Résistance Inventerre

-:¦:- Information Non-Violence, Environnement TERRE -:¦:- "Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent" Lucie Aubrac

mercredi 30 avril 2008

La présidence change le style

Philippe Tastet - http://www.philippetastet.com/

la_presidence

Face à une opinion hostile, à des sondages qui dévissent... le président de la République est parti à la reconquête de sa propre image en adoptant un style plus présidentiel. Exit la Rolex, les ray-bans, l'envoi de SMS en visite officielle, les sorties people, les interventions médiatiques quotidiennes sans cohérence globale. Le président Nicolas Sarkozy a voulu tourner la page de sa première année de mandat en adoptant à la télévision un ton plus humble, qui confirme un changement de style, mais sans rien céder sur le fond et la nécessité de réformer la France.

Posté par werdna à 00:05 - Train de vie de l'Etat - Rétroliens [0] - Permalien [#]

L'AFFAIRE SUSANNA : "La récidive zéro est incompatible avec une société démocratique"

Nouvel Observateur - Interview d'Hélène Franco, secrétaire générale du syndicat de la magistrature - par Alain Roux - (le lundi 28 avril 2008)

Comment le principal suspect de l'assassinat de Susanna Zotenberg, déjà condamné en 1989 pour enlèvement et viol sur mineur, a-t-il été suivi en prison ?

- Le suspect est présumé innocent. Il aurait dû être suivi psychologiquement pendant ces vingt années d'emprisonnement, ce qui n'a peut-être pas été le cas.

La récidive zéro est-elle une chimère ?
- Le syndicat de la magistrature a toujours considéré que la récidive zéro était incompatible avec une société démocratique. Eventuellement, dans une société totalitaire, une partie de la population pourrait être totalement protégée. Mais la liberté, dans les sociétés démocratiques, entraîne un risque. Ce risque, on peut l'amenuiser en mettant le paquet sur la manière dont la personne incarcérée purge sa peine. Actuellement, il s'agit d'un temps mort, d'un temps inutile, on laisse le condamné pourrir en prison, sans préparer sa sortie.

Ce nouveau fait divers pourrait-il être "saisi politiquement", comme lors de l'affaire Enis, dont Francis Evrad avait reconnu le viol en août 2007, et qui avait motivé la loi sur la rétention de sûreté ?
- Nous dénonçons les politiciens qui légifèrent à coup de faits divers. Cette attitude est inscrite dans nos mœurs politiques. Pourtant, elle empêche toute réflexion sur le fond. Une nouvelle loi ne réglera pas le problème de récidive. 80 à 85% du budget des prisons est consacré à l'administration pénitentiaire, à la surveillance, aux gardes. 10 à 15% seulement sont consacrés aux missions de réinsertion. Cela nécessite un changement.

Il faut développer les soins en prison et préparer la sortie. Par exemple, des individus qui ont effectué leur peine, ne touchent pas le RMI. Ils ont besoin d'un accompagnement pour les aider à monter un dossier. Mais cela nécessite l'embauche de travailleurs sociaux. Aujourd'hui, la prison a avant tout un rôle d'élimination. Mais un jour, les condamnés sortent. La récidive en matière sexuelle ne concerne qu'une minorité de personnes incarcérées. Selon Pierre-Victor Tournier, directeur de recherche au CNRS, elle est inférieure à 1%. Par ailleurs, la récidive pour un viol suivi d'un meurtre, est encore moins fréquente.

Posté par werdna à 00:04 - Justice - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Ecologie - Jean-Louis Borloo espère "sanctuariser" dans la loi les engagements pris sur l'écologie

LE MONDE | 29.04.08 | 09h57

Je ne trahirai ni l'esprit ni la lettre du Grenelle de l'environnement." L'avertissement de Nicolas Sarkozy, formulé au cours de son entretien télévisé du 24 avril, tombe à point nommé pour Jean-Louis Borloo. Le ministre de l'écologie est en train de boucler le projet de loi Grenelle 1, qui traduira dans les faits le compromis trouvé fin octobre 2007.

