vendredi 11 juillet 2008
Le wifi de la discorde à la bibliothèque Sainte-Geneviève
Véronique Soulé – Libération - vendredi 11 juillet 2008
Les deux bornes wifi de la bibliothèque Sainte-Geneviève, au cœur de Paris, devraient être rebranchées à la rentrée. Elles avaient été déconnectées le 16 mai à la suite d’une plainte d’un magasinier. Souffrant de maux de tête, il avait mis en cause les ondes électromagnétiques propagées par les bornes et avait exercé son droit de retrait. La direction de la bibliothèque et la présidence de l’université Sorbonne nouvelle, à laquelle elle est rattachée, ont alors fait faire des mesures : selon les résultats, les taux de radiation sont jusqu’à 135 fois inférieurs aux normes. Le comité hygiène et sécurité (CHS) de l’université a dès lors donné un avis favorable à la réactivation des bornes.
« Les mesures ont même prouvé que les ondes dans nos locaux étaient inférieures à celles dans la rue, sans doute à cause de l’épaisseur de nos murs», explique le directeur de la bibliothèque, Yves Peyré. Mais l’affaire n’est pas tout à fait close. Soutenues par le syndicat FSU, une vingtaine d’agents ont rejeté dans une lettre la décision du CHS, estimant qu’il subsistait un «danger grave pour la santé».
Face à des plaintes similaires, la Ville de Paris a dû elle aussi débrancher le wifi dans quatre bibliothèques municipales sur la soixantaine équipées. Des mesures ont conclu à des émissions très en dessous de la norme. La Ville espère désormais un feu vert en septembre du comité hygiène et sécurité pour rebrancher les bornes. Le ministère de l’Enseignement supérieur a demandé à l’Inserm une étude sur les effets du déploiement du wifi.
La Chine en mal d'amour à l'approche des JO
Raphaël Lizambard - 09 JUILLET 2008 - LibéVoyages
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les Jeux olympiques ont un impact négatif sur le tourisme dans le pays hôte.
L’ETOA, l’association européenne des Tours-Opérateurs vient de publier une enquête confirmant les résultats d'une précédente étude menée en 2006 sur les conséquences de l’organisation des Jeux Olympiques sur la croissance touristique...
Se basant d’abord sur les JO d’Athènes et de Sydney, le rapport cite le directeur général du forum australien du tourisme qui affirme que «l’Australie reçoit désormais moins de touristes, cinq ans après les JO, qu’avant», ceux-ci s’étant détournés du pays pour la Nouvelle-Zélande. De même, la Grèce aurait pâti d’avoir organisé l’événement sur son territoire, au profit de la Turquie, vers laquelle les visiteurs se sont tournés par la suite. Pour exemple, la croissance touristique de la Grèce est inférieure de 20% à celle de la Turquie depuis 2004.
D'une manière générale, ce genre d’événement mondial a pour effet de repousser les touristes «réguliers», qui craignent le trop plein de visiteurs. De ce point de vue, la Chine, et Pékin en particulier, ne devrait pas échapper au phénomène. Le rapport, s’appuyant sur les statistiques de l’office du tourisme à Pékin, affirme que pour l’instant, seulement 44% des chambres d’hôtel 4 étoiles et 75% des chambres d’hôtels 5 étoiles seulement sont réservées. Des résultats tellement en deçà des attentes des organisateurs qu’ils ont conduits les professionnels du tourisme à revoir leur prix à la baisse; ces derniers étant de toute façon jugés trop excessifs jusque là.
En effet, selon Taï-Yang, agence de voyage spécialisée pour la Chine, «les prix ont doublé par rapport à 2007 et cela entraîne une baisse de la demande». À trop vouloir profiter de l’organisation des Jeux et augmenter ses prix, le secteur hôtelier y a finalement perdu au change…
Mais cette envolée des prix n’est pas la seule raison du désamour des touristes pour la Chine. Celle-ci a récemment souffert des derniers évènements qui ont donné une image négative du pays : entre les émeutes au Tibet, le tremblement de terre au Sichuan, la catastrophe ferroviaire du Shandong du 23 janvier, la Chine est mal aimée depuis le début de l’année 2008.
Le Sénat étrille le gouvernement sur les déficits
LE MONDE | 10.07.08 | 15h40
Les commissions des finances des deux Assemblées s'étaient-elles réparties les rôles ? Mercredi 9 juillet, pendant qu'Eric Woerth bouclait dans la matinée avec François Fillon d'ultimes arbitrages avant le débat d'orientation des finances publiques des 15 et 16 juillet, les sénateurs étrillaient le gouvernement. Dans la soirée, leurs collègues députés, qui n'en pensent pas moins, ont eu à coeur de ne pas malmener le ministre du budget venu réaffirmer devant eux la nécessité de redresser les comptes publics d'ici 2012, sans convaincre sur les moyens qu'il se donne pour y parvenir.
La palme de la sévérité est revenue au sénateur UMP de l'Oise, Philippe Marini, plus dubitatif que le premier président de la Cour des comptes, Philippe Séguin, sur la capacité de la France à tenir sa parole : "Sauf correctif fort, la trajectoire de nos finances publiques peut conduire assez naturellement à un déficit public de 3 % en 2008 et à y rester en 2009", a martelé le rapporteur général.
Pour tenir ses engagements européens, le gouvernement devra réaliser 65 milliards d'euros d'économies sur les années 2009 à 2011, a-t-il martelé. Le sénateur a déclaré "ne disposer d'aucun élément" permettant d'expliquer comment M. Woerth peut réduire le déficit public de 10 milliards entre 2007 et 2009. "Nous en appelons à la lucidité. Le temps passe.
Et il y a urgence à amorcer le reflux du déficit public, sinon il n'y a aucune chance de rétablir l'équilibre en 2012", a renchéri le sénateur UMP de la Mayenne, Jean Arthuis qui préside la commission des finances. Fait exceptionnel, cette dernière a enjoint le gouvernement d'"écarter la perspective d'un déficit durablement stabilisé autour de 40 à 50 milliards" et d'une hausse des prélèvements obligatoires. Elle a également jugé que la TVA à taux réduit sur la restauration , promise par Nicolas Sarkozy, représenterait pour l'Etat une "ponction insupportable de 2 à 3 milliards d'euros ."
Auditionné à l'Assemblée, quelques heures après cette volée de bois vert, M. Woerth n'a pas caché son agacement. "Les sénateurs sont allés un peu loin tout à l'heure dans leur conférence de presse", s'est-il exclamé après que le président de la commission des finances du palais Bourbon, Didier Migaud (PS, Isère) eut qualifié le retour à l'équilibre en 2012 de "pas possible en l'état actuel".
Reste que M. Woerth, dont nul ne met en cause la bonne volonté, a apporté de l'eau au moulin des parlementaires qui doutent. En 2008, a-t-il précisé, il y aura entre 3 et 5 milliards de moins value de recettes fiscales (- 1 à - 3 milliards sur l'impôt sur les sociétés ; - 1,5 à - 2 milliards sur l'impôt sur le revenu), et la charge de la dette va augmenter de 2 milliards.
L'année 2009 ne se présente pas sous des auspices plus favorables. L'inflation, même si elle retombe à 2 % en moyenne comme le prévoit le gouvernement, alourdira les dépenses sociales de quelque 3 milliards, et la charge de la dette augmentera de 1,5 à 2,5 milliards de plus par an.
Dans ces conditions, ramener le déficit public à 2 % en finançant les priorités que sont l'enseignement supérieur (1,8 milliards d'augmentation de crédits par an) ou la justice, tient de la gageure. La suppression de 30 000 à 32 000 postes de fonctionnaires, qui suscite l'ire des syndicats, n'y suffira pas.
Pour y parvenir, a précisé le ministre, il faudra stabiliser la dépense de l'Etat en volume pendant 3 ans, faire "4 à 5 milliards" d'économies sur l'assurance maladie et retrouver le chemin de la croissance. Jeudi, à la Conférence nationale des exécutifs, M. Fillon devait annoncer aux élus locaux comment il entend s'y prendre pour obtenir que leurs dépenses ralentissent.
