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lundi 19 mai 2008

Une Iranienne venue voir son père malade est refoulée

Ol.B. (à Lyon) Libération : lundi 19 mai 2008

Sharar Nakhaï vit en Iran. Sa sœur, Shiva, vit aux Etats-Unis.

Elles ont un père français, qui vit dans la région grenobloise et qui est malade, dans un état critique depuis peu.

Prévenues, les deux sœurs ont entrepris des démarches en urgence pour le rejoindre.

Sharar a demandé un visa à l’ambassade de France à Téhéran, qui a demandé un certificat médical.

Celui-ci a été faxé et le sésame a été immédiatement délivré. Les deux sœurs ont pris l’avion.

Shiva est arrivée sans problème mercredi. 

Sharar s’est posée vendredi de Téhéran, via Istanbul, mais a été refoulée. «On l’a attendue toute la journée, raconte Shiva. Vers 23 heures, je me suis rendu à l’aéroport. On m’a dit qu’elle avait été refoulée parce qu’il lui manquait un papier. J’ai réussi à la joindre le lendemain. Elle avait été remise dans le premier avion avec des menottes. Les policiers l’ont laissée appeler chez mes parents, cela ne répondait pas, ils n’ont pas voulu qu’elle passe un deuxième appel.»

La direction interrégionale de la police aux frontières conteste le menottage, mais confirme que la jeune femme a été refoulée, parce qu’elle avait un visa mais pas de certificat d’hébergement.

Posté par Kozett à 12:04 - Immigrations - Rétroliens [0] - Permalien [#]

«Les salariés n’ont plus les moyens de se payer la mobilité» Peut-on exiger toujours plus de flexibilité géographique ?

Libération - lundi 19 mai 2008 - Recueilli par SONYA FAURE et LAURENT JEANNEAU (Alternatives économiques)

Eric Le Breton est maître de conférences en sociologie à l’université Rennes-II. Depuis 2002, il anime les programmes «Mobilité pour l’insertion» et «L’accès au travail dans la ville d’aujourd’hui» de l’Institut pour la ville en mouvement (IVM, financé par PSA). Il vient de publier Domicile-travail, les salariés à bout de souffle, aux éditions Les carnets de l’info.

La mobilité géographique, c’est un des versants de la flexibilité : salariés et demandeurs d’emploi ne doivent plus hésiter à changer de travail, de bassin d’emploi voire de pays… On l’a vu récemment avec le concept d’ «offre valable d’emploi», celle que le chômeur risque de ne plus pouvoir refuser, après six mois de chômage, au bout de la deuxième offre consécutive rejetée. Une offre serait jugée «raisonnable» dans un rayon d’une heure de transport ou de 30 kilomètres du domicile.

Débat.

En réalité ils le font déjà ! Dans la grande distribution, la logistique, les services à la personne, l’hôtellerie-restauration, la sécurité…, les contraintes de mobilité géographique sont de plus en plus fortes : longs trajets du domicile au travail, allers-retours nombreux, horaires désynchronisés… Cette mesure va surtout défavoriser les salariés les plus démunis qui habitent loin des centres-villes, dans des zones mal desservies. Jusqu’à la fin des Trente Glorieuses, pour faire simple, les salariés ont profité de la voiture pour aller s’installer là où ils le voulaient, notamment dans le périurbain qui émergeait alors. Mais nous avons aujourd’hui franchi un seuil : les distances sont devenues telles, que nombre de salariés n’ont plus les moyens financiers de se payer la mobilité. Certains ménages dépensent un quart, voire un tiers, de leurs revenus dans les transports… Et ceux qui croyaient être à l’abri ne le sont plus. J’ai rencontré des fonctionnaires de la Poste qui tenaient le même discours que les allocataires du RMI des années avant : ces femmes expliquaient que, pour elles, les vacances, c’était fini. A cause du coût des gardes d’enfants et des transports… Car la mobilité n’est pas qu’une question de transports mais aussi d’organisation de la vie quotidienne. Et cette question n’est prise en compte ni par les syndicats ni par le patronat dans les débats sur la flexisécurité, qui regardent uniquement ce qui se passe au sein de l’entreprise.

