaires et à l’emploi"
Jean Leymarie – France-Infos - 25 octobre 2008
Après une nouvelle semaine tourmentée sur les marchés financiers, Maryse Dumas, secrétaire confédérale de la CGT, demande à l’Etat un effort en faveur des salariés et des chômeurs. Son interview à France -Infos :
Jean Leymarie : Les pouvoirs publics se mobilisent en faveur des banques et des entreprises. Une première série de prêts - pour un montant de cinq milliards d’euros - est accordé à sept banques qui en ont fait la demande. Par ailleurs, les entreprises qui investissent seront exonérées de taxe professionnelle. Au même moment, l’économie montre des signes de ralentissement.
La crise économique et sociale est de plus en plus évidente. Vous avez à la CGT des délégués dans des milliers d’entreprises partout en France, que vous disent-ils ?
M.D. Il y a une exaspération de la part des salariés de voir qu’on donne des centaines de milliards pour garantir les banques et pas un seul pour garantir les salaires ni pour obliger les entreprises à garantir l’emploi. Depuis plusieurs mois, on entend beaucoup parler d’équité dans ce pays, notamment de la part du gouvernement. Chaque fois qu’il est question de remettre en cause les droits de telle ou telle catégorie de salariés, c’est soi-disant au nom de l’équité. Mais aujourd’hui, l’équité commanderait que la priorité soit donnée au pouvoir d’achat, aux salaires, à l’emploi.
Au lieu de cela, on voit un gouvernement assez indifférent au drame qui est en train de se produire pour des millions de familles. Le ministre de l’emploi nous parle des permis de conduire, voilà la seule mesure qu’il évoque pour parler d’emploi. D’un autre côté, on fait pression sur les chômeurs. On va diminuer leur indemnisation afin d’alléger les cotisations des entreprises. Depuis le début de l’année, simplement dans les plans sociaux collectifs, c’est plus de 20 000 suppressions d’emplois qui ont été annoncées, auxquelles il faut ajouter plus de 40 000 fin de mission d’intérim, beaucoup d’intérimaires sont mis à la porte. Et auxquelles il faut encore ajouter les fins de missions en CDD, les contrats précaires dont personne ne connaît encore la statistique exacte… Quand est-ce que le gouvernement va prendre la mesure de cette réalité ?
L’Etat essaie d’intervenir en soutenant les banques, mais en soutenant aussi les entreprises, comme annoncé cette semaine. Nicolas Sarkozy est monté lui-même au créneau, que peut-il faire de plus aujourd’hui ?
Il doit conditionner les aides ! Le problème n’est pas, à nouveau, de transférer l’argent des contribuables - car ce sont eux qui vont finalement payer -, vers les groupes, vers les banques, etc., sans rien leur demander en échange. On ne sait pas à quoi va servir cet argent ! Comment peut-on admettre que cet argent aille de nouveau à la spéculation alors que d’autre part il serait tellement important de l’avoir pour le pouvoir d’achat et donc pour la consommation qui relancerait la production.
Mettons de côté la spéculation et parlons d’économie « réelle », de la santé difficile des entreprises. Vous voyez comme nous, le secteur automobile aujourd’hui en pleine turbulence, le chômage technique des constructeurs, Renault, Peugeot, les pouvoirs publics y peuvent-ils quelque chose ? Et ce n’est pas la faute à la spéculation ?
Bien sûr que si ! Car d’où vient la spéculation ? Depuis vingt ans, tout a été fait pour que l’exploitation du travail soit poussée au maximum. Le partage dans la « valeur ajoutée » des résultats du travail s’est déplacé de 10% au détriment des fruits du travail et au profit du capital. Ca a permis de dégager des sommes fabuleuses qui sont allées à la spéculation. Comme en même temps, il fallait de la consommation pour que la production puisse s’écouler, on a développé parallèlement l’endettement des ménages. C’est cela la raison, entre autres, de la crise financière. Aujourd’hui pour les salariés, c’est en quelque sorte la double peine : d’une part, on a comprimé leurs salaires pour permettre la spéculation financière et en raison de cette même crise financière, on leur dit : chômage technique, plan social, etc…
La question de l’automobile est très grave, car on estime aujourd’hui que 10% de l’emploi en France dépend de cette industrie, par quantité de sous-traitants : la circulation, les routes,les garages, l’entretien, tous les commerces induits… Qu’a fait le gouvernement pour l’industrie ? Rien depuis des années ! Il s’est préoccupé d’obliger les chômeurs à accepter n’importe quel emploi, il est préoccupé par le « travailler plus pour gagner plus ». Quand, à la consommation il y a une difficulté à écouler les stocks de véhicules, il ne faut pas oublier non plus que c’est aussi lié au coefficient de rentabilité imposé par les actionnaires. Parce que, même si les marges sont réduites, quand on passe de 6% prévu pour les actionnaires de Renault par exemple, à une prévision de 3%, il en reste ! Le problème c’est : quand est-ce que le gouvernement va obliger les groupes à un autre partage entre les actionnaires et les salaires de façon à valoriser les salaires et l’emploi ?
