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-:¦:- Information Non-Violence, Environnement TERRE -:¦:- "Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent" Lucie Aubrac

jeudi 1 mai 2008

L'engrenage de la technique

L’Encyclopédie de l’Agora

Quelques auteurs lucides et courageux osent parfois affirmer qu'il n'y pas de solution prévisible aux problèmes résultant de la croissance démesurée. Quand ces auteurs sont des scienfitiques qui analysent froidement la situation, on éprouve le besoin de s'arrêter pour se demander où et comment l'humanité trouvera l'inspiration nécessaire pour limiter les effets des inévitables implosions, sociales et environnementales.

André Lebeau, dont Daniel Cérézuelle commente ici le dernier livre, L’engrenage de la technique, essai sur une menace planétaire, est l'un de ces scientiques.

Des espoirs mal placés

Face à la montée des risques environnementaux de tout ordres, aux inégalités économiques qui divisent et opposent les sociétés de la planètes, et aux difficultés énergétiques qui s’annoncent, de plus en plus nombreux sont aujourd’hui les esprits qui s’inquiètent des orientations de notre civilisation industrielle et technique et qui mettent leurs espoirs dans la recherche d’un nouveau modèle de développement, qui serait à la fois durable et équitable.

Sous des formes plus ou moins radicales, la plupart de ces esprits généreux cherchent des remèdes au mal-développement dans deux directions complémentaires. D’une part, impulser une nouvelle politique économique capable de mettre fin à la domination du profit et du court terme pour favoriser une meilleure répartition mondiale des ressources de l’économie industrielle. D’autre part, stimuler des démarches de Recherche et Développement visant à éliminer les contreparties environnementales non désirables du progrès technique et industriel. Que l’on fasse confiance (surtout à droite) aux mécanismes du marché, ou qu’on en appelle (surtout à gauche) à la capacité régulatrice de l’Etat, ou enfin que l’on combine ces deux approches dans des proportions très diverses, dans tous ces cas on compte sur les nouvelles technologies et sur un meilleur emploi, plus efficace, plus rationnel et plus juste, des forces productives pour résoudre les problèmes du mal développement moderne.


Pour André Lebeau 1 ces espoirs sont mal placés. Ni la voie « politique » de l’instauration de nouvelles règles du jeu économique, ni la voie « scientiste » de la mise au point de nouvelles technologies industrielles, ni la combinaison des deux ne sont à la hauteur des défis que nous avons à affronter.

Selon cet auteur, en effet, c’est pour des raisons internes, structurelles, et non sociales, que le système technique d’appropriation du monde que les hommes ont mis au point au cours de leur histoire bute désormais sur des limites physiques et biologiques, probablement infranchissables, qui sont celles des capacités de l’écosphère terrestre à soutenir la vie. Pour éviter les crises à venir il ne s’agit plus de partager autrement les fruits de la puissance technique et industrielle. Les soi-disant nouvelles technologies, qui ne sont qu’un prolongement d’un système technique dont elles dépendent et dont elles ne sauraient changer la nature profonde, n’offrent pas non plus une alternative suffisante pour poursuivre le développement de notre économie industrielle. Même sous la variante du « développement durable », notion contradictoire et mystificatrice selon Lebeau, l’idée d’un développement économique indéfini des forces productives n’est pas viable. Les conditions qui ont rendu possible le développement industriel des trois dernier siècles ne peuvent se maintenir ; l’humanité va devoir affronter une réduction de ses ressources énergétiques et donc de sa capacité industrielle ; c’est toute notre civilisation matérielle et les fondements de notre économie qu’il va falloir réformer. Entreprise très difficile puisqu’elle consistera en partie à mettre des freins aux grandes logiques qui ont présidé à la construction de l’appareillage industriel de l’humanité, et parfois même à aller à rebours de cet engrenage de la technique qui nous pousse dans une impasse.


Droit dans le mur

Certes, l’affirmation que de nombreux problèmes peuvent être résolus par la technique n’est pas dépourvue de fondement, comme en témoigne d’ailleurs le passé de l’espèce humaine. La question est de savoir comment ne pas pousser trop loin l’optimisme. Selon André Lebeau, « Nous vivons l’instant singulier, dans l’histoire de l’espèce, où de toutes parts elle se heurte aux limites de la planète.[…]. Laissée à elle-même, la dynamique de l’évolution technique nous expose nécessairement à des tensions environnementales et à des contradictions sociales qui peuvent rapidement conduire notre civilisation technicienne aux « portes de la nuit », puisque tel est le titre du dixième et dernier chapitre de ce livre. En effet il découle de la nature profonde de notre système technique que son expansion toujours accélérée engendre diverses tensions interdépendantes.


Ces tensions résultent d’abord de l’impasse énergétique. Il est clair que l’échéance de l’épuisement des ressources pétrolières est proche or, « en l’état de la technique il n’existe aucune solution globale à long terme au problème de la source d’énergie primaire. Selon Lebeau il n’y a pas d’échappatoire qui permettrait à l’humanité de poursuivre dans la voie qu’elle suit depuis si longtemps. En particulier il serait utopique de mettre nos espoirs dans une « diaspora spatiale », dans l’idée que la conquête de l’espace nous permettra d’échapper à l’enfermement planétaire.

En fin de compte, seuls des mécanismes culturels peuvent faire contrepoids pour résister à la fuite en avant vers le mur et infléchir dans une nouvelle direction l’évolution de notre système technique. Mais la mise en place en temps voulu d’une nouvelle politique de la technique suppose des conditions qui sont loin d’être garanties. Non seulement faudrait-il que les hommes aient une idée claire des causes de l’impasse actuelle, mais encore faudrait-il aussi qu’ils aient la volonté, voire plus fondamentalement, la capacité, à réorganiser leurs comportements collectifs sur de nouvelles bases.

