mardi 27 mai 2008
Feu vert des députés de la majorité à la venue, controversée, du président devant le Parlement
AFP - 26/05/2008
L'Assemblée a poursuivi lundi l'examen de la réforme des institutions, en donnant son feu vert, après un débat houleux et malgré l'opposition de la gauche et d'une partie de l'UMP, à la venue du président de la République devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles.
Toute la gauche a voté contre, de même que certains députés UMP.
Depuis 1875 -suite aux affrontements entre une Assemblée encore majoritairement monarchiste et le président Adolphe Thiers, républicain- les hémicycles des deux chambres sont interdits d'accès au président de la République qui ne peut que leur envoyer un message lu, sans débat.
Durant la campagne présidentielle, puis depuis son élection, le président Nicolas Sarkozy a "souhaité que le président puisse s'exprimer au moins une fois par an devant le Parlement pour expliquer son action et pour rendre compte de ses résultats". M. Sarkozy y voyait "un engagement fort, la mise en jeu d'une forme de responsabilité intellectuelle et « morale ».
Au nom de la séparation des pouvoirs, la gauche en a cependant fait l'un des ses chevaux de bataille. Mais la disposition passe mal aussi à droite, notamment chez les gaullistes, qui y voient un abaissement du Premier ministre.
Face au tollé, alors que le texte initial prévoyait un droit d'expression devant le Parlement ou devant chacune des deux chambres, la commission des Lois a limité la venue du président au seul Congrès à Versailles, en ne prévoyant aucune périodicité.
Mais droite et gauche sont restées plutôt sceptiques, voire complètement opposées à ce "compromis versaillais".
"La restriction" à une venue du président "est obsolète", a jugé Rachida Dati (UMP). Mais Bernard Debré (UMP) n'en "voit pas l'intérêt" car "le président peut déjà s'adresser à la Nation par la télévision et aucun ne s'en est privé".
"Devant le Congrès, il va faire un discours de politique générale, il n'y aura pas de vote" et "ce n'est pas le discours du trône de la reine d'Angleterre parce qu'elle même lit le discours du Premier ministre".
Hervé de Charette (UMP) a lui aussi estimé que "le président, en venant devant le Parlement, viendra jouer le rôle du chef du gouvernement. Cela change la nature des choses".
Pour André Vallini (PS), cette disposition va "infantiliser, domestiquer le Parlement. Nous ne pouvons pas l'accepter". Noël Mamère (Verts) y voit une "opération politicienne" car "Sarkozy n'a qu'une ambition: venir ici, à l'Assemblée nationale et le reste lui importe peu".
Pour Jean-Claude Sandrier (PCF), "un discours du trône, on n'en pas besoin en République" ou bien il s'agit de "faire pression sur le législatif".
A droite, la porte-parole de l'UMP Chantal Brunel préférait en revanche une venue devant l'Assemblée et le Sénat plutôt que devant le Congrès, qui imposera des "délais importants" alors qu'"il y a des moments où les circonstances appellent une venue du président" comme "l'engagement de troupes" à l'étranger ou un "problème de terrorisme ou une catastrophe naturelle".
Mais pour Pascal Clément (UMP), cela n'est "pas pertinent" et va "exposer le président à des chahuts ou quolibets".
François Bayrou (MoDem) n'y voit "ni une formidable avancée, ni un formidable recul" car si "les pouvoirs sont séparés, cela ne veut pas dire qu'il ne communiquent pas entre eux". Mais "il n'est pas imaginable que le président vienne et s'en aille sans que les assemblées" lui répondent.
Son ancien ami, Jean-Christophe Lagarde (NC), a lui aussi plaidé, en vain,
Les infirmières contestent la création d'un Ordre professionnel
Marianne - Lundi 26 Mai 2008 - Sylvain Lapoix
Fruit du lobby des infirmiers libéraux, ce nouvel ordre professionnel inquiète les syndicats : complexité administrative, mise au pas de la profession... et surtout une cotisation obligatoire que les kinés, au pouvoir d'achat écorné, ont refusé pour leur propre structure.
