Résistance Inventerre

-:¦:- Information Non-Violence, Environnement TERRE -:¦:- "Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent" Lucie Aubrac

vendredi 4 juillet 2008

Dilemne - La pomme dans l'impasse

Sud-Ouest 3 Juillet 2008

PESTICIDES. --À partir d'un « verger témoin » en Lot-et-Garonne, les producteurs de pommes entendent démontrer que la réglementation détruit la production.

Un excès de réglementation est-il en passe de tuer la pomme française ? Oui, si l'on en croit le producteur lot-et-garonnais Jacques Sanz, qui parle carrément de « génocide » ! Le mot a été lâché lors de l'assemblée générale du Comité économique de bassin fruits et légumes du Grand Sud-Ouest (BGSO), dernièrement à Agen (47).

De quoi s'agit-il ? Tout est parti d'un arrêté interministériel du 12 septembre 2006, explique le Charentais Daniel Sauvaitre, nouveau président de la Section nationale pomme. Cet arrêté, relatif à la mise en marché, fixe les conditions d'utilisation des produits phytopharmaceutiques autorisés en culture.
Entre autres exigences, il prévoit qu'ils « ne peuvent être utilisés que si le vent a un degré d'intensité inférieur ou égal à 3 sur l'échelle de Beaufort ». Concrètement, pas au-delà d'une « petite brise ».
Cette injonction « vitesse du vent » agace tout particulièrement les producteurs, au motif que « la maladie, elle, n'attend pas » !

Tavelure. Daniel Sauvaitre est catégorique : « Quand on confronte cet arrêté à la réalité, on s'aperçoit qu'on ne sait pas faire. Mais l'administration nous a dit qu'il n'était pas possible de revenir en arrière. » Dès lors, les producteurs ont décidé de se donner les moyens « grandeur nature » de démontrer ce qu'ils avancent.

Depuis mars, dans un endroit tenu confidentiel du Lot-et-Garonne, ils conduisent une parcelle de 15 hectares de pommiers en respectant scrupuleusement tous les éléments de la réglementation. Cette parcelle est suivie par un comité de pilotage composé de professionnels, et la démarche contrôlée par un expert judiciaire auprès de la cour d'appel d'Agen, spécialisé en arboriculture.

Le Service régional de la protection des végétaux en est informé depuis le début. Le financement (dédommagement du propriétaire de la parcelle) est assuré par les agriculteurs.
Les résultats ne seront dévoilés qu'en septembre, au moment de la récolte. Mais d'ores et déjà, l'état actuel du verger montre, indique Jacques Sanz, documents à l'appui, qu'il n'y aura « pas une pomme commercialisable ».

La tavelure, maladie causée par un champignon et favorisée par des conditions climatiques humides, a fait son oeuvre. La parcelle voisine, traitée, elle, sans les mêmes contraintes, n'en est pas atteinte.

Moratoire. Du coup, les producteurs réclament un moratoire et dénoncent l'attitude de l'État, qui impose des normes de plus en plus exigeantes sans proposer de solutions. « Nous demandons que l'on trouve des molécules adaptées, que l'on renforce la recherche », s'insurge Jacques Sanz.

« Que fait l'Inra ? Il faut investir dans des méthodes alternatives », renchérit François Lafitte, président du BGSO. Plutôt qu'un moratoire, il suggère « un avenant à l'arrêté de 2006 », de manière que les arboriculteurs ne soient plus concernés.

Jacques Méric, directeur régional de l'agriculture et de la forêt (Draf), ne fait pas de commentaire particulier sur l'expérience en cours et cherche avant tout à remettre les choses en perspective : « Vous êtes détenteurs d'une part de la vérité », lance-t-il aux agriculteurs, « mais vous devez aussi admettre que d'autres légitimités s'expriment, celle des consommateurs, celle des ONG environnementales.

pommes

Posté par Kozett à 00:03 - Ecologie et Environnement - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=295434&pid=9798549

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :