jeudi 29 mai 2008
Nouveau « couac » entre l'UMP et l'Élysée : l'égalité professionnelle inscrite dans la Constitution
Ouest-France - 28/02/08

Contre l'avis du gouvernement, l'amendement a été adopté, mardi soir, à l'initiative de deux députées de la majorité aidées de l'opposition.
Combat de femmes. Dans la nuit de mardi à mercredi, sans craindre de prendre une nouvelle fois le gouvernement à revers, Marie-Jo Zimmermann (députée UMP de la Moselle) et Claude Greff (députée UMP d'Indre-et-Loire), présidente et vice-présidente de la délégation de l'Assemblée au droit des femmes, ont fait passer un amendement prévoyant l'ajout dans la Constitution de la phrase suivante : « La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités professionnelles et sociales. »
Cet amendement est passé par 126 voix contre 88 et a été soutenu par toute la gauche et même par certains députés UMP comme Pierre Lellouche. Rachida Dati, la garde des Sceaux, souvent malmenée lors des débats, avait pourtant émis un avis défavorable, arguant du fait que le comité de réflexion confié à Simone Veil le 9 avril était en train de réfléchir (entre autres) à cette question.
Les dirigeants de la Société Générale hués par les petits actionnaires
Les actionnaires de la Société Générale ont violemment interpellé et hué les dirigeants de la banque française, accusés d'avoir transformé en "casino" cet établissement avec l'affaire du trader Jérôme Kerviel et la perte de 4,9 milliards d'euros. "S'il n'y avait pas eu ces gros bonus, il ne se serait pas passé ce qui s'est produit", a lancé d'entrée de jeu un petit actionnaire. "On a fait emprisonner l'employé alors que ce sont ses patrons qui auraient dû quitter les lieux", a-t-il ensuite lancé sous les applaudissements, avant d'accuser les dirigeants d'avoir transformé la banque en "casino".

Les Actionnaires du CAC40 trouvent que les patrons sont trop payés !

Calculer plus pour bidonner plus..
Le Canard Enchaîné du mercredi 28 mai 2008 – H.M.
La mesure phare du « paquet fiscal » de Sarkozy – la détaxation des heures supplémentaires – vient de souffler sa première demi-bougie dans une joyeuse cacophonie. « Forte poussée des heures supplémentaires ! » titre à la une « Le Figaro » du 21 mai. Le même jour, « Les Echos », observent une « montée en charge poussive », tandis que « Le Parisien », lui, voit « cinq millions d’heures sup en moins !».
Optimiste pourtant, la ministre de l’Economie Christine Lagarde, se réjouit de « la progression des heures supplémentaires ». Alors que pour Didier Migaud, président (socialiste) de la commission des Finances, il s’agit d’une « stagnation », voire d’un « recul ».
Toutes ces affirmations contradictoires, c’est une consolation, reposent sur les mêmes données : une étude publiée le 20 mai par l’Acoss. Cette « banque » de la Sécurité Sociale, dont le rôle est de récupérer auprès du Trésor Public les réductions de charges accordées pour les heures supp, a fourni des chiffres dans lesquels chacun a pu faire son marché. Baisse d’un mois à l’autre mais augmentation d’un trimestre à l’autre. Tout le monde est content. Sauf que, selon l’Acoss, elle-même, ces chiffres sont sujets à caution. Les résultats ne sont pas tous définitifs et ne tiennent pas compte des variations saisonnières (on fait plus d’heures supp, par exemple, lors des fêtes de fin d’année), ni des jours ouvrables.
Estimation fondante
Mais la mesure a-t-elle permis, comme le promettait Sarko, « de travailler plus pour gagner plus » ? Le gouvernement avait pris comme point de référence pour les futures comparaisons les 900 millions d’heures supplémentaires qui auraient été effectuées en 2006. Un chiffre qui tenait du doigt mouillé, comme viennent de l’avouer les services de Christine Lagarde, qui ont brusquement découvert que les 900 millions d’heures supp n’étaient qu’une simple « estimation », de plus, erronée. Après vérification - sur quelles bases ? -, il faudrait plutôt compter 700 millions. Ce qui tombe à pic pour que les prochaines comparaisons soient plus flatteuses.
Seule vraie certitude, les heures supp à la mode Sarko devaient augmenter le pouvoir d’achat de 4,5 milliards, soit plus de 2 milliards par semestre. En six mois, on vient à peine de dépasser le milliard, soit la moitié de la prévision initiale. Il doit y avoir une erreur quelque part…
Et maintenant voici la participation pour tous... enfin presque tous...
Une palme d'or pour son fils et peut-être des papiers pour elle
Ouest-France – 28/05/08 - Florence LE MÉHAUTÉ

