lundi 21 juillet 2008
Un article de loi prévu à l'automne au Parlement prévoit une dérèglementation de la profession d'infirmière !
NOUVELOBS.COM | 21.07.2008 |
Un article de loi prévu à l'automne au Parlement prévoit une dérèglementation qui aboutirait à confier certaines tâches non plus à des infirmières mais à des personnes "moins qualifiées, moins formées et moins payées", posant des problèmes de qualité et de sécurité des soins.
Une éventuelle réglementation prévue par un article présenté à l'automne au Parlement, a provoqué l'inquiétude d'une intersyndicale infirmière, lundi 21 juillet. L'article aboutirait à confier certaines tâches de cette profession à des personnes "moins qualifiées, moins formées et moins payées", posant des problèmes de qualité et de sécurité des soins.
Lors d'une conférence de presse, les organisations syndicales d'infirmières des secteurs public et libéral (CFDT, CFTC, CNI, Convergence, FNI, FO, Onsil, Snics-FSU, SNPI-CGC, Sud, Unsa, Ufmict-CGT) ont exprimé leur refus de voir modifiée par arrêté la liste des actes infirmiers, comme le prévoit un article qui pourrait figurer dans le projet de loi "Patients, santé, territoire" prévu à l'automne au Parlement.
Une remise en cause de la "sécurité des soins"
Dans un contexte de réduction des dépenses et de pénurie professionnelle (50% des 500.000 infirmières partiront en retraite d'ici 2012), l'intersyndicale, qui critique le "manque de concertation" du gouvernement, demande le retrait de cet article du projet de loi et l'ouverture de négociations.
"Une telle dérèglementation va poser souci au niveau de la qualité et surtout de la sécurité des soins. On ne peut pas répondre à la pénurie par la déqualification", a prévenu le président de la Fédération nationale des infirmiers (FNI), Philippe Tisserand.
Contrairement aux aide-soignantes ou aux auxiliaires de vie, l'infirmière a "toute compétence pour détecter des erreurs de prescription", selon la FNI.
"Moins qualifiées, moins formées"
Craignant de voir des missions (soins de toilette, distribution de médicaments, etc.) confiées à des personnes "moins qualifiées, moins formées et moins payées", les infirmières veulent obtenir la reconnaissance de toute la profession au niveau Bac+3 et l'affirmation de la "place centrale de l'infirmière au coeur du système de santé publique".
"Le gouvernement doit s'occuper de la valorisation de nos métiers de toute urgence, et cela passe aussi par les salaires", ont déclaré les syndicats.
Une grève pour septembre
Or, "le chantier est ouvert pour créer des métiers moins qualifiés que celui d'infirmières", notamment dans les métiers du grand âge, craint Dominique Lahbib, secrétaire générale de l'Ufmict-CGT.
En contrepartie, "on nous dit "on va vous confier de nouvelles missions", mais quand, comment ?", s'interroge Philippe Tisserand. Pour lui, malgré des expérimentations de transfert de tâches entre médecins et infirmières, "le corps médical ne nous délègue rien du tout".
Les syndicats envisagent une mobilisation, voire une grève, pour septembre.
Le blogueur "François Mitterrand" sort de l'anonymat
LEMONDE | 21.07.08 | 12h45
L'auteur du blog François-Mitterrand-2007, où l'ancien président semblait commenter, de façon posthume, la campagne présidentielle, a tombé le masque : il s'agit du journaliste Bruno Roger-Petit, ancien de France 2, actuellement à Europe 1 Sport, qui s'est déclaré sur la station de radio, dimanche 20 juillet.
Après avoir continué l'aventure anonyme avec le blog François-Mitterrand-2008, puis la publication du livre François Mitterrand 2008, il revient..., et avoir démenti être l'auteur du blog, Bruno Roger-Petit a finalement décidé de se montrer au grand jour et d'expliquer sa démarche, loin d'avoir fait l'unanimité. Le journaliste politique Jean-Michel Aphatie avait en effet jeté son ouvrage à la poubelle, sur un plateau de télévision, en lançant : "C'est pas très beau les livres anonymes, c'est comme les lettres anonymes. Vous savez où ça a sa place ? A la poubelle."
"JE VOULAIS MONTRER CE QU'ON AVAIT PERDU AVEC MITTERRAND"
"A l'origine, c'est un blog lancé pendant la campagne présidentielle 2007, à l'image de ce qui se fait aux Etats-Unis, où il y avait des blogs de personnalités mortes comme Abraham Lincoln ou Kennedy. J'ai choisi François Mitterrand pour sa causticité et son humour", a déclaré Bruno Roger-Petit sur Europe 1.