Ici Lebeau nous prévient que la capacité d’adaptation de l’espèce est limitée par ce qu’il considère comme deux invariants anthropologiques. Il estime que la nécessaire réorientation de l’activité technique de l’humanité va buter d’une part sur « la tendance de l’espèce à se constituer en groupes dotés d’une hiérarchie et qui s’opposent les uns aux autres pour les ressources et pour l’espace » et d’autre part sur la tendance à la « préférence parentale ». Bref, il faudrait que l’homme se mette à vivre à rebours de ce qui, jusqu’à maintenant, a été sa nature.


Un livre qui se veut à la fois neutre et engagé

Tout le livre est guidé par le souci implicite d’éviter aux humains de s’engouffrer au-delà des « portes de la nuit » au risque de perdre leur humanité, et de leur proposer des outils conceptuels qui leur permettront d’aborder la crise qui s’annonce et de mettre en œuvre les réorientations nécessaires.

Le travail accompli par Lebeau va donc au delà du souci de savoir et de comprendre, c’est aussi un geste éthique. Et cela pour deux raisons.

Premièrement, il ne peut y avoir de « crise » du système technique ou bien de « portes de la nuit » que par rapport à l’homme et à des valeurs spirituelles ; la nature rétablira toujours ses équilibres à elle. C’est bien parce qu’il est attaché a des valeurs humaines que Lebeau est capable de percevoir que la crise du système technique est porteuse de « risques » : soit disparition de l’humanité, soit instauration de conditions déshumanisantes. Sans ce souci moral d’éclairer ces risques, Lebeau n’aurait pas pu sélectionner les faits pertinents, les ordonner et de leur donner une cohérence.

Deuxièmement, Lebeau est parfaitement conscient que si la science peut aider à comprendre pourquoi nous sommes au pied du mur, elle ne peut nous dire comment le franchir. Non que l’action soit superflue. Au contraire, il découle de tout le livre qu’elle est nécessaire, voire urgente. Mais Lebeau a la rare sagesse de reconnaître que si l’analyse scientifique est nécessaire pour comprendre notre situation, elle ne suffit pas pour orienter l’action.

« Le choix d’une fin à l’action suppose un choix de valeurs, une attitude morale, qu’ils soient ou non explicites. Quelle fin veut-on assigner à l’existence de l’humanité autre que celle de durer ? Ce n’est pas une interrogation à laquelle l’observation de la nature, amorale et indifférente à l’homme, peut apporter une réponse ». Le livre de Lebeau s’achève donc sur un appel implicite à clarifier les principes d’une nouvelle politique de la technique qui préserverait la possibilité d’une existence pleinement humaine. Il est évident qu’il a des idées sur cette question non-scientifique. On aimerait les connaître.


1. Lebeau , André : L’engrenage de la technique, essai sur une menace planétaire. Gallimard, Paris 2005. 266p.

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Patrimoine - Un temple de l'utopie sociale renaît à Guise, en Picardie

LE MONDE | 28.04.08 Guise (Aisne,) Envoyée spéciale

Patrimoine – 1800 ouvriers et leurs familles y cohabitaient au XIX ème siècle

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Jeudi 1er mai, un temple de l'utopie sociale va célébrer la Fête du travail en Picardie. 5 000 visiteurs sont attendus au spectaculaire Familistère de Guise (6 000 habitants), qui fait l'objet d'un long et ambitieux programme de rénovation. Baptisé Utopia, il vise à rendre son unité à un monument atypique et maltraité par l'histoire, et à y faire cohabiter logements et musées.

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Niché dans une boucle de l'Oise, le Familistère de Guise est composé de trois bâtiments en brique rouge dont le pavillon central avec ses deux ailes ressemble à un palais du Quattrocento. Occupant 6 hectares, l'ensemble est classé monument historique.

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Ce Palais social fut au XIXe siècle un lieu d'habitation et de vie sans équivalent. Il a été construit à partir de 1859 par l'industriel Jean-Baptiste André Godin (1817- 1888), un fabricant de poêles, qui avait jusqu'à 2 000 ouvriers - il en reste 200.

Godin est un patron inspiré par le socialisme utopique de Charles Fourier et les théories de Saint-Simon. Il considère que la condition première du progrès est l'élévation du niveau intellectuel et moral des classes les plus pauvres.

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D'où le Familistère, où furent logés les ouvriers et leurs familles, alors que l'usine est tout près. Godin offre à ses ouvriers un confort inédit pour l'époque (eau courante, bornes-fontaines et toilettes à chaque étage) et des équipements sociaux et culturels : bibliothèque, théâtre, école, pouponnière - et même une piscine.

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Le lieu fait cohabiter sans hiérarchie sociale les familles des ouvriers, des cadres et des dirigeants. A l'intérieur des cours couvertes, des galeries courent à chaque étage autour desquelles s'ouvrent les portes de 500 appartements. Jusqu'à 1 800 personnes y habitent.

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Cette vie autogérée se prolonge après la mort de Godin. Jusqu'en 1968 en fait, date à laquelle l'Association coopérative du capital et du travail Godin, qui gère le Familistère, disparaît. Les logements demeurent, l'utopie collective sombre. En 1981, le Familistère est racheté par des investisseurs qui "n'ont pas tenu compte de l'unité du lieu", dit Jean-Pierre Balligand, président (PS) du conseil général et président du syndicat mixte qui gère aujourd'hui le Familistère.

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"CASERNE" OU "LUPANAR" - Le Palais social est alors démantelé appartement par appartement. Le théâtre et l'école sont cédés à la ville qui les fait vivre. Mais la municipalité délaisse, faute de moyens, les autres équipements collectifs : économats, buanderie, piscine, jardins, kiosque à musique tombent en ruine.

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Le Familistère a été considéré par ses détracteurs comme une "caserne", un "tas de briques" ou un "lupanar". Mais Jean-Pierre Balligand, fasciné par " la vision entrepreneuriale et pas du tout paternaliste" de Godin, veut réhabiliter le monument.

En 2000, le Syndicat mixte du Familistère Godin est créé et rachète une grande partie des bâtiments et des appartements. Depuis, travaux après travaux, le site affiche chaque année un peu plus son unité retrouvée, tout en maintenant une mixité sociale des logements.

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"Nous menons à la fois une réhabilitation du monument et un projet de muséographie", explique Jean-Pierre Balligand. La ville, le département, la région et l'Europe financent les 40 millions d'euros qui doivent permettre l'achèvement de la rénovation en 2015. Le site pourra alors "accueillir entre 70 000 et 100 000 visiteurs par an", contre 30 000 actuellement, selon Frédéric Panni, conservateur du Patrimoine au Familistère.

L'appartement de Godin, au premier étage, dans l'aile droite du Palais social, est en travaux. Il y reste les traces d'un style bourgeois : les derniers lambeaux d'une tapisserie sombre chargée d'ornements, de vastes pièces et une vue stratégique sur l'entrée de l'usine. Il deviendra un musée qui présentera l'environnement familier de l'ancien propriétaire.

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Le rez-de-chaussée du pavillon central deviendra un musée sur l'histoire des lieux, avec un accueil et des salles d'expositions. Les deux autres étages resteront dévolus aux Familistériens. L'aile gauche du palais abritera un hôtel avec des chambres à bas prix et d'autres plus chères - mais sans abandonner le caractère collectif des sanitaires ou du réfectoire.

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En face, le théâtre à l'italienne retrouvera son éclat. La bibliothèque et l'école restent ouvertes aux habitants de Guise. Le kiosque à musique est restauré et les économats sont devenus un musée qui retrace l'histoire de Guise et celle de la construction du Familistère. Quant au bâtiment qui abritait la buanderie et la piscine, réhabilité par l'architecte italien Luca Lotti, "il fait penser aux films d'Antonioni", selon Frédéric Panni : une même lumière diffuse et une légère crainte de disparition.

un témoignage assez exceptionnel unique d'une idée de vie en société ! 

Un  remarquable exemple d'architecture

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Détail : Le théatre

Le théâtre comprend un espace d’accueil avec un foyer à l’étage et une salle de spectacle à l’italienne. Une élégante structure en fonte de fer soutient trois niveaux de balcons. La scène, profonde, est équipée d’une machinerie complète. Après 1918, un édicule est édifié contre la façade arrière du théâtre pour le rangement des décors. La décoration originale de la salle est extrêmement sobre : les panneaux de bois des balcons sont nus.

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Malnutrition - La "noix dodue" coupe-famine

LE MONDE | 25.04.08

Une "véritable révolution" dans la lutte contre la malnutrition. A l'heure où la hausse du prix des aliments enflamme la rue, de Port-au-Prince à Ouagadougou, l'expression semble audacieuse. C'est pourtant celle qu'ont choisie d'employer plusieurs responsables d'organisations spécialisées de premier plan, dont Jean-Hervé Bradol, président de Médecins sans frontières (MSF). Plus sobrement, Denis Metzger, président d'Action contre la faim (ACF), salue un "tournant".

L'objet de leur enthousiasme se présente sous la forme d'un sachet en feuille d'aluminium rempli de 92 grammes d'une pâte brune au goût sucré de cacahuète. Inventé et breveté en 1997, expérimenté en Ethiopie, cet aliment dont le nom commercial, Plumpy'nut, signifie " noix dodue" ou "grassouillette", a connu, le 7 juin 2007, une première consécration officielle. Ce jour-là, la directrice générale du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, Josette Sheeran, a salué l'avènement d'"un produit dont la composition permettra de sauver des millions de jeunes vies".

D'une même voix, l'Unicef, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le PAM ont alors reconnu "une approche novatrice (qui) permet de progresser contre la malnutrition aiguë sévère qui affecte quelque 20 millions d'enfants de moins de 5 ans dans le monde". Les trois agences de l'ONU ont publié un texte commun prônant le recours aux " aliments thérapeutiques prêts à l'emploi" désignés par leur sigle anglais de RUTF (ready to use therapeutic foods) et dont le Plumpy'nut, fabriqué par une étonnante PME française, est le produit phare.

Entourée d'enfants sauvés de la famine en un temps record, Susan Shepherd, coordinatrice de MSF au Niger, confirme ce "succès impressionnant" dans un pays où, d'ordinaire, un enfant sur cinq meurt avant l'âge de 5 ans : "Les mamans voient tout de suite les résultats et sont encouragées, constate-t-elle dans une vidéo diffusée sur Internet par l'organisation non gouvernementale (ONG). Il y a moins d'abandons."

Jusqu'à présent, ces enfants au seuil de la mort relevaient d'un protocole à base de lait thérapeutique. Le traitement suppose une prise en charge lourde incluant une hospitalisation et un long suivi médical destiné à éviter erreur de dosage et complications. Le lait, fourni sous forme de poudre, nécessite l'adjonction d'eau potable chaude et donc de moyens de cuisson.