La mère de Boubakar Bah attend une réponse aujourd'hui. : PQR/Le Parisien
La belle histoire d'Entre les murs, le film de Laurent Cantet, va peut-être se prolonger aujourd'hui à la préfecture de police de Paris. Actuellement sans papiers, la maman, de nationalité malienne, de l'un des jeunes comédiens, Boubakar Bah, a rendez-vous en fin de journée pour savoir si l'État accepte de la régulariser.
« Cela n'a rien à voir avec la palme à Cannes. J'ai moi-même monté le dossier de demande de régularisation avec Aïssata au mois de septembre. Depuis trois mois, nous savions que le rendez-vous aurait lieu le 28 mai », souligne Nathalie Boissonnet, représentante du Réseau éducation sans frontières au collège Françoise-Dolto, dans le XXe arrondissement de Paris. C'est dans cet établissement qu'étudient ou ont étudié la majorité des vingt-quatre jeunes acteurs.
À l'époque du tournage, pendant l'été 2007, Boubakar n'avait rien dit sur la délicate situation de sa mère, qui n'est sans doute pas la seule dans ce cas dans ce collège. Mais elle est l'une des rares parents d'élève à avoir osé demander à des associations de l'aider. L'ayant appris, le réalisateur Laurent Cantet, déjà impliqué dans le passé pour la cause des sans-papiers, a proposé de parrainer Boubakar, pour le protéger d'une éventuelle expulsion. En tout cas, la demande de sa mère a de très fortes chances d'aboutir, selon Nathalie Boissonnet : « Boubakar a la nationalité française par son père et la loi stipule que tout parent étranger d'enfant français peut être régularisé s'il prouve qu'il subvient aux besoins de son enfant. »
La bonne étoile d'Entre les murs ne va certainement pas quitter un autre comédien, Agam. Si cet ado congolais n'a pas encore de titre de séjour en règle, sa régularisation ne devrait pas poser de problèmes à sa majorité, cet automne. Il est arrivé en France jeune et aujourd'hui ses parents sont eux aussi régularisés.
Isabelle Balkany décorée en douce

