samedi 19 juillet 2008
Gaspillages publics : Elysée, Parlement … au sommet, l’Etat ne montre pas l’exemple
Capital n° 202 Juillet 2008 – E.G. et E.W. extraits
Il est certes normal que le chef de l’Etat et les élus de la nation disposent de tous les moyens nécessaires a leurs charges. Mais, qu’ils les augmentent chaque année bien au-delà de l’inflation, voilà qui fait un peu tiquer.
Il aura fallu attendre cinquante ans de Vème République pour que la Cour des Comptes soit désormais autorisée à ausculter le budget de l’Elysée et celui de l’Assemblée. On constate à quel point no élus sont adeptes du « Faites ce que je dis mais faites pas ce que je fais ». L’administration est sommée de se réorganiser pour économiser huit milliards d’euros avant la fin du quinquennat, mais ceux qui lancent ces réformes et les votent semble s’exclure de l’effort collectif.
La gestion pour le moins dilettantes du budget de l’Elysée comme les privilèges des députés ( retraites en béton et distribution discrétionnaire de subventions ) contredisent la rigueur affichée. Mais c’est sous les ors du Sénat qu’on vit le mieux. Son président depuis 1998, Christian Poncelet, s’y trouve d’ailleurs si bien qu’il n’exclut pas, à 80 ans, de rempiler à l’issue des élections de Septembre …
La république entretien un monarque au palais du Luxembourg
Comme la Reine d’Angleterre, le président du Sénat à sa liste civile. Négocié très discrètement avec les questeurs de cette même assemblée, le budget dévolu à Christian Poncelet n’est pas rendu public mais il atteindrait environ 2,5 millions d’euros. De quoi employer une vingtaine de domestiques dans deux appartements de fonction, là au cœur du palais l’autre en face du Sénat, mais aussi de garnir sa cave de grands crus ( 8 500 bouteilles ), financer force diners et coktails (600 000 euros de frais de bouche par an ) et voir du pays ( 350 000 euros de voyages ). La chambre du Sénat prend aussi en charge 25 conseillers et 17 secrétaires, les 15 Peugeot 607 de fonction qui promènent tout ce petit monde, est bien entendu l’indemnité du président de 180 000 euros par an.
L’assemblée nationale défend son régime de retraite très spécial
Dans sa juste lutte contre les régimes spéciaux de retraite la majorité parlementaire à oublié d’en épingler un : le sien. Un seul mandat de députés de cinq ans ouvre en effet le droit de 1 550 euros par mois, l’équivalent de ce que perçoit en moyenne un salarié du privé au terme d’une carrière complète. Pour financer ses charentaises en or massif les députés se votent les subventions nécessaires ( 53 millions d’euros en 2007 ) au renflouement permanent de leur caisse, puisque leurs cotisations ne couvrent que 12% des prestations versées.
A la présidence de la République les primes ont augmentés de 11%
C’est le retour de l’inflation. En 2007, les dépenses de l’Elysée ont augmentées de 8,4%, trois fois et demie plus vite que celle de l’Etat. Le palais n’est pas réputé pour la précision de sa gestion car « l’Elysée n’est pas organisé pour lister ses dépenses et encore moins pour les gérer ! » peste le député socialiste René Dozière, spécialiste de ces questions au gouvernement ( il espère toujours obtenir le coût détaillé du voyage en Chine de Novembre dernier). Depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy les effectifs sont passés de 960 à 1045 personnes, car le Président a renforcé la sécurité ( de 65 à 80 policiers ) et le staff de conseillers ( de 91 à 117 contractuels ). La rémunération moyenne de ces derniers est passée de 36 000 à 42 000 euros et leurs primes ont été revalorisées de 11%. Enfin, Sarkozy s‘est déjà agrandi : et loue de nouveaux locaux au 22 rue de l’Elysée ( 400 000 euros par an ) et à réquisitionner l’hôtel de Marigny jusqu’ici réservé aux hôtes de marque, pour loger une dizaine de hauts fonctionnaires qui planchent sur le projet d’Union Méditerranéenne.
