mercredi 16 juillet 2008
Une politique contre la misère carcérale – (Où la garde des Sceaux se déjuge).
Libération - mercredi 16 juillet 2008
président d’Emmaüs-France et Gabriel Mouesca président de l’Observatoire international des prisons-France.
Christophe Deltombe
L’interpellation émane d’une personne détenue parmi tant d’autres.
«Sans argent, sans ami, sans famille, sans logement, sans projet, sans formation, sans emploi. Avec rien, on ne construit rien, et on demande aux détenus encore mieux que construire. Comment voulez-vous que certains d’entre eux ne baissent pas les bras ?».
Cet état de fait n’a pas échappé à la garde des Sceaux qui, répondant à une question parlementaire en novembre, s’est émue du «problème de l’indigence au sein des prisons» et a affirmé qu’il était «à l’origine de situations portant atteintes à la dignité humaine, de violences entre détenus et de récidive à leur sortie». Un constat qui frappe «près de 35 % de la population incarcérée» qui se retrouve «avec des ressources de moins de 45 euros par mois». Une telle prise de conscience laissait espérer des réformes gouvernementales en gestation qu’elles n’abandonnent pas les prisonniers à leur sort d’éternels oubliés des politiques de lutte contre la pauvreté. Eux qui sont exclus du bénéfice du revenu minimum d’insertion, depuis sa création, et dont les revenus du travail s’élèvent en moyenne à 300 euros. Il n’en est rien.
Deux projets de loi, inscrits à l’ordre du jour de la rentrée parlementaire, offraient pourtant l’occasion de porter remède à un phénomène de paupérisation intra-muros qui frappe deux fois plus de détenus qu’il y a cinq ans. Celui sur le revenu de solidarité active (RSA) porté par Martin Hirsch et celui sur le service public pénitentiaire porté par Rachida Dati.
Répondant à l’attente formulée par les personnes détenues rencontrées au centre de détention de Muret dans le cadre du Grenelle de l’insertion, le haut-commissaire et la garde des Sceaux avaient alors confirmé leur volonté d’intégrer dans leurs textes respectifs un certain nombre de dispositions nécessaires. Un document préparé par la direction de l’administration pénitentiaire prévoyait, outre l’octroi d’une «aide aux indigents» sous forme de prestations en nature, le versement d’une «allocation d’insertion» à tous les détenus sans ressources.
En date du 14 mai, le second élément était justifié en ces termes dans l’exposé des motifs associé au projet de loi : «Les détenus bénéficiaires du RMI, qui sont par définition les plus en difficulté financièrement, perdent pour nombre d’entre eux [du fait de leur incarcération] le bénéfice de cette allocation et ne disposent plus d’aucune ressource, ce qui est un obstacle particulièrement important à tout projet de réinsertion. Afin de remédier à ces difficultés, le gouvernement crée la possibilité pour les détenus de percevoir une allocation différenciée qui sera équivalente à 15 % du RMI.»
La volte-face de la ministre de la Justice
Las, toute trace de RMI carcéral a disparu dans la version finale du texte adressée par Mme Dati au Conseil d’Etat. «Je n’y suis pas favorable. Je ne suis pas pour l’assistanat dans l’assistanat», affirme-t-elle désormais, accompagnant cette soudaine volte-face, effectuée sur l’antenne de la radio Skyrock le 25 juin, d’un cinglant «Je vous mets au défi de trouver une quelconque déclaration de ma part sur ce sujet.» Il faut donc rappeler à la ministre les propos qu’elle a tenus, le 13 décembre 2007, lors des 4es rencontres parlementaires sur les prisons : la future loi pénitentiaire «reconnaîtra un véritable droit à l’insertion. Chaque détenu pourra bénéficier d’un parcours de mobilisation. Une allocation égale à 15 % du RMI sera versée aux détenus les plus démunis qui suivent ces parcours».
Refuser que les détenus dépourvus de ressources soient, désormais, les bénéficiaires d’une prestation sociale spécifique attachée au droit commun, revient à prendre la très grave responsabilité de ne rien changer du quotidien sordide auxquels sont condamnés des dizaines de milliers de prisonniers, comme des conditions désastreuses dans lesquelles se prépare leur retour dans la collectivité.