« On a fait courir la rumeur que la cotisation serait de 40€ par mois ! », raconte Jean-Jacques Scharff, du groupe Sainte-Anne. Cet organisme, regroupant 46 associations d'infirmiers libéraux, voit émerger dans la suspicion l'ordre professionnel pour lequel il a milité plus de trois ans. Adopté en 2006, sur proposition de la député de Haute-Saône Maryvonne Briot, le texte institue pour tous les personnels infirmiers (qu'ils exercent dans le public, le privé ou en libéral) une instance jouant le rôle de gardien de la profession au niveau déontologique et d'interlocuteur du gouvernement sur les questions de santé publique.
Une instance contre laquelle s'érigent la plupart des syndicats de l'assistance publique alors qu'elle a connu ses premières élections internes en avril dernier : «Tout ce dont cet ordre devra s'occuper est déjà pris en charge par d'autres structures ! s'exaspère Marie-Christine, délégué Sud à l'Assistance publique des hôpitaux de Paris (APHP). Le seul intérêt pour l'Etat, c'est d'évacuer les syndicats des négociations, d'arracher la formation continue du public pour l'offrir au privé et de mettre la profession au pas ! »
Le précédent de l'Ordre des kinés
Le détail du texte spécifie cependant bien que l'Ordre infirmier n'a pas vocation à être l'interlocuteur du gouvernement sur les questions de statuts. «Les syndicats et l'Ordre seront complémentaires sur la négociation, comme l'Ordre sera complémentaire de la Hauté autorité de santé sur les questions de déontologie, se défend le porte-parole du Groupe Sainte-Anne. Les syndicats confédéraux se lancent dans un faux débat alors que cette structure va combler un vide : au moment des discussions sur les soins palliatifs, le gouvernement n'avait pas de représentant des infirmiers alors que ce sont ceux qui sont le plus proches des patients concernés. Est-ce que c'est normal ?»
Mais le fond de l'inquiétude se révèle vite dans le discours des infirmières syndiquées : le précédent de la mise en place de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes en 2007 a marqué les esprits. «Du jour au lendemain, le gouvernement nous a mis devant le fait accompli : nous devions payer pour exercer notre métier ! Raconte Pierre, kiné de l'APHP. Tout existait déjà pour remplir les fonctions de l'Ordre et en plus on devait payer 300€ par an pour le faire fonctionner : une intersyndicale s'est montée pour la non-obligation d'affiliation mais on nous a opposé une fin de non-recevoir »
La ponction de trop sur le pouvoir d'achat
Depuis, les kinés sont passés aux choses sérieuses : refus d'accueil des stagiaires et boycott des jurys de diplôme. Face à la manifestation des étudiants, le ministère a préféré réformer le diplôme d'Etat que de céder aux revendications des professionnels qui ne démordent pas de leur «guerre d'usure». La prochaine étape sera une manifestation le mardi 27 mai pour se plaindre, notamment, des poursuites pour exercice illégal intentées par les responsables de l'Ordre contre des kinés réfractaires.
Le rabais à 130€ de la cotisation annuelle n'a pas calmé les esprits : «on nous a dit que c'était exceptionnel et que l'Ordre fixerait lui-même ses cotisations futures», explique Pierre. Or le train de vie de l'organisme laisse présager du pire : siège dans un luxueux immeuble haussmannien du VIIè arrondissement de Paris, congrès au Canada, défraiment de 500€ la journée par intervenant... Avec un salaire net de départ de 1300€, primes comprises, et seulement 0,8% d'augmentation pour 2008 sur la grille du secteur public, les 130€ de cotisation pèsent lourd.
Chez Bachelot, « on s'en serait bien passé ! »
Rangées à la même enseignes pour les salaires, les infirmières ont un peu de mal à croire les promesses de Roselyne Bachelot de garder sous la barre des 30€ par an la cotisation à l'Ordre. Certains assurent que la ristourne vise précisément à éviter la levée de bouclier des professionnels de santé.
La position officielle reste cependant ferme : « la loi a été votée en 2006 et nous ne faisons que l'appliquer, » répète-t-on au cabinet de la ministre. Mais derrière le discours transparait une certaine inquiétude de voir les relations avec les syndicats, plutôt cordiales, se dégrader à cause de cette loi votée sous Xavier Bertrand. « Franchement, on s'en serait bien passé de cet ordre infirmier ! », soupire-t-on dans l'entourage de la ministre.
