samedi 3 mai 2008
TRAVAIL - Quand l'ANPE propose un emploi en Inde à 320 euros
NOUVELOBS | 03.05.2008 | 10:57
L'ANPE a mis en ligne deux annonces pour partir travailler comme informaticien en Inde, à un salaire de seulement de 10.000 à 20.000 roupies par mois.
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Deux offres d'emploi de l'ANPE proposent à des chômeurs français de partir travailler en Inde pour un salaire de seulement 320 euros, révèle Le Parisien du samedi 3 mai.
Ces deux annonces arrivent au moment où le gouvernement entend obliger les chômeurs à élargir leurs champs de recherche. La compagnie "fantôme" qui offre ces postes d'informaticiens est basée à Pondichéry, en Inde. C'est une entreprise de plus de 5.000 salariés, spécialisée dans l'informatique.
Interrogée par Le Parisien, l'ANPE, n'a pas tenu a révéler la nationalité de la société pour des raisons de confidentialité.
Les postulants à ces CDI doivent être titulaire d'un DUT ou d'un BTS en informatique, ils peuvent être débutant mais ont l'obligation de parler anglais. La rémunération -10.000 à 20.000 roupies par mois- est supérieure à la moyenne locale.
Elle équivaut à un salaire annuel de 3.840 euros, bien loin des 20.000 euros par an, auquel un informaticien peut prétendre en France.
L'Inde ne manque pas de main d'œuvre - L'ANPE explique qu'en tant que service public, elle se doit de publier toutes les offres qu'elle reçoit, à partir du moment où elles remplissent les critères légaux du pays concerné. Elle ajoute que même si des cadres confirmés ne seront pas forcément intéressés par les deux annonces, un jeune en début de carrière pourra l'être, afin de "tenter une expérience à l'étranger".
Mais les ingénieurs indiens restent plutôt sceptiques face à cette demande, car l'Inde ne manque pas de main d'œuvre, surtout dans ce domaine.

TIBET - Discussions dimanche entre Pékin et les émissaires du dalaï lama
NOUVELOBS. | 03.05.2008 | 11:37
Les deux envoyés auront des "discussions informelles avec des représentants de la direction chinoise", indique le bureau du dalaï-lama
Deux représentants du dalaï lama entameront des discussions sur le Tibet avec des responsables chinois dimanche 4 mai à Shenzen, dans le sud de la Chine.Ces discussions ont été confirmées samedi par un porte-parole du dalaï lama.
Il s'agira du premier dialogue depuis les émeutes à Lhassa, début mars. Les détails de la rencontre n'ont pas été communiqués.
Le bureau du chef spirituel des bouddhistes tibétains avait fait savoir vendredi que les deux émissaires, Lodi Gyari et Kelsang Gyaltsen, étaient arrivés à Hong Kong et auraient "des discussions informelles avec des représentants de la direction chinoise".
Ils feront part de leur "profonde inquiétude" au sujet de la gestion de la situation au Tibet et présenteront "des suggestions pour amener la paix dans la région", selon un communiqué du gouvernement en exil à Dharamsala (Inde).
La Chine réagit - A moins de 100 jours des Jeux olympiques de Pékin, la Chine a fini par réagir aux appels de la communauté internationale à la négociation avec le dalaï lama. Les entretiens sur le Tibet ne sont pas mentionnés samedi 2 mai dans les médias contrôlés par le pouvoir. Deux articles accusent une nouvelle fois le dalaï lama et "sa clique", selon la terminologie officielle, d'organiser des émeutes pour obtenir l'indépendance de la petite province de l'ouest de l'Himalaya.
Le dalaï lama, qui a fui le Tibet lors du soulèvement de 1959 réprimé par le gouvernement chinois, assure qu'il ne veut pas l'indépendance de sa terre natale mais une vaste autonomie. Il accuse le régime de mener un "génocide culturel" au Tibet. Thubten Samphal, porte-parole du gouvernement tibétain en exil, a déclaré que les émissaires resteraient en Chine pendant trois jours. "La crise au Tibet devrait être finie avant qu'on puisse avoir des discussions officielles", a-t-il ajouté. La Chine affirme que 22 personnes sont mortes dans les violences dans la capitale Lhassa mais les groupes de défense du Tibet jugent le bilan bien plus important, aussi bien dans cette province que dans les autres, voisines, abritant une forte communauté tibétaine dans l'ouest de la Chine. (Avec AP)
Reporters sans frontières tire la sonnette d'alarme en Europe
LE MONDE | 02.05.08
A l'occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, samedi 3 mai, Reporters sans frontières (RSF) a décidé de porter un éclairage sur les situations qualifiées d'"inquiétantes" dans l'Union européenne (UE). Même si l'association considère que "la liberté de la presse est une réalité au sein de l'UE", elle dénonce des faits, "menaces proférées contre des journalistes, tentatives d'assassinats par des groupes privés, agressions, intimidations des familles", qui s'y déroulent.
En France, RSF met en exergue les représailles auxquelles sont confrontés les journalistes qui couvrent l'actualité dans les banlieues. Depuis la crise de novembre 2005, de nombreux photographes, cameramen et reporters ont été pris à partie par des émeutiers et parfois malmenés physiquement.
En Italie, c'est la Mafia qui est montrée du doigt. Dans le sud de la Péninsule, une dizaine de journalistes travaillent sous protection policière. L'association cite entre autres le cas de Lirio Abbate, correspondant de l'agence de presse Ansa, qui a été victime en septembre 2007 d'une tentative d'assassinat. Quelques mois plus tôt, il avait publié un livre intitulé I Complici (Les Complices) dans lequel il décrivait les liens entre le monde politique et la Mafia.
MENACÉS DE MORT - Au Pays basque espagnol, les journalistes sont aux prises avec l'ETA. Ils dénoncent un climat d'hostilité qui se traduit par des tentatives d'intimidation. Certains sont placés sous protection policière.
En Irlande du Nord, plusieurs reporters sont menacés de mort malgré le processus de paix engagé ces dernières années. Enfin, il aborde le Danemark et la Suède où l'affaire de la publication des caricatures du prophète Mahomet par le quotidien Jyllands-Posten en 2005 continue à provoquer des réactions. En février 2008, les services de renseignements de la police danoise ont déjoué un projet d'attentat contre Kurt Westergaard, l'auteur de la caricature la plus controversée. Depuis, il vit sous haute protection.
A l'occasion de cette 18e Journée de la liberté de la presse, RSF publie aussi un nouvel album de photographies en association avec Bettina Rheims. Ce magazine "100 photos de Bettina Rheims pour la liberté de la presse" est vendu 9,90 euros. Le fruit de cette vente finance l'association.
En visite à Washington, Fillon a jugé « préoccupantes » les répercussions de la crise américaine sur les économies européennes.
Sa visite s'est achevée par une entrevue avec Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI, qui ne fait pas preuve d'un grand optimisme pour l'avenir.

La crédibilité d'Europe 1 en question

Les centres d'appels lancent un SOS
Ouest-France – 03/05/08
Ils s'estiment en position de faiblesse face aux entreprises qui les sollicitent et tirent les prix vers le bas. Les patrons des centres d'appels réclament l'arbitrage de l'État.
Derrière leur écran d'ordinateur, équipés de casque et de micro, ils font partie de notre quotidien. Les opérateurs des centres d'appels règlent nos pannes informatiques, organisent nos voyages, enregistrent nos commandes, gèrent nos sinistres, administrent nos abonnements Internet. Ils peuvent aussi suivre à la trace PV impayés, gérer les droits des chômeurs...
Ce secteur emploie, en France, 210 000 salariés, répartis dans 2 600 centres d'appels. Bien qu'en pleine expansion - 1,3 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2007 - la profession tire la langue. Le bénéfice dégagé n'atteint que 50 millions d'euros.
En cause : les enchères inversées qui forcent les centres d'appels à descendre leurs tarifs au plus bas pour être retenus. Mais aussi des paiements dans un délai de 90 jours.
Les responsables des centres d'appels externes, regroupés au sein du syndicat SP2C, ont fait part du malaise de la profession, en juillet 2007, à l'Élysée, réclamant une charte des bonnes pratiques entre centres d'appels et donneurs d'ordre. Neuf mois plus tard, en l'absence de réponse, le syndicat se tourne vers le ministère des Finances.