Contraindre les chômeurs à accepter des emplois de plus en plus loin, est-ce une bonne idée ?

Dans les années 70, on parlait déjà de métro-boulot- dodo, les gens se sentaient écrasés par les distances pour se rendre au travail. Qu’est-ce qui a changé ?

Jusqu’en 1975, pour se rendre au travail, les salariés parcouraient quelques dizaines de kilomètre, du centre-ville à la première couronne… Ils vont à présent jusqu’à 120 kilomètres du centre de Paris, 50 km autour des villes de province. Surtout, depuis les années 70, les formes de travail ont changé. La «routine» du métro-boulot-dodo - désespérante mais qui avait le mérite du confort - a disparu. Aujourd’hui une caissière commence le lundi à 8 heures, le lendemain à 10 heures… c’est une vie tout à fait inorganisable !

Est-ce que l’exigence de mobilité crée de nouvelles inégalités sociales ?

Oui, pour deux raisons. La première : tout le monde n’a pas les mêmes moyens de mobilité. Nous sommes dans une société où la voiture est une évidence absolue… sauf que, dans la France de 2008, un ménage sur cinq n’en a pas. D’autres ont une voiture mais n’ont pas les moyens de payer l’assurance ou l’essence… Deuxième inégalité : le travail se précarise mais pas de la même manière pour tout le monde. Les cadres continuent de travailler dans des territoires et des horaires qui sont ceux des transports collectifs, contrairement aux salariés en bas de la hiérarchie professionnelle. En moyenne, les actifs sont plus éloignés des emplois auxquels ils peuvent prétendre à mesure qu’on descend dans la hiérarchie professionnelle : en une heure de voiture, un cadre dispose de 65 % de son marché d’emploi, un ouvrier de 51 %.

Les entreprises en sont-elles conscientes ?

Dans un certain nombre de secteurs on observe des problèmes de recrutement majeurs : la logistique, le BTP, la grande distribution… On parle souvent de métiers qui ont une mauvaise image, qui offrent de mauvaises conditions de travail, mais le facteur mobilité est à mon avis déterminant dans ces problèmes de pénurie. L’ANPE a étudié un certain nombre d’annonces d’emplois qui n’avaient pas trouvé preneur. La moitié imposait des déplacements chez les clients ou les fournisseurs. Et les horaires de travail étaient atypiques.

Il existe des pratiques innovantes pour pallier ce manque de mobilité ?

Des entreprises commencent à réfléchir au covoiturage, à la voiture partagée, ou, assez discrètement, mettent en place des systèmes de ramassage des salariés - une vieille solution des années 70.

Et les pouvoirs publics ?

Ils pourraient s’emparer de la question en réfléchissant aux déplacements dans le périurbain. Aujourd’hui, les élus des agglomérations ont surtout les yeux rivés sur les beaux tramways et les beaux métros qu’ils construisent en centre-ville… Or la majorité des emplois est en périphérie. C’est là le territoire des enjeux de la mobilité. Il ne suffit pas de construire des tramways aux bobos.

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Le cours augmente, le prix des forêts flambe

France Soir - Christophe-Emmanuel Lucy, le vendredi 16 mai 2008

La flambée des cours du pétrole bénéficie à la filière bois et participe au surenchérissement du coût des parcelles boisées.

Souvenez-vous, il n’est pas rare que l’un de vos aînés, dans un élan de générosité mal maîtrisé à votre endroit, ne couche sur son testament, devant l’officier ministériel, une parcelle de bois aussi petite soit-elle. Chaque année, la taxe foncière relative à cette détention vous fait râler. C’est désormais du passé. Sous l’impulsion de la croissance des cours du bois, de l’ordre de 55 % entre 2005 et 2007, le prix des forêts françaises a augmenté de 8,5 % sur le dernier exercice.

La flambée des cours du pétrole bénéficie indéniablement à la filière bois. Les ingénieurs en génie thermique confrontés à la baisse des énergies d’origine fossile, concentrent désormais leurs travaux sur l’isolation des maisons mais également l’optimisation du rendement énergétique des chaudières à bois. Hier réservé aux particuliers, le dispositif de chauffage précité s’éloigne de plus en plus des poêles d’antan qui garnissaient les salles d’école de France et de Navarre. Il est aujourd’hui assez au point pour que les collectivités soucieuses de gérer au mieux les deniers du contribuable se lancent dans l’aventure.

