vendredi 23 mai 2008
Les Indégivrables et Papier de verre
LeMONDE check-lit 23 Mai 2008
Papier de verre
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Notre président est en Angola. Il aura parcouru 360 000 km en un an, soit d'ici à la Lune. Il l'avait promise, il peut désormais la ramener. Quoiqu'il la ramène un peu moins. |

Triste reconnaissance de l'éducation : Casse-toi, vieille prof ! Sa faute : avoir été trop dynamique...
Christiane Mordelet s'est «défoncée» pendant quarante ans pour offrir à ses élèves plus que des cours : des classes d'éveil dans le monde entier. Sans l'once d'une reconnaissance, l'Education nationale l'a mise à la porte le jour de ses 60 ans
Outrée. Dans son appartement de Lyon envahi de cartons de souvenirs et de classeurs débordant de projets, Christiane Mordelet n'est ni en colère ni scandalisée : elle est outrée.
Que l'Education nationale ait pu lui signifier sa mise à la retraite le jour anniversaire de ses 60 ans, le 23 mars, par une note de trois lignes, sans bonjour ni au revoir.
Ce qui la peine, surtout, c'est qu'on lui ait interdit de terminer l'année avec ses élèves, comme elle l'avait supplié, soutenue par une pétition de parents.
Trois lignes glaciales signées d'un chef de bureau : «Je vous confirme que je ne peux accéder à votre demande. Votre CPA [cessation progressive d'activité, NDLR] s'achèvera au plus tard le 31 mars 2007, fin du mois anniversaire.» Point.
Une sorte d'affront, à l'heure où elle entend le gouvernement encourager le travail des seniors. Triste mais sans rancune, elle achève ses quarante années de professorat de physique aussi idéaliste, et sans doute naïve, qu'au premier jour. Elle croyait que sa hiérarchie lui serait reconnaissante de son travail. Diplômée de physique en 1969, c'est une soixante-huitarde qui a voulu non seulement instruire mais aussi éduquer. C'est-à-dire éveiller la conscience de ses élèves aux défis interculturels et aux enjeux de l'aide au développement.
On a tous entendu la chanson sur «les profs qui ont choisi le métier à cause des vacances», qui «tournent les talons sitôt le cours terminé». On pourrait donc penser que le zèle de cette prof qui a énormément bossé pour emmener plus de mille collégiens en échanges scolaires dans le monde entier a été encouragé. Au contraire : ce sont des montagnes d'obstacles administratifs que la machine à broyer les enthousiasmes a mises en travers de sa route
Un cas, il faut dire, Christiane. Son CV de cinq pages donne le tournis. Elle aligne notamment, outre sa maîtrise, son Capes de physique et son DEA de physique des matériaux, des brevets de météorologie, de secourisme, d'animatrice et d'accompagnatrice de moyenne montagne.
On dit que les profs ne font pas de formation continue ? Elle a suivi de nombreux stages : recherche en énergie solaire chez Elf (aujourd'hui Total), montage vidéo, mécanique automobile (elle a même son CAP). Sur le terrain, elle peut parler de tout aux «gamins», comme elle dit : de géologie, de météo, d'environnement, d'agriculture... mais aussi et surtout des hommes et de leurs cultures. Passionnée par le développement du tiers-monde, elle a suivi cinq stages sur les droits de l'homme à Genève et créé trois associations culturelles. Et appris un peu de tibétain et de mongol pour monter des échanges scolaires entre ces pays et la France.
Le déclic se produit lorsqu'elle invente, en 1981, un procédé d'utilisation de l'énergie solaire et l'applique en créant avec ses élèves, dans le cadre des «projets d'action éducative», un réfrigérateur solaire qu'elle fait breveter.
Ce sera le début de ses ennuis : un prof du secondaire n'est pas censé aller aussi loin. «On m'a piqué mon bébé pour le refiler à la fac. J'en étais malade !»