L’Elysée et Matignon d’accord pour voler dans des jets flambant neufs
Mise à la disposition de la présidence et du Premier ministre, la flotte aérienne et gouvernementale va être totalement renouvelée dans les cinq ans. Les deux Airbus A319 actuels seront remplacés par des A330, dont l’un devrait être aussi bien équipé que le fameux Air Force One du Président des Etats-Unis. Six jets flambant neufs ( 4 Falcon 2000 et 2 Falcon 7 X, le nec plus ultra de l’aviation privé ) se substitueront par ailleurs à la flotte actuelle de Falcon 50 et 900 entré en service dans les années 1980. Pour limiter un tant soit peu les dépenses les anciens modèles seront revendus d’occasion mais l’opération devrait tout de même avoisiner les 300 millions d’euros.
145 millions d’euros de subventions distribués sans contrôle
Tous les ans, l’Assemblée et le Sénat s’allouent une « réserve parlementaire » : 90 millions d’euros aux députés et 55 aux sénateurs, qui donnent à chaque élu une sorte de « droit de tirage » sur le budget de l’Etat pour financer des infrastructures ou des associations dans sa circonscription. Des députés décrochent plus de 100 000 euros, d’autres 30 000, et les novices ignorent parfois l’existence du système. Il n’existe aucune liste publique des projets financés …
La « Sarkomobile » blindée à 150 000 euros livrée le 14 Juillet
Sans doute une nouvelle manifestation de la rupture ! Délaissant la Citroën C6 blindée achetée par Jacques Chirac il y a trois ans, Nicolas Sarkozy se fait livrer une nouvelle Renault Vel Satis. Plus longue de 25 cm que le modèle de série, le véhicule sera aménagé en bureau roulant avec sièges en cuir, ordinateurs et équipement de communication dernier cri.
Des sénateurs ont deux voitures avec chauffeur, une à Paris une en région
23 des 331 élu du Luxembourg disposent chacun d’une « voiture de dignitaire ». Un privilège réservé à la crème : le président, les 6 vice-présidents, les 3 questeurs, les 6 présidents de commissions et 7 responsables de groupes politiques. Ce sont 24 Peugeot 607, Citroën C6 et Renault Vel Satis ( de 45 000 à 53 000 euros l’unité ) que bichonnent, dans la cour les chauffeurs de la maison. Organisés en tamdem ( car ils sont aux 32 heures, pour 2 300 à 5 000 euros par mois ), ces pilotes multiplient les trajets haletants : Sénat-aéroport, Sénat-restaurant …
Bien sûr, les élus pourraient aussi utiliser la vingtaine de voitures à disposition de tous, prendre un taxi (remboursé) voir s’aventurer dans le métro munis d’un pass gratuit. Mais, en province ils ont souvent pris de mauvaises habitudes : 47 sénateurs sont aussi présidents de leur Conseil général, où ils ont droit à une limousine du même acabit … Quand aux autres, ils dépensent souvent leur indemnité mensuelle de « frais de mandat » ( 6 141, 33 euros ) chez un concessionnaire auto …
Nicolas Sarkozy veut la tête de Franz-Olivier Giesbert
NOUVELOBS | 18.07.2008 | Carole Barjon
Le président de la République a demandé la tête de "FOG" à François Pinault, le propriétaire du Point. Il considère que l'hebdomadaire n’est pas suffisamment sarkozyste.

Incroyable mais vrai : Nicolas Sarkozy a demandé la tête de Franz-Olivier Giesbert, dit "FOG", PDG du Point, à François Pinault, fondateur du groupe PPR (Pinault Printemps Redoute), propriétaire de l’hebdomadaire. La nouvelle est piquante concernant un news magazine qui ne passe pas franchement pour être un suppôt de la gauche…
Mais, le président de la République considère que Le Point n’est pas suffisamment sarkozyste. Il n’avait pas apprécié, le mot est faible, la publication dans ce journal en décembre dernier, des bonnes feuilles du livre d’Anna Bitton sur Cécilia Sarkozy et l’avait fait savoir à l’époque. Il n’adore pas non plus les tribunes de Valéry Giscard d’Estaing dont l’esprit serait trop libre. Plus récemment, il n’a pas goûté du tout la couverture sur "Sarkozy et les psy". Cette dernière incartade de FOG a été la goutte d’eau qui a conduit le chef de l’Etat à décrocher son téléphone pour appeler François Pinault, ce que dément formellement ce vendredi l'industriel auprès du Nouvel Obs.