La mise en place de l'Ordre infirmier se fait malgré tout dans une discrétion médiatique qui est loin de faciliter le travail de mobilisation des syndicats : « le problème des conditions de travail et des rémunérations sont déjà tellement lourd que l'on a du mal à motiver les collègues sur une histoire d'ordre professionnel, explique une délégué CGT de l'APHP. Avec la réquisition, on a beaucoup de mal à organiser des manifs, alors on privilégie la résistance passive, comme aux élections de l'ordre. » Les 13,74% de participation aux élections départementales du 9 au 24 avril n'ont cependant pas fait le bruit espéré. La CGT et Sud espèrent trouver un second souffle pour faire entendre leur voix en s'associant à leurs collègues kinés qu'ils rejoindront le 27 mai. « Si ça continue, autour du bloc, on aura un ordre pour chaque profession : médecin, infirmier, paramédical, anesthésie, etc., s'inquiète Marie-Christine. On ne peut pas laisser l'Etat diviser les personnels hospitaliers. » Nul doute qu'avec le pouvoir d'achat, l'union des métiers de la santé est assurée.
Le prix du fioul de chauffage dépasse 1 euro le litre
AFP / LIBERATION - lundi 26 mai 2008
Les prix des carburants en France ont atteint de nouveaux records. Le fioul a franchi le seuil de 1 euro le litre, tandis que le prix du gazole reste proche de celui de l'essence.
Le prix moyen du litre de gazole, carburant le plus consommé en France et qui suscite la colère des pêcheurs, a atteint la semaine dernière 1,4380 euro, contre 1,4105 euro la semaine précédente. Celui du litre de super sans plomb 95 a franchi le seuil de 1,45 euro à 1,4659 euro, contre 1,4454 euro une semaine plus tôt.
Les prix de l'Ufip correspondent à des moyennes hebdomadaires, mais peuvent varier d'un jour à l'autre ou d'une station-service à l'autre et être donc beaucoup plus élevés.
L'écart entre le prix du gazole et celui de l'essence restait faible, de près de 3 centimes, alors que traditionnellement il dépasse 15 centimes. Si bien que dans plusieurs stations service, le prix du gazole dépassait celui de l'essence ce matin. En Côte d'Or, la station Avia d'Aignay-le-Duc vendait son gazole 1,50 euro le litre, et son essence 1,49 euro.
Ce rapprochement des prix entre le gazole et l'essence est toujours dû à une forte demande en gazole et une faible demande en essence. Quant au fioul, son prix suit celui du gazole, même si la demande en Europe pour ce combustible de chauffage est traditionnellement moins forte au printemps.
Les distributeurs de carburant --représentés par la Fédération française des distributeurs de combustibles, carburants et chauffage--, confrontés aux impayés de leurs clients, comme les transporteurs routiers et les pêcheurs, ont menacé samedi de se mettre en grève à leur tour si le gouvernement n'accédait pas rapidement à leurs revendications.
Le marché du pétrole avait bouclé la séance de vendredi au-delà de 132 dollars le baril à New York, au terme d'une semaine historique où les records se sont enchaînés et où les seuils symboliques des 130 dollars, puis des 135 dollars, sont tombés à toute allure.
Depuis le 19 mai, les cours ont gagné plus de six dollars à New York et plus de sept dollars à Londres.
Le prix du pétrole va continuer à augmenter, surtout si la tendance suivie par l'économie américaine se maintient, a prévenu ce matin le ministre algérien de l'Energie et actuel président de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), Chakib Khelil, sur la radio nationale espagnole.
Pour la septième semaine consécutive, les prix des carburants en France ont atteint la semaine dernière de nouveaux records, le fioul franchissant notamment le seuil de 1 euro le litre, selon des chiffres de l'Union française de l'industrie pétrolière (Ufip) publiés aujourd'hui.