Les aliments de type Plumpy'nut font disparaître ces obstacles. Prêts à l'emploi, ils peuvent être administrés par les mères elles-mêmes, sans eau et donc sans risque d'infection ni d'erreur de dilution, mais ne dispensent pas d'un suivi. Les mères, qui étaient réticentes à laisser au village leurs aînés pour séjourner dans un dispensaire avec leur petit dernier dénutri, repartent désormais de la consultation avec les sachets nécessaires à un mois de traitement.

Ces aliments sont appréciés des enfants pour leur goût, entraînent une augmentation spectaculaire de leur poids et une amélioration rapide de leur état.

Leur composition, qui mêle lait en poudre, arachide, huiles végétales et sucre, enrichie en vitamines et sels minéraux, est équivalente au lait thérapeutique, mais permet une conservation même par grande chaleur. Leurs ingrédients - locaux - et leur processus de fabrication - simple - rendent possible leur production sur place.

Une dizaine d'années ont été nécessaires pour que l'intuition d'André Briend, le médecin concepteur du Plumpy'nut - remplacer le lait par un aliment solide aussi apprécié des enfants que le Nutella, aussi nutritif que les produits antérieurs et aussi facile d'emploi qu'un gâteau sec -, prenne forme, se diffuse et commence à faire l'objet d'un consensus.

Mais la "révolution" des aliments thérapeutiques prêts à l'emploi ne se limite pas à une technique innovante. Pour s'imposer, ces nouveaux aliments bousculent les habitudes. Les ONG qui les portent aux nues aujourd'hui ont longtemps traîné des pieds. Les aliments prêts à l'emploi " ont remis en cause un modèle de traitement basé sur de petits hôpitaux de brousse, explique André Briend, aujourd'hui médecin à l'OMS. Certaines ONG avaient construit leur réputation sur leur capacité à organiser de telles unités. Toute une routine s'était installée."

D'autres obstacles ont surgi : certains médecins, rétifs à l'idée d'abandonner leurs prérogatives, attribuent la malnutrition au comportement inadéquat des mères, qui justifierait la nécessité d'une aide médicale. Sans compter une certaine hostilité des humanitaires à l'égard des produits de l'industrie agroalimentaire.

Avec l'ardeur des convertis, MSF prend aujourd'hui la tête d'une croisade comparable à celle menée pour la diffusion dans les pays pauvres des médicaments antirétroviraux contre le sida. L'organisation milite non seulement en faveur de la généralisation de l'usage des RUTF pour traiter la malnutrition aiguë des jeunes enfants dont seuls 3 % y ont accès aujourd'hui. Mais, forte de l'expérience très positive chez 65 000 enfants de la région nigérienne de Maradi, dont elle se prévaut, l'organisation en prône l'emploi contre la malnutrition modérée, aujourd'hui traitée avec des "farines enrichies" moins efficaces.

Au-delà de l'intervention d'urgence, les petits sachets nutritifs permettraient donc d'envisager une action pérenne à large échelle. Les nouveaux aliments peuvent être distribués plus facilement et donc plus largement à un âge fatidique dont dépend la survie sans séquelles. Or les retards de développement accumulés entre 6 mois et 3 ans sont rédhibitoires.

Pourtant, d'autres écueils ont surgi. Même s'il a évolué, le système d'aide alimentaire reste marqué par la nécessité d'écouler les excédents de céréales américaines. "L'aide financière attribuée à chaque pays par le PAM reste proportionnelle au tonnage de céréales qui lui est distribué. Personne n'a intérêt à favoriser les sachets de Plumpy'nut", explique un haut responsable sous le sceau de l'anonymat. En outre, la pâte nutritive coûte, à poids égal, dix fois plus cher que les farines distribuées par le PAM. Même si son efficacité permettrait, selon un spécialiste, de diviser par dix les quantités distribuées, ce produit qui cible les formes graves de malnutrition ne constitue pas un remède miracle à la crise actuelle, qui plombe le prix des ingrédients qui le composent.

Les promoteurs du Plumpy'nut n'hésitent pas à renverser l'argument. Jean-Hervé Bradol, président de MSF, estime que " l'explosion des coûts va obliger à mettre le problème sur la table". "Avec la crise, tout le système de l'aide alimentaire va devoir être remis à plat", pronostique un autre responsable.

De fait, la dramatisation des enjeux liés à l'alimentation des pays pauvres pousse déjà à imaginer des pistes variées de financement et de promotion, y compris des subventions aux matières premières antifaim et la participation de structures privées. Déjà, Danone, engagé au Bangladesh dans la fabrication de yaourt enrichi à bas prix, mais aussi la Fondation Bill et Melinda Gates s'intéressent à la"révolution" du Plumpy'nut. 

Famine

enfant attend des soins dans les bras de sa mère dans un camp de réfugié de Goz Beïda (est du Tchad).

Une pâte au goût de cacahuète produite en Normandie

LE MONDE | 25.04.08

Nichée en pleine campagne normande non loin de Rouen, l'usine Nutriset, aux allures de laboratoire, produit 7 000 des 8 000 tonnes de Plumpy'nut consommées dans le monde. Le produit est né de l'improbable rencontre d'un médecin nutritionniste et d'un ingénieur agronome devenu patron de PME.

