mercredi 28 mai 2008
L’Unef inquiète pour les aides au logement étudiant
Véronique Soulé - Libération - mercredi 28 mai 2008
Après les bourses, les aides au logement étudiant vont-elles être touchées ? Convaincu de la menace, l’Unef lance une campagne de pétition pour réclamer leur maintien et, même, leur revalorisation. La ministre du Logement, Christine Boutin, a récemment confié vouloir revoir le mode de calculs. Ces aides pourraient désormais dépendre du revenu des parents et non plus de celui des étudiants comme jusqu’ici. Le gouvernement reconnaît qu’une réforme est à l’étude mais refuse d’en dire plus. L’Unef craint qu’elle ne passe en catimini cet été. Or elle pourrait exclure 100 000 bénéficiaires.
600 000 étudiants touchent l’APL (aide personnalisée au logement) ou l’ALS (allocation logement social) pour un montant moyen de 150 euros par mois. C’est l’une des rares allocations qui dépend de la situation de l’étudiant lui-même. La réforme «le contraindrait à une dépendance totale vis-à-vis de la famille» , regrette l’Unef alors que la plupart des autres bourses dépendent du revenu familial. Déjà le gouvernement a modifié le calcul des bourses et des milliers d’étudiants ont vu leurs allocations supprimées ou drastiquement réduites.
Bertrand veut baisser les cotisations chômage pour augmenter celles des retraites !
20Minutes.fr, éditions du 27/05/2008 –
Le ministre du Travail Xavier Bertrand souhaite augmenter les cotisations retraites et baisser en même temps les cotisations chômage dès 2009, affirme-t-il dans une interview à paraître mercredi dans «Les Echos».
«Le gouvernement va rapidement discuter avec le nouveau président de l'Unedic et les partenaires sociaux de la nécessité d'augmenter dès 2009 les cotisations retraite en diminuant de manière concomitante les cotisations chômage», déclare-t-il.
Et d’ajouter: «Je suis conscient du fait que l'assurance-chômage a d'autres contraintes, mais nous sommes engagés sur la voie du plein emploi alors que les besoins des retraites augmentent».
Le nouveau président de l'Unedic, Geoffroy Roux de Bézieux avait estimé le 23 mai qu'il ne fallait «surtout pas» transférer les possibles excédents de l'assurance chômage sur les retraites, précisant que l'assurance chômage avait «un déficit cumulé au 1er janvier d'à peu près 9 milliards et demi».
Bruxelles remet les poulets à la Javel sur la table
AFP - LIBERATION mardi 27 mai 2008
Malgré l'opposition des 27 ministres européens de l'Agriculture, la Commission européenne présentera demain un projet d'autorisation des poulets américains chimiquement désinfectés.
Imperméable aux critiques des capitales européennes, mais fidèle à une promesse faite à Washington, Bruxelles va annoncer demain un projet de réintroduction des poulets américains «à la Javel» agrémenté, cependant, de conditions draconiennes. «C’est inacceptable!»: unions de consommateurs, d’agriculteurs et de défenseurs de l’environnement européens sont montés au créneau, à la veille de l’annonce, en envoyant une lettre commune à la Commission européenne. La méthode radicale privilégiée par les Américains vise à tuer ou réduire le nombre de bactéries pouvant apparaître dans la volaille, essentiellement les salmonelles et les campylobacters, en les trempant dans une solution antimicrobienne juste avant leur consommation.
Dans l’Union européenne, les vétérinaires privilégient des contrôles d’hygiène tout au long de la chaîne alimentaire.
La semaine dernière, vingt et un des vingt-sept ministres européens de l’Agriculture se sont prononcés contre le retour des poulets chlorés américains, bannis depuis 1997. Un refus confirmé aujourd’hui lors d’une réunion des ministres en Slovénie.
«C’est à mon avis une décision totalement erronée», a fustigé le ministre allemand de l’agriculture Horst Seehofer. «Comment voulez-vous que j’explique cela à mes paysans?» soumis à une réglementation d’hygiène très stricte, s’est-il interrogé.