Toulouse: Fatima et Ahmad sans-papiers arrêtés à la Préfecture
GLv. – 26/05/08 – Libétoulouse
SANS-PAPIERS. Comment se débarrasse-t-on des demandeurs d'asile encombrants ?
C’est simple : on les convoque à la préfecture. S’ils répondent à la convocation, on les y arrête puis on les expédie en centre de rétention avant expulsion par le premier avion du lendemain matin.
C’est la glorieuse aventure de Fatima H et de son fils Ahmad interpellés ce lundi dans les bureaux de l’administration, qui passeront la nuit derrière les grillages de Cornebarrieu puis s’envoleront dès 6h pour la Grèce.
Arrivant d’Afghanistan, Fatima et son fils ont eu le malheur de passer par Athènes. C’est donc là que la Préfecture de Haute-Garonne choisit de les renvoyer, jugeant ce pays responsable de l'examen de leur demande d'asile.
Cela s’appelle une procédure de réadmission : à chaque pays européen de traiter son lot de sans-papiers débarqués dans ses frontières, non mais !
Sauf que le Haut Commissariat aux Réfugiés, Amnesty International, le Comité Européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants recommandent justement aux états de l'Union de s'abstenir de transférer les demandeurs d'asile vers la Grèce : les autorités n’y seraient pas très scrupuleuses sur leurs conditions de détention ni n’y respecteraient toutes les «normes et législations en matière de droits humains».
Depuis jeudi 22 mai, la Ligue des Droits de l’Homme demande à la préfecture de la Haute-Garonne d’examiner leur demande de statut de réfugié. La réponse est tombée ce matin.
«Les étudiants du social ont été boycottés, oubliés»
Réalisé par KARL LASKE et CAMILLE STROMBONI – Le Contre-Journal – 26/05/08-
Leur manifestation du 13 mai à Paris est passée inaperçue. La coordination des travailleurs sociaux en formation appelle, demain, à une nouvelle journée de mobilisation, alors qu'elle doit être reçue dans la journée par Valérie Pécresse. La création d’une obligation de gratification des stages de plus de trois mois à hauteur de 398 euros - qualifiée «d’insulte à la jeunesse» par Génération précaire – a remis en cause, pour les étudiants du social, de nombreux stages associatifs, faute de moyens.
«Les étudiants en travail social (éducateurs de jeunes enfants, éducateurs spécialisés, assistants de services sociaux, moniteur éducateur…) sont engagés dans un mouvement social depuis le mois de mars suite au décret du 31 janvier 2008, relatif à la gratification des stages d’une durée supérieure à trois mois. L’Association des directeurs d’institutions sociales du Maine-et-Loire s’est réunie dernièrement, et quarante-cinq institutions se sont positionnées pour ne pas prendre de stagiaires en raison de leur incapacité à financer cette gratification. Nous assistons à un gel de l’accueil des stagiaires, des absences de réponse et des refus venant des lieux de stage. Le problème s’étend sur l’ensemble du territoire.
Nous demandons une gratification des stagiaires de façon immédiate et pérenne pour tous les étudiants. Cette gratification doit être attribuée par un organisme indépendant du lieu de stage. Les stagiaires du secteur public doivent bénéficier de la gratification au même titre que ceux du secteur privé. Malgré des mouvements importants et notamment une manifestation nationale le 13 mai à la Sorbonne, notre mouvement n’est que peu médiatisé. Or ce décret n’est que le début de la mise en péril de nos formations.»
«Mobilisés, les étudiants de toute la France se sont déplacés à Paris, le 13 mai. Oui, mais pour quelle retombée? Ils ont été totalement oubliés ou boycottés. Personne n’aborde la question des formations des métiers du social. Ces formations sont en danger!»
Marie-Charlotte Lallemand (collectif Grand Nord). «Le statut de stagiaire, modifié par ce nouveau décret du 31 janvier 2008, qui n’est absolument pas applicable, en l’état, dans le secteur social. La gratification de 398 euros mensuels qui doit maintenant être versée par les employeurs aux stagiaires à temps plein, pour une durée de plus de trois mois a été une avancée mais cette décision a pénalisé, en pratique, les travailleurs sociaux en formation. La majorité de nos stages se déroulent dans de petites associations, qui n’ont absolument pas le budget nécessaire. Le gouvernement a fait paraître ce décret sans aucune concertation avec les intéressés. Il est d’ailleurs choquant que les structures publiques ne soient pas concernées par cette mesure. Leurs stagiaires ne recevront donc aucune gratification. En même temps qu’il oblige le privé – dont les associations – à verser cette somme, l’Etat se désengage.