En vraie pionnière de la cause environnementale, elle emmène cependant trois de ses élèves au Zaïre y livrer un réfrigérateur solaire fabriqué avec eux et installer une alimentation solaire dans un dispensaire. Cela lui vaut, en 1982, le premier prix de l'Aide au Tiers-Monde décerné par le Sénat. En 1984, elle lance un échange scolaire France-Himalaya en livrant dix cuiseurs solaires au Ladakh, et elle décroche le prix de l'Aventure utile de la Guilde du Raid.
Quelques souvenirs de voyages


Au fond, Christiane Mordelet inventait le tourisme éthique avec vingt ans d'avance. Pendant cinq ans, une centaine de collégiens de la région lyonnaise ont passé quatre semaines dans des familles du Ladakh, et autant de Ladakhis sont venus passer deux mois dans des familles françaises.
A partir de 1991, elle étend ces échanges avec des Groenlandais et des Amérindiens, impliquant près de 400 familles.
A partir de 1997, c'est la Mongolie, puis le Chili. Plus d'une centaine de Français sont reçus par des familles mongoles. Et le rapport avec ses cours de physique, dans tout cela ? «Sur le terrain, je ne l'ai jamais oublié. L'aide au développement, c'est de l'énergie, et l'énergie, c'est de la physique. J'ai emmené des collégiens en Italie voir le Stromboli et l'Etna. Je leur faisais mesurer le pH de l'eau, les fumerolles, découvrir l'effet de l'acide sulfurique qui fondait tout ce qu'ils portaient en Nylon. Surtout, j'ai compris qu'ils me respectaient d'autant plus en cours, où j'étais très stricte, que je leur proposais ces activités montrant mon intérêt pour eux.»
Témoignage / Ma prof de physique : http://bankzero.eu/
Une vision que sa hiérarchie, à l'évidence, ne partageait pas. «Le plus féroce a toujours été le rectorat», dit-elle sans rancoeur, juste comme on fait une mesure physique. «Au fichier, la prévient son syndicat, ton nom est souligné en rouge.»
Elle a fait une douzaine de collèges. Dans l'un de ses derniers postes, à Saint-Genis-Laval, le principal l'accueille ainsi : «Dix collègues m'ont appelé pour me prévenir de votre arrivée ! Mais n'ayez crainte, je juge les gens sur leur valeur.»
Sa valeur, Christiane a eu la faiblesse d'y croire. Une procédure permet de décrocher l'agrégation en raison de l'expérience et des services rendus. Des centaines de profs y ont droit chaque année. Elle envoie donc au rectorat une longue lettre détaillant ce qu'elle a réalisé depuis trente ans.
«Agréger, cela veut dire réunir des éléments n'ayant pas forcément de liens pour en faire un tout, plaide-t-elle. Il me semble que les connaissances et la culture que j'ai acquises en trente ans de recherches, de stages et d'échanges scolaires forment bien une agrégation de savoirs.»
Avant de signer, pleine d'espoir, elle ajoute : «L'accès au corps des agrégés serait une forme de reconnaissance de mon travail, et un grand encouragement à continuer à passionner encore des centaines de jeunes jusqu'à ma retraite.»
Et là, elle a reçu la gifle de sa carrière : même pas un accusé de réception. Malgré plusieurs demandes.
«Le message transmis, c'est que je n'existais pas.» Le problème est plutôt, en fait, qu'elle existait trop.
Un jour, un recteur la convoque et lui lance : «J'en ai assez qu'on entende parler plus de vous que de moi dans les médias !» Puis elle a une inspection carabinée, qui dure une journée entière, ce qui n'arrive jamais. «L'Inquisition déboulait. L'inspecteur a fini par m'avouer qu'il avait reçu l'ordre de me saquer. C'est ce que je faisais «à côté» qui dérangeait. En tant que prof, j'ai toujours essayé d'être irréprochable.»