Son homologue français Michel Barnier s’est montré tout aussi intransigeant. «La quasi-totalité des ministres ont dit clairement qu’il n’en était pas question, les Américains peuvent avoir le modèle alimentaire qu’ils veulent, on n’est pas obligé de le transférer en Europe et donc nous nous opposerons à cette idée», a-t-il prévenu.
La promesse faite aux Américains
Le projet, apparemment déjà tué dans l’oeuf, a surtout pour finalité d’honorer une promesse faite en novembre dernier à Washington par le commissaire européen à l’Industrie Günter Verheugen.
Le responsable allemand a mené une campagne au bulldozer pour que ce projet de texte soit mis sur la table à temps pour un sommet UE-USA, prévu le 10 juin en Slovénie et auquel doit assister le président George W. Bush.
Face au concert de désapprobation, la nouvelle commissaire à la Santé Androula Vassiliou s’abstiendra demain de toute apparition devant la presse. Elle-même peu enthousiaste à l’idée de déguster des poulets trempés dans une solution chimique, elle a apparemment multiplié les garde-fous dans son projet de règlement.
Le poulet ou les préparations à base de viande devront être clairement identifiés par un étiquetage pour informer les consommateurs européens, selon une copie du texte qui doit être approuvé formellement mercredi.
Autorisation sous conditions
Les Américains devront rincer à l’eau potable les poulets, une fois qu’il auront été désinfectés, et l’efficacité de ce rinçage devra être vérifiée en permanence.
Si le projet autorise à nouveau dans l’UE quatre substances chimiques utilisées aux Etats-Unis pour désinfecter la surface des poulets (dioxyde de chlore, chlorure de sodium acidifié, phosphate trisodique, acides peroxydés), leur utilisation est assujettie à de fortes contraintes.
Le texte stipule leur concentration maximale ou leur temps de contact avec les carcasses, tandis qu’une seule substance chimique pourra être appliquée (pour limiter les risques éventuels des mélanges).
Leur entrée dans l’UE serait décidée à titre provisoire pour deux ans, période pendant laquelle de nouveaux avis scientifiques seraient demandés. Il s’agira de voir si elles peuvent entraîner par exemple une tolérance accrue de l’organisme à certaines bactéries ou si elles peuvent présenter des risques environnementaux.
Mauvais procès - Edito du Monde
Edito du Monde | 27.05.08 | 14h46
L'insistance avec laquelle l'Etat désigne les collectivités locales comme responsables, pour une grande part, des déséquilibres financiers de la France a quelque chose de stupéfiant, voire de franchement cynique. Le gouvernement actuel paraît pourtant décidé à seriner à nouveau ce refrain.
Qu'en est-il ? Depuis des années, la décentralisation est un moyen commode pour l'Etat de se défausser sur les collectivités locales de pans entiers de politiques publiques. C'est le cas, notamment, de la gestion du RMI ou des politiques d'aide aux personnes âgées. Bref, la politique sociale repose aujourd'hui pour beaucoup sur les élus locaux, qui s'emploient un peu partout à combler les vides laissés par l'Etat.
Sur le plan financier, le scénario est bien rodé. L'Etat transfère le plus souvent des ressources équivalant à ce qu'il dépensait lui-même, et qui était notoirement insuffisant. A charge pour les élus d'assurer un meilleur service, qui ne peut se payer que par des impôts ou de l'endettement. Autrement dit, l'Etat transfère de la pression fiscale, en espérant que l'impopularité de l'impôt retombe sur les élus locaux.
C'est de bonne guerre, dira-t-on. La quasi-totalité des régions depuis 2004 et, désormais, la majorité des départements et des villes, moyennes ou grandes, sont dirigées par la gauche. La droite critique donc la gauche là où elle est aux affaires. Mais il s'agit, à l'évidence, d'un mauvais procès, tant l'Etat utilise les élus locaux pour se délester de ses propres responsabilités. Le récent rapport parlementaire sur l'incapacité persistante des ministères à mener une politique immobilière économe devrait inciter le gouvernement et sa majorité à plus de discrétion.
