mardi 6 mai 2008
La ligue des droits de l’homme sonne l’alerte.
– Instantané - Libération du 06/05/08 –
Le rapport de la ligue des droits de l’homme qui sera rendu public demain, dresse un tableau alarmant de la situation en France après un an sous le régime Sarkozy.
1 - Une démocratie exemplaire ? « Rupture »… avec les valeurs républicaines !
On peut rompre avec tout et tous, sauf avec sa propre politique : les « lois Sarkozy » du précédent quinquennat sont toujours là. L’Etat est désormais géré comme une entreprise personnelle par un « président-soleil », dans une ambiance jet-set décomplexée. Le présidentialisme a muté en « monarchie élective », à laquelle aucune institution ne résiste : ni le gouvernement de « collaborateurs » à faire noter par un cabinet privé, ni le Parlement paraphant sa dose hebdomadaire de « réformes » ficelées, ni la justice dont la ministre explique qu’elle est rendue « au nom de la légitimité suprême des Français qui ont élu Nicolas Sarkozy pour restaurer l’autorité ».
« Ainsi veut le, roi, ainsi veut la loi » ? Et le peuple français se réduit-il à la majorité présidentielle ? Rupture, oui, mais dans la désinstitutionnalisation du pouvoir, l’autoritarisme personnalisé et la privatisation du politique. Rupture, au bout du compte, avec les valeurs républicaines.
2 - Les droits économiques et sociaux : prendre aux pauvres pour donner aux riches
Début 2008, les bases de protection du salariat ont été gravement sapées : l’accord signé par la plupart des confédérations syndicales autorise une rupture du contrat de travail « à l’amiable ». mais où est la protection promise en contrepartie ? Dans un système où le contrat et les accords primeront sur la loi, l’asymétrie dont bénéficient les employeurs mettra définitivement les les salariés dans leur main.
La LDH lutte pour améliorer le droit au travail, et le droit au logement effectif : plus que jamais, elle rappelle que les droits sont indivisibles et qu’il est beaucoup plus difficile d’être citoyen à part entière sans toit ni travail. L’entreprise de destruction de la sécurité du travail, la logique exclusivement capitaliste et spéculative, sont mortifères pour tous. Mais les premiers touchés sont les salariés, les chômeurs, les malades, les handicapés, les petits retraités… La baisse du pouvoir d’achat, la TVA et les franchises médicales pour eux et le paquet fiscal pour les riches , Injuste, trop injuste !
3 – Le droit à l’éducation et à la sûreté pour nos enfants : Fichons ces graines de délinquants !
Le fichier « Base-élèves » est un bon exemple des pratiques de fichage systématisé et du nouveau contrôle social. Tandis que le ministère de l’Education nationale fait le forcing pour convaincre les directeurs d’école de ses mérites, les parents d’élèves découvrent avec stupeur que ce fichier permettra de conserver pendant quinze ans quantité d’informations sur leurs enfants. Les décrets relatifs à la loi « de prévention de la délinquance » commencent à sortir et les maires sont désormais habilités à se constituer une base de données à partir des informations qu’ils auront récoltées auprès des directeurs d’école, des caisses d’allocations familiales et des inspecteurs d’académie.
La LDH et ses partenaires demandent que les différents fichiers qui relèvent de l’Education nationale fassent l’objet d’une information préalable aux parents, d’un débat démocratique sur leur contenu et présentent des garanties quand à la confidentialité et aux possibilité de centralisation ou d’interconnexion des données enregistrées. Une exigence minimale !
4 – Et les droits universels pour les migrants ? La traque et la peur pour des « sans-droits »
Baba Traoré qui s’enfuit à la vue d’un contrôle de police et qu’on retrouve noyé : voilà le dernier mort de la guerre que le gouvernement mène contre les sans-papiers. Préférant ignorer qu’une partie de l’économie du pays repose sur l’exploitation au travail de ces hommes et ces femmes de l’ombre, cette guerre est conduite au nom d’une idéologie, celle de la « menace » que ferait peser l’immigration sur « l’identité nationale ». Et d’un projet politique : fidéliser sur cette base l’électorat d’extrême droite. Cette idéologie mobilise comme jamais toutes les préfectures, encouragées à faire du chiffre, au détriment de l’examen des situations humaines, et les forces de police, entraînées vers des dérives qui traumatisent nombre de fonctionnaires : arrestations au domicile et en préfecture, rafles, brutalités dans les centres de rétention…
Mais elle suscite aussi ses objecteurs de conscience et ses résistants : les sans-papiers eux-mêmes, qui luttent pour leurs droits et les citoyens, ces « innombrables » qui refusent la Xénophobie d’Etat et dont la solidarité dessine un autre visage de notre société.
5 – La sûreté pour tous ? La prison pour toute réponse !