Christiane a nourri l'espoir fou d'être autre chose que la fonctionnaire 10 E 92 11 29 1 FWI. «D'accord, je suis dans le même cas que tous les profs qu'on met à la retraite : place aux jeunes. Ce n'est pas de ça que je me plains. Mais j'avais espéré qu'en fin de carrière, un jour, ma hiérarchie me dirait juste un mot sur mon travail. Cela n'est jamais arrivé. Ce sont mes anciens élèves et leurs parents qui m'ont comblée. Ils étaient plus de 200 le jour de mon départ, venus de toute la France, et certains avaient déjà plus de 30 ans. Ils m'ont dit que ces voyages avaient influencé leur carrière. J'en ai chialé, je n'ai même pas pu prononcer mon discours.»
A l'autre bout du monde, d'autres aussi ont repéré le talent de Christiane. En 1991, elle reçoit un appel d'une certaine Mme Shimazaki, de la NHK : la télévision japonaise veut l'interviewer. Elle ne donne pas suite, cherchant fébrilement quel copain lui joue un tour. La NHK rappelle trois fois. Elle apprend qu'elle a été sélectionnée par cette chaîne pour figurer dans un palmarès mondial de 70 profs entreprenants. Ultime mesquinerie du rectorat : il n'autorisa pas la NHK à venir la filmer dans sa classe. Motif : «Guerre du Golfe, consignes de sécurité.»
Christiane referme son album souvenir. Et maintenant ? On n'imagine pas une seconde que cette boule d'énergie va chausser ses charentaises et faire des sudokus. Effectivement, dès que l'on parle avenir, Christiane a les yeux qui brillent.
Si l'Educ nat a snobé son activisme, ce n'est pas le cas des Indiens et des Mongols. «Je suis prof de français au Ladakh. J'y passe six mois par an. Je m'occupe aussi là-bas d'une école solaire que j'ai fait financer par Areva, qui a donné 40 000 euros.» Elle va monter un échange scolaire entre les enfants de l'Himalaya et ceux de Mongolie. L'intérêt ? «Je veux contribuer à un transfert de technologie. J'ai constaté que les gamins de l'Himalaya se gèlent alors que les Mongols, qui vivent aussi par des 40 °C, vivent dans des yourtes où il fait 20 à 25 °C Donc je vais faire découvrir la yourte aux populations du Ladakh.» Elémentaire.
L'étape d'après ? Avec Mecanos Productions, une boîte spécialisée dans les films sur le développement, elle va sortir en juin un documentaire sur son expérience destiné à TV5 Monde et FR3. Puis, en 2009, elle ramènera 80 collégiens de Mongolie à Paris par le Transsibérien, en filmant le tout si elle trouve des sponsors. Bref, les «gamins» n'ont pas fini de profiter de la «pêche» de Christiane. Les gamins étrangers, en tout cas.
Plus de 8 000 médecins étrangers en France
Ouest-France 23/05/08
Selon le Conseil de l'ordre, 8 431 praticiens de nationalité étrangère exercent en France. Belges, Algériens et Allemands sont les plus nombreux.
« Au 1er janvier 2007, on compte 8 431 médecins de nationalité européenne et extra-européenne inscrits au tableau de l'Ordre. Dont 7 966 en activité (4 % de plus qu'au 1er janvier 2006) et 465 retraités », détaille un rapport de l'Ordre.
Précision importante, cette étude s'appuie uniquement sur le critère de nationalité et non sur l'origine des diplômes. Autrement dit, elle ne tient pas compte des médecins à diplôme étranger, devenus Français par la suite. Or, selon le Quotidien du Médecin, ces derniers « seraient environ 9 000 Sont également exclus de ces statistiques, les praticiens étrangers exerçant à l'hôpital, sans être inscrit à l'Ordre. ».Les 8 431 médecins de nationalités européenne et extra-européenne recensés représentent 3,5 % de l'ensemble des inscrits au tableau de l'Ordre. Entre 2003 et 2006, leur nombre a augmenté de 24 %. Phénomène récent, l'afflux de médecins venus de Roumanie, depuis que leur pays est entré dans l'Union européenne.