Cette faute politique ne peut que nourrir une vive inquiétude sur le devenir et la nature de la prise en compte des détenus dans le futur projet de loi instituant le RSA. Il incombe aux pouvoirs publics de faire preuve de cohérence en redonnant droit de cité au combat contre la misère carcérale dans ses projets de réforme.
Elle illustre un cercle vicieux maintes fois observé. On sait, en effet, que les risques de connaître la prison sont d’autant plus grands quand on est pauvre. On sait aussi que la période de détention appauvrit le prisonnier comme sa famille, ce dénuement aggravant, dedans comme dehors, la vulnérabilité sociale et professionnelle. On sait enfin qu’une libération sans ressources augmente la probabilité de retourner derrière les barreaux.
Ni bible ni arbalète dans les tribunes à Pékin
Libération 16/07/08
Si vous êtes au nombre des téméraires qui ont l'intention d'encourager les athlètes aux JO de Pékin, remisez dès maintenant votre arbalète fétiche. Si vous aviez l'intention (?), de vous aider de cet engin pour expédier de petits fanions dans le ciel de la capitale chinoise (ou d'en faire un autre usage), n'y pensez plus !
L'arbalète figure sur la liste d'objets interdits de stades olympiques au même titre que les talkies-walkies, les radios portatives, les caméras, les flashs, la Bible... Seront tolérés, les drapeaux nationaux en rapport avec la nation représentée par tel ou tel athlète. Autant dire qu'i y aura peu de drapeaux aux couleurs du Tibet...
Sauf si vous êtes aveugle, vous ne pourrez pas être accompagné de votre fidèle chien. Aucune banderole politique ne sera autorisée dans les enceintes sportives.
Au fait, pour patienter en attendant le début d'une compétition, inutile d'apporter un jeu de cartes. Interdit aussi !
Le plus important c'est l'esprit des Jeux, comme le disait le Baron Pierre...
Au Tricastin, les contaminations s'annoncent en chaîne
Libération 16/07/08
Comme un directeur de zoo qui aurait laissé échapper ses animaux, les responsables du site nucléaire du Tricastin (Vaucluse) peinent à rassembler leurs contaminations radioactives. Hier, on apprenait que les nappes phréatiques situées aux abords du site présentaient des traces d'uranium à des taux dix fois supérieurs à la norme.
Or, ces contaminations ne peuvent être imputées aux fuites de la semaine dernière, les effluents n'ayant pu migrer aussi rapidement vers les nappes.
D'où vient cet uranium ? La Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité ( Criirad) avance plusieurs hypothèses dont la présence de 760 tonnes de déchets radioactifs militaires enfouis sous une butte de terre, à la fin des années 60.
"En 1977, les exploitants ont eu connaissance de la contamination des nappes. Ils ont alors pompé de 1980 à 1988, à raison de 173 m3 par heure", s'étonne Corinne Castagnier, patronne de la CRiirad. "Ils ont prélevé plus d'un million de m3 qu'ils ont rejeté dans le Rhône. Ce n'est peut-être pas le plus contaminé des sites que nous ayons étudiés - les niveaux sont assez faibles - mais c'est de loin le plus cynique de la façon dont la pollution a été gérée".
Selon la Socatri, filiale d'Areva, qui réalise des opérations de maintenance de matériels contaminés par de l'uranium et de traitement d'effluents uranifères, la fermeture d'une partie de la station "n'aura pas de conséquences sur le reste de l'activité de la société" (Le Dauphiné du 11/07/08).
Ouf ! on est rassurés pour Areva...
Pourquoi les cliniques ont-elles augmenté leurs frais annexes ?
Ouest-France – 16/07/08
Philippe Burnel, délégué général de la FHP(Fédération de l'hospitalisation privée)
Nos frais annexes n'ont pas plus augmenté que le reste des prix. En réalité, nous fixons ces prix par rapport à ce que remboursent les mutuelles, pour que les patients n'aient pas trop à mettre de leur poche. Or, les mutuelles ont tendance à plafonner leurs remboursements. Ensuite, il faut comprendre qu'un hôpital privé est une entreprise commerciale. À soins égaux, l'assurance maladie nous rembourse 60 % moins qu'un hôpital public. Nous devons donc trouver des fonds ailleurs. Les frais annexes représentent environ 6 % du chiffre d'affaires d'une clinique, c'est une ressource indispensable. Sans eux, nos cliniques couleraient.
N'y a t-il pas d'autres moyens de faire des économies ?
Les cliniques ont une marge de liberté très faible. Les médicaments peu coûteux ne représentent que 4 % des charges d'une clinique donc difficile d'économiser dessus. Et on ne peut pas augmenter les tarifs de soins : ils sont déterminés par le ministère de la Santé.
Ne trouvez-vous pas ça anormal qu'un patient doive, par exemple, payer davantage pour être seul dans sa chambre ?
Si le médecin impose à un patient d'être dans une chambre seule, rien ne lui sera facturé. Quant aux autres frais (télé, téléphone,...), les cliniques les sous-traitent et n'en touchent qu'un pourcentage. Ces frais ne sont pas élevés au point d'empêcher l'accès aux soins à un patient. Je comprends que cela suscite des mécontentements mais nous ne faisons pas payer les malades pour le plaisir.
La réponse de Thierry Saniez, délégué général de l'association de consommateurs CLCV (Consommation, logement et cadre de vie).
Qu'est-ce que vous reprochez aux hôpitaux ?
Les hôpitaux ont une vision déshumanisée de la santé ! Quand on est hospitalisé, on n'a pas uniquement besoin de soins physiques. Tout ce qui peut participer à la remise en forme psychologique du patient est une bonne chose - et la télé ou le confort d'une chambre seul y participent. Le pire, c'est que l'augmentation de ces frais (1), dits « annexes » est assez cachée, presque vicieuse. Seuls 55 % des établissements dans lesquels on a enquêté affichent leurs tarifs dans les chambres ou dans le livret d'accueil. L'exemple du téléphone est très parlant : aujourd'hui, quand vous appelez une clinique, les appels peuvent vous être facturés jusqu'à 0,15 centimes d'euros la minute, soit 7,5 fois plus cher que le tarif normal !
Pensez-vous que les hôpitaux puissent diminuer ces frais annexes ?
Toutes les études sur la santé montrent que si on consommait uniquement ce dont on a besoin, on épargnerait 30 % de nos dépenses de santé actuelles. En France, on part du principe que guérir, c'est consommer des médicaments. Si les mentalités évoluaient, beaucoup de frais de santé pourraient être économisés. Et puis, soyons honnêtes, ces suppléments ne vont pas rééquilibrer les comptes des hôpitaux donc pourquoi les augmenter autant ?
(1) Jusqu'alors, CLCV n'avait jamais enquêté sur le sujet, et n'avait donc aucun chiffre pour comparer dans le temps le coût de ces frais annexes.
Combien a dépensé Sarkozy en 2007 ?
Juliette VINCENT - RMC.fr, le 25/06/2008
Inflation, flambée du pétrole, pouvoir d’achat en baisse… Les temps sont durs. Les Français se serrent la ceinture. Et notre Président ? Coup de loupe sur les dépenses de l’Elysée en 2007.
En 2007, l'Elysée a flambé
« Les caisses sont vides », clamait le tout frais Premier ministre, François Fillon, peu après la prise de pouvoir de Nicolas Sarkozy. Et pourtant, les dépenses sont allées bon train. Sur l’année 2007, l’Elysée a dépensé plus de 35 millions d’euros, soit une augmentation record de 8,4% par rapport à 2006. Un début de quinquennat bien loin des promesses de campagne du candidat Sarkozy. Où sont donc passées la réduction du train de vie de l’Etat et la transparence que prônait Monsieur Sarkozy ?
Sarkozy s'augmente son budget de 29%
Spécialiste du budget de la présidence de la République et auteur de « L’argent caché de l’Elysée », le député René Dosière (apparenté PS) a décortiqué le rapport d’exécution du budget 2007, transmis fin mai à l'Assemblée nationale. Dans un communiqué intitulé «Elysée 2007: un budget de rupture ?», il souligne que cette augmentation des dépenses de l'Elysée est «trois fois et demie supérieure à celle des dépenses de l'Etat (+ 2,3%)». Quand le gouvernement cherche à faire des économies, le chef de l’Etat semble aller à contresens. Sa dotation est d’ailleurs passée de 101 125 euros en 2006, à 130 638 euros en 2007. 29% d’augmentation de salaire. Plus d’un Français en rêve. Nicolas Sarkozy, lui, le fait. Cependant, cette augmentation du traitement présidentiel, votée par le Parlement dans le cadre du budget 2008, n’apparaît pas dans les chiffres de 2007, puisqu’elle n’est effective que depuis janvier 2008.
Personnel et frais en hausse
Encore un chiffre en hausse en 2007 : les effectifs de l’Elysée. Alors que 957 personnes y travaillaient déja sous la présidence de Jacques Chirac, aujourd’hui elles sont 1045 ! Explication dans le rapport budgétaire : « Les personnels nouveaux ont été principalement affectés dans les services de sécurité, dans les secrétariats et à la correspondance présidentielle (dont le nombre de courriers reçus a augmenté de 100 %), ou sont venus renforcer les équipes chargées d’organiser et d’accompagner les déplacements du président de la République ». Eh oui, un chef de l’Etat hyperactif, ça coûte cher. Pour preuve également, la « très nette intensification du fonctionnement du parc automobile sur la seconde partie de l'année (2007), elle-même liée à l’augmentation nette de l’activité de la présidence (448 000 kilomètres supplémentaires en 2007) », dixit le document budgétaire lui-même. Du coup, les frais de personnel, qui représentent près de la moitié du budget de la présidence, sont en hausse de 10,9% (2% de plus que l'augmentation des effectifs). De 14,6 millions d’euros, ils passent à 16,2 millions.
Un nouveau cabinet
Plus spectaculaire bien que portant sur des montants plus modestes, l’augmentation des dépenses pour l’équipement et les travaux d'entretien progresse de 53% (de 1,9 million, elles passent à 3 millions d'euros). Une hausse pourtant jugée « légère » par l’Elysée, qui l’attribue dans le rapport budgétaire aux « opérations d'installation du nouveau cabinet » de Nicolas Sarkozy. Comprenez : la réfection, l’aménagement et la sécurisation des locaux; la rénovation des cuisines, des vitres, et de l’électricité; et la modernisation – également très sécurisée -, du parc informatique.
Frais de réception et autres dépenses « moralisées »
Dépenses contrôlées, budget rationalisé, coûts réduits… Le candidat Sarkozy l’a promis. Le Président s’y emploie. Et pour cela, il a chargé sa directrice de cabinet, Emmanuelle Mignon, de veiller au grain. Fini le gaspillage. Place aux économies. Et pas sur n’importe quels postes : exit les cartes de vœux entre administrations, doucement sur les notes de frais de déjeuners – plateaux repas payés par les conseillers, achat de vins « intermédiaires » pour les invités de « second rang », et paiement des charges des logements de fonction par le personnel logé. Résultat dans le rapport budgétaire 2007, certaines dépenses ont effectivement baissé : Arbre de Noël de l'Elysée (-20%), Garden Party du 14 juillet (-5%), vins (-44%) et fleurs (-17%).
Quid pour 2008 ?
S’il faut maintenant attendre quelques mois pour dresser un premier bilan d’une année 100% Sarkozy, l’on peut d’ores et déjà craindre que le règne du « toujours plus » perdure, puisque l’on connaît déjà les chiffres prévisionnels pour 2008 (bien souvent dépassés à l’heure du bilan de l’exécution d’un budget) : l’enveloppe globale de l’Elysée sera multipliée par 3 et frôlera l’année prochaine les 100 millions ! Réorganisation du financement de la présidence, explique l’Elysée, qui justifie ce triplement du budget par le paiement de quelques 800 fonctionnaires à temps complet – militaires, cuisiniers, agents d’entretien, jardiniers… – qui, bien que travaillant pour l’Elysée, étaient jusqu’alors payés par d’autres ministères. Dans la continuité de Chirac ? Lorsqu’il prend le pouvoir en 1995, Jacques Chirac promet aux Français « une présidence modeste ». Huit ans plus tard, en 2003, le budget de l’Elysée a augmenté de 580%, atteignant 30,9 millions d’euros. L’Elysée met cela sur le dos des « fonds spéciaux », supprimés par le gouvernement Jospin en 2001. Ces enveloppes d’argent destinées au Premier ministre et à son équipe complétaient les ressources de la présidence, mais ne figuraient pas à son budget. Or, la somme qui est venue les remplacer leur était supérieure, et son utilisation, toujours secrète. Pour René Dosière, le bilan financier de la présidence Chirac est sans appel : explosion des dépenses, opacité persistante, et contrôle inexistant.
Transparence promise, opacité due ?
« En 2008, l'Elysée a promis un budget plus complet et transparent. On verra, dans un an, ce qu'il en sera », conclut René Dosière. Et de poursuivre, sceptique : « Force est de constater, à la lecture de ce rapport sur l'année 2007, que si la rupture est réelle quant à l'évolution des dépenses, s'agissant de la transparence, ou plutôt de l'opacité, c'est la continuité qui s'impose ».
Présidence à tout casser de l’UE, organisation à Paris d’une l’Union méditerranéenne, 14 juillet exceptionnel, garden-party grandiose… communication et invités à tout va, c'est parti très très fort….
Explosif : Eric Woerth «ministre croupion» selon le rapporteur général du budget (UMP)
Marianne 15/07/08
Gilles Carrez, rapporteur (UMP) général du budget, flingue en direct Christine Lagarde et Eric Woerth. Il les accuse de brader le budget de l'Etat en cédant à tous les lobbies qui réclament des baisses d'impôts. La vidéo est réalisée par un ex-ministre du Budget, lui aussi UMP, Alain Lambert !
Alain Lambert, ancien ministre du Budget, UMP et ex-soutien à Nicolas Sarkozy pendant la campagne, a mis en ligne sur son blog une interview vidéo pour le moins étonnante, réalisée par ses soins. On y voit Gilles Carrez, le très sérieux et lui aussi très UMP rapporteur général des Finances flinguer Eric Woerth, ministre du Budget et Christine Lagarde, ministre de l'Economie. « Eric Woerth est un ministre croupion ! », explose Gilles Carrez, « il n'a pas le droit de s'occuper que de la colonne dépenses !»
« Les recettes échappent complètement : à combien chiffre-t-on ce qui a été voté comme baisses d'impôts ? Le rapport d'orientation budgétaire est à pleurer ! », poursuit-il. Il fait savoir qu'il a envoyé un questionnaire précis à Bercy et qu'il n'a pas eu « le début d'une réponse ». Il craint même qu'à force de céder à tous les lobbies, le gouvernement ne fasse exclure la France de la zone euro ! Même Christine Boutin, ministre du Logement, en prend pour son grade. Le rapporteur l'accuse de céder à Alain Dinin, président directeur général de Nexity, et lobbyiste immobilier qui réclame la TVA à 5,5% sur les constructions neuves. Eric Woerth répond et… reconnaît qu'il n'a pas la main ! A voir absolument pour comprendre que les finances de la France roulent vers l’abîme ! ----> blog
Nantes - SANS PAPIERS : « Notre cercle de silence veut briser l'indifférence au sort des sans-papiers »
Actualités Nantes 16 Juillet 2008 Presse-Océan

Le « Cercle de silence » a, de nouveau, sensibilisé l'opinion « au sort des migrants » à Nantes. Ce collectif anime une manifestation une fois par mois place Royale, sauf en août.
Le prochain rendez-vous est fixé au troisième mardi de septembre.