Nicolas Sarkozy chantre de la réforme a échoué sur l’économique et le social. Alors, il alourdit la politique sécuritaire qu’il menait déjà depuis 2002. Ca coûte moins cher et ça paie plus. En cinq ans, quarante lois ont bouleversé le Code de procédure pénale et trente ont désarticulé le Code pénal. Les principes fondamentaux de la responsabilité pénale et des garanties judiciaires s’estompent. Au point que, lorsque le timide Conseil constitutionnel ose rappeler cette pierre angulaire de notre droit qu’est le principe de non rétroactivité des lois, le Président s’en offusque et tente de le contourner.
Rien ne prouve que cette frénésie législative ait fait baisser la délinquance ; mais depuis l’élection présidentielle, le nombre de détenus est passé 60 571 à 63 211 – pour toujours 50 207 places. Le contrôleur général des prisons n’est toujours pas nommé et la loi pénitentiaire s’éloigne. Mais on construit de nouvelles prisons, y compris pour les enfants.
6 – La France des droits de l’homme dans le monde ? Atlantisme et ethnocentrisme !
En fait de droits de l’homme, la politique étrangère de Nicolas Sarkozy mêle un immobilisme qui l’entraîne à choyer les « amis » habituels, fussent-ils peu fréquentables, et une démarche qui le rapproche de la guerre des civilisations. Derrière la façade des états d’âme de la secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, rien n’a changé dans les rapports entre Paris et les vieux clients fournisseurs de la France que sont Ben Ali, Bongo, Sassou Nguesso et tant d’autres. En revanche, le retour dans le giron atlantiste s’accompagne d’un discours sur le monde musulman qui le désigne comme l’ennemi des valeurs du monde occidental, et d’un discours sur l’Afrique qui reproduit les clichés coloniaux les plus éculés. Le choc des civilisations et le complexe de supériorité résument la vision de Nicolas Sarkozy, comme son ministère de l’Identité nationale en fait foi, jusqu’à la nausée : politique étrangère et politique intérieure se rejoignent dans l’inacceptable.
Les travailleurs pauvres touchés par les coupures d’électricité
Libération : samedi dimanche 3-4 mai 2008 ALICE GÉRAUD
Etude. Dans le Rhône, selon une association, EDF n’a pas respecté la trêve hivernale.
C’est un aspect de la précarité méconnu. Plus de 200 000 procédures de coupures d’électricité pour impayés seraient engagées chaque année en France, selon la CGT. Certaines ne durent que quelques jours, d’autres des semaines, voire plusieurs mois. EDF ne communique pas les chiffres exacts. «C’est une réalité que tous les agents connaissent depuis longtemps, mais il y a une sorte de déni d’EDF sur cette question» , dénonce Alan Loffreda, président de l’association lyonnaise Droit à l’énergie-Stop aux coupures-69.
Dettes. Pour tenter de connaître le public touché par ces coupures et comprendre comment ils en sont arrivés là, l’association a étudié le cas d’une centaine de ces privés d’électricité dans le département du Rhône. Ceux qui durant un an ont fait appel à l’association. «On retrouve des gens qui cumulent plusieurs difficultés, et pour qui un rappel de consommation devient impossible à payer», explique Alan Loffreda.
Selon l’étude, ceux qui se retrouvant sans électricité ne sont pas uniquement des personnes en grande exclusion mais pour beaucoup des salariés travailleurs pauvres (37 % des cas) ; 30 % sont des familles monoparentales, 15 % des couples avec enfants. Les foyers scrutés dans cette étude ont en moyenne 792 euros d’impayés pour un revenu moyen de 774 euros. Ils cumulent souvent d’autres dettes, notamment des dettes de loyer.
Par ailleurs, l’étude démontre que plus d’un tiers des coupures intervient en période dite de trêve hivernale, du 1er novembre au 15 mars. «Concrètement, cela veut dire que des familles avec enfants se retrouvent sans lumière, sans chauffage durant des semaines, parfois des mois, en plein hiver. C’est inacceptable de la part d’une entreprise qui a mission de service public», dénonce Alan Loffreda.
Pour EDF, «une grande partie de ces coupures est le fait de négligences car il existe un système permettant aux clients qui rencontrent des difficultés, soit d’étaler leur paiement, soit d’être orientés vers des services sociaux qui pourront les aider», explique Olivier Guerand, directeur clients pour le secteur Rhône-Alpes Auvergne.
Complexes. Sauf que, comme le démontre habilement l’étude de Stop aux coupures, le montant moyen des aides (172 euros) est très insuffisant par rapport aux dettes, et les procédures souvent longues pour les usagers qui y ont droit. Or, en cas d’impayé, la coupure intervient deux mois après réception de la facture.
Dix-huit mois à la bougie pour 314 euros

Libération A.Gd.
Parce qu’ils n’ont pas réussi à payer leurs factures d’électricité, ils ont vécu des mois sans lumière ni chauffage.