Certes, les élus locaux ne sont pas à l'abri d'erreurs de gestion, de clientélismes ou de la "maladie de la pierre", qui a frappé nombre d'entre eux au début des années 1980. Ces travers existent. Mais un seul chiffre suffit à prouver l'ampleur du décalage entre le discours culpabilisateur de l'Etat et la réalité : les collectivités locales assurent aujourd'hui plus de 70 % de l'investissement public ! Que l'Etat fasse son travail et assume ses responsabilités. Il pourra alors critiquer, avec plus de pertinence, les dérapages budgétaires des collectivités territoriales.
La France incapable de faire la clarté sur ses comptes publics
LE MONDE | 27.05.08 | 14h46
C'est une conférence des finances publiques sous pression que préside, mercredi 28 mai, François Fillon : dans la continuité du séminaire gouvernemental qu'il a tenu dix jours plus tôt, le premier ministre devait insister sur l'ampleur de l'effort à fournir pour parvenir à rétablir l'équilibre des comptes publics en 2012.
En l'absence d'évaluation précise sur ce que coûtent et ce que rapportent les réformes engagées depuis un an par le président de la République, M. Fillon se heurte au scepticisme généralisé des experts et à celui de la Commission européenne. Cette dernière devait adresser, le même jour, à la France une recommandation politique (Policy Advice) l'incitant à mettre de l'ordre dans ses finances publiques et à ne pas laisser déraper le déficit au-delà du seuil des 3 % de PIB.
A moins de six semaines de la présidence française de l'Union européenne, qui débute le 1er juillet, M. Fillon doit convaincre les représentants de l'Etat, mais aussi ceux des collectivités locales et des régimes sociaux de freiner l'augmentation de leurs dépenses.
Les dotations de l'Etat aux collectivités locales, en particulier la dotation globale de fonctionnement (DGF), devraient, à terme, être soumises à la même norme d'évolution que les dépenses de l'Etat : la stabilisation en volume (hors inflation) puis en valeur (inflation comprise), probablement à partir de 2009. Les régimes sociaux, dont une partie des dépenses, celles de santé, croît structurellement plus vite que la richesse nationale, devraient également être invités à poursuivre leurs efforts de maîtrise.
Il n'est pas sûr, pour autant, que cet appel attendu à la vertu suffise à convaincre Bruxelles de la capacité de la France à tenir, avec deux ans de retard sur son calendrier initial, ses engagements. La Commission, suivie en la matière par la plupart des instituts de conjoncture, a fait pour la France des prévisions de déficit public en 2008 et en 2009 (2,9 % et 3 % du PIB) bien supérieures à ce que lui a annoncé Paris (2,5 % et 2 %).
Et elle a quelques raisons de douter : en 2007, le gouvernement français a dû se résoudre à réviser à la hausse le déficit public, passé de 2,4 % à 2,7 %. Quant à la dette publique, au sens du traité de Maastricht, elle s'élève à 1 209,5 milliards d'euros fin 2007 et son poids dans le PIB s'est accru de 0,3 point, pour s'établir à 63,9 %. Si l'on y ajoute le fait que, depuis près d'un quart de siècle, la France vit avec des budgets en déficit, on comprend le scepticisme du commissaire aux affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia..
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M. Fillon va, certes, faire valoir à Bruxelles que les pouvoirs publics ont pris la mesure de ces difficultés : ils ont décidé de constitutionnaliser le principe de l'équilibre, sur la durée d'un cycle, des finances publiques. Mais la première application de cette règle nouvelle est renvoyée à 2012, donc au prochain quinquennat.
Pour convaincre ses interlocuteurs bruxellois ou parisiens de la réalité de sa conversion à la vertu de l'équilibre budgétaire, le chef du gouvernement devra vraiment donner des gages dans le domaine des dépenses de l'Etat. Or, depuis son élection, le chef de l'Etat fait valoir que réformer commence par coûter et qu'il a besoin d'un peu de lest.