En Afrique, le premier, André Briend, alors chercheur à l'Institut de recherches pour le développement (IRD), avait constaté les difficultés liées à l'adjonction d'eau souillée dans les aliments en poudre. Un jour, "en pensant au Nutella", dont la formule est comparable aux recommandations de l'Organisation mondiale de la santé, il a eu l'idée de remplacer la noisette et le chocolat de ce produit par l'arachide et a mis au point un nouveau mélange.

Le second, Michel Lescanne, salarié de l'industrie laitière, rêvait d'une barre chocolatée nutritive pour les enfants dénutris. En 1986, il fonde Nutriset, petite société familiale fabriquant des laits thérapeutiques. Le médecin tiers-mondiste rencontre le patron humaniste en 1993. Il lui propose de remplacer le chocolat par l'arachide et devient consultant de Nutriset.

La production du Plumpy'nut démarre en 1998, mais il faudra presque une décennie pour que le "Nutella des pauvres" s'impose, notamment lors de la famine au Niger en 2005. Depuis lors, la société a vu ses effectifs presque tripler et emploie aujourd'hui jusqu'à une centaine de salariés.

Nutriset reste la propriété de Michel Lescanne et de son épouse, et se consacre exclusivement à des productions à usage humanitaire. L'Unicef, les organisations humanitaires et de santé sont les uniques clients de cette PME atypique, qui consacre 5 % de son chiffre d'affaires à la recherche. "Nous n'avons pas d'actionnaires qui demandent des résultats financiers. C'est un choix idéologique. Nous avons, par exemple, refusé de produire des aliments pour sportifs", explique Adeline Lescanne, agronome, fille et bras droit du fondateur de la société.

La société entend favoriser la production locale de son produit-phare. Protégé par un brevet dans les pays du Nord, le Plumpy'nut est fabriqué librement par des entreprises franchisées au Niger, au Malawi, en Ethiopie et en République dominicaine (pour Haïti). Signe du succès, sa production double chaque année.

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Réforme des retraites: papi Fillon touchera 8000 euros brut

Marianne - Mardi 29 Avril 2008 - Pauline Delassus

Si les Français doivent désormais cotiser 41 ans pour leur retraite, le chef du gouvernement, à l'origine de cette réforme, est plus tranquille.

Les vieux jours de nos gouvernants ne sont pas en danger. Le gouvernement a été inflexible: à partir de 2012, la durée de cotisation pour une pension à taux plein sera allongée à 41 ans. Mais qu'en est-il de la retraite de ces fiers et durs négociateurs, promoteurs d'une réforme loin de faire l'unanimité ? Combien de temps cotisent nos ministres, et notamment le premier d'entre eux, François Fillon ?

Vingt-six ans député de la Sarthe, réélu en juin 2007, François Fillon a également été quatre ans président du Conseil régional des Pays-de-la-Loire, maire dix-huit ans, conseiller régional depuis 1998, sept ans ministre, et Premier ministre depuis mai 2007. Une carrière chargée donc, qui rend compliqué le calcul de sa retraite. Commençons par le plus simple : les ministres ne touchent pas de retraite. Ils perçoivent tout au plus leur traitement pendant six mois, à condition de ne pas avoir retrouvé un emploi au cours de cette période. La rémunération d'un ministre atteint aujourd'hui 13 300 euros brut par mois. François Fillon doit donc assurer sa retraite sur un autre front : son poste de député.

L'indemnité mensuelle de base du député ou sénateur s'élève à 6702,20 euros par mois. François Fillon, comme les autres députés, verse chaque mois 1 111,50 euros et touche, après plus de vingt-deux ans et demi de mandat, 5 973,33 euros brut. Cette somme constitue la pension maximale à laquelle peut prétendre un parlementaire. Pendant les quinze premières années de mandat, le parlementaire cotise double pour sa pension, et atteint trente-sept ans et demi de cotisations. Soit trois et demi moins que les salariés français.

7999 euros au total
Le Premier ministre, qui touche 16 100 euros brut de traitement par mois, bénéficiera par ailleurs de 307 euros par mandat pour son poste de maire de Sablé-sur-Sarthe, soit 921 euros pour ses trois mandats. Il touchera 449 euros pour son unique mandat de président du Conseil régional des Pays-de-la-Loire et 328 euros par mandat pour son poste de conseiller général de la Sarthe, qu'il occupe toujours depuis 1998. En cumulant, François Fillon touchera donc au total par mois pour sa retraite 7999, 33 euros.

En octobre 2007, le statut des députés a pourtant été réformé. En plein débat sur les régimes spéciaux des retraites, le bureau de l'Assemblée nationale révise celui des députés. Une révision qui ne remet toutefois pas en cause l'ensemble des «avantages» des élus, et notamment la spécificité de la double cotisation, ou encore l'absence de limite d'âge pour exercer un mandat. À 54 ans, François Fillon n'a donc pas de souci à se faire…

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Le 13 mai - mobilisation pour le droit et la liberté de produire et de consommer sans OGM

Greenpeace France - 29 avril 2008

Paris. A l'occasion du dernier passage du projet de loi à l'Assemblée Nationale, une journée de mobilisation inter associative est organisée pour demander aux députés de voter une loi qui nous protège des OGM.

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Au programme :
- A partir de 13 heures : Un pique-nique sans OGM dans les jardins des Tuileries et devant toutes les préfectures de France.

- A 15 heures : La formation d'une chaîne humaine autour de l'Assemblée Nationale en vue de protéger symboliquement les députés de la contamination génétique et des lobbies pro-OGM.

Par ailleurs, une permanence se tiendra place Edouard Herriot (à côté de l'Assemblée Nationale) durant toute la durée de la discussion parlementaire, les mardi 13 et mercredi 14 mai.