Le SP2C souligne le « rapport asymétrique » qu'il entretient avec ses clients. « Nous sommes des PME, ce sont de grands groupes ! »
De leur côté, les syndicats dénoncent des conditions de travail « très pénibles » qui règnent au sein des entreprises : tâches simultanées sur écran et au téléphone, productivité accrue, turnover, absentéisme.
Bercy n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet. Le ministre peaufine peut-être la charte en question ?
Les supermarchés risquent de grandir plus vite que le pouvoir d’achat !
Le Canard Enchaîné du mercredi 30 avril – Jean-François Julliard
Un projet tout neuf remplace la loi Chatel pas encore appliquée.
Des rapports d’experts qui s’empilent, des tables rondes qui se succèdent, entre professionnels et gouvernement, des règlements et des lois à gogo… Jusqu’à ce texte, présenté le 28 avril en Conseil des ministres, intitulé « Projet de loi de modernisation de l’économie », qui réforme pour la septième fois en douze ans la grande distribution !
En novembre, Sarko encore populaire, avait réuni à l’Elysée industriels et grands distributeurs, vitupérant « ceux qui poussent le bouchon vraiment très loin ». Autant cracher en l’air, C’est dans les semaines qui ont suivi que les étiquettes ont repris de plus belle leur concours d’alpinisme. En février dernier, après une enquête à sensation de « 60 millions de consommateurs », Sarko affirmait qu’il « porterait le fer là où ça fait mal » , tandis que Fillon décrétait une opération « coup de poing » contre la montée des prix. Bilan ? Des prix pas vraiment assommés et … une belle étude réalisée par la Direction de la concurrence. Elle met en évidence que, pour les produits de grande consommation, l’essentiel de la hausse est tantôt causé par la grande distribution, tantôt par ses fournisseurs. Une stupéfiante révélation !
Râleurs en rayons
C’est cette forte conclusion qui, indique un proche du Premier ministre, à influencé la rédaction du projet récent de la « loi de modernisation de l’économie ». Lequel, parmi d’autres innovations, propose de lever toute contrainte, lors des négociations de prix entre industriels et hyper marchands.
Mais le projet mobilise contre lui des bataillons de mécontents, pas toujours forcément issus des rangs de l’opposition. Exemples, la FNSEA, la Confédération générale de PME, l’Association nationale des industries agroalimentaires et les représentants des grandes marques. Dans une pétition, ils reprochent tous au texte « de donner les clés de nos entreprises à la grande distribution » et de menacer « des milliers d’emplois » dans les PME.
Mieux, ces critiques sont reprises par de nombreux parlementaires UMP, qui annoncent une vraie mutinerie, ou au moins, une rude bataille d’amendements lors de la discussion du texte, dans un mois. « C’est la énième loi après celle de Royer, Galland, Doubin, Raffarin, etc, s’indigne l’un d’eux. On ne s’y retrouve plus. Pourquoi s’asseoir sur la dernière, la loi Chatel, alors qu’elle n’a pas encore été évaluée ? »
Des baisses en hausse ?
Avec la levée de plusieurs verrous – l’ouverture d’un complexe de moins de 1 000 m2 par exemple, ne nécessitera plus aucune autorisation administrative ( !), la loi va favoriser la multiplication des magasins « hard discount ». Alors que la France possède plus de supers et d’hypermarchés par habitant que l’Allemagne, l’Italie ou le Royaume-Uni.
Avec un effet réel sur les prix ? Le club des sceptiques est fourni, même Luc Chatel et Christine Lagarde qui ont collaboré à ce texte sont surpris des cadeaux accordés à la grande distribution.
Quand aux consommateurs, ils s’interrogent sur le caractère concurrentiel de la loi. Alain Bazot (UFC Que Choisir) souligne ainsi qu’elle ne remet pas en cause la situation de monopole de certains hypermarchés dans les villes moyennes. Or, ces magasins sans rivaux pratiquent – selon Bercy – des prix supérieurs de 10% à ceux des autres hypermarchés.