Lundi 26 mai, il a annoncé un nouveau crédit d'impôt destiné à relancer l'intéressement, dont le ministère du budget avouait ignorer le coût. Et mardi 27 mai, il y ajoutait un nouveau dispositif d'aide aux victimes de la hausse du coût du gazole, financé par une partie de la TVA sur les carburants.
Gilles Carrez, le rapporteur UMP de la commission des finances de l'Assemblée nationale, plaide sans relâche auprès de Matignon et de l'Elysée pour obtenir leur accord sur l'intégration des dépenses fiscales dans la norme d'évolution du reste des dépenses de l'Etat (dépenses budgétaires et prélèvements sur recettes). Le ministre des comptes publics, Eric Woerth, souhaite aussi que soit mis fin à l'exubérance de ces dépenses, faussement indolores.
Quel est l'état réel des finances publiques ? A quelques semaines du débat d'orientation budgétaire (DOB), au cours duquel le gouvernement précisera ses principales options en matière de dépenses pour 2009, le flou règne. Les parlementaires ne parviennent pas à chiffrer réellement le coût et le gain des réformes engagées depuis l'élection de M. Sarkozy.
Les 14 à 15 milliards, que la loi sur le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat (TEPA) était censée coûter en régime de croisière, devraient être revus à la baisse pour tenir compte du volume des heures supplémentaires effectuées, plus modeste qu'attendu.
Le coût du bouclier fiscal et celui de l'aide à l'accession à la propriété devraient également être moins importants que prévu. Cela pourrait aider le gouvernement à boucler son projet de loi de finances pour les années 2009 à 2011.
A contrario, Bercy n'a fourni aux commissions des finances des deux Assemblées aucune évaluation de la loi sur le pouvoir d'achat, qui prévoit notamment la monétisation des heures supplémentaires dans la fonction publique. Il n'a pas donné d'indication sur le coût de la réforme des régimes spéciaux de retraite des salariés des entreprises publiques.
Les évaluations successives faites des bénéfices attendus en matière de croissance, d'emploi ou de baisse des prix du projet de loi de modernisation de l'économie (LME) incitent à penser qu'un certain empirisme prévaut dans ce domaine. Ce flou n'est évidemment pas étranger aux doutes manifestés par Bruxelles.
Didier Migaud : La situation des finances publiques s'est dégradée
LE MONDE | 27.05.08
Didier Migaud est président (PS, Isère) de la commission des finances de l'Assemblée nationale
" La situation des finances publiques s'est dégradée. Le déficit public et la dette se sont accrus en 2007.
Réduire les prélèvements obligatoires - les impôts et les cotisations - dans un tel contexte ne me paraît pas responsable.
Or, c'est ce qu'a commencé par faire le gouvernement, alors que le rapport Pébereau préconise de ne pas diminuer le niveau global des prélèvements obligatoires pendant la phase de retour à l'équilibre.
Je suis sceptique sur la capacité du gouvernement à rétablir l'équilibre en 2012. Il faudrait maîtriser l'évolution de la dépense et conserver les recettes. L'exécutif ne le fait pas, puisqu'il abuse de la dépense fiscale et ne tient, en réalité, ni les recettes ni les dépenses. Or, lutter contre la spirale de l'endettement sans remettre en cause les politiques publiques auxquelles tiennent les Français et sans creuser les inégalités, suppose de stabiliser les prélèvements et de faire évoluer les dépenses comme l'inflation. "
Le yaourteur de Nicolas Sarkozy libre aprés avoir purgé six mois de prison
Libélille - J-M.E – 28/05/08
Libre. Après avoir effectué six mois de prison pour avoir osé jeter un yaourt périmé sur la voiture de Nicolas Sarkozy en février 2006 à Toulouse, Olivier Théron est sorti ce matin de la Maison d'Arrêt de Seysses. Le comité de soutien du dangereux "Vélorutionaire" partisan de "l'éradication de tous les véhicules polluants" a fêté sa libération devant le Palais de Justice de Toulouse. Sous la surveillance des fonctionnaires des Renseignements Généraux.