Hocine, plus d’un an dans le noir - Hocine, 52 ans, a passé dix-huit mois sans électricité. Il n’avait pas payé sa facture EDF. Travailleur pauvre, il enchaîne depuis des années les contrats aidés à temps partiel avec des salaires n’ayant jamais excédé les 700 euros. Il y a deux ans, il reçoit une facture d’électricité de 314 euros qu’il ne peut pas payer.
Il contacte les services sociaux pour demander un soutien financier. On lui accorde une aide de 150 euros au titre du FSL-énergie (fond de solidarité pour le logement). Il se présente chez EDF avec cette somme et demande un échéancier mensuel de 30 euros pour payer le reste.
Refus d’EDF qui lui explique qu’il faut régler d’une traite la somme restante. Hocine, déjà en situation de surendettement de loyer, perd pied. Durant un an et demi, il se clochardise et ne rentre plus dans son appartement, un minuscule et sordide studio HLM dans le centre de Lyon, que pour dormir. Il n’a plus de chauffage et s’éclaire à la bougie. Jusqu’au jour où une amie l’oriente vers l’association Stop aux coupures qui lutte pour l’interdiction des coupures d’énergies. Son cas va alors se régler en quelques semaines.
Barbara, usagère illégale - Barbara, 38 ans, vit seule avec sa fille de 9 ans dans un quartier résidentiel de Lyon. L’appartement est coquet. Sur une table basse, la télé est allumée. Pourtant, Barbara n’a officiellement plus d’électricité ni de gaz depuis le mois de juin. Grâce aux Robin des bois de l’énergie, collectif de salariés du secteur public qui rétablissent en douce l’électricité aux usagers, elle a finalement retrouvé lumière et chauffage. En toute illégalité.
Après une période de quelques mois de chômage, la jeune femme s’était endettée. Plusieurs prélèvements ont été refusés par sa banque. «C’est le grain de sable qui enraye toute la machine. On commence par plus pouvoir payer une facture, puis une autre, puis le loyer», explique-t-elle.
Barbara avait un arriéré de 1 400 euros auprès d’EDF-GDF. Elle travaille à temps partiel dans le secteur médical. Elle gagne 476 euros et touche en complément 456 euros de l’Assédic. Elle envoie régulièrement des mandats de 50 euros pour éponger ses dettes. Chaque soir, lorsqu’elle rentre avec sa fille, elle a pris l’habitude de sonner, pour vérifier qu’il y a bien de l’électricité chez elle.
LCR Besancenot : Taser dément toute implication dans son espionnage !
NOUVELOBS. | 06.05.2008 |
Le porte-parole de la LCR aurait été mis sous surveillance par une officine privée. Il a porté plainte pour "qu'une enquête soit faite" et "pour savoir qui sont les commanditaires".
"Mises en fiches" - Selon l'Express, qui aurait obtenu copie du rapport de surveillance, la vie d'Olivier Besancenot et de sa compagne aurait été "épiée, disséquée et mise en fiches par une officine de renseignement privée" d'octobre 2007 à janvier 2008.
Une note résumerait les premières investigations sur le couple, jusqu'à l'emplacement exact de son appartement, tandis qu'une autre donne les détails de leurs comptes bancaires. (Reuters
Le directeur général de Taser France dément mardi 6 mai toute implication dans la filature et la surveillance dont le porte-parole de la LCR, Olivier Besancenot, aurait fait l'objet pendant plusieurs mois.
"On est tombés des nues. On n'a jamais demandé à suivre M. Besancenot. Dans quel but ? Sa vie privée ne nous regarde pas, on a autre chose à faire", a déclaré Antoine Di Zazzo à Reuters.
La Ligue communiste révolutionnaire a décidé lundi de porter plainte contre X après les informations de l'Express affirmant que l'ex-candidat à la présidentielle a été espionné pendant plusieurs mois par une officine privée de renseignement.
L'hebdomadaire a émis l'hypothèse selon laquelle l'affaire trouverait son origine dans le contentieux opposant Olivier Besancenot à la société commercialisant un pistolet à impulsion électrique, le Taser. Lors de la campagne pour la présidentielle de 2007, le porte-parole de la LCR, craignant une utilisation massive et dangereuse, avait estimé que cette arme était responsable de "150" décès aux États-Unis.
Les dirigeants de Taser, qui assurent qu'elle se révèle inoffensive pour la vie humaine, ont intenté une procédure en diffamation contre Besancenot et l'audience doit avoir lieu en juin.
"Surprise et révolte" - "Notre demande en justice est très précise, nous avons demandé à M. Besancenot quelles sont les éventuelles victimes du taser, nous voulons les noms, c'est tout", a dit Antoine Di Zazzo.
"Qu'il nous les donne par lettre recommandée, par téléphone ou à travers les médias, c'est la seule chose qu'on lui demande", a-t-il ajouté.
Interrogé lundi dans le journal de 20 heures de France 2, Olivier Besancenot a fait part de sa "surprise", de sa "révolte" et demandé que la "lumière soit faite" dans cette affaire.