Les grandes lignes du texte devraient être présentées aux collèges du Grenelle (ONG écologistes, patronat, syndicats, collectivités territoriales), mercredi 30 avril, au cours d'un comité de suivi. L'objectif général est d'assurer la transition de la France vers "une nouvelle économie compétitive, dont le nouveau modèle de développement respecte l'environnement et allège les besoins en énergie, en eau, et autres ressources naturelles", selon la dernière version du projet de loi dont Le Monde s'est procuré une copie.

Mais l'accouchement du texte, attendu depuis plusieurs semaines, est difficile. M. Borloo assure au Monde qu'il se bat "pied à pied et ligne à ligne" pour que tous les engagements précis et chiffrés du Grenelle s'y retrouvent. "Il y a eu la magie du Grenelle, qui a fait qu'un accord a été trouvé, explique le ministre. Mais un accord entre des parties prenantes et une loi de la République, ce n'est pas la même chose. Il faut que ceux qui doivent émettre un avis sur le texte fassent en quelques heures le chemin que les participants au Grenelle ont fait en plusieurs mois."

Certains articles du projet de loi restent de portée générale. D'autres sont très détaillés. "Jamais auparavant on n'a inscrit la création de lignes ferroviaires dans une loi, reconnaît M. Borloo. Ce n'est pas dans la tradition française. Mais il faut sanctuariser les mesures du Grenelle et être aussi précis que possible, afin de donner le signal de l'engagement à tous les acteurs. Le flou, ça ne mobilise pas."

Les derniers mois ont prouvé à quel point la traduction concrète des décisions du Grenelle de l'environnement n'allait pas de soi, à tous les niveaux. Certains "comités opérationnels" chargés de proposer des dispositifs techniques ont tenté de recommencer les discussions à zéro. Les blocages existent au sein de l'administration. Les collectivités locales craignent de régler une trop grande part de la facture.

Jean-Louis Borloo et la secrétaire d'Etat Nathalie Kosciusko-Morizet sont isolés au sein du gouvernement et de la majorité parlementaire.

Les exemples abondent : mise en place du bonus malus sur les véhicules particuliers, suspension d'un projet de mine d'or en Guyane, moratoire sur le maïs transgénique MON 810, loi sur la coexistence entre les cultures… Chaque décision a été l'occasion de contestations et d'affrontements parfois violents à droite. "La résistance est fortement ancrée à Matignon et à l'UMP, qui n'a pas fait sa révolution écologique, affirme Jean-Paul Besset, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot. Nous sommes dans une bataille permanente pour faire respecter le compromis."

"Tout remonte à Nicolas Sarkozy, qui est devenu le garant du Grenelle", commente Yannick Jadot, porte-parole de l'Alliance pour la planète. Jusqu'à présent, les arbitrages du président ont toujours été conformes à la feuille de route définie fin octobre 2007, relevait récemment Mme Kosciusko-Morizet. Reste à savoir si cette ligne continuera à prévaloir

Posté par Kozett à 00:04 - Ecologie et Environnement - Rétroliens [0] - Permalien [#]

SANS-PAPIERS - L'action en silence

SUD-OUEST 29 avril 2008

Sur le modèle des cercles de silence initiés par les Franciscains à Toulouse, des Bayonnais se réuniront chaque 1er vendredi du mois à Bayonne pour manifester leur désapprobation

«on a déjà beaucoup parlé, beaucoup expliqué jusqu'ici notre opposition à la politique d'enfermement en centre de rétention. Désormais, nous allons utiliser le silence pour protester » disait hier Michèle Lequien, vice-présidente de la Ligue des Droits de l'Homme en invitant les citoyens à se joindre au premier « cercle de silence » qui sera organisé vendredi 2 mai à Bayonne. Le rendez-vous est fixé à 18 heures place de la Liberté, devant l'hôtel de ville. Il sera mensuel, répété chaque premier vendredi du mois.

L'initiative émane d'un collectif d'associations (1) et s'inspire des réunions silencieuses autour des frères franciscains qui ont lieu mensuellement à Toulouse, place du Capitole où des moines franciscains prient en silence, une heure durant, pour dénoncer l'enfermement des sans-papiers dans des centres de rétention. Spontanément, le cercle s'est agrandi : associations ou citoyens sont venus joindre leur silence à celui des religieux.
Cette forme d'action non-violente a fait tache d'huile : à Lille, Nimes ou Strasbourg sont nés des cercles de silence.

