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samedi 4 octobre 2008

Le sommet à quatre de Paris fait grincer des dents européennes

Ouest-France – 04/10/08 - Pierre PINSON

Nicolas Sarkozy s'entretiendra aujourd'hui avec Dominique Strauss-Kahn, président du Fonds monétaire international. Juste après, le président de l'Union européenne, réunira, à Paris, un minisommet sur la crise financière. Autour de lui, les représentants de trois autres pays européens membres du G8 (huit nations les plus puissantes du monde) : Italie, Grande-Bretagne et Allemagne.

Pourquoi ce cercle minimaliste ? Parce que les autres membres du G 8 (États-Unis, Canada, Japon, Russie) ne jugent pas utile de se déplacer pour écouter le président français leur parler refondation du capitalisme financier ! Crise strictement européenne, donc ? Mais alors, pourquoi ne pas nous avoir invité, s'étonne bruyamment l'Espagne ? Belgique, Luxembourg et Pays-Bas n'en pensent pas moins...

Le président du Parlement européen, l'Allemand Hans-Gert Pöttering met les points sur les « i » : ce sommet ne pourra « que » faire des propositions, « les véritables décisions devant être prises à 27 ».

On est loin du plan de secours à 300 milliards d'euros hasardeusement évoqué avant-hier. L'Allemagne ¯ qui se porte plutôt mieux que ses partenaires européens ¯ n'a pas envie de payer pour les autres.

Si Jose Manuel Barroso, également présent à ce minisommet, devrait confirmer l'assouplissement ponctuel des règles de la concurrence pour permettre aux États de sauver les banques, il ne sera plus question non plus de prendre des libertés avec les règles de Maastricht (interdiction d'un déficit public supérieur à 3 % du produit intérieur brut et d'une dette publique supérieure à 60 % du PIB).

La France, qui vient de dépenser quelques milliards de plus pour nationaliser Dexia, racheter des logements non occupés et aider les PME en difficulté ¯ bref, esquisser un plan de relance qui ne dit pas son nom ¯ aurait bien aimé sortir plus largement des clous de Maastricht sans se faire taper sur les doigts.

Visiblement, c'est loupé : la marche arrière de François Fillon, hier à Antibes (il n'y a pas de récession française!), en apporte la preuve. Mais alors, quelle politique économique mettre en oeuvre ? C'est bien le débat de fond dont le gouvernement ne pourra faire l'économie.

Posté par werdna à 00:08 - Europe - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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