vendredi 16 mai 2008
4ème nuit des musées
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Nocturnes musées Plus d'un millier de musées en France et en Europe seront tous gratuits samedi pour la 4e Nuit des musées. Son et lumière aux Invalides, méditation sur l'espace à Dijon et Quimper, concert préhistorique à Carnac |
Grèves - Dans sa ville, Xavier Bertrand n'a pas mis en place de service minimum
LIBERATION: jeudi 15 mai 2008
A l'école primaire Paul Bert de Saint-Quentin, où le ministre du Travail Xavier Bertrand est adjoint au maire, les parents d'élèves ont été informés que les enfants ne seraient pas accueillis ce jeudi.
«Je souhaite qu'il y ait un maximum de maires qui applique le service minimum» déclarait Xavier Bertrand, ministre du Travail, hier sur i-Télé. «Il n'y a rien d'idéologique, tout est pragmatique: apporter une solution aux familles», poursuivait le ministre.
Mais voilà: de nombreuses mairies n'ont pas suivi la consigne. Pas même à Saint-Quentin, dans l’Aisne, où Xavier Bertrand est pourtant élu (il est adjoint au maire chargé de l’animation et du développement). Aucun service minimum n’y a été mis en place pour accueillir les élèves dépourvus de professeurs.
A l’école primaire Paul Bert de Saint-Quentin, les parents des élèves dont les enseignants font grève ont été informés que les enfants ne seraient pas accueillis ce jeudi. «De toute façon, nous ne sommes pas pour un système de garde par la municipalité» déclare Martine Laforet, secrétaire de l’établissement. «En théorie, si on suit la législation, il faut remettre aux structures d’accueil de la mairie les dossiers médicaux et les fiches de renseignements familiaux de tous les enfants concernés. Ce genre de système n’est pas raisonnable.»
Dans cet établissement classé ZEP, les parents n’ont fait aucune réclamation. Martine Laforet se l’explique très bien : «Les parents savent bien que c’est la scolarité de leurs enfants qui est en jeu. Et comme une fermeture de classe est prévue pour septembre, ils ont plutôt tendance à nous soutenir».
Frédérique Macarez, directrice du cabinet du maire UMP Pierre André, que Liberation.fr a tenté de joindre en vain, déclarait hier au Courrier Picard: «Le service minimum, dans la logique des choses, c’est à l’institution même de l’organiser, à savoir l’Education nationale».
Rappelons que Dominique Paillé, porte-parole de l’UMP, déclarait lors du dernier point de presse hebdomadaire du parti: «Nous allons montrer du doigt, parce qu'il le mérite et que son attitude est scandaleuse, le maire de Paris qui refuse obstinément» de mettre en place le service minimum.
Bizarrement, personne n’a montré du doigt la mairie de Saint-Quentin.
Grèves - «Dans ma commune, je n'ai que mon garde-champêtre à mettre au milieu de la cour»
Libération 16 Mai 2008 Cordélia Bonal
Pierre-Yves Jardel, chargé des affaires scolaires à l'association des maires de France (AMF), est maire centriste d'Orbais-l'Abbaye, 600 habitants. Il s'inquiète de la mise en place du service minimum dans les petites communes qui n'ont pas assez d'agents à disposition.
Quelle est votre position sur le service minimum à l'école?
Je suis surpris que l'Education nationale, qui est elle-même employeur, fasse appel à d'autres pour gérer la question de l'accueil des enfants à l'école. Une fois de plus on se tourne vers les communes qui, pour ce qui est des communes rurales, ont des moyens limités. Je ne suis pas hostile au service minimum, la France ne peut pas s'arrêter de tourner à chaque grève. Mais si une loi passe sur la question, il faudra que les moyens soient là. J'ajoute que service minimum ne doit surtout pas devenir une question politicienne. C'est avant tout le problème des enfants et, en second lieu, celui des parents.
Mettre en place un service minimum dans une commune rurale, c'est possible?
Les petites communes sont incapables d'assurer un accueil des enfants de qualité en cas de grève. Comment voulez-vous trouver du jour au lendemain des agents qualifiés pour s'occuper des enfants? Dans ma commune, je n'ai que mon garde-champêtre à mettre au milieu de la cour. On peut trouver des personnes disponibles, mais le problème c'est qu'elles n'ont pas les compétences pour le faire. Si on a un pépin, qu'est-ce qu'on fait? Nous avons des accompagnateurs ponctuels pour le temps du midi, mais ils ne sont pas formés pour passer une journée complète avec les enfants. C'est la raison pour laquelle nous n'avons pas encore mis en place le service minimum dans ma commune, ni hier ni le 24 janvier. En ville, on peut mobiliser des gens plus facilement. Je crains que le service minimum n’amplifie la fracture entre les communes qui ont déjà beaucoup de moyens et de personnels, et les communes rurales moins bien dotées.