"Je souhaite savoir si cette filature (...) a eu lieu, si oui qui l'a faite et puis dans ce cadre-là pouvoir m'exprimer un minimum, je pense que ce serait la moindre des choses", a-t-il déclaré.
À la question de savoir qui pourrait être à l'origine de ces agissements, il a répondu : "Je n'en sais strictement rien".
Anniversaire - L'Abécédaire du président
LE MONDE | 05.05.08 | 14h10
Attali (Jacques). Expert et ancien conseiller de François Mitterrand, devenu la tête de turc des députés UMP depuis la remise de son rapport sur la "libération de la croissance française", le 23 janvier. "On lui a demandé un conseil, c'est déjà beaucoup d'honneur compte tenu de son parcours. On ne lui en demande pas plus." (Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale).
Afrique, antisarkozysme, argent, armée, atlantisme, Audimat, audiovisuel
Bling-bling. Tendance du hip-hop américain revenue en force à l'aube de l'an 2000, accessoires clinquants à la clé. "Lunettes Ray-Ban, chaîne en or, chronographe Breitling au poignet : comme (les rappeurs), le candidat de l'UMP aime les marques, le luxe, ce qui brille. Bref, ce que, dans la mythologie hip-hop, on appelle le "bling-bling"." (Le Point du 3 mai 2007)
Banlieues, Benoît XVI, Besson, Blum, Bolloré, bouclier, Bruni, Bush
Carla, Cécilia. "Cécilia, c'est mon seul souci", assurait le président nouvellement élu. "Entre Carla et moi, c'est du sérieux", a-t-il affirmé le 8 janvier, avant de se marier, le 2 février à l'Elysée, avec Carla Bruni-Tedeschi, 40 ans.
Changement, Chine, chômeurs, commissions, couacs, couple, courage
Femmes. "Je voudrais leur dire qu'elles sont belles", déclare le président, le 14 juillet 2007, au sujet de Cécilia et de ses deux filles. "Très belles", dira-t-il de Rachida (Dati), Rama (Yade) et Christine (Lagarde), en prenant un verre avec des journalistes au bar de l'Hôtel Willard, à Washington.
Fidèles, Fillon, Fouquet's, Françafrique, France, Front national
Guaino (Henri), Guéant (Claude). Entre le conseiller spécial de M. Sarkozy et le secrétaire général de l'Elysée, les relations sont tendues. Le premier, auteur des grands discours de campagne, se heurte au réalisme du second, qui joue les "premier ministre bis". Souvent désavoué, Henri Guaino s'accroche à son poste. De plus, le président tient à l'un comme à l'autre, ce qui lui donne l'illusion du choix.
Gouvernement, grogne
Hyperprésident. Forgé au début de son mandat, ce néologisme désigne sa capacité à être sur tous les fronts à la fois : à la table de négociation du G8 comme dans un hangar d'une usine de province. Depuis, il a raréfié ses apparitions, mais pas au point d'être devenu un "infraprésident".
Hallyday, Hirsch, Hortefeux
Khadafi. Il a chassé dans la forêt de Rambouillet, et reçu ses invités dans une tente installée dans la cour de l'hôtel de Marigny, en face de l'Elysée. Cette visite accordée au guide de la révolution libyenne après la libération des infirmières bulgares a terni la promesse sarkozyenne de ranger la France "du côté des opprimés du monde". "Notre pays n'est pas un paillasson (...). La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort" (Rama Yade, secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, au Parisien, le 10 décembre 2007).
Laïcité. Trois discours du président en trois mois - à Rome, Riyad et Paris - ont bien failli réveiller la "guerre des deux France". Son éloge d'une "laïcité positive" et sa conviction de l'apport des "croyants" à la République ont suscité des inquiétudes. Mais le chef de l'Etat n'a entrepris aucune réforme de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat.
Libéral, Libye, luxe, lycéens
Mittal. En début d'année, ArcelorMittal annonce à l'usine de Gandrange (Moselle) la suppression de 595 emplois sur un millier. Le 4 février, Nicolas Sarkozy prononce sur place des mots sans ambiguïté : "Soit nous arrivons à convaincre Lakshmi Mittal (le président du groupe) et nous investirons avec lui, soit nous trouvons un repreneur et nous investirons avec lui." Deux mois plus tard, il ne sera plus question d'investissement de l'Etat.
Mai 68, médias, méthode, Môquet, morale, multirécidivistes
Neuilly. Commune très huppée des Hauts-de-Seine, ex-fief de Nicolas Sarkozy, transformée en "Dallas-sur-Seine" le temps d'une campagne municipale. Héritier désigné du président, le porte-parole de l'Elysée, David Martinon, a été trahi par le fils du chef de l'Etat, Jean Sarkozy, puis désavoué par le père, qui l'a congédié du Palais.