Où s’arrêtera Sarkozy ? Son influence dans le groupe Lagardère (Paris-Match, Europe 1, Le Journal du Dimanche) n’est plus à démontrer, son ami Martin Bouygues veille sur TF1 et Etienne Mougeotte sur le Figaro. Mais cela ne lui suffit pas. Après le Point, qui ? "FOG" se veut philosophe. C’est un habitué de la chose. Après tout, Mitterrand, Chirac et Villepin n’ont-ils pas, eux aussi, en leur temps, demandé sa tête.
Le président de Radio France sera lui ausi «certainement» nommé par l'exécutif
vendredi 18 juillet 2008, 12h04 | le parisien
«Suite à la réforme constitutionnelle, il va y avoir la définition de toute une série de fonctions qui relèveront du même mode de nomination», a-t-elle dit.
Le chef de l'Etat a proposé que le président de France Télévisions soit à l'avenir nommé par le gouvernement avec contrôle du parlement et du CSA (Conseil Supérieur de l'Audiovisuel).
Priée de dire si le président de Radio France serait nommé «de la même façon que le président de France Télévisions», elle a répondu : «Certainement».
Le président de Radio France, comme celui de France Télévisions, est actuellement nommé par le CSA.
Au ministère, on précise que la ministre «a exprimé un point de vue de bon sens qui est de dire qu'à partir du moment où on modifie les conditions de nomination du président de France Télévisions, il y aurait une certaine logique à ce qu'on le fasse aussi pour le président de Radio France».
La loi sur l'audiovisuel public que Mme Albanel souhaite présenter début septembre au Conseil des ministres pour un passage mi-octobre devant le Parlement, devrait «très, très probablement» comporter un article modifiant les conditions de nomination du président de Radio France.
Mais «ce n'est pas encore écrit, ce n'est pas encore validé», a-t-on souligné.
«Je souhaite clairement que Patrick de Carolis continue sa mission» jusqu'à la fin de son mandat en 2010, a également déclaré la ministre qui a dit s'associer au soutien manifesté par le Conseil d'administration de France Télévisions au président du groupe.
Comme celui de France Télévisions, le président de Radio France sera «certainement» nommé par l'exécutif. C'est ce qu'a déclaré la ministre de la Culture, Christine Albanel, sur France Inter.
Espagne - Madrid propose un plan de retour volontaire aux immigrés
NOUVELOBS. | 18.07.2008 | 18:29
L'idée du gouvernement est que les immigrés acceptant de retourner dans leur pays d'origine puissent toucher leurs indemnités de chômage chez eux.
La numéro deux du gouvernement espagnol l'a annoncé, vendredi 18 juillet. Environ 100.000 immigrés pourront adhérer à un plan de retour volontaire bientôt mis en place pour les encourager à regagner leur pays d'origine.
L'idée du gouvernement est que les immigrés acceptant de partir puissent toucher leurs indemnités de chômage chez eux.
Au cours d'une conférence de presse donnée à l'issue du conseil des ministres, la vice-présidente, Maria Teresa Fernandez de la Vega, a précisé que le plan entrera en vigueur à partir de septembre et visera des Marocains, des Equatoriens et des Colombiens.
Prioritaires "pour revenir travailler" - Ce plan prévoit de permettre aux immigrés de toucher les droits aux allocations de chômage en deux fois: 40% alors qu'ils sont encore en Espagne, et 60% une fois chez eux, un mois plus tard.
Les immigrés souscrivant ce plan devront attendre trois ans avant de pouvoir obtenir une nouvelle autorisation pour vivre et travailler en Espagne.
Et après cinq ans, "ils auront priorité pour revenir travailler" en Espagne, a déclaré Maria Teresa Fernandez de la Vega.
Un brusque coup d'arrêt économique - Le gouvernement a décidé d'adopter ces mesures en raison du brusque coup d'arrêt économique que subit le pays, dont la croissance devrait être inférieure à 2% en 2008, après 3,8% en 2007.
Le chômage, après avoir touché un plancher à l'été 2007, est en train de repartir à la hausse, notamment à cause du retournement du marché immobilier qui prive d'emploi des légions de travailleurs immigrés du bâtiment.
Le nombre d'immigrés en Espagne a explosé depuis un peu plus de dix ans, passant de 500.000 en 1996 à 5,22 millions actuellement, sur une population totale de 45 millions de personnes.
