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lundi 12 mai 2008

MéDIAS et POUVOIRS - Vive polémique entre Christine Albanel et l'AFP

NOUVELOBS.| 11.05.2008 | 10:32

A la suite des critiques qu'aurait émises Nicolas Sarkozy, la ministre de la Culture suggère que l'agence de presse pourrait diffuser l'intégralité des communiqués des partis et des syndicats. La société des journalistes de l'AFP estime qu'"on n'est plus dans le domaine du journalisme".

En pleine polémique autour des critiques que Nicolas Sarkozy aurait émises contre certains médias, la ministre de la Culture Christine Albanel suggère dans Le Journal du dimanche que l'Agence France Presse (AFP) pourrait diffuser l'intégralité des communiqués de presse des partis et des organisations syndicales. La société des journalistes de l'AFP s'insurge contre l'idée, estimant qu'"on n'est plus dans le domaine du journalisme".

Selon le JDD, le principe de ce "service supplémentaire" de l'AFP est inclus dans le projet de loi autorisant les journalistes à ne pas divulguer leurs sources, que Christine Albanel et la ministre de la Justice Rachida Dati présenteront à l'Assemblée nationale la semaine prochaine. La ministre de la Culture juge que les partis et syndicats pourraient ainsi exprimer "plus largement et de façon totalement neutre leurs points de vue".

Ces communiqués apparaîtraient "sur un espace spécifique et facilement accessible, selon des modalités à préciser et à organiser", précise-t-elle, avant d'ajouter qu'elle soumettra cette idée au directeur de l'AFP vendredi.

"On traite un communiqué" -
Christine Albanel assure toutefois que ce "service" ne se substituerait "en aucun cas au travail de rédaction et d'éditorialisation des journalistes de l'AFP sur les sujets politiques ou sociaux quand ils le jugent nécessaires et pertinents".

Christophe Beaudufe, représentant de la Société des journalistes (SDJ) de l'AFP, s'est élevé contre un mélange des genres. "Notre travail de journaliste, c'est de faire une information vérifiée, recoupée et remise dans son contexte", a-t-il rappelé sur France-Info, on "ne publie jamais un communiqué, on traite un communiqué".

Pour ce journaliste, l'idée de Christine Albanel est "un peu curieuse et pas très pratique car il y aurait des centaines de communiqués". "Créons une boîte aux lettres géante où tout le monde viendra mettre ses communiqués, et on verra bien ce qu'il en ressortira", suggère-t-il, "mais on n'est plus dans le domaine du journalisme".

Interrogée sur les relations tendues entre le président de la République et les médias après qu'il a accusé certains titres de "s'attribuer la fonction d'opposition", Christine Albanel rappelle que c'est Nicolas Sarkozy qui "avait pris l'engagement d'inscrire le principe de la protection des sources des journalistes dans la loi" quand il n'était encore que candidat.

"Comme tout un chacun, le président a le droit de réagir à certaines critiques, notamment lorsqu'elles sont systématiques, qu'elles le ciblent, qu'elles sont violentes et récurrentes", estime-t-elle. "Cela étant, ce n'est pas contradictoire avec son profond attachement à la liberté de la presse".

"Fonction d'opposition" -
Selon Le Parisien/Aujourd'hui en France de jeudi, Nicolas Sarkozy a accusé la presse lors d'une réunion de l'UMP de ne pas avoir donné assez d'écho à la récente condamnation de Ségolène Royal dans l'affaire de ses ex-collaboratrices parlementaires. Il aurait également mis en cause L'Express, Marianne, l'AFP et le Journal du Dimanche, les accusant de "s'attribuer la fonction d'opposition".

Quant à l'opposition, elle se plaint de la surexposition de l'UMP. Les socialistes sont "inaudibles" car ils sont "au pain sec et à l'eau médiatiques", estime Arnaud Montebourg, dans le JDD. "Aujourd'hui, l'expression en faveur de l'UMP, président de la République et collaborateurs compris, a augmenté de 256 % sur TF1 et 196 % sur France 2", selon le député PS de Saône-et-Loire, qui cite des chiffres du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). L'élu accuse par ailleurs "le sarkozisme" de "s'attaque(r) à tous les contre-pouvoirs: juges, avocats et journalistes". (avec AP)

Posté par Kozett à 00:08 - Médias - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Médias et Pouvoirs - Sarkozy, aigri de ne pas être Berlusconi...

Marianne  Dimanche 11 Mai 2008 - 07:13

Pour les Mariannautes, les attaques de Nicolas Sarkozy visant cinq médias face aux députés UMP s'expliquent très simplement : n'ayant plus les médias de son côté, le Président se trouve seul face à son impopularité.

L'AFP, L'Express, le JDD, Marianne et Le Parisien-Aujourd'hui en France figuraient sur la liste noire du président de la République, déroulée dans son discours du 7 mai face aux députés UMP. « Voilà une bonne manière d'identifier les organes méritant encore le qualificatif de « presse » et par là même les vrais journalistes..., s'amuse Yann, quoique concernant l'Express, je suis dubitatif. »

Pour vous, les titres épinglés par Nicolas Sarkozy comme « s'attribuant le rôle d'opposition » sortent grandis de ces accusations. Même si vous trouvez tout de même des faiblesses : le directeur de l'AFP « ne serait-il pas plutôt de son bord ? », interroge Jean31, et le JDD ne serait-il pas tenu par le « frère et ami Arnaud » Lagadère, comme le remarque Marius Porcher.

« Vous tapez là où ça fait mal ! »  - Mais dans l'ensemble, vous vous réjouissez ouvertement de ce coup de nerf, révélateur pour vous de ce que le Président est à bout : « Ces menaces à peine déguisées montrent que vous tapez là où ça lui fait mal ! », encourage Usher. Pour Bibi, c'est la frustration de ne pas être Berlusconi, « qui a sa propre presse » qui fait parler ainsi Sarkozy. A vouloir une presse sur mesure, il n'a, selon CF, « aucun sens des réalités. »

Le ton, cependant, inquiète certains d'entre vous qui flairent un mauvais coup. Un coup d'autorité « à la Poutine », selon Remi 86. « Pour la nième fois, l'heure est grave ! », clame Millames.

Vous imaginez le président de la République tirant ses dernières cartouches, capable de tout. Sans aller jusqu'à l'inquiétude de Laurrissa, qui voit poindre un « fascisme rampant », SoDem pense ainsi que, entre interventions et sanctions, les journalistes vont lever le pied, « il suffit de voir France 2 en ce moment pour s'en rendre compte. »

Sarkozy va-t-il emprunter l'argent à Berlusconi pour s'acheter sa propre presse et censurer le reste, comme le suggère Nosfératu ? Et tous en coeur de vous demander : mais que fait Robert Ménard ?

L'opposition existe, vous l'avez rencontrée !  - « L'opposition n'existe plus en France ? Le parti socialiste, veut-il dire, corrige GR. Parce que l'opposition, aujourd'hui, c'est les 2/3 du peuple français ! » Un certain nombre de Mariannautes évoquent d'ailleurs un simple écran de fumée pour détourner l'attention, notamment des franchises médicales ou de la privatisation de la Sécu selon Chtulu. D'après vous, cette petite sortie ne fera qu'enfoncer le clou de l'impopularité.

SoDem émet une autre hypothèse : « Attendez-vous sous 48h à un sondage Opinion way disant que 80% des français trouvent que la presse est trop sévère avec lui. » C'est d'ailleurs déjà l'opinion de quelques sarkozystes discrets qui participent au débat comme Nan qui dénonce une « guerre totale » de la presse contre le Président.

Dans cet affrontement, vous donnez à Marianne l'honneur de figurer en première ligne mais vous étonnez que Le canard enchaîné ou Charlie Hebdo n'aient pas figuré au même rang dans le discours présidentiel. A ces titres, vous ajoutez Le Monde, Courrier international et une poignée d'autres. « Sarkozy révèle, par ses propos, sa véritable conception du journalisme », juge Alain. Et apparemment, ce n'est pas la presse que vous voulez lire !