24 heures Philo, un petit bilan
• par François Noudelmann •11/07/2008
24 heures Philo fait une pause pendant l'été. C'est l'occasion d'un petit bilan après deux mois de fonctionnement et plus de 150.000 visites. Toujours expérimental, ce blog qui n'est pas vraiment un blog voudrait être un lieu de circulation où les idées importent plus que leurs auteurs. Il repose donc moins sur les opinions d'une personnalité que sur le désir partagé de fracturer les discours plombés de notre contemporain. 24 heures Philo est moins un blog philosophique qu'un blog de philosophes intervenant au milieu de l'actualité. Cela ne nous dispense pas d'écrire sur le champ philosophique de manière plus spécialisée et nous le ferons peut-être davantage à la rentrée.
Les contributeurs, même lorsque je les sollicitais sur d'autres sujets, ont beaucoup écrit sur Nicolas Sarkozy et ont été beaucoup lus (de 3000 à 15000 visites par texte). De fait les philosophes participent aussi au flux des images et des paroles et ils n'occupent aucune citadelle hors de l'opinion. Mais surtout, au-delà du personnage présidentiel, le nom de Sarkozy désigne un nouvel objet politique, une autre manière de gouverner repérable en Europe (en Italie notamment). Cette mutation réclame de nouvelles analyses, et pas seulement des réactions vertueuses. Le blog a aussi accueilli des articles sur la politique de la pensée qui ne se cantonne pas à la dite "politique": le cerveau, le sacré, le rock impliquent des enjeux théoriques décisifs aujourd'hui et sont de véritables sujets philosophiques.
On aura compris en lisant 24 heures Philo que nous entendons la philosophie dans un sens ouvert au souci conceptuel quelle que soit sa source. Nos contributeurs, philosophes ou non de métier, préfèrent l'interrogation à la solution, l'inquiétude à l'affirmation, ils pratiquent la philosophie sans présupposer un donné de la pensée. Leur intervention dans 24 heures Philo relève d'un engagement singulier plus que de l'analyse savante.
Santé : la solidarité remise en question !
Encadrement Magazine – juin 2008 – Danièle Karnewicz / Bernard Salengro de la Confédération Générale des Cadres
Un système en danger
Les finances de nos systèmes de santé sont mal en point. Depuis combien d'années cela dure-t-il ? La gouvernance des entités qui la composent pèche par manque d'efficacité. Combien de temps cela va-t-il persister ?
En France, quand les questions restent sans réponse, on pond des rapports. 'est encore le cas avec la santé publique, jusque à en avoir le tournis ! On ne peut botter en touche éternellement : il est temps que chacun prenne enfin ses responsabilités pour faire face au désarroi des français.
Passer enfin de l'examen au traitement
Depuis le début de l’année, le gouvernement tente de nous étourdir de réformes sans le domaine de la protection sociale. Nombre de rapports ont été rendus : Yves Bur et Philippe Ritter sur la création des agences régionales de santé (ARS) ; les Etats Généraux de la Santé (EGOS) ; le rapport M. Flajolet sur la prévention sanitaire sur le territoire et le rapport Larcher sur l’Hôpital. Dans le domaine de la santé au travail, le rapport Nasse-Légeron et l’avis rendu par le CES sur l’avenir de la médecine du travail relancent le débat sur le détérioration des conditions de travail des salariés et la prévention des risques.
Mais dans les projets de réforme qui se multiplient, on dénote une orientation insidieuse...
La réforme des Agences Régionales de Santé : l’Assurance-maladie en péril
Ce projet de réforme distingue deux axes : l’organisation de l’offre de soins (ville, hôpital, médico-social) et la gestion du risque. La CFE-CGC soutien la partie du projet qui tend à rassembler les structures relatives à l’organisation de l’offre de soins sur le territoire dans les ARS (services déconcentrés de l’Etat, missions régionales de santé, agences régionales d’hospitalisation). Il faut que demain l’offre de soins soit mieux coordonnée et répartie sur notre territoire afin d’en finir avec l’existence des zones de non-soin. L’accès aux soins pour tous est une priorité et fait partie du pacte de solidarité de 1945 auquel les partenaires sociaux restent attachés.