Ouverture. Bernard Kouchner, le plus célèbre des French Doctors, promu ministre des affaires étrangères d'un gouvernement de droite, a été la plus belle "prise" de Nicolas Sarkozy à la gauche. Les ralliements de Jean-Pierre Jouyet, ancien directeur adjoint du cabinet de Lionel Jospin, et d'Eric Besson, ancien secrétaire national à l'économie du Parti socialiste, sont moins "grand public" mais tout aussi déstabilisants pour le PS. Martin Hirsch, ancien président d'Emmaüs France, et Fadela Amara, fondatrice de Ni putes ni soumises, complètent ce tableau de chasse.
Objectifs, OGM, omniprésident, opposition, otages, OTAN
Pauv'con (Casse-toi...). Réplique du président au Salon de l'agriculture, le 23 février, lancée à un homme qui avait refusé de lui serrer la main pour ne pas être "sali". La scène a été visionnée par plus de 3 millions d'internautes. "J'aurais mieux fait de ne pas lui répondre", concédera ultérieurement M. Sarkozy au Parisien.
Pape, peuple, police, portable, pouvoir, pouvoir d'achat, promesses
Rupture. Le mot magique de sa campagne. Pour Sarkozy, il fallait rompre avec tout : le modèle social, le style présidentiel de ses prédécesseurs. Ainsi le voit-on grimper les marches de l'Elysée en short et chaussures de jogging en mai. Un an plus tard, il court dans le parc à l'abri des regards.
Recadrer, réformes, religion, République, retraites, rigueur, rythme
Salaire. Le salaire mensuel de Nicolas Sarkozy a été revalorisé fin octobre de 172 %, de 7 084 à 19 331 euros net, afin de l'aligner sur celui de ses homologues étrangers et de ne pas gagner moins que Jacques Chirac, qui cumulait son salaire avec ses différentes retraites. "Ce n'est pas une augmentation des revenus du président, c'est une diminution de l'ordre de 15 à 20 %", a plaidé Laurent Wauquiez, le porte-parole du gouvernement.
Scénario, sécurité, Ségolène Royal, show-biz, sondages, stratégie, style
Yacht. La "retraite" qui devait permettre à M. Sarkozy d'"habiter la fonction de président et prendre la mesure de la gravité de la charge" eut lieu du 7 au 9 mai 2007, sous la forme d'une escapade pour milliardaire, à bord du yacht de son ami, l'homme d'affaires Vincent Bolloré. "L'hospitalité fait partie de nos valeurs", expliqua le PDG du groupe homonyme.

UMP : les Jeunes Pop font pshitt!
Marianne - Mardi 06 Mai 2008 - Pauline Delassus
Où sont passés tous ces jeunes qui fêtaient avec tant d'enthousiasme la victoire de Sarkozy, place de la Concorde, il y a un an? Nul ne le sait. Une seule chose est sûre : ils ne sont plus chez les jeunes UMP, qui connaissent une désaffection sans précédent.
90% des Jeunes Populaires n'auraient pas renouvelé leur adhésion en 2008. C'est ce qu'a annoncé Roger Karoutchi le 29 mars dernier au siège parisien de l'UMP lors d'un débat sur l'engagement des jeunes en politique. Seuls 10%, donc, resteraient fidèles au mouvement des jeunes de la majorité. A ce niveau-là, ce n'est plus de la désaffection : c'est la débandade! Les Jeunes Pop contestent : «Nous comptons 30% de renouvellement d'après nos chiffres maison» explique l'une des responsables. Et Fabien de Sans Nicolas, le Président des Jeunes Populaires, d'ironiser : «M.Karoutchi a toujours été meilleur en relation parlementaire qu'en calcul». «En mars, poursuit-il, un tiers ont renouvelé leur adhésion. Au premier trimestre, ce chiffre est normal et va augmenter tout au long de l'année. On observe par contre que c'est en Ile-de-France que les chiffres baissent, un quart seulement (23%) y ont repris une carte cette année.» Avant de souligner qu'en tant que conseiller régional d'Ile-de-France, Roger Karoutchi saura prendre les mesures nécessaires pour enrayer cette baisse. L'enjeu est d'autant plus crucial que Paris est la fédération la plus importante (devant les Hauts-de-Seine), avec 6800 des 45 000 adhérents en France selon les informations officielles, dont 15 000 nouveaux depuis la campagne présidentielle.
Ouverture et diversité
Camille Bedin, étudiante à l'IEP Paris et une des responsables des Jeunes Pop Grandes Ecoles, affirme quant à elle ne pas ressentir cette baisse : «Nous comptons 2000 sympathisants et ce chiffre ne cesse d'augmenter depuis un an.» Mais en réalité, impossible de savoir combien les grandes écoles comptent d'encartés : seuls les sympathisants, présents sur les mailing-lists, sont comptabilisés. Les chiffres communiqués par Roger Karoutchi ? Camille Bedin se refuse à les commenter. «L'attente de débats et de réforme est grande chez les jeunes, peut-être que les politiques ne savent pas nous parler», finit-elle par concéder.