Et de justifier son choix de rester dans l'ombre en expliquant que "le message anonyme permet de livrer des messages qu'on écoute plus que ceux donnés à visage découvert".
Dans un entretien vidéo au Post, lundi 21 juillet, Bruno Roger-Petit explique plus en détail les raisons de sa révélation, qui s'achèvera dans l'après-midi par un ultime billet sur son blog. Reconnaissant que l'anonymat, "ça crée du suspense", il conclut : "Je voulais montrer ce qu'on avait perdu avec François Mitterrand et ce qu'on n'est pas près de retrouver, malheureusement."
Voir la vidéo envoyé par LePostfr
La semaine où chacun a été sommé de choisir son camp
LE MONDE | 21.07.08 | 10h36

"C'est du jamais-vu", se lamente le chiraquien Henri Cuq, député UMP des Yvelines, décidé à maintenir son vote négatif sur le projet de réforme de la Constitution.
La dernière semaine d'avant-Congrès de Versailles aura été celle de toutes les tractations. Elle a aussi été celle où l'enjeu politique a pris définitivement le pas sur le contenu de la révision constitutionnelle.
Nicolas Sarkozy s'est porté en tête de l'offensive. Dans un entretien au "Monde", il a fait d'ultimes concessions sur la réforme. Cette surenchère de dernière minute n'a pas eu l'effet escompté. Personne n'y a trouvé son compte, hormis le député (PS) du Pas-de-Calais Jack Lang, qui avait demandé un geste au chef de l'Etat et qui a confirmé, lundi 21 juillet, dans Libération, qu'il voterait une réforme qu'il a "en partie inspirée".
Le chef de l'Etat et ses proches n'ont pas désarmé, contactant un à un tous ceux dont la voix peut faire la différence. A chacun de ces parlementaires, il a été demandé de "réfléchir". "Alors je réfléchis", concède Hervé de Charette (UMP, Maine-et-Loire)… pour peu que son association Avenir démocrate récupère les subventions qui lui ont été supprimées.
"ACTE POLITIQUE" - D'autres ont fini par rendre les armes, à l'image des députés villepinistes Hervé Mariton (UMP, Drôme) et Georges Tron (UMP, Essonne). "Ma crainte est de passer de l'originalité à la marginalité", reconnaît M. Mariton. Ou encore de Bernard Debré, qui avait pourtant sévèrement critiqué le projet de révision. Après avoir rencontré à deux reprises le chef de l'Etat, il a annoncé qu'il voterait oui parce qu'"il s'agit maintenant d'un acte politique".
Fini le temps où François Fillon affirmait à la tribune du Palais-Bourbon que "la Constitution n'est ni de droite ni de gauche". Chacun a été sommé de "choisir son camp". "C'est du jamais-vu", se lamente le chiraquien Henri Cuq (UMP, Yvelines), décidé à maintenir son vote négatif. Mais des treize députés UMP qui avaient voté contre en première lecture, seule la moitié devait en faire de même à Versailles.
Les centristes ont eux aussi fait l'objet de toutes les sollicitudes. Malgré tout, la révision constitutionnelle ne fera pas le plein des voix centristes : il s'en faudra de six ou sept unités.
Ségolène Royal a dénoncé "un pouvoir qui croit pouvoir acheter des parlementaires ou faire pression sur eux". François Bayrou a fustigé "un chantage à ciel ouvert".
Rejetant toute perspective de démission en cas d'échec, le premier ministre a indiqué au Journal du Dimanche, le 20 juillet : "Je serais désavoué si j'étais désavoué par la majorité. (…) Si quelqu'un sortait affaibli de cette révision, ce serait d'abord le Parti socialiste."
Jacques Myard, député UMP - "On est en train de bidouiller les institutions"
LEMONDE | 21.07.08 | 13h58 • Mis à jour le 21.07.08 | 13h59
Réforme des institutions : "On est en train de bidouiller les institutions"
Jacques Myard, député UMP des Yvelines, votera contre la réforme des institutions car elle "bouleverse l'économie générale de la Constitution et ne revalorise pas le Parlement".
Propos recueillis par Laura Marzouk
Dessin de Pessin - Constitution : le choix ...

Sarkozy bientôt à Versailles
Placide - http://www.leplacide.com/

Silence médiatique sur Tapie et les voitures brûlées
Par Daniel Schneidermann - lundi 21 juillet 2008
Attention à la nouvelle, vous ne l’avez pas entendue à la télé : 600 voitures ont brûlé en France, au cours des deux nuits de festivités du 14 juillet ! Le chiffre est en augmentation par rapport à l’an dernier. Parmi les villes touchées, la cité d’Asnières (Hauts-de-Seine). Au cours de violents affrontements, un commissaire de police a été grièvement blessé à l’œil par un «engin pyrotechnique».