Pour la gestion du risque (Prévention, Tarification et Contrôle), l’assurance maladie est aujourd’hui gérée par les partenaires sociaux au niveau national (CNAMTS), régional (CRAM, URCAM) et local (CPAM). Or, la réforme vise à intégrer la gestion du risque régional dans les nouvelles agences régionales de santé sur un mode de gouvernance rassemblant essentiellement des représentants de l’Etat, le conseil d’administration étant présidé par le préfet de région !
Les partenaires sociaux ne peuvent accepter que l’Etat soit mis en mesure d’avoir la main mise sur l’ensemble du dispositif en les excluant de fait, alors qu’ils sont les représentants des assurés !
Ainsi, sous couvert d’une globalisation des forces en présence au niveau régional, l’Etat évince les partenaires sociaux de la gestion pour ensuite se désengager et confier celle-ci aux assureurs privés qui n’attendent que cela !
Où se trouve l’intérêt des assurés dans ce schéma ? La CFE-CGC craint une dilution de l’expertise au niveau régional et des prises de décisions différentes selon les régions. Elle n’accepte pas que l’Etat se trouve dans une position hégémonique de juge et partie au sein de l’ARS et affirme que l’assurance privée ne garantira jamais un système solidaire, les primes versées variant selon les profils des assurés. C’est assurément une médecine à plusieurs vitesses qui se profile si la réforme est validée par l’Etat.

L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs cherche une commune où stocker les déchets nucléaires…
Jean-Luc Porquet - Le Canard Enchaîné – mercredi 9 juillet
Sur qui cela va tomber ? Quelle commune française aura la chance d’accueillir 170 000 m3 de déchets nucléaires , Le grand jeu de l’été vient de commencer. Pas moins de 3 115 villes viennent d’être désignées par l’Andra comme étant susceptibles de recevoir sur leur territoire ces résidus hautement sensibles : réparties sur vingt départements (du Pas-de-Calais au Bas-Rhin, du Lot aux Ardennes), les communes présélectionnées ont la chance de disposer d’un sous-sol à priori stable, une « formation sédimentaire argileuse ou marneuse d’un épaisseur supérieure ou égale à 50 mètres ».
Et il faudra l’être, stable, pour stocker des déchets radioactifs dits « de faible activité » mais « à vie longue », genre 100 000 ans et plus.
Mais rien n’est sûr… Avez-vous entendu parler de ce scandale qui agite l’Allemagne ces jours-ci ? Plus d’un millier de fûts radioactifs enfouis tout au long des années 70 dans une mine de sel censée être quasiment imperméable se sont mis à faire des leurs : prétendument stable depuis soixante-dix millions d’années, le sol a bougé, de l’eau s’est infiltrée, chaque jour depuis 20 ans, on pompe 12m3 d’eau contaminée qu’on rejette dans d’autres mines pas du tout imperméables, et tout cela dans le plus grand secret. Ce n’est pas en France qu’on verrait ça ! Car, en France, « tout se fait dans la plus grande transparence » affirme l’Andra. Mais la transparence s’arrête dès qu’il y a de la démocratie dans l’air. Donc de la contestation probable. Des riverains susceptibles de râler, de manifester, de virer antinucléaires. Du coup, impossible de connaître les noms des 3 115 communes. Ni celui des quelques maires qui se sont déjà portés volontaires. Admirez la transparence !
Voilà d’ailleurs qui nous rappelle un détail. Comme le dit la très informée Bella Belbeoch, ancienne physicienne au CEA , « la possibilité d’un accident nucléaire grave en France n’est pas une lubie des antinucléaires, les officiels l’admettent depuis longtemps ». Au point qu’un comité spécialisé dit « comité directeur post accidentel » (Codirpa) travaille depuis 2005 à la mise au point des conséquences d’un accident de type Tchernobyl sur le territoire français. Difficile de résumer ici l’argumentation de la physicienne (1) qui aboutit à ceci : en cas d’accident, le grand problème consistera à déterminer quelles zones sont inhabitables ; l’idéal, pour les autorités serait qu’elles soient le plus exiguës possibles ; c’est ce à quoi s’affaire le Codirpa, qui, s’inspirant de Tchernobyl, à fixé un seuil de radioactivité dont Bella Balbeoch affirme qu’il est sous-évalué ! Et qu’il permettrait de reloger des gens dans des zones dangereusement contaminées.