Directive européenne. Les associations, partis et syndicats qui ont décidé de s'impliquer dans le cercle de silence bayonnais invoquent aussi la future directive européenne visant à uniformiser les politiques de rétention des états membres.

Laurence Hardouin, de la Cimade, note « dans certains pays, le délai est de deux ans, dans d'autre, c'est illimité, chez nous, on est passé de 5 jours à 7 puis à 12 puis à 32.

Nous craignons de voir ce délai passer à deux ou trois mois ». La directive pourrait aussi s'accompagner, pour les personnes reconduites aux frontières, d'une interdiction d'entrée en Europe durant 5 ans. « Nous ne tolérons pas qu'un individu soit enfermé uniquement parce qu'il n'a pas de papiers » insiste la présidente.

(1) Ligue des droits de l'homme, Cimade, ASPAL, ATTAC, LAB, PCF, Fraternité de Foucault, Prisac'adour, Gens du voyage, CCFD, Abertazaleen Batasuna, Parti Socialiste, FSU 64, les Verts, Batasuna, LCR, FCPE, CDAFAL, CDDJPB, Eusko Alkartasuna, Union Syndicale Solidaire.

Posté par Kozett à 00:04 - >>> Résistances <<< - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Que serait notre vie sans humour ?

La Suisse 24 heures - 29.04.2008 - Marc Lacaze

Notre monde serait alors peuplé de fonctionnaires bornés, de prédicateurs funestes, d’idéologues figés, d’intégristes triomphants et de terroristes sombres que le rire a déserté pour toujours. Condamnés à vivre dans le morne univers du premier degré, nous afficherions notre gravité sans être sérieux pour autant. Or, la gravité est le bonheur des imbéciles, disait Montesquieu. Alan Watts, le génial et fantasque théologien, va plus loin : « A chaque fois que l’on devient exagérément grave, soit à propos de sexe, soit à propos de religion, voilà qu’apparaissent aussitôt les crimes passionnels, les suicides, les divorces haineux, les inquisitions et les guerres de religion – signes de bêtise bornée plus que de conviction sincère. » Funeste perspective ! Privés de recul en regard des événements et des individus, privés du pouvoir de purger les situations et les êtres de leur hypocrisie et de leur ridicule, nous serions en fin de compte privés de la plus saine et de la plus roborative des libertés.  

Denrée vitale donc, l’humour semble échapper avec malice aux définitions claires. Il est plus aisé de débuter par ce qu’il n’est pas, à commencer par les histoires salaces de fin de banquet ou les plaisanteries préfabriquées qu’on a notées dans son calepin. Il ne suffit pas de tirer la langue sur les photos pour être drôle ! Pour ma part, je n’ai rien contre les pitreries et suis amateur de calembours et autres contrepèteries. Il n’y a pas à bouder ce genre de plaisir. Cela détend et fait rire parfois, mais nous sommes là dans le rigolo, alors que l’humour est d’un autre ordre. Par le biais d’un dérisoire apparent, il peut atteindre à l’universel. A tel point qu’il devrait imprégner notre vie, dans un second degré toujours présent, qui titille la faculté, toujours à l’affût, d’improviser dans l’instant, avec le naturel de la respiration. L’injustice est que cela n’est pas donné à tout le monde…

« Nous rions de notre propre déconfiture, dit le philosophe André Comte - Sponville. Et pourtant cela fait comme un triomphe de l’esprit. » D’où la nécessité de hausser l’humour au rang des vertus de premier plan, en tant qu’hygiène de l’âme, de vertu qui démêle le vrai du faux, qui met en veilleuse l’ego, cet ennemi intime de l’homme et arrondit les angles dans les conflits entre personnes, aussi bien qu’entre les Etats. Konrad Lorenz affirme qu’ « humour et connaissance sont les deux grands espoirs de la civilisation. » Quand au  philosophe Vladimir Jankélévitch, il clôt son petit chef d’œuvre, intitulé « L’aventure, l’ennui, le sérieux » par ces lignes : « Ainsi devons finalement conclure : la seule chose sérieuse ici-bas, c’est l’humour ».