Quatre jeunes ont été jugés après ces affrontements, en comparution immédiate (aucun des quatre n’étant directement impliqué dans la blessure du commissaire). Tous ont été condamnés à de la prison ferme, y compris deux d’entre eux qui niaient avoir participé à tout affrontement. D’après l’avocate d’un des jeunes condamnés, le procureur de Nanterre en personne était venu assister à l’audience, et s’était placé dans le fond de la salle. Sans doute par désœuvrement. Simultanément, on apprenait que deux policiers s’étaient suicidés dans la région parisienne.
Quoi de commun entre toutes ces nouvelles ? Aucun rapport direct. Mais cette caractéristique commune : en été, elles n’intéressent pas les journaux télévisés, chaînes privées et chaînes publiques mêlées. De tout ce qui précède, les 20 heures n’ont pas soufflé mot. La France explose doucement, en silence, paisiblement. Tout va bien. Parlons plutôt du terrible scandale du dopage sur le Tour.
Une autre nouvelle. Après que Sarkozy, fraîchement élu, a tordu la main à l’organisme chargé de gérer les dettes du Crédit lyonnais, le CDR, celui-ci a remballé les dossiers qu’il s’apprêtait à nourrir contre Bernard Tapie, et l’affaire a été confiée à une sorte de justice privée, appelée «tribunal arbitral». Lequel tribunal a accordé quelque 285 millions d’euros à Tapie (le même Tapie, d’ailleurs, qui avait appelé à voter Sarkozy en 2007). Ces centaines de millions seront payées par les contribuables. La manigance a été dénoncée haut et fort par le Canard enchaîné et le Nouvel Obs, plus discrètement par le Monde. François Bayrou s’est enflammé au micro de RTL. C’est tout. Ces nouvelles-là, non plus, n’intéressent pas le journal télévisé.
Parlons plutôt du terrible suspense : Jack Lang va-t-il voter la révision constitutionnelle ? Les journalistes ont la tête ailleurs. Les journalistes, leurs organisations, leurs penseurs, leur ministre Madame Albanel, sont mobilisés sur un sujet : la mise en examen d’un collègue exerçant au magazine Auto Plus (groupe Mondadori, propriété de Berlusconi). Auto Plus a publié des photos d’un prototype de Renault, prises illégalement par un salarié du constructeur.
D’après une source judiciaire, ces photos auraient été payées par le journal à ce salarié indélicat, entre 1 200 et 1 500 euros pièce. Renault a porté plainte contre X, en expliquant à Libération que si ses «coups de génie», comme la Scénic ou la Twingo, étaient éventés trois ans à l’avance, il n’y aurait plus de coups de génie.
Dans le cadre de cette enquête, donc, Bruno Thomas, d’Auto Plus, a été placé quarante-huit heures en garde à vue, et mis en examen de cinq chefs différents : «recel d’abus de confiance», «contrefaçon par édition ou reproduction d’écrit de dessin ou toute autre production au mépris des lois et règlements relatifs à la propriété de son auteur et recel», «contrefaçon par diffusion d’œuvre de l’esprit au mépris des droits d’auteurs et recel», «acquiescement aux sollicitations de corruption et complicité de ce chef», «révélation du secret de fabrique et recel».
Vives protestations dans la profession. Jusqu’à Reporters sans frontières, pourtant avare de ses interventions concernant les irréprochables médias français, qui exige la «libération immédiate» du journaliste.
Sans doute, dans toutes les rédactions, y a-t-il de jeunes journalistes, qui croient encore à leur mission d’informer, et ne comprennent pas que personne ne leur demande de couvrir les affrontements d’Asnières, le procès en comparution immédiate, ou bien l’affaire Tapie. Peut-être même l’ont-ils proposé à leurs supérieurs. Sans doute se sont-ils entendus répondre : «Mais enfin, les gens sont en vacances. Après l’année qu’ils viennent de passer, tu crois vraiment qu’ils ont envie d’entendre parler de toutes ces histoires ? Et puis, on n’a pas de place, aujourd’hui c’est dossier dopage.»
De quoi les citoyens ont-ils davantage besoin ? D’être informés sur l’explosion de basse intensité des banlieues, sur l’affaire Tapie, ou bien de voir en avant-première mondiale le futur éventuel modèle de chez Renault ?
Qu’est ce que l’information ? Voilà de beaux sujets de méditation pour l’été.