Encore un débat qui ne passionne pas les médias : comme c’est curieux !
(1) disponible sur le site du « comité stop Nogent » : dissident-media.org/stop_nogent

Peut-on croire à une sûreté nucléaire ?
Les dépassements d'honoraires en plein boom
Pierre CHEMINADE – Ouest-France – 10/07/08
Syndicats de médecins libéraux et assurance maladie discutent, aujourd'hui, des tarifs et de la répartition géographique des praticiens.
Consultation à 23 €, liberté d'installation ou création d'un secteur optionnel : les sujets de désaccords sont nombreux. La rencontre d'aujourd'hui vise à renégocier la convention passée entre les médecins et l'assurance maladie, mais cette première journée « risque fort de ne pas déboucher sur une issue positive », selon Michel Chassang, président du principal syndicat de médecins libéraux (CSMF).
Le projet d'un contrat personnalisé entre l'assurance maladie et les médecins suscite notamment la vive opposition de ces derniers. Les dépassements d'honoraires seront également au centre des discussions. Ils sont en constante augmentation, ces dernières années, malgré de nouvelles limitations. Secteur 1, secteur 2, dépassements autorisés ou illégaux... il est souvent difficile d'y voir clair.
Qu'est-ce qu'un dépassement d'honoraire ? Il y a dépassement d'honoraire lorsqu'un médecin conventionné facture sa consultation au-dessus des tarifs prévus, alors que le patient sera remboursé sur la base de ce tarif. L'assurance maladie a signé des conventions avec la quasi-totalité des médecins généralistes et spécialistes. Les médecins conventionnés s'engagent à respecter les tarifs de l'assurance maladie (par exemple 22 € pour une consultation chez un généraliste).
Combien ça coûte ? Selon l'Inspection générale des affaires sociales, les dépassements d'honoraires représentent deux milliards d'euros, sur les 19 milliards d'honoraires totaux annuels, soit une augmentation de 40 % en dix ans. Les deux tiers de cette somme pèsent directement sur les ménages.
Quelle est la différence entre secteurs 1 et 2 ? Ce sont les deux principaux secteurs de la convention. Le secteur 1 est soumis aux tarifs conventionnels. Le secteur 2 est réservé, depuis 1990, à des cas particuliers, mais les médecins qui avaient choisi ce secteur antérieurement ont pu le conserver. Il n'est pas soumis aux tarifs conventionnels.
Tous les dépassements sont-ils illégaux ? Non. En secteur 1, les dépassements sont autorisés dans certains cas : visite à domicile, non-respect du parcours du soin..., mais sont aussi ponctuellement pratiqués de manière abusive et illégale.
En secteur 2, les médecins sont libres de fixer leurs tarifs, mais les montants peuvent décourager l'accès au soin des ménages modestes. Ces dépassements varient en fonction des régions, mais sont d'autant plus importants que les médecins sont installés dans des régions riches.
Comment enrayer la hausse des dépassements ? L'assurance maladie peut sanctionner les fautifs, mais ne le fait que rarement. Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, a demandé que les médecins informent, par écrit, leurs patients, si la facture prévue est supérieure à 80 €. Les tarifs doivent également être indiqués clairement dans les salles d'attente, mais cette disposition reste très peu appliquée. Afin d'améliorer l'information des patients, l'assurance maladie devrait, par ailleurs, afficher, dès cet été, sur son site Internet, le tarif moyen facturé par chaque médecin et dentiste français.
Vers la création d'un nouveau secteur ? La réunion d'aujourd'hui porte notamment sur la création d'un « secteur optionnel » qui limiterait le montant des dépassements autorisés et qui imposerait un pourcentage minimal d'actes facturés aux tarifs conventionnels.
Qu'en pensent les associations de patients ? Pour Thierry Daël, président du Collectif interassociatif sur la santé pour la Région Bretagne, « ces dépassements sont devenus inacceptables et représentent un frein important à l'accès au soin. En Bretagne, ils sont plutôt le fait des spécialistes que des généralistes qui jouent le jeu des tarifs conventionnels ».
