jeudi 8 mai 2008
Chômage : Les statistiques ne montrent pas tout
Ouest-France – 08/05/08 - Pierre PINSON
Mieux vaut toucher un gros salaire en France qu'en Grande-Bretagne si on veut bénéficier de confortables indemnités de chômage. Ou habiter en Belgique si l'on ne veut pas se ruiner en frais de transports pour retourner au travail.
En matière d'assurance-chômage, chaque pays d'Europe a ses règles. Différentes. Fruits de législations revues et corrigées au fil des ans et des intentions à géométrie variable des gouvernements successifs. Au bout du compte, aucune harmonisation : ni des taux de cotisation, ni des conditions d'affiliation, ni des montants minima d'indemnisation : l'Europe sociale - du moins en ce domaine - reste toujours à faire.
De plus, ces chiffres secs recouvrent des réalités très différentes. On nous vante, en France, depuis plusieurs années, les mérites de la « flexsécurité » à la danoise. En fait, il est rarissime qu'un demandeur d'emploi danois soit indemnisé pendant quatre ans. Son marché du travail est tel qu'il a souvent retrouvé un boulot depuis belle lurette. Et pas spécialement parce que l'ANPE locale lui a mis l'épée dans les reins, comme on voudrait nous le faire croire.
En Irlande, l'offre et la demande sur le marché de l'emploi sont inversées par rapport à ce que nous connaissons dans l'Hexagone : les employeurs recourent à l'immigration (Polonais, Lettons...) ou augmentent les salaires pour combler les postes à pourvoir. De la même manière, le taux de chômage flatteusement bas de nos voisins anglais ne doit pas occulter le fait que de plus en plus de Britanniques exercent deux jobs en parallèle (dont un à temps partiel) pour boucler leurs fins de mois.
En Allemagne enfin, force est de constater que la pression exercée sur les demandeurs d'emploi pour leur faire accepter, rapidement, des emplois moins payés n'a pas suffi à faire baisser significativement la courbe du chômage.
En sera-t-il différemment en France ?
Sur environ deux millions de chômeurs, un million n'est pas indemnisé. Et l'ANPE raye environ 20 000 chômeurs par an de ses fichiers pour refus d'emploi. On va donc, battage médiatique à l'appui, faire une loi « répressive » pour 1 % de la population au chômage ! Pour prouver quoi ?
Une dictature insensible au malheur du peuple : Dans le delta de l'Irrawaddy, la population se débrouille seule
Ouest-France – 08/05/08 – de Christophe Ono-dit-Biot Auteur du roman Birmane, Plon, prix Interallié 2007 - Recueilli par Laurent MARCHAND
Quel est ce régime militaire qui refuse les secours pour sa population ?
Voir un gouvernement demander des visas aux humanitaires alors que la population se noie et risque les épidémies, montre dans quelle paranoïa et quel cynisme se débat ce régime, mais je ne vois pas très bien comment cela pourrait aider la population à se révolter. En Birmanie, le budget consacré à l'éducation et à la santé est inférieur à 1 %, alors que le pays dispose de la plus grosse armée de l'Asie du Sud-Est avec 500 000 hommes. Les généraux ne souffrent pas de ce qui se passe ni de l'isolement diplomatique. C'est la population qui trinque. Avant le cyclone, un enfant sur trois souffrait de malnutrition. C'est environ 20 % d'insécurité alimentaire, alors que c'était le grenier à riz de l'empire britannique.
Les sanctions internationales ont été impuissantes jusqu'ici, pourquoi ?
C'est l'État chinois qui a la clef !
Rangoun, c'est un accès à la mer crucial pour la Chine. Si Pékin demande à la Birmanie de céder, elle cédera. Mais la Chine a usé de son droit de veto à l'Onu contre des résolutions visant la junte. À la dernière réunion de l'Asean, le représentant de l'Onu était venu présenter son rapport sur les répressions de l'automne. Les officiels birmans ont menacé de quitter la réunion. Le rapport n'a pas été présenté.
Malgré l'état d'urgence, la junte a décidé de maintenir, dimanche, le référendum sur le projet de constitution. Pourquoi cet attachement à un vote qui n'est de toute façon pas démocratique ?