Le chômage repart à la hausse et du coup, depuis quelques semaines on parle moins du pouvoir d’achat, vous compris. La question des salaires ne vous intéresse plus ?
Ah, mais bien sûr que si ! Nous sommes en permanence sur les salaires, d’ailleurs nous avons beaucoup d’actions qui programmées dans les entreprises et les branches pour obtenir des revalorisations.
Vous pensez que les entreprises ont les moyens aujourd’hui, vu le contexte, d’investir dans les salaires ?
On ne peut pas se préoccuper des salaires seulement quand le reste ira mieux ! Investir dans les salaires, c’est justement pour aider à débloquer la situation. De ce point de vue, la CGT revendique immédiatement une sécurité sociale professionnelle. Nous sommes pour le maintien du salaire et du contrat de travail, même lorsqu’il y a suppression d’emploi, jusqu’à ce qu’un nouvel emploi soit proposé au salarié. Puisqu’il y a tant de milliards qui circulent, ce serait vraiment de l’argent bien dépensé que de permettre cette sécurité sociale professionnelle. Vous savez que la croissance en France a toujours dépendu de la consommation intérieure. On voit qu’elle a chuté depuis le mois de janvier et c’est l’une des raisons qui explique que nous ayons ces phénomènes en chaîne aujourd’hui. Soutenir massivement la consommation suppose que l’on fasse d’autres choix. Au lieu que l’argent aille aux actionnaires et à la spéculation, il faut le rendre au travail. C’est cela reconnaître la valeur du travail.
On sait que la situation est très compliquée et pas seulement en France. Les gouvernements essaient tous de trouver des solutions. Pour vous, quelle est la mesure prioritaire ?
La mesure prioritaire c’est immédiatement injecter du pouvoir d’achat, revoir les salaires, les minima sociaux, etc.
Et pour les entreprises qui manquent d’argent en ce moment, comment faire ?
Il y avait, avant même la crise, trente milliards qui partaient des poches des contribuables pour aller dans les comptes des entreprises petites ou grandes, sans que l’on sache à quoi cela sert.
Que sont ces 30 millards ?
C’est les allègements de cotisations sociales patronales sur la sécurité sociale. Même des groupes qui font des bénéfices fabuleux bénéficient de ces allègements de cotisation. Eh bien nous pensons qu’il y a là des réserves à orienter autrement en créant un pôle public financier promettant d’être utile… et en refusant, au passage, la privatisation de la poste qui reste la meilleure garantie, à la fois de la protection de l’épargne populaire, mais en même temps, pour lui permettre de s’investir dans l’économie à de bonnes conditions et au bénéfice de tous.
Parachutes dorés : cadeaux !
AgoraVox – 31/10/08
Le journal Marianne avait raison de titrer "Parachutes dorés : Sarkozy ne tient pas sa promesse" déjà le 8 Juin 2007. Alain Souchon a bien fait d’en faire une chanson "coup de gueule" à l’occasion de son dernier album et de la diffuser gratuitement. Car, ce qui s’est passé à l’Assemblée ce jeudi 30 octobre confirme la contradiction complète entre les promesses de Sarkozy et la réalité de son action politique.

Les parachutes dorés, ces indemnités de départ des dirigeants versées en plus des indemnités légales, et souvent dans des proportions très exorbitantes et non méritées, étaient au coeur de la campagne du candidat Sarkozy qui déclarait le 29 mai dernier 2007 au Havre, après son élection : "La pensée unique ne croyait pas à l’interdiction des parachutes dorés. Cette interdiction je l’ai promise et je la mettrai en œuvre". Et, bien qu’il ait martelé ensuite plusieurs fois le slogan "Ce que je dis, je le ferai", il n’a pas touché aux parachutes dorés depuis. Mieux, après un nouveau coup de bluff à l’occasion des affaires récentes en pleine crise financière et qui ont choqué l’opinion publique par le niveau de traitement que s’octroient certains patrons, il a ordonné à son gouvernement de bloquer la réforme.