Le nombre des détenus devrait dépasser les 64.000 en juin
NOUVELOBS.COM | 18.07.2008 :
Le nombre de places disponibles étaient de 50.807 en juin, ce qui donne un taux de densité carcérale de 126%, largement au-dessus de la moyenne des Etats-membres du Conseil de l'Europe qui s'élève à 102%.
Le nombre des détenus dans les prisons françaises devrait dépasser les 64.000 en juillet, établissant un nouveau record dans un contexte de surpopulation carcérale et d'absence de grâces du 14 juillet, a-t-on appris vendredi 18 juillet de source syndicale pénitentiaire.
Le chiffre officiel, habituellement communiqué chaque mois par l'Administration pénitentiaire (AP), n'était pas disponible vendredi matin auprès de l'AP.
Au 1er juin, les quelque 200 prisons hexagonales renfermaient 63.838 détenus, établissant un nouveau record au-dessus du pic atteint en juillet 2004 (63.652 détenus).
Le nombre de places disponibles étaient de 50.807 en juin, ce qui donne un taux de densité carcérale de 126%, largement au-dessus de la moyenne des Etats-membres du Conseil de l'Europe qui s'élève à 102%.
2/3 des prisons en surpopulation
Près des deux tiers (63%) des établissements pénitentiaires sont en surpopulation et, parmi ceux-ci, 7% ont une densité de 200% avec en moyenne deux détenus pour une place.
Les maisons d'arrêt, où sont enfermés les prévenus en attente de leur jugement ainsi que les condamnés à de courtes peines, sont de loin les plus touchées par le surpeuplement.
De source syndicale pénitentiaire, on affirmait vendredi avoir eu la confirmation de l'AP que "le chiffre des 64.000 était dépassé, ce qui n'est pas étonnant compte tenu de l'évolution récente".
Jusqu'à présent, la France profitait de la période estivale, souvent tendue dans les cellules, pour désemplir les prisons au moyen des grâces collectives du 14 juillet. Depuis son élection en 2007, Nicolas Sarkozy a décidé de ne plus user de ce droit présidentiel, "quasi-monarchique" selon lui.
Afin de désengorger les prisons, le futur projet de loi pénitentiaire, actuellement soumis à l'avis du Conseil d'Etat et qui doit être présenté en Conseil des ministres fin juillet, prévoit de développer les assignations à domicile pour les condamnés à de courtes peines (moins de deux ans) ou les personnes en attente de procès.
Nucléaire: «Il y a une vraie hypocrisie de la part de l’Etat»
20MINUTES 18 Juillet 2008 Propos recueillis par Valérie Zoydo
Des rejets d'effluents radioactifs «sans impact sur l'environnement» ont été constatés ce vendredi dans une usine exploitée par une filiale d'Areva à Romans-sur-Isère (Drôme) à la suite d'une rupture de canalisation. Et ce, dix jours après l'incident de l'usine de Socatri à Tricastin. Interview de Stéphane Lhomme, porte-parole parole du réseau «Sortir du nucléaire».
>> La réponse d'Areva à venir...
Après l’accident de Tricastin survenu il y a dix jours, c’est la loi des séries ? Les deux incidents sont-ils comparables?
Celui de Romans-sur-Isère semble pour l’instant moins grave. Nous ne sommes pas surpris de ce genre d’événements. Certes, les centrales nucléaires sont les plus dangereuses. Mais le reste du temps, ce sont ce genre d’usines de la filière nucléaire qui commettent le plus d’erreurs. Car elles manipulent sans arrêt des matières radioactives. Cela a été le cas pour l’usine de Malvesi près de Narbonne, qui dépend aussi d’Areva. A plusieurs reprises il y a eu des coulées de boues radioactives en dehors du site en très grandes quantités. Mais seule la presse quotidienne régionale en a parlé. L’événement de Socrati à Tricastin a contribué à réveiller l’opinion sur l’ensemble du problème.
Ces incidents sont-ils de plus en plus fréquents, ou en parle-t-on davantage?
Toutes ces usines sont très anciennes, parfois dépassées…Cela occasionne des incidents sans que les gens ne soient au courant. Mais sur l’usine Socrati (Tricastin), la gravité était telle que les responsables n’ont pas pu faire comme d’habitude en cachant l’affaire. Cela explique pourquoi l’information a mis autant de temps à être divulguée.