Rejoignez-nous ! Et n'hésitez pas à propager cet appel autour de vous !

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Accord nucléaire en Tunisie : Nicolas Sarkozy termine son « Atomic Tour » de la Méditerranée

Greenpeace France - 28 avril 2008

Paris. Greenpeace dénonce le nouvel accord de coopération nucléaire que devraient signer, lundi 28 avril au soir, les Présidents français et tunisien à l'occasion de la visite officielle de Nicolas Sarkozy en Tunisie. Après l'Algérie, la Libye et le Maroc, le président de la République/VRP du nucléaire boucle ainsi sa tournée du pourtour méditerranéen.

Selon l'Elysée, cet accord prévoit la formation d'ingénieurs et déboucher, à long terme, sur la construction d'une centrale nucléaire.

« C'est à chaque fois la même rengaine : sous couvert de lutter contre les changements climatiques et de défendre le droit de tout pays d'accéder au nucléaire civil, la France développe, notamment au Maghreb, un néo-colonialisme nucléaire, s'indigne Frédéric Marillier, en charge de la campagne Énergie à Greenpeace France. Le nucléaire comme un outil de développement est une véritable aberration, aussi bien sur le plan énergétique et que sur le plan industriel ».

Pourquoi généraliser le nucléaire dans le pourtour méditerranéen ?
On peut s'interroger sur la volonté de certains États de se lancer dans une technologie très risquée et très coûteuse, qui les mettra sous dépendance technologique et énergétique de la France et d'Areva, alors qu'ils disposent de toutes les conditions pour passer directement à un modèle énergétique propre, notamment fondé sur les énergies renouvelables.

Par ailleurs, de nombreux experts, même dans les rangs des défenseurs de l'atome, s'interrogent sur l'intérêt du recours au nucléaire dans des pays qui ne disposent pas des infrastructures nécessaires, et notamment d'un gros réseau électrique capable absorber la production d'un ou plusieurs réacteurs. Ainsi l'ultra pro-nucléaire Jean Syrota, prédécesseur d'Anne Lauvergeon à la tête du leader mondial du nucléaire, à l'époque où Areva s'appelait encore Cogema, estime qu'« il existe peu de réseaux de 20°000 MW dans le monde, et donc peu de pays où le développement du nucléaire est économiquement justifié ». Dans la revue Politique étrangère (voir l'article « L'avenir du nucléaire civil », in Politique étrangère, 2008/1, printemps, p.161-171), Jean Syrota ajoute que le nucléaire « représenterait un moyen de production d'électricité non compétitif qui, de plus, serait le plus capitalistique, alors que souvent ces pays manquent de capacité d'investissement. Il faudrait donc trouver d'autres raisons que le souci d'une gestion efficace et raisonnable d'un système électrique ».

Aberration énergétique, irrationalité industrielle... Mais comment Nicolas Sarkozy justifie-t-il ces accords de coopération nucléaire qu'il signe avec de nombreux pays, notamment dans une région du monde où une généralisation du nucléaire poserait de sérieux risques de prolifération ? Ces accords ne sont jamais débattus, leur contenu n'est jamais dévoilé, ni dans les pays signataires, ni en France. Greenpeace dénonce cette opacité et réclame toute la lumière sur les accords de coopération nucléaires signés par la France.

« Il serait aberrant que les gouvernements du pourtour méditerranéen misent sur l'énergie nucléaire pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, reprend Frédéric Marillier. En essayant de vendre des projets nucléaires partout dans le monde, de Flamanville à Tripoli, Areva et la France jouent un jeu dangereux, qui ne fait que détourner l'attention des solutions économiques, propres et garantes de paix, disponibles dès aujourd'hui dans la lutte contre le défi climatique. »

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Langues régionales - Ricarrère à l'assaut

SUD-OUEST 29 avril 2008

L'ancien maire d'Orthez, René Ricarrère, interpelle les députés, à quelques jours d'un débat historique à l'Assemblée nationale

Oui, « Historique ! » clame-t-on dans les cercles occitanistes comme Per Noste, à Orthez, la plus ancienne association linguistique du Béarn (1961), hormis l'Ecole Gaston-Fébus. « C'est la première fois dans l'histoire de la Ve République que le gouvernement met les langues régionales à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale », constate David Grosclaude, président de l'Institut d'études occitanes.

Le débat, qui ne sera pas suivi d'un vote, viendra en séance le 7 mai prochain. Et en amont, l'ancien maire d'Orthez, René Ricarrère, délégué national du PS aux identités régionales (1), n'a pas manqué l'occasion d'apporter sa contribution, par un « texte d'analyse et de propositions » qu'il vient de rendre public.

Pour René Ricarrère, la diversité linguistique est menacée de la même manière que la biodiversité. Elle s'exprime chez nous par le béarnais (dit aussi occitan du Béarn), dialecte du gascon, qui est lui-même un rameau très caractérisé de l'occitan. Et bien sûr, dans le reste des Pyrénées-Atlantiques, département le plus riche de France sur le plan linguistique, par le basque et le gascon maritime.

Il faut, selon René Ricarrère, modifier l'article 2 de notre Constitution qui fait du français, de façon exclusive, la langue de la République et ratifier aussi la Charte européenne des langues minoritaires.

Mais point trop n'en faut sur le plan institutionnel, « sinon, redoute l'ancien maire d'Orthez, on aura des camps qui vont s'opposer et se neutraliser ».
Car René Ricarrère sait trop bien que si à gauche comme à droite l'hostilité générale vis-à-vis des langues régionales n'est plus guère de mode, elle n'a souvent laissé place qu'à « l'indifférence ou au je-m'en-foutisme ».