Par l’intermédiaire de son dévoué ministre du budget, Eric Woerth, le président Sarkozy a sommé les députés de ne pas taxer tous les parachutes dorés, ni les stock-options, ni les actions gratuites ni les retraites chapeaux. De même les représentants élus de la Nation ont dû renoncer à soumettre ces sommes au nouveau forfait social de 2% à la charge des employeurs. Les députés qui avaient adopté toutes ces mesures en commission, ont dû donc se plier une fois encore à l’omnipotence de leur chef.
Alors que le rapporteur du texte de loi, Yves Bur (UMP), proposait un amendement qui donnait l’occasion au président de montrer qu’il respecte sa parole, Eric Woerth a fait voter une version très édulcorée de cet amendement : Seuls les parachutes dorés des plus hauts dirigeants seront taxés (ceux qui sont supérieurs à un million d’euros).
Après le "vote" (guillemets indispensables désormais...), Yves Bur marquait sa déception : "Toutes ces formes de rémunération appartiennent encore à l’ancien monde. Il y a des questions d’éthique qui me paraissent importantes et c’est ce que j’ai voulu marquer". Et oui ! "L’ancien monde", celui d’avant la grave crise financière, est toujours aux manettes et c’est toujours lui qui décide ! Quant aux "questions d’éthique", elles n’ont pas cours à l’ère du capitalisme qui se veut encore triomphant. On dissipera vite cette fâcherie par de nouveaux grands coups médiatiques dont les Français sont si friands...
Pas de changement donc ou très peu. Pourtant, il y a trois semaines, tout était devenu urgent. La volonté intransigeante de l’Elysée justifiait un projet de loi précipité pour supprimer les parachutes dorés. Sans attendre les recommandations du Medef et de l’Association française des entreprises privées (Afep), le chef de l’Etat s’engageait à corriger les abus. Toutefois, Nicolas Sarkozy commençait à montrer de l’hésitation dans le discours. Il faut dire que la campagne est loin derrière et la prochaine encore loin devant. Du coup, cela ne donnait plus que ceci : "Ou bien les professionnels se mettent d’accord sur des pratiques acceptables, ou bien le gouvernement de la République réglera le problème par la loi avant la fin de l’année" (discours de politique économique prononcé à Toulon). Et manifestement, Sarkozy a décidé de faire entièrement confiance aux patrons pour régler cette affaire entre eux !
Or, la présidente du Medef a elle aussi bluffé. Le 25 septembre sur France Inter, elle déclarait : "Dans les prochains jours, avait-elle déclaré, le comité éthique du Medef va recommander la suppression des parachutes dorés." Cette annonce avait été répandue dans tous les medias et les Français avaient pris cela pour argent comptant - sans jeu de mots-. Il s’agissait seulement d’une manoeuvre tactique du Medef pour éviter un texte de loi sévère et pour garder seul la main sur cette question. D’ailleurs, on entendit, dès le lendemain, Mme Parisot déclarer sur la chaîne payante Canal Plus : "Aucun dirigeant ne doit toucher des indemnités de départ s’il a échoué ou mis en difficulté son entreprise, ou encore s’il démissionne". Comme Sarkozy, le mot "suppression" avait été...supprimé de son vocabulaire !
On sait donc désormais à quoi s’en tenir. Et la chanson de Souchon est appelée à un long succès tant elle sera encore d’actualité dans de nombreuses années...
"Parachutes dorés" : à écouter sur Dailymotion
"Parachutes dorés" à télécharger gratuitement sur le site oficiel du chanteur :
Dès l’intro du site, Alain Souchon explique sa démarche avec ses mots à lui.
Article : "Parachutes dorés : Sarkozy ne tient pas sa promesse Marianne 8 Juin 2007"
Qui veut accueillir des déchets radioactifs ?
Ouest-France – 31/10/08 - Jean-Pierre BUISSON
Le choix du site d'enfouissement des déchets radioactifs interviendra dans deux ans.