18 h Place du Salin face au Palais de Justice. La petite bruine de cette fin du mois de mai accompagne les tartines et le vin rouge dressé pour le "pot de l'amitié" offert par le comité de soutien d'Olivier Théron. La petite cinquantaine de militants rassemblés fêtent sa libération après six mois de prison assorti d'un rab d'une semaine de mitard. Restés dans leur voiture, les fonctionnaires des RG surveillent la scène.
Entre deux bises "aux copains qui lui ont permis de garder le moral et de ne pas moisir en taule", Olivier raconte sa détention : "Les cellules individuelles de 9 m2 occupés par trois détenus, la cohabitation forcée avec un délinquant sexuel pendant une semaine, les intimidations des gardiens; les pétitions de soutien consfisquées, les types qui font quatre mois pour avoir volé de la nourriture dans un supermarché", en guise de quotidien.
"J'ai cependant réussi à faire sortir deux articles que j'avais écrit" ajoute Olivier, peu marqué par son séjour en prison. A ses cotés, Thierry venu "pour monter qu'il y a du monde pour le soutenir", l'approuve : "Les mots, c'est des armes" ajoute-t-il.
Plus loin, Inka, l'une des membres de l'association "Vélorution" fondé par Olivier n'est pas complètement rassurée par sa libération : "Il doit encore comparaître pour outrages à magistrat en décembre. Ses avocats lui ont demandé de faire profil bas, mais le connaissant ce n'est pas sûr" explique la jeune femme.
Olivier, lui préfère penser à son atelier de réparation gratuite de vélo installé dans les lcoaux de Mix arts Myrys, le collectif d'artistes du Boulevard de Suisse. Au passage, il rappelle les objectifs de la Vélorution : "L'assistance aux monos, bis et multi cyclistes, l'éradication dans toutes les galaxies des véhicules dangereux et des carburants polluants, et la généralisation des transports publics gratuits". Pour y parvenir "les attentats poétiques sont toujours à l'ordre du jour. La prochaine fois, j'essayerais de ne pas me faire attraper"conclut-il.
OGM : les parlementaires de gauche saisissent le Conseil constitutionnel
AFP - LIBERATION.FR : mardi 27 mai 2008
Les parlementaires de l'opposition demandent la censure du projet de loi adopté la semaine dernière. Selon eux, il légalise la contamination des productions agricoles, portant ainsi atteinte au principe de précaution.
Les parlementaires PS et leurs collègues PRG, communistes et Verts ont saisi aujourd'hui le Conseil constitutionnel contre le projet de loi sur les OGM.
"C'est la première fois que le Conseil Constitutionnel statuera sur ce principe de précaution. Sa décision ouvrira la voie à une jurisprudence +environnementale+ aux conséquences majeures pour le respect des ressources naturelles", ajoutent les auteurs de la saisine, qui demandent à être reçus par les Sages pour défendre leur demande de censure.
Le texte sur les OGM a été définitivement adopté par le Parlement jeudi dernier, lors d'un ultime vote du Sénat.
"En légalisant les OGM sans définir leur seuil, en prenant le risque qu'ils contaminent l'ensemble des productions agricoles, le gouvernement a porté atteinte au principe de précaution reconnu dans la Constitution et à la Charte de l'environnement qui lui est adossée.
Son projet de loi doit être censuré à ce titre", déclarent les députés PS dans un communiqué.
Le vin tente d'infiltrer Internet
Marion Guillot - 20 Minutes, éditions du 27/05/2008
Faut-il assouplir la loi Evin, qui réglemente la publicité pour l'alcool, sur Internet ? Le groupe d'études viticoles à l'Assemblée nationale y travaille. « Nous préparons une proposition de loi et serons reçus cette semaine aux ministères de la Santé et de l'Agriculture », déclare Martine Faure, députée PS de la 9e circonscription de la Gironde, membre du groupe.