Posté par Kozett à 00:07 - Médias - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Internet : les pièges de l'abonnement

LE MONDE | 10.05.08

Comment résister aux pressions exercées au téléphone par certains fournisseurs d'accès à Internet pour faire abonner leurs interlocuteurs ?

Un lecteur du Monde a contacté le fournisseur d'accès à internet (FAI) Alice. Au téléphone, un conseiller lui a déclaré que s'il voulait recevoir un dossier d'abonnement, il devait lui communiquer ses coordonnées bancaires. Malgré ses réticences, notre lecteur a fini par obtempérer.

Le 1er mars, il a reçu un courrier daté du 27 février, le jour de son appel, avec un formulaire d'autorisation de prélèvement, le contrat d'abonnement et les conditions générales d'utilisation. Quatre jours plus tard, après s'être aperçu que le système ne lui permettait pas de conserver son fax, il a envoyé une lettre simple pour se rétracter. Cette lettre n'est apparemment jamais parvenue à destination et il a reçu un second courrier, daté du 6 mars, l'avisant que son dossier était complet et que l'offre allait être activée.

Il demande si la communication des coordonnées bancaires est l'équivalent légal d'une signature de contrat. Si le fournisseur d'accès peut le considérer comme abonné, même s'il n'a pas d'autorisation de prélèvement signée par le client ?

Sur le fond, Alice est dans son droit : l'abonnement aux services d'un FAI, au regard de l'article L.121-16 à 20 du code de la consommation, entre dans le cadre des " ventes à distance" qui n'imposent pas la signature d'un contrat, à l'inverse du démarchage par téléphone (article L.121-23). La communication des coordonnées bancaires a valeur d'engagement comme pour la réservation d'une chambre d'hôtel ou d'un billet d'avion.

DÉLAI DE RÉSILIATION - Mais, précise la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), le FAI a commis l'erreur de considérer que la date de l'appel téléphonique du client (le 27 février) était celle à partir de laquelle commençait à courir le délai de résiliation de sept jours.

En effet, la communication par courrier des conditions générales de vente dans lesquelles figure le délai de rétractation a été postérieure à la souscription, ce qui est contraire à l'obligation générale d'information (article L111-1 du code de la consommation). Pour respecter la loi, la date à prendre en compte pour le délai de rétractation aurait dû être celle de la réception du courrier de confirmation d'abonnement, soit le 1er mars, ce qui donnait au client jusqu'au 7 mars pour renoncer sans avoir à fournir de motif.

De plus, la formulation des conditions de rétractation (article 10 des conditions générales de vente de ce FAI) est ambiguë. Elle stipule que le client dispose d'un délai de sept jours "à compter de l'acceptation de l'offre des services ou de la réception du produit"... sans que soit défini clairement en quoi consiste le "produit". En l'occurrence, Alice considère que l'abonnement est un service et non un bien matériel (téléphone, clé USB) et que le délai part donc de la souscription.

Enfin, le FAI déclare ne pas subordonner l'envoi du dossier d'abonnement à la fourniture préalable des coordonnées bancaires. Pour en avoir le coeur net, nous avons demandé nous-même par téléphone l'envoi d'une documentation à Alice. Les téléconseillers nous ont réclamé obstinément notre numéro de téléphone pour pouvoir effectuer des tests. Et à notre demande répétée d'une simple documentation, ils ont répondu : "Ce n'est pas comme ça que nous procédons d'habitude : on vous explique l'offre, et vous souscrivez immédiatement."

Le cas de notre lecteur - qui avait saisi la DGCCRF - a pu être rapidement résolu. Mais pour éviter ce genre de mésaventure, il est prudent de ne jamais communiquer ses coordonnées bancaires si l'on n'est pas certain de vouloir s'abonner immédiatement ; et, en cas de rétractation, de toujours envoyer dans les sept jours un courrier recommandé avec avis de réception. 

Posté par Kozett à 00:04 - Médias - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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