Hier soir, une quarantaine de membres d'associations et de citoyens venus à titre individuel s'étaient donné rendez-vous. « Ce «Cercle de silence» est organisé comme un moment d'interpellation pour faire prendre conscience aux gens de la situation que vivent les migrants incarcérés dans les centres de rétention administrative », explique Éric, militant du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD).
Les manifestants estiment que les conditions « dans ces centres en France et par exemple à Nantes », « portent atteinte à la dignité de l'homme. »
Le Cercle de silence dénonce ainsi « la criminalisation des sans-papiers ». « Si on est incarcéré, ça sous-entend qu'on est coupable alors que ces gens ne font que sauver leur peau en recherchant des conditions viables. »
Participent au « Cercle de Silence » : La Cimade, les Amoureux au ban public, l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture, le Collectif Enfants étrangers citoyens solidaires, le Collectif Uni-e-s contre une immigration jetable, le Comité catholique contre la faim et pour le développement.
«Cette année le pouvoir est assez bien parvenu à essouffler les journalistes»
Daniel Schneidermann - LIBERATION.FR : mardi 15 juillet 2008
Clark. Sur le site Arrêt sur Images, vous citez Claude Guéant comme étant la source de l'information comme quoi "on tiendrait une suspecte pour le premier cambriolage de Ségolène Royal". J'ai l'impression que cette information - pourtant importante - n'a été reprise par aucun média. Le confirmez-vous ? Pour quelle(s) raison(s)?
Daniel Schneidermann. Oui, je confirme que nous n'avons eu aucune reprise sur ce point. Je rappelle les faits. Après que Ségolène Royal a mis en cause (de manière tonitruante, un peu maladroite, mais somme toute efficace), le "clan Sarkozy", à propos de la mise à sac de son appartement, l'enquête policière sur le premier cambriolage, dont elle avait déjà été victime, s'est miraculeusement réveillée. Une dépêche de Reuters a expliqué "de source du ministère de l'Intérieur" que les policiers étaient parvenus à identifier une suspecte. Libération, dans un article de Antoine Guiral, a donné la même information, cette fois sourcée "d'un conseiller de Nicolas Sarkozy". Ce que nous avons révélé sur le site d'Arrêt sur images, c'est que cette information avait bien été donnée au cours d'un déjeuner avec nos deux confrères, par Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée. La précision, à mes yeux, est importante. Cela veut dire que c'est l'Elysée qui communique directement sur cette enquête policière. Si cette piste devait se dégonfler, l'Elysée porterait donc la responsabilité directe d'avoir manipulé la presse.
Un phénomène un peu comparable s'est d'ailleurs produit à la fin de la semaine dernière à propos de la visite en France de Bachar al-Assad. Plusieurs journaux ont reproduit les confidences, "d'une source anonyme à l'Elysée", expliquant que la Syrie n'était pas en cause dans l'attentat du Drakkar qui a coûté la vie à 58 militaires français, en 1983. C'est une révélation importante. Il faudrait pouvoir fouiller les choses à ce sujet. Comment se fait-il qu'elles ne sortent qu'aujourd'hui, 25 ans plus tard? Or, en lisant de près la transcription des propos qui a été faite par Le Monde, on reconnaît facilement le style oral relâché qui caractérise Nicolas Sarkozy. Donc, c'est bien Sarkozy lui-même qui, selon ce que dit implicitement Le Monde, délivre ces révélations importantes. S'il est vraiment sûr de ces informations, pourquoi ne les donne-t-il pas publiquement? Sur ce sujet aussi j'ai fait un billet ce matin sur le site d'Arrêt sur images. Et celui-là aussi, à l'heure où nous parlons, n'a pas été repris. Cela nous ramène au sujet de la chronique de cette semaine. Les journalistes sont en vacances. Ils ont sans doute trop travaillé cette année (ce que je comprends très bien, il y a eu beaucoup de travail). La Terre est priée de s'arrêter de tourner, jusqu'au 18 août.