L'Andra cherche à enfouir les résidus nucléaires. Elle a posé la question à 3 115 communes.L'appel arrive à son terme aujourd'hui.
Combien de municipalités ont-elles répondu à la demande de l'Agence nationale de gestion des déchets nucléaires ? « Impossible de donner le chiffre exact », a répondu l'Andra, hier. Quatre mois après l'appel d'offres, « nous recevons encore des candidatures par fax. Nous allons communiquer officiellement vers le 15 novembre, le temps d'enregistrer toutes les réponses. »
Choix définitif dans deux ans
L'Andra croule-t-elle sous les demandes ? On peut en douter. L'enthousiasme de certains conseils municipaux est retombé très vite lorsque la population a été consultée. Selon le CEDRA (Collectif contre l'enfouissement des déchets radioactifs) basé à Saint-Dizier dans la Meuse, « les candidats ne se sont pas bousculés au portillon. Moins de 30 municipalités. »
L'Andra ne dément pas ce chiffre. « On ne peut vous dire, aujourd'hui, si c'est 20 ou 30 », répond l'agence. « De toute manière, un seul site sera retenu au final. »
Que recherche l'Andra ? « Nous voulons implanter un site d'enfouissement de déchets de faible activité à vie longue. Il s'agit des déchets des premiers réacteurs graphite-gaz, mais aussi des radifères utilisés dans l'industrie ou provenant de l'assainissement de sites pollués au radium », détaille le service communication. « Dans un premier temps deux ou trois sites vont être retenus sur lesquels les études géologiques seront affinées. Le choix définitif doit intervenir dans les deux ans. » L'objectif est d'ouvrir ce nouveau centre de stockage fin 2019.
La dernière mission menée pour dégoter un site d'enfouissement de déchets hautement radioactifs avait tourné au fiasco, notamment dans le Grand Ouest.
Budget sécu 2009 : l'UMP rejette les taxes visant les stock-options, les actions gratuites et les retraites chapeaux
La Provence - vendredi 31 octobre 2008 -
Les députés sont entrés jeudi dans le vif du sujet du budget Sécu pour 2009 en taxant les parachutes dorés des plus hauts dirigeants mais en renonçant, à la demande du gouvernement, à d'autres taxes visant les stock-options, les actions gratuites et les retraites chapeaux.
Ils ont en outre rétabli la prime transport qui avait été supprimée la semaine dernière en commission et l'ont même étendue aux abonnements vélo. Suivant l'avis pressant d'Eric Woerth (Budget), la majorité UMP a rejeté une série d'amendements visant notamment à soumettre tous les parachutes dorés, les stock-options et les actions gratuites au nouveau forfait social de 2% à la charge des employeurs, décidé par le gouvernement et inscrit dans le PLFSS 2009.
Toutes ces mesures avaient pourtant été adoptées par les députés en commission.
Sur les stock-options, "nous avons déjà fait le plein l'année dernière", a plaidé M. Woerth, estimant qu'un "niveau juste de taxation" était atteint et accusant la gauche de vouloir mettre tout le monde face au "peloton d'exécution".
Le ministre a en revanche donné son accord à une version, très édulcorée, d'un amendement du rapporteur Yves Bur (UMP).
Le texte voté soumet à cotisations sociales, dès le premier euro, les "parachutes dorés" (indemnités de départ des dirigeants versées en plus des indemnités légales) supérieurs à un million d'euros ! Ne sont donc visés que les très hauts dirigeants contrairement aux amendements refusés par le gouvernement.
Actuellement, les parachutes dorés ne sont soumis à cotisations sociales et donc ne participent au financement de la Sécu qu'au-delà de 200.000 euros, les sommes en deçà étant exonérées de toute charge.
M. Bur, suivi par la majorité en commission, avait en outre prévu de "majorer" la taxation des "retraites chapeaux", compléments à la pension dont le versement est étalé pendant toute la durée de la retraite du bénéficiaire.
Deuxième mesure votée en commission et rejetée en séance à la demande de M. Woerth: l'application immédiate de la contribution salariale de 2,5% (décidée en 2007) sur les avantages résultant des stock-options et des attributions gratuites d'actions.
"Toutes ces formes de rémunération appartiennent encore à l'ancien monde. Il y a des questions d'éthique qui me paraissent importantes et c'est ce que j'ai voulu marquer", a déclaré M. Bur dans les couloirs de l'Assemblée.