L’Etat doit-il redoubler de surveillance?
Les centrales nucléaires ne sont que la partie immergée de l’iceberg. Leur fonctionnement exige une chaîne d’activités prises en charge par différentes usines sous-traitées. Toutes manipulent beaucoup de produits chimiques et radioactifs qui multiplient le risque d’incidents. Effectivement, il faut redoubler la surveillance, mais la seule façon de régler les problèmes seraient de fermer ces usines. Il y a par ailleurs une vraie hypocrisie de la part de l’Etat: il existe des autorisations officielles pour rejeter de la radioactivité sous forme gazeuse ou liquide. C’est pour cela que bon nombre d’usines se situent près des rivières.
Pourtant l’Etat a saisi le Haut-Comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire (HCTISC), qu’en pensez-vous ?
Il dépend de l’Etat. Y résident des représentants d’Areva, d’EDF et des députés pro-nucléaires… Logiquement les organisation anti-nucléaires comme Greenpeace ou le réseau «sortir du nucléaire» ne veulent pas y siéger…Le Haut Comité est là en réalité pour favoriser l’opacité.
Dessin de Pancho - Tour de France ...

Affaire Tapie : le PS envisage de demander une commission d'enquête
LEMONDE avec AFP et Reuters | 18.07.08 |
Les députés PS ont rejoint la position de François Bayrou, en envisageant de demander la création d'une commission d'enquête parlementaire dans le cadre de l'affaire opposant Bernard Tapie et le Consortium de réalisation. Dans le cadre d'un accord trouvé vendredi 11 juillet, M. Tapie a obtenu une indemnité de 285 millions d'euros au titre du "manque à gagner" et du "préjudice moral" dans le cadre du litige qui l'opposait à cette société qui gère le passif du Crédit lyonnais.
"On a l'impression que, derrière, l'Etat est à la manœuvre et on sait très bien que sur un dossier important, compte tenu de l'histoire du Crédit lyonnais, c'est le contribuable qui va payer", a déclaré le président du groupe PS à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault. Il a néanmoins précisé que le PS attendra "d'y voir clair" avant toute demande officielle.
Un dépôt formel pour la création d'une commission nécessite un vote à la majorité en séance publique à l'Assemblée nationale, et ne pourrait donc avoir lieu avant l'automne et le début de la prochaine session. En outre, la commission des finances de l'Assemblée, présidée par le socialiste Didier Migaud, mène actuellement des auditions sur cette affaire. "La commission des finances va faire des auditions et puis nous prendrons, si nécessaire, l'initiative de cette commission d'enquête, qui serait un complément pour aller jusqu'au bout de la vérité, toute la vérité, rien que la vérité", a expliqué M. Ayrault.
"M. SARKOZY N'EST POUR RIEN" DANS CETTE DÉCISION - Bernard Tapie n'a pas manqué de réagir à ces déclarations, en qualifiant de "très bonne idée" la création d'une commission d'enquête. "J'espère qu'à cette occasion, je serai convoqué et que la séance sera publique", a ajouté M. Tapie, estimant que cela serait l'occasion de "montrer aux Français les agissements de la banque et que les fautes qui ont été retenues contre elle par le tribunal sont semblables à celles qui ont été retenues par la cour d'appel".
"Il y a une semaine et demie, la gauche et M. Bayrou saluaient l'intelligence et la grande indépendance d'esprit de M. Mazeaud [président de la Cour constitutionnelle et membre du tribunal arbitral ayant exercé dans cette affaire] parce qu'il donnait tort à M. Hortefeux. Aujourd'hui, on conteste son intégrité", a ironisé M. Tapie, qui a également démenti toute intervention du chef de l'Etat. "M. Sarkozy n'est pour rien, ni de près ni de loin" dans cette décision, a-t-il déclaré."La seule fois où [il] a eu à traiter une affaire qui me concernait, c'était quand il était ministre du budget : il a déposé plainte contre moi pour fraude fiscale", a notamment déclaré l'ancien homme d'affaires.
Le même tribunal arbitral, composé de trois personnalités, se réunira jeudi 24 juillet pour déterminer les intérêts depuis 1994, ce qui ferait grimper l'indemnisation de M. Tapie à près de 400 millions d'euros, comme le révélait Le Monde lundi.