Aujourd'hui, Internet ne fait pas partie des supports publicitaires autorisés par la loi Evin. « Internet n'existait pas quand cette loi a été votée, rappelle Martine Faure. Mais le Conseil d'Etat l'avait ensuite assimilé au minitel, qui fait partie des supports légaux. » Or, une jurisprudence du 13 février dernier remettrait en cause cette avancée : « Le tribunal de grande instance de Paris a condamné une publicité parue sur Internet », souligne-t-elle. La publicité en question - pour une marque de bière - s'accompagnait du slogan « For a Fresher World », jugé incitatif par le tribunal. Un point de vue que partage l'avocat Dominique Delthil : « La publicité pour l'alcool doit être réglementée de la même manière sur tous les supports, et celle-ci ne respectait manifestement pas la loi Evin. »
Le groupe d'études viticoles s'appuie sur des arguments culturel et économique : « Il ne faut pas amalgamer vin et boissons alcoolisées. C'est un produit de l'agriculture, un aliment et parfois un médicament, plaide Martine Faure. Notre viticulture a besoin de tous les moyens de communication pour favoriser sa commercialisation dans un contexte de concurrence mondiale. »
La mondialisation de la pauvrete
Par Michel Chossudovsky - samedi, 24 mai 2008
La famine mondiale
En cette époque d'après-guerre froide, l'humanité est confrontée à une crise économique et sociale d'une ampleur sans précédent et qui entraîne un appauvrissement rapide de larges secteurs de la population mondiale. Les économies nationales s'effondrent, le chômage est endémique. Des famines se déclarent en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud et dans certaines parties de l'Amérique latine. Cette "mondialisation de la pauvreté," qui a annulé bon nombre des progrès de la décolonisation d'après-guerre, a commencé dans le tiers-monde avec la crise de la dette du début des années 1980 et l'imposition des réformes économiques meurtrières du Fonds monétaires international (FMI).
Ce Nouvel Ordre Mondial se nourrit de la pauvreté humaine et de la destruction de l'environnement. Il engendre la ségrégation sociale, il encourage le racisme et les conflits ethniques et s'attaque aux droits des femmes et il précipite souvent les pays dans des affrontements destructeurs entre les nationalités. Depuis les années 1990, il s'étend, par l'entremise du "libre marché", dans toutes les régions du monde y compris l'Amérique du Nord, l'Europe occidentale, les pays de l'ex-bloc soviétique et les "nouveaux pays industriels" (NPI) de l'Asie du Sud-est et de l'Extrême-Orient.
Cette crise planétaire est encore plus dévastatrice que la Grande Dépression des années 1930. Elle a de lourdes conséquences géopolitiques ; le démembrement économique donne lieu à des guerres régionales, à la fracture des sociétés nationales et, dans certains cas, à l'anéantissement de pays. Elle constitue de loin la plus grave crise économique des temps modernes.
La famine est le résultat d'un processus de restructuration en "marché libre" de l'économie mondiale qui prend ses assises dans la crise de la dette du début des années 1980. Ce n'est pas un phénomène récent, tel qu'il a été suggéré par plusieurs reportages des médias occidentaux, en se concentrant strictement sur l'offre et la demande à court terme des produits agricoles de base. La pauvreté et la sous-alimentation chronique sont des conditions qui préexistaient avant les récentes hausses des prix des produits alimentaires. Ces derniers frappent de plein fouet une population appauvrie, qui a à peine les moyens de survivre. Toute l'économie paysanne est dorénavant enfermée entre les mains des conglomérats de l'agro-industrie.
Il y a deux dimensions interdépendantes dans la crise alimentaire mondiale en cours, qui plonge des millions de personnes à travers le monde dans la famine et la privation chronique, une situation où des populations entières n'ont plus les moyens d'acheter de la nourriture.
Tout d'abord, il y a un processus historique à long terme de politiques de réforme macroéconomiques et de restructuration économique mondiale, qui a contribué à baisser le niveau de vie partout dans le monde, autant dans les pays développés que dans les pays en développement.
Deuxièmement, ces conditions historiques préexistantes de pauvreté de masse ont été exacerbées et aggravées par la récente flambée des prix des céréales, qui a entraîné dans certains cas, le doublement du prix de détail des denrées alimentaires de base. Ces hausses de prix sont en grande partie le résultat de la spéculation boursière sur les denrées alimentaires de base.