Fait plutôt rare, Martine Billard (Verts) a volé au secours de son collègue de la majorité en accusant le gouvernement de "vider l'amendement" de M. Bur.
Une déception partagée sur certains bancs de la majorité. "L'amendement a été dépecé", a regretté une source UMP, tandis que Patrick Roy (PS) a appelé ses collègues à "une nouvelle nuit du 4 août (ndlr:1789) pour supprimer les privilèges".
En France aussi, Barack Obama redonne couleur à l'espoir
Dominique Arnoult - La Provence - vendredi 31 octobre 2008

Le candidat démocrate est le premier Noir dans l'histoire des États-Unis à être si près de la Maison Blanche. Mais le regard porté sur les populations de couleur changera-t-il pour autant?
La France serait-elle schizophrène ? Un Noir à la Maison Blanche ? Non seulement les Français n'ont aucun mal à l'imaginer, mais si leurs suffrages étaient sollicités, Barack Obama gagnerait haut la main les élections. Un Noir à l'Élysée ? Scénario totalement improbable, inimaginable dans une France qui compte une seule députée de couleur, Christiane Taubira. Selon le premier baromètre des discriminations réalisé en 2007 par la Sofres pour le compte du Conseil représentatif des associations noires (Cran), 61% des personnes noires avaient le sentiment d'avoir vécu au moins une situation de discrimination dans les douze derniers mois. Dans 62% des cas, ces mises à l'écart ont été vécues dans les espaces publics, les transports en commun et dans 42%, au travail.La brillante course à la présidence, voire l'élection d' Obama, changera-t-elle les mentalités ? Le regard porté sur les populations de couleur (entre 4 et 5 millions de personnes en France selon le Cran) changera-t-il ?
Les avis sont partagés. "Par ricochet oui", affirme Patrick Lozes, le président du Cran, une fédération d'associations qu'il crée en 2005, au lendemain des émeutes lycéennes, "pour éviter que les populations noires délaissées soient récupérées par des démagogues". L'élection d'Obama "peut changer les mentalités à trois niveaux", assure-t-il. "D'abord dans l'opinion publique qui va s'interroger sur l'évolution d'un pays comme les États-Unis où il y a 50 ans encore était pratiqué le 'White only'. Ensuite, dans la classe politique oùles Noirs sont totalement absents, ce qui pose un problème de qualité de la démocratie et enfin parmi les Noirs eux-mêmes qui vont y trouver une source d'espoir."
Car, ajoute-t-il,"si Obama incarne le rêve américain, le rêve français de 1789: Liberté, Égalité, Fraternité, n'est toujours pas une réalité. " Président de la chambre de commerce franco-comorienne à Marseille, où vivent 70000 de ses compatriotes, Saïd Ahamada est surtout convaincu que l'exemple Obama va "permettre de montrer que les Noirs peuvent réussir et pas seulement en tant que sportifs. Ça va donner envie aux plus jeunes de prendre part à la vie sociale et politique".
Mais d'autres sont moins sûrs de l'effet durable, profond que provoquerait l'arrivée à la Maison Blanche du sénateur de l'Illinois. S'il souhaite son élection, Gabriel Cabral, Martiniquais installé depuis quatre décennies à Marseille, croit surtout au métissage. "C 'est cela qui au fil du temps vaincra le racisme". Obama n'est-il pas métis ?
Un plan pour l'emploi des séniors

Philippe Tastet - http://www.philippetastet.com/
Des CDD à volonté, feu vert de l’Elysée pour les licenciements et l’emploi précaire
Marie-Laurence Fleitour, France Soir - jeudi 30 octobre 2008
Mardi 28 octobre, Nicolas Sarkozy a plaidé pour un recours plus facile au CDD, dans le volet « social » de son plan anti-chômage. En phase de ralentissement, « Un CDD en plus c’est un chômeur en moins », affirme le président.
Les petites et moyennes entreprises (PME) pourraient recruter des CDD pendant toute la durée de la crise, sans restriction. Cette proposition du chef de l’Etat n’est pour l’instant qu’une annonce. Les conseillers du ministre du travail, Xavier Bertrand travaillent sur l’assouplissement des motifs qui peuvent justifier un recours aux CDD. Il serait donc possible de renouveler un CDD plus deux fois et pour une durée supérieure à 18 mois.