C'est l'avenir des généraux qui est en jeu. Que dit cette nouvelle constitution ? Que le chef de l'État devra avoir quinze ans d'expérience dans l'armée. Que toute personne liée à un étranger sera inéligible ; cela vise directement Aung San Suu Kyi qui a été mariée à un Anglais. Que les généraux auront l'immunité pour toutes les violations des droits de l'homme commises depuis la répression de 1988. Que toute personne ayant des antécédents judiciaires ne pourra pas être candidate aux législatives qui suivraient ce référendum, ce qui exclut tous les militants démocrates. L'aide peut attendre, pas le référendum.
Des généraux, en plus, un peu spéciaux ?
L'armée contrôle tout, mais le numéro un de la dictature, on ne le voit jamais. C'est une situation à la Orwell. Les généraux birmans gouvernent en plus avec des astrologues. En 1988, le chef de la junte de l'époque a supprimé, du jour au lendemain, les billets qui avaient cours. Il les a remplacés par des multiples de 9, son chiffre « bénéfique ». Quitte à ruiner les pauvres gens.
La Commission Européenne botte en touche sur les OGM
A Bruxelles JULIE MAJERCZAK - Libération jeudi 8 mai 2008
Faut-il ouvrir la porte à la culture des OGM en Europe ?
La Commission européenne a décidé, hier, de s’en remettre entièrement à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa, European Food and Safety Agency) à qui elle va demander un ultime avis concernant deux variétés de maïs et une pomme de terre génétiquement modifiées. «La Commission prendra une décision si et quand l’Efsa confirmera la sécurité de ces produits», a déclaré le porte-parole de la Commission, Johannes Laitenberger, à l’issue d’un long débat d’orientation entre les 27 commissaires.
Divisés.
Aujourd’hui la culture d’OGM reste très marginale au sein de l’Union. Elle représente à peine plus de 1 % des terres cultivées. Seul un OGM a été autorisé en Europe : le maïs MON-810. C’était en 1988. Toutes les autres autorisations ont concerné la commercialisation à des fins d’alimentation ou à des fins de transformation industrielle d’OGM importés. Divisés, les Etats membres ne parviennent jamais à réunir de majorité qualifiée, pour ou contre. Les demandes d’autorisation pour mise en culture traînent dans les tiroirs et font des allers et retours devant l’Efsa qui, à chaque fois, juge qu’il n’y a aucun risque. Mais, la Commission, qui a le dernier mot en cas de non décision des Etats membres, n’a jusque-là pas osé trancher. D’autant que l’opinion publique est majoritairement réticente aux OGM. Selon l’Eurobaromètre publié en mars 2008, 58 % des Européens étaient opposés à leur utilisation.
Mais l’Efsa fait l’objet, depuis longtemps, de vives critiques. Il lui est notamment reproché de s’appuyer sur les études menées par les industriels eux-mêmes et de ne pas prendre en compte les effets à long terme. Les études sur les OGM sont réalisées sur neuf mois, alors que pour les pesticides, la durée est de deux ans. «Demander à l’Efsa, agence inadéquate et sous-financée, de vérifier la sécurité de ces semences pour la troisième fois équivaut à demander à un renard de surveiller un poulailler», ironise Marco Contiero, le monsieur OGM de Greenpeace.
Procès.
La France a demandé un débat des ministres de l’Environnement qui pourrait avoir lieu le 6 juin. D’autant que, le Commissaire chargé de l’Environnement, Stavros Dimas, vient de prendre position en faveur d’un rejet des trois OGM (les maïs BT-11 de la firme suisse Syngenta, le 1507 de Pioneer et la pomme de terre Amflora de BASF), s’appuyant sur des études récentes, notamment de l’Institut Pasteur, qui mettent en avant les incertitudes sur les effets à long terme de ces OGM. Avec ces nouveaux éléments d’informations, l’Efsa reverra-t-elle sa copie ? Cela prendra plusieurs mois, voire plusieurs années. Les industriels, eux, s’impatientent. L’année dernière, Pioneer a intenté un procès contre la Commission pour délai déraisonnable. Sa demande date de presque sept ans. Le mois dernier BASF a menacé de faire de même.
Arnaud Teullé, désavoué par l'UMP à Neuilly, devient inspecteur de l'éducation nationale par décret présidentiel
LeMonde avec AFP | 07.05.08 | 19h07
Après avoir été désavoué par l'UMP lors des élections municipales de Neuilly-sur-Seine, puis finalement battu par Jean-Christophe Fromantin, un dissident soutenu par le parti de la majorité, Arnaud Teullé, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, a été nommé au poste d'inspecteur de l'éducation nationale à l'académie de Paris, par décret présidentiel paru au Journal officiel du 4 mai.
Selon Le Figaro, le salaire de ce poste est de "3 800 euros mensuels, sans compter les primes et les avantages". M. Teullé, qui a été membre de l'équipe municipale de M. Sarkozy en tant qu'adjoint chargé des affaires scolaires, a écopé d'une suspension de trois ans de l'UMP en raison de sa candidature dissidente.
La droite s'était déchirée à Neuilly lors de la campagne municipale. Après le départ de l'ancien porte-parole de l'Elysée, David Martinon, la ville des Hauts-de-Seine a été le théâtre d'affrontements entre les camps d'Arnaud Teullé et de Jean-Christophe Fromantin. M. Teullé, qui bénéficiait du soutien de la mère et du fils du chef de l'Etat, avait perdu au second tour, ne recueillant que 38,33 % des voix.
L’occasion fait le baron
J.-L. P. - Le Canard Enchaîné du mercredi 7 mai 2008
Ils ont tout fait dans les règles. Oui, monsieur. Tout est en parfaite conformité avec la législation fiscale et la doctrine administrative en vigueur. Personne ne pourra dire qu’il s’agit de patrons voyous, de rapaces affreusement goulus, jouant aux limites de la légalité, de gros malins se goinfrant sans scrupules et jusqu’à plus soif. Ce sont des gens respectables, d’ailleurs, parmi eux se trouve le baron Seillière, ancien patron des patrons, autant dire un homme au-dessus de tout soupçon !
Le Monde (2/5) a raconté dans le détail comment une poignée de cadres dirigeants du groupe Wendel (groupe d’investissement héritier des maîtres de forges, dont le chiffre d’affaires est de 5,5 milliards, avec des intérêts dans le pétrole., le matériel électrique, la construction, (Saint Gobain) etc.), ont réussi, grâce à une délicate et très rusée suite d’opérations financières (vente et rachat d’actions, création de sociétés holding domiciliées dans une simple boîte aux lettres, fusion opportunément effectuée de manière à faire bénéficier les 950 actionnaires de la famille Wendel de la très utile loi Dutreil, permettant un abattement sur l’ISF, apparition d’une opaque société luxembourgeoise, le tout avec l’appui intéressé de la banque JPMorgan, etc.), ont réussi, donc, à s’en mettre plein les poches et les coffres et les tirelires. 324 milliards d’euros empochés grâce à la hausse des cours et des montages financiers sophistiqués, n’est-ce pas génial ?
Trois d’entre eux se sont taillés la part du lion : Jean-Bernard Lafonta, un énarque ancien conseiller de Ségolène Royal lorsqu’elle était ministre de l’environnement, comme quoi l’environnement mène à tout à condition d’en sortir, récupère 83 million ; le baron Seillière, l’homme qui voulait réconcilier les français avec l’entreprise, se réconcilie avec lui-même en s’offrant 79 millions ; et un dénommé Bernard Gautier se contente de 36 millions, le pauvre ! Du coup, certains membres de la smala Wendel se révoltent de devoir partager leurs dividendes avec de petits malins de financiers qui n’ont même pas du sang de maître des forges dans les veines.
De leur côté, les salariés du groupe d’édition Editis (Nathan, Robert Laffont, La Découverte, Le Robert, etc..), dont le group Wendel vient de se débarrasser vite fait quatre ans après l’avoir acquis, en encaissant au passage une très jolie plus-value (à l’époque, le baron avait promis de s’engager sur le « long terme »), se disent écoeurés de passer de main en main avec pareille désinvolture, et de voir leurs salaires stagner quand les actionnaires font de tels profits : mais qu’ont-ils compris au capitalisme financier ?
Quand à Christine Dutreil, directrice de la communication de Wendel et accessoirement épouse de l’ancien ministre Renaud Dutreil, qui fut aux manettes des PME et qui est aussi l’auteur de cette loi si bien utilisée sur l’ISF par les Wendel, elle a aussi participé à ce grand jeu de Lego financier : elle a ramassé quelque 8 millions d’euros en actions. Comme c’est curieux : les journalistes du « Monde » ont voulu l’interroger, et elle leur a répondu que tout cela relevait de sa vie privée ! En tout cas, il est rassurant de constater que, au moment où nombre de Français ont le moral et le porte-monnaie à plat, il en est pour qui, sous Chirac comme sous Sarkozy, elle reste belle, la vie !

Niches fiscales : le timide rapport de Bercy limite son analyse à cinq «privilèges».
Marie Vilain - LIBERATION : mercredi 7 mai 2008
Le 16 avril dernier, Christine Lagarde, ministre de l’économie, avait reconnu l’injustice du système des «niches fiscales» au cours de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.
Ces avantages, destinés à certains secteurs économiques et à certaines catégories de contribuables, permettent en effet d’échapper partiellement à l’impôt. La ministre annonçait ce jour là une étude à l’issue de laquelle serait décidée «l’opportunité de les supprimer ou de les plafonner.»
Bercy a remis son rapport, réalisé par l’Inspection générale des Finances, au Parlement ce matin. Il risque de décevoir, même dans les rangs de la majorité. Car le ministère limite son analyse à cinq niches fiscales, concernant les investissements outre-marins, la loi Malraux sur le patrimoine et le régime des loueurs en meublés professionnels. On est donc très loin d’une revue générale de ces avantages fiscaux, qui sont très nombreux (plus de 359 selon le ministère). Or ces dispositifs dérogatoires (déductions, exonérations, etc.) représentent quelque 50 milliards d’euros chaque année, soit 3% du produit intérieur brut (PIB) du pays. Rien d’étonnant à ce qu’on les appelle aussi les «dépenses fiscales», étant donné le manque à gagner pour les finances publiques.
Les «niches fiscales» les plus connues sont la prime pour l’emploi, la défiscalisation des intérêts du livret A, la demi-part supplémentaires pour les personnes élevant seules un enfant, les taux réduits de TVA pour certains secteurs ou encore les déductions pour les investissements dans l’immobilier locatif.
Les investissements, locatifs et productifs, dans les DOM-TOM, concernent 9 800 contribuables et représentent 550 millions d’euros par an d’affranchissement d’impôt. Dans le rapport du ministère de l’Economie, quatre scénarios de plafonnement sont avancés. Le gouvernement pencherait pour celui limitant les réductions d’impôts à 40 000 euros, ou (au choix du contribuable) à 15% du revenu imposable. Cette mesure rapporterait 168 millions d’euros à l’Etat selon le journal Les Echos du mercredi 6 mai.
Dans un communiqué à l’AFP, le ministère de l’Economie a indiqué que «sur la base des pistes étudiées dans le rapport» seront formulées «des propositions d’aménagement et de plafonnement de chacune des niches fiscales concernées.» Ces propositions seront soumises au Parlement dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances pour 2009.
Didier Migaud (PS), président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, a déclaré sur la radio RMC: «Il faut imaginer soit un plafonnement global - on ne peut pas réduire son impôt de plus de tant - ou bien une imposition minimale comme il peut en exister aux Etats-Unis, où les niches fiscales sont très nombreuses.» Selon lui, le plafonnement niche par niche n’empêchera pas les contribuables aisés de ses soustraire complètement à l’impôt sur le revenu. Didier Migaud prépare un rapport sur les «niches fiscales» pour la fin du mois.
La prescription ramenée de 30 à 5 ans au civil ?
NOUVELOBS.COM | 07.05.2008 |
Les députés ont voté la proposition de loi sénatoriale malgré l'appel du SM et de la CGT qui estiment que ce texte va compromettre l'ensemble des actions des salariés devant les prud'hommes.
Les députés ont adopté mercredi 7 mai dans la matinée une proposition de loi sénatoriale qui prévoit de ramener de 30 à 5 ans la durée des délais de prescription en matière de droit civil.
Les groupes UMP et Nouveau centre (NC) ont voté en faveur de ce texte. Les groupes socialiste, radical et citoyen (SRC) et de la gauche démocrate et républicaine (GDR, PC et Verts) ont voté contre.
En mars, un collectif composé notamment du Syndicat de la magistrature (SM) et de la CGT avait lancé un appel, affirmant que certaines mesures du texte "rendrait inopérante la lutte pour l'égalité de traitement et contre les discriminations", notamment en ce qui concerne l'ensemble des actions de salariés devant les prud'hommes.
"Ce texte simplifie et modernise le droit de prescription", a déclaré la garde des Sceaux, Rachida Dati qui a affirmé qu'il était "hors de question pour le gouvernement de restreindre le droit à réparation".
Seconde lecture au Sénat
Le Sénat, qui avait adopté ce texte en première lecture le 21 novembre dernier, devrait l'examiner en seconde lecture dans le courant du mois de juin.