Les médias ont induit en erreur l'opinion publique sur les causes de ces hausses de prix, en se concentrant presque exclusivement sur la question des coûts de production, le climat et d'autres facteurs qui ont pour effet de réduire l'offre et qui pourraient contribuer à gonfler les prix des aliments de base. Bien que ces facteurs puissent entrer en jeu, ils ne peuvent expliquer à eux seuls l'impressionnante et spectaculaire hausse des prix des produits de base.
L'escalade des prix des produits alimentaires est en grande partie le résultat d'une manipulation du marché. Elle est en grande partie attribuable à la spéculation boursière sur les marchés des matières premières. Les prix des céréales sont artificiellement gonflés par la spéculation à grande échelle sur les opérations des marchés boursiers de New York et de Chicago. Il est intéressant de noter qu'en 2007, le Chicago Board of Trade (CBOT), a fusionné avec le Chicago Mercantile Exchange, formant la plus importante entité au monde traitant dans le commerce des produits de base et comptant un large éventail d'instruments spéculatifs (les options, les options sur contrat à terme, les fonds indiciels, etc.). Des transactions spéculatives sur le blé, le riz ou le maïs, peuvent se produire sans qu'il y ait de transactions réelles de ces produits.
Les institutions, qui actuellement spéculent sur le marché des céréales, ne sont pas nécessairement impliquées dans la vente ou la livraison des grains. Les transactions peuvent se faire par fonds indiciels qui permettent de parier sur la hausse ou la baisse en général de la variation des prix des marchandises.
Ces opérations spéculatives ne devraient pas pouvoir engendrer délibérément la famine. Ce qui cause la famine est l'absence de procédures réglementaires relatives au commerce spéculatif (les options, les options sur contrat à terme, les fonds indiciels). Dans le contexte actuel, un gel des transactions spéculatives sur les produits alimentaires de base, décrété par décision politique, contribuerait immédiatement à faire baisser les prix des produits alimentaires.
Rien n'empêche que ces opérations soient neutralisées et désamorcées par un ensemble soigneusement élaboré de mesures réglementaires.
Visiblement, ce n'est pas ce qui est proposé par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI).
La "politique de prêts" de la Banque mondiale consiste à accorder des prêts à la condition que les pays se conforment à l'agenda politique néolibérale qui, depuis le début des années 1980, a été propice à l'effondrement de l'agriculture alimentaire locale.
Les producteurs agricoles ont été encouragés à abandonner l'agriculture alimentaire et à se convertir dans des cultures de "haute valeur" à des fins d'exportation, souvent au détriment de l'autosuffisance alimentaire. Les produits de grande valeur ainsi que les cultures à des fins d'exportation ont été soutenus par des prêts de la Banque mondiale.
Les famines à l'ère de la mondialisation sont le résultat de ces politiques. La famine n'est pas la conséquence d'un manque de nourriture, c'est en fait tout le contraire : les surplus alimentaires mondiaux sont utilisés pour déstabiliser la production agricole dans les pays en développement.
L'agriculture mondiale a pour la première fois de l'histoire, la capacité de satisfaire les besoins alimentaires de toute la planète, mais la nature même du marché mondial de ce système ne permet pas que ça se réalise. En outre, le processus de "modernisation" de l'agriculture a conduit à la dépossession des paysans et à l'augmentation du niveau de dégradation des terres et de l'environnement. Autrement dit, les forces mêmes qui encouragent la production alimentaire mondiale à se développer favorisent également une diminution du niveau de vie et une baisse de la demande de nourriture.
Les semences génétiquement modifiées
Coïncidant avec la création de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995, un autre important changement historique a eu lieu dans la structure de l'agriculture mondiale.