Il est donc absurde de dire que « l’humour est la politesse du désespoir » alors que, « interrogation malicieuse sur le sérieux du sérieux », il est au contraire un défi rassurant opposé à la fatalité tragique de la vie, à l’absurdité du mal et de la souffrance.

La question ultime serait de savoir si Dieu a de l’humour ou si l’homme seul… Je serais enclin à dire, comme Montaigne, qu’il ne faut pas s’épuiser à répondre aux questions qui nous dépassent. Alan Watts, encore lui, s’est pourtant risqué à cet exercice : « Aussi irrévérencieux et idolâtre que cela puisse être, dit-il, il est parfois bon de parler anthropomorphiquement de Dieu, comme s’il s’agissait d’une personne. Je ne peux imaginer aucun sérieux profond ni aucun zèle missionnaire, et encore moins une quelconque solennité ou une quelconque componction dans l’esprit de Celui qui créa l’hippopotame, le toucan, la girafe et l’oiseau - cloche brésilien. (…) Et quand j’observe des créatures aussi ordinaires que des cochons, des poulets, des canards, des chats paresseux, des perroquets, des poissons rouges et des calamars, je ne peux m’empêcher de prêter les formes les plus bizarres à ce que devrait être l’apparence réelle d’un ange. »

Posté par werdna à 00:03 - Humour - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Réforme des retraites: papi Fillon touchera 8000 euros brut

Marianne 29 avril 2008

Si les Français doivent désormais cotiser 41 ans pour leur retraite, le chef du gouvernement, à l'origine de cette réforme, est plus tranquille.

Les vieux jours de nos gouvernants ne sont pas en danger.

Le gouvernement a été inflexible: à partir de 2012, la durée de cotisation pour une pension à taux plein sera allongée à 41 ans. Mais qu'en est-il de la retraite de ces fiers et durs négociateurs, promoteurs d'une réforme loin de faire l'unanimité ? Combien de temps cotisent nos ministres, et notamment le premier d'entre eux, François Fillon ?

Vingt-six ans député de la Sarthe, réélu en juin 2007, François Fillon a également été quatre ans président du Conseil régional des Pays-de-la-Loire, maire dix-huit ans, conseiller régional depuis 1998, sept ans ministre, et Premier ministre depuis mai 2007.

Une carrière chargée donc, qui rend compliqué le calcul de sa retraite. Commençons par le plus simple : les ministres ne touchent pas de retraite. Ils perçoivent tout au plus leur traitement pendant six mois, à condition de ne pas avoir retrouvé un emploi au cours de cette période. La rémunération d'un ministre atteint aujourd'hui 13 300 euros brut par mois. François Fillon doit donc assurer sa retraite sur un autre front : son poste de député.

L'indemnité mensuelle de base du député ou sénateur s'élève à 6702,20 euros par mois. François Fillon, comme les autres députés, verse chaque mois 1 111,50 euros et touche, après plus de vingt-deux ans et demi de mandat, 5 973,33 euros brut. Cette somme constitue la pension maximale à laquelle peut prétendre un parlementaire. Pendant les quinze premières années de mandat, le parlementaire cotise double pour sa pension, et atteint trente-sept ans et demi de cotisations. Soit trois et demi moins que les salariés français.

7999 euros au total
Le Premier ministre, qui touche 16 100 euros brut de traitement par mois, bénéficiera par ailleurs de 307 euros par mandat pour son poste de maire de Sablé-sur-Sarthe, soit 921 euros pour ses trois mandats. Il touchera 449 euros pour son unique mandat de président du Conseil régional des Pays-de-la-Loire et 328 euros par mandat pour son poste de conseiller général de la Sarthe, qu'il occupe toujours depuis 1998. En cumulant, François Fillon touchera donc au total par mois pour sa retraite 7999, 33 euros.