Ce texte, présenté par le sénateur UMP Jean-Jacques Hyest et composé d'une vingtaine d'articles, prévoit notamment d'abaisser de 30 à 5 ans le délai habituel de prescription y compris en matière commerciale.
Le texte fixe à 10 ans le délai de prescription en matière de responsabilité pour les dommages corporels et à 20 ans pour les préjudices résultant d'actes de torture, de barbarie, de violences ou d'agressions sexuelles sur mineurs.
Un amendement sur l'action en réparation
L'Assemblée a retenu plusieurs amendements de sa commission des Lois dont celui qui fixe à 10 ans le délai de prescription pour les actions de responsabilité contre les constructeurs et leurs sous-traitants pour le gros-oeuvre et à deux ans pour les éléments d'équipements.
Un autre amendement a été voté qui dispose que l'action en réparation du préjudice résultant d'une discrimination "se prescrit par cinq ans à compter de la révélation de la discrimination" et qui précise que "les dommages et intérêts réparent l'entier préjudice résultant de la discrimination pendant toute sa durée".
Cadeau pour tous ceux qui ont les moyens de faire traîner les affaires en justice
Les pesticides omniprésents dans l'alimentation, en France
LE MONDE | 07.05.08 | 16h57
L'importance de l'exposition aux pesticides, notamment par voie alimentaire, est mise en évidence par deux études.
La première, réalisée par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et publiée fin avril, montre que 6 % des fruits et légumes testés présentaient des teneurs en pesticides dépassant la limite maximale de résidus (LMR).
La seconde, présentée mercredi 7 mai par l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris), conclut que "les enfants franciliens sont exposés à des pesticides variés, dont certains interdits depuis plusieurs années, alors que leurs parents ne sont pas professionnellement exposés".
Sur les 3 500 échantillons de fruits et légumes prélevés en 2006 par la DGCCRF, 55,6 % ne contenaient pas de résidus de pesticides. Des teneurs inférieures à la LMR ont été détectées dans 38,4 % de ces échantillons.
Mais, pour les légumes, 6,3 % des échantillons sont non conformes, car excédant la LMR. "Les dépassements concernent essentiellement les poivrons et piments, les lentilles et les aubergines", précise la DGCCRF, qui indique que "les salades, les pommes de terre, les endives, les carottes et les tomates ont un taux de dépassement de la LMR inférieur à la moyenne".
Les pesticides sont plus fortement présents dans les fruits : 58,6 % des échantillons comportaient des résidus à des teneurs inférieures au maximum autorisé et 5,5 % étaient non conformes. "Les dépassements concernent essentiellement les fraises, les mandarines, les poires. Les oranges, les avocats et les pommes ont un taux de dépassement de la LMR inférieur à la moyenne", note la DGCCRF.
Le pourcentage de non-conformité a très légèrement diminué par rapport à l'année précédente, passant de 6,7 % à 6 %, mais les données de l'année 2004 indiquaient un taux de 3,9 %. Pour François Veillerette, président du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF), ces chiffres "montrent l'urgence de mettre en application la mesure de réduction de l'usage des pesticides prise dans le cadre du Grenelle".
L'étude de l'Ineris, réalisée avec l'université Paris-V, a évalué l'exposition aux pesticides de 130 enfants répartis dans l'Ile-de-France, 73 vivant en pavillon et 57 en appartement. Un total de 31 composés (insecticides, herbicides et fongicides) a été pris en compte et les prélèvements ont été effectués dans l'air, sur les poussières au sol et sur les mains des enfants. Les produits du métabolisme des insecticides ont été recherchés dans les urines.
Au moins un produit de type pesticide se trouvait dans 94 % des logements : insecticide dans 93 % des cas, fongicide pour les plantes dans 30 % des cas et herbicide dans 32 %. Le lindane, un insecticide désormais interdit en France, était le pesticide le plus fréquemment retrouvé dans l'air (88 % des logements).
Le fait le plus marquant porte sur les pesticides organophosphorés : 70 % des enfants excrétaient au moins l'un des six métabolites urinaires des organophosphorés, alors que ceux-ci étaient détectés moins fréquemment dans l'environnement intérieur.
"Cela peut signifier qu'il existe une autre source d'exposition que celles que nous avons recherchées. Cela pourrait être la voie alimentaire, indique Olivier Blanchard, responsable de l'étude. Des prélèvements alimentaires seraient donc indispensables pour passer au stade des certitudes sur la voie alimentaire d'exposition aux pesticides."

