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lundi 12 mai 2008

Surendettée, avec 3 enfants et 700 € par mois

Ouest-France – 12/05/08 - Agnès MÉTAYER

Avec 700 € par mois, trois enfants et pas de pension alimentaire, Catherine essaye de s'en sortir. « Retrouver du travail ? Difficile à 48 ans. »

45 000 €: la dette de Catherine. Tout avait pourtant bien commencé pour cette fille de diplomate. Elle cherche du travail en Vendée. En vain.

« Je suis une bourgeoise qui s'est cassé la gueule. » Malgré son RMI et son petit HLM perdu à Mortagne-sur-Sèvre (Vendée), Catherine, 48 ans, reste élégante. Sa dignité, cette fille de diplomate ne l'a jamais perdue. Malgré les accidents de la vie, le divorce et le chômage.

Née en 1959, cette grande femme blonde passe son enfance aux États-Unis, en Afrique, côtoie des ministres et des intellectuels. Un papa à la Banque mondiale, un mari ingénieur et une maîtrise en marketing : Catherine avait tout pour réussir. « Mes parents aspiraient à un grand avenir pour moi. Mais j'ai rompu le pacte. » Installée en Argentine, elle divorce à 27 ans, quitte l'Amérique du Sud avec sa fille sous le bras et revient en France.

Là, les ennuis s'accumulent. Mauvaises expériences professionnelles, désillusions : Catherine trébuche. À Nantes, elle décroche pourtant un poste de responsable de communication mais se fait escroquer par son employeur. « J'ai hérité d'un beau redressement fiscal : 35 000 €. »

« Je veux bien partir ! Mais comment ? »

Mère de trois enfants, elle s'installe à Mortagne pour mettre son aînée à l'Institut Saint-Gabriel. Avec 700 € par mois, le loyer, les factures, la voiture et les frais d'inscription à l'école, Catherine plonge dans le surendettement. Montant de l'ardoise : 45 000 €.

Côté emploi, c'est le désert. Et pourtant, Mortagne affiche un taux de chômage parmi les plus bas de Vendée : 3,3 % (chiffre Insee 2006), pour 6,4 % dans le département. « À l'ANPE, on me répond que, professionnellement, je ne suis pas intégrable. Ici, il n'y a pas de poste pour moi. Devenir fraiseur ou chaudronnier ? Non merci ! Je ne veux pas être de la chair à saucisse pour les employeurs. »

Alors, pourquoi rester dans la région ? « Je veux bien partir ! Mais comment payer un déménagement ou avancer deux mois de loyer ? Je n'ai pas les moyens ! » Les structures d'aide à l'emploi, elle n'y croit pas. « On culpabilise les gens. Si on n'a pas de travail, c'est de notre faute. »

Pour s'en sortir, Catherine va à la Banque alimentaire. « C'est quand même un comble avec un père à la Banque Mondiale... Je mendie auprès de mes amis ! Sauf que moi, je n'ai pas le courage de faire la manche au supermarché. »

Pas de boulot, pour elle, « cela revient à être euthanasié dans cette société ». Elle a ailleurs envoyé une lettre en ce sens au procureur de La Roche-sur-Yon. Reste une solution : « Monter ma propre boîte. » Soutenue par un cabinet de conseil, elle compte créer sa maison d'édition sur internet. Un projet professionnel qui signifie bien plus : « Cette fois, c'est ma vie que je joue. »

Posté par werdna à 00:17 - Economie - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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