Sonneries de portables : gare aux arnaques
Ouest-France – 21/07/07 - Nicolas GROS-VERHEYDE.
De nombreux sites de téléchargement ne sont pas aux normes. L'information sur les prix est souvent incomplète.
Ce marché juteux cible surtout les enfants. Huit sites Internet sur dix ne sont pas en règle. L'affichage des prix est souvent peu clair.
Si vous cherchez une sonnerie ou un fond d'écran sur Internet, prudence ! met en garde un rapport de la Commission européenne.
Les services de la Répression des fraudes en Europe ont inspecté plusieurs centaines de sites. Sur 558 visités, 466 ne sont pas aux normes, soit 8 sur 10. Principal problème : l'information sur les prix n'est pas claire, ils sont incomplets ou n'indiquent pas les taxes. Parfois, on frôle carrément l'arnaque. Le mot « gratuit » est utilisé pour appâter le consommateur, qui croit faire une bonne affaire. En fait, il souscrit un abonnement, avec à la clé, sur la facture, plusieurs dizaines d'euros à régler.
Le sujet est d'autant plus délicat que, dans un cas sur deux, ces services visent spécialement les enfants. Un marché juteux. Les sonneries et fonds d'écran rapportent près de 700 millions d'euros en Europe, soit un tiers du marché du « contenu mobile ».
Autres anomalies repérées : des renseignements importants, comme le contact avec le fournisseur, sont imprimés en tout petits caractères, difficiles à trouver ou incomplets.
Les opérateurs en faute doivent être « condamnés » et éventuellement leurs sites « fermés », estime la commissaire européenne chargée des consommateurs, Meglena Kuneva. Ce qui n'est pas facile. Dès qu'ils se « sentent menacés, ils ferment et recommencent après ».
En pratique, seuls cinq pays (Finlande, Grèce, Islande, Lettonie, Roumanie) ont accepté de publier les noms de sites douteux. La France s'y refuse. En attendant, comme le conseille la Commission, « Faites attention quand vous achetez en ligne ou aux offres soi-disant gratuites. Prévenez vos enfants. Achetez sur des sites fiables. »
Stagiaires, gardez vos fiches de paie !
Ouest-France – 21/07/07 - Élodie FONT
Exonérations d'impôts, cotisations pour la retraite, rémunération obligatoire... Les stagiaires ont aussi des droits. Encore faut-il les connaître.
Connaître l'emplacement de la machine à café, se cacher pour téléphoner, abattre une masse de travail sans forcément être payé : le vieux cliché du stagiaire bon à tout faire est encore bien vivant. Pourtant, les stagiaires ont de plus en plus de droits. Encore faut-il les connaître ! Pour profiter plus tard de ses avantages, le jeune stagiaire doit aussi garder, au moins jusqu'à sa retraite, fiches de paie et autres preuves de son travail.

Rémunération obligatoire. Les entreprises privées doivent obligatoirement rémunérer leurs stagiaires longue durée (plus de trois mois), à raison de 398 € net minimum par mois. Une mesure qui date de février 2008. Mauvaise élève, la fonction publique ne rémunère toujours pas ses stagiaires. Six mois de stage en ambassade de France, par exemple, ne rapportent pas un euro. La charte des stages devrait y être appliquée dans l'administration française en 2009, mais aucune loi n'a encore été votée en ce sens.
Exonérations d'impôts. Les rémunérations perçues par les étudiants qui effectuent des stages obligatoires (d'une durée inférieure à trois mois) sont exonérées d'impôts. Les étudiants effectuant des stages plus longs ou les saisonniers ne paient des impôts que s'ils gagnent l'équivalent de plus de trois Smic (soit 3 840 €) par an. Des exonérations valables aussi bien pour les étudiants rattachés fiscalement à leurs parents que pour ceux qui déclarent leurs impôts séparément.
Droit du travail. Un stage n'est pas un travail, il doit obligatoirement être inscrit dans un parcours scolaire. La section jeunes de la CFDT insiste sur l'importance de la convention de stage : « Il faut bien vérifier qu'elle est dans les normes, qu'elle précise les objectifs, le nombre de jours de congés, voire la rémunération ». Une convention de stage, comme un contrat de travail, impose aux employeurs de garantir un jour de repos par semaine et une pause de 20 minutes toutes les 6 h de travail. La Joc (Jeunesse ouvrière chrétienne) dénonce le « manque d'information des jeunes qui n'ont, pour la plupart, jamais eu d'initiation au droit du travail ». De nombreux guides sur le sujet sont disponibles sur Internet.