Selon la DGCCRF, les dépassements concernent surtout les fraises, les mandarines et les poires
Sarkozy : vous avez dit discret ?
Mercredi 07 Mai 2008 – Marianne - Nicolas Domenach
Par «discrétion», Sarkozy n'est pas allé salle Gaveau. Mais la même semaine, sa Carla raconte leur vie quotidienne dans Paris Match!
Les meilleurs experts de la Sarkozye se sont donc lourdement trompés en annonçant sur le plateau d'Edition spéciale, sur Canal Plus, la venue probable de Sarkozy à la salle Gaveau. Plume et goudron pour le chroniqueur imprudent ? Hara-kiri en direct sur le plateau ? La punition publique sera sévère. Il faut avouer que comme ceux qui suivent et pour certains accompagnent et soutiennent Nicolas Sarkozy depuis des années, j'ai cru qu'il ne pourrait résister à l'appel des militants, à ce besoin de retrouver le contact physique et spirituel avec eux. Comme le conseiller élyséen Dominique Paillé, comme le Secrétaire général de l'UMP Patrick Devedjian, comme le député Frédéric Lefebvre qui le servit au plus près si longtemps, je m'imaginais qu'il faisait monter le suspense, qu'il ne pouvait se passer de sa famille partisane un jour d'anniversaire ni laisser François Fillon tenter de prendre encore davantage de place en chantant ses louanges.
Jusqu'à la dernière seconde, j'ai cru qu'il allait faire son effet surprise et surgir pour un de ses discours de campagne, genre dans lequel il excelle et, comme les militants, j'ai souri lorsqu'une Ferrari, ainsi que le raconte Le Figaro, est passée et que des plaisantins se sont écriés «Voilà le président ». Que nenni !
Cette absence avait un sens. Nous sommes au temps de la «discrétion», de la «présidentialisation», comme le disent les communicants élyséens, tel son chargé de presse Franck Louvrier. Le président ne fait plus de politique politicienne… « Il est au travail et non dans les festivités de mauvais aloi » !
Pas de bougie, pas de gâteau, plus de folies au Fouquet's, surtout pas de champagne quand les sondages sont en berne et donc pas question de faire de « Gaveau », même si les grands artistes comme les criminels retournent toujours sur les lieux de leurs exploits, ce ne sera pas pour cette fois !
Sarko se prend pour Kennedy : ça va mal finir !
J'aurais dû mieux écouter Claude Guéant le Secrétaire général de l'Elysée qui me confiait qu'ils ne recommenceraient plus l'erreur de trop multiplier les annonces et donc qu'un seul message à la fois suffisait. Celui de l'anniversaire était : le chef de l'Etat est au travail ! Il s'occupe de réformer le pays contre les immobilistes et conservateurs de tout bord mais surtout de gauche. D'un côté le mouvement, Lui, de l'autre l'immobilisme, eux. Et pour appuyer cette démonstration élyséenne, une certaine sobriété s'imposait, la fameuse retenue présidentielle, mais attention, éclairée par les yeux bleu lazuli de Carla Sarkozy. Car si le président se présidentialise, Carlita l'humanise…
L'opération «épouse parfaite» parfaitement réussie se poursuit en effet dans Paris Match cette semaine. Douze pages et la Une, plus que pour l'ami Fritzl le monstre autrichien qui n'a droit, lui, qu'à dix pages. Là, pas de discrétion ! De l'intimité sérieusement et largement mise en scène dans cet album photo de la vie élyséenne que Carla feuillette pour nous. Il y a bien sûr les images consacrées, les balises de ce nouveau parcours de reconquête de l'opinion : « le couple et Mandela, l'émotion », « avec le Prince Philippe, le charme », « avec les proches d'Ingrid Betancourt, l'espoir ». Carlita rédige elle-même les légendes, la légende du président qu'elle héroïse en même temps qu'elle le rend plus humain : « il est beau, intelligent, rassurant ». Nous voilà à nouveau convoqué au chevet du président, dans sa sphère privée qui ne nous regarde pas en principe. Nous voilà pris par les yeux, par la main et par les mots de Carla qui nous raconte sa rencontre avec Nicolas chez Seguela, qui confie « que le coup de foudre existe puisqu'elle l'a rencontré », qui n'appelle son mari que « mon amour » et qui entraîne la journaliste et le photographe de Match dans le bureau où Nicolas Sarkozy en costume sombre travaille bien sûr. « Pouvons-nous entrer mon amour ? » « Bien sûr, mais pour un quart d'heure pas plus ». Car Dieu est à l'œuvre pour le bien de l'humanité. D'ailleurs il ne se montre plus en train de courir ni de se distraire avec ses potes du show-biz. « Car les Français, explique-t-il, vivent mon moindre moment de détente comme une éternité ». « Le président n'a guère envie de plaisanter », souligne la journaliste qui relève aussi tout le bien amoureux que Monsieur dit de Madame : « Carlita mon ange » « Elle est si intelligente, si élégante, si belle ». Il l'aime, elle l'aime, ils s'aiment !