Même si Sciences Po Paris et les écoles de commerce restent les principaux nids de jeunes UMP, la jeune femme insiste sur un point : la diversité. «Les adhérents viennent de plus en plus de divers horizons, des grandes écoles comme de la fac», précise-t-elle. Et bientôt des cités? Faut pas rêver…
La seule bonne note du gouvernement: 10 sur 10 en récitation
Marianne – 06/05/08 – Sylvain Lapoix
Depuis deux jours à la radio, les ministres débitent leur leçon : ils mènent un «projet à long terme», «conforme au programme» dans le «camp de la réforme». Marianne2 vous offre la partition de ce concerto de marketing politique en temps de crise.
A l'école primaire, c'était un jeu de cancres : pendant la récréation, chacun se voyait attribuer un mot - de préférence difficile, comme ornithorynque, potiron ou Marlon Brando - qu'il devait placer pendant une de ses interventions en cours. Au gouvernement, c'est au contraire devenu un jeu de bons élèves. Chaque fois qu'ils répondent en direct aux questions des journalistes, les ministres doivent placer des expressions toutes faites et des concepts élaborés par les services de communication de l'Elysée afin de faire passer à l'opinion le message suivant : «tout va bien, nous maîtrisons la situation.» En jargon de marketing politique, on appelle ça le wording et, entre le dimanche 4 et le lundi 5 mai, pas moins de cinq membres du gouvernement ont récité, au mot près, le petit compliment élyséen pour répondre à la crise de confiance des Français.
Xavier Bertrand sur RTL : premier de la classe en récitation
Argument 1 : Les réformes prennent du temps (environ 5 ans)
Le boulot avait été, il est vrai, largement facilité par les journalistes : le 6 mai (anniversaire de l'élection de Nicolas Sarkozy) approchant, ils n'avaient tous que le mot «bilan» à la bouche. D'où la réponse unanime des ministres interrogés : «nous avons engagé une action sur le long terme.» Un long terme qui dure… 5 ans, évidemment! Pédagogue sur RTL, lundi matin, Xavier Bertrand invitait ainsi Jean-Michel Aphatie à imaginer «une maison à construire en 5 ans. Au bout d'un an, ce n'est pas fini.» Plus joueur (tendance turfiste), Eric Woerth, au Grand rendez-vous Europe 1-TV5 Monde-Le Parisien Aujourd'hui en France, expliquait qu'il faut tenir compte de la «contrainte de temps» avant d'ajouter que, comme aux courses de chevaux, «il ne faut pas être premier 400 mètres avant l'arrivée.» Lapidaire, Fillon, interrogé sur France Info lundi matin, soulignait que «le bilan, c'est à la fin du quinquennat.» Et toc !
Argument 2 : Tout était dans le programme et on applique le programme.
Deuxième grand classique du wording : s'appuyer sur la légitimité tirée des urnes. Chacun des ministres s'est donc fait fort de rappeler que les réformes «respectent les propositions de campagne», comme le disait Brice Hortefeux sur France Inter lundi matin. Et de s'adosser au «contrat moral» passé avec les Français, comme François Fillon : «nous tenons nos engagements par rapport à l'élection présidentielle.»
Brice Hortefeux sur France Inter : subtilement conforme au wording de l'Elysée
Argument 3 : Les Français s'impatientent car ils veulent des résultats.
Cet argument-là est une vulgaire reprise du wording du second tour des municipales. Les sondages et autres enquêtes d'opinion largement défavorables au Président et à son action auraient pourtant de quoi contredire cet optimisme, non? Eh bien non. Pour les membres du gouvernement, c'est évident : ce que cherchent à dire les Français à travers les sondages, c'est «plus vite, plus fort». C'est «l'impatience face aux résultats», comme l'a si bien dit Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM), invitée du Grand jury RTL. Xavier Bertrand a d'ailleurs enfoncé le clou : «Le message des Français nous l'entendons : plus vite les résultats».
Et François Fillon d'ajouter : «que les réformes passent mal, ça n'a rien d'anormal, c'est le contraire qui serait étonnant». Car, voyez-vous, selon le Premier ministre, on a tant attendu pour mettre en oeuvre ces grands changements que désormais le gouvernement fait tout, très vite, d'où des «crispations» - le mot préféré de Fillon lors de son interview sur France Info. Il arrive quand même que les sondages soient favorables aux réformes. C'est le cas dans le Figaro de lundi, qui publie une enquête d'Opinion way (qui l'eût cru?) où on apprend que les Français trouvent qu'allonger la durée de cotisation pour les retraites «va dans le bon sens». Alors là, Fillon se décrispe, oubliant au passage combien c'est, selon lui, «anormal»…
Argument 4 : Il y a maintenant deux camps : les conservateurs et les réformateurs.