L'Etat rembourse les communes à raison de 90 euros par groupe de quinze enfants. Est-ce suffisant?
Le tarif de 90 euros me paraît raisonnable si l'on estime qu'il faut un accompagnateur pour quinze enfants. Mais c'est un taux d'encadrement insuffisant. Il faudrait plutôt un adulte pour dix enfants.
Jusqu'à présent, comment fonctionniez-vous dans votre communauté de communes lors des grèves?
En milieu rural il est rare qu'une école complète soit en grève. Certains enseignants se disent peut-être que, dans l'intérêt des enfants, il faut qu'il y ait une présence à l'école ces jours-là. Ce sont des communes à taille humaine, les parents sont facilement prévenus, on s'organise.
Le rythme de la réforme de l'Etat divise les Français
NOUVELOBS.COM | 16.05.2008 |
Seules 28% des personnes interrogées considèrent que le rythme de celle-ci est satisfaisant. Plus de la moitié des Français estiment que le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite est une mauvaise mesure.

Les Français apparaissent partagés sur le rythme de la réforme de l'Etat, 38% estimant qu'elle va trop vite et 33% pas assez, mais 56% pensent que le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite est une "mauvaise mesure", selon un sondage Ifop pour Acteurs publics et Le Monde.
Interrogés en premier lieu sur le rythme de la réforme de l'État impulsée par le gouvernement, seuls 28% considèrent que le tempo choisi est satisfaisant. C'est le cas de 54% des sympathisants UMP.
A gauche, au contraire, 54% des sympathisants PS jugent le mouvement trop rapide.
Ceux qui aimeraient une évolution plus rapide sont paradoxalement plus nombreux chez les sympathisants PS (33%) que chez ceux de l'UMP (29%).
Atteinte au service public
56 % des Français estiment que le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite est une mauvaise mesure.
Les plus hostiles sont les moins de 35 ans (63%) et les catégories populaires (76% des employés et 65% des ouvriers). Les plus favorables sont les plus de 65 ans (55%) et les artisans et commerçants (69%), selon l'Ifop.
79% des sympathisants de gauche perçoivent cette réforme comme une atteinte au service public alors que 67% de ceux de la droite sont majoritairement pour.
Interrogés sur les services publics à "réformer en priorité", les sondés citent en premier lieu les hôpitaux (48%), les écoles et lycées (46%), la sécurité sociale (39%) et les organismes de logement social (28%).
Un œil vigilant dans son assiette
Le MONDE Check-list 16 Mai 2008
Afin de lutter contre les faux arguments "santé" de la publicité sur certains produits d'alimentation, l'association de consommateurs CLCV a mis en ligne mercredi un nouveau site pour aiguiller les attentes des consommateurs.
Comment lire les étiquettes ?
Les produits diététiques miracles existent-ils ?
Peut-on acheter trois canettes dans un pack de six ?
Quels sont nos droits ? LePointsurlatable.fr répond à ces questions par l'intermédiaire de différentes rubriques, sondages et blogs.
Le site donne notamment des conseils très pratiques pour comparer les qualités nutritionnelles de chaque produit tandis que la rubrique "carton rouge" dénonce les marques qui se jouent de la confiance des consommateurs.
Dans la ligne de mire, les biscuits Balisto, fausse "source naturelle de fibre", ou bien les "0 % de matières grasses par bol" des soupes Maggi.
Médias et Pouvoirs - Protection des sources : le projet de loi voté dans une ambiance tendue
NOUVELOBS | 16.05.2008 | 07:24
Les députés ont adopté en première lecture le projet de loi sur la protection des sources des journalistes dans un contexte tendu par les récentes critiques de Nicolas Sarkozy et de ses proches contre les médias. La gauche dénonce un texte "inapplicable et régressif".
Les députés ont adopté, jeudi 15 mai au soir, en première lecture le projet de loi sur la protection des sources des journalistes dans un contexte tendu par les récentes critiques de Nicolas Sarkozy et de ses proches contre les médias. La gauche, jugeant ce texte insuffisant, a voté contre.