Le Canard Enchaîné du mercredi 28 mai 2008
Sarko aurait-il la légion d’honneur honteuse ?
L’ancien maire de Neuilly devait remettre, le 27 mai, les insignes de chevalier de la légion d’honneur à son amie Isabelle Balkany au cours d’une réception à l’Elysée. Mais la cérémonie est restée privée elle ne figurait même pas dans l’agenda officiel du Président, et ses collaborateurs refusenet d’en divulguer le moindre détail.
Cette pudeur est compréhensible. La breloque a, en effet, été décernée au titre des fonctions que cette dame exerce depuis vingt ans comme vice-présidente chargée des affaires scolaires au conseil général des Hauts-de-Seine, président naguère par un certain Sarkozy. Or, l’information judiciaire ouverte au tribunal de Nanterre sur les marchés publics du conseil général vise les services placés, entre autres, sous l’autorité d’Isabelle Balkany, et plusieurs de ses proches sont mis aujourd’hui en examen !
Entendue comme témoin, en février dernier, par la juge d’instruction Patricia Simon, Isabelle Balkany a expliqué qu’elle n’était qu’une simple élue et qu’elle ne connaissait ni le fonctionnement des marchés publics ni les personnes impliquées dans cette affaire. C’est la légion d’honneur qui rend si amnésique, ou bien l’amnésie qui mérite la légion d’honneur ?
PARLEMENT - Le président de la République interdit au Parlement depuis 1875
NOUVELOBS | 27.05.2008 | 11:21
Le projet de réforme des institutions modifie la Constitution pour, notamment, permettre au président de la République de pouvoir s'exprimer devant le Parlement, ce qui lui est interdit depuis les débuts de la IIIème République (1875).
Voici ce que stipule la Constitution depuis la IIIème République concernant l'intervention du président de la République au Parlement:
En 1873 déjà, la chambre des députés d'alors, majoritairement monarchiste, entendait contrer le président Adolphe Thiers, républicain convaincu, en le privant d'une tribune où cet orateur de talent aurait pu influencer les parlementaires. Le 13 mars 1873, l'orléaniste Albert de Broglie fit donc adopter une loi -ad hominem- qui limitait fortement, en les codifiant de façon très stricte, les prises de parole du chef de l'Etat dans l'hémicycle de l'Assemblée. C'est deux ans plus tard, en 1875, que les lois constitutionnelles ont totalement interdit la venue du chef de l'Etat dans les deux chambres, une interdiction toujours en vigueur aujourd'hui. Actuellement, l'article 18 de la Constitution stipule en effet que "le président de la République communique avec les deux assemblées du Parlement par des messages qu'il fait lire et qui ne donnent lieu à aucun débat". Le texte initial du projet de réforme des institutions, actuellement en débat au Palais-Bourbon, prévoyait de permettre au chef de l'Etat de "prendre la parole devant le Parlement réuni à cet effet en Congrès (à Versailles) ou devant l'une ou l'autre de ses assemblées". Ce "compromis versaillais" est jugé acceptable par la plupart des députés UMP. En revanche, la gauche - mais aussi certains députés de droite- y reste rigoureusement hostile, au nom notamment de la séparation des pouvoirs.
Selon la disposition votée, le Palais-Bourbon et le Palais du Luxembourg demeureront interdits au chef de l'Etat.
Edito - Le fait du prince
Edito du Monde | 28.05.08 | 13h51
On cogne d'abord et on réfléchit après. Si nécessaire, on cogne à nouveau et on compte les morts ensuite. Ainsi pourrait-on résumer la méthode adoptée par Nicolas Sarkozy pour traiter la question de l'avenir de la télévision publique en France. Caricature ? Malheureusement pas !
Le 8 janvier, le président de la République annonce son intention de supprimer la publicité sur les chaînes publiques, sans prévenir la ministre concernée (Christine Albanel), et encore moins le principal intéressé (Patrick de Carolis, patron de France Télévisions). La décision est audacieuse - la gauche en avait rêvé et s'était "dégonflée". Mais elle est tellement improvisée qu'elle déclenche panique et tollé.
Le chef de l'Etat confie donc en février à Jean-François Copé, le turbulent président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, la présidence d'une commission chargée de proposer une stratégie économique et éditoriale pour la "nouvelle télévision publique".
Après deux mois de travail sérieux, cette commission esquisse prudemment, parmi d'autres solutions de financement, une augmentation de la redevance, beaucoup plus faible en France que chez nos voisins européens. Hors de question !, vient de répliquer Nicolas Sarkozy en invoquant la promesse faite pendant la campagne de 2007 de ne pas toucher à la redevance et en coupant l'herbe sous les pieds à la commission Copé.
On reste médusé par cette inconséquence. France Télévisions n'est certes pas une vache sacrée. Elle n'est pas un modèle de bonne organisation, tant ses structures sont empilées et stratifiées. Pas davantage un modèle de bonne gestion, avec ses 11 000 salariés et son dédale de statuts et de "placards". Beaucoup s'accordent sur la nécessité d'une profonde modernisation.
Est-ce une raison suffisante pour déstabiliser en profondeur l'ensemble des chaînes publiques ? Pour ignorer avec une telle désinvolture la qualité indéniable de ses productions, comparées à celles des télévisions privées ? Pour lui demander froidement de faire encore mieux en la privant de centaines de millions d'euros de recettes ? Bref, pour la tuer avant de l'avoir guérie ? La réponse est non. Sauf à admettre le fait du prince.

La crise de Dati
En apprenant que le Président avait constitué un conseil restreint de 7 ministres dévoués, une "task force", qu'il réunit, en principe tous les jeudis, Rachida Dati a piqué une crise : elle est allée jouer les pleureuses à l'Elysée, le 21 mai et a demandé à être intégrée à ce groupe de choc.
Argument principal : son absence de cette nouvelle instance l'affaiblit car cela accrédite l'idée qu'elle a perdu la confiance du grand chef...
Ses pleurs, en tout cas, n'ont pas porté pour le moment, puisque la garde des Sceaux n'a pas été invitée à l'Elysée le 22 mai, avec ses 7 collègues, à participer à la seconde rencontre du genre.
Le Canard Enchaîné du 28 mai