Grande nouveauté de l'argumentaire prémâché : les ministres font désormais de l'exégèse de politique politicienne. Chacun d'entre eux nous a offert sa version perso du crédo : «le nouveau clivage se fait entre les conservateurs et les réformateurs.» Répété quasi-textuellement par Bertrand et Hortefeux, il est plus fleuri dans la bouche d'Eric Woerth : «la grande réussite des socialistes, c'est d'avoir l'immobilisme au coeur de leur combat», s'est permis le ministre du Budget, épinglant notamment Julien Dray. On pourrait d'ailleurs trouver un parallèle amusant entre ce nouveau slogan et celui qu'ont déniché les jeunes militants de l'UMP Grandes écoles pour commémorer Mai 68 à leur façon : «40 ans après, la jeunesse qui bouge a changé de camp.» Mais il s'agit, bien sûr, d'une simple coïncidence...
Argument bonus sur les retraites : Le gouvernement ne fait qu'appliquer la réforme de 2003 !
Dernier détail amusant : pressés de se justifier sur la réforme des retraites qui doit amener à 41 le nombre d'annuités de cotisation pour une retraite à plein taux, Xavier Bertrand et François Fillon ont brandi comme une évidence le fait qu'il ne s'agissait là que de l'application de la réforme de 2003 ! Alors avis aux sondés du Figaro/Opinion Way : les bonnes idées du gouvernement, elles ne sont même pas de lui !
Doux : une nouvelle « fiche » fâche la CGT
Ouest-France – 06/05/08 - Jean-Pierre LE CARROU
Le groupe volailler Doux (6 000 salariés) veut mettre en place une procédure pour repérer tout comportement jugé anormal parmi son personnel.
QUIMPER. - Les représentants du personnel sont consultés au sujet de l'instauration d'une « fiche de constat ». Ce document doit permettre à l'encadrement de décrire, de manière détaillée, les manifestations d'éventuels troubles du comportement d'un salarié : agressivité, perte d'équilibre, trouble d'élocution, somnolence... « Le tout doit être transmis au directeur du site, au médecin du travail, avec le nom des éventuels témoins. Une question aborde la fréquence de ces incidents » rapporte Raymond Gouiffès, élu CGT.
Pour nous, c'est une incitation à la délation ! Et nous ne l'acceptons pas ». La direction conteste cette analyse : « Cette fiche concerne les comportements liés à la consommation d'alcool, de drogue, de psychotropes » assure Marine Champon, directrice de la communication du groupe Doux. Il s'agit d'assurer la sécurité du salarié et celle de ses collègues. Cette fiche formalise une façon de réagir face à ce genre de difficultés. » Pour autant, Doux affirme que l'entreprise n'est pas, plus qu'une autre, soumise à ce genre de problèmes.
La CGT fait le rapproche- ment avec un article du « code d'éthique » de l'entreprise, qui avait suscité un vif débat, à l'automne 2006. Cet article incitait les salariés à alerter la hiérarchie s'ils avaient connaissance d'un acte contraire à ce code.
A Lyon, (Ma)sacre de l'Empereur pour l'anniversaire de Nicolas Sarkozy
Libélyon - 05/05/2008
CROIX ROUSSE - La Croix rousse avait entrepris, depuis le 1er mai, de reprendre possession de la rue, pour y chercher de nouvelles formes d'intervention militantes et artistiques. Vint alors ce dimanche 4 mai, à deux jours du premier anniversaire de Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Il était convenu de sacrer l'Empereur, de façon très éphémère. La journée démarrait devant la mairie du IVe arrondissement, sous un soleil motivé...
Pour commencer l'après-midi, une petite "manif de droite". Quelques dizaines de participants au départ, certains déguisés. En paroissiens propres sur eux, longue croix en sautoir. En quasi scouts d'Europe, chaussures de randonnée et chaussettes de laine épaisse. Quelques-un en costume, Marue-Chantal en boa. Et des pancartes savoureuses. "La retraite, c'est pour les lopettes", "Les chômeurs, rentrez chez vous", "TF1 sur toutes les chaînes", "Police partout, Justice plus tard". Ou encore "Afrique, paie ta dette aux pays occidentaux". Avant le départ, le crieur public de la Croix rousse, qui joue le rôle du futur Empereur, déclame un long discours, largement inspiré de textes réels de Nicolas Sarkozy. La foule acclame. Puis prend la route.
Bazooka. Chemin cheminant, les slogans résonnent dans les rues d'un Lyon très désert en ce long pont du 1er mai. "Prolo, t'es foutu, les bourgeois sont dans la rue." Quelques familles en ballade rigolent, s'interrogent. "Bigard, Bigard, ha ha ha !" L'ambiance est bon enfant, la Clow's army" encadré le bon peuple de droite, avec bazooka en carton, pistolets à eau, arc en plastique, nez rouges et treillis déchirés. La troupe descend la montée de la Grand'côte, pour plonger vers le bas des pentes. La rues est plus fournies, les commerçants applaudissent au passage. La veille, pour la répétition, les manifestants étaient si nombreux que le second degré perçait mal dans le centre-ville. Et certains participants sont revenus traumatisés d'avoir été pris au sérieux.