Qu'en pensent les syndicats de médecins ? Michel Chassang, le président de la CSMF, principal syndicat des médecins libéraux, estime que « les dépassements ont été créés, car la Sécu n'a pas les moyens de rémunérer correctement certains actes ». Quant aux mesures pour les limiter, il se dit « plutôt favorable à l'affichage des tarifs avant la consultation et à la création d'un nouveau secteur optionnel, même si ces deux mesures méritent d'être reprécisées ».
Sans-abris : L’été meurtrier
l'Editorial de Raymond Etienne - Président de la Fondation Abbé Pierre - juillet 2008
France : 63 millions d’habitants, pays des Droits de l’Homme, 5e puissance mondiale.
Chaque été, on profite de ses plages et on meurt dans ses rues. Combien sont-elles, combien sont-ils
à perdre la vie alors que les medias tournent le dos ? Nul ne peut répondre avec exactitude à cette question car il n’existe aucune statistique nationale. Et le mal se répand dans l’indifférence générale.
Aujourd’hui, l’espérance de vie dans la rue est de 51 ans, soit 30 ans de moins que la moyenne nationale…
Comment se fait-il qu’en France, en plein été, nos gares regorgent de jeunes en errance ? Comment se fait-il qu’un couple à la rue ne puisse pas déjeuner, réuni, dans la même structure d’accueil ? Comment se fait-il que l’on continue à enterrer certaines personnes comme des parias ?
Il ne suffit pas de s’indigner et de tirer la sonnette d’alarme. Il faut innover et proposer d’autres solutions à celles et ceux qui se trouvent au bord du chemin et que la vie ne cesse d’éprouver. Il le faut en agissant dans les quartiers oubliés où des ghettos se forment sous nos yeux ; des ghettos où la jeunesse se sent jugée et exclue d’un monde qu’elle regarde avancer sans elle. Il le faut en agissant sur le terrain alors qu’en été, par exemple, seuls quelques bénévoles restent disponibles et rares sont les colis alimentaires encore distribués… Il le faut en interpellant sans relâche les pouvoirs publics afin que les engagements soient effectivement tenus…
En février dernier, lors de la présentation de notre Rapport annuel sur l’état du mal-logement en France, madame la ministre du Logement nous avait donné rendez-vous en juin pour constater le renforcement des mesures prises à l’encontre des villes qui n’appliquaient pas la loi SRU…
L’été est là et nous attendons. Décidément, l’urgence de notre combat ne souffre aucun répit.
« Il y a deux choses que l’on ne doit pas rater dans sa vie. Aimer et mourir. » Abbé Pierre
Est-ce la fin de la taxe professionnelle ?
20Minutes.fr, éditions du 10/07/2008 –
Le gouvernement entend supprimer la taxe professionnelle versée aux collectivités territoriales, «perçue comme un handicap», a appris jeudi l’AFP à Matignon.
«On veut supprimer ce qui est ressenti comme un handicap pour le territoire national mais sans le faire de manière unilatérale et précipitée», a indiqué l'entourage du Premier ministre François Fillon après une réunion de la Conférence nationale des exécutifs (CNE).
Le bilan de la réforme de la taxe professionnelle de 2005 sera présenté au Parlement au début de l'automne. «Sur cette base, des propositions concrètes et précises seront soumises à la concertation» avant qu'un projet de loi ne soit discuté par les députés, détaille un communiqué de Matignon.
«Dans un monde ouvert et concurrentiel, la France ne peut plus être le seul pays à taxer les entreprises au seul motif qu'elles investissent sur son territoire», ajoute Matignon dans le communiqué.
La taxe professionnelle est payée chaque année par les personnes physiques ou morales qui exercent en France une activité professionnelle non salariée.
La taxe professionelle est établie dans chaque commune où le redevable dispose de locaux ou de terrains et sert à financer le budget des communes, des départements et des régions, ainsi que d'autres organismes, tels que les Chambres de commerce et d'industrie.