Cacophonie autour de la hausse de la redevance télévisuelle
LE MONDE | 28.05.08 | 12h56
Le financement de l'audiovisuel public devient un véritable casse-tête. Après l'annonce surprise par Nicolas Sarkozy, le 8 janvier, de sa volonté de supprimer la publicité sur les chaînes de France Télévisions et la mise en place, fin février, d'une commission pour trouver des solutions à un nouveau financement, le président de la République a déclaré, mardi 27 mai sur RTL, qu'il "excluait catégoriquement toute augmentation de la redevance audiovisuelle". M. Sarkozy a justifié sa décision en rappelant que c'était une de ses promesses électorales
Or la commission pour la nouvelle télévision publique présidée par Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, a présenté le 21 mai trois scénarios "ni exclusifs ni définitifs" pour assurer le financement de France Télévisions.
Parmi les pistes proposées, celle qui a fait la quasi-unanimité des membres de la commission composée de professionnels de l'audiovisuel et de parlementaires est une augmentation de la redevance (actuellement de 116 euros par an) indexée sur le coût de la vie ou élargie à une assiette plus équitable et proportionnelle aux revenus.
Seul M. Copé, qui trouve cet impôt "injuste", privilégie les deux autres pistes : l'instauration d'une taxe sur le chiffre d'affaires des opérateurs de téléphonie et des opérateurs d'accès à Internet et une taxe d'environ 0,55 % sur l'électronique grand public.
"Il n'y a pas de couac entre l'Elysée et la commission, a déclaré au Monde M. Copé. Nicolas Sarkozy a toujours dit, y compris lors de la campagne électorale, qu'il était opposé à une augmentation de la redevance. La proposition de la commission n'est qu'une piste parmi d'autres et nous continuons à travailler."
La déclaration du chef de l'Etat a semé un grand trouble au sein de la commission. Dès mardi matin, le député Patrick Bloche (PS), membre de l'atelier financement de la commission, estimait qu'après les déclarations de M. Sarkozy, cette dernière "a perdu sa raison même d'exister". "A partir du moment où une hypothèse est récusée par le président de la République, les deux autres sont déséquilibrées", indique M. Bloche en soulignant que M. Sarkozy avait "coupé les jarrets" à M. Copé.
Didier Mathus (PS), également membre de la commission, affirme que M. Sarkozy veut "étouffer le service public" et qu'il "règle ses comptes" avec M. Copé. Une réunion du groupe socialiste devrait décider, mercredi matin, si leurs élus restent ou quittent la commission. "Je suis pour le départ", a déclaré au Monde M. Mathus.
Du côté des professionnels de l'audiovisuel, on reste prudent. "C'est une demi-surprise", dit la productrice Simone Hariri, vice-présidente de l'atelier "modèle économique". "Mais nous allons continuer à nous battre pour cette solution et par ailleurs personne n'est contre de faire payer les nouveaux riches de l'audiovisuel", dit-elle, en faisant allusion aux nouveaux opérateurs des télécommunications qui, en 2007, ont réalisé un chiffre d'affaires de 42 milliards d'euros avec une marge de 20 %. Les producteurs de l'audiovisuel craignent que si les opérateurs de télécommunications et les chaînes privées "financent" le service public via des taxes, ces derniers exigent en contrepartie une remise en cause des obligations à la création.
"Pour l'instant, la meilleure solution est de rester au sein de la commission, car le travail que nous avons fait depuis trois mois est excellent", poursuit Hervé Chabalier, PDG de l'agence Capa, qui rappelle que 80 % du financement du service public provient de la redevance audiovisuelle.
Mercredi matin, lors d'une réunion plénière, plusieurs professionnels devaient demander à M. Copé de remettre au centre des débats la piste de l'augmentation de la redevance. "Si, au minimum, nous n'arrivons à faire passer l'indexation de la redevance sur le coût de la vie, on signe la mort du service public", indique un professionnel qui souhaiterait même un rattrapage sur cinq ans. "Rien n'empêche que cette piste de la redevance soit consignée dans le rapport final, car l'important pour la commission est de proposer des solutions pour trouver des recettes. Après, ce sera aux parlementaires de décider", dit M. Copé.
Mardi, l'inquiétude est montée d'un cran à France Télévisions, où l'on craint toujours un démantèlement de l'entreprise. L'intersyndicale de l'audiovisuel public a d'ores et déjà appelé à un arrêt de travail de 24 heures le 18 juin - soit une semaine avant la remise du rapport final de la commission Copé au président de la République -, pour "sauver le service public audiovisuel" et "défendre le pluralisme de l'information".
Un appel à la grève auquel se joindront les salariés de Radio France, Radio France Internationale (RFI) et ceux de l'Institut national de l'audiovisuel (INA). "En refusant une augmentation de la redevance, Sarkozy assassine le service public pour faire plaisir aux groupes privés TF1, M6 et Bolloré", dit Jean-François Téaldi, porte-parole de l'intersyndicale.
Les syndicats craignent que la loi instaurant la taxation des opérateurs de télécommunications et des chaînes privées ne soit repoussée par la Commission européenne. "Dans ce cas-là, la commission Copé n'aura été qu'un écran de fumée pour démanteler le service public en s'abritant derrière les décisions de Bruxelles et nous nous retrouverons sans aucun financement pérenne et à hauteur des missions de l'audiovisuel public", dit M. Téaldi.

La fête des voisins