Clark. Vous parlez, à mon avis avec raison de "Royalgate". Même si l'affaire se dégonfle, même si le gouvernement (ou le "clan Sarkozy") n'est pas derrière ces intimidations, il y a tout de même quelque chose de très curieux dans le fait que l'on "découvre", subitement une suspecte, moins de 48h après les déclarations de Royal. Est-ce que l'autre information qui est "opportunément" délivrée à la presse juste avant le 14 juillet, ("la Syrie n'y est pour rien dans l'affaire Drakkar") n'est pas similaire ?
Je viens de le dire, me semble-t-il. Voir plus haut.
Clark. Est-ce que la source pourrait être, là encore, Guéant ?
Encore une fois, voir plus haut. Il est vraisemblable que ce coup-ci, elle est encore plus haut placée que Guéant, c'est ce que suggère, en tout cas, la transcription du Monde.
Clark. Ce qui me turlupine le plus dans cette histoire n'est pas tant l'attitude du gouvernement (on finit par être blasé) mais l'étrange complaisance des médias. Pas un média pour relever. Qu'est-ce que cela signifie? Que vos confrères n'accordent aucun crédit à cette info, qu'ils sont vendus au pouvoir? Ou est-ce qu'ils sont vraiment en vacances?
Je vous laisse choisir. D'une manière générale, il me semble que pendant toute cette année le pouvoir est assez bien parvenu à essouffler les journalistes. Ils sont peut être encore plus essoufflés que d'habitude. Reste à savoir si c'est un de ces essoufflements dont on se remet.
Grimli. Est-ce que l'on ne risque pas de vous ranger directement dans la case "fanatique de Ségolène Royal" ou "antisarkozyste primaire", après ces informations sur Royal/Guéant/Sarkozy/Lémédias/La Syrie et ne pas approfondir (cf. les réactions épidermiques, comme celle de Joffrin la semaine dernière) ?
On me rangera dans la case que l'on voudra. Je n'ai pas l'impression de prendre parti pour l'un ou pour l'autre en relevant ce que je viens de vous raconter.
Fof. Vous avez exercé votre profession sous d'autres présidences, celle-là (celle de Sarkozy) est-elle vraiment différente, pire, pour un journaliste? Subissez-vous plus de pression, de manipulation?
Le phénomène nouveau avec Sarkozy, c'est vraiment l'essoufflement. Pour revenir aux deux affaires précédentes que nous avons abordées au début de ce chat, il me semble qu'elles marquent une évolution. Jusqu'alors la communication sarkozyenne se faisait dans une transparence affectée. Pour la première fois, on voit Sarkozy, ou l'un de ses collaborateurs, demander le off, c'est-à-dire ne pas assumer de donner directement les informations qu'il donne. Peut-être sont-ils en train de revenir à une forme plus traditionnelle de la communication du pouvoir.
Clomani. Qu'avez-vous pensé de la prestation de Memonna Hintermann en cireuse de pompes de Guaino, samedi soir, à l'édition de la nuit sur France 3?
J'avoue que j'ai raté cette prestation. Mais vous me le faites regretter.
Alex. Comment avez-vous apprécié la Une de Libé de la semaine dernière sur Royal?
J'ai écrit sur Arrêt sur images que cette une est un tract anti-Royal. C'est qui m'a le plus stupéfait c'est que Laurent Joffrin dans son éditorial emploie plusieurs fois le mot cambriolage, alors que, manifestement, il ne s'agit pas de cela, mais d'une tentative d'intimidation, ce qui, à mes yeux, change tout.
EDF lance la construction de la première ferme générant du courant à partir des marées
PARIS, 15 juil 2008 (AFP) -
EDF va lancer la construction en France du premier projet pilote au monde de ferme hydrolienne, destiné à produire de l’électricité à partir de l’énergie contenue dans les courants des marées, a annoncé le groupe énergétique mardi dans un communiqué.
Ce projet comprendra 3 à 6 hydroliennes, d’une capacité totale de 4 à 6 mégawatts, qui seront raccordées dès 2011 au réseau d’électricité situé au large de Paimpol (Côtes-d’Armor), a expliqué EDF. L’installation de ce "démonstrateur", en première mondiale, permettra de tester en conditions réelles cette nouvelle technologie, qui pourrait "contribuer significativement à la production d’électricité d’origine renouvelable", a indiqué le groupe français. Il permettra d’en "apprécier la rentabilité et d’établir un cadre juridique et administratif susceptible de favoriser le développement d’une filière française" dans ce domaine, a ajouté le communiqué. La France concentre à elle seule 80% du potentiel européen hydrolien, soit une production d’électricité de 10 millions de MWh par an, fait valoir EDF.
"Sortir du nucléaire" demande prélévements indépendants sur sites nucléaires
PARIS, 15 juil 2008 (AFP) - Le réseau "Sortir du nucléaire" a demandé mardi, dans une lettre au ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo, "des prélèvements indépendants" près de tous les sites nucléaires, après la découverte au Tricastin (Vaucluse) de concentrations d’uranium dans la nappe phréatique.
Le président Russe menace l'Europe en réponse à l'implantation en République Tchèque d'un "bouclier anti-missiles" américain
Forum Orange - le 15/07/2008
Le président russe Dmitri Medvedev a mis en garde l'Europe et les Etats-Unis mardi concernant le bouclier antimissile et le Kosovo, accusant au passage les occidentaux de "paternalisme" dans les affaires internationales.
Bouclier américain
Le bouclier américain, dont des éléments doivent être déployés en Europe centrale, "ne fera qu'aggraver la situation" sur le Vieux Continent, a déclaré M. Medvedev dans un grand discours de politique étrangère devant quelque 150 ambassadeurs russes réunis à Moscou.
"Nous serons obligés d'y répondre de façon adéquate (...) L'Union européenne et les Etats-Unis ont été avertis", a-t-il réaffirmé, poursuivant sur la ligne de fermeté imprimée par son prédécesseur Vladimir Poutine.
Les tirs d'essai de missiles iraniens ont montré la portée limitée de l'arsenal de Téhéran et prouvent que le déploiement d'éléments du bouclier antimissile américain en Europe n'est pas nécessaire, a jugé vendredi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.
Ces essais "confirment que l'Iran a des missiles d'une portée allant jusqu'à 2.000 kilomètres et (...) qu'un bouclier antimissile, avec ces paramètres, n'est pas nécessaire pour surveiller ou réagir à de telles menaces", a déclaré devant la presse le chef de la diplomatie russe.
Réponses militaires
La Russie estime que ce bouclier remettrait en cause sa dissuasion nucléaire et a promis d'y répondre militairement, en pointant par exemple des missiles sur l'Europe.
La signature le 8 juillet d'un accord entre Washington et Prague prévoyant l'implantation d'éléments du bouclier sur le territoire tchèque a exacerbé les tensions.
Selon certains analystes, le veto russe vendredi au Conseil de sécurité à des sanctions contre le Zimbabwe est la réponse directe à cette signature ainsi qu'à la récente visite de la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, en Géorgie, ex-république soviétique désireuse de rejoindre l'OTAN.
M. Medvedev, qui a pris ses fonctions le 7 mai, a aussi déploré la "mentalité de blocs" et la tendance de certains pays à "décider pour d'autres", dans une apparente allusion aux Etats-Unis. "Avec la fin de la Guerre froide, on n'a pas de raisons d'avoir une mentalité de blocs. On n'a pas besoin de paternalisme, que certains décident tout pour d'autres", a-t-il dit. "Nous devons défendre nos intérêts nationaux correctement et sans confrontation", a insisté le président.
Dans une allusion similaire aux Etats-Unis, M. Medvedev avait déjà dénoncé en mai "les ambitions irresponsables (qui) prennent le dessus sur les intérêts de pays et de continents entiers" et les "intentions de s'ingérer dans les affaires d'autres Etats".
Pacte de sécurité
M. Medvedev a aussi réitéré sa proposition d'un nouveau pacte de sécurité en Europe, formulée en juin dans son premier grand discours de politique étrangère, à Berlin, et qui vise à remplacer la toute-puissance de l'Otan par un système collectif élargi à Moscou.
Les Etats-Unis nous offrent le « parapluie » de l’OTAN contre un statut d’otage… pas très confortable !