Au-delà des blocs politiques. Inversement, l'aspiration à la diversité culturelle et linguistique transcende les blocs politiques. C'est ainsi que l'UMP breton Marc Le Fur, député des Côtes-d'Armor, rejoint des élus de gauche sur le sujet.
René Ricarrère travaille aussi bien avec le conseiller de François Fillon aux affaires intérieures, Sylvain Bouillon, qu'avec l'ancien directeur de cabinet de Jack Lang, Jacques Renard.
Alain Rousset, député de Gironde et président de l'Association des régions de France, devrait être le principal orateur du groupe socialiste, le 7 mai.

Même s'il dit ne pas être dupe d'une action politique de la gauche, dont les régions sont le levier de manoeuvre (2), Jean-Louis Darrigrand, du quartier de Castétarbe, coprésident de Per Noste à plusieurs reprises, salue l'initiative : « Il est certain qu'en tant qu'organisation occitaniste on soutient et on tire partie de toutes les actions, même ci cela nous semble encore très réduit comme offensive ».

« On suit à 100 %, souscrit Patrick Guilhemjoan, actuel coprésident de Per Noste. La charte des langues minoritaires s'impose à tous les nouveaux pays qui adhèrent à l'Union européenne, alors que la France refuse de la ratifier. Et c'est le même pays qui donne des leçons de droits de l'Homme au monde entier. »

(1) M. Ricarrère est aussi président de la commission nationale des cultures et langues régionales à l'Association des régions de France. (2) Elle les dirige toutes, sauf l'Alsace et la Corse.

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Serge July raconte Mai 68 aux auditeurs de RTL

LE MONDE | 28.04.08

Le reporter est essoufflé, le son crachote un peu, on devine un contexte de bousculade et de chaos. "Dans l'atmosphère empuantie par les gaz lacrymogènes, les policiers continuent de ratisser le boulevard Saint-Michel. Ils s'engouffrent dans la rue Gay-Lussac, ils ratissent vraiment à coups de matraque", raconte le journaliste. Son récit est interrompu par une voix qui prévient : "Attention, attention François, un pavé !"

Ainsi débute la chronique de Serge July consacrée à Mai 68. Depuis le lundi 28 avril et jusqu'à la mi-mai, l'ancien patron de Libération, chroniqueur à RTL, revient sur les événements dont il fut, il y a 40 ans, un acteur actif - alors enseignant dans le second degré il avait rejoint, à Nanterre, le comité du 22 mars -, à travers quatorze rendez-vous replongeant l'auditeur dans le climat de l'époque.

Son récit, il l'a construit comme un feuilleton chronologique, en s'appuyant sur une série de mots-clés : "pavé", "barricade", "CRS", "Grenelle", "grève"... L'objectif, précise Serge July, est "avant tout pédagogique" : il s'agit, en 2 minutes 30 et en illustrant le propos d'extraits d'archives puisés dans le riche fonds de la radio, de faire comprendre Mai 68 à ceux qui n'étaient pas nés ou étaient trop jeunes au moment des événements.

"LA FAUTE À SARKOZY"L'ensemble, accompagné d'une musique du style "easy listening" qui n'était pas indispensable, est réalisé par Gaïa Bécaud. M. July ne se met pas en avant, ne joue pas les anciens combattants, ne tente pas d'analyse ou de relecture des événements au regard de l'actualité, ce qu'on aurait pu attendre d'un homme qui a marqué l'histoire de la presse.

"RTL a été, avec Europe 1, le média de Mai 68, rappelle le journaliste. J'ai donc trouvé naturel de faire le récit de cette époque sur le média qui y avait joué le rôle central. A l'époque, l'ORTF étant en grève et contrôlée par le pouvoir, l'antenne des radios privées était ouverte à tout moment pour les reporters envoyés sur le terrain des affrontements. Et c'est sur RTL et Europe 1 que négociaient les leaders étudiants et les politiques."

Pour lui, si les médias et l'édition en font tant pour le 40e anniversaire des "événements", "c'est la faute à Sarkozy, ou du moins à un de ses gourous, Claude Guéant". Serge July fait référence au fameux discours de Bercy du candidat Nicolas Sarkozy, entre les deux tours de la présidentielle de 2007, où il affirmait sa volonté de "liquider" l'héritage de Mai 68. Néanmoins, il estime que "même sans cette sortie, on en aurait parlé abondamment, car cela reste le dernier grand événement collectif français".


"Mai 68 : les 14 mots-clés de Serge July" du lundi au vendredi à 8 h 15 (rediffusion à 13 heures) sur RTL

Posté par Kozett à 00:04 - Médias - Rétroliens [0] - Permalien [#]

35 heures, sinon délocalisation : l'initiative de Peugeot "évidemment la bonne", selon Parisot !

La Suisse – 24 Heures – 30/04/08

La présidente du Medef, Laurence Parisot, a estimé mercredi que l'initiative de la direction de Peugeot Motocycles de renégocier les 35 heures sous peine de délocalisation de sa production de scooters, était "évidemment la bonne !".

"Je trouve que l'approche qui consiste à dire « faisons tout pour garder l'activité industrielle sur notre territoire », c'est évidemment la bonne approche", a déclaré Mme Parisot sur France 2.