Ce texte attendu depuis plusieurs années par les journalistes, promis depuis 2006 par le gouvernement, aurait pu faire consensus. Son objectif est de garantir une "véritable protection aux journalistes", alors que la législation française est très insuffisante dans ce domaine.
Condamnée par la CEDH - La France est régulièrement condamnée par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) pour des poursuites contre des journalistes qui avaient refusé de révéler l'identité de leurs informateurs. Plusieurs perquisitions dans des entreprises de presse ont mis en avant la nécessité d'une définition précise de la protection des sources, pierre angulaire de la liberté de la presse.En décembre dernier, le journaliste Guillaume Dasquié, spécialiste des services secrets, a été mis en examen pour avoir publié des informations classées secret défense sur l'affaire Borrel et sur le 11-Septembre.
Le texte présenté aux députés par le garde des Sceaux Rachida Dati complète la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de le presse en précisant que "le secret des sources des journalistes est protégé afin de permettre l'information du public sur des questions d'intérêt général". La justice ne pourra rechercher l'origine d'une information de presse que lorsqu'un "impératif prépondérant d'intérêt public" l'impose, à titre exceptionnel, en cas de crime ou délit grave et si cela est absolument nécessaire à l'enquête.
Le texte protège davantage les journalistes en cas de perquisition. Les perquisitions dans les agences de presse et au domicile des journalistes devront être effectuées par un magistrat. Le journaliste pourra s'opposer à la saisie d'un document.
Rachida Dati a défendu devant les députés un projet "équilibré", "protecteur pour les journalistes" tout en permettant "une intervention encadrée de l'autorité judiciaire".
"Inapplicable et régressif" - La gauche, relayant les critiques des syndicats de journalistes, a dénoncé "l'imprécision" de ce texte "inapplicable et régressif", selon Aurélie Filipetti (PS). Le projet "ne précise nullement ce qu'est une source ni qui sont les personnes protégées", a estimé l'oratrice socialiste, pour qui les dérogations laissent la porte ouverte à "l'arbitraire des juridictions".
Socialistes, communistes et Verts ont jugé insuffisants les amendements ajoutés au texte par le rapporteur UMP Etienne Blanc: substitution de la notion d'"impératif prépondérant d'intérêt public" à celle d'"intérêt impérieux", extension de la protection du secret des sources aux collaborateurs des journalistes.
Le texte a été examiné dans un climat tendu par les attaques de Nicolas Sarkozy contre certains médias la semaine dernière devant les parlementaires de la majorité, et par la polémique entre le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre et l'Agence France Presse (AFP), accusée de n'avoir pas repris un communiqué sur la condamnation de Ségolène Royal pour ne pas avoir payé deux anciennes attachées parlementaires.
Absente lors du débat, la ministre de la Culture Christine Albanel est allée jusqu'à évoquer la création d'un nouveau service de l'agence dédiée à la diffusion de communiqués...
Frédéric Lefebvre, présent dans l'hémicycle, s'est autojustifié en se disant "victime comme source" de la non-utilisation de ses communiqués. Il s'est même prévalu du soutien du journaliste Daniel Schneidermann, qui a dit sur le site de Libération avoir "plutôt tendance" à lui donner raison.
La gauche s'est interrogée sur la coïncidence entre ce contexte et le projet de loi. "Il ne fait pas bon être journaliste en France. Les attaques auxquelles se sont livrées le président de la République et ses porteurs d'eau ne sont pas pour nous rassurer", s'est inquiété Noël Mamère. (AP)
Médias et Pouvoirs – Après la polémique : L'AFP n'est pas un blog, par Christophe Beaudufe
LE MONDE | 13.05.08 | 13h51
Christophe Beaudufe est président de la Société des journalistes de l'AFP.
Fournisseur d'information de plus de 10 000 médias dans le monde, l'Agence France-Presse vient de faire l'objet d'une virulente attaque de la part de l'UMP, qui lui reproche d'avoir "censuré" certains de ses communiqués.
L'affaire pourrait relever du jeu d'influence "normal" entre la presse et le pouvoir, si elle ne survenait pas à un moment crucial de négociations entre l'AFP et l'Etat pour le renouvellement d'un contrat d'objectifs et de moyens, vital pour la survie de l'Agence.