La bande arrive à présent en bas des pentes. "Si t'aime bien Raffarin tape dans tes mains !, si t'aimes bien Raffarin tape dans tes mains...", puis sur le même air "Si t'aime pas les écolos casse un vélo ! Si t'aime pas les écolos casse un vélo...". La manifestation marque une halte devant l'église de scientologie. Quelques fidèles voient arriver inquiets ce cortège, notamment les clowns en treillis. Mais rien à craindre aujourd'hui. Le futur Empereur Nicolas se contente d'un discours qui n'en finit pas sur le pas de la porte. La foule scande : "Tom Cruise avec nous ! Tom Cruise avec nous !".
Constituante. Le sacre approche. Encore une volée d'escalier et c'est la place des Terreaux, où un long tapis rouge attend. Deux voitures de police rappliquent, les occupants observent et écoutent, visiblement interloqués par les slogans. "Nous sommes fiers ! Des violences policières !" Nicolas grimpe en haut des marches de l'hôtel de ville, suivi par une Carla vêtu de blanc et d'une guitare. Nouveau (très) long discours sous le soleil. La sono fait des siennes, le son disparait souvent, et foule scande alors : "Intermittents, fainéants!" Puis la couronne arrive, se pose sur la tête de Nicolas. Et Guignol surgit alors, pour une bastonnade en règle. Le corps de Nicolas dévale les marches, la foule brise les pancartes. Et le cortège rejoint l'amphithéâtre des trois Gaules, pour une Assemblée constituante.
Qui veut espionner Olivier Besancenot?
Placide - http://www.leplacide.com/
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"Pendant plusieurs mois, d'octobre 2007 à janvier 2008, au moins, la vie d'Olivier Besancenot a été épiée, disséquée, mise en fiches par une officine de renseignement privée", affirme l'Express.fr qui dit avoir eu connaissance d'un "rapport de surveillance" rédigé par cette officine. Selon l'Express, "une note confidentielle du 25 octobre résume les premières investigations sur le couple". "Un document du 14 décembre recense les numéros de comptes de Besancenot et de sa compagne". Dans un communiqué, la Ligue Communiste Révolutionnaire "condamne ces pratiques de barbouze qui auraient bénéficié, d'après cet hebdomadaire, de complicités bien placées". Selon l'Express, "l'affaire trouverait son origine dans le contentieux opposant Olivier Besancenot à la société SMP Technologies, distributeur exclusif en France du pistolet à impulsion électrique Taser". SMP a attaqué en justice, pour diffamation, Olivier Besancenot, qui avait affirmé que le Taser avait causé 150 morts aux Etats-Unis. L'audience est prévue en juin. |
L'Eglise réformée de France préoccupée par les quotas d'expulsion
05/05/2008 – France infos - AFP
TOULOUSE - L’Église réformée de France (ERF, 1ère église protestante) a mis en garde, lors d’un synode national réuni à Toulouse, contre "les conséquences de la politique actuelle du chiffre et des quotas d’expulsion" des sans-papiers, selon un communiqué diffusé lundi.
Le synode, réuni du 1er au 4 mai, "attire l’attention des Eglises et de leurs membres sur les conséquences de la politique actuelle, du chiffre et des quotas d’expulsion, dont les effets sont contraires aux convictions chrétiennes et peuvent être dramatiques pour des étrangers qu’ils côtoient dans leurs paroisses, au travail ou ailleurs", indique le texte. Il "attend que les pouvoirs publics, face à la revendication des salariés sans-papiers, proposent, dans la clarté des procédures comme des conditions, des solutions humaines qui garantissent l’égalité de chacun devant la loi et son application". Le Synode "s’élève" également contre le projet de directive européenne qui prévoit une harmonisation juridique avec une rétention pouvant aller jusqu’à 18 mois. Ce projet de directive "banalise l’enfermement des étrangers ayant eu un refus de séjour ou d’asile en Europe" et "entraînerait un traitement inhumain des personnes, contraire à l’Evangile", estime-t-il.
Quelque 250 délégués, pasteurs ou laïcs, ont participé au 101e synode, qui s’est également ému, dans un message à l’Église protestante d’Algérie, de la situation de cette église "qui se voit notifier (par les autorités algériennes) la fermeture de lieux de culte et l’interdiction du témoignage public de l’Evangile". Née au XVIème siècle, l’Eglise réformée (appelée ainsi en référence au réformateur Jean Calvin) est la première église protestante en France avec "un noyau actif de 52.000 familles" et 350.000 personnes participant ou faisant appel à ses services, selon la Fédération protestante de France.
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06/05/2008-- AFP
Près de 9% des ménages français ont effectué en 2005 un don à des organismes d’aide aux personnes en difficulté, pour un montant moyen de 206 euros, selon une étude de l’Insee publiée mardi.