Un placement en or massif ?

Sur l’année 2007, le coût moyen d’un hectare de forêt s’est élevé à 5.540 euros. Peut-on à l’image des biocarburants parler d’or vert au sujet de la filière forestière ? Rien n’est moins sûr, en hausse jusqu’en 1981, le marché des forêts a enregistré une baisse continue jusqu’en 1997, conséquence de la hausse des taux d’intérêt et du moindre attrait pour le secteur de l’immobilier. La courbe s’est inversée depuis la décennie écoulée et l’indice du marché a augmenté de 76 %. Pour reprendre une parabole chère aux boursicoteurs, il faut savoir raison garder, les arbres ne montent jamais jusqu’au ciel !

Posté par werdna à 00:10 - Ecologie et Environnement - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Révision constitutionnelle: «Le Président cherche à augmenter ses pouvoirs en restant incontrôlable»

contrejournal..liberation 18 Mai 2008

Les risques d’abus de pouvoirs et de crise institutionnelle sont considérablement accrus par le projet de révision constitutionnelle, explique Marie-Anne Cohendet, professeur de droit constitutionnel à l'université Paris I. Un homme peut décider seul, de faire pratiquement n’importe quoi, pendant cinq ans, dans des domaines cruciaux pour la survie de la nation, sans que personne ne puisse s’y opposer». Alors que l'examen du projet débute, mardi, devant l'assembleé nationale Marie-Anne Cohendet, en décrypte les dangers concernant la défense nationale.

La deuxième partie de son analyse sera mise en ligne, lundi.

« Force est de constater que dans l’actuel processus de révision constitutionnelle, les dés ont été pipés, dès le début, par les exigences du Président de la République.

Lire …………………

Il faut bien rappeler que le Président, dans la Constitution telle qu’elle a été conçue par le Général de Gaulle, est un surveillant et non un directeur en chef.

Lire ……………………..

Presque toutes les modifications qui concernent la défense sont inadmissibles. C’est le retour du vieux mythe du domaine réservé : le Président pourrait diriger seul, ou au moins avoir une prééminence, en matière de défense et de diplomatie

…………………..

L’article 8 du projet vise à modifier l’article 21 de la Constitution

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Cette réforme en matière de défense est tout d’abord profondément incohérente en droit. Ce pouvoir reste en effet soumis à contreseing, il n’y a heureusement pas de révision sur ce point.

……………………………

Plus concrètement, le projet de révision constitutionnelle est très inquiétant, car en matière de défense, les parlementaires se retrouveront dépourvus de tout contrôle

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Trois grands arguments sont régulièrement avancés pour justifier cette augmentation des pouvoirs présidentiels..

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Ainsi, sous couvert d’une simple ratification de la pratique existante, on a un véritable bouleversement de tout l’équilibre des institutions,

…………………………………………..

Une autre disposition, en matière de défense, s'avère être un cadeau empoisonné. Elle concerne les interventions des forces armées à l’étranger

…………………………

Finalement, Nicolas Sarkozy sera peut-être le grand destructeur du présidentialisme. Il cherche sans cesse des limites, qu’il ne trouve pas.

Jamais la concentration des pouvoirs dans les mains du Président n’a atteint un tel degré : les parlementaires, de droite comme de gauche, sont écoeurés. Tout se passe à l’Elysée, même les réunions de l’UMP. Nous n’avions jamais atteint un tel sommet de mépris envers les parlementaires.

Si Nicolas Sarkozy continue d’abuser de ses pouvoirs, plus personne ne le supportera. Il va tellement nous montrer les dangers et les écueils de la prééminence présidentielle que toute la classe politique française risque de se retourner contre lui. Ce sont peut-être ses abus de pouvoir qui vont permettre d’assainir notre régime. Il aura rendu un grand service à la Vème République.

Cependant, il est consternant de voir bien souvent s'imposer à gauche une mentalité de résignation et de soumission à la pratique présidentialiste. Elle trouve largement sa source dans la pratique mitterrandienne. Certains pensent que Mitterrand a eu le grand génie d’exercer le pouvoir de manière monarchique, ils se trompent.

Au contraire, il a fait de nombreux dégâts au plan constitutionnel. Il avait plutôt raison lorsqu’il dénonçait le coup d’Etat permanent. Il montrait alors les risques du domaine reservé et d’un Président qui décide sans être responsable. Mais les grands admirateurs de Mitterrand n’arrivent pas à reconnaître qu’il a commis des erreurs. Or on peut avoir une vraie démocratie française sans monarchie.

La France est comme les autres pays, ce n’est pas parce que notre histoire est pleine de « Napoléons » que l’on doit se soumettre à la dictature d’un homme à la tête de l’Etat, ou même à une monarchie républicaine de plus en plus absolue.

L’histoire a montré où cela pouvait conduire. Dans tous les autres pays de l’U.E., même lorsque le Président est élu par le peuple, c’est le gouvernement qui dirige, parce qu’il est responsable devant le Parlement.

Revenons à cette idée du Président « arbitre », qui était celle de De Gaulle à l’origine.

Une république efficace et démocratique suppose aussi une pratique plus collégiale du pouvoir. La concentration du pouvoir de décision par un seul homme, c’est dangereux. Nous avons une occasion unique depuis 50 ans de faire une révision de la Constitution qui renforce les droits du Parlement, le Président étant mal placé pour augmenter ses pouvoirs par un référendum. Sachons donc faire le tri dans ce projet de réforme. »

Réalisé par KARL LASKE et CAMILLE STROMBONI

Marie-Anne Cohendet.

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Cadeau d'ambassade

France Soir - le lundi 19 mai 2008 - Le billet de Paul Wermus

Tradition un rien désuète et monarchiste que d’offrir à quelques écrivains prestigieux une ambassade, une jolie manière pour la France reconnaissante de récompenser quelques beaux esprits, qu’importe qu’ils aient ou non le sens de la diplomatie.

Ce fut le cas jadis pour Chateaubriand, Saint-John Perse, Paul Morand. Plus récemment, grâce au bon vouloir de François Mitterrand, le journaliste François-Régis Bastide fut ambassadeur à Vienne, aujourd’hui Jean-Christophe Ruffin occupe l’ambassade du Sénégal et son collègue Daniel Rondeau est nommé à Malte.

Et pourquoi pas Gonzague Saint Bris à Rome, Philippe Labro à Washington, Franz-Olivier Giesbert à Téhéran, Frédéric Mitterrand à Tunis ou Stéphane Bern à Monaco ?

Posté par werdna à 00:09 - International - Diplomatie - Rétroliens [0] - Permalien [#]

L’Assemblée s’active sur la loi de modernisation économique

C. Ms. - Libération lundi 19 mai 2008

Bercy tente de mettre du baume sur les états d’âme des élus soucieux du petit commerce. Il s’est dit hier plutôt favorable à un amendement donnant aux maires le pouvoir de préempter des locaux vacants en centre-ville au profit des petits commerçants.

Mais il tient bon pour l’heure sur d’autres points. L’examen du projet de loi LME (loi de modernisation de l’économie) par la commission des affaires économiques agite beaucoup les députés. Exemple, le relèvement de 300 à 1 000 m2 du seuil de déclenchement de la procédure d’autorisation pour implanter une surface. Certains UMP campent sur 300 m2, d’autres, comme le rapporteur Jean-Paul Charié, veulent tout faire sauter…

A gauche, François Brottes (PS) est revenu à la charge pour faire entrer aux forceps le dispositif toujours dans les limbes de l’action de groupe, dit «class action». Bingo : Charié, lui-même, avait annoncé il y a trois semaines qu’il y était aussi favorable. Mais, hier, Bercy, pas vraiment motivé, se contentait de remarquer «qu’il y aura forcément un débat sur un amendement class action».

Posté par werdna à 00:08 - Economie - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Un peu de désordre ne nuit pas au travail

Ouest-France – 19/05/08 - Christelle GUIBERT

cabu

Le dessinateur Cabu, dans son bureau, en septembre 2006. Un bel exemple de joyeux foutoir, propice à la création.