Depuis plusieurs mois, le mouvement des travailleurs sociaux a commencé, dans le grand Nord, pour aboutir à une véritable coordination nationale. L’Etat affirme qu’il débloquera les fonds, l’année prochaine, pour les budgétiser l’année suivante. En attendant, les structures doivent avancer les gratifications. Ce n’est pas satisfaisant. De nombreuses associations n’en ont pas les moyens. Pour l’instant, beaucoup de travailleurs en formation restent sur le carreau. Dans ma promotion de 30 personnes, 12 n’ont toujours pas trouvé de stage. Certains centres de formation, commencent à fractionner leur formation, avec des stages de moins de 3 mois. Cela nuit gravement à la cohérence pédagogique, mais c’est surtout illégal. Pourtant, rien ne semble prévu pour l’empêcher.»
OGM : 67% des Français approuvaient le rejet du texte
NOUVELOBS.COM | 26.05.2008 |
Selon un sondage, 67% des Français estiment que le rejet à l'Assemblée du projet de loi, adopté en force depuis en commission mixte paritaire au Sénat, était une bonne chose.
Plus de six Français sur dix (67%) jugent que le rejet du projet de loi sur la culture des organismes génétiquement modifiés (OGM) était une bonne chose, contre 33% qui pensent le contraire, selon un sondage OpinionWay pour Le Figaro et LCI publié vendredi 16 mai.
Réalisé après que le gouvernement ait fait adopter "en force" le projet, en commission mixte paritaire, 34% des sondés estiment que c'est une très bonne chose que le texte ait été rejeté, et 33% une assez bonne chose. Ils sont 26% à considérer que c'est une mauvaise chose et 7% une très mauvaise chose.
Le comportement de la majorité divise l'opinion
Ce rejet est d'ailleurs l'événement qui a le plus marqué les Français la semaine passée (47%), devant le tremblement de terre en Chine (20%), et le cyclone en Birmanie (14%).
Quant à savoir si la majorité parlementaire soutient le gouvernement Sarkozy, les personnes interrogées sont partagées: 33% avancent qu'elle le soutient trop, 33% qu'elle ne le soutient pas assez et 33% qu'elle le soutient comme il faut. Seuls 1% ne se prononcent pas.
PETROLE : "C’est notre modèle de civilisation qu’il va falloir changer"
Par Jean-Marcel Bouguereau – Le Nouvel Observateur – 26/05/08
Le marché pétrolier était devenu "complètement fou". La déclaration ne vient pas de n’importe qui mais du secrétaire général de l’OPEP, Abdallah el-Badri. Car cette fois, le baril est nettement au-dessus des prix corrigés de l’inflation atteint en 1981, lors du second choc pétrolier.
Or pour l’homme de l’OPEP cette responsabilité incombe aux spéculateurs et à la récession économique aux Etats-Unis, alors qu’aux Etats-Unis on imputerait volontiers la crise économique au pétrole. Certes, d’autres facteurs accentuent cette flambée des cours, dans laquelle l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, en refusant d'augmenter son offre, n’est pas innocente.
Mais si l’on va au-delà des responsabilités des uns et des autres, finalement secondaires, il vaut mieux changer de focale et se poser la seule question qui vaille : Comment allons-nous envisager notre avenir énergétique sans ces énergies fossiles ? Car jusqu’à maintenant le pétrole est partout, de la construction d'un pneu (27 litres) à celle d'un ordinateur (612 litres). C’est tout notre modèle de civilisation qu’il va falloir changer, surtout si on y ajoute les problèmes liés à l’environnement et au réchauffement climatique. C'est ni plus ni moins qu'un modèle économique tout entier qu'il va falloir redessiner. Même s’il n'y aura pas une date magique où tout va changer, il va falloir se dépêcher. Car avec le renchérissement des énergies, de nouveaux conflits éclateront avec de nouveaux drames humains.