Un nouveau cadeau aux entreprises ? Et qui va financer les communes avec des caisses vides ? Une nouvelle et coûteuse commission devrait vraisemblablement voir le jour afin de réfléchir à un autre mode financement des communes …
2e EPR en France : une décision stupide qui disqualifie Nicolas Sarkozy sur les dossiers énergétiques et climatiques
Greenpeace France - 03 juillet 2008

Centrales nucléaires
Greenpeace condamne l'annonce faite par le président de la République qui, en visite au Creusot, a annoncé la construction d'un deuxième réacteur nucléaire EPR sur le territoire français. « Cette décision est aberrante et stupide. Il s'agit d'une faute lourde sur le plan énergétique, économique, industriel et environnemental, déclare Yannick Jadot, responsable des campagnes de Greenpeace France. La France est une "république nucléaire", comme d'autres sont des républiques bananières. La présidence française de l'Europe commence à peine, que le lobby nucléaire est de nouveau aux manettes et le Président français, totalement disqualifié. »
Un réacteur totalement inutile. Le réacteur EPR en construction à Flamanville ne se justifiait déjà pas en termes de besoins énergétiques, la France étant en forte surcapacité nucléaire. Pour justifier ce premier EPR, l'industrie et les autorités n'ont cessé de dire qu'il fallait un prototype à tester d'ici à 2015, avant de décider d'un éventuel remplacement du parc existant à partir de 2020. C'est encore la position défendue par EDF aujourd'hui, qui répète ne pas voir l'utilité de construire de nouvelles tranches nucléaires avant 2020. « Cette décision de construire un 2e EPR tombe du ciel sans la moindre justification énergétique », déclare Frédéric Marillier, en charge de la campagne Énergie à Greenpeace France.
Un réacteur dangereux. L'EPR est le plus puissant des réacteurs au monde (1 600 MW), il concentrera plus de radioactivité que ces prédécesseurs. De plus, l'utilisation d'un combustible spécifique à base de plutonium (le Mox), renforcera la radioactivité et la toxicité des rejets éventuels. Et concernant les déchets, ils seront certes un peu moins nombreux, mais plus radioactifs.
Un réacteur trop cher, qu'on ne sait pas construire. Les deux seuls EPR qu'Areva tente actuellement de construire rencontrent de grosses difficultés. Le chantier finlandais, entamé en 2005, affiche un dépassement budgétaire global de 1,3 à 2,2 milliards d'euros (pour un prix initial de 3,3 milliards) et ne sera terminé qu'avec deux ans de retard au moins (2011 et non 2009). Quant à l'EPR de Flamanville (Manche), il a déjà pris du retard, les travaux ayant été stoppés pendant plus d'un mois sur ordre de l'Autorité de sûreté nucléaire, suite à de nombreuses anomalies et malfaçons.
Il existe une bien meilleure solution : l'efficacité énergétique. Pourquoi investir dans le nucléaire, alors qu'il existe des solutions plus efficaces, plus économiques, plus sûres et plus rapides ? Isoler les logements, limiter les consommations des voitures, favoriser l'achat de produits efficaces, etc. : de telles mesures permettant de maîtriser la consommation répondent à la fois aux enjeux des changements climatiques, de la sécurité énergétique et du pouvoir d'achat des Français. Juste un exemple simple, que le gouvernement refuse de mettre en place – alors qu'il s'agit de l'une des mesures phares du Grenelle de l'environnement : l'interdiction des ampoules à incandescence d'ici à 2010. Une telle mesure permettrait à la France d'économiser une quantité d'électricité équivalente à ce que devrait produire le réacteur EPR.
« Face à l'envolée des prix de l'énergie liée au pétrole et dans un contexte de crise budgétaire, comment accepter que le président de la République fasse un cadeau de plus de 3 milliards d'euros à Areva au lieu d'investir au service des Français, s'interroge Yannick Jadot. On ne sait même pas combien coûte un EPR, vendu pour plus de 3 milliards d'euros mais dont le prix est en train de doubler en Finlande. En revanche, on sait qu'un euro investi dans l'efficacité permet d'économiser sept fois plus d'énergie qu'un euro investi dans le nucléaire n'en produit. »