En octobre 2007, le statut des députés a pourtant été réformé. En plein débat sur les régimes spéciaux des retraites, le bureau de l'Assemblée nationale révise celui des députés. Une révision qui ne remet toutefois pas en cause l'ensemble des «avantages» des élus, et notamment la spécificité de la double cotisation, ou encore l'absence de limite d'âge pour exercer un mandat. À 54 ans, François Fillon n'a donc pas de souci à se faire…

Posté par Kozett à 00:03 - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Pourquoi les caisses sont vides, par Jean Pisani-Ferry

LE MONDE | 29.04.08 | 14h17

Jean Pisani-Ferry est économiste et directeur du Bruegel (Brussels european and global economic laboratory)

Après 1992 et 2001, 2008 : pour la troisième fois, l'économie française aborde un ralentissement économique avec un niveau trop élevé de déficit public ; pour la troisième fois, son gouvernement a dû choisir entre soutenir la croissance et dégrader encore les finances publiques.

Nicolas Sarkozy n'en a guère parlé lors de son intervention du 24 avril, mais, en s'abstenant d'annoncer toute mesure significative, il a implicitement confirmé son choix de janvier : il n'entend pas "vider des caisses qui sont déjà vides".

Cette décision est socialement et politiquement coûteuse. En raison de la hausse des prix, l'année 2008 se terminera certainement sur une stagnation ou une baisse du pouvoir d'achat. Une mesure fiscale, des prestations ciblées sur les faibles revenus auraient soutenu la consommation au moment où celle-ci fléchit et auraient aidé à contenir les demandes de rattrapage salarial, qui menacent de nourrir une spirale d'inflation.

Mais accroître délibérément le déficit alors qu'il était déjà de 2,7 % du PIB en 2007, c'était attirer les foudres de nos partenaires européens, s'exposer à la méfiance des marchés des capitaux et probablement susciter suffisamment d'inquiétude pour amoindrir sérieusement l'impact de la relance. Le choix du gouvernement est rationnel.

Tout autre est la situation en Allemagne, où les comptes publics sont en équilibre, en Espagne, où ils sont excédentaires. Sur les quinze pays de la zone euro, quatre ont enregistré un excédent substantiel en 2007, six étaient au voisinage de l'équilibre. Tous ces pays disposent aujourd'hui de marges de manoeuvre pour soutenir la croissance, certains s'apprêtent à le faire. Seuls le Portugal et la Grèce sont dans une situation similaire à la nôtre, même l'Italie fait mieux.

Pourquoi en va-t-il ainsi ? Pourquoi la France fait-elle des déficits en période de croissance et s'interdit-elle ainsi d'utiliser l'arme budgétaire en période de ralentissement ? Pourquoi fait-elle le contraire de ce que prônent à la fois le keynésianisme et les dispositions européennes, pourquoi conduit-elle systématiquement une politique qui accentue les fluctuations au lieu de les amortir, au risque de ralentir la croissance d'ensemble ? D'autres pays ont fait ces erreurs dans le passé, mais ils en ont tiré des leçons. Nous n'apprenons pas.

L'explication est d'ordre politique plus qu'économique. Le déséquilibre permanent des comptes résulte d'abord d'une contradiction entre appétence pour la dépense et réticence à l'impôt. La France est au deuxième rang de l'OCDE pour la dépense publique, mais dès qu'apparaît l'ombre d'une recette supplémentaire, les gouvernements de tous bords n'ont de cesse que soient réduits les prélèvements. Les déficits témoignent aussi d'une fixation sur l'instant, d'une incapacité collective à se projeter ne serait-ce que de quelques années dans l'avenir, qui est la caractéristique des pays obsédés par les conflits de répartition.

Pour contenir la propension au déficit, et allonger l'horizon temporel, on peut encadrer la décision par des principes, organiser sa surveillance par des institutions. Traditionnellement, la France comptait en la matière sur le pouvoir du ministre des finances : la Constitution, la loi et l'usage lui en donnent les moyens.

La rotation accélérée des titulaires du poste (treize ministres en quinze ans) a miné leur autorité. Timidement, nous nous sommes, depuis dix ans, dotés d'une règle, avec une enveloppe de dépense triennale. Elle n'a jamais été respectée. Enfin, avec le pacte de stabilité, nous avons sous-traité notre discipline aux institutions européennes. Mais, par un singulier renversement, chacun en est venu à tenir le non-respect des engagements pris pour la mesure de notre discernement.