Il faut déjà songer à une nouvelle loi pour régler ce détail…

Le carré des indigents
Une partie des clients des grandes surfaces sont en voie de paupérisation. Ainsi, raconte Reine-Claude Mader (de l’Association Consommation, Logement et Cadre de Vie), « dans les derniers jours du mois, certains gérants n’envoient plus les chèques des clients (insolvables) à l’encaissement et leur consentent donc un crédit tacite. Au début du mois, les gens achètent des produits de grandes marques. Au milieu, des ‘’produits distributeurs’’ (démarqués), et, à la fin, des articles ‘’hard discount’’.
Manque de chance, selon le cabinet spécialisé IRI, ces deux gammes de marchandises à bas prix ont connu les plus fortes hausses depuis un an : 5 à 7 %, contre 4,5% pour les « marques nationales. » Pas de raison que les pauvres soient privilégiés !
A l’attention des plus démunis, certaines grandes surfaces innovent et offrent désormais des produits de première nécessité dans un coin du magasin, qu’elles surnomment « le carré des RMIstes »
Commerçants, observateurs et pleins d’humour…..
Le plan Fillon 2003 a échoué, vive le plan Fillon 2008 !
Le Canard Enchaîné du mercredi 30 avril – Alain Guédé
Les oreilles de Fillon ont du tinter comme une batterie de casseroles, lundi 28 avril, pendant les rencontres de xavier Bertrand avec les syndicats, consacrées aux retraites. Certains, en effet, ont entrepris de convaincre le, ministre que le plan Fillon de 2003 s’était soldé par des résultats calamiteux. Et Bertrand n’a pas vraiment tenté de leur prouver le contraire.
Votée en 2003, cette loi prévoyait un retour à l’équilibre du régime des retraites dès cette année. Or, le trou du régime général sera de 5 milliards (*). Fillon l’avait pourtant juré : le redressement promis serait le résultat d’une amélioration spectaculaire de l’emploi car sa boule de cristal annonçait une baisse de cinq points du taux de chômage (alors de 9,3%). Or ce satané taux se maintient encore à 7,8%, d’après les sources officielles…
« Nous aurions aimé discuter de cet aspect financier pour proposer d’autres pistes, mais Xavier Bertrand n’a pas voulu », gémit l’un des syndicalistes.
Avec tous nos « vieux » !
La réforme Fillon ayant échoué, il faut poursuivre la réforme Fillon ! Avant même cette série de rencontres, Sarkozy avait donné le ton, jeudi 24, lors de son show télévisé, en affirmant qu’aucun élément nouveau n’était intervenu depuis 2003. Un déficit de 5 milliards, c’est donc une broutille ?
Même les propositions du gentil Chérèque ont été écartées d’un revers de main. L’une pourtant, n’était pas tout à fait dénuée de bon sens : sachant qu’un retraité coûte, au bas mot, 30% moins cher qu’un chômeur âgé, il a suggéré de mettre les seniors sans emploi directement à la retraite, plutôt que de les faire indemniser par les Assedic. Mais voilà : cette proposition risquait de se heurter au dogme des 41 années de cotisation et à celui de « l’obligation de remettre les vieux au boulot » !
Du coup, la tentation grandit de faire main basse sur les excédents de l’assurance chômage. Mais, comme le souligne Bernard Van Crayenest (CGC), l’Unedic doit encore rembourser 9,4 milliards de dettes.
Les syndicats ont fait valoir que reculer d’autorité l’âge de départ à la retraite était un peu irréaliste à l’heure où les patrons multiplient les plans sociaux. Conséquence : seulement 54% des 55-60 ans occupent actuellement un emploi. Bertrand a répondu qu’un système de surcotisation serait imposé aux boîtes qui pousseraient les seniors vers la sortie. Mais ces « malus » ne seront pas décidés avant 2010. D’ici là, la chasse aux seniors reste ouverte.
Autre légère contradiction relevée par Bernard Thibault : l’une des six pages du document que Bertrand à remis aux syndicats insiste sur l’absolue nécessité de maintenir les fonctionnaires en poste le plus longtemps possible. Mais dans le même temps, le gouvernement incite ses agents à partir à la retraite dès que leur statut les y autorise, pour, ensuite, n’en remplacer qu’un sur deux.