Retraite. Tout étudiant qui se respecte l'imagine loin, très loin. Combien d'années avant d'y arriver ? 41, 42, 43 ? Pourtant, tout travail temporaire rémunéré permet de cotiser pour un ou plusieurs trimestres d'assurance au régime général. Pour cotiser un trimestre, il faut cumuler 1 688 € brut (soit l'équivalent de 200 heures de Smic), sur une année maximum. « La durée de travail n'est pas prise en compte », précise la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav). Autrement dit, qu'il faille quinze jours ou trois mois pour gagner ces 1 688 €, peu importe. Pour vérifier que vos stages rémunérés ont bien été comptabilisés, un « relevé de carrière », où tous les trimestres cotisés apparaissent, est disponible sur le site www.retraite.cnav.fr - après la première inscription, un code confidentiel est envoyé sous huit jours. S'il y a une erreur, il est possible de régulariser son relevé en écrivant à la Cnav
Réforme des institutions: ultimes pressions sur les récalcitrants, l'exécutif confiant
TV5MONDE PARIS (AFP) - 20/07/2008 12h39
A la veille du Congrès, ce week-end était le théâtre d'ultimes pressions sur les élus récalcitrants, selon les intéressés, de la part de la majorité et de l'exécutif qui, en privé, se montrent désormais raisonnablement confiants sur l'adoption de la réforme des institutions. lire le dossier
Si Nicolas Sarkozy n'est pas à l'abri, lundi, d'un rejet du texte, qui constituerait un revers personnel, l'UMP et le gouvernement s'emploient en tout cas à maintenir jusqu'au bout le suspense pour ne pas démobiliser les parlementaires de la majorité, pour certains peu enthousiastes à l'idée de voter cette révision constitutionnelle, la 24e depuis 1958.
La plupart des responsables de droite se relaient dans les médias pour affirmer que le scrutin se jouera à quelques voix près, situation inédite. La réforme doit être votée aux 3/5e des suffrages exprimés (60%) des députés et sénateurs réunis en Congrès à Versailles.
"C'est bon, ça passera. Le plus dur est derrière nous", assurait samedi un ministre. Un responsable UMP affirme même qu'au final, le oui disposera d'une majorité "supérieure à 10 voix".
Après le ralliement symbolique de Bernard Debré, fils du père de la Ve République, le camp des oui s'est agrandi samedi de deux députés villepinistes, Georges Tron et Hervé Mariton, qui refusent de participer à un "piège pour la majorité".
Dans un entretien au JDD, François Fillon affirme qu'il ne s'estimerait pas "désavoué" par un rejet de la réforme, excluant donc implicitement de démissionner de Matignon dans cette hypothèse.
"Je serais désavoué si j'étais désavoué par la majorité. Ce qui ne sera pas le cas (...) Avec Nicolas Sarkozy, nous aurons fait tout ce qui est en notre pouvoir pour assurer la réussite" de la réforme, ajoute-t-il en prenant bien soin de souligner: "cette réforme nous est totalement commune".
Selon certains députés, joints par l'AFP, le chef de l'Etat appelle lui-même, depuis Marrakech où il se repose jusqu'à dimanche, les derniers hésitants, tentant aussi sa chance auprès de ceux qui sont considérés, à l'UMP, comme "irrécupérables".
"Aux uns on a promis des secrétariats d'Etat, aux autres des avantages pour leur circonscription, d'autres encore ont été menacés d'un redécoupage leur faisant perdre leur siège. On a distribué carotte et bâton. Ce chantage s'est fait à ciel ouvert", dénonçait samedi dans Le Parisien François Bayrou (MoDem). "C'est du jamais vu !", renchérit le député chiraquien Henri Cuq.
Evoquant des "appels" fréquents, la députée MPF Véronique Besse, qui entend toujours voter non, se dit "admirative" de ses collègues UMP "qui résistent encore": "on me demande ce que je veux", "on me demande si une mission sur la famille me ferait plaisir, en me disant qu'on s'arrangera sur les conditions" financières.
Au-delà de la droite, alors que le camp des non devrait faire le plein au PS, au PCF et chez les Verts, les efforts se concentrent sur les centristes, les radicaux sans oublier les élus des DOM-TOM.
"Difficile pour un élu domien, y compris de gauche, de résister au rouleau compresseur du gouvernement qui lui promet des kilomètres de bitume dans sa circonscription enclavée !", déclare une source socialiste.
"C'est une semaine qui risque de coûter cher aux finances publiques...", persifle un parlementaire UMP, "atterré" par de tels "marchandages" pour une réforme "qui ne mérite pas tant d'énergie