Au total, aucune des méthodes par lesquelles la France s'est efforcée de se donner un peu de cohérence temporelle n'a réussi. De tout cela, l'actuel gouvernement n'est évidemment pas comptable, mais il n'a, sur ce point, marqué aucune volonté de rupture. Au contraire : le paquet fiscal de l'été 2007 – sauf à soutenir contre toute évidence qu'il témoignait d'une prescience des difficultés à venir – s'est parfaitement inscrit dans la tradition de la gestion à contre-temps. La décision de bientôt soumettre les perspectives triennales au vote du Parlement est un progrès, mais de portée limitée. Dans le même temps, l'Allemagne, suivant en cela l'exemple de nombreux autres pays, s'apprête à réviser sa Constitution pour se doter d'une nouvelle règle budgétaire.

Il serait grand temps que la France prenne la question de front, qu'elle se dote d'un code de responsabilité budgétaire et de procédures incitant à son respect. Leur élaboration pourrait avoir un caractère pluri-partisan, car il s'agira de définir des principes assez consensuels pour survivre aux alternances.

Elle devrait aller au-delà des objectifs, pour déterminer par exemple si la prévision et l'évaluation doivent rester de la responsabilité du ministre des finances. L'expérience internationale offre en la matière une panoplie étendue de solutions, dont il faudrait s'inspirer.

Evidemment, cela ne changera rien à la situation actuelle. Mais, outre qu'une telle démarche indiquerait que la question commence à être prise au sérieux, ce serait oeuvre utile que de faire en sorte que nous ne nous trouvions pas aussi démunis qu'aujourd'hui lorsque viendra la prochaine récession. 

Posté par Kozett à 00:03 - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]

La santé, hors de prix !

LE MONDE | 29.04.08 | 13h56

Analyse par Sandrine Blanchard

Le pouvoir d'achat du patient ne cesse d'être grignoté. Déremboursement de médicaments au nom d'un service médical rendu insuffisant, instauration de franchises médicales, multiplication des dépassements d'honoraires des médecins libéraux pour "compenser", disent-ils, l'insuffisance de leur revalorisation tarifaire, et enfin menace sur le remboursement des frais d'optique... la part des dépenses d santé payée par l'assuré social grossit inlassablement.

Parmi tous ces paramètres qui pèsent sur le budget santé des Français, les dépassements d'honoraires représentent un poste bien plus lourd que les nouvelles franchises. Il y a un an, le 23 avril 2007, l'inspection générale des affaires sociales (IGAS) remettait au ministère de la santé un rapport dressant un constat sévère des pratiques de dépassements d'honoraires réclamés par les médecins à leurs patients.

Exemples : pour le port d'une prothèse de hanche, 72 % des patients doivent payer de leur poche en moyenne 225 euros à l'hôpital public, et 454 euros dans une clinique privée.

Pour une opération de la cataracte, 71 % doivent débourser en moyenne 91 euros dans le public et 200 euros dans le privé. Sans compter les dépassements dans les cabinets médicaux en ville lors des consultations.

Constatant que ces dépassements, qui ont augmenté "de plus de 40 % en dix ans en valeur réelle", sont devenus "une pratique majoritaire chez les spécialistes" et ont représenté 2 milliards d'euros sur un total de 19 milliards d'honoraires, l'IGAS concluait : "Cette pratique est devenue un obstacle à l'accès aux soins."

Un an plus tard, les discours des responsables politiques affirmant qu'il est nécessaire de revoir ce système ne manquent pas. "Il faut s'attaquer aux dépassements d'honoraires, a affirmé à plusieurs reprises la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, parce qu'ils constituent un problème majeur d'accès aux soins."

Le 6 février, Nicolas Sarkozy demandait que les états généraux de la santé puissent déboucher sur des mesures de "régulation des dépassements d'honoraires".

Tout le monde a une complémentaire santé, rétorqueront les plus optimistes. Malheureusement, cela ne suffit plus. Si 85 % des Français sont couverts par une mutuelle ou une assurance complémentaire, la prise en charge des dépassements d'honoraires n'est ni générale ni illimitée et varie considérablement suivant les contrats souscrits.

Une récente étude de l'Union nationale des organismes d'assurance-maladie complémentaire (Unocam) montre que 40 % des personnes disposant d'une couverture complémentaire ne sont pas du tout remboursées des dépassements et que seulement 20 % bénéficient d'une prise en charge entre 100 % et 120 %.