Ce projet pose cependant quelques interrogations. S’il est voté par le Parlement, la loi aura certainement besoin d’être modifiée. L’article L 122-1 du Code du travail stipule en effet : « le CDD ne peut avoir pour objet ni pour effet de pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente de l’entreprise ». Le CDI aujourd’hui est la règle, non l’exception.
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AgoraVox jeudi 30 octobre
C’est un signal fort qu’a adressé Nicolas Sarkozy aux patrons : saisissez le prétexte de la crise financière pour licencier les salariés et embauchez des personnes en contrats aidés ou en CDD ! La décision élyséenne de créer 100 000 contrats aidés a été prise unilatéralement et sans l’avis des syndicats, sauf celui du Medef qui applaudit l’initiative. Et pour cause les raisons avancées de ce soi-disant plan de l’emploi ne sont pas les vraies raisons...
C’est l’effet d’aubaine de la crise ! Le gouvernement en profite pour assouplir le licenciement !
Car si le gouvernement avait réellement voulu mener une politique d’aide à l’emploi, d’aide aux chômeurs, il l’aurait fait depuis longtemps. S’il avait voulu développer les contrats aidés, il l’aurait fait très tôt aussi. Mais il a fait tout le contraire en supprimant 25 000 contrats aidés dans le budget 2009 par rapport à celui de 2008. Il y a quelques jours encore, des ministres et des élus UMP rappelaient leur farouche opposition au principe du contrat aidé. Alors pourquoi cette subite décision ?
La première raison est de faciliter le licenciement. Le recours aux contrats aidés aurait pu se planifier depuis longtemps tant la courbe du chômage le justifiait, mais c’est par opportunisme que la décision intervient à ce moment précis. Les Français ont été conditionnés par la crise financière, préparés à l’idée que cette crise allait s’étendre à l’économie réelle et faire de la casse sociale. C’est donc le bon moment pour mettre à la porte car ils seront résignés à voir les entreprises licencier et leur pardonneront plus facilement. C’est pour leur faciliter la tâche que le président Sarkozy a annoncé la création de 100 000 contrats aidés de plus que ce qui était prévu au budget 2009.
Sarkozy n’a pas précisé si les 100 000 nouveaux contrats budgétés seront signés prioritairement dans le secteur non-marchand (Contrats d’avenir et Contrats d’accompagnement dans l’emploi - CAE) ou dans le secteur marchand (CI-RMA, contrat initiative emploi - CIE). Une forte proportion de contrats dans le secteur marchand serait la preuve que l’argument avancé ci-dessus est juste.
La deuxième raison de cet interventionnisme de l’Etat est d’enfoncer le clou de la déréglementation du droit du travail. Sarkozy a ainsi rappelé sa volonté de développer le travail du dimanche, et il a demandé aux parlementaires d’examiner sans délai ("maintenant") la proposition de loi qui est prête. De même, il a incité les employeurs à recourir aux CDD sans limite.
"C’est une mesure pragmatique", a déclaré le président Sarkozy. Non ! C’est une mesure opportuniste car voici tout à coup qu’il trouve que "les contrats aidés ont une utilité", utilité sociale qu’il leur a pourtant toujours déniée ! A moins qu’il ne pense à une autre utilité, celle qui consiste à offrir aux patrons l’occasion inespérée de préparer les charrettes de licenciements avec son aval et en toute bonne conscience : "c’est la faute à la crise financière, vous le savez bien... ! Bah ! Il y a les contrats aidés !"
La troisième raison est budgétaire. "C’est cher, mais moins que d’avoir des gens au chômage ; c’est un investissement", a justifié Nicolas Sarkozy. Là, c’est plus clair, on veut faire des économies budgétaires par ce moyen. Quant à l’investissement, il ne sera pas du côté des bénéficiaires de contrats qui n’offrent pas de formation et qui débouchent rarement sur des emplois.
Pour que Sarkozy prenne le risque de se voir accuser de piquer à la gauche ses idées, de renier sa politique d’hier, de réutiliser de vieilles recettes qu’il avait pourtant rejetées, de refaire ce qu’il avait défait, il fallait qu’il y ait des raisons suffisamment fortes. Elles existent : il s’agit de canaliser la crise sociale et les désordres qu’elle peut provoquer en montrant que l’on prend le chômage au sérieux, et en mettant de l’huile dans le licenciement, en le légitimant par avance.