Seule réponse : un silence gêné du ministre du travail, qui doit connaître la recette pour conserver ses fonctionnaires en activité, tout en les poussant dehors…
(*) A peu près la somme que la Société Générale a perdu, sans trop de casse dans « l’affaire Kerviel », ça fait rêver !

Planète TERRE - Les dés sont-ils jetés ?
NOUVELOBS | 30.04.2008 |
L’exposition itinérante « Avenir de la terre, les dés sont-ils jetés ? » a ouvert ses portes au Jardin du Luxembourg avant d’entamer une tournée en France en passant par Vulcania cet été.
Dans le cadre de l’Année internationale de la planète Terre (AIPT), PlanetObserver (une entreprise spécialisée dans le traitement d’images satellite) organise en partenariat avec le Sénat et le parc Vulcania une exposition afin de sensibiliser le public aux enjeux du développement durable : changement climatique, biodiversité, risques naturels…
Les visiteurs découvrent la Terre dans toute sa richesse et sa diversité en déambulant à leur guise sur un sol présentant une immense image de la Terre, de 24 x 36 m, réalisée à partir d’images satellite de PlanetObserver. Ils appréhendent ainsi la beauté et les blessures de notre planète, telle qu’elle est vue depuis l’Espace. Quinze « dés » sont positionnés au sol, sur le planisphère, et mettent en évidence les problématiques environnementales actuelles majeures, telles qu’elles ont été définies par l’ONU, l’UNESCO et l’Union Internationale des Géosciences dans le cadre de l’AIPT.
Le parcours continue dans l’espace audiovisuel « Voyage autour de la Terre ». Dans cette partie de l’exposition, les visiteurs entreprennent un grand voyage interactif grâce au « Planète Observeur », outil de navigation en 3 dimensions au-dessus de la planète vue de satellite. Ils peuvent aussi visionner des films de l’ESA et du CNES sur des thématiques environnementales (la déforestation en Amazonie, le réchauffement du Golfe du Mexique, etc.) ainsi que sur la technologie spatiale.
Une borne d’accès au site d’information géographique « Géoportail » développé par l’IGN est également installée pour permettre aux visiteurs de naviguer librement sur des images satellite et aériennes de l’Europe et de la France.
L’année internationale de la planète Terre a été proclamée par l’ONU le 22 décembre 2005 sur une durée de trois ans (2007,2008,2009) avec une apogée en 2008. Son but est d’assurer une utilisation plus grande et plus efficace par la société des connaissances accumulées par les 400.000 spécialistes en Sciences de la Terre du monde. En France, l’Année est accompagnée de deux messages forts: Communiquer le rôle et l’importance sociétale des géosciences pour une meilleure gestion du futur et attirer l’attention des jeunes vers les métiers des géosciences.
J.I. Sciences et Avenir.

Le paradoxe du sarkozysme, par Christian Salmon
LE MONDE | 02.05.08 | 14h56
Au cours de sa dernière intervention télévisée, Nicolas Sarkozy a justifié l'envoi de troupes en Afghanistan par l'impossibilité de dialoguer avec "des gens qui ont amputé d'une main une femme parce qu'elle avait mis du vernis à ongles". Une référence à la cruauté des talibans si souvent répétée qu'on ne se soucie plus d'en vérifier l'authenticité, comme si la cruauté des châtiments - de la lapidation des femmes adultères à l'interdiction pour les jeunes filles d'aller à l'école - nous dispensait d'enquêter.
L'histoire circule sur Internet depuis des années dans d'innombrables versions. Parfois la victime est une petite fille de 10 ans. Parfois c'est une femme. Le plus souvent, on rapporte que les talibans se "contentaient", si l'on ose dire, d'arracher les ongles. Dans la version présidentielle, on a amputé la main.
Il est étrange qu'aucune enquête sérieuse ne soit venue questionner les modes de diffusion d'une telle rumeur. Une source semble en être un rapport d'Amnesty International datant de 1997 dont les conclusions étaient bien plus modestes que les commentaires qu'elle a inspirés. "
Dans un cas au moins, écrivait l'organisation humanitaire, les châtiments infligés ont pris la forme d'une mutilation. En octobre 1996, des talibans auraient sectionné l'extrémité du pouce d'une femme dans le quartier de Khair Khana à Kaboul. Cette "punition" avait apparemment été infligée à cette femme car elle portait du vernis à ongles."