En 2005, sur la totalité des honoraires médicaux, la Sécurité sociale en a pris en charge 71 %, les complémentaires santé 18 % les ménages 9 % et l'Etat 2 % (CMU). "La tendance récente est marquée par une limitation de la prise en charge des dépassements", souligne l'Unocam.

Le gouvernement dit s'inquiéter de ces dérives mais il n'a pris aucune mesure concrète. Même l'obligation faite aux médecins d'informer préalablement par écrit le patient sur les tarifs pratiqués n'est toujours pas appliquée. Cette décision, qualifiée de "mesure vexatoire" par certains syndicats, apparaît comme le minimum. Mais le ministère de la santé est incapable de fournir une date de publication de l'arrêté qui fixera le seuil à partir duquel cette information sera "obligatoire". La loi a pourtant été votée en décembre 2007.

Cette question des dépassements d'honoraires est une vieille histoire chargée de non-dits. Déjà, en 1992, Claude Béraud, médecin-conseil de la Caisse nationale d'assurance-maladie, s'en prenait aux "dépassements excessifs".

Pourquoi le dossier traîne-t-il ? Prosaïquement, parce qu'il ne change rien aux comptes de la Sécu. Payés par les complémentaires santé et les patients, les dépassements ne sont pas une source d'économies potentielles pour l'assurance-maladie.

Cette dernière exerce peu de contrôles et encore moins de sanctions contre les praticiens indélicats. Quant aux patients, ils n'osent pas porter plainte. De plus, les dépassements sont légaux et autorisés. Mais le fameux "tact et mesure" dont sont censés faire preuve les médecins n'a pas de définition législative ou réglementaire.

SYSTÈME À BOUT DE SOUFFLE

- Ce sujet irrite les syndicats de praticiens. Pour la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), la majorité des dépassements correspond "à une inadéquation entre les valeurs des actes retenus pour le remboursement par l'assurance-maladie et leur coût réel pour les médecins", ainsi qu'à une "répercussion du coût des assurances professionnelles des spécialités à risque".

Aux yeux de la CSMF, la seule solution pour faire barrage aux dépassements passe par une revalorisation des tarifs. Ce que l'assurance-maladie n'est pas pressée de faire. L'ordre des médecins botte en touche en expliquant ne recevoir aucune information des caisses sur les honoraires perçus par les praticiens, "ce qui limite, dit-il, toute action pédagogique et disciplinaire".

Seule avancée, les assurés sociaux peuvent appeler leur caisse d'assurance-maladie pour trouver un professionnel de santé appliquant les tarifs de la Sécu. Mais une enquête publiée en mars dans L'Expansion a montré qu'il est de plus en plus difficile dans certaines régions d'être opéré sans dépassement d'honoraires.

Il est urgent d'agir. En pesant sur le budget des ménages, les dépassements d'honoraires remettent en cause l'égalité d'accès aux soins. Selon la dernière enquête de l'Institut de recherche en économie de la santé (Irdes), 14 % de la population déclare avoir renoncé à des soins pour des raisons financières.

Ces renoncements se concentrent sur la santé bucco-dentaire, les lunettes et les consultations chez un spécialiste, trois secteurs où le reste à charge pour les assurés est le plus important. Plus le revenu du ménage est faible, plus le renoncement est important.

Faut-il plafonner les dépassements, comme le réclament les associations de patients ? Faut-il, comme le réclament les syndicats de médecins, créer un "secteur optionnel" autorisant les médecins de secteur 1 (tarifs Sécu) à pratiquer des dépassements sur une partie de leurs activités intégralement remboursés par les complémentaires santé ? Une chose est sûre, le système actuel est à bout de souffle.

Posté par Kozett à 00:03 - Santé - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le billet d'humour de Robert Solé : Ex et néo

LE MONDE | 29.04.08

Le nouveau maire de Rome est présenté comme "un ancien néofasciste".

Traduction : dans une autre vie, Gianni Alemanno avait appartenu à un parti qui, lui-même, avait eu une autre vie. Rien de plus banal en politique que ce passage de l'ancien au nouveau.

Le vaincu des élections législatives, Walter Veltroni, en est un autre exemple : ancien communiste, devenu le champion du centre gauche, il fait figure désormais d'ex-nouvel espoir du camp réformiste.