Bien sûr, le chef de l’Etat a, comme à son habitude, tancé quelques méchants à la cantonade pour menacer de ses foudres tout le monde en général et personne en particulier. Après les mauvais financiers, les mauvais parachutes dorés et les mauvais paradis fiscaux, c’est le tour des mauvais patrons qui utiliseraient "la crise ambiante pour justifier des réductions d’effectifs". "Je n’accepterai pas les stratégies cyniques et opportunistes (...) le gouvernement sera intraitable". Il "surveillera personnellement ceux qui ne jouent pas le jeu." "Intraitable", "personnellement" ! Ce qui est excessif n’est-il pas insignifiant ?
Voilà encore des menaces qui prêteront à ricanements du côté du patronat et qui n’impressionneront absolument personne, comme d’habitude, tant chacun sait qu’elles seront sans suites et que dès demain l’omniprésident sera passé à tout autre chose, à autre dossier "urgent" qu’il tiendra à traiter "personnellement", à un énième avion à prendre, très loin de ces préoccupations passagères.
On est marron !
Le Canard Enchaîné du mercredi 29 octobre
Une fois l’an, la commission européenne se fend d’un rapport pour nous dire à quel point nos fruits et légumes sont bourrés de pesticides.
Le dernier vient d’être publié dans une indifférence quasi générale. Pourtant, avec ou sans Grenelle de l’environnement, ça va de mal en pis. Jugez un peu : 49,5% des fruits et légumes contiennent des pesticides contre 40% il y a six ans ! On se dit que tout cela est vrai pour les fraises, les raisins, les salades, les pommes (que désormais vous n’avalez plus sans les avoir consciencieusement pelées ou lavées à grande eau). Mais que pour les châtaignes, les bonnes châtaignes que l’on vous propose actuellement sur le marché (12 000 tonnes les bonnes années), il n’y a pas à s’en faire. Que du naturel… Des fruits vendus sitôt ramassés au pied des arbres… Erreur !
Avant d’atterrir sur les étals, les châtaignes sont d’abord désinsectisées dans une chambre étanche. Objectif : Tuer avant qu’elles ne grandissent, les larves des carpocapses, petits papillons de nuit qui ont la mauvaise idée d’y aimer pondre. Jusqu’à cette année, les producteurs de châtaignes utilisaient du bromure de méthyle, un gaz mis à l’index par l’Europe parce qu’il s’attaque à la couche d’ozone. Il a été remplacé par le fluorure de sulfuryle. Or, ce gaz toxique, inhalé, peut provoquer crampes d’estomac, maux de tête, nausées, voire zigouiller vos globules rouges en cas d’intoxication aiguë.
On se dit alors que les châtaignes bénéficiant d’une AOC (ainsi la châtaigne d’Ardèche déclarée d’appellation contrôlée), plutôt que d’être gazées au fluorure de sulfuryle, doivent être soigneusement triées à la main. Non ! Le passage à l’insecticide est autorisé ! Tout comme l’épandage au pied des châtaigniers de « boues de stations d’épuration seules ou en mélange », sous réserve que « ces produits soient analysées lot par lot avant épandage et compostés », dixit l’article 5 du cahier de l’AOC.
Interrogé par Le canard, le patron de Vivacoop, l’une des deux grosses coopératives (jusqu’à 800 tonnes) jure que personne ne s’autorise cette dernière gâterie, même si elle est permise par la charte.
Ouf ! On a eu chaud (les marrons) !
Blog : Nicolas Sarkozy choisit ses juges
Check-list LeMONDE du 30 Octobre 2008
Nicolas Sarkozy choisit ses juges
"Le Président de la République a reçu à l'Elysée des représentants de l'USM (Union Syndicale des Magistrats), syndicat de magistrats plutôt classé à droite.
Les représentants du SM (Syndicat de la Magistrature), plutôt classé à gauche ? Pas invités !
Belle conception du débat, M. Sarkozy. Alors que la justice traverse une crise, et que les magistrats - de gauche comme de droite - protestent contre la politique actuelle du gouvernement en se mobilisant comme rarement auparavant en France, Nicolas Sarkozy choisit de diviser pour mieux régner.
" Le Président de tous les Français ? " Lu sur le blog de Luc Mandret