De quoi s'agit-il ? M. Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, a adressé au soir du 1er mai une lettre au PDG de l'AFP, avec copie à plusieurs médias parisiens, pour "dénoncer" le choix rédactionnel du service politique de ne pas traiter l'un de ses communiqués. Il s'agissait en l'espèce d'un communiqué de l'UMP sur l'affaire ayant opposé Mme Royal à deux anciennes collaboratrices, qui ont gagné en appel un procès pour obtenir de l'ancienne candidate à la présidentielle le versement de salaires non payés.
Cette affaire, largement traitée par l'AFP en son temps, avait donné lieu de nouveau à plusieurs dépêches en avril. Le 11 avril notamment, une dépêche donnait la parole à M. Lefebvre, et détaillait déjà les griefs de l'UMP contre l'ex-candidate socialiste à l'élection présidentielle. Le service politique, comme il le fait quotidiennement avec moult communiqués, a donc fait un choix rédactionnel, en décidant de ne pas traiter ce texte qui n'apportait aucune information nouvelle.
C'est faire preuve d'une méconnaissance profonde de notre fonctionnement que de voir là une volonté délibérée de l'AFP de prendre parti pour un camp contre un autre. Depuis, M. Lefebvre a réitéré ses accusations, allant jusqu'à parler de "censure" de la part de l'AFP. Selon des députés UMP, le président Sarkozy a lui-même critiqué l'attitude de l'AFP lors de sa rencontre avec les parlementaires de son parti le 7 mai.
Cette polémique appelle quelques mises au point.
L'AFP, de par son statut voté en 1957 par le Parlement, est une agence de presse indépendante de tout pouvoir politique ou économique. Elle n'a aucun actionnaire et ne vit que de la vente de son service aux médias et aux institutions. La vérité oblige à dire que l'Etat est son plus gros client, et qu'elle ne pourrait vivre sous sa forme actuelle sans le soutien des pouvoirs publics. D'où le caractère crucial des négociations en cours, qui doivent permettre de financer le développement de l'AFP pour les années à venir, notamment en l'aidant à renouveler son informatique pour l'adapter aux exigences du multimédia.
Cependant, depuis 1957, le statut de l'AFP, et une pratique quotidienne courageuse ont permis aux journalistes de l'Agence d'exercer leur métier en toute indépendance. Les pressions politiques n'ont jamais manqué. Et les journalistes de l'Agence ont toujours mis un point d'honneur à y résister.
L'Agence est un grossiste en information : nos choix rédactionnels, nos analyses, nos synthèses de l'actualité doivent, par principe, être utilisables en l'état par les journaux de gauche et par ceux de droite, par la presse de province, par les médias nationaux ou par les sites d'information en ligne. Une charte éditoriale précise et détaillée, de plusieurs dizaines de pages, encadre notre travail quotidien. Et bien malin qui, depuis un demi-siècle, pourrait déceler à l'AFP une "ligne politique". L'impartialité est notre métier, notre mission et notre fierté.
L'impartialité. Et non la communication tous azimuts. Les journalistes de l'Agence trient, évaluent et utilisent les informations exactement comme le font les journalistes de tous les autres médias. Une agence de presse n'est pas un blog, sur lequel les acteurs politiques ou économiques viendraient poster des communiqués à leur guise. C'est une rédaction, qui doit à ses lecteurs une information crédible, vérifiée, et replacée dans son contexte.
L'AFP d'ailleurs ne "publie" jamais aucun communiqué, de quelque source qu'il provienne. Les communiqués sont simplement "traités" par les journalistes, qui en tirent la matière première de dépêches brèves ou développées. Un communiqué est traité chaque fois qu'il apporte une information "nouvelle et intéressante". Le communiqué de l'UMP du 1er mai n'était qu'une reprise de commentaires précédents, et n'apportait aucune information nouvelle
Un mot, encore. Pendant que la rédaction parisienne fait face à ces pressions politiques, la vie de l'Agence continue. En ce début du mois de mai, des collègues risquent leur vie en Birmanie, au Liban, en Irak et dans d'autres pays, pour continuer à livrer au monde entier des textes, des photos, des infographies et des vidéos témoignant de la marche du siècle. Sur les cinq continents, dans les cinq langues de diffusion de l'AFP, des milliers de journaux, de radios, de télévisions et de sites Internet nous font confiance pour les alimenter en information. Leur confiance est fondée sur leur appréciation à long terme de notre travail. Elle est fondée également sur la conviction que l'AFP est un acteur libre du monde de l'information.
En dotant l'AFP, en 1957, d'un statut particulier assurant son indépendance vis-à-vis de l'Etat, le législateur a affiché une volonté politique : donner à la France une agence de presse internationale comme seuls en possédaient à l'époque les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'URSS. Cinq décennies plus tard, l'AFP est l'une des trois premières agences mondiales, la seule francophone
L'AFP n'est pas "la voix officielle" de la France. Et perdrait beaucoup à le devenir. Mais elle est l'une des voix par lesquelles la France peut encore faire entendre ses valeurs - dont la défense d'une presse libre - au-delà des frontières.
Personne n'aurait intérêt à faire taire cette voix libre et indépendante, en privant l'agence des moyens nécessaires à son développement, ou en la transformant en une officine de "communiqués".
Une boutique sans emballage qui cartonne
Londres - KARINE LE LOËT - Libération - vendredi 16 mai 2008
Des jarres de vinaigre, des distributeurs de shampoing, des conteneurs emplis de raisins secs, de céréales, de pâtes.
En vrac. Chez Unpackage, on vend des produits sans emballage. «Les gens en ont assez de jeter chaque mois la même bouteille en plastique de liquide vaisselle. Ils attendent des solutions», souligne Catherine Conway, la propriétaire des lieux.
Après un premier essai sur les marchés londoniens, la jeune femme a planté sa boutique au cœur de Londres en novembre. Enveloppes de carton et de plastique sont bannis, a chacun d’apporter son contenant. Certes, pour les novices et les étourdis, la propriétaire met à disposition quelques sachets en plastique, réutilisables à la prochaine visite. Reste une récompense pour les bons élèves armés d’un Tupperware ou d’un bocal à cornichons : 50 pence (63 centimes d’euro) économisés sur la note.
Et ça marche. En cinq mois, la boutique parvient à l’équilibre financier et affiche aujourd’hui des bénéfices. Car le concept a un atout de taille : il offre un service sur mesure. Une aubaine pour les célibataires et les économes. «Certains viennent avec leur moulin à poivre pour le remplir au grain près. J’ai aussi une cliente qui m’apporte son plateau à fromage avant ses soirées pour l’élaborer dans la boutique», s’amuse Catherine Conway. Reste l’argument financier. Car à acheter en gros, la jeune femme fait des économies qu’elle peut répercuter sur ses étiquettes. Dans ses rayons, souligne-t-elle, les produits s’affichent au même prix que dans les supermarchés, pourtant favorisés par les économies d’échelle. Il y a enfin le facteur bien-être : «Les gens sont heureux de venir remplir leurs bocaux. Ils voient ça comme un petit geste positif.» Une bonne raison pour ne pas les flouer.
Chez Unpackage, on affiche une ardoise environnementale allégée. Branchée au robinet renouvelable, la boutique est meublée d’objets de récup et de vieux cageots. Rayon transport, la commercante s’arrange pour s’approvisionner chez des producteurs réunis dans un périmètre serré, et elle vient au boulot à vélo. La recette est efficace et Catherine Conway prévoit déjà de lancer un service de «recharge alimentaire» à domicile, ou une formule déjeuner avec vaisselle consignée pour en finir avec les sandwiches suremballés.
L'immobilier plombe les banques françaises
Ouest-France – 16/05/08
Comme le nuage de Tchernobyl, la crise des crédits immobiliers à risque américains ne devait pas franchir nos frontières...
Pas de ça chez nous ! C'est du moins ce que nous ont asséné, pendant des mois, banquiers et experts de haut vol. Aujourd'hui, la réalité des chiffres renvoie tout ce beau monde dans les cordes. En France, après la Société générale et Paribas, c'est le Crédit agricole et Natixis (filiale des Banques populaires et Caisses d'épargne) qui annoncent des résultats trimestriels en forte baisse. Le Crédit agricole a divisé son bénéfice par trois, Natixis a vu le sien fondre de 88 %.
Ce manque à gagner (1,2 milliard pour le Crédit agricole, 439 millions pour Natixis) les oblige à se serrer la ceinture pour rester rentables. Natixis, qui emploie 24 000 salariés, va réduire la toile, en fermant des activités dans sa branche investissement. Mais se refuse, pour l'instant, à chiffrer le nombre de départs prévus.
Du côté du Crédit agricole, qui a dû trouver 5,2 milliards sur les marchés financiers pour se renflouer, on se met aussi au régime : des actifs « non stratégiques » seront vendus, des acquisitions prévues reportées. Et BNP Paribas supprimera quelques postes dans ses activités liées aux « subprime ».