" Néo" a le mérite de moderniser une image en effaçant une histoire. Les néophytes ont le zèle des nouveaux convertis. En France aussi, le monde politique et intellectuel est plein d'ex.

Ce sont souvent les plus péremptoires. On peut devenir un ex brusquement, sans préambule, ex abrupto, et professer de nouvelles idées d'un ton dogmatique, ex cathedra.

En politique, il faut toujours du neuf, fût-il frelaté. L'"union" n'a de sens que pour réaliser la "rupture". On n'ose même plus parler de "changement dans la continuité". Le plus dur, c'est de n'être ni ex ni néo.

En ces temps de zapping, rien n'est plus suspect que la fidélité.

Posté par Kozett à 00:03 - Humour - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Nicolas Sarkozy atteint au mois d'avril un record absolu d'opinions négatives

NOUVELOBS. | 29.04.2008 | 07:17

Avec 64% d'opinions négatives, jamais un président n'avait enregistré un taux de mécontentement aussi fort depuis la création du baromètre mensuel BVA, en 1981. Le Premier ministre, François Fillon, baisse lui aussi, à 43% de satisfaits (-8) contre 46% de mécontents (+10). Le sondage a été réalisé avant l'interview télévisée du chef de l'Etat.

Nicolas Sarkozy établit un record d'impopularité dans le baromètre BVA-L'Express, rendu public lundi 28 avril. Il perd 8 points de popularité en un mois, à seulement 32% de bonnes opinions, selon ce sondage réalisé avant l'interview télévisée du chef de l'Etat.
Le président réunit en avril 64% de mauvaises opinions (+9), selon cette enquête. 4% des personnes interrogées ne se prononcent pas.

Selon le directeur de BVA Opinion, Jérôme Sainte-Marie, ce taux de mauvaises opinions est "le plus élevé jamais enregistré" par son institut depuis la création de son baromètre de l'exécutif en 1981. En revanche le faible taux de bonnes opinions (32%) s'est déjà rencontré (Jacques Chirac en novembre 1995, et même 31% pour François Mitterrand en mars 1992).
La popularité de François Fillon baisse elle aussi fortement. Le Premier ministre inspire désormais une majorité de mécontents: 46% (+ 10) contre 43% de satisfaits (-8 points). 11% ne se prononcent pas.

Delanoë reste devant Royal - Du côté de l'opposition, le sondage BVA montre par ailleurs un resserrement de l'écart de popularité entre Bertrand Delanoë et Ségolène Royal. 49% des Français souhaitent que le maire de Paris "ait davantage d'influence dans la vie politique française", en baisse de 2 points, contre 43% pour la présidente de Poitou-Charentes (+2 points).

Ségolène Royal devance cependant Bertrand Delanoë parmi les sympathisants de gauche: 71% contre 64%.
Derrière les deux socialistes, les Français placent en troisième position le centriste François Bayrou (42%, -3 points), puis le trotskiste Olivier Besancenot (41%, en baisse de 2 points).

65 % favorables au mouvement lycéen - Parmi les ministres, Jean-Louis Borloo arrive en tête avec 39% (-5 points), devant Michèle Alliot-Marie (37%, -4). La secrétaire d'Etat à l'écologie Nathalie Kosciusko-Morizet, qui s'est illustrée pour avoir accusé Jean-Louis Borloo et Jean-François Copé de "lâcheté", fait son entrée dans le baromètre avec 23% des sondés qui souhaitent lui voir jouer un rôle plus grand à l'avenir.
En outre, 65 % des sondés se disent "plutôt favorables" au mouvement lycéen pour la défense du service public d'éducation, contre 30% qui y sont opposés et 5% qui n'ont pas d'opinion.

- Sondage réalisé en face à face du 22 au 24 avril (l'émission télévisée de Nicolas Sarkozy ayant eu lieu le 24 au soir) auprès d'un échantillon national représentatif de 994 personnes de 18 ans et plus (méthode des quotas). Notice détaillée disponible auprès de la commission nationale des sondages.

Posté par Kozett à 00:03 - Partis politiques - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Page précédente  1  2  3  4  5  6   Page suivante »