Elle a récusé l'idée que cela constituait un chantage à l'emploi, comme l'avait estimé mardi le ministre du Travail, Xavier Bertrand. "Si on veut vraiment réconcilier les Français avec le monde du travail, il faut éviter tout ce qui ressemble à du chantage", avait-il dit. "Comment peut-on croire qu'une direction veut à priori partir à l'étranger et à tout prix. Ce n'est pas vrai", a déclaré Mme Parisot.

"On a plutôt envie de tout faire pour rester dans des lieux historiques de production. Et ce qui est important, c'est de pouvoir discuter, négocier à livre ouvert avec les organisations syndicales (...) pour trouver le meilleur équilibre possible entre temps de travail et équilibre de l'entreprise", a-t-elle ajouté.

Le comité central d'entreprise (CCE) du constructeur de scooters Peugeot Motocycles a accepté mardi de renégocier l'accord d'entreprise sur les 35 heures en échange de la promesse de maintien des 1.050 emplois des sites de Mandeure (Doubs) et Dannemarie (Haut-Rhin).

Par ailleurs, Mme Parisot a de nouveau plaidé pour que l'âge légal de la retraite en France soit repoussé à 62 ans.

"D'après les derniers calculs que nous avons pu obtenir du Conseil d'orientation des retraites (COR), on commencerait à rééquilibrer les retraites si on ajoutait aux 41 années de cotisations (...) un âge légal de départ à la retraite de 62 ans", a déclaré Mme Parisot sur France 2.

Le gouvernement a confirmé cette semaine son intention d'augmenter progressivement à 41 ans d'ici 2012 la durée de cotisation pour une retraite à taux plein.

Fin août, Laurence Parisot avait prôné le relèvement à 61 ans de l'âge légal de la retraite en 2012 et à 62 ans en 2020.

Le COR a estimé mardi que porter l'âge légal de départ à la retraite à 61 ans, tout en allongeant la durée de cotisation exigée pour toucher une pension à taux plein, permettrait d'économiser 2,7 milliards d'euros en 2020. Un relèvement à 62 ans en 2016 porterait ces économies à 6,6 milliards, a-t-il ajouté !

Et encore plus, chez Peugeot il y a ceux décédés au boulot avant les 60 ans....

Posté par werdna à 00:03 - Economie - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]

La grande distribution française, très bonne élève en mauvaises pratiques

La Suisse – 24 Heures – 30/04/08

Publicités mensongères, fausses promotions, différence entre le prix affiché en rayon et celui facturé en caisse: les mauvaises pratiques de la grande distribution persistent en France, égarant un peu plus le consommateur à la recherche de pouvoir d'achat.

Une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) réalisée en 2005 mettait en avant de "nouvelles techniques d'attraction de la clientèle comportant un risque de contournement de la réglementation, d'où une fréquence, encore élevée, d'anomalies". Trois ans plus tard, la situation n'a pas changé, relève la DGCCRF.

Parmi les pratiques "marketing" de la grande distribution les plus fréquentes, la DGCCRF, UFC-Que Choisir et l'Institut national de la consommation (INC) citent notamment les offres alléchantes dans les prospectus, qui se révèlent introuvables dans les magasins, tant les quantités disponibles sont minimes. En outre, des "lots" (un pour deux, deux produits achetés le troisième gratuit, format familial) peuvent être plus chers que le même produit vendu à l'unité, selon la DGCCRF. "On constate que certains articles en rayon sont moins chers que vendus au même moment en promotion en tête de gondole", ajoute M. Geai.

Le débat actuel autour du pouvoir d'achat est une véritable manne pour les grandes enseignes, qui n'hésitent pas à en abuser dans leur campagne publicitaire. Leclerc vient justement d'être condamné par le tribunal de grande instance de Colmar à retirer une publicité "simplificatrice" qui accuse indirectement les pharmaciens "d'être à l'origine de la +baisse du pouvoir d'achat+".

"L'utilisation marketing par Carrefour de l'expression « pouvoir d'achat » est très subtile. Ce n'est pas non plus pour rien que Carrefour utilise le remboursement de la TVA, qui était une demande de la gauche", selon Marie-Jeanne Husset, rédactrice en chef de 60 millions de consommateurs, le mensuel de l'INC. "Carrefour ratisse large, mais cela ne rapporte rien dans le chariot", ajoute-t-elle.

Dans une campagne publicitaire, Carrefour propose depuis le 14 avril une "TVA remboursée" (entre 5,21% et 16,39%) sur "plus de 1.000 produits du quotidien", dans le cadre de "son plan pouvoir d'achat". Mais sur 100,70 euros déboursés lundi au Carrefour de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) lors d'une course hebdomadaire pour un ménage de deux personnes, seulement 1,20 euro a été remboursé, soit un peu plus de 1%.

La différence entre le prix affiché en rayon et celui facturé en caisse est également récurrent dans le secteur.
"Sur un millier de clients, seulement quelques personnes vigilantes se rendront compte de la différence. Ce qui est inquiétant, c'est que les enseignes ne procèdent pas aux rectifications lorsque ces anomalies sont signalées. Pourtant c'est très facile puisque c'est électronique", souligne M. Geai.

"La promotion dans la grande distribution cache souvent une future augmentation des prix. C'est une sorte de blanchiment des hausses futures", prévient Mme Husset. Et juste avant une "promotion", les magasins peuvent procéder à des "réévaluations" de prix, selon la DGCCRF.

"Il y a des problèmes dans la grande distribution et ce sont toujours les mêmes", déplore Jean-Paul Geai, rédacteur en chef du mensuel de l'association de consommateurs UFC-Que Choisir.

Posté par werdna à 00:03 - Economie - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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