Divin divine. Tant d'amour chez les dieux de l'Elysée, ça se voit, ça éclate sur la photo… si joliment posée. Elle, l'ancien mannequin, assise sur l'accoudoir, tendrement, naturelle à ses côtés. On pense toujours aux images du couple Kennedy. La mythologie de Sarkozy. Il la vit, il la photographie. Comme si l'on pouvait retrouver sa jeunesse, ces années d'espérance où tout semblait possible, même la conquête de la lune. Kennedy-Sarkozy, ça se ressemble. Mais pourquoi semble-t-il avoir oublié que tout ça finissait en tragédie ?
L'offre « raisonnable » d'emploi fait débat
Anne Jouan Le Figaro - 06/05/2008
La rencontre de mardi dernier n'a pas levé les ambiguïtés. Et a conforté l'inquiétude des syndicats.
François Fillon a affirmé, mardi, à l'Assemblée nationale, que la dégressivité des indemnités de chômage qui seront mises en place pour les chômeurs refusant plus de deux offres d'emploi raisonnables serait l'un des moyens pour «atteindre le plein-emploi» d'ici à 2012.
Cette déclaration intervenait alors que, au même moment, à Bercy, la ministre de l'Économie et son secrétaire d'État chargé de l'Emploi recevaient les partenaires sociaux dans le cadre de la renégociation de l'assurance-chômage. Tous les trois ans, cette dernière doit être renégociée entre syndicats et patronat : en 2003, cela s'était traduit par des règles d'indemnisation plus restrictives. Mais la fusion en un seul organisme qui prendra effet le 1er janvier prochain de l'ANPE et des Assedic a permis au gouvernement de s'imposer dans la discussion de nouvelles règles. Son objectif est de renforcer les sanctions à l'encontre des chômeurs qui refuseraient deux offres «raisonnables» d'emploi.
Le plus grand flou
À la sortie de cette rencontre «tripartite» (à savoir ministère, syndicats et patronat), Christine Lagarde a estimé que les échanges avaient été «fructueux et riches». Du côté des syndicats, le son de cloche était bien différent. Le représentant de la CGT, Maurad Rabhi, a déclaré qu'il n'y avait de la part du gouvernement «aucun dialogue». Il a déploré que l'objectif soit «d'augmenter le nombre de travailleurs pauvres pour faire baisser le taux de chômage». Dans leur majorité, les syndicats regrettaient que la rencontre du jour n'ait pour unique objectif que de «faire croire à l'opinion que le gouvernement consulte les syndicats alors qu'il ne s'agit que d'affichage».
À propos de la définition de l'offre «raisonnable» d'emploi, le plus grand flou régnait à l'issue de la rencontre. Certains participants avaient compris que les sanctions tomberaient si le chômeur refusait la deuxième offre d'emploi proposée. Les autres ont cru entendre que les sanctions n'interviendraient que si la troisième était refusée, le texte remis aux syndicats notant tantôt l'un, tantôt l'autre ! Interrogé sur ce point, Laurent Wauquiez a indiqué que les sanctions s'appliqueraient si la deuxième offre était refusée. Mais cette version n'a pas été remise mardi par écrit aux syndicats. Certains fonctionnaires de Bercy estimaient que le flou était volontaire pour laisser une petite marge de manœuvre au gouvernement…
Quant à savoir si l'offre d'emploi «raisonnable» devrait être un CDI, un CDD ou un temps partiel, le ministère n'a pas répondu de manière définitive. Pour Laurent Wauquiez, il est préférable que cette précision ne soit pas apportée étant donné que certains chômeurs préféraient contracter un CDD.

