mardi 6 mai 2008
A Lyon, (Ma)sacre de l'Empereur pour l'anniversaire de Nicolas Sarkozy
Libélyon - 05/05/2008
CROIX ROUSSE - La Croix rousse avait entrepris, depuis le 1er mai, de reprendre possession de la rue, pour y chercher de nouvelles formes d'intervention militantes et artistiques. Vint alors ce dimanche 4 mai, à deux jours du premier anniversaire de Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Il était convenu de sacrer l'Empereur, de façon très éphémère. La journée démarrait devant la mairie du IVe arrondissement, sous un soleil motivé...
Pour commencer l'après-midi, une petite "manif de droite". Quelques dizaines de participants au départ, certains déguisés. En paroissiens propres sur eux, longue croix en sautoir. En quasi scouts d'Europe, chaussures de randonnée et chaussettes de laine épaisse. Quelques-un en costume, Marue-Chantal en boa. Et des pancartes savoureuses. "La retraite, c'est pour les lopettes", "Les chômeurs, rentrez chez vous", "TF1 sur toutes les chaînes", "Police partout, Justice plus tard". Ou encore "Afrique, paie ta dette aux pays occidentaux". Avant le départ, le crieur public de la Croix rousse, qui joue le rôle du futur Empereur, déclame un long discours, largement inspiré de textes réels de Nicolas Sarkozy. La foule acclame. Puis prend la route.
Bazooka. Chemin cheminant, les slogans résonnent dans les rues d'un Lyon très désert en ce long pont du 1er mai. "Prolo, t'es foutu, les bourgeois sont dans la rue." Quelques familles en ballade rigolent, s'interrogent. "Bigard, Bigard, ha ha ha !" L'ambiance est bon enfant, la Clow's army" encadré le bon peuple de droite, avec bazooka en carton, pistolets à eau, arc en plastique, nez rouges et treillis déchirés. La troupe descend la montée de la Grand'côte, pour plonger vers le bas des pentes. La rues est plus fournies, les commerçants applaudissent au passage. La veille, pour la répétition, les manifestants étaient si nombreux que le second degré perçait mal dans le centre-ville. Et certains participants sont revenus traumatisés d'avoir été pris au sérieux.
La bande arrive à présent en bas des pentes. "Si t'aime bien Raffarin tape dans tes mains !, si t'aimes bien Raffarin tape dans tes mains...", puis sur le même air "Si t'aime pas les écolos casse un vélo ! Si t'aime pas les écolos casse un vélo...". La manifestation marque une halte devant l'église de scientologie. Quelques fidèles voient arriver inquiets ce cortège, notamment les clowns en treillis. Mais rien à craindre aujourd'hui. Le futur Empereur Nicolas se contente d'un discours qui n'en finit pas sur le pas de la porte. La foule scande : "Tom Cruise avec nous ! Tom Cruise avec nous !".
Constituante. Le sacre approche. Encore une volée d'escalier et c'est la place des Terreaux, où un long tapis rouge attend. Deux voitures de police rappliquent, les occupants observent et écoutent, visiblement interloqués par les slogans. "Nous sommes fiers ! Des violences policières !" Nicolas grimpe en haut des marches de l'hôtel de ville, suivi par une Carla vêtu de blanc et d'une guitare. Nouveau (très) long discours sous le soleil. La sono fait des siennes, le son disparait souvent, et foule scande alors : "Intermittents, fainéants!" Puis la couronne arrive, se pose sur la tête de Nicolas. Et Guignol surgit alors, pour une bastonnade en règle. Le corps de Nicolas dévale les marches, la foule brise les pancartes. Et le cortège rejoint l'amphithéâtre des trois Gaules, pour une Assemblée constituante.
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