Sans parler de la pénurie d’eau qui explique bien des conflits actuels. Si l'armée israélienne occupe le Golan, ce n'est pas tant pour surveiller la Syrie que pour garder un plateau aquifère indispensable à son approvisionnement. La réduction de la part du pétrole semble inéluctable. La diversification des sources énergétiques s'oriente aussi vers l'hydraulique, le nucléaire, le solaire, l'éolien ou l'électricité thermique. Les compagnies pétrolières commencent d'ailleurs à prendre en compte cette évolution. Total affiche par exemple sa volonté de se diversifier dans le gaz et les énergies renouvelables.
L'éolien et le solaire pourraient même devenir rentables si le prix du pétrole continuait à augmenter. Reste une question, celle du nucléaire qui semble la seule source d'énergie fiable, capable d’assurer un relais conséquent au pétrole, et ce sans contribuer à l'effet de serre. Une question que devront se poser les écologistes, tragiquement absents alors que leurs thèmes de prédilection n’ont jamais été si présents dans le débat public.
D. Goubelle
Elysée/Matignon - Pourquoi Sarkozy fait tout
Nathalie Schuck - lundi 26 mai 2008 | Le Parisien
Toujours malmené dans les sondages, le président a décidé de reprendre les choses en main et de gérer en direct les grands dossiers. Ce qui ne fait qu'accroître les tensions avec son Premier ministre, contraint de subir la loi de l'Elysée.
NICOLAS SARKOZY a repris en main toutes les commandes. Tout se passe désormais à l'Elysée : les arbitrages sur les grands dossiers, les réunions de l'UMP, les rencontres avec les ministres et les petits déjeuners des dirigeants de la majorité, qui se tenaient trois fois par mois à Matignon. C'est même lui qui ira défendre la politique du gouvernement à la radio, demain matin sur RTL.
Plus « hyperprésident » que jamais, puisqu'il se voit comme le principal réformateur de la société française depuis De Gaulle, il se défend pourtant de marginaliser totalement François Fillon.
La logique des institutions. Pour Sarkozy, il y a une grosse différence entre le président et le Premier ministre : le premier est « élu », le second « nommé ». Il est le chef de la « majorité présidentielle », et Fillon celui de la « majorité parlementaire », chargé de répondre aux députés. Sarkozy remarque aussi qu'il confie des missions à l'étranger à son Premier ministre, ce que faisaient rarement ses prédécesseurs. Quand Fillon lui a demandé s'il pouvait aller aux Etats-Unis, il l'a encouragé. Le président jure donc qu'il ne faut pas voir dans sa reprise en main un camouflet pour l'hôte de Matignon. « On n'a pas de désaccord idéologique », souligne-t-il. D'ailleurs, il ne le « déteste » pas car, si c'était le cas, il le « changerait ». Si les petits-déjeuners de la majorité ont été rapatriés au Palais c'est parce que certains responsables « jouaient » entre l'Elysée et Matignon. Et s'il a constitué une « task force » de sept ministres qu'il voit chaque semaine sans Fillon, c'est pour « pousser » le « remarquable » Xavier Bertrand, Luc Chatel « qui se débrouille comme un chef » ou Xavier Darcos « qui tient très solidement ».
C'est lui qui « paie l'addition ». Sarkozy s'agace de voir qu'à chaque ratage les médias titrent sur son échec. Après la mauvaise communication du gouvernement sur le paquet fiscal, c'est lui , fait-il bien comprendre à son entourage, qui a « payé l'addition ». A contrario, quand il s'engage « on voit la différence ». Le président estime ainsi qu'il est en train de réussir la communication sur le projet de loi de modernisation de l'économie, dont il s'est emparé. Et sur les OGM, « il suffit de faire un petit déjeuner à l'Elysée, c'est réglé ! ». A ceux qui lui conseillent de se protéger davantage, Sarkozy répond : « Comme si je devais prendre la place du mort dans la voiture ! » C'est lui, répète-t-il, qui sera jugé dans quatre ans : « Je suis déjà dans les livres d'histoire et, ce qui compte, c'est ce que je vais faire de mon mandat. »
L'exemple de Merkel et Zapatero. Quand on lui reproche de trop s'occuper des affaires de l'UMP, Sarkozy répond que la France est le seul pays où le numéro un de l'exécutif ne peut pas être le patron du parti majoritaire. Il cite Angela Merkel avec la CDU, ou José Luis Zapatero avec le PS espagnol. Sarkozy continuera donc à faire des meetings avec des militants UMP, comme mardi dernier à Orléans. Mais à huis clos. « Je ne veux pas donner le sentiment que je suis président de l'UMP, je suis président de la France. »
Les vieux, ces grands enfants !