Aux États-Unis, les banques ayant mis les doigts dans le pot de confiture des crédits immobiliers à risque ont prévu des mesures d'une autre ampleur : des milliers de salariés vont passer à la trappe. La question, c'est de savoir si les banques françaises se sont montrées moins gourmandes. Ou si elles ne nous ont pas encore tout dit.
«Plus de toit sans panneaux solaires d’ici quinze ans»
Recueilli par GUILLAUME LAUNAY - Libération vendredi 16 mai 2008
Interview de Richard Loyen, de la fédération des professionnels du solaire.
Malgré un boom récent, la France est en retard sur le développement de l’énergie solaire par rapport à ses voisins allemands ou espagnols. Pourquoi ? Ce retard est essentiellement politique. Dans les années 80, on se disait que l’énergie fossile était peu chère, qu’on avait le nucléaire et que c’était suffisant. Et le corps social ne poussait pas encore, comme en Allemagne. On avait pourtant en France une vraie culture solaire dans les années 70. On a perdu une décennie.
Les journées européennes du solaire se déroulent aujourd’hui et demain dans plusieurs pays, dont la France, où 800 manifestations sont prévues. Richard Loyen, délégué général d’Enerplan, qui fédère les professionnels du secteur, revient sur les enjeux d’une filière en pleine croissance.
Où en est-on aujourd’hui ?
Concernant le solaire thermique, on met en place plus de 50 000 chauffe-eaux solaires par an, le réseau d’installateurs s’étoffe, c’est la base pour aller plus loin. Aujourd’hui, un chauffe-eau solaire permet de fournir 50 % des besoins d’un foyer dans le nord de la France, et jusqu’à 75% dans le sud. Avec la réglementation thermique à venir, on ne pourra plus construire de logement sans agir sur le poste eau chaude. L’idée est d’arriver à équiper quatre à cinq cent mille logements d’ici 2010-2012. J’ai parié avec mon homologue allemand qu’on les dépasserait avant 2012.
La filière photovoltaïque (qui produit de l’électricité) a bondi de 200 % l’an dernier…
Il y a un vrai changement d’échelle en cours mais on part de bas. La capacité française ne représente que 10 % de celle de l’Espagne, 3 % de l’Allemagne. Les nouveaux tarifs d’achat de l’électricité photovoltaïque, en 2006, ont fait sauter les verrous (1). Ça a mis en place un cadre stable pour pouvoir développer des projets. J’espère qu’on a réagi à temps. Mais le photovoltaïque ne doit pas devenir qu’une niche pour investisseurs. Ces tarifs doivent avoir un effet vertueux, développer une implication citoyenne. Si c’est pour garer son 4X4 devant sa maison équipée de panneaux solaires…
L’avenir est-il dans les installations individuelles ou dans la construction de grandes centrales solaires ?
Il faudra les deux. L’idée, c’est que l’enveloppe du bâtiment devienne active, qu’il n’y ait plus de toit inerte [sans panneaux solaires, ndlr] dans dix ou quinze ans. En 2020, on ne construira plus de bâtiment qui n’ait pas intégré de photovoltaïque. Quant aux centrales solaires, c’est déjà aujourd’hui le mode de production le plus compétitif et il le sera de plus en plus. On pourra arriver à 10 ou 15 % de la production solaire. Cette électricité sera compétitive sur le courant de pointe avant 2020, sur l’électricité de base vers 2025.
Les énergies renouvelables se font-elles concurrence ?
Pas vraiment, il y a de la place pour tout le monde. L’avantage du solaire, c’est qu’il n’est ni dépendant d’un approvisionnement comme pour la biomasse, ni problématique en terme d’acceptabilité sociale comme l’éolien, qui rencontre des résistances. Même si on entend encore quelques critiques, et qu’il y a des progrès à faire en matière d’intégration au bâti ou de couleur, la société est majoritairement d’accord pour le solaire.
Qu’attendez-vous des lois issues du Grenelle de l’environnement ?
Elles seront cruciales. Sur le rythme de mise en place des nouvelles normes thermiques, la stratégie sur la rénovation des bâtiments, les nouveaux tarifs d’achat ou la création d’un fonds chaleur, les décisions auront un impact considérable.
(1) Pour soutenir la filière, EDF doit acheter l’électricité produite par les énergies renouvelables à un tarif supérieur au tarif de base.