La moitié des médecins étrangers (53 %) sont Européens. Ensuite ce sont ceux originaires du Maghreb qui sont les plus nombreux. Ils représentent 30 % de l'ensemble. Par nationalité, les Belges sont les tout premiers du classement (17 %). Suivent les Algériens (15 %), les Allemands (11 %), les Marocains (10 %) et les Italiens (8 %) (voir l'infographie). D'autre part, les femmes représentent 32 % des actifs inscrits au tableau.
Un premier geste du gouvernement en faveur des manifestants
Mr. le président SARKOZY et son gouvernement 
sont heureux de vous offrir cette tirelire
pour y placer vos augmentation de salaire de retraite et autres revenus de 2008 !...
Parisot: «Est-ce si catastrophique, la retraite à 63 ans et demi ?»
AFP - LIBERATION jeudi 22 mai 2008
La présidente du Medef a réitéré ses propos, estimant qu’un report de l’âge légal de départ en retraite à 63,5 ans est le seul moyen de résoudre le problème du financement des retraites.
La présidente du Medef Laurence Parisot a plaidé pour un report de l’âge légal de la retraite à 63,5 ans lors de la première «Fête de l’entreprise» organisée à Tours par l’organisation patronale, alors que se déroulent dans toute la France des manifestations «pour la défense des retraites» à l’appel des syndicats.
«La solution (au problème des retraites ndlr) existe. Cela consiste à dire qu’il faut repousser l’âge légal de départ. Si on décide de partir à 63 ans et demi, on pourra équilibrer le régime général. Est-ce si catastrophique que ça de partir à la retraite à 63 ans et demi?», a déclaré Laurence Parisot. La conférence de presse de la présidente du Medef a été déplacée à l’extérieur de la ville. Le club de la presse dans le centre de Tours, où elle était programmée au départ, a été occupé à la mi-journée par des centaines de manifestants qui se sont ensuite dirigés vers les locaux du Medef-Touraine.
Mardi déjà, lors de sa conférence de presse mensuelle à Paris, la présidente du syndicat patronal s’était prononcée pour un allongement de la durée de cotisation à 41 ans en 2012 et pour un report de l’âge légal de départ en retraite à 63,5 ans, «seul scénario» capable à ses yeux de résoudre le problème du financement des retraites. A Tours, la manifestation «pour la défense des retraites» a réuni 3.000 personnes selon la police, 10.000, selon les syndicats.
Tous les syndicats réclament la remise à plat du dossier, mais peu s’accordent sur les remèdes pour pérenniser notre régime par répartition. Peut-on imaginer d’autres pistes de réformes, alternatives ou complémentaires, à cet allongement de la vie au travail pour tous ? Tentatives de réponse.
IDEE 1 Transférer 1 point de cotisation chômage sur l'assurance vieillesse
IDÉE 2 Moduler l’âge de la retraite en fonction de la pénibilité des métiers
IDÉE 3 Réinventer la retraite progressive
IDÉE 4 Remettre les 45-60 ans au travail
IDÉE 5 Repousser à 61, 62, voire 63 ans l’âge légal du départ à la retraite
IDÉE 6 Faire entrer les jeunes dans le système dès 18 ans
Enseignants et militants des droits de l’homme alertent contre la mise en cause de la mixité à l’école
20 Minutes 22/05/08
Il aura fallu une semaine pour que la polémique monte d'un cran. Une semaine pour que le nouvel arsenal de mesures censées combattre les discriminations (origine, âge, sexe, orientation sexuelle, santé et handicap...), définitivement adopté jeudi 15 mai par le Parlement, soit contesté par la FSU (syndicat d'enseignants) et la Ligue de défense des droits de l'Homme (LDH).
En cause, une disposition votée par le Sénat permettant d'organiser des enseignements «par regroupement d'élèves en fonction de leur sexe». Estimant que «la mixité à l'Ecole» est «mise en cause», le syndicat «exige son retrait». Dans son communiqué, la FSU «considère que cette décision rétrograde (…) remet gravement en cause l'organisation de notre système éducatif» et permettra «d'alimenter les écoles privées, parfois à caractère communautariste, qui auront tôt fait de s'emparer de ce texte pour se développer».
Même tonalité à la LDH qui, mercredi, estimait «prétendre protéger les filles par le retour au passé et par la ségrégation est absurde et inacceptable». «A quand des autobus et des wagons réservés aux femmes ?»
Education physique, enseignement de la sexualité
Ce texte transcrit en droit français des directives de l'Union européenne qui devaient accorder des garanties aux victimes de discriminations. L'UMP avait voté pour ce texte lors de l'ultime vote au Sénat, les socialistes s'étaient abstenus, dénonçant un «empilement de mesures» et une «transposition à la va-vite» qui «ne fait pas obstacle à l'organisation d'enseignements par regroupement des élèves en fonction de leur sexe».
Ce jeudi, le ministère de l'Education a tenté de rassurer: «Le principe organisateur de l'enseignement dans les établissements publics reste celui de la mixité.» «Les exceptions sont limitées aux stricts besoins de certains enseignements intervenant dans des contextes spécifiques», comme certains enseignements d'EPS et de l'enseignement de la sexualité.
Lagarde offre le livret A en pâture aux banques
Marianne - Jeudi 22 Mai 2008 - Sylvain Lapoix
Selon Patrick Blamoutier, président CFDT du Comité d'entreprise de la Caisse des Dépôts et consignations, les banques risquent de vider de sa substance le livret A généralisé, menaçant un financement des HLM auquel l'Etat n'a pas trouvé d'alternative.
Marianne2.fr : Pourquoi la réforme du livret A proposée par Christine Lagarde (qui généralisera ce type d'épargne à toutes les banques) menace-t-elle selon vous ce produit financier ?
Patrick Blamoutier : Aujourd'hui, les banques proposent de nombreux produits bancaires qui offrent des taux de rendement supérieurs au livret A. Auparavant, la clientèle populaire qui ouvrait ce type de compte comme premier produit bancaire gardait souvent l'établissement comme banque principale (La poste ou la Caisse d'épargne). Il s'agit d'une population importante qui va désormais être accessible à toutes les banques. Or, le livret A restera un produit particulier, dont la gestion échappera en partie aux banques et, surtout, sur lequel les employés ne toucheront pas de commissions.
La variété des placements, fonds et produits existant dans les banques leur permet largement de proposer des alternatives au livret A une fois passé un certain seuil. Les 600 milliards actuellement gérés par ce système risquent fort d'être en partie siphonnés par des produits plus performants et compromettre ainsi le financement du logement social qu'il permet.
La réactivité serait-elle si forte à une baisse d'attractivité du livret A comparé à d'autres produits bancaires ?
P. B. :Les effets d'annonce seuls suffisent parfois à créer de gros mouvements d'actifs. En 2000, quand le taux a chuté à moins de 2,5% du fait d'une très faible inflation, on a pu constater des fuites dans un délai d'un mois. Beaucoup de clients se sont reportés sur des produits d'épargne plus rentables sans attendre que le taux se redresse. Mais jamais jusqu'à mettre en péril ce dispositif.
La propriété, seule alternative aux logements sociaux ?
Dans quel délai le parc social pourrait-il être touché ?
Si l'encours (NdR : la somme cumulée de tous les livrets A en circulation) venait à chuter de plus de 25%, la construction de logement social s'en ressentirait deux ou trois ans plus tard, du fait des mécanismes de prêt et de lancement de construction. L'effet serait d'autant plus important que les plans de valorisation du parc HLM se multiplient et qu'une réduction importante des budgets disponibles éveillerait la méfiance des promoteurs immobiliers sur ce type de construction.
Certains analystes notent qu'une partie seulement des fonds collectés grâce au livret A servent réellement à contracter des prêts à la construction : comment expliquez-vous cette sous-utilisation ?
P. B. :On ne peut pas engager l'intégralité de l'encours du livret A car il faut que l'argent reste disponible pour les clients : le livret A étant un produit populaire, ceux qui le contractent ont besoin d'une grande liquidité de leur dépôt. Par ailleurs, pour rémunérer ce placement à 3,50%, comme c'est le cas aujourd'hui, en comptant la gestion et la collecte, il faut assurer 5% de rendement pour être à somme nulle. Or les prêts contractés pour le logement social ont une rémunération bien plus basse et il faut trouver d'autres placements parallèles pour pouvoir assurer les intérêts des clients.
Quelles sont les solutions offertes par l'Etat pour pallier une éventuelle chute de l'encours du livret A ?
P. B. :Pour l'instant, aucune. Du côté du privé, c'est un placement sans aucun intérêt : quel opérateur accepterait, pour financer un produit comme le livret A, de contracter des prêts à 50 ans avec un taux à 4% comme c'est le cas pour le logement social ? A part l'Etat, personne ne peut se le permettre. Si le livret A est mis à mal par la généralisation, aucun système n'est prêt à prendre le relais.
Le principe d'Archi-Sarkozy
Marianne - Jeudi 22 Mai 2008 - Nicolas Domenach
Le président est toujours persuadé que les Français veulent des réformes. Du coup, il s'adonne plus que jamais au bougisme : bougez, bougez, il en restera toujours quelque chose!
« Tout corps social doit être plongé de bas en haut dans le mouvement de l'histoire afin de rendre ledit mouvement irrésistible », tel est le principe premier d'Archi-Sarkozy, que Nicolas Sarkozy en personne a rappelé au Conseil des ministres hier en sonnant la mobilisation générale. Avec plusieurs mises en garde à l'adresse des escouades ministérielles dépêchées sur le front politico médiatique.
Pour commencer, il faut se garder de toute attitude méprisante. « On n'insulte pas un baroude d'honneur ». Consigne a été donnée par l'Elysée de ne pas afficher le moindre mépris à l'encontre de la grève et des manifestations d'aujourd'hui. Or il existe un vrai mécontentement qu'on ne sous-estime pas au sommet de l'Etat. Un grand nombre de salariés « balancent » entre rogne et grogne. Si les sondages montrent qu'une bonne partie de l'opinion est favorable aux 41 années de cotisation, ce sont surtout les personnes âgées qui sont dans cette disposition d'esprit. Les catégories actives sont, elles, très majoritairement hostiles à cette réforme, en particulier dans la fonction publique.
Il faudra occuper, après, les créneaux audiovisuel et radiophonique, a martelé le président. En déroulant une feuille de route : la réforme, encore la réforme, toujours la réforme.
Le credo sarkozyste reste plus que jamais de mise, en dépit des mouvements de grogne : les Français veulent le changement. Ce qu'ils redoutent c'est que le pouvoir hésite, tergiverse, recule et que les contradictions minent la puissance publique comme lors des règnes évanescents des présidents précédents réduits à l'immobilisme par leur manque de volonté et les dissensions internes. Les dissensions, ça angoisse, ça révolte. Alors qu'on ne doute pas ni de son inoxydable volontarisme ni de sa détermination à mettre fin aux bisbilles majoritaires qui parasitent l'action gouvernementale.
Le président est persuadé que la dégringolade sondagière est terminée !
Nicolas Sarkozy a piqué une vraie colère, une colère jupitérienne contre Patrick Devedjian et Jean-François Copé au Conseil des ministres. Le secrétaire général de l'UMP et le président du groupe parlementaire sont pour le chef de l'Etat soit des maladroits congénitaux, soit des malfaisants plus ou moins inconscients qui, pour se faire remarquer, ne cessent de tirer contre leur camp. Qu'ils aient bafoué à plusieurs reprises l'auguste parole présidentielle qui avait tranché le débat sur les 35 heures lui a paru particulièrement insupportable.
Un crime de lèse-majesté et d'imbécillité politique selon Sarkozy qui s'est exaspéré de ce que ces deux-là pour faire les intéressants aient mis en danger l'opération de reconquête de l'opinion en cours. Car Nicolas Sarkozy en est persuadé, la dégringolade sondagière est terminée. La remontée est en route ! Et pour ne pas la stopper, il faut, notamment développer un dialogue étroit avec les syndicats. C'est le boulot du ministre du Travail, Xavier Bertrand, l'homme à la parole d'or même s'il n'a pas d'argent.
Mais Nicolas Sarkozy s'en occupe aussi au plus près. C'est en s'engageant concrètement qu'il rassurera, affirme-t-il. Le terrain ne ment pas. Sarkozy n'en sort pas. « Les Français m'ont élu pour que je m'occupe d'eux et que je fasse bouger les choses, ne cesse-t-il de marteler. Ils me pardonneront tout si je me retrousse les manches, si je ne renonce pas ». Et n'allez pas lui objecter qu'on ne comprend pas où il va. Il s'inquiète du calendrier, de la hiérarchie des réformes, du cap suivi. Nicolas Sarkozy est plus que jamais dans la mythologie du bougisme. Le principe d'Archi-Sarkozy, on y revient. C'est en provoquant partout du mouvement qu'on rend partout le mouvement inéluctable. C'est en multipliant les réformes, fussent-elles minimes, qu'on empêche toute paralysie de la société. Il faut simplement prendre garde à bien cliver, à identifier le mal, l'immobilisme, le conservatisme qui est, selon lui, d'abord à gauche mais aussi à droite.
« C'est en prenant mes distances avec ma famille que j'ai gagné », répète-t-il et c'est en la brusquant que l'on reformera le pays. Pour un peu, il citerait Péguy : « il faut d'abord penser contre soi-même »… et contre les siens. Enfin, avec les taxis, avec les pharmaciens, avec les médecins, on n'est pas allé bien loin, alors qu'avec les enseignants, avec les fonctionnaires, avec les clientèles de la gauche…
Réforme du CNRS: les syndicats appellent à une mobilisation nationale le 27 mai
PARIS (AFP) - 22/05/2008 – TV5 Infos
Les syndicats ont appelé jeudi la communauté scientifique et universitaire à participer "massivement" à une journée de mobilisation nationale mardi prochain, en réponse à l'annonce, jugée prématurée, des grandes lignes de la réforme de l'organisme par la ministre de la Recherche Valérie Pécresse mardi.
Un premier rassemblement du personnel de recherche a réuni jeudi environ 150 personnes devant le siège parisien du CNRS, pour protester contre le "passage en force" que constitue, selon les syndicats, l'annonce des orientations avant que la concertation ait abouti.
"En annonçant la réforme avant toute concertation avec les organismes, la ministre a pris le risque de mettre le personnel de la recherche en colère" a indiqué Guillaume Gorges, ingénieur technicien au CEMAGREF (recherche sur l'agriculture et l'environnement).
Un Conseil d'administration extraordinaire était réuni jeudi matin pour préparer le schéma stratégique qui sera soumis pour adoption au CA du 19 juin. "La ministre par son intervention au journal Le Monde (daté mercredi) montre son mépris pour les membres du CA", ont déclaré les élus du personnel au conseil d'administration, avant le quitter la réunion en signe de protestation.
Pour sa part, le ministère explique qu'"à partir du moment où la réforme va au delà du CNRS, la ministre a voulu faire preuve de transparence pour que tous les chercheurs aient le même niveau d'information".
La réforme prévoit la création de six nouveaux instituts nationaux, mais exclut les sciences de la vie, qui seraient pilotées par l'Inserm, en lien avec l'Inra et le CEA, et l'informatique pilotée conjointement par l'Inria.
"Il n'y a pas de raisons de casser le CNRS en abandonnant des pans entiers de la recherche" a déclaré à l'AFP Gérard Chaouat, directeur de la recherche au CNRS.
