jeudi 28 août 2008
Conférence d’Accra 2008 : comment améliorer l'efficacité de l'aide aux pays en développement
Marie Joannidis – MFI – 27/08/08
Les représentants d'une centaine de pays développés et en développement, d'organisations internationales et d'ONG, réunis du 2 au 4 septembre 2008 à Accra, au Ghana, examinent les moyens d'améliorer l'efficacité de l'aide - vitale pour les plus démunis. Au centre des débats, le souci d'une responsabilité partagée entre riches et pauvres.
Ce troisième Forum sur l'efficacité de l'aide donne le coup d'envoi d’une série de rendez-vous internationaux consacrés au partenariat Nord-Sud, parmi lesquels une réunion de haut niveau sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), sous l’égide des Nations unies, à New York, fin septembre 2008, et une conférence sur le financement du développement, à Doha, en décembre. La conférence d'Accra marque ainsi une étape importante dans la mise en œuvre effective de la Déclaration de Paris sur l'efficacité de l'aide, adoptée en mars 2005.
Son projet de déclaration souligne que des progrès ont été accomplis mais qu'il reste encore beaucoup à faire. « Il y a une quinzaine d’années, une personne sur trois vivait avec moins de un dollar par jour ». Un chiffre aujourd’hui ramené à une personne sur cinq. « Pourtant, plus d’un milliard d’êtres humains, pour la plupart des femmes et des filles, vivent encore dans l’extrême pauvreté et l’accès à un approvisionnement en eau de boisson salubre et aux soins de santé demeure un enjeu majeur dans de nombreuses régions du monde », indique le texte, qui évoque de « nouvelles menaces d’ampleur planétaire – renchérissement des denrées alimentaires et des carburants et changement climatique – qui mettent en péril les progrès réalisés par de nombreux pays dans la lutte contre la pauvreté ».
L’aide : un élément parmi d’autres dans le paysage du développement
Le texte souligne que des avancées « plus décisives » doivent être réalisées pour atteindre les OMD en 2015. « L’aide n’est qu’un élément parmi d’autres dans le paysage du développement », où figurent également « la démocratie, la croissance économique, le progrès social et l’attention portée à l’environnement [ses] principaux moteurs (…) dans tous les pays. Il est capital, pour le progrès dans le monde, de combattre les inégalités de revenus et de chances tant entre les pays qu’à l’intérieur de chaque pays ». Une enquête de suivi 2008 précise qu'un grand nombre de pays en développement ont amélioré la gestion des fonds publics et que les donneurs ne cessent d’améliorer la coordination au niveau des pays. Mais le rythme de progression est trop lent.
Le texte fait état de trois défis majeurs à relever pour accélérer les progrès dans ce domaine : l’appropriation par les pays, c'est-à-dire la maîtrise de leurs propres politiques de développement ; des partenariats plus efficaces et davantage ouverts à tous y compris aux nouveaux acteurs du développement et enfin la communication des résultats obtenus.
« Plus que jamais, les citoyens et les contribuables de tous les pays espèrent des résultats tangibles aux efforts déployés dans le domaine du développement », affirme le projet de déclaration. « Nous nous rendrons compte mutuellement des résultats obtenus et nous rendrons compte à nos parlements et à nos citoyens respectifs ainsi qu’aux organes de l’exécutif ». Car faute de « lever ces obstacles qui entravent l’accélération de la progression, nous ne tiendrons pas nos engagements et nous manquerons des occasions d’améliorer les conditions de vie des personnes les plus vulnérables à travers le monde ». Réaffirmant les engagements de la Déclaration de Paris, le Forum devrait adopter « des mesures concrètes » en matière de suivi et d’évaluation pour « hâter les progrès d’ici 2010 ».
Concrétiser les intentions affichées à Gleneagles : un réel défi
L’aide distribuée par les 22 pays-membres du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE, qui regroupe les principaux donneurs dans le monde, s’est élevée en 2007 à 103,7 milliards de dollars. Selon le CAD, la plupart des donateurs ne paraissent pas encore capables de respecter les engagements annoncés en termes d’accroissement de l’aide et doivent procéder à des augmentations plus substantielles s’ils veulent atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés pour 2010. Il est toutefois évident que les donateurs sont confrontés à un réel défi s’ils veulent concrétiser les intentions affichées au Sommet du G8 à Gleneagles, à savoir doubler l’aide à l’Afrique à l’horizon 2010.
La France, qui préside actuellement l'Union européenne - et qui sera représentée à Accra par Alain Joyandet, secrétaire d'Etat à la Coopération et à la Francophonie -, souligne pour sa part que « l'Union européenne tient une place particulière dans ce processus. Elle apporte à l'heure actuelle plus de la moitié de l'aide publique au développement mondiale. Elle compte en son sein des bailleurs traditionnels et de nouveaux États-membres qui s'ouvrent à la coopération et aux principes de la Déclaration de Paris ». Un quatrième forum devrait avoir lieu en 2011 après une série d'évaluations en 2010.
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