Sam Gardiner, un colonel de l'armée américaine, qui a enquêté sur la communication de guerre des campagnes en Afghanistan et en Irak, a démontré récemment que "l'histoire des ongles arrachés" avait été choisie par Alastair Campbell, le conseiller de Tony Blair, pour illustrer les violences faites aux femmes par les "étudiants en théologie" et diffusée massivement pour convaincre l'opinion publique et les gouvernements européens qui hésitaient à se joindre à la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.
La même story fut diffusée à Washington et à Londres, en suivant des scénographies identiques, allant parfois jusqu'à utiliser les mêmes phrases. Dès novembre 2001, a révélé Sam Gardiner, "l'orchestration de la campagne en faveur des femmes afghanes témoignait de similitudes frappantes dans le timing et les scénarios utilisés à Londres et à Washington".
Le 17 novembre 2001, Laura Bush, la première dame des Etats-Unis, déclare : "Seuls les terroristes et les talibans menacent d'arracher les doigts qui ont les ongles vernis." Et Cherie Blair, son homologue britannique, d'affirmer (à Londres le lendemain) : "En Afghanistan, si vous avez du vernis à ongles, vous pouvez avoir les ongles arrachés."
Au cours d'une conférence à l'université de Strathclyde, en Ecosse (7-9 septembre 2007), Gardiner a décrit comment les scénarios quotidiens préparés par le centre d'information de la Maison Blanche étaient en fait alimentés par Alastair Campbell, du 10 Downing Street. Jim Wilkinson, qui travaillait à l'époque au bureau de la communication stratégique à la Maison Blanche, se félicita de l'efficacité de cette campagne, "la meilleure chose que nous ayons faite pour obtenir le soutien de pays où la coalition antiterroriste se heurtait à un grand scepticisme".
En laissant autant d'influence aux "storytellers politiques", a estimé le colonel Gardiner, Bush et Blair ont terni la "crédibilité" de leurs pays : "Ce sera un traumatisme plus grand encore peut-être que pour le Vietnam lorsque nous devrons nous retirer d'Irak. (...) Les hommes politiques se heurteront à une opinion qui refusera de les croire même s'ils disent la vérité."
Est-ce le début d'une prise de conscience en Grande-Bretagne des méfaits du storytelling ? Lors d'une visite en Irak en juin 2007, Gordon Brown a promis que les futures analyses de la situation militaire, présentées par les services de renseignement, seraient indépendantes du pouvoir politique.
Ignorant les leçons du blairisme, Nicolas Sarkozy, lui, continue d'imiter le couple Blair-Campbell, jusqu'à reprendre ses méthodes et son langage quand il s'agit de convaincre l'opinion de s'engager davantage en Afghanistan. Comme eux, il récolte les fruits de cette stratégie qui aboutit à faire de l'action gouvernementale une pure entreprise de communication et qui, loin de gagner la confiance des électeurs, généralise l'incrédulité.
Ce diagnostic s'impose en Grande-Bretagne alors que l'on entre dans l'après-Blair. "Bien avant que la brouille due à la guerre en Irak ne ternisse complètement la réputation du gouvernement en matière de vérité, écrit par exemple le spécialiste des médias Raymond Kuhn dans un livre bilan des années Blair (Blair's Britain sous la direction d'Anthony Seldon), l'une des caractéristiques des années pendant lesquelles Blair a dirigé le New Labour a été aux yeux de nombreux électeurs l'association avec les petites phrases et le spin." En somme : trop de communication tue la communication.
"Vers le milieu du premier mandat de Blair, ajoute Kuhn, les articles critiques envers les tentatives du gouvernement de contrôler l'agenda médiatique ont commencé à remplacer les commentaires qui, jusqu'alors, faisaient l'éloge du professionnalisme de la machine médiatique du New Labour."
Une inflexion qui semble inspirer le changement d'attitude de la presse française à l'égard de M. Sarkozy. Et expliquer sa chute dans les sondages. L'inflation d'histoires ruine la crédibilité du narrateur. L'habileté, à trop s'avouer, se dément. C'est le paradoxe du sarkozysme.