"La mobilisation sera unanime et nous ferons ce qu'il faut pour bloquer cette réforme", a-t-il poursuivi.
Les syndicats appellent à un autre rassemblement devant le siège parisien le 19 juin, date du Conseil d'administration qui doit voter le schéma stratégique.
Le 27 mai, une "marche de tous les savoirs" doit se dérouler "dans toutes les villes de France" et une manifestation est organisée à Paris.
Réforme des institutions: dissensions au PS
PARIS (AFP) - 22/05/2008 – TV5 Infos
Les socialistes sont gênés aux entournures par la réforme des institutions: d'un côté ceux qui veulent absolument aboutir à un compromis avec le gouvernement et sa majorité, de l'autre ceux qui font opposition.
Partisans depuis toujours d'une démocratisation et d'une parlementarisation de la Ve République, les députés PS attendront le dernier moment pour décider de leur vote, mardi, en fonction des gestes consentis ou non par le pouvoir pendant les débats.
Pour l'heure, "notre position souffre d'une certaine illisibilité", concède un membre du bureau national du PS. Un raidissement est perceptible au sein du groupe, ce qui a conduit une quinzaine de députés à publier un appel à leurs collègues à rechercher activement "un compromis" avec la majorité.
Le PS "ne saurait se soustraire à ses responsabilités au moment où des progrès importants peuvent être obtenus", affirme le texte, publié dans Le Monde et signé par des députés en vue: Didier Migaud, président de la commission des Finances, Jean-Marie Le Guen, vice-président de l'Assemblée, des proches de Bertrand Delanoë comme Patrick Bloche.
Devant "l'importance de l'enjeu pour notre démocratie, les petits calculs politiques n'ont pas leur place à droite comme à gauche", soulignent les 17 signataires, dont l'initiative montre combien l'unité des socialistes est en péril sur ce sujet.
François Hollande et ses amis contestent que la réforme revalorise le parlement. Ils continuent de s'opposer à la rédaction proposée pour autoriser le chef de l'Etat à s'exprimer devant le Congrès (députés et sénateurs) à Versailles.
Comme la majorité du groupe, ils veulent arracher au gouvernement une réforme électorale du Sénat (où les zones rurales, très majoritairement de droite, sont surreprésentées), et une égalité du temps de parole audiovisuel entre majorité (chef de l'Etat compris) et opposition.
Leurs deux propositions de loi à ce sujet venant d'être rejetées coup sur coup, le député Bruno Le Roux, proche du premier secrétaire, s'est déclaré jeudi "plus que pessimiste".
"Le débat sur ces deux textes a fait éclater au grand jour l'absence de volonté de dialogue de la majorité", a-t-il déclaré à l'AFP, jugeant la réforme +invotable+ en l'état".
Selon lui, M. Sarkozy "est entré dans une stratégie consistant à rechercher la tension avec la gauche sur tous les sujets".
Un vote contre - brandi comme une menace par M. Le Roux - de presque tous les socialistes, communistes et Verts compromettrait l'adoption de la révision constitutionnelle au Congrès (3/5e des suffrages exprimés requis).
Dix-sept députés socialistes s’apprêtent à voter la réforme de la constitution :
Patricia Adam, députée du Finistère; Patrick Bloche, député de Paris; Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris; Christophe Caresche, député de Paris; René Dosière, député de l'Aisne; Paul Giacobbi, député de Haute-Corse; Guillaume Garot, député de la Mayenne; Jean-Patrick Gille, député d'Indre-et-Loire; Gaëtan Gorce, député de la Nièvre; Danièle Hoffman-Rispal, députée de Paris; Jean-Marie Le Guen, député de Paris; Armand Jung, député du Bas-Rhin; Sandrine Mazetier, députée de Paris; Didier Migaud, député de l'Isère; Dominique Raimbourg, député de Loire-Atlantique; Jean-Jacques Urvoas, député du Finistère; Manuel Valls, député de l'Essonne.