Un professeur américain déculpabilise tous les salariés qui ne peuvent travailler que derrière un bureau encombré. Extraits d'un livre réjouissant...

L'angoisse du désordre. Toutes les photos de PDG du monde se ressemblent. Ils sourient derrière un bureau en bois exotique nickel. « Le désordre a mauvaise réputation. Le PDG courrait le risque d'être considéré comme inefficace », explique Eric Abrahamson, professeur de management à la Business School de l'université de Columbia, à New York. Selon son enquête, le patronat n'est pas le seul à angoisser : « 60 % de gens se sentent culpabilisés par leur désordre à la maison, ou sur leur lieu de travail et 1/8e des couples disent s'être séparés pour incompatibilité d'ordre.» L'étude de ce professeur est devenue un livre, Un peu de désordre = beaucoup de profit(s), best-seller aux États-Unis, achetés par de milliers de salariés qui bossent entourés de gratte-ciel de dossiers branlants.

L'ordre paralyse. Microsoft, Hewlett Packard, IBM... sont autant d'entreprises américaines qui apprécient (et même prônent depuis quelques années) un certain flou dans l'organisation. « Une boîte obsédée par la planification prend le risque de s'enfermer dans une stratégie qui n'opère pas et manquer des opportunités. » Le professeur américain promeut lui, la « flexibilité » : « Les systèmes ordonnés ont tendance à répondre avec trop de rigidité et de lenteur à une demande changeante. »

Le désordre est rentable. Ranger, classifier, planifier, trier prend plus de temps (et le temps, c'est de l'argent) qu'empiler. La pile de dossiers relèverait même d'une stratégie inconsciente tout à fait efficace, selon Eric Abrahamson. Elle permet de garder à portée de main le travail dont on a besoin. « Les tâches les plus urgentes ou les plus importantes grimpent sur les hauteurs des piles, tandis que celles qu'on peut décemment laisser traîner plongent dans les profondeurs. » Plutôt sensé.

Indispensable à la créativité. Un minimum de capharnaüm produit souvent des étincelles. « Un bureau mal rangé permet de mettre en contact des choses qui, dans un monde ordonné, cloisonné, ne se seraient pas rencontrées. » Le désordre tisse des éléments disparates. L'ordre les fait se ressembler.

Vive la distraction. Avoir un cerveau trop ordonné, c'est comme une armoire trop bien rangée. « La plupart d'entre nous connaissent cette sensation de surprise lorsque vient enfin la solution d'une énigme, parce que nous l'avions justement chassée de notre esprit. »

Un peu de désordre = beaucoup de profit(s), d'Eric Abrahamson (avec le journaliste David H Freedman), Flammarion, 338 pages, 21 €.

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Un circuit automobile a-t-il sa place en plein parc naturel régional du Périgord ?

LE MONDE | 16.05.08 | 16h59

Un circuit automobile de 4,6 km de long, sonorisé par 675 haut-parleurs, a-t-il sa place dans le parc naturel régional (PNR) Périgord-Limousin ? Quelques mois à peine après le Grenelle de l'environnement, voilà un cas pratique sur lequel le préfet de Dordogne va devoir trancher avant l'été. Le projet est défendu par un couple de Britanniques passionnés de voitures, propriétaires du domaine de Bagatelle, dans le Périgord vert. Leur "Musée vivant de l'automobile" comprendrait, outre des hôtels, restaurants et infrastructures diverses, la création d'un circuit plus long que celui du Mans, où des véhicules historiques – fabriqués de 1900 à 1965 – feront régulièrement chauffer le bitume. L'enquête publique s'est conclue le 4 avril par un avis favorable.

Ecologistes et riverains organisent une manifestation à Nontron, samedi 17 mai. Ils dénoncent un projet "invraisemblable et scandaleux". Gaspillage d'énergie fossile, déboisement de 40 hectares riches en espèces animales et végétales protégées, bruit, augmentation du trafic aux abords de l'infrastructure : les dommages seront lourds, selon l'association Court-circuit.

Les promoteurs du projet refusent les demandes d'entretien. Ils ont mis en avant les emplois induits par la construction du site et par une fréquentation annuelle de 30 000 à 40 000 personnes, ainsi que leurs efforts pour limiter autant que possible les dégâts sur l'environnement.

AVIS NÉGATIFS - L'opposition entre écologistes et aménageurs est habituelle. Ce qui l'est moins, c'est la somme d'avis négatifs recueillis de la part des services de l'Etat et des autorités locales. Le comité syndical du parc naturel régional, qui regroupe les élus de la zone, s'est ainsi prononcé contre à 85 voix, 12 pour et 6 abstentions.

"Notre charte prône le développement d'un tourisme de nature et l'utilisation de moyens de déplacement non polluants, détaille Gilles Jakubek, responsable de l'environnement au PNR. Un tel équipement pourrait lui faire perdre son appellation."

Tous les services de l'Etat consultés ont donné un avis défavorable, du fait des risques de pollution des eaux souterraines, de l'assèchement d'une zone humide où vivent des espèces protégées, des risques de perturbation du sous-sol.

Enfin, le 6 mai, les membres du conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (composé d'élus, de services de l'Etat, de représentants du monde économique, d'associations, de personnalités qualifiées) ont aussi donné un avis négatif. Les opposants ne sont pas rassurés pour autant. "Les avis rendus ne préjugent pas de la décision finale du préfet, relève Bernard Bahut, le sous-préfet de Nontron. La phase de consultation n'est pas terminée." 

Saint_Laud_parc_naturel

Le village de Saint-Saud-Lacoussière, dans le parc naturel régional Périgord-Limousin.

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quelques mois des JO, le séisme met en sourdine les critiques contre Pékin

Aujourd’hui la Chine - Charles WHELAN (AFP)

"Il est normal que le monde entier compatisse avec la Chine après une tragédie de cette ampleur", estime Joseph Cheng, professeur de sciences politiques à l'Université de Hong Kong. "C'est un peu comme après le 11 Septembre. Au lendemain (de l'événement), comment pouvait-on critiquer les Etats-Unis?", compare-t-il.

Pour Pékin, les JO, qui se dérouleront du 8 au 24 août, devaient rapprocher la Chine du reste du monde, servir de vitrine à la puissance retrouvée du géant asiatique.

Mais la crise tibétaine en mars a tendu l'atmosphère avec les dirigeants des payx occidentaux, parfois entraîné une fracture avec leur population qui n'a cessé depuis de dénoncer les violations des droits de l'Homme dans la région autonome chinoise.

A Olympie, Londres, San Francisco... le parcours de la flamme a été émaillé d'incidents. A Paris, il a même tourné au fiasco. Les appels au boycott des Jeux se sont multipliés, humiliant la Chine et déclenchant une vive réaction nationaliste dans le pays communiste.

Mais depuis le séisme, les critiques se sont tues en occident et les médias chinois préfèrent mettre l'accent sur la générosité des étrangers, dont l'aide en faveur des sinistrés afflue.

Le ton a radicalement changé et les dirigeants chinois entendent en profiter, estiment les analystes.

"Ils comprennent certainement que leur campagne internationale de relations publiques centrée sur les Jeux de Pékin a rencontré de sérieux problèmes et qu'ils ont une bonne occasion de regagner la sympathie du public", estime Joseph Cheng.

Des articles élogieux dans la presse étrangère sur la gestion de la crise par Pékin ont contribué à dégeler l'atmosphère, estime aussi Zhu Feng, expert en relations internationale à l'Ecole des relations internationales de l'Université de Pékin.

Le changement de climat est "très important pour les relations de la Chine avec le monde extérieur", juge-t-il.

Alors qu'elle avait verrouillé le Tibet après les émeutes anti-chinoises de mars, la Chine a laissé dans une large mesure les médias locaux et étrangers couvrir les suites du séisme. Même si le contrôle reste étroit sur la presse nationale et des zones interdites d'accès, l'attitude de Pékin n'est pas passée inaperçue.

Mais la question est de savoir si l'effet sera de longue durée, tiendra jusqu'aux Jeux.

Les groupes d'opposition savent qu'ils est "contre-productif" de critiquer la Chine maintenant, souligne Joseph Cheng. Avant de repartir à la charge, "ils se disent probablement qu'ils devraient attendre un peu, disons jusqu'à juillet ou août".

Posté par werdna à 00:05 - Droits de l'Humain - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Non-lieu probable pour Villepin sur Clearstream !

Marianne – 19/05/08 - Dimanche 18 Mai 2008 - Eric Decouty

Surprise : le réquisitoire de l'affaire Clearstream par le procureur Jean-Claude Marin va probablement demander un non lieu général pour Dominique de Villepin.

Le document est sur le bureau de Jean-Claude Marin, le procureur de la République de Paris, depuis une dizaine de jours et n'attend plus que son paraphe pour être transmis aux juges de l'affaire Clearstream, Henri Pons et Jean-Marie d'Huy. « Il est à la signature », confirme-t-on au parquet qui se refuse « pour l'instant » à tout commentaire.. Ce devrait être fait en tout début de semaine.


L'enjeu est d'importance.

Dans une affaire qui a pris, un temps, des allures de scandale d'Etat, et dans laquelle Nicolas Sarkozy s'est présenté comme la première victime d'un complot impliquant Dominique de Vilepin qui aurait cherché à lui imputer de faux comptes bancaires à l'étranger, ce réquisitoire est décisif.
Autant dire que sa rédaction entamée il y a plusieurs semaines par les services du parquet du pôle financier de Paris, a été suivie avec la plus grande attention par la Chancellerie.
La semaine dernière il était d'ailleurs encore soumis à l'analyse du procureur général, Laurent Lemesle, qui fut au passage le conseiller justice de Jacques Chirac au moment de l'affaire Clearstream… Quoi qu'il en soit, le ministère de la Justice, sollicité par Marianne, a fait savoir jeudi dernier « qu'il n'y avait aucune consigne et que le procureur était absolument maître » du réquisitoire. Aucun rebondissement ne devrait donc avoir lieu d'ici la signature.
Et il devrait faire du bruit. Car selon nos informations confirmées de plusieurs sources judiciaires, le procureur Marin va demander le renvoi en correctionnelle de Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud, pour « dénonciation calomnieuse, faux et usage de faux » mais solliciter le non-lieu total pour Dominique de Villepin.


E
n s'écartant des polémiques politiques le parquet a voulu se cantonner à une analyse strictement juridique et technique d'un dossier dont l'instruction malgré son retentissement n'a guère apporté de preuves quant aux implications de la plupart des protagonistes. Le procureur Jean-Claude Marin adopte d'ailleurs là une attitude tout à fait conforme à la ligne qui avait été la sienne au cours de l'instruction et qui avait parfois tourné à l'affrontement avec les juges d'instruction et profondément agacé Nicolas Sarkozy…

Reste à connaître la suite d'une histoire qui est loin d'être à son épilogue. Quatre enjeux majeurs demeurent.
Sur le terrain judiciaire tout d'abord. En premier lieu, ce réquisitoire ne contraint nullement les juges. Henri Pons et Jean-Marie d'Huy peuvent en effet décider, contre l'avis du parquet, de renvoyer Dominique de Villepin devant le tribunal. A l'audience, il appartiendrait alors à ce même parquet de soutenir une accusation à laquelle il ne croit pas…
Seconde inconnue. Quelle attitude va adopter Jean-Louis Gergorin ? L'ancien vice-président d'EADS qui se décrit comme une sorte d'exécutant dans cette affaire apparaît désormais en première ligne face à la cohorte des parties civiles. Nul ne peut affirmer qu'il acceptera ce rôle sans piper mot.
Sur le terrain politique ensuite.
Chacun sait que Nicolas Sarkoy a très longtemps été obnubilé par l'affaire Clearstream. Il le serait d'ailleurs encore. Devant les députés UMP, il y a deux semaines, il serait ainsi revenu à la surprise de beaucoup d'entre-eux sur ce complot dont il dit avoir été l'objet. Président de la République mais toujours partie civile, comment réagira-t-il à un réquisitoire qui résonne, pour lui, comme une défaite ?
Enfin, comment penser que, dans un contexte où renaissent à droite toutes les ambitions, Dominique de Villepin ne va pas profiter d'un non lieu qui l'innocente pour repartir au combat ?

Posté par werdna à 00:05 - Justice - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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