Agissant au nom d'une poignée de conglomérats de biotechnologie, des semences OGM ont été imposées aux agriculteurs, souvent dans le cadre de «programmes d'aide alimentaire." Les semences OGM ont été plantées, donnant une seule récolte. Mais après, les agriculteurs ont réalisé que les semences OGM ne pourraient pas être replantées sans payer de redevances à Monsanto, Arch Daniel Midland et al. Ensuite, les agriculteurs ont découvert que les graines ne pousseraient que s'ils utilisaient les intrants agricoles soit, les engrais, les insecticides et les herbicides qui sont produits et distribués par les entreprises agroalimentaires de biotechnologie.
Michel Chossudovsky est l'auteur du best-seller international The Globalization of Poverty (titre français : "La mondialisation de la pauvreté», éd. Écosociété) qui a été publié en 11 langues. Il est professeur d'économie à l'Université d'Ottawa, Canada, et directeur du Centre de recherche sur la mondialisation. Source : http://www.mondialisation.ca
Sarkozy : «Le problème d'Internet est considérable !»
http://www.marianne2.fr/Sarkozy-Le-probleme-d-Internet-est-considerable!-_a87667.htmlMarianne - Mardi 27 Mai 2008 - Sylvain Lapoix
Le web, c'est mal : Nadine Morano l'avait déjà soutenu, c'est au tour du Président d'en faire l'une des causes de la crise de la presse.
Le minitel 1 : nostalgie... Crédits : CC : Mikaël Restoux / Wikipedia.fr
« Le problème d'Internet est considérable. » L'opinion du président de la République sur le web a le mérite de la nuance. Lors de son intervention matinale sur RTL, Internet a été cité comme deuxième « cause » de la crise de la presse après la question des points de vente. Parce que, comme l'a expliqué Nicolas Sarkozy, le journal gratuit sur Internet, «c'est pas sain (...) comment voulez-vous que les gens achètent leurs journaux en kiosque s'il est gratuit sur Internet ? » Ben oui parce que, en Angleterre ou en Allemagne par exemple, ils vendent beaucoup plus de quotidiens et ils n'ont pas Internet. Ah si ? Bon, on m'aura mal renseigné...
En plus, sur Internet, y'a que des pédophiles...
Autre découverte étonnante du Président, les sites Internet des journaux, « ça fait plus de lecteurs mais pas davantage de recettes. » Voilà qui présage de belles ambitions pour les médias.
Histoire de ne pas non plus attirer les foudres des rédactions web des grands médias (comme du Nouvel observateur, par exemple), Nicolas Sarkozy a implicitement salué l'expérience du Parisien-Aujourd'hui en France (après avoir fustigé ce journal dans une autre conférence), en suggérant de se poser, à l'occasion des états généraux qu'il compte organiser à l'automne, la question suivante : « est-qu'il faut créer des groupes mutimédia alors qu'aujourd'hui on fait tout pour les éviter ? » Face à une telle clairvoyance, une seule question nous brûle les lèvres : mais de quoi parle-t-il ?
Mais il faut le comprendre : ses idées sur le web datent un peu. Un peu plus tôt dans l'interview, parlant des départs de profs, il fait ainsi un parallèle troublant entre l'informatisation de la société et la réduction du nombre de postes. Merveilleux fantasme de la substitution de l'homme par la machine, une jolie idée digne de l'an 8. 1908.
Internet, temple de la caricature selon Morano
Jusqu'ici, la pourfendeuse d'Internet en Sarkozie était Nadine Morano. On se souvient de la formidable intervention dans l'émission Revu et corrigé de Paul Amar sur France 5 où la ministre de la Famille s'associait pleinement à une toile décrite comme le repère des pédophiles, cybercriminels et autres pseudo-journalistes en quête de sensations. Nos confrères de Rue89 avaient même réussit à arracher à Nadine Morano cette belle description du web : « Ah, Internet, je déteste, c'est le temple des rumeurs et de la caricature. » Un avis parfaitement objectif et motivé, là encore.
En même temps, il faut les comprendre, les sarkozystes : quand on a été élu par plus de 50% de plus de 50 ans au second tour de la présidentielle, c'est difficile de dire du bien de tous ces trucs de jeunes, ma bonne dame !