Marianne - Lundi 26 Mai 2008 – la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain.
Qui prendra en charge le « cinquième risque », c'est-à-dire la dépendance des personnes âgées? Les vieux eux-mêmes.
Le cinquième risque c'est la dépendance des personnes âgées, qui devrait bientôt s'ajouter aux quatre risques de base pris en charge par la Sécu : la maladie, l'accident du travail, la retraite et la famille. Petit détour par Simone de Beauvoir.
Simone de Beauvoir avait publié un très beau livre intitulé « La Vieillesse ». Elle étudiait notamment la façon dont les adultes considèrent les personnes âgées. Et elle démontrait de façon assez convaincante, que les sociétés traitaient les personnes âgées comme elles traitaient les enfants. Certaines sociétés brutalisaient les enfants, et dès lors, ceux-ci devenus adultes, brutalisaient leurs parents. Dans les autres, en grande majorité, les adultes faisaient attention à leurs enfants, qui le leur rendaient.
On traite ses vieux comme on traite ses enfants
En France, il n'en a pas toujours été ainsi. Longtemps on a ignoré les enfants, que l'on laissait mourir. L'infanticide a perduré jusqu'au milieu du XVIII°. On ne se préoccupait guère des personnes âgées, il y en avait peu, et, à la campagne, elles tombaient souvent dans la cheminée. On était un « barbon » à quarante ans, et on commandait des armées (Bonaparte, Hoche, Marceau) à vingt. Depuis, l'attention extraordinaire portée aux enfants s'est doublée d'une attention plus grande portée aux personnes âgées.
Mais ces personnes âgées ne sont plus à la maison. Et leur entretien coûte cher... Qui paye ? Il semble que la tendance soit à faire payer les personnes dépendantes elles-mêmes. Le patrimoine des personnes âgées devrait financer en partie leur dépendance, telle est la volonté du gouvernement et du ministre Xavier Bertrand. L'idée serait de réduire l'Allocation personnes âgées de moitié lorsque le patrimoine dépasse 150000 ou 200000 euros. Est-ce à dire que les vieux devraient manger leur patrimoine s'ils veulent survivre ? Cela voudrait dire que les transmissions de patrimoine seraient plus faibles mais que les jeunes payeraient moins... Ce qui serait une manière de rééquilibrer la richesse entre les jeunes et les vieux.
Japon: doublement des cas de suicides dus au surmenage, selon un rapport gouvernemental
Actualités JAPON AP | 24.05.2008
Les cas de suicides et tentatives dus au surmenage ou au stress ont doublé au cours des cinq dernières années, passant de 40 en 2003 à 81 en 2007, selon un rapport du gouvernement japonais publié samedi.
Le rapport du ministère de la Santé recense par ailleurs 268 cas de troubles mentaux directement liés à une surcharge de travail. Une grande partie des cas de suicide dus au surmenage concernent des personnes ayant effectué 80 à 100 heures supplémentaires par mois.
Dans environ 10% des cas, le nombre d'heures supplémentaires atteignait 160, soit une moyenne de cinq heures quotidiennes, week-end compris.
Le chiffre de 81 suicides ne représente que les cas officiellement comptabilisés.
Selon les dernières statistiques disponibles, au total 32.155 personnes ont mis fin à leurs jours au Japon en 2006. Le gouvernement a mis en place plusieurs programmes d'aide, pour les personnes souffrant notamment de dépression. AP
