Résistance Inventerre

-:¦:- Information Non-Violence, Environnement TERRE -:¦:- "Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent" Lucie Aubrac

mercredi 14 mai 2008

L'UMP a saisi le Conseil supérieur de l'AFP pour demander des « explications »

PARIS (AFP) - 13 mai 2008 | 17H54 - Journal "La Suisse de Vaud"

Le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre a annoncé mardi que son parti avait saisi le Conseil supérieur de l'AFP, ce week-end, pour obtenir des explications sur le fait que l'agence n'avait pas traité certains des communiqués du parti sur l'affaire de la condamnation de Ségolène Royal.

"Tant que nous n'aurons pas cette explication, nous continuerons de la demander et c'est la raison pour laquelle nous avons saisi le Conseil supérieur de l'AFP, en posant un certain nombre de questions", a déclaré M. Lefebvre lors du point de presse hebdomadaire de l'UMP.

A une question de l'AFP qui lui demandait sur quel point précis portait sa demande au Conseil supérieur de l'agence, M. Lefebvre a répondu après le point de presse: "sur la question de l'objectivité".

Le président du Conseil supérieur de l'AFP, Jean-Pierre Leclerc, président de section honoraire au Conseil d'Etat, a indiqué mardi n'avoir pas reçu la lettre de l'UMP.

Le Conseil supérieur de l'Agence France-Presse a pour mission de "veiller aux obligations fondamentales de l'AFP" qui sont l'indépendance vis-à-vis de tout "groupement idéologique, politique ou économique", la fourniture "de façon régulière et sans interruption, d'une information exacte, impartiale et digne de confiance" et le maintien d'un "réseau d'établissements lui conférant le caractère d'un organisme d'information à rayonnement mondial".

Il compte huit membres: un membre du Conseil d'Etat, un magistrat de la Cour de cassation, deux représentants des directeurs des entreprises éditrices de quotidiens, un journaliste, un représentant de l'audiovisuel public et deux personnalités ayant représenté la France à l'étranger.

M. Lefebvre a réaffirmé mardi devant la presse qu'à son sens, l'UMP avait été victime d'une "censure" dans cette affaire.

Dans une lettre au PDG de l'AFP Pierre Louette, le 1er mai, M. Lefebvre estimait que, par deux fois, l'UMP avait été "confrontée à une obstruction volontaire" de l'AFP, concernant des communiqués du parti relatifs à la condamnation de l'ancienne candidate PS à la présidentielle.

Le PDG de l'AFP a pour sa part expliqué le 9 mai que l'agence n'avait pas vocation à "devenir une machine à diffuser des communiqués".

"La rédaction a des règles de fonctionnement qui reposent sur la notion de choix faits en permanence parmi la multiplicité des faits, des événements, des déclarations", a ajouté M. Louette.

La Cour d'appel de Rennes a, le 10 avril, donné raison à deux ex-attachées parlementaires de Ségolène Royal, présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes, qui réclamaient depuis 1997 le versement de plusieurs semaines de salaires non payés.

Mme Royal s'est pourvue en cassation, selon son avocat.

Par ailleurs, le président de la Société des journalistes (SDJ) de l'AFP, Christophe Beaudufe, estime dans Le Monde que les reproches adressés par l'UMP à l'Agence France-Presse témoignent d'une "méconnaissance" du fonctionnement d'une agence de presse, qui "n'est pas un blog".

"Une agence de presse n'est pas un blog sur lequel les acteurs politiques ou économiques viendraient poster des communiqués à leur guise. C'est une rédaction qui doit à ses lecteurs une information crédible, vérifiée et replacée dans son contexte", réagit M. Beaudufe dans une tribune publiée dans Le Monde daté de mercredi.

Rappelant que le service politique de l'agence a décidé de ne pas traiter ce communiqué car il "n'apportait aucune information nouvelle", le président de la SDJ affirme que "voir là une volonté délibérée de prendre parti pour un camp contre un autre" témoigne d'une "méconnaissance profonde du fonctionnement" de l'AFP.

M. Beaudufe rappelle que cette "affaire" survient "à un moment crucial de négociations entre l'AFP et l'Etat" pour le renouvellement d'un contrat d'objectifs et de moyens "vital pour la survie de l'agence".

L'AFP "n'est pas la +voix officielle+ de la France", mais est "l'une des voix par lesquelles la France peut encore faire entendre ses valeurs (...) au-delà des frontières", souligne-t-il.

"Personne n'aurait intérêt à faire taire cette voix libre et indépendante, en privant l'agence des moyens nécessaires à son développement, ou en la transformant en une officine de +communiqués+", conclut-il.

Posté par werdna à 00:03 - Médias - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=295434&pid